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Fantastique (au sens propre et figuré)

Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 20:51

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Petite incursion dans le cinéma troublant de Polanski (pour mémoire, Rosemary’s baby était bon, La jeune fille et la mort excellent aussi, et le connu Répulsion m’avait ennuyé profondément). C’est aujourd’hui le Locataire qui passe entre les dents de Voracinéphile, sous forme d’une édition collector assez fournie dont un livret qui s’attarde sur le trouble qui imprègne le film et qui lui donne sa flatteuse réputation de chef d’œuvre… Retour sur l’étrange objet de Roman.

L’histoire : un roumain naturalisé français s’installe dans un appartement dont la précédente locatrice s’est suicidée en se jetant par la fenêtre. Il rencontre peu à peu les mêmes personnes que l’ancienne locataire fréquentait, et qui le poussent à adopter les mêmes habitudes…

 

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Le locataire est une parfaite énigme, dans le sens lynchien du terme, puisque nous n’avons aucune explication du pourquoi du comment, simplement des faits qui s’enchaînent et qui nous aiguillent dans une direction de plus en plus inéluctable. Le locataire s’inscrit pleinement dans la lignée d’un Next door ou d’un Mulholland Drive, dont la fin conclut brillamment sur l’installation d’une boucle perpétuelle qui permet de se repasser le film indéfiniment, ce qui est économique question achat de dvd. Ici, Roman Polanski se met lui-même en scène, donnant à son personnage une carrure chétive et incertaine (voir comment un clochard lui taxe un gros billet sans qu’il s’énerve plus que ça…), qui découvre l’appartement avec une concierge aussi accueillante qu’une porte de prison, avant de rencontrer son futur propriétaire, vieillard radoteur et de plus en plus envahissant au fur et à mesure que le récit prend de l’ampleur. C’est alors que les coïncidences commencent à apparaître, et que le trouble s’installe. En effet, il semble peu à peu évident que notre locataire perd le contrôle de sa vie, subissant ses relations avec les autres plus qu’il ne les crée. On le renvoie constamment à l’image de celle qui l’a précédé, en précisant ses manies. Et l’insistance générale, diffuse, mais régulière, lui fait peu à peu adopter ces manies, comme fumer des gauloises par exemple. Mais en l’écrivant ainsi, j’oriente la perception des lecteurs qui n’auraient pas vu le film. Car si l’ambiance de cet entourage (une variante de Rosemary’s baby) est bien là, le personnage central est lui aussi troublant, surtout quand il opère son virage vers le travestissement. Le récit prend alors une teinte étrange, l’identification à l’ancienne locatrice étant alors poussée à son paroxysme. Et l’augmentation des pressions continuant, nous aurons la scène attendue, le principal choc du film. La particularité du Locataire tient donc non pas à l’illogisme du récit, mais plutôt au bruit de fond qui nous amène dans des directions de plus en plus surréaliste, jusqu’à l’ultime séquence qui annonce enfin la rupture avec la logique, nous ouvrant les portes du fantastique. La théorie du complot ferait probablement l’unanimité si il n’y avait pas ce décalage final vers le fantastique, qui nous ouvre de nouvelles pistes et qui apporte tant à la virtuosité de l’ensemble. Toutefois, ce cru de deux heures m’a par moments fait bailler un peu. D’où ma petite moue quand on utilise le mot chef d’œuvre à son égard. Néanmoins, quand on fait le bilan, un bon film qui exploite intelligemment une banale histoire qui prend des proportions assez inattendues. Reste que je lui préfère les autres films de sa catégorie.

 

4,3/6


1976
de Roman Polanski
avec Roman Polanski, Isabelle Adjani

 

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Par voracinephile - Publié dans : Fantastique (au sens propre et figuré)
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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 17:24

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Grand gagnant de Gérardmer cette année, Mama est un film fantastique qui pouvait susciter quelques attentes. Toutefois, il faut rappeler l’intervention finale du chef du jury, senior Lambert, qui critiquait la faiblesse de la sélection annuelle. On ne peut que lui donner raison en découvrant Mama, qui si il commence assez bien, n’a pas l’étoffe d’un grand film (on peut même lui préférer Don’t be afraid of the dark, c’est dire).

