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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 12:17

hr_Transcendence_4.jpg

 

Je n’aurais pas misé un euro sur Transcendance, petit projet de SF qu’on nous vend curieusement depuis deux mois avec une bande annonce catastrophique (tous les temps forts y passent), sur le seul argument de la présence de Johnny Depp (alors qu’une brouette de seconds rôles conséquente est à disposition (Morgan Freeman, Cillian Murphy, Rebecca Hall…). Je pense que ce marketing aléatoire montre combien les distributeurs ne savaient pas comment vendre le film, qu’ils ont alors été tenté de résumer quasi intégralement dans leur bande annonce. En résulte un film sans surprise et plat, malgré ses thèmes et son ampleur.

L’histoire : Will Caster, brillant scientifique, s’apprête à lancer avec son laboratoire la plus puissante intelligence artificielle jamais créée. Hélas, des anonymous vicieux tentent de le tuer et empoisonnent son sens (parce qu’ils sont fourbes en plus). Sentant la fin venir, Will, avec l’aide de sa femme et d’un ami proche, tente de transférer son esprit dans le système informatique de son laboratoire.

 

transcendence-movie-morgan-freeman.jpg

 

C’est rageant de se dire qu’on est parfois devin sur la qualité des films avant de les voir, mais devant une telle montagne d’idées intéressantes adaptées sans la moindre subtilité, on est tout simplement en pilotage automatique. Je défie le moindre spectateur de donner un évènement surprenant ou inattendu en 1h50. A moins de ne pas avoir vu la bande annonce. Mais même dans ce cas, le spectateur ne verra que la performance à peine correcte de Johnny Depp. Tout le reste se tient bien cantonné dans le fond, ne faisant jamais le moindre effort d’implication au-delà de la figuration (je ne respecte plus Morgan Freeman depuis bien longtemps, ce film me montre combien j’ai raison). Dans ses thématiques, le film parle d’esprit humain libéré et amplifié par la machines, qui se met à élaborer des technologies ultra avancées montrant à la fois des bons côtés et des mauvais (comme toutes les technologies). Et là, on sent que le script veut insister sur le mauvais à des fins de suspense pour faire peur, mais jamais l’angoisse ne viendra un instant effleurer le spectateur. Tout juste entendra-t-il une accélération de la musique et quelques mouvements de caméra agressifs, mais le film n’ira jamais beaucoup plus loin. Enfin, il convient de parler comme il se doit des résistants présents dans ce film : les Unplug (que je préfère renommer Anonymous). Utilisant des méthodes de guérilla terroriste, militant contre les ordinateurs sophistiqués en usant des Asus dernier cri et prônant la limitation technologique à force d’assassinat parce que Skynet, ils sont aussi charismatiques que les écologistes arracheurs d’OGM qui te chient sur des années de travail scientifique parce que. Leur chef est une gothique mal maquillée tout à fait à l’image qu’on se fait des geeks de sexe féminin, et jamais on ne sera surpris de les percevoir comme des méchants puis en fait oh, ils ont pressenti le potentiel dangereux de l’affaire (mais bon, ils ont tort quand même). Tout ce gloubi boulga pour culminer dans une révélation finale qui avait de l’idée, mais qui se révèle tellement utopique qu’elle déclenche plus un rire forcé qu’autre chose. Je viens de mentionner les écolos anti OGM, le final vire pourtant sur une écologie technologique complètement irréalisable, mais mignonne. Pour prétendre faire de la SF, un minimum de cohérence ne ferait pas de mal. Parce que ça arrive de façon gratuite, comme si en fait, fallait montrer que les Anonymous ont tort (même si ils sont contre la création de zombies télécommandés), donc tant qu’à faire, Johnny Depp sauve le monde à défaut de le faire sauter. Réglage de tous les problèmes en 2 jours grâce aux nano-technologies. CQFD. Et les bouleversements des équilibres naturels suite à d’aussi radicaux changements ? Va te faire foutre, tu te prends trop la tête. Transcendance, ou l’art de faire simple en ayant l’air compliqué.

 

1,5/6


2014
de Wally Pfister
avec Johnny Depp, Rebecca Hall

 

transcendence-kate-mara-paul-bettany.jpg

Neeeeeeeeerd !

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commentaires

Jerome 14/04/2017 22:11

J’ai tellement aimé ce film de science-fiction que je l’ai visionné plus d’une dizaine de fois en utilisant cette application https://play.google.com/store/apps/details?id=virgoplay.vod.playvod&hl=fr_FR . Si je l’ai regardé, c’est surtout pour son casting, car je suis un grand fan de Johnny Depp. À ma grande surprise, le scénario et la mise en scène m’ont conquis.

titi70 23/07/2014 19:17

Perso, je n'attendais rien de ce film que, d'ailleurs, je n'ai pas vu. Rien que la bande annonce ressemble à une copie foireuse du film des années 90, Le Cobaye, avec Jeff Fahey et Pierce Brosnan.

Voracinéphile 26/07/2014 20:02

^^ Enfin quelqu'un qui connait la filmo de Brett Léonard !

Kapalsky 22/07/2014 09:38

Dommage de voir un tel sujet ravageur coulé à l'écran. ça aurait pu intelligent, c'est finalement risible et réducteur, aussi je peux comprendre ta frustration. c'est vrai en même temps que ca sentait pas le chef-d’œuvre à trois pâtes de maison.

Xelloss Metallium 18/07/2014 09:43

AAARRGGGG !!!

Comment on peut foirer à ce point un film ?
Pourquoi doit-on penser que les gens sont trop cons pour suivre une histoire qui demande à réfléchir !

Pourtant, c'était bien parti et je disais que entre Robocop et Transcendance, nous allions avoir à l'écran les sujet de débats de demain...
Et que ça ouvrait la porte à un GITS (Ghost In The Shell) sur grand écran !

Mais là, non...

Je résumerai ma déception en une phrase :
Comment, par les roubignoles de Mercure, comment peut t'on faire une IA débile alors qu'en début de film on nous sert un "Cette IA sera, a son activation plus intelligente que la somme de toutes des personnes depuis le début de l’Humanité"

ARRRGG !

Bon, sur ce, je vais me relire et revisionner les GITS, moi !


PS :
GITS est une série traitant de l'âme humaine, des cyber-cerveaux et de la frontière entre machine et Humains.
Si une machine possède une âme, est-elle Humaine ?

Voracinéphile 26/07/2014 19:55

Ghost in the shell avait réussi à trouver un bon équilibre entre la sophistication de son univers et ses thématiques (son seul défaut était d'être parfois un peu obscur, en éludant certains éléments ou en résumant trop vite (la situation politique expédiée en quelques phrases)). Ici, malheureusement, rien n'est finalement très subtil, et on se heurte à un film simple et absurde qui veut se donner l'enveloppe des plus grands. Je ne lui donne pas l'étiquette de déception en revanche, tout cela me semblait couru d'avance.

2flicsamiami 17/07/2014 11:38

Il y avait des airs de film de SF de l'ancien Hollywood qui me plaisait bien dans cette affaire. C'est d'ailleurs tout ce que j'ai retenu, le reste étant très décevant, et comme tu le dis, très téléphoné.

Voracinéphile 17/07/2014 12:32

Contrairement au reste des cinéphiles qui connaissaient le réal, je n'en attendais rien, hélas je n'ai pas été contredit malgré quelques idées intéressantes. Un beau gâchis...

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