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OFNI (m'as tu vu ?)

Lundi 25 mars 2013 1 25 /03 /Mars /2013 22:49

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Dans le domaine des blockbusters, Zack Snyder est une pointure. Parfaite incarnation des désirs de la décennie 2000, à savoir contrer les produits bourrés d’effets spéciaux avec un scénario couillu, ses travaux ont tous laissé leur trace, que ce soit dans l’acquiescement général (L’armée des morts) ou dans la polémique (300, Watchmen). Malgré la petite baisse notée ces derniers temps (un Gahooles intéressant mais au final bien guimauve, un Sucker Punch vraiment intéressant, mais hélas trop j’me la pète), on attend Man of Steel de pied ferme, et plein d’espoir. D’ici là, on se concentre aujourd’hui sur sa seconde incursion dans le monde du comic book, à savoir Watchmen.

L’histoire : dans un passé réinventé (les années 80 sous le troisième mandat de Nixon), un membre d’une ancienne équipe de vigilante est assassiné. Alors que croît la menace d’une guerre atomique entre les capitalistes et l’URSS, l’un d’entre eux, Rorchach, tente de rassembler les différents membres de son équipe.

 

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Dire qu’on tient là un miracle dans le monde du blockbuster relève de l’euphémisme. Rarement projet aura été si ambitieux, et le prix de cette ambition se ressent aujourd’hui dans la polémique qu’il continue à susciter. Film de héros sans action qui s’intéresse plus à leur psychologie et leur parcours émotionnel, vision ultra pessimiste de l’humanité, établissement d’un mensonge à l’échelle mondiale avec exécution des dissidents, longueur non négligeable. Les reproches et les éloges sont légions (quand on en arrive au point où les fans du comic critiquent le film parce qu’il est l’adaptation presque parfaite du matériau, sans le développer ni s’en démarquer, on se rend compte de l’énorme travail de fidélité et de compression pour condenser une telle œuvre sur 2H30 (une version longue viendra diluer un peu le rythme, prenant davantage son temps pour développer ses personnages). Watchmen brasse un univers phénoménal, et par essence attractif. Mixage entre vintage 80’s et partis pris modernes (ralentis, effets spéciaux numériques…), il est formellement d’une beauté à couper le souffle, et sert d’écrins à une série de portraits plus ou moins psycho de nos différents personnages. 3 ressortent particulièrement. Le comédien, immédiatement magnétique car prompt à l’excès et assumant complètement sa monstruosité en usant d’un cynisme poussé à l’extrême et d’un humour noir révoltant, est d’ailleurs le premier à bénéficier d’une présentation. Il est en quelque sorte notre porte d’entrée dans ce monde où l’héroïsme tient plus de la pathologie psy que de l’envie de conserver l’ordre établis (sauf pour notre grand méchant, mais nous allons y revenir). Sa noirceur et son rire jaune en font probablement le personnage le plus marquant, au point de rendre son fameux smiley culte et reconnaissable d’entre mille. Le second personnage marquant est évidemment Rorchach. Véritable psychopathe passant son temps à vomir sa haine du monde et à user de la violence sur des personnes diverses, il est également fascinant dans sa principale contradiction, à savoir qu’il continue de vouloir œuvrer pour l’ordre alors qu’il ne cesse d’insister sur le dépérissement de ce dernier, gangréné par une corruption en pleine explosion. Connaissant son parcours humain monstrueux (une enfance traumatisante, le meurtre du pédophile…), le personnage, radical, assène sa vision du monde avec une telle insistance, une telle intensité, que le discours séduit, et qu’il en devient finalement très attachant. Le manichéisme est par essence séducteur, car l’idée est souvent simple, et trouve un champ d’application