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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 15:32

http://img10.hostingpics.net/pics/363709visionsofsuffering20063zb2.jpg

 

Pour les rares qui se demandaient comment allait Andrey Iskanov (relativement peu connu malgré son costaud (mais trop long) Philosophy of a Knife), le bonhomme continue sa carrière sur les voies qu’il s’est ouvert, à savoir le cinéma expérimental versant régulièrement dans l’horreur crasse et dans le trash. Avec une filmo aussi sulfureuse, il nous rappelle presque un Jörg Buttgereit. Son nouveau film, c’est Visions of suffering, et ça vous met la tête à l’envers avec des séquences parfois incompréhensibles et pour le moins déroutantes.

L’histoire : plusieurs personnes, hantées par leurs cauchemars, voient leur quotidien partir en vrille.

 

http://lovingmovies.free.fr/photos/v/visionsofsuffering03.JPG


Et partir en vrille, le mot est faible. C’est simple, même en l’ayant vu en entier, j’ai difficilement compris quoi que ce soit. Mais un peu comme dans Philosophy of a Knife (qui avait certes vocation à raviver la mémoire historique des spectateurs et à rendre hommage aux victimes), Iskanov se lance dans différents concepts à propos du cauchemar, puis bel et bien du bad trip. On commence déjà par un ouverture cauchemardesque dans les bois glaciaux d’une campagne du nord, où nous découvrirons pour la première fois dans une zone marécageuse des espèces de grosses tiques, une créature qui reviendra tout au long du film. On se focalisera essentiellement sur 3 personnages. Le premier est un jeune adulte qui vit sa vie sociale par téléphone, et qui voit ce dernier se détraquer peu à peu, des voix étranges commençant à l’appeler pour l’inciter au meurtre (donc, c’est un huis clos ultra-étouffant), pendant des types étranges ressemblant comme deux gouttes d’eau aux Etrangers de Dark City assiègent son appartement. On se focalisera aussi sur un prêtre, par lequel on apprendra que nos cauchemars sont un reflet de la réalité que nous ne voulons pas voir, et que ces cauchemars sont aussi des tentatives de démons pour s’emparer de notre corps (et dans ce cas, les tiques pourraient bien représenter les pensées parasites qui s’attaqueraient aux corps de nos héros). Le prêtre partira alors dans une soirée punk ( ?) pour se prendre un shoot ( ??) et pour avoir la mort la plus WTF qu’on ait pu voir dans un film expérimental (un petit canon en papier toilette lui tire dans les jambes, ce qui le fait tomber et s’empaler sur une lame de faux tenue par une des créatures de son cauchemar). Clairement, ce n’est pas la cohérence qui mène l’œuvre d’Iskanov. Il n’en a clairement rien à foutre, d’avoir une histoire (ce qui contraste lourdement avec POAK qui lui cherchait vraiment à s’ancrer dans une réalité historique). Ce sont des ambiances qu’il cherche à mettre en scène, et si certaines souffrent d’effets spéciaux approximatifs, certains relèvent du psychédélisme total, absorbant le spectateur dans un maelstrom de rythme et d’ambiance stroboscopique colorée qui hypnotisent sur une durée plus ou moins longue. La musique est ici bien 50% du film, donnant le ton de chaque passage et conservant ces ambiances inquiétantes qui avaient énormément contribué au « charme » de POAK. Si clairement certains passages du film sont incompréhensibles, certains valent le détour, relevant de la pure expérimentation visuelle et auditive. Reste une œuvre assez difficile d’accès (le cinéma expérimental, on ne va pas vous mentir, c’est très prise de tête), mais qui par une certaine recherche esthétique arrive à saisir de belles images dans son océan de bad trips cauchemardesques.

 

5/6

2006

de Andrey Iskanov

avec Andrey Iskanov, Igor Anikin

 

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Published by voracinephile - dans OFNI (m'as tu vu )
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commentaires

Vince12 26/06/2012 11:41

Oui pour la critique c'est difficile j'essaie de prendre vraiment du recul, mais je pense que comme Nails et POAK Il n'y aura pas de notes. Au final j'ai un peu du mal avec la réalisation qui fait
film amateur, même si le budget ne doit pas être au rendez vous. Au final POAK se place largement au dessus des deux premiers sa réalisation est un classe au dessus je trouve.
Pour VOS c'est vrai que c'est un "mixeur cérébral" comme tu dis. Cependant comme je le soulignerai dans ma critique je pense que le film aurait gagné à durer une demi heure de moins.

voracinephile 26/06/2012 12:02



Je le comprends, j'ai moi aussi longtemps hésité à mettre une note (mais me refusant à rester dans l'indécision, j'ai tranché pour un avis fendard et positif). Clairement, certains passages font
amateur (certaines inserts sont hideuses, certains passages sentent le tripatouillage dans la palette des effets numériques du logiciel de montage), le budget est ridicule, bref, c'est de
l'expérimental fauché, du jamais vu et du jamais entendu (la BO de Schevchenko est toujours aussi hypnotisante). Pour ta critique, ton avis me semble raisonnable, j'y réagirais probablement
positivement quand elle sortira sur Naveton ^^



Vince12 25/06/2012 20:03

je l'ai chopé sur Ebay Prince.

princécranoir 25/06/2012 18:54

ça se trouve quel genre d'épicerie cette drogue ?

Vince12 25/06/2012 13:44

Enfin vu! un film dont la réalisation est dans la lignée de Nails, mais il est vrai qu'il est plus ambitieux que ce dernier. Par contre des longueurs et une histoire vraiment confuse, tu l'as
souligné certains passages sont incompréhensibles. Sans doute que le but premier est de nous embarquer dans un trip déboussolant. Au niveau de casting on retrouve Schevchenko mais également Iskanov
en personne dans le rôle du cureton. DE même que l'actrice qui fera l'infirmière de POAK. Bref je sais pas trop quoi en penser mais il fera l'objet d'une chro sur naveton.

voracinephile 26/06/2012 11:32



Un vrai mixeur cérébral celui là, n'est-ce pas ? Si on comprend en gros les parcours de chacun et que quelques passages sont effectivement stressants et cauchemardesques, le tout est décousu, et
on s'embête pendant quelques passages. Iskanov dan le rôle du curé, ça m'avais aussi surpris quand j'ai découvert le film. Nul doute qu'il a voulu s'offrir une mort gratinée (quand même, où
est-il allé chercher cette idée du canon qui lui explose les rotules ?). J'espère que tu arriveras à te positionner par rapport au film (il m'a fallu le voir plusieurs fois pour y arriver, et
j'ai fini par me focaliser sur ce que j'avais aimé et sur les idées esthétiques intéressantes de ce film).



princécranoir 19/06/2012 16:20

Tu m'as bien accroché avec cette chronique de "Visions of suffering". D'Iskanov, je n'ai vu que "Nails" qui m'a vraiment interpelé. son approche d'une réalité intangible, proche du délirium est
finalement une sorte de descendance dégénérée des rêves surréalistes imaginés par Dali dans "la maison du docteur Edwardes". "Vision of suffering" (qui, je crois, est son deuxième film) creuse
encore le sillon de cette folie qui mène à la souffrance, autre motif récurrent chez le réalisateur. ça fait une paye qu'Olivier me tanne pour que je voie les 4h30 de POAK mais, pour en avoir subi
quelques extraits sur youtube, il me semble que la stylisation extrême ne sied pas forcément à la démarche qu'il cherche à entreprendre. Un très bon documentaire sur l'Unité 731 parvenait très bien
à faire comprendre l'abominable enfer qu'ont subi les malheureux cboayes humains. Une telle barbarie ne supporte, je crois, aucune reconstitution possible. Quant à l'introuvable "Ingression", on
dirait effectivement du Tsui Hark sous LSD.

voracinephile 20/06/2012 13:34



Ravi d'avoir su éveiller ton appétit cinéphile devant ce merveilleux objet. Je ne me lasse pas de le revoir, même si quelques passages sont à la longue un peu longs. Ravi que Nails t'ait
intéressé (c'est son film le plus basique jusqu'à maintenant, mais il marque le potentiel du bonhomme Iskanov). Ce nouveau film traite en effet de cauchemars chez différentes personnes, et avec
différents protagonistes. Chacun va partir totalement en vrille, en nous offrant des tourbillons d'angoisse, de violence et de malsain, avec par moments de pures hallucinations visuelles (des
trucs fantastiques, magnifiquement accompagnés par la musique de Shevchenko).


POAK est mon film préféré du réalisateur. Toutefois, voir une moitié du film suffit à résumer au final l'esprit de l'oeuvre. La fin rend clairement hommage aux victimes et et conclut de façon
sanglante sur chacun des personnages qu'on avait suivi pendant le film, mais l'essentiel est dans les innombrables séquences de tortures, toutes proches de l'insoutenable, qui tendent à rendre
hommage à la souffrance des victimes. Un concept jamais exploité jusqu'à lors (ou alors dans La Passion du Christ de Mel Gibson), et qui reste le principal intérêt de ces reconstitutions. La
démarche peut sembler bizarre (l'esthétique est recherchée, mais elle est aussi très crue et contribue beaucoup à l'ambiance), mais c'est bel et bien une tentative d'innovation sur le sujet (car
Men behind the sun, autre film traitant de l'unité 731, était autrement plus nanar). Si tu en as l'occasion, regarde le, le traitement du film muet est assez recherché, mais si ce cinéma extrême
ne te tente pas...



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