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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 12:02

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/action/wanted___choisis_ton_destin,3.jpg

 

Avouez le ! A un matrix pompeux et chiant, qui délaissait l’action névrotique pour se laisser aller dans des citations bibliques on ne peut plus prétentieuses et chiantes à mourir, vous aviez préféré Ultra-violet ou Resident Evil 4, qui s’asseyaient sur la vraisemblance pour péter un bon coup et nous gratifier de généreuses flatulences d’action, des trucs aussi nerveux et bruyants que le bon goût pouvait nous permettre. Réjouissez vous ! Le nouveau mètre étalon du genre est là. Avec Wanted, on passe à la seconde vitesse de la connerie dégénérative beaufresque comme on n’en avait plus vu depuis... sa sortie.

L’histoire : un trouduc devient un héros en flinguant des gens.

 

http://www.mysterieuxetonnants.com/wp-content/uploads/2010/02/angelina_jolie_wanted.jpg

 

Bon sang, voilà un film qui a le mérite de m'agacer, car malgré ses artifices évidents de block buster formaté, il y a pourtant beaucoup de spectateurs qui le considèrent comme un film d'action potable, vantant son casting et ses scènes d'action survoltées. Sincèrement, comment a-t-on pu en arriver là. Si Aeon Flux était une merde insipide, il prenait au moins la peine d’afficher un design new age cucu-cliquant. Ici, bienvenu dans le monde réel avec du tripatouillage numérique à tous les niveaux. Rien que le début, on est déjà mort de rire tant les clichés se succèdent sans transition avec un goût immodéré pour ce qui fait la « base » du héros moderne. Un soumis insipide que sa petite amie trompe avec son meilleur pote (pour forcer le cliché : sur un meuble auquel le héros tient beaucoup), un boulot chiant à mourir où une patronne obèse (et par là, le film nous balance « gros tas » à chaque fois qu’il la filme) malmène ses employés et un meilleur ami qui l’entube par tous les trous. Mais putain, cette tâche va devenir un héros, parce que là, l’identification est faite, je me reconnais dans ce looser sans once de charisme (heureusement que l’acteur a joué dans X men first class, sans quoi j’aurais arrêté le visionnage à cet instant). Après, on a un type qui ressemble déjà plus à un héros. Soucis, il se lance dans une scène d’action tellement je me la pète, tellement survoltée qu’elle en renvoit direct Torque et Crank à l’âge de pierre, en nous proposant une séquence d’une minute tellement risible qu’on a du mal à respirer. Un type qui se met à courir en agitant des bras, ce qui déclenche des ventilos qui vont voler des feuilles dans le couloir (je crois que c’est pour montrer qu’il accélère) avant de le voir sauter par la fenêtre en ligne droite avec du verre plaqué sur la gueule et dégainer deux flingues qui n’étaient pas là le plan d’avant pour abattre des mecs avec des balles qui font des courbes pasque le type bouge son flingue en tirant. Le tout au ralenti filmé avec des acteurs qui bougent à vitesse normale. On en revient à notre looser, qui vient encore nous pomper avec sa vie de merde ambulante pendant 10 minutes, jusqu’à ce qu’Angélina Jolie vienne le pécho dans sa supérette en détruisant le magasin au passage (parce qu’un type les suit). Et là, c’est une course poursuite en bagnole à mourir de rire, nos personnages tamponnant les flics en s’en foutant royal, se balançant des voitures à la gueule et finissant par se tirer d’affaire. Et là, on découvre Morgan Freeman qui nous explique qu’on a affaire à une association appelée… La Communauté. Waow, ils n’étaient pas en manque d’idée, ceux-là. Au passage, on voit que Morgan Freeman avait faim, comme Angelina Jolie, pour oser tourner dans ça. Notre héros comprend alors qu’il va commencer une formation d’assassin pour tuer des gens dont il ignore tout. Mais c’est pas grave, il va pouvoir réussir ça vie comme ça. Et c’est parti pour des gags atterrants où notre jeunot s’entraîne en Russie pendant deux mois, et où il devient un assassin hors-pair. Si la morale vient une fois à la charge avec le héros qui pense « mais tuer, c’est mal, il me faut une bonne raison », sa deuxième tentative sera au moins fructueuse, ce dernier liquidant un mec pendant une cascade en bagnole en gueulant « je suis désolé » pour se dédouaner (et on le dédouane, évidemment). Ah, le film décolle enfin. Mais dites moi, le scénario, c’était quoi ? Ah, on n’en avait pas encore parlé… Ce sont de nouvelles balles. Elles ne servent à rien (notre héros les arrête avec des balles normales), mais ça fait quand même flipper les mecs de la communauté, qui décident de flinguer les moines ( ??) qui les fabriquent. Et là, on enchaîne avec la scène d’action du film, où on assiste à une gun fight dans un TGV à grand renfort de balles qui filent en faisant des courbes (mais nos tireurs sont tellement des surhommes qu’ils le temps d’anticiper la trajectoire et de tirer des balles pour faire dévier celles de l’adversaire). Angelina Jolie tue ensuite 10 personnes en fonçant dans le train avec sa bagnole, et le train déraille sur un pont, ce qui provoque la chute de plusieurs wagons (complets), mais celui dans lequel sont nos héros est vide (autant éviter de montrer les cadavres). Et là, le héros découvre que le mystérieux tueur lancé à ses trousses, c’était son père. Pétant un câble shakespearien, notre tête de nœud empoigne ses flingues et retourne à la base en mitraillant à tout va, sûr que ses anciens patrons sont en fait des méchants. Il fait péter des rats partout, et il se lance dans une scène d’action de 5 minutes tellement survoltée qu’elle ridiculise l’introduction. Sérieusement, ce sont 5 minutes où notre héros hurle sans s’arrêter, tue des méchants en faisant voler leurs flingues qu’il rattrape en vol pour faire feu sur les suivants, etc… Au passage, il ne tire pas vers les mecs qui meurent et il change souvant de flingues d’un plan à l’autre (je me demande encore comment le monteur n’a pas pu voir que d’un beretta, on passe à un magnum sans transition)… Impossible de ne pas rire, ça va trop vite et c’est tellement indigeste que cette seule scène tire tout le projet vers le bas (à faire passer Frontière(s) pour du Malick). Et là, notre héros s’explique avec Angelina, qui fait partie des méchants mais qui est en fait gentille. D’ailleurs, sa dernière action a le mérite d’être anthologique : elle tire une balle tellement courbe qu’elle fait le tour de la pièce en trucidant tous les tireurs sur son passage. Même Matrix n’avait pas osé. Ne me dites pas que vous n’êtes pas convaincu ! Avec une chute égalant en crétinité la scène d’introduction, on se dit que d’un certain côté, ce film fait fort. On n’avait pas vu un acteur comme Morgan Freeman se ridiculiser de la sorte depuis très longtemps. S’imposer un visionnage complet de l’œuvre relève du défit, vous voilà maintenant prévenu, mais la persévérance du film dans le ridicule payent, faisant grimper sa côte dans des cimes naveuteuses qu’on a rarement vu. Un exemple !