étendue, aussi un tel personnage, idéaliste à l’extrême usant de la violence la plus crasse, ne peut que marquer durablement. Enfin, le dernier personnage marquant, mon préféré, reste le docteur Manhattan. Véritable dissertation sur le parcours d’un homme devenu pratiquement Dieu (sans l’omniscience, une omission qui permet de le comprendre et d’envisager son point de vue, tout en ménageant le suspense de l’intrigue), il aborde tout un tas de thématiques comme la perte des repères humains comme la fuite du temps, l’importance de la vie, l’anesthésie sentimentale… Il donne la vision d’un dieu oubliant peu à peu qu’il a été homme, il renonce à s’intéresser à leurs enjeux, à leur monde malade (car il finit par mépriser de nombreux côtés humains lui aussi), et finalement il devient une menace pure et simple dans sa totale indifférence. Il est une vision païenne de la divinité particulièrement séduisante sur un plan psy, et se révèle être un sujet de dissertation passionnant (bien qu’il tienne finalement plus de la psychologie que de la théologie). Les autres héros sont nettement plus humains et nettement moins marquant. Un hiboux qui ne se sent viril qu’en costume et un spectre soyeux s’exhibant dans une tenue latex moulante, point barre. Le méchant n’est finalement que peu intéressant (un génie qui se sent seul, il serait temps de téléphoner au Kim Jong Il de Team America), le plan qu’il trace pour l’humanité est en revanche plus intéressant. Politiquement très incorrect, il fait le postulat qu’un gros mensonge impliquant le sacrifice d’une vingtaine de millions de personne et la coopération du docteur Manhattan (qui s’en fout) peut faire sortir le monde de la crise et le faire avancer dans la joie. C’est en effet une remarque intéressante, et dans un contexte de guerre froide poussée à l’extrême (à sa décharge, les missiles intercontinentaux étaient en préparation de lancement) et une porte de sortie séduisante sur le papier. Toutefois, même en déployant de tels moyens, ce plan apparemment parfait ne peut fonctionner. Après l’éclatement des deux blocs, c’est la menace terroriste qui est venue s’ériger comme grand ennemi, et qui a terrifiée le monde en se révélant difficile à localiser. Avec des conflits comme des revendications d’indépendance ou de fanatisme. Des guerres qui n’ont pas de lien direct avec les ressources d’énergie. Or ce beau plan est fondée sur le principe que la guerre est fondée sur la peur de manquer de sources d’énergie pour faire face. Il est donc très incomplet, et permet seulement de désamorcer le conflit bipolaire, créant une menace focalisant les attentions vers autre chose que la Terre et ses occupants. Le film s’arrête hélas avant que ces limites n’apparaissent, et nous laisse en compagnie d’un journaliste qui découvre la vérité dans le journal de Rorchach, s’achevant sur un dilemme qu’il aurait été intéressant de conclure (les vigilantes survivants choisissent de se taire, achetant leur conscience par un bonheur respectif (un mensonge comme ciment amoureux ? ^^)). En l’état, pour la virtuosité de la mise en scène et ses préoccupations aux antipodes du genre héroïque (on est dans un milieu nettement plus sombre qu’un The Dark Knight), Watchmen est une claque dans la gueule, un choc graphique et psychologique qui bénéficie d’un écrin soigné. On peut effectivement lui reprocher d’être long, bavard (le changement brutal de Manhattan évoquant les miracles est presque une arnaque métaphysique), manichéen et j’me la pète (ça va un peu de paire avec le statut de production friquée et le style Snyder), il aborde des sujets passionnants, il ose le politiquement incorrect, et il se révèle être une expérience cinématographique « autre », un statut durable dans le temps (contrairement à 300 qui lui a été réévalué depuis). Un monument dans son genre.

