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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 19:37

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war_gods_of_the_deep_poster_02.jpg

 

Triple programme costaud aujourd’hui car il s’agit de trois films d’aventures ayant pour objectif de nous emmener au fond de l’eau histoire de découvrir ce qui fait toutes ces bulles en surface… Tournés pendant la même décennie, L’odyssée sous la mer (1973) et Les 7 cités d’Atlantide nous promettent tous les deux la plus grande odyssée sous marine jamais révélée aux yeux du grand public. Plus modeste et également plus ancien, War-gods of the deep (1965), sous la direction de Jacques Tourneur, nous montre une cité engloutie sur le point d’être détruite et des hommes poissons proches de ce qu’avait pu imaginer Lovecraft. Avec un programme d’aventure aussi dense, la flotte salée n’aura plus de secrets pour vous, et c’est en confiance et avec un solide tuba que vous pourrez découvrir des continents disparus et autres krakens susceptibles…

 

Warlords_of_Atlantis.png

 

The Neptune factor : Arborant une affiche qui met plutôt en confiance (suscitant le rêve qu’on espérait), the Neptune factor est, disons le d’office, une gentille arnaque. Une arnaque, parce que le voyage ne commencera qu’après une quarantaine de minutes, et qu’une fois commencé, on se rend immédiatement compte que le postulat du film se contentera surtout de filmer une maquette de sous marin en plastique au milieu de gros poissons colorés, sans autre enjeux technique un peu supérieur… Mais gentille, parce que malgré le manque d’audace, le voyage est là, et le spectateur a envie de s’émerveiller de toute cette faune gigantesque qu’on se demande comment ils arrivent à manger à leur faim tous les jours… En misant sur la simple idée reçue « plus on descend, plus c’est gros », le film réussit à gentiment retenir l’attention du spectateur, qui regarde alors d’un œil distrait les merveilles qui apparaissent derrière les larges hublots du submersibles. Des stock shots à la chaîne, mais le côté tout simplement joli de l’aventure et un certain kitsch permet de suivre le film jusqu’à son dénouement, pour peu que la perspective paisible d’un voyage sans histoire vous enchante. Probable ancêtre de l’autiste La vie aquatique, un peu décevant sans être honteux (les incrustations sont bien faites, et quelques jolis plans valent le détour), The Neptune Factor délivre simplement la marchandise, sans ambitions et en jouant un peu sur la montre, mais pour peu qu’on soit conquis d’avance, une jolie descente dans les récifs par 2000 mètres de fond par un soleil radieux.

 

3/6


1973
de Daniel Petrie
avec Ben Gazzara, Walter Pidgeon

 

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Les 7 cités d’Atlantis : Nous tenons ici le meilleur membre de la sélection. Taillé pour combler le fan de kitscherie le plus exigent, nous tenons là un vrai petit bijou dans son genre, à l’égal de l’enthousiasme qu’avait pu susciter un First men in the moon… Malgré un budget qu’on sent modeste, le film ose les moments de bravoure à répétition, ne perdant jamais une occasion de nous offrir une séquence effets spéciaux aussi inattendue que généreuse, qui enrichit davantage l’univers merveilleux qui évolue sous les vagues. On commence donc avec une mission d’exploration des fonds marins qui teste une cloche conçue pour descendre dans les grandes profondeurs, reliée au bateau par une corde, un câble téléphonique et un tuyau d’alimentation d’air. Et dès les 15 premières minutes, ils se font attaquer par un dinosaure marin qui vient passer sa tête dans l’orifice de la cloche pour tenter de les bouffer ! En moins de 15 minutes ! Scène hilarante qui témoigne déjà des ambitions ludiques de l’entreprise, nos vaillants scientifiques mettent la bestiole hors d’état de nuire d’un bon 20 000 volts dans les gencives, avant de découvrir une statue en or massif à l’entrée d’une grotte. Damned, voilà  de quoi financer les recherches pendant le siècle à venir ! Fort malheureusement, cette statue étaut l’unique pièce de la collection d’un poulpe géant, qui remonte alors en surface pour saccager le bateau. Et ce qui est inespéré, c’est qu’on la voit ! Une pieuvre en mousse gigantesque, dont les tentacules saisissent les membres d’équipage pour les balancer à l’eau, le tout moins d’une demi-heure après le début du film… J’étais complètement convaincu. Entrainant dans les grands fonds l’équipage pour le boulotter à l’aise et la cloche (où sont toujours enfermés nos malheureux scientifiques) pour enrichir sa collection, nous pénétrons dans la grotte, où un fort courant aspire la cloche, mais en la gardant toujours dans la bonne position avec le trou en bas jusqu’à une vaste salle souterraine où on y voit comme en plein jour. Et là débarquent les atlantes ! Tous bardés d’armures scintillantes en mode gilet disco et de coupes de cheveux impeccablement lisse, on commence par croire que les Atlantes vivent surtout pour les sorties en boîte de nuit, et l'avance technologique ne fait pas forcément la classe. Qu’on se rassure, les femmes ont des coupes de cheveux encore pire et passent leur temps à léviter en méditant. Je tairais tous les autres rebondissements (fort nombreux) de cette histoire, elle en déborde avec une générosité que je n’espérais plus (avec, en prime, des images d'archives des nazis pour illustrer le plan diabolique des atlantes). Faisant régulièrement intervenir des monstres en latex pour enrichir son histoire, Les cités d’Atlantis cumule un rythme plutôt soutenu pour un nanar kitsch, et accumule les effets spéciaux en les soignant suffisamment pour que le charme opère. La petite arnaque du film réside dans son titre, puisque nous ne verrons au final qu’une seule cité, les autres ayant été englouties ou perdues… Qu’on se rassure, celle qui reste est cernée par les monstres et nous aurons déjà bien assez à voir. Dans sa catégorie, Les cités d’Atlantis est un poids lourd, réjouissant et généreux jusqu’au bout.

 

4,7/6

 

1978

de Kevin Connor

avec Doug McClure, Peter Gilmore, Shane Rimme

 

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Le commandant des Atlantes, en tenue de combat...

 

War-gods of the deep : C’est à un tout autre type de voyage que nous sommes invité ici, car si les précédents films relevaient du trépident voyage avec la fougue nanarde de la découverte, on bascule ici dans les ambiances gothiques de la Hammer (et Vincent Price n’est pas étranger à cette impression). Un domaine familial adossé à une falaise battue par les vents, la découverte d’un corps sur la plage et l’arrivée d’un visiteur scientifiquement curieux posent le décor initial. Et comme c’est un maître du fantastique qui est derrière le bestiau, les attentes augmentent en conséquence. Et elles sont comblées au fur et à mesure, par un rythme un peu plus vif que prévu (la découverte des hommes poissons est iconique comme il le fallait, et l’enlèvement de la demoiselle de famille lance vite nos vaillants sur la piste des hommes poissons. Passage secret, exploration de grotte et brutale aspiration dans un tourbillon d’eau pour aller au plus vite au fond des océans, War-gods of the deep ne lésine pas sur les gros arguments fantastiques, dont le principal reste la belle cité engloutie bâtie sur un volcan menaçant de reprendre du service. Vincent Price est une sorte d’érudit vivant à proximité de la cité, et organisant avec ses associés une société sous marine à l’écart des hommes poissons, que Vincent Price utilise de temps à autre pour ses basses besognes (en outre, l’enlèvement de la belle et unique fille présente dans le scénario). Si peu de grosses surprises viennent se profiler dans le récit, ce dernier fait de notables efforts pour en donner à voir à son public, notamment avec les scènes sous marine de la citée engloutie, et avec les nombreuses galeries qu’explorent nos personnages, dont les ambiances sont tout simplement réussies. Quelques défauts techniques ça et là tout de même, notamment au cours d’une très ambitieuse séquence de course poursuite sous marine en scaphandre entre les hommes de mains de Price et nos trois héros, bientôt rejoints par les hommes poissons furibards. Le montage perd alors beaucoup en cohérence, et on ne sait clairement plus qui fait quoi et surtout qui est qui, les scaphandres se ressemblant tous… Un problème technique assez dommage au vu des ambitions de la scène pour l’époque. Mais rien qui ne gâche pour autant le plaisir, la fin nous offrant tout ce qu’on était en droit d’attendre, et nous ayant offert un bon bol de fantastique à l’ancienne avec cet air marin qui vous revigore. Dans son genre, un délice...

 

4,7/6


1965
de Jacques Tourneur
avec David Tomlinson, Henry Oscar

 

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

princécranoir 23/02/2014 10:36

Quelles belle collection de trésors engloutis. En lisant le descriptif général, je me rue immédiatement sur celui signé de l'immense, du génial, de l'incomparable Jacques Tourneur. C'est son ultime
film (post bataille de Marathon), le second avec Price (je me permets de rectifier d'ailleurs : Price est plus AIP que Hammer, même si les deux studios séparés par un océan ont un temps travaillé
main dans la main), et ces quelques photogrammes me donnent furieusement l'eau (salée) à la bouche !

voracinephile 23/02/2014 11:28



Oui, je pense que le Jacques Tourneur aura largement de quoi te satisfaire. Je n'ai hélas pas vu grand chose de ce réal (La féline manque toujours à ma culture), mais je connais sa réputation, et
si ce cru semble être un peu mineur, il possède une certaine inspiration et quelques jolis effets spéciaux. Le charme est différent, un peu bordélique, mais tout à fait plaisant... Merci pour la
rectification, c'est vrai que j'avais tendance à placer Price dans la catégorie Peter Cushing et autres Christopher Lee.



alice in oliver 22/02/2014 08:04

ah oui, dans son genre, ça reste particulièrement sympathique et kitsch à regarder

alice in oliver 21/02/2014 09:25

je n'ai vu que les 7 cités d'Atlantis: pour moi, un vrai nanar en carton pâte mais néanmoins très fun à regarder

voracinephile 21/02/2014 12:12



Oh oui, un sacré nanar en carton plâtre ! Enfin, ce que je demandais au film, c'était surtout d'être ambitieux et d'offrir de l'aventure kitsch. Que les effets soient plus ou moins fauchés et les
incohérences plus ou moins légions, je me suis vraiment amusé devant. Après, sur un plan objectif, ça ne vaut pas le ton sérieux de War-gods of the deep, qui lui tente d'illustrer une histoire
avec cohérence et ambition. Mais comme chacun s'assume pour ce qu'il est (nanar généreux (l'humour est là dans les 7 cités d'atlantis) ou fantastique ambitieux, sorte d'adaptation de Lovecraft
fait avec déférence pour le genre).



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