 

0/6 mais un beau 16/20 naveteux !

 

2008
de Timur Bekmambetov
avec James McAvoy, Angelina Jolie

 

http://www.gouts-doux.fr/images/films/Film%20Wanted1.jpg

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commentaires

B
En tous cas on retrouve plus sa patte dans Kick ass.
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B
Millar a dû se poser des questions quand il a vu le film, lui qui avait valider le truc parce que de son oeuvre, il ne reste que la trame initiale: un homme en mal de cul et trompé découvre que son<br /> père est mort et qu'il vit dans un drôle de monde. Voilà! Rien à voir avec le dézinguage des super-héros, le look des personnages (Wesley c'est Eminem, son père Tommy Lee Jones, le chef des<br /> méchants Christopher Lloyd, l'héroïne Halle Berry et le personnage de Johnny Deux Bites même pas dans le film Steve Buscemi! On est loin des James McAvoy et autres Angelina Jolie) et le trash. Un<br /> film qui n'a strictement rien à voir et d'une mocheté affligeante. Le plus drôle? Bah c'est un peu comme Roschdy Zem père de Leïla Beckti dans Mains armées, on ne croit pas une seule seconde de<br /> crédibilité que Thomas Kretschman campe le père de James McAvoy qui ne doit pas être plus vieux que lui!
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V
<br /> <br /> Ben justement, j'ai lu sur Mad une interview de illar à propos de l'adaptation (je rechercherai où je l'ai vu), mais il était content du résultat (insistant par exemple sur l'intro du film qui<br /> reprend très bien la dynamique de ses dessins)... Ca m'a fait un pincement au cour de lire ça quand même...<br /> <br /> <br /> <br />
A
j'ai lu aussi de très mauvaises critiques à leur sujet
Répondre
V
<br /> <br /> Hum... On verra ça !<br /> <br /> <br /> <br />
A
en même temps, avec ce genre de boulet, ça commence très mal pour ce réalisateur. Pas vu les 2 films cités dans ton comm: je les connais juste de réputation.
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V
<br /> <br /> Pas évident, j'ai été surpris de voir que Wanted était assez apprécié (et je manifeste encore mon incompréhension devant ce phénomène). En plus, avec un casting pareil, on lui filera probablement<br /> un autre block buster, et peut être même la suite de Wanted... Nightwatch et daywatch ont quand même de bonnes réputations, c'est à essayer...<br /> <br /> <br /> <br />
A
une grosse purge qui lorgne du premier sans jamais en posséder l'inventivité
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V
<br /> <br /> Heureusement que Borat m'a parlé du comic book, sinon j'aurais condamné d'avance toute une franchise. Même avec de bons acteurs, on peut tout foirer dans les grandes largeurs. Toutefois,<br /> j'essayerai de voir Daywatch et nightwatch avant de conclure sur ce réal...<br /> <br /> <br /> <br />

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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