 

5,2/6

 


2009
de Zack Snyder
avec Jackie Earle Haley, Patrick Wilson

 

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Lundi 25 mars 2013 1 25 /03 /Mars /2013 19:47

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Pour les chanceux et les cinglés qui ont vu Subconscious Cruelty, il semble évident que Karim Hussain est une personnalité à suivre. Axé sur l’expérimental trash, ce réal imprévisible revient avec une copie encore plus jusqu’auboutiste : Ascension. Mais le jusqu’auboutisme n’est pas dans la violence, il est plutôt dans l’ambiance et l’hermétisme du résultat final. Assurément son travail le plus sujet à polémique.

L’histoire : Dieu est mort, et ses pouvoirs sont retombés sur terre, dans toutes ses créations vivantes. Désormais capables d’accomplir des miracles, l’humanité s’est auto-exterminée. Seules trois femmes tentent de monter tout en haut d’une interminable usine pour fuir ce monde de désolation.

 

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Vu l’incroyable pessimisme et le jusqu’auboutisme d’un tel pitch, Ascension a l’air passionnant. Et il l’est, à bien des niveaux. Comme toujours, Hussein foisonne d’idées trash poétiques, et le thème d’une humanité ayant accès à une forme de magie l’inspire énormément. Toutefois, contrairement à Subconscious, Ascension n’est qu’une seule histoire, qui suit trois rescapées qui ont chacune vécue horreur et souffrance. On ne sortira donc jamais de l’usine, gigantesque bâtiment silencieux et véritable dédale d’escaliers qui montent tous vers l’inconnu. Autant dire qu’il y a immédiatement une portée métaphysique qui s’installe, la destination de cette ascension demeurant mystérieuse. Si Dieu est mort, qu’y-a-t-il en haut ? Nos trois personnages sont partis pour le découvrir, et l’essentiel du film consiste à suivre leur ascension, à disserter sur leurs motivations pour continuer à avancer, à éplucher leurs espoirs, leur peine… Et l’occasion de remarquer qu’elles vieillissent de façon accélérée pendant leur montée, finissant littéralement en lambeaux dans les dernières marches. Je le répète, le film se révèle surtout fascinant pour sa poésie trash, s’attardant par exemple sur le passé de l’une des femmes, tuée et ressuscitée à de multiples reprises par son ancien compagnon. Un tel concept, une telle spirale de violence gratuite (si on ressuscite, la mort et la violence n’ont plus de raisons d’être réprouvés) aborde des thématiques fascinantes et sonde la noirceur humaine avec toujours cette poésie qui fait l’horreur des films d’Hussain. Une autre dissertera sur les enfants dieux, humains non finis qui se retrouvent à l’égal des hommes sans l’expérience, répétant les erreurs sans se donner la peine d’apprendre… Je reste personnellement sur la magnifique séquence tournée dans un champ où deux filles jouent à se poursuivre, la caméra les perds de vue un instant, et quand elle les retrouve, l’une est en train de battre à mort l’autre. Gratuit, mais la mise en scène et l’ambiance rendent la scène fascinante. Toutefois, et il est très important de le préciser, le maître mot du film est : « léthargie ». En effet, l’essentiel du film consiste donc à filmer des femmes qui montent dans un escalier et qui font des pauses de temps à autre pour parler chiffon. Pendant 1H42. Si vous contrôlez sur allociné, le nombre de mauvaises critiques décrivant un film chiant est éloquent. Effectivement, Ascension est chiant, à un tel point qu’il est polémique essentiellement pour ça. Est-ce de la masturbation intellectuelle trash ou une véritable œuvre poétique ? Je penche personnellement pour la seconde hypothèse, j’adhère au style Hussain. Toutefois, le réalisateur ne faisant aucun effort pour s’ouvrir au public (il va à fond dans son trip), cette mise en scène très théâtrale et lente peut passer pour de la prétention. Hussain s’en fout, il a conscience d’être borderline et ne pense qu’à épaissir son poème pelliculaire de visions macabres (les innombrables cadavres qui ont eux aussi tenté l’ascension métaphysique de l’usine). Nouvelle claque sensorielle qui nécessite vraiment d’être en forme pour être suivi jusqu’à son terme (je me suis endormi deux fois devant avant de parvenir au bout, magnifique musique hypnotique), Ascension est plus construit que Subconscious, il a une identité mieux définie aussi (ce n’est plus un attentat à la raison, c’est un regard pessimiste sur l’Homme), et il se révèle à la hauteur des attentes. Attention toutefois, l’objet est tel qu’il provoquera certainement des pétages de câbles devant l’inexistence d’un quelconque rythme…

 

 

5/6

 


2002
de Karim Hussain
avec Marie-Josée Croze, Barbara Ulrich

 


 
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Dimanche 13 janvier 2013 7 13 /01 /Jan /2013 14:59

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Il y a des films qui vous font aimer le cinéma. Ce sont les OFNI, les trucs jamais vu et qui s’affranchissent des codes de narration classique pour se lancer dans leur trip. Symbol est un de ceux là, un trip de ouf malade qui, à l’aide d’un concept, parvient à faire l’accession au pouvoir divin la plus absurde jamais faite. Dupieux peut retourner faire de la comédie française !

L’histoire : Alors qu’au Mexique se prépare un petit match de catch insignifiant, un homme se réveille dans une étrange pièce toute blanche, parsemée d’une infinité de zizis d’angelots…

 

