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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 20:58

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INTERDIT AUX MOINS DE 18 ANS.

ATTENTION, CETTE CHRONIQUE CONTIENT DES PHRASES SUSCEPTIBLES DE HEURTER LA SENSIBILITE DE N'IMPORTE QUELLE PERSONNE AYANT DES YEUX.

 

Where the deads go to die est un des films les plus undergrounds qu’il m’ait été donné de voir dans ma vie cinéphile. Film d’animation composé de façon quasi amateur par un réalisateur étant allé au bout de ses fantasmes, il est aussi méconnu qu’extrême, puisque même plus retenu par les codes de la législation (les personnages sont pleinement fictifs, sont créés de toute pièce, et peuvent donc tout subir). La liberté de ton et d’ambition atteint ici des sommets, peut être pour devenir l’œuvre la plus immorale jamais été faite par la main de l’homme (quand on vous dit que POAK ou The human centipede 2 sont moins durs, ce n’est pas de la blague). Cependant, comme ce fut mon cas avec Regoregitated sacrifice, on cerne vite les objectifs du réalisateur (qui d'ailleurs a pris un pseudonyme, vu qu'il est impossible d'assumer un tel film), et malgré l’agression neuronale, l’expérience est finalement peu concluante…

L’histoire : Un gamin issu d’une famille qui le déteste planifie l’avortement de sa mère. Un jeune adulte se drogue aux hormones prélevées dans le cerveau des cadavres encore frais, un gamin difforme s’initie au monde de l’amour et de la sexualité.

 

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Méphistophélès pixélisé...

 

J’écris « histoire » pour le résumé, mais le récit est complètement éclaté entre le destin de ces personnages, plus pervertis les uns que les autres, se partageant l’écran en découpage par sketch (des chapitres sont marqués). Il apparaît assez vite que ce film essaye de faire du choc pour du choc (nombreuses allusions sataniques, fascination pour le Mal et la corruption…). Autant dire que les enfants sont la première cible du film, qui ne recule officiellement devant rien. La première histoire est la plus glauque avec la dernière, mettant en scène un gamin vivant dans un climat psychologique éprouvant, qui voit alors un chien noir aux yeux rouges arriver et lui dire que son futur petit frère est l’antéchrist, qu’il faut le tuer et que c’est une mission divine. Le film ne se prive pas de tout montrer en détail, poussant la provocation jusqu’à montrer le gosse en train de sodomiser le clébard sur les corps décomposés de ses parents. Si votre cerveau n’a pas encore explosé à la lecture de ces lignes (le voir est autrement plus dérangeant), la suite du film se chargera de vous achever, le petit fonçant alors dans les bras de l’enfer et dans des dizaines de visions malsaines perverties par notre molosse qui s’en donne à cœur joie dans les commentaires faisant l’apologie du démon. Toutefois, le film est insupportable esthétiquement. Vous connaissez The Amazing Bulk ? Si ce n’est pas le cas, regardez sur youtube. La qualité des graphismes est à peu près équivalente à ce niveau. Mais si The amazing bulk nous faisait rire devant ce sommet d’incompétence, le choc et le premier degré de Where the deads go to die nous enlève ce modeste plaisir. C’est juste une torture visuelle et morale, dont le déballage des visions obscènes provoque un  sentiment de gêne tel qu’on en viendrait presque à auto-censurer ce que l’on voit. D’autant plus qu’on cerne assez vite ce que veut dire le réalisateur. Rien. Il n’y a que cette absence de recul, cette fascination pour le malsain qui pervertit absolument tout ce qu’il aborde. A un tel stade de viol moral, ce n’est plus du pessimisme sur la condition humaine, c’est une exultation impie ! Une compilation des fantasmes les plus tordus de l’auteur, livrés sans fard sans recul aux yeux du monde. Toutefois, le film ne ment pas sur ses ingrédients, et s’adresse donc à un public underground, partisan par essence. Mais il n’y a rien derrière cette fascination pour l’inadmissible, même pas l’envie de la faire partager. Le tout n’est qu’une grotesque parodie de l’humanité, dans tous ses personnages, dont les pulsions semblent être les penchants naturels, tendant instinctivement la main à Belzébuth et ses envoyés, à tous les âges (du militaire retraité qui, hallucinant sur un conflit qu’il a vécu, mutile une prostituée, aux gamins de banlieue sinistre qui parlent avec le diable dans leur petit coin…). La dernière histoire est la plus grosse claque immorale, montrant un personnage de freak par essence sympathique (siamois avec un fœtus non développé, on penserait presque à Basket case) qui commence à entamer une relation amoureuse enfantine très rapidement salie par l’introduction d’une sexualité gênante, qui culmine en porno infantile que seul le cinéma d’animation peut espérer montrer sans poursuites judiciaire au vu du flou juridique concernant le fait que les enfants représentés ne sont pas réels (alors que leurs actes font échos à des perversions qui elles, le sont). Pour ce qui est du choc, si le spectateur n’a pas déjà perdu la vue suite à la monstruosité des graphismes (et pas dans le bon sens du terme), il devrait ressentir un profond sentiment de gêne pendant le visionnage, mission réussie donc pour le film. Mais est-ce bon, je ne le pense pas. Pas quand c’est aussi complaisant, aussi parodique de libido déjantée et de pulsion de mort… On passe un cap avec ce film, mais au final, cette séance de malaise d’une heure et demie qui n’aboutit sur rien, ça laisse dans une frustration artistique qui atténue assez vite le trauma subi. Mis à part son intensité jusqu’auboutiste, je n’y trouve aucune qualité. A réserver donc pour ceux qui s’intéressent à la surenchère, on tient là un morceau de choix…

 

0,1/6

 

2012

de Jimmy ScreamerClauz

 

Where-the-Dead-Go-to-Die-2012-Image-2.jpg

 

En bonus (parce qu'il est rare de tomber sur des cinglés pareils), voici le lien vers le site Web du réalisateur.

A vos risques et périls...

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commentaires

Vince12 21/05/2013 08:49

Moi je l'ai eu sur E bay

Vince12 20/05/2013 08:13

Lol le pire pardon !
Oui Salo a de la classe ! Sinon tu pense que tu vas acheter ce Where the dead go to die ?

voracinephile 21/05/2013 08:02



Je vais regarder où il se vend, puis je passerai commande...



Vince12 17/05/2013 14:01

le poire c'est que j'ai failli acheter Men Behind the sun pas cher mais bon......
Il a même essayer de provoquer Salo mais ce dernier lui a répondu qu'en sa position de classique du cinéma italien il ne daignait pas adresser la parole à un petit film d'animation sans budget.

voracinephile 19/05/2013 22:20



le poire...


Salò a le mépris quasi sicilien qui fait le sel de la Botte ? Bon à savoir ! Ca apprendra à ces bouffeurs de hamburger à venir foutre les pieds en Europe !



Vince12 16/05/2013 20:31

Et oui à peine arrivé dans le rayon trash, qu'il a commencé à s'embrouiller avec A Serbian Film et POAK, tu vois le genre.
Il a dit à A Serbian Film que c'était un petit joueur avec sa scène de viol du bébé, à quoi A Serbian film a rétorqué une insulte raciste envers les films d'animation.
POAK s'en est mêlé et Where the dead go to die lui a dit que c'était ringard d'être en noir et blanc. A quoi POAK a répondu qu'il vaut mieux être en noir et blanc plutôt que d'avoir des couleurs
aussi merdiques que celle de Screamerclauz. Heureusement je les ai séparé avant qu'ils s'entre-raillent.
Je vais regarder le film que tu dit, je suis preneur de Screamerclauzisme. En tout cas c'est bien l'édition Unearthed, les mêmes qui ont éditer les films de Tonton Iskanov.

voracinephile 17/05/2013 13:36



Un vrais pugilat d'extrêmités !Tu rajoutes Men Behind the sun, Where the dead balance une insulte raciste à ces faces de citrons et ça donne la troisième guerre mondiale !



Vince12 16/05/2013 19:35

Il a une place à part isolé, j'avais peur qu'il viole les autres DVD.

voracinephile 16/05/2013 20:16



^^ Peur tout à fait compréhensible... Les dvds, à sont contact, se mettent à avoir des tentacules à la place de la mâchoire... Sinon, regarde le court métrage qui est en bonus, Ice Cream Sunday,
et dis moi ce que tu en penses. Je déteste pour ma part, un scénario pourri qui me semble écrit par un ado de 12 ans qui cherche des ennemis et qui parle de religion sans savoir de quoi il en
retourne...



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