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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 19:39

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Il est très dur de fixer une hiérarchie dans la filmographie de Bruno Mattéi, ce dernier ayant souvent de nouvelles idées excellentes dans son travail de refontes des blockbusters hollywoodiens en des chefs d’œuvres d’auteur (réussir à saccager en profondeur le travail de Fulci sur Zombie 3, fallait le faire), chacun de ses films relevant de l’excellent nanar sans qu’on en voit un particulièrement surnager dans le lot. A part Les rats de manhattan et son final à se pisser dessus, le seul Bruno Mattéi qui ait réussi à se faire une place dans ma mémoire (n’ayant pas vu Virus Cannibal en entier, je ne l’ai pas pris en compte) : Zombies, the beginning. Ou comment Bruno (ici Vincent Dawn) arrive à transformer le block buster poussif Aliens en chef d’œuvre visionnaire.

L’histoire : Sharon, un membre de la compagnie pharmaceutique Tyler, est récupérée sur un radeau au milieu de l’océan (probablement après 57 heures de dérives). Elle fait alors un rapport à ses supérieurs comme quoi son vaisseau (un bateau) a été attaqué par des zombies à proximité d’une île fantôme. Personne ne la croit, mais 6 mois plus tard, on vient la chercher dans son monastère parce que depuis on a construit une gigantesque usine sur l’île fantôme, et que la liaison radio a été coupée.

 

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Cameron est un petit tâcheron qui fait des films pour vendre des jouets (comme Christopher Nolan avec Batman, heureusement que les deux films de Schumacher viennent rattraper le coup). Bruno a été révolté par ce potentiel gore complètement sous exploité (les aliens faisaient à peine pisser le sang), cette édulcoration complète du sexe (pas un seul plan nichon, et on ose appeler ça un divertissement) et ce futur lointain carrément pas réaliste (des vaisseaux spatiaux ? Pfffu ! Et pourquoi pas un projet ITER, tant qu’ils y sont…). Alors, il a trouvé la parade. Il refait exactement le même film, au plan près, à la ligne de dialogue près, mais en utilisant des stock shot d’un film de sous marin pour remplacer le vaisseau spatial, une camionnette blindée pour remplacer le tank et des zombies phillipins pour remplacer les aliens. Avec un contexte aussi réaliste, si le public ne flippe pas, c’est qu’ils ont été lobotomisés par Stanley Kubrick ! La trame est identique à celle d’aliens, la transposition espace-espace océanique et alien-zombie s’effectuant tout en finesse. On note la juste prestation d’Yvette Yzon qui tente d’illustrer l’état de confusion mental de son personnage en jouant quelquefois platement, parfois en mode « à côté de ses pompes », avec un regard vide de toute expression qui montre les épreuves qu’elle a déjà subie. Plutôt que de passer par des formules prise de tête, Yvette jouera la carte de la franchise, en gratifiant le colonel chapeautant la mission d’un « vous zètes un ‘ffalaud ! », la voix française la gratifiant d’un sseveu sur la langue comme on n’en a plus entendu depuis l’énorme Doc Savage. Le reste du casting parvient heureusement à égaler la performance d’Yvette en termes d’intensité dramatique. Au diable les aspirations maternelles de Ripley, qui ne faisaient que ralentir le récit et pleurer dans les chaumières ! Le rythme est à l’avenant, la menace zombie étant tout simplement terrifiante, car jaillissant de tous les bords du champ de la caméra, des coins sombres sans ouvertures, des culs de sacs hermétiques... Certes, nos soldats (qui avaient embarqués au nombre de 50 et qui débarquent en étant 8, les autres se sont perdus dans les toilettes) sont bien équipés (on notera leur détecteur de mouvement, une sorte de montre bracelet qui clignote quand arrive la menace (dont nos soldats reconnaissent la position à l’instinct : « c’est par là ! » nous gueulent-ils en pointant un mur blindé sans porte)), mais totalement pas préparé à une telle mission. Ils rigolent des zombies, parce que ça n’existe que dans les films de Fulci, et ils tirent dans les murs dès qu’ils entendent un bruit louche. Et quand la meute de phillipins décomposés débarque, ils prennent une déculottée sans égale. On notera au moins que Bruno a retenu la leçon, et qu’il filme maintenant platement et de façon lisible l’attaque des militaires au cœur du nid zombie. Après, c’est comme dans Aliens, l’efficacité se conserve. A noter la scène où Sharon (notre héroïne, faut suivre) se retrouve enfermée avec un zombie, et qu’elle appelle à l’aide dans la radio. Dans la salle du commandement, tout le monde entend clairement ce qu’il se passe, mais les militaires continuent de discuter comme si de rien n’était pendant que le méchant docteur va arrêter la radio. Voilà comment on rend les militaires ambigus. Mais plus que jamais, c’est le dénouement du film qui fait surgir le potentiel d’auteur de Bruno. Stan Winston pensait nous en mettre plein la vue avec son joujou télécommandé deluxe qui avait six membres, une grosse tête et une longue queue. Ici, Bruno nous offre un trip total, une sorte de vision hallucinatoire d’un pédophile shooté à l’acide nitrique. Notre héroïne arrive dans une espèce d’entrepôt où se dandinent, à poil, des dizaines d’enfants phillipins affichant des têtes en forme de cône, des oreilles pointus et des boules de billards à la place des yeux. Puis on passe à un tunnel avec des femmes accrochées au mur dans de la substance visqueuse (« Vous avez vu ? C’est dégueulasse ! », dira un militaire), avec des tuyaux de chauffage qui leur arrachent des fœtus vivant du bide. Arrive alors le chef des zombies, une couille géante ! Une belle grosse couille de trente kilos, qui pense par télépathie et qui veut conquérir le monde avec ses enfants phillipins tous nus avec des têtes de suppositoires. Mais, poussant un cri de rage sans précédant qui surpasse les meuglements d’une joueuse de tennis en plein match, Sharon nous crame enfants, femmes, bébés, couille, dans un déluge de flammes purificatrices. Puis elle se rend sur la jetée, les zombies la coursent, et là elle voit le sous marin surgir à 3 bon kilomètres de la côte, elle sourit, puis hop, générique. Que va-t-il lui arriver le temps que le sous marin se rapproche ? Je ne sais pas, et Bruno non plus ne le sait pas, mais qu’importe, il réussit sans problème à surpasser la saga Alien sur le terrain de la maîtrise esthétique et de la gestion des acteurs. Sans parler de l’insertion de plans d’explosion des films Hollow man et Terrain Miné, qui viennent ridiculiser les délires pyrotechniques de Cameron, qui depuis a tenté de percer dans le milieu avec sa version des Schtroumfs, il serait temps d’aller lui dire comment on fait du cinéma… Bruno, dommage que tu nous ais quitté aussi tôt, je sens que ta version des Schtroumfs nous auraient grandement enthousiasmée (plan nichon schtroumfette, waagggg !). Ciao l’artiste, tu nous manqueras vraiment (beaucoup L). RIP !