L’histoire : Deux petites filles, après un accident de voiture, sont recueillies par une étrange créature. 5 ans plus tard, elles sont retrouvées à l’état sauvage, et mises sous la garde du frère de leurs parents. Toutefois, elles semblent avoir ramené quelque chose avec elles…

 

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Mama s’inscrit dans la lignée du cinéma fantastique espagnol (cela se vérifie par la production de Guillermo Del Toro à la patte très ibérique et aussi par la place prédominante prise par les enfants dans le récit), classique mais honnête dans son approche et soucieux de l’aspect de sa créature. Précisons que nous sommes bel et bien ici dans un film de fantôme, avec une âme en peine qui s’attache à des enfants et qui se refuse à les laisser partir une fois qu’ils ont été retrouvés. C’est indéniablement le contexte qui fait la force de Mama. L’introduction promet du meilleur avec des gamines très bien dirigées, et l’état sauvage de nos bambines bénéficie d’un soin remarquable (excellentes vidéos d’étude qui accumulent les détails révélateurs de retour à l’état sauvage). Indéniablement, les enfants sont le gros point fort de la production, étant traités avec un respect certain pour leur affection envers la figure maternelle qu’ils ont côtoyé pendant 5 ans. Pour une production américaine horrifique, le contexte sentimental est assez bien développé, sans émouvoir davantage, les parcours se tiennent. Enfin, le dernier gros bon point du film réside dans la prestation de Jessica Chastain, méconnaissable en maman rockeuse tatouée. Une véritable transformation, à la fois dans le caractère et dans l’aspect, où elle se révèle totalement convaincante. L’empathie pour son personnage est complète. On en vient maintenant aux points négatifs. Le design du fantôme est quasi intégralement numérique. Dans tous les plans où il apparaît. Si le final le montre sous toutes les coutures et que l’on trouve effectivement la grâce d’un cinéma généreux, certaines idées, comme l’attaque de la perruque enragée, sont discutables. Ce qui nous en fait arriver au gros mauvais point du film : l’aspect horrifique. Composé exclusivement de jump scare foireux, le film ne fait jamais peur (sinon dans l’introduction où les gamines sont terrifiantes), jamais. Et pour sursauter, il faut sacrément être tendu pour réagir face aux « bouh ! » réguliers et attendus qui servent à entretenir l’attention du spectateur alors que l’histoire pouvait bien faire sans. La palme revient à la séquence du fantôme sous le lit, où on se dit enfin qu’il va se passer un vrai truc. Ben c’est un cauchemar. Arnaaaaque ! C’est alors qu’on se rend compte que si le rythme est soutenu dans les enchainements de situation, le film freine sur d’autres aspects pour ne pas avoir à affronter de difficultés. Par exemple, l’oncle des filles voit le fantôme après une demi-heure, mais il tombe dans le coma et restera très longtemps en convalescence sans réagir à ce qu’il a vu. Facile. Et on en vient maintenant aux personnages « méchants ». A savoir le docteur, sympathique, mais qui sert surtout à mourir avec une scène à flash comme dans Les yeux de Julia, et surtout l’autre tante, qu’on nous montre comme punching ball. Elle veut récupérer les gamines à tout prix, elle est riche, elle est méprisante… Et elle meurt. Ah, bien, personnage utile… Bref, c’est du remplissage, mais ça semble honnête. A la fois porté par le bon et le mauvais, Mama est une petite sortie fantastique sympa, mais on sent qu’entre lui et Evil Dead, il n’y a pas grand-chose à voir en ce moment…

 

 

3,5/6


2013
de Andres Muschietti
avec Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau

 

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Samedi 20 avril 2013 6 20 /04 /Avr /2013 22:48

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Orphyr est un court métrage d'une bonne longueur (16 minutes au compteur, générique inclus), et qui a pour ambition de se lancer dans le récit merveilleux. Citant The dark Crystal ou Legend, Jonathan Degrelle s’attaque à son œuvre sous l’angle du classicisme, et réussit finalement plutôt bien à tirer son épingle du jeu délicat (vu l’étroitesse du budget, réussit à illustrer le fantastique était un sujet délicat).
L’histoire : Orphyr, paysan naïf, un brin soiffard, mais à bon fond, fait preuve de sa générosité à la Dame Verte, qui lui remet un âne pouvant résoudre tous ses problèmes d’argent, à condition de connaître la formule appropriée.

 

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Immédiatement, l’ingénuité du conte enfantin est posée, et sera continue pendant l’ensemble du film. C’est un pur retour aux récits de l’enfance, à la fois dans la simplicité du ton, dans la naïveté du personnage principal (mais moins dans les situations abordées) et dans l’intervention pure et simple du fantastique. C’est immédiatement la facture visuelle de l’ensemble du filme qui séduit, ce dernier se révélant beau, doté d’une élégante photographie et d’effets spéciaux numériques qui évitent autant que possible le too much. Du travail à l’ancienne, même si nous sommes éloignés du kitch foisonnant d’un Legend. Mais sans s’égarer dans des comparaisons excessives (les budgets ne sont pas les mêmes, ni les ambitions), le résultat tient clairement du bon, et le soin du travail accomplis se note dans les décors, les cadrages et dans le magnifique éclairage de l’ensemble du film. Parti comme on l’était, on s’attendait à un message sur l’avarice, c’est finalement un pamphlet sur l’envie que le conte délivre, par l’intermédiaire d’un couple d’aubergistes peu scrupuleux qui préfèrent détrousser Orphyr en substituant à son âne magique un autre tout à fait banal, avant d’avoir pu comprendre comment utiliser la poule aux œufs d’or. Pour les amateurs de récit ingénus, le film est un régal, qui ne veut jamais céder à la noirceur même quand celle-ci transparaît (le départ de la femme d’Orphyr). Même lors d’une séquence de vengeance, il se refuse à filmer une quelconque forme de violence, préférant se concentrer sur un plan cartoonesque avant d’enchaîner sur le mot de la fin. Concrètement, le récit est limpide, la mise en scène épurée, fignolée avec soin, et possédant un respect évident pour le fantastique. Les acteurs se révèlent gentiment convaincants dans leurs rôles, et s’amusent à retrouver les personnages qui ont peuplé leur enfance. A l’exercice délicat du conte filmé sur lequel il est facile de se casser les dents (Le petite Poucet), Orphyr se révèle somme toute convaincant, et tire de son format réduit la force d’aller à l’essentiel, sans digression inutile. Un travail méritant.
 
4,5/6

 

2013

de Jonathan Degrelle

 

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Dimanche 31 mars 2013 7 31 /03 /Mars /2013 19:25

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Un cas cinématographique très intéressant aujourd’hui, puisque j’aborde un projet de commande confié à Abel Ferarra : le remake de Body Snatcher. Ce film est donc un remake, qui s’inspire de deux films appelés L’invasion des profanateurs de sépultures. Il y a la version originale des années 50, l’autre est le remake de 1976. C’est souvent cette version qui est retenue, pour son ambition, son magnifique casting (Goldblum, Sutherland…) et son final nihiliste. Le remake de Ferarra est souvent laissé de côté, et pour cause, il ne joue pas dans la même cour. Alors que ses aînés donnent dans la SF parano et le thriller, se préoccupant de l’ambiance plus que du rythme en réduisant les effets spéciaux au minimum, Abel Ferarra attaque son sujet comme celui d’une série B, en prenant des ingrédients classiques pour faire monter la sauce à sa façon, et d’une certaine manière devenir le meilleur film de la saga.

L’histoire : chargé d’assainir un dépôt de produits chimiques dans une base militaire, un scientifique emménage avec sa famille dans la base de Fort Daly. Alors qu’il s’acquitte de son travail, sa fille note des évènements de plus en plus étranges en ville.

 

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Le moins qu’on puisse dire, c’est que contrairement à ses modèles qui voyaient les choses en grand en filmant carrément des foules au regard inexpressif se déplaçant en ville, Body Snatcher rompt avec ces foules contaminées pour donner dans un huis clos tendu (la base militaire) et plus discret que les précédentes invasions. Usant d’une photographie orange et chaleureuse qui rompt une fois encore avec la froideur de ses prédécesseurs, Body Snatchers plante des personnages simples et identifiables assez facilement. Le père scientifique, la mère un peu froide (mais elle ne nous intéresse pas, et elle sera d’ailleurs l’une des premières transformées), la fille rebelle mais pas agaçante, et le petit frère. Alors que nos personnages arrivent, le processus de contamination de la population est déjà en cours. Ce qui permet à Abel de faire monter la sauce par l’intermédiaire de détails éphémères mais glaçant de conformisme. Le plus efficace doit être l’exercice de dessin des enfants, magnifique séquence où le malaise est effrayant d’efficacité, accompagné d’un carrousel grinçant des plus suggestifs. L’intrigue se développe, plantant un personnage de jeune soldat dragueur, mais charismatique. Pour le coup, la séquence du jeu de doigts est une véritable prouesse, car en plus d’utiliser un truc très série B pour remplir les dialogues, il y a une véritable dimension de profondeur et de sincérité qui émane des personnages pendant cette séquence. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’amour surgit presque immédiatement après, tant la densité émotionnelle du moment est palpable. C’est alors que la paranoïa revient à la charge, jusqu’au déclenchement de la traque de notre famille, pourchassée véritablement par toute la ville. Rapidement, et avec une efficacité effrayante, Body Snatcher devient involontairement le meilleur rip off de The Thing. Reprenant à son compte ce sentiment de paranoïa et cette impossibilité de se fier aux autres, il exploite habilement ce doute omniprésent, et inversement, accentue considérablement la traque des survivants par l’intermédiaire de pièges visant à révéler les sentiments de nos protagonistes. Chaque dialogue avec un contaminé devient alors périlleux, à double tranchant. En termes d’effets spéciaux, cet épisode est également celui qui filme le plus le processus de « copie » des humains. Oubliant complètement les fleurs des premiers films, les végétaux ont ici un look marécageux, étendant leurs racines vers les victimes endormies pour synthétiser un double à l’identique pompant l’essence de vie de son modèle humain. Des maquillages efficaces et vraiment de série B, qui viennent augmenter le capital sympathie du tout. Il est bon de noter qu’à l’exception de la chute finale d’un protagoniste de l’hélicoptère (effet qui a très mal vieilli, il faut le dire), aucun effet spécial n’a vieilli, et même après ces années, le film non plus n’a pas pris une ride (alors que l’original des années 50 et sa métaphore du communisme accusent le coup quand même (sans vraiment que ça lui nuise, mais le lien avec la réalité est coupé aujourd’hui)). Se montrant revanchard dans un épilogue inattendu (loin du pessimisme des originaux, ce remake se lance dans le combat avec la vengeance dans le cœur), Body Snatcher proteste une fois encore de ses intentions de s’émanciper, et grand bien lui en prend, puisqu’avec son dynamisme et son angle d’attaque tout à fait approprié, il nous délivre le divertissement qu’on était tout à fait en droit d’attendre. Un petit miracle méconnu.

 

5/6


1993
de Abel Ferrara
avec Terry Kinney, Meg Tilly

 

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Mardi 26 février 2013 2 26 /02 /Fév /2013 18:05

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Insensibles est un petit film fantastique dont on n’a pas fait grand cas ces derniers temps, malgré une plutôt bonne réputation. Tenant plusieurs bonnes idées dans son intrigue, le résultat est un peu en demi teinte, choisissant régulièrement des chemins inattendus, sans réellement parvenir à transcender le potentiel de l’entreprise. En découle un résultat en demi teinte, attachant sans être particulièrement passionnant.

L’histoire : dans les années 30, plusieurs enfants d’un même village sont atteint d’une maladie génétique qui inhibe leur sensation de douleur ainsi que leurs sécrétions lacrymales. Ils sont placés en quarantaines dans un asile psychiatrique. De nos jours, un médecin condamné par un cancer de moelle osseuse tente de retrouver ses parents génétiques…

 

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Le film se divise donc en deux histoires : d’un côté, une quête des origines qui va immanquablement rejoindre le second côté : le parcours des enfants insensibles. Toutefois, si le découpage des deux histoires est intelligent (ces dernières s’entrecoupent assez bien), l’histoire de la quête identitaire est clairement barbante. Si le personnage du docteur est un peu épaissi par les séquences avec son fils, fœtus de 6 mois en couveuse électrique (accouché en urgence après la mort de sa mère dans un accident de voiture), ses airs blasés et sa quête identitaire passionnent moyennement, même quand on arrive au climax le plus important avant le dénouement (sans rien spoiler, disons que c’est un drame familial intense, mais complètement cliché ici). On est clairement plus intéressé par le sort des gamins, très bien introduits dans une ouverture réussie, qui pose le concept avec assurance et efficacité (une gamine insensible à la douleur des brûlures immole sa sœur non malade). On suit donc leur détention, bientôt suivie de l’arrivée d’un médecin allemand (et juif) ayant fui l’Allemagne avec la montée du nazisme. Il commence alors à tenter d’éduquer les enfants à prendre conscience de la douleur des autres et à agir en conséquence. Des idées intéressantes, et comme on s’en doute, l’arrivée de la guerre civile puis de la dictature va précipiter tout ça dans la cruauté et le désespoir. Clairement, voir le déchirement de certains protagonistes émeut, et c’est ce qui rend le film attirant tout du long. C’est évidemment le personnage de Berkano qui fascine, ce dernier étant un gosse cédant peu à peu à une folie meurtrière et possédant un destin particulièrement glauque. Le problème du film, c’est que sur une douzaine de gosses, on ne s’intéressera qu’à… deux d’entre eux. Tous les autres sont des figurants inutiles qui sont là juste pour montrer que ce ne sont pas des cas isolés. Un tel gâchis de matériau, ça énerve (rappelez vous de films comme Sa majesté des mouches ou L’échine du diable, qui eux osaient donner des personnalités différentes à tous les protagonistes), tant il y avait matière à partir sur des variations de caractères en face de l’absence de douleur… Mais non, le film ne s’intéresse vraiment qu’à deux enfants seulement. Après, heureusement, Berkano se révèle nettement plus intéressant que ses camarades (pas dur) et joue un rôle intéressant pendant la période franquiste. Insensibles réussit quand même à faire une jolie fin, retrouvant la puissance de l’introduction dans la chaleur des flammes. Si les derniers mots de notre médecin sont un peu trop pompeuses, le face à face final est là, concluant gentiment sur cette histoire. Bon film mais pas irréprochable, Insensibles est un cru intéressant comme prévu, mais qui ne marquera définitivement pas l’histoire.

 

4/6


2012
de Juan Carlos Medina
avec Alex Brendemühl, Tomas Lemarquis

 

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Par voracinephile - Publié dans : Fantastique (au sens propre et figuré)
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  • Etudiant cinéma original conformiste
  • Je suis étudiant en Chimie, j'ai 23 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (plus marginal que grand public). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

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