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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 16:46

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Pour poursuivre sur la pente des réévaluations brutes de décoffrage (les films à réputation de navets), le tour de Troie vient d’arriver. Troie, cette grande fresque épique lancée en 2004, qui se traîne aujourd’hui une sale réputation de navet hollywoodien, nanti d’un casting pour faire roucouler la demoiselle (Pitt, Bloom…) et de scènes de baston homérique pour faire beugler l’homme. Et le cinéphile dans tout ça ?

L’histoire : Agamemnon, avec le mercenaire Achille tente de se forger un empire aussi grand que possible. La femme de son frère Mélénas, roi de Sparte, est alors enlevée par Paris, prince de Troie. Agamemnon saute alors sur l’occasion pour agrandir davantage son territoire.

 

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Du biceps !

 

Il est vrai que pour le titre de navet hollywoodien, Troie possède plus d’une caractéristique qui le fait tendre vers le statut d’œuvre à grand public formatée. La nomination d’Orlando Bloom en est le point le plus éloquent, le damoiseau roucoulant sans cesse autour de la belle Hélène, avec l’inévitable scène après l’amour où on le filme nu et huilé (mais on reste pudique, hein…), point d’orgue des soupirs menstruels des spectatrices (Pitt tentera de garder le niveau, mais il se révèlera plus efficace sur le plan de l’épique). Comme beaucoup d’adaptations, le film prend ses libertés avec la mythologie, souvent pour arrondir le trait ou simplifier l’histoire (les incultes qui nous regardent ne connaissent pas forcément la mythologie, et un carton au début du film, c’est chiant à lire). Achille est donc un hétérosexuel viril (alors que pas vraiment, vu que Patrocle, son cousin dans le film, était aussi son amant), Agamemnon n’avait jamais tenté de conquérir la Grèce, les 20 années de préparation et de sièges de Troie se transforment en une quinzaine de jours… Le film privilégie donc clairement les motivations de ses protagonistes (gloire, amour, beauté… immortalité) au détriment de toute vraisemblance (vous imaginez combien coûte une telle armée, à entretenir et à nourrir ?). Mais malgré ces défauts (auxquels on pourrait rajouter quelques faux raccords célèbres aujourd’hui), Troie est un film qui sent bon le sable chaud. On pourra dire ce que l’on veut, la fresque épique promise est là, et si ça ne vole pas très haut par moments (les interventions d’Achille sont souvent trop appuyées, trop « c’est moi le vrai héros »), le film tient largement ses promesses. A commencer par les scènes de batailles, qui évitent les fautes de goût d’un Alexandre pour ne livrer que des plans qui sonnent vrai, des lances rebondissant sur des boucliers aux coups de glaives méchants. Peu de sang histoire de ménager le grand public façon World War Z, mais pas non plus complètement anesthésié (un joli quota de morts exposés pendant le film). Favoriser les visions des personnages a le mérite de faire gentiment entrer le spectateur dans les enjeux du récit, et ainsi de déterminer son camp (car il y a du pour et du contre dans les deux). Si l’influence des Dieux est complètement évincée du film, c’est aussi pour faire ressortir les enjeux humains, davantage d’ailleurs que pour retranscrire les obsessions de la mythologie grecque (Rappelons que tout le monde à Troie connaissait la prédiction faite sur Paris qui entraînerait la ruine de Troie). Sans être parvenu à transcender le matériau (la vision finale n’est pas très tranchée, entre l’amour cause du conflit et la force brute des différents héros…), Wolfgang Petersen livre une fresque sympathique, qui n’approfondit pas énormément ses enjeux, mais qui livre un certain spectacle. Un peu long sur 2h30, mais quand même, au dessus de la moyenne.

 

4/6


2004
de Wolfgang Petersen
avec Brad Pitt, Eric Bana

 

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

borat8 15/10/2013 14:38

Qu'est-ce que tu rate! Rome est selon moi le dernier peplum de l'histoire à valoir le coup. On n'a pas encore la tendance 300 avec univers sur fond vert, ralentis gore et sexe à foison. Quoique
pour le sexe c'est pas mal par moments.

voracinephile 16/10/2013 08:18



Elle attends gentiment à côté du lit, il faut juste que j'écoule un peu tout ce que j'ai prévu de voir avant de m'y attaquer...