 

0/6  mais un mérité 20/20 nanardeux.

 

2007
de Bruno Mattei

 

http://www.nanarland.com/Chroniques/zombiesthebeginning/ztb_matteiyvette.jpg

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Published by voracinephile - dans Nanar (modeste)
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commentaires

alice in oliver 13/02/2012 09:39

du lourd ! Du très lourd !

Zogarok 13/02/2012 00:19

J'avais relevé cet article mais n'avais pas eu le temps de m'y arrêter. Quel idiot j'étais ! J'ai failli passer à côté de quelque chose ; ton invocation des Schtroumpfs est la cerise sur le gâteau.

voracinephile 13/02/2012 11:15



^^ Vive Bruno Mattéi, le tâcheron qui ne respecte rien et qui singe si bien les block busters qu'il en devient pratiquement plus fort qu'eux ! Avec en plus un petit égratinage nanar de la filmo
de Cameron, je me suis bien défoulé dans cette chronique ^^. En même temps, c'est mon film préféré de Bruno...



alice in oliver 12/02/2012 22:36

c'est clair: c'est un véritable festival. D'ailleurs, le film fait partie des critiques prévisionnelles de naveton.

voracinephile 12/02/2012 23:14



Yeah ! Commando peut aller faire de la gonflette, Ultime combat reste un sommet du genre !



Duncan 12/02/2012 19:02

Tiens,la jaquette presagait un truc serieux,mais non.
En tout cas,il avait des jolies pépées le Mattei,sacré veinard :)

voracinephile 12/02/2012 21:06



Dès que tu vois un dvd avec Vincent Dawn comme réal, il faut l'acheter, c'est un nanar de compet. Difficile de croire que Bruno est sérieux quand il fait ses films. La jeune femme à ses côtés est
l'actrice principale du film, Yvette Yvon (je pense que c'est un pseudo).



alice in oliver 11/02/2012 14:16

pas vu Strike commando mais j'ai vu ultime combat

voracinephile 12/02/2012 20:59



Ultime combat était déjà un beau morceau de bravoure. Cette scène où le héros crie avant de se relever en tenant un bout de moquette sensé être le scalp de l'ennemi... Du bon boulot.



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