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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 20:28

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Dans le domaine des films de dictatures fantasmées, on peut citer quelques adaptations prestigieuses (Brazil, Fareneight 451, et plus récemment le bon Equilibrium). Le meilleur d’entre tous reste probablement le génial 1984, tombé dans l’oubli tout simplement parce qu’il s’agit d’un des films les plus déprimants jamais fait, tant son climat psychologique fait pression sur le moral du spectateur. Mais celui qui semble remporter une large adhésion populaire reste V pour Vendetta. Ambitieuse adaptation des travaux d’Allan Moore, le film bénéficie pour l’occasion des compétences des frères Wachowski. Un choix qui augure du meilleur quand on pense à Matrix, mais qui effraye quand on constate l’incroyable pauvreté de leur dernier film en date (Matrix revolution, véritable navet torché aussi sec pour bâcler la saga). Il en résulte un travail très bancal, même pas sauvé par les prestations d’acteurs ô combien surestimées.

L’histoire : dans un futur proche, la Grande Bretagne est sous le joug d’une dictature alors que le reste du monde semble s’être effondré. Dans ce climat tendu, un terroriste se parant du masque de Guy Fawkes, revendique plusieurs attentats qu’il organise pour rétablir la vérité dans le pays.

 

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On voit assez vite en quoi V pour Vendetta se veut fédérateur et a rallié autant le public à sa cause. Arrondissant les angles avec un héros bien sous tout rapport et une dictature qui cumule les images fortes d’oppression connues du grand public (des camps de concentration à Guantanamo, tout ce qui est « mal » y passe), il semble impossible de se dresser face au brise glace V pour Vendetta qui manichéise complètement son matériau (un fait qui doit probablement le faire diverger un peu des écrits de Moore, qui aime davantage jouer avec la moralité (voir Watchmen pour s’en convaincre). N’ayant pas lu ses travaux, je ne peux donc juger de la pertinence de l’adaptation des frères Wachowski et de McTeigue. Mais qu’est-ce que cela change à la qualité du film, si il adapte bien ou pas ? Rien, si il y a du talent, le film est bon, sinon, c'est rideau. Et V pour Vendetta, blockbuster soi disant subversif, ne fait rien pour changer les règles (on comprend très bien d'ailleurs que Moore ait refusé de voir son nom inscrit au générique. Se contentant de montrer les têtes pensantes de la dictature comme des méchants bonhommes incapable de dire autre chose que des saloperies (mention spéciale à Protero, aux slogans dictatoriaux entrecoupés d’invocations à Dieu histoire d’agacer davantage, et à l’évêque pédophile qui fait venir les mineures directement au monastère pour leur balancer du « j’adore jouer à confesse ! »), V pour vendetta enfonce les portes ouvertes, sans laisser d’autre choix au spectateur que d’adhérer à la cause, de glorifier V, victime surhumaine miraculeusement rescapé d’un camp d’expérimentation qui entreprend sa quête de vengeance, mais c’est au nom de la liberté (quitte à faire les choses en grand).

 

Parlons de V maintenant. Ce surhomme animé par l’idée fixe d’une vengeance, à même de le faire survivre à une pluie de balle. On nous le présente d’abord comme un sauveur du peuple, avant de nous balancer le statut terroriste à la face avec la destruction du Old Baily. Scène iconique qui nous plante donc un personnage sympa, intelligent, cultivé (te citant des philosophes, il a la classe, du coup, on cautionne sa quête), un brin robin des bois (je vole pour moi, mais c'est au chancelier) et surtout divin. Je dis bien divin car ses attentats sont tous improbables. Rendez-vous compte, V est tellement un crack que pour chacun de ses coups, il utilise un dispositif d’urgence qu’il pirate on ne sait pas comment. Et pour l’explosion finale, on nous glisse carrément qu’il a remis en état le métro durant les 10 dernières années. Impressionnant ! Donnez lui un marteau et une pelle, et il va vous recreuser le tunnel sous la manche ! En vérité, le film veut voir V gagner, c’est une évidence. Aussi, le scénario lui donne des coups de pouce monstrueux. Mais comme le montage essaye d’insuffler du rythme, on ne se pose pas la question sur le coup, on va de l’avant, et miracle, la dictature tombe ! Résonnez, trompettes ! Et… c’est la fin, on ne sait pas sur quoi la démolition du Parlement débouche, si la dictature fait place à l’anarchie promise par V (car au final, il n’offre aucune alternative, il veut seulement faire tomber la dictature, se foutant de livrer le pays au chaos qui a contaminé les autres continents...). Dernière anecdote rigolote, cet anarchiste de Guy Fawkes, que le film glorifie en le montrant comme père spirituel de V… était un royaliste qui voulait surtout tuer le roi Jacques 1er en faisant sauter la chambre des Lords pour établir un nouvel ordre monarchique plus propice à ses opinions religieuses ^^.

 

Vient maintenant la question de la population. En effet, c’est par elle que le public est sensé s’identifier à la situation et réagir. Celle-ci devait donc bénéficier d’un bon traitement. Mais non, il s’agit de personnes qui regardent la télé. V organise un apéro facebook devant le parlement ? Je m’inscris et j’en profite pour porter un masque (d’ailleurs, on se demande comment V a pu passer une telle commande et surtout à la faire distribuer sans éveiller l’attention de la dictature). En gros, la participation équivaut ici à une signature de pétition (c’est anonyme, mais on a le sentiment d’avoir participé). Mais il faut comprendre que résister de la sorte donne un sens à sa vie (et au passage, la réveiller un peu, parce qu'elle regarde la télé, mais pour réagir à la dictature, tintin avant que V ne s'empare de la tour Jordan !). Bref, le film place les spectateurs exactement au bon endroit (c’est de votre faute, mais vous avez des excuses, et maintenant il faut réparer) et les fait évoluer dans une seule direction, au nom de la liberté.

 

Parlons maintenant de la dictature. Cette salope ! Ah, qu’elle est vilaine, la dictature de V pour Vendetta. C’est simple, vous prenez tous les clichés des mécanismes d’oppression, et c’est bon, vous avez la dictature ! Balançant à la télé en direct live du « Immigrants, musulmans, homosexuels, terroristes, dégénérés rongés par la maladie ! Ils devaient disparaître ! », puis mentant à la population sur des évidences (le message de haine, très drôle tellement c’est inapproprié), elle n’est là que pour donner quelque chose à combattre. Objectifs économiques : on va casser du pédé ! Objectifs sociaux : exterminons les musulmans ! Objectifs d’éducation : Dieu est avec nous ! Mais les gens se rendent-ils compte que cette dictature n’est qu’un fantôme ? Une aberration qui n’a aucune raison d’être, aucun objectif, aucune visée pour la population (il n’y a même pas ce désir de conserver un ordre alors que les puissances étrangères ont cédé au chaos). Cette dictature de pacotille n’a pour objectif que d’être une pâle imitation du 3ème reich, sans l’humanité. Quand une dictature aussi absurde parvient à réussir un coup d’état, elle ne tient pas la semaine. Mais bon, ici, le scénario la bâtit avec un tas d’exécutants anonymes qui semblent tous sortir de la prison du quartier (violeur, assassin, tous les représentants du Doigt sont des sociopathes notoires), histoire de bien montrer que la dictature est mauvaise. On ne saurait donc oser de mettre en travers de le route de la liberté dans ces conditions…

 

Mais, dans ce naufrage idéologique, la prestation des acteurs sauve le tout ! Mais non ! Nathalie Portman, dont on ne cesse de louer les talents d’actrice sur ce film, se contente de jouer la fille frêle pendant la première moitié du film. Vient ensuite la séquence de la détention, où elle se fait raser la tête. C’est en effet un signe d’implication dans son rôle. Et oui, sa prise de conscience de la supercherie peut un peu émouvoir. Et la voilà devenue rhétoricienne accomplie, dissertant un peu sur V (une très timide remise en question immédiatement balayée par le grand assaut final), et citoyenne confirmée appuyant sur le bouton de mise à feu (une figure qui reviendra dans Cloud Atlas, qui aura la décence d’être pessimiste). Quand à V, quel travail fait dans l’éclairage du masque ! Mmm… Oui, on repassera. Hugo Weaving ne pouvant utiliser son visage, l’alternance gestuelle théâtrale / pose statique (je suis raide comme mes poignards) est le choix logique, et l’éclairage ne s’en sort pas trop mal. Pas de quoi se relever la nuit. Pas assez en tout cas pour sauver V pour Vendetta du gouffre de facilité dans lequel il s’est jeté de plein pied, avec une opinion assez droite et réductrice pour foncer au plus simple. Un beau leurre pour les cinéphiles, qui pourront s’offusquer de la pauvreté idéologique d’un tel univers (alors que Brazil, 1984 et même Equilibrium (pompant vers 451) se révélent nettement plus consistants).

 

Ca me fait oublier de parler de la concécration de la cause homo ! C’est vrai, il y a tellement d’homo qui se font exterminer dans ce film qu’on a l’impression que la dictature a fondé son fond de campagne sur l’extermination des homos. Les lettres d’une victime ? Une lesbienne revendiquant son droit au bonheur à tous ces méchants homophobes ! Gordon, présentateur d’une émission humoristique et s’étant fait sa propre arche des arts illégale (avec un Coran) ? On en fait un homo avec quelques photos gays. Plutôt que de diversifier les origines des victimes (toutes les arrestations tournent autour des couples homosexuels), on se focalise sur les gays, on en fait le symbole de l’oppression dans la dictature. Pourquoi ? Le film se revendique défenseur de cette cause hors sujet ? Veut-il prouver quelque chose, nous donner une leçon d’humanité sur les homosexuels peut-être ? Il n’y a rien derrière cette insistance insolente, si ce n’est le mauvais goût de vouloir normaliser la cause (sinon la consacrer) en diabolisant les homophobes immédiatement assimilés aux membres de cette dictature inepte. Vous êtes gay ? Bravo, félicitations ! Je tiens à vous serrer la main parce que vous avez le cran d’être ce que vous êtes ! Je parlerai de vous à mes amis, vous êtes un exemple pour la société ! Oh ! Pourquoi autant d’insistance là-dessus ? Je ne sais pas, il faudrait demander aux Wachowski, mais c’est de mauvais goût d’en parler, alors on se tait et on verse sa petite larme devant le sacrifice de nos paisibles invertis. Bref V pour vendetta, c’est le petit chiffon rouge avec marqué Liberté dessus qu’on vous agite devant le museau. Dur d’y résister, et pourtant, derrière, il n’y a rien…

 

 

0,5/6


2006
de James McTeigue
avec Natalie Portman, Hugo Weaving

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos/diaporama/images/v-pour-vendetta-v-for-vendetta-2005__39/6026471-1-fre-FR/v_pour_vendetta_v_for_vendetta_2005_portrait_w858.jpg

"Je veux que Jamesluctor soit déporté sur le champ à Larkhill ! Comme ça, on pourra dire qu'on a déporté au moins un civil de mauvais goût !"

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commentaires

hdef 24/02/2014 17:25

C'est gentil mais j'ai déjà vu le chef d'œuvre de Radford, avec la merveilleuse prestation de Richard Burton.
La meilleure adaptation d'Orwell à n'en pas douter.
Et pour le reste, viva la resistanca contra la Vendetta !!!
Yahhhhaaaa !!!!

voracinephile 25/02/2014 18:34



Ah, désolé.


Les opposants de V avancent, et à visage découvert, eux ^^



hdef 23/02/2014 19:03

Enfin qqn qui ose taper sur ce film répugnant, qui confond croix gammée et croix de lorraine et réduit l'Holocauste a une histoire de purification SM.
Du 0/6 pointé.
Je te soutiens, James

voracinephile 23/02/2014 23:01



Ah, ouf, je ne serai pas seul à résister face au bulldozer V pour vendetta. Content de te voir de mon avis, HDEF. Beaucoup de détails m'agacent dans ce film, et au final, il ne dénonce rien de
tangible, à notre époque. Le problème, c'est qu'il accumule les incohérences ou les exagérations gênantes. Et le masque de Fawkes continue d'avoir autant de succès. Je ne peux que te recommander
de découvrir 1984 de Michael Radford, excellente adaptation qui a bien repris l'essence du livre de Orwell... Ca a autrement plus de valeur que ce paravent fumeux derrière son masque de
carnaval...



Zogarok 09/03/2013 00:38

Je me dis quelquefois qu'il ne sert à rien de s’époumoner ; sauf que c'est souvent "plus fort" que moi (j'entend et je vois trop de bêtises, de sophismes de bases ou de pensées surfaites pour
passer outre). Je ne connais pas cette difficulté à émettre clairement les idées ; le problème est plutôt dans le manque de diplomatie, mais si on veux aller au plus juste, malheureusement c'est le
meilleur parti-pris. Ce qui est fatiguant c'est de constater, outre le manque de répondant ou la réponse par des clichés, que personne ne pense comme toi et surtout que tu assistes les individus
dans leur manie à foncer dans les chausse-trappe de base (que ce soit culturellement, intellectuellement, ou dans les attitudes). Ca c'est démoralisant ; c'est la position du spectateur impuissant.
En général, les idées fortes imbibent les gens sur le long-terme, c'est aussi pour ça qu'il ne faut jamais désespérer.

voracinephile 09/03/2013 08:42



C'est en effet plus fort que nous (en démocratie, c'est la loi du nombre ou ta capacité à prendre les autres en otages qui te fait entendre). Mais ça fait un petit défi (à relativiser devant la
rareté des résultats (quoique de bonnes surprises sont toujours possibles : j'ai parlé à un ami qui aimait V pour Vendetta et on en est venu à analyser les différents systèmes politiques mis en
jeu, à comparer avec de la SF littéraire...)), et surtout, les trublions de notre espèce aimeront toujours en remettre une couche. On pourrait s'en foutre et laisser les choses telles quelles,
mais c'est plus fort que nous (en tout cas, je ne peux m'en empêcher). Mais contrairement à toi, je fais plus facilement des compromis, je suis nettement plus diplomate. Du coup, je dois me
passer dans les conversations, mais j'ai rarement l'occasion de tout dire.



Zogarok 08/03/2013 22:04

L'amour et la lutte, contre quoi, pour quoi. Pour en conserver des jolies reliques devant lesquelles faire semblant de se prosterner ? En l'état je ne vois rien d'autre. Il ne faut pas s'étonner
que ce film ait un tel succès, voir un tel "rayonnement" : les gens adorent mimer l'engagement dans des causes désespérées qui sont totalement factices ou superficielles.
De la même manière, tout le monde agit et combat au nom de la "liberté". Alors "l'amour et la lutte"... Quel rapport entre les deux d'ailleurs ? On voit l'imaginaire politique à l'oeuvre. Louer
l'amour, la lutte, la liberté : en soi, sans étoffer les mots avec des principes, c'est juste se cacher derrière son doigt. Je crois que la conversation aurait duré plus de deux minutes pour ma
part, mais je pense que le plus sage c'est de ne même pas l'entamer ; il faut s'économiser, se réserver à des esprits avertis, déjà échauffés. Sinon ça passe ponctuellement, mais il y a un moment
où ce n'est plus possible, où ça devient une véritable fatigue.

voracinephile 08/03/2013 23:56



"Mais tu comprends pas ! La liberté, c'est... heu... faut se battre, quoi ! T'as pas d'idéal ?" On en arrive toujours à cela, quand on ne se réfugie pas dans l'argument ultime : "Mais, Tom Hanks
/ Nathalie Portman, il/elle joue bien !". Waow ! Attends, je suis convaincu, je me prends trop la tête ! Cloud c'est bien, et Soleil vert / 1984, c'est vieux et chiant ! Enfin, quand je mets ces
films sur le tapis, je sais à quoi m'attendre et je veux m'y confronter. C'est quand mon côté maso prend le dessus... Je ne parviens jamais à convaincre qui que ce soit, mais c'est introduire
l'idée qui est déjà le plus important. Avec un peu de chance, la personne y repensera un jour... Ou ira voir à la place Astérix 6. Je n'ai pas envie de me réserver, dans la mesure où je ne peux
pas faire éclater oralement ces maelström d'idées (et donc, mon blog est d'un soutien non négligeable), même si c'est régulièrement de l'incompréhension que je rencontre, c'est rarement de
l'animosité. C'est d'ailleurs plus de l'amusement, de la curiosité, mais hélas, j'arrive rarement à aller en profondeur (on ne m'en laisse pas le temps, je dois souvent aller au plus court avant
que le sujet ne change rapidement). J'envisage raisonnablement cette fatigue, elle m'assaille régulièrement, mais dans le feu de la conversation, je n'hésite pas ^^



Zogarok 08/03/2013 10:21

C'est un film antifasciste. Au XXIe siècle. Somme toute, c'est ça le coeur du problème.
Comme toujours c'est la lutte contre l'oppression. Comme toujours, l'oppression est caricaturale. Il y a des oppressions plus subtiles, plus contemporaines, plus réelles ; qui s'appliquent à toutes
les minorités, pas seulement celles que seuls les crétins haissent.
Et cette révolution n'a rien à substituer. La démocratie participative peut-être. Et quel est le but de cette formule ? Les foules sont éclairées maintenant ? Quel est le logiciel idéologique de V
: il n'y en a aucun, c'est simplement un dissident, il l'aurait été à toute époque. Formidable principe, degré zéro du réformisme et de la conscience.

voracinephile 08/03/2013 21:01



Je retrouve dans ton comm les axes qui animaient ta chronique. Davantage de choses m'agaçaient plus que ces vides idéologiques, donc je me répand un peu en détails et autres digressions de
mauvais goût. Enfin, pour ce qui du réformisme et de la conscience, on va en reprendre une bonne couche avec Cloud Atlas... J'ai pu croisé un cinéphile qui avait eu la chance de le voir, on a
arrêté d'en parler au bout de deux minutes tellement le dialogue était impossible. Effrayant de se rendre compte qu'on voit le vide là où les autres voient les louanges de l'Amour et de la
Lutte...



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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