princécranoir 13/10/2013 20:45

L'Illiade passé au crible de la guerre du golfe, c'est tout ce que j'ai retenu de ce blockbuster peplumien vu il y a un bail. Mais en lisant les commentaires, je m'aperçois que je n'ai pas vu la
version director's cut, dans laquelle Diane Krueger semble une incarner une formidable arme de séduction massive ;)

voracinephile 15/10/2013 09:12



Hey ? C'est un filtre intéressant ça... Ca donnerait un petit côté politique à l'affaire (inhabituel chez Petersen, les films que j'ai vu de lui sont très premier degré, de ses chefs d'oeuvres
aux pires navets...). Une chronique et une révision pourraient s'avérer bénéfiques pour le débats. Amateurs de kitch vs les anti-brushing...



borat8 13/10/2013 15:26

D'où le fait que le film est artistiquement à côté de la plaque et juste une grosse plantade hollywoodienne, jolie mais terriblement conne. Perso je n'ai rien contre une série sur L'Illiade. Ce
serait déjà moins ridicule que ce film. Par contre, ne surtout pas en faire un truc comme Spartacus. Surtout pas! Bah le pauvre Charlton et le pauvre Kirk dans Ben Hur et Spartacus s'en prennent
plein la gueule je trouve.

voracinephile 15/10/2013 09:06



Rhaaa. Ca me fait penser que le dvd de la première saison de Rome prend la poussière sans que j'ai pris le temps de le regarder... Et il faudra qu'on reparle de Spartacus... On accusait 300
d'être un peu gay sur les bords, mais avec Spartacus, c'est du racolage à tous les niveaux... En fait, ce sont les bisexuels qui seront aux anges, vu tous les corps dénudés de tous sexe qui
défilent au fur et à mesure des épisodes... Sans compter les effets spéciaux d'une laideur incroyable. J'ai passé la première saison à un ami, on rigole beaucoup après chaque nouvel épisode.



Vince12 12/10/2013 21:25

Bah justement je préfère ce film à 300

voracinephile 13/10/2013 08:53



Ah. Je n'ai pas encore évalué 300, je l'apprécie comme un numéro de bourrinade franche. Maintenant, il faudra que je l'évalue sérieusement...



borat8 12/10/2013 18:48

Pour son frère non d'où le fait que la Guerre de Troie n'a pour symbole pour beaucoup que de récupérer Hélène. C'est l'enjeu principal, c'était aussi cela dans L'Illiade. Certes Sean Bean est
sympathique mais il ne sert absolument à rien dans l'intrigue. Bon sang on parle d'Ulysse, pas du premier couillon venu, soit un guerrier qui par la suite cassera du cyclope et de la sirène. Il y a
certes le budget mais je n'ai rien trouvé d'épique au contraire d'une bourinerie comme 300, qui, aussi idéologiquement douteux soit-il, a le mérite de délivrer la marchandise avec une beauferie
merveilleuse. Là non, surtout que le film est très long (plus de 3h en director's cut) pour le traitement qu'il propose. Je préfère largement le film de Stone aussi imparfait soit-il. Achille était
un guerrier pas un mec qui joue avec son brushing. Il me suffit de regarder une pub L'oréal pour ça. Oui enfin un détail, c'est toute sa vie qui est modifiée! Il n'y a quasiment rien de vrai et
pour te dire, ce n'est même pas Achille dans le Cheval mais son fils! Tu vois un peu le bordel artistique que c'est.

voracinephile 13/10/2013 08:52



Dans l'Illiade, effectivement, Hélène est l'enjeu revandiqué. Mais dans le film, ce n'est pas le cas, pas officieusement en tout cas.


Pour Sean Bean, il n'a pas grand chose de surhumain, c'est clair. Il y aura juste sa suggestion pour le cheval.


Quant à 300, oui, c'est effectivement épique de fraternité spartiate en face de l'envahisseur. Mais les enjeux sont différents, et d'ailleurs, ils se réduisent beaucoup à la simple défense du mur
(avec la petite intrigue parallèle à Sparte). 300 ne fait pas dans la décence, contrairement à Troie. Ce dernier essaye de développer différents enjeux, chaque vision dans les camps adverses...


Et justement. Tu parles de bordel scénaristique et de débâcle d'adaptation. Mais à moins de faire une série, il semble impossible d'adapter fidèlement L'illiade. Troie condense tout cela en
faisant des raccourcis pour simplifier la recette de sa soupe, et le résultat, en lui même, est assez cohérent pour tenir la route. On voit vers où on va, chaque personnage incarne une idée... Il
aurait fallu un peu plus de couille en revanche pour apporter du poids au spectacle et convaincre le borat de relativiser devant les cheveux impecs de Pitt. Mais personnellement, je ne connais
pas de péplums à gros budgets avec des héros à cheveux sales...



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