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Symbol a cela de fantastique : en partant sur des bases complètement vierges, il parvient à étirer sur 1h40 un concept simple et à nous faire avec sans demeurer trop répétitif. Le début a pourtant de quoi dérouter. Notre homme, enfermé dans une salle blanche sans porte et sans plafond, le trouve pour seul relief qu’un zizi sur l’un des murs, finissant par l’effleurer, des milliers d’anges se mettent à sortir des murs, avant d’y disparaître en laissant poindre leur membre. Déjà, le personnage pète un câble, et on est mort de rire. Puis il se rend compte qu’en appuyant sur ces zigounettes, il peut faire apparaître différents objets dans la pièce. Un excellent concept qui permet donc de s’amuser sur quelques questions de base (manger, boire…). Jusqu’à ce qu’un bouton ouvre une porte dans le mur à l’autre bout de la pièce, mais dont l’ouverture est minutée. Et c’est en rajoutant sans cesse des difficultés et en se montrant créatif que notre personnage prépare son évasion. Maniant sans cesse un humour absurde qui a l’avantage de ne pas devenir lassant, Symbol avance sans cesse, et impossible de se préparer à ce qu’il va arriver par la suite. D’ailleurs, le film ne donne aucunes explications. Est-ce un test (on pense au Cube de Nathali) ? Le lien avec le match de catch se révèle tardif, mais il est déterminant pour montrer que les actions de notre personnage dans la pièce aux zizis commencent à avoir des répercussions sur le monde extérieur. On n’en dit pas plus, mais le dernier quart d’heure, purement expérimental et nous donnant une pêche d’enfer, nous emmène là où l’on n’imaginait pas aller. Et, soit dit en passant, ce film est le premier à oser montrer… la teub de Dieu himself. Enorme séquence absurde à s’en décrocher la mâchoire ! Enorme surprise qui se rend immédiatement attachante auprès du spectateur pour son humour vraiment absurde, Symbol est à recommander chaudement à tous les amateurs de chocs visuels. Ce film (comme les autres réalisations de Matsumoto) est difficile à trouver sur le net, et encore, en VO (japonais) sous titré anglais. Pour en profiter, peut être faudra-t-il attendre quelques temps. Mais le potentiel du film n’en est pas moins là. Un vrai phénomène.

 

4,7/6

 

2009
de Hitoshi Matsumoto
avec Hitoshi Matsumoto, Luis Accinelli

 

http://asiafilm.fr/wp-content/uploads/2010/05/symbol.jpg

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Samedi 29 septembre 2012 6 29 /09 /Sep /2012 18:02

http://imworld.aufeminin.com/cinema/dead-end-3666_L.jpg

 

Dead end est un petit film qu'on pourrait qualifier de fauché, à en juger par la maigreur de ses effets et son casting plus ou moins connus. Mais il s'agit là d'une oeuvre potentiellement culte, et clairement apte à divertir à condition de bien comprendre à quel voyage nous sommes convié.

L'histoire : en pleine nuit de noël, une famille sur la route de la maison de grand mère est témoins d'étranges évènements...

 

http://www.top10films.co.uk/img/Dead-End.jpg

 

Tel est le pitch minimaliste de ce road movie métaphorique que n'aurait pas renié David Lynch. C'est simple, le film commence simplement comme un film culte, misant tout sur des personnages dont on saisit tout de suite l'essence, qui à l'aide de dialogues savoureux deviennent vite nos compagnons de traversée. C'est assez enthousiasmant de voir qu'on se met tout de suite sur la même longueur d'onde qu'eux, entre un père très masculin, une mère vivace, un petit frère gothique rebelle, une soeur blonde psychologue et un petit ami sportif. Vraiment, l'étude de caractère, trempant dans le cliché, nous comble avec un humour bienvenu jusqu'à ce que les premiers incidents arrivent. Après un accident manqué de peu, notre famille commence à voir une mystérieuse femme blanche rôder autour de leur voiture. Mais qui est cette mystérieuse femme ? On pense d'abord à une équipe de serial killer (une mystérieuse voiture funèbre passe avec toujours un membre de la famille gesticulant dans le coffre), avant de se rendre compte que c'est plus compliqué que cela. Ou plutôt plus simple. En effet, pour ceux qui savent reconnaître ce genre de film, Dead end est une sorte d'épisode étendu de la 4ème dimension. Un trip lynchien qui évoque un traumatisme par des biais métaphoriques qui s'étendent sur toute la pellicule. En cela, le film ne recèle aucune surprise (j'ai éventé le phénomène 15 minutes après le début du film). Mais le traitement des personnage tout au long de l'aventure, le côté trash et traumatisant de cette dernière (les morts, bien que suggérées, sont gerbantes), nanti d'une ambiance flippante (la radio d'où sortent des cris de bébé sur fond de litanie morbide) qui provoque clairement le malaise par moment. Le script est également assez intelligent pour conserver les caractères les plus sympathiques le plus longtemps possible, nous développant une relation père fille vraiment touchante, supportée par de sublimes acteurs. Malgré un faible budget, le film ne semble jamais cheap (il n'a pas besoin d'avoir recours à l'esbrouffe), et ses acteurs sont suffisamment investis pour rendre le spectacle très vivant (Ray Wise est d'un charisme rare). Relance oblige, le dénouement laisse une petite trