Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 16:34

affiche-vasedenoces-223x300.jpg

Interdit aux moins de 18 ans, pour public très averti !

 

Provoquant, choquant, transgressif… Autant de qualificatifs généreux pour un petit film méconnu de 1974, qui doit son anonymat à la censure draconienne qui a voulu le planquer pendant assez longtemps, et qui a fait l’objet d’une rétrospective pendant les Hallucinations Collectives de cette année. Il s’agit de Vase de Noces, un film en noir et blanc muet, réaliste malgré une bande son expérimentale, et dont le second titre est The Pig Fucking Movie.

L’histoire : une romance passionnée entre un brave fermier et sa truie, compagne fidèle l’épaulant durant son labeur et ses plaisirs.

 

http://www.hallucinations-collectives.com/wp-content/uploads/2012/02/Vase_de_Noces-02-1024x576.jpg

Un film cochon, un vrai !

 

Une véritable référence d’un film de mauvais goût que nous avons là, puisque c’est d’un amour zoophile dont il est question. Une histoire cochonne, pourrait-on ironiser. Mais l’objet du délit est tout de même assez intéressant à découvrir, au moins pour son ton réaliste et pour la romance qui a lieu entre l’homme et la bête. C’est clair qu’il faut passer le cap du tabou d’un tel sujet, mais une fois le cap franchi, le langage amoureux du film semble assez clair. Caresses, jeux érotiques… Tous les fragments de la vie de couple y passent, sous l’œil imbécile des volailles qui caquètent à tout va. Pas vraiment de quoi en faire un long métrage pour le moment. Mais du fruit de cette union contre-nature naît bientôt une portée de 3 pourceaux. Nettement plus transgressif, déjà. Et ainsi, nous avons droit pendant quelques dizaines de minutes à des scènes de famille grotesques, où les ¾ de la lignée sont constitués d’animaux. Choc garanti. Après, c’est dans son dénouement que le film se révèle un peu plus troublant, car il place le spectateur devant le fait accompli. Les trois pourceaux pendus sous l’œil inexpressif des volatiles, le fermier guettant une réaction de leur part. Puis sortie du billot, la mère truie affolée constatant la mort de sa portée avant de fuir en hurlant et de mourir d’on ne sait trop quoi. Reste alors la tristesse du fermier, les funérailles de l’animal et le suicide de l’éleveur en guise de conclusion. Toutefois, le dernier plan laisse songeur, puisqu’on distingue, au loin, le corps de notre fermier qui s’envole carrément vers le ciel, à la manière de ces oiseaux coiffés d’une tête de poupon dans l’introduction. Bref, le film est une énigme, un objet biscornu insondable et transgressif qui laisse une impression bizarre une fois terminé, partagé entre l’étonnement et le dégoût (on s’enverra quelques trips scatos par ci par là…). Etrange et tordu, c’est clair !

 

4/6 (difficile de quantifier l’intérêt que je lui porte, le film étant profondément décalé sans pour autant susciter ma complète adhésion).

 

1974
de Thierry Zeno
avec Dominique Garny

 

http://www.nova-cinema.org/IMG/jpg/60/vase1.jpg

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Zogarok 21/04/2012 21:00

Bruce LaBruce : toujours pas vu. Idem pour les autres films d'Iskanov (sauf extraits bien sur). Mais ce sont des choses qui m'intriguent -la bande annonce d'un des films d'Iskanov annonçait quelque
chose relativement dans l'esprit du lien filé d'ailleurs.
Ah, il faut que je revienne vers le cinéma ! J'ai fait des efforts mais c'est encore lent !

voracinephile 21/04/2012 23:22



Tiens, tu connais donc ce coquin de Bruce Labruce ? Un véritable artiste qui tente de relancer le porno comme genre ciné, mais qui se heurte toujours à de grosses difficlutés de financement. Sans
parler de la distribution de ses films, qui doivent être rangés au rayon gay art et essai. Nails est un régal pour les yeux, mais je l'ai trouvé beaucoup moins trash que POAK, ou encore Visions
of suffering (qui est lui une ode au cauchemar, un vrai trip de fou !). Tu devrais avoir l'été pour te remettre au ciné. Et pour le moment, la politique est un sujet de premier plan avec les
élections, tes articles sont passionnants et de premier plan (et perso, vu que tu es le seul blog politique que je consulte régulièrement...). Cela dit, je serais curieux de connaître tes
impressions sur les films que j'ai pu te conseiller.


J'ai vu la femme qui se poudre. Du pur noir et blanc expérimental comme on les aime. Pas d'histoire, mais de beaux "tableaux" qui jouent avec le grain et la dégradation de l'image... C'est très
beau, les ambiances sont hypnotiques, en bref on aime ou on déteste. J'aime, malgré un rythme parfois un poil plombant. J'imagine que de ton côté, tu as déjà testé les classiques de Lynch comme
The alphabet et the Grandmother ? J'adore le dernier cité. Et puis allez, tu me diras des nouvelles de CTIN et III .



Zogarok 21/04/2012 13:25

Décidément, en ce moment, ton blog abonde de petites bizarreries fascinantes rien qu'à leur titre, leur pitsch ou leurs illustrations...
Pour compenser ma frustration immense, et comme Voracinephile semble s'orienter vers l'underground, je vais essayer de rendre mon intervention utile ou constructive, avec ce petit court-métrage
très étrange d'un certain Patrick Bokanowski >> http://www.youtube.com/watch?v=fk9nQG1J7Xs

voracinephile 21/04/2012 14:45



^^ Si j'ai des films biscornus sous la main, je ne me gêne pas pour en faire profiter mes lecteurs. Peu osent en parler, mais les visites sur mon blog sont toujours aussi fréquentes ^^. Ravi en
tout cas d'attirer ton attention sur ces films qui sortent du lot. Après, je n'ai pas d'orientation plus précise que mes goûts et mes découvertes, mais si tu as de l'Underground, je suis preneur
! Je reviendrai bientôt à Iskanov avec Nails, et si je réussis à les trouver, je parlerai bientôt de quelques films de Bruce Labruce, un réalisateur très peu connu, qui s'amuse dans ses films à
présenter l'homosexualité sous des aspects décalés (LA Zombie où un mort vivant réanime des corps en les fertilisant de sa semance, et Hustler White, film trash sur l'amour entre un cinéaste et
un prostitué - interdit en France pendant longtemps - sont dans mes priorités).



Duncan 20/04/2012 19:13

Ça a l'air.passionant ce truc :)
Nan,serieusement,j'aime bien le cinema experimental,mais bon,je prefere quand c'est de l'horreur,une ambiance macabre,du malsain,pas trop realiste.

voracinephile 21/04/2012 14:25



Oh, le rythme n'est pas le point fort du film. Il se révèle même assez désagréable au niveau de la bande originale (contrairement à des films comme Nékromantik ou Schramm qui bénéficient d'une
musique hypnotisante), mais certaines scènes sont tout simplement scandaleuses. Un fermier qui fornique avec une truie, des petits cochons qui naissent de l'union proscrite, la mort dégueulasse
des pourceaux... Un OFNI de l'étrange trash (je me rappelle d'une scène scato aussi) qui, ma foi, a bien mérité sa place pour les Hallucinations Collectives.



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche