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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 20:51

 

http://www.moviegoods.com/Assets/product_images/1020/197232.1020.A.jpg

 

Acheté avec le précédent Hemoglobine, Transmutations se lance dans des comparaisons tout aussi grandiloquentes, puisqu'il cite Clive Barker sur sa couverture (alors qu'il n'est que vaguement impliqué pour l'inspiration d'une de ses nouvelles). A vrai dire, le réalisateur de l'objet a l'air de se toucher un peu, puisqu'il alterne entre plusieurs univers, passant d'images barkeriennes (oui, il y en a, la comparaison était pertinente) à des ambiances Cronenbergiennes avec des éclairages à la Argento. Purée, quelle tambouille ! Ca fout met les neurones en agitation ! Mais ce n'est hélas pas toujours très digeste...

L'histoire : Roy est un ex-truand qui coule des jours heureux en faisant de la peinture (??). Mais Hugo, un truand toujours en activité, le contacte pour retrouver une jeune prostituée, Nicole, portée disparue. En commençant son enquête, il découvre que la jeune fille utilisait une drogue expérimentale, prescrite par le docteur Savary.

 

Sur les bases, ça peut tenir la route. Un peu de Chromosome 3, un peu de Cabal pour l'empathie pour les monstres, et le tour est joué. Si un tel patchwork a de quoi faire sauter au plafond n'importe quel fan de fantastique, le résultat est loin de tenir de telles promesses. Toutefois, on sent un peu l'esprit Barkerrien de départ, qui met en scène des junkies rendus monstrueux par l'usage d'une drogue, et étant devenus les esclaves du docteur les ayant drogué. Un peu d'empathie pour ces créatures, qui se révèlent encore incroyablement conscientes de leur situation au vu de l'état de dépendance qu'on nous décrivait. D'ailleurs, au niveau des maquillages, le tout est un peu décevant. Si Barker osait un grand nombre de designs monstrueux, ceux qui nous sont proposés ici consisteront en quelques bubons de latex et une paire de lentilles rouges phosphorescentes. Un peu convenu, tout ça, surtout que l'introduction commençait d'une façon très cheap en remplaçant les maquillages par des cagoules (ce qui donnait un début tout droit sorti de la filmographie de Godfrey Ho et qui m'avait fait très peur pour la suite des choses). Heureusement, l'ensemble s'améliore un peu par la suite, gagnant avec son intrigue qui s'étoffe et les ambiances de certains lieux, comme le repère des drogués ou le cabinet du docteur Savary. Et il devient alors nécessaire de parler des éclairages. Indéniablement, George Pavlou (le réalisateur) a aimé Inferno, et il veut nous ressortir les jeux d'éclairage rose / bleu de ce chef d'oeuvre (la façade d'un des bâtiment du film ressemble à s'y méprendre à celle de l'immeuble d'Inferno). Ce qui donne des passages parfois réussis (en tout cas avec une esthétique acceptable), et parfois à côté de la plaque (l'enlèvement dans la chambre est d'une rare laideur, et certaines ambiances monochromes sont trop colorées). Toutefois, sur un exercice technique aussi délicat, le film parvient à ne pas trop faire dans le mauvais goût, quitte à se lancer dans des digressions dispensables (on pense à quelques scènes de bordels dont on aurait largement pu se passer). Enfin, et c'est là le principal défaut du film : il manque d'âme. Clive Barker a toujours insufflé à ses personnages une âme, souvent torturée, mais mise en valeur, qui nous faisait apprécier le personnage. Ici, le relief est très modeste, voir inexistant. Notre héros semble suivre une trame toute tracée, semblant se foutre de son but et de la tournure des évènements. Si on connaît l'esprit Clive Barker, on sait que c'est un homme qui n'hésite pas à recourir à la violence, mais qui va se prendre d'affection pour les monstres (les hommes étant plus mauvais que ces victimes) et qui va tenter de se joindre à leur cause. Cependant, si notre héros principal a la tête de l'emploi, impossible de croire qu'il se sent investi d'une cause quand il mène son enquête et qu'il finit par sympathiser avec les monstres. Affichant la même expression neutre pendant la quasi-totalité du film, il se révèle d'une platitude ennuyeuse, et à la longue d'un ennui poli. Mais malgré ce gros manque d'âme, l'ensemble parvient à tisser un canevas amusant, à même de divertir les habitués des productions bis tortueuses et imparfaites. L'ensemble est un peu cheap, souvent superficiel et parfois maladroit, il parvient pendant quelques séquences à saisir une essence Barkerienne, aussi, on ne coulera pas la bête. Mais ça reste quand même loin d'être exceptionnel.

 

3/6

 

1986
de George Pavlou
avec Denholm Elliott, Ingrid Pitt

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commentaires

alice in oliver 19/06/2012 22:20

tiens, c'est marrant, je ne me souviens pas l'avoir chroniqué celui là...

voracinephile 20/06/2012 13:48



Et pourtant... A mois que ce soit un ancien auteur qui ait publié son avis sur ton ancien blog, véritable puit auquel s'abreuvent des blogs comme cinéborat ou Titi70. C'est en tout cas chez l'un
des deux que je l'ai lu...



Zogarok 13/06/2012 21:54

Depuis le temps que je dois le voir... La comparaison à INFERNO détonne un peu parmi le torrent de critiques assassines voir dédaigneuses à l'égard de ce Transmutations. Je ne l'ai gardé en tête
que pour les raisons que tu devine et ne connaissant pas bien l'oeuvre littéraire de Barker, je garde espoir d'être bercé par celui-là. Son Maître des Illusions ne m'avait pas "transcendé" - du
coup, ce "mauvais goût" ostensible dont tu parle compense peut-être aussi, même si c'est paradoxal, la touche "mystère" souvent chancelante chez Barker (ça concerne aussi deux de ses livres que
j'avais entamé).

voracinephile 13/06/2012 23:28



^^ Un objet qui m'a vraiment emballé quand j'ai vu la jaquette (je le recherchais depuis un certain temps), et qui se révèle bancal une fois mis en route. Je comprends les critiques assassines,
qui ont bien vu que ce n'est pas Clive aux commandes et qui tapent (parfois viscéralement, sans prendre de recul) sur le travail de Pavlou, loin d'être irréprochable. En résumé, ça singe l'esprit
freaks de Clive Barker (les méchants hommes, les gentils monstres), mais ça se révèle très fade au niveau implication sentimentale. Mais après, le mélange des genres est suffisamment inhabituel
pour justifier un essais, et certains sont beaux. La comparaison avec Inferno saute en tout cas aux yeux, tu devrais t'en rendre compte rapidement quand tu visionneras le film (il faut vraiment
aller vite en besogne pour ne pas en parler), et on voit alors les limites de ce type de mise en scène, pas toujours approprié à l'ambiance recherchée... Ce Transformations, hybride, est en tout
cas surprenant, ne se refusant rien et changeant d'ambiance comme de chaussettes. Pour ce qui est du mauvais goût, ça sera à toi de juger, mais je l'ai perçu comme de petits défauts qui ne
viennent pas affirmer l'identité du film, mais qui seraient des petites preuves de faiblesses maladroites (gâcher un des rares beaux plans du film avec un effet spécial en dessin animé...). Mais
c'est un objet qu je te recommande dans tous les cas, il sort vraiment des habitudes du bisseux cinéphage.



alice in oliver 13/06/2012 11:36

Vu il y a très longtemps et j'ai surtout le souvenir d'un petit nanar.

voracinephile 13/06/2012 20:39



Oui, je me rappelle avoir lu ta chronique, qui était ressortie sur un blog. Tu étais très sévère avec cette petite trucculence bis, qui si elle se révèle décevante sur bien des points, propose un
cocktail original, et à de rares moments respectueux des esprits qu'il copie. Pas très bien torché, mais suffisamment correct pour qu'on ne s'ennuit pas vraiment. Hétérogène, mais pas à jeter...



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