Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 18:36

http://img.filmsactu.net/datas/films/y/a/yamakasi-les-samourais-des-temps-mod/xl/46f899bb09065.jpg

 

Nouveau cru Besson, et pas des moindres puisqu’il s’agit des Yamakasi ! Des Kaïra au grand cœur qui s’amusent à sauter sur des toits et à faire des cabrioles sur les immeubles. Un film pareil, c’est bon pour l’incitation à la tolérance et la dénonciation du système politique français de droite, qui se focalise sur des faux problèmes (les yamakasi) sans s’attaquer aux bonnes cibles (les putains de gros richards chirurgiens). Feux sur un film qui dénonce : la richesse, c’est mal, et la pauvreté c’est pas juste.

L’histoire : Des glandus passent leur temps libre (toute la journée pour la plupart) à escalader des bâtiments publics. La police veut les coffrer parce qu’ils les ridiculisent ( ??). Mais bientôt, un gamin voulant imiter ces héros des temps modernes tombe de sa chaise et se casse le cœur. Pour en obtenir un nouveau, il faut racker : 400 000 balles.

 

http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos/diaporama/images/yamakasi-les-samourais-des-temps-modernes-2000__2/5920933-1-fre-FR/yamakasi_les_samourais_des_temps_modernes_2000_reference.jpg

"Ouvre ta porte, bâtard, c'est pour une bonne action !"

 

C’est qu’il a le cœur sur la main, le Besson. Il sent quand il a un potentiel pour faire pleurer dans les chaumières et parler aux jeunes d’aujourd’hui. Sûr qu’il tentera un jour de mettre en image le parcours d’un unijambiste voulant gagner le marathon de New York (c’est simple : tous les autres coureurs le suivent en marchant, la larme à l’œil). Mais ici, il a vu John Q. (un drame américain sur le système de santé), et il s’est dit qu’il serait facile de faire une transposition dans notre chère France. Moyennant quelques petites adaptations par ci par là. Tout d’abord : les héros des temps modernes : les Yamakasi. Des jeunes qui ont le rythme dans la peau, et qui aiment faire des choses pour le fun, pour la simple beauté d’un coucher de soleil (soupirs). Ils commencent à grimper à une façade d’immeuble. Mais là, 10 bagnoles de flics arrivent et veulent les serrer, ces terroristes. Sincèrement, la diabolisation des flics commence dès les 10 premières minutes, ces derniers se foutant des tagueurs dégradant les lieux publics mais voulant à tout prix coincer ces rebus de la société qui mettent en péril l’ordre public. On a alors le commissaire qui joue mal qui crie et qui se lance dans la présentation des personnages. S’ensuivent des scènes sensées planter les talents de chacun au cours des tentatives d’interpellation qui foireront coup sur coup. Mention spéciale à Spider, qui accroche une corde simplement en la faisant claquer sur un tuyau et descendant en rappel pour offrir des fleurs à sa poule. Mais il manque une chose à nos Guillaume Tell pour que l’empathie soit totale : une cause. C’est bientôt chose faite avec un môme qui veut imiter les yamakasis en grimpant sur un arbre, et en faisant une mauvaise chute d’un mètre cinquante sur le dos. Ce traumatisme lui cause une attaque cardiaque à retardement : le petit va mourir dans deux jours si on ne fait rien. La mère du malheureux prend donc contact avec les médecins français. On a donc un vieux monsieur qui regarde la famille pauvre avec un grand sourire carnivore, qui fait de longues phrases pour dire qu’il va tenter l’impossible en faisant deux clics (le geste se veut ironique, mais la dénonciation des médecins est juste gerbante), mais il est obligé de faire un prix à 400 000 francs. Apprenant la nouvelle, la grand-mère de la victime fait une tentative de suicide le soir même. Toute la cité est sous le choc, et les yamakasis se disent que c’est peut être un peu de leur faute, si un moutard a grimpé à un arbre et s’est cassé le cœur. Ni une ni deux, ils s’arrangent entre eux pour récupérer le pez nécessaire à l’opération. Une seule solution : voler les bourges. Et pas n’importe lequels : tous les chirurgiens qui fixent les prix des organes et qui résident dans Paris. C’est moral : ce sont des empaffés qui se goinfrent sur la souffrance des gens. Les salauds, ils mériteraient qu’on les gazent, avec leur rolex puante et leur appart de plus de 20 mètres carrés… Et donc c’est parti, on suit nos gaillards qui s’improvisent cambrioleur et nous livrent plusieurs séries de gags dont les victimes sont des richards bourgeois. Au hasard, on citera le gars qui en sortant de la douche découvre son appart pillé, son coffre fracturé avec une musique rap qui tourne en boucle et un petit mot « écoute ça, bouffon, ça vaut tout l’or du monde ». Sur que le monsieur ruiné va s’assoir maintenant et écouter en boucle son nouveau répertoire musical. Mais le vol, c’est pas encore moral. Pour nous convaincre du contraire, le film met en scène le personnage d’un flic issu des banlieues, qui tente d’obtenir de l’argent avec un contact politique : un certain conseiller du président. Manque de pot, il est de droite, du coup il est radin et hypocrite (car l’Etat devrait être une tirelire dont tous les habitants auraient la clé), et promet des trucs qu’il ne tiendra pas. Un fait qui donne raison intrinsèquement aux Yamakasis, qui du coup commencent à piller une villa pour chourer des trucs. Mais enfin, la police arrive, et les cerne en déployant tous les effectifs de la capitale autour du bâtiment. Un vrai remake de Léon. Nos héros saccagent alors l’intérieur de la maison, avant de donner une version des faits bidonnées (et validée par le flic issu des banlieues, qui sait maintenant à quoi s’en tenir). Pour les rares qui avaient encore de l’espoir dans le camp des riches, le possesseur de la villa est une merveille, un prototype à encadrer. Après les juifs au nez crochus et au teint vert, après les noirs aux grosses lèvres et à l’accent d’esclave, voici le blanc sexagénaire bouffi de mauvaise foi, agressif, impoli, tentant d’intimider tout le monde et répondant à chaque fois la mauvaise réponse à la question. On se demande si ça ne serait pas un écossais croisé avec un allemand sauce besson. Finalement, après une matinée de braquages sans interruptions, le pez est réunis. Mais ils l’apportent avec 15 minutes de retard. Du coup, le médecin augmente le prix de 100 000 francs. Vous pensiez que les riches allaient se coucher ? Ils reviennent en force. Les yamakasis font alors irruption dans le bureau de l’infâme médecin blanc et lui demandent poliment de passer un coup de fil. Se sentant menacé, le médecin sort un flingue et commence à braquer ses clients en plein hôpital. Heureusement, une petite menace du flic des banlieues au médecin pétri de relations politiques de droite remet de l’ordre, et nos blouses blanches se mettent enfin au boulot, motivés par leur motivation pour sauver des vies. Finalement, tout le monde sort gagnant de l’aventure. Le petit a un nouveau cœur et les Yamakasis ont fait quelque chose de bien dans leur vie. Et ces putains de richards ont eu une bonne leçon. En tout cas, j’ai passé une excellente soirée devant ce cru généreux, et j’ai grandement apprécié les invectives de ma sœur étudiante en médecine qui voyait d’un bon œil cette dénonciation fine de ce corps de métier de profiteurs de la faiblesse d’autrui (il est vrai que l’interprétation d’une radio ou que le traitement d’un cancer est à la portée du premier imbécile venu). Besson, tes leçons de morales ont été reçues, la France en prend bonne note…

 

-999 999 999 666/6

 

2001
de Ariel Zeitoun
avec Châu Belle Dinh, Williams Belle

 

http://i24.servimg.com/u/f24/11/79/86/28/pu_i_w12.jpg

"De quel droit tu nous juges, petit bourgeois ?"

Partager cet article

Repost 0
Published by voracinephile - dans Navet (prétentieux)
commenter cet article

commentaires

borat8 17/07/2012 16:10

Et puis c'est quoi ces gens qui dénoncent des pauvres cons grimpant au mur! On se croirait en 40-45!lol

borat8 16/07/2012 16:12

Et puis le prix de l'opération! 1 million de Francs au pays de la SECU il n'y a pas un problème? Mais le meilleur c'est quand même l'autre ahuri de flic qui va jusqu'au ministère faire chier un
conseiller qui n'en a vraiment rien à foutre!lol

voracinephile 17/07/2012 14:40



Mais oui, le système de santé publique fonctionne comme en amérique ! La scène avec le conseiller est aussi très drôle en effet, comme si le gouvernement en baisse de popularité devait commencer
à résoudre les problèmes privés... Besson qui donne des leçons de morale, c'est tout un art !



borat8 14/07/2012 01:08

Je me souviendrais longtemps de la critique du Parisien présente sur la jaquette du DVD (oui j'ai osé mais j'étais jeune!): "Spielberg n'aurait pas fait mieux". Le genre de phrase que tu lis en
buvant ton café et que t'as envie de recracher aussitôt. Sinon une horrible purge parmi les plus grosses idéologiquement de Besson. Fallait oser faire venir un flic chez un conseiller du ministre
(Jospin président!) et surtout on a le vilain médecin qui ne veut que l'argent et qui n'a même pas de permis de port d'arme! Oh le salaud! Et entre il y a les tout gentils Yamakasis qui font ça
pour la bonne cause, en écoutant du mauvais rap et grimpant à des immeubles comme Tarzan. Mais laissez les vivre bordel!lol

voracinephile 16/07/2012 13:52



Mais clairement ! Ce médecin qui sort un flingue d'un tiroir cash ! Tu veux pas te faire soigner ? Ton fric vite ! Non mais Besson, un peu de sérieux ! Si je le vois un jour dans la rue, les
tartes à la crème vont voler ! Le pâtissier du coin fera une bonne affaire ! J'adore les contacts entre les jeunes et la police chez les Besson... (il faut voir comment les jeunes parlent aux
keufs : avec un air de faux cul genre ils se foutent d'eux ou en étant direct sur la défensive). Robin des bois, ça va bien 5 minutes, mais oser voler des médecins riches parce qu'un gosse est
tombé d'un arbre...



FredTarantino 08/06/2012 20:41

Un mauvais eépisode de Julie Lescaut avec des acrobates, dans le genre mauvais on fait pas mieux

voracinephile 10/06/2012 16:36



Et dire qu'à l'époque de sa sortie, mes camarades de collège étaient emballés...



Vince12 08/06/2012 11:57

à Oliver: T'inquiète Oliver je leur pardonne ;)
Sinon très mauvais film en effet. (on en dira pas plus)

voracinephile 10/06/2012 16:30



Curieux que Besson n'ait pas sorti encore une suite, y avait du potentiel. Mais depuis, il recycle les cascadeurs dans ses différentes productions (les rivières pourpres 2 en sont un bel
exemple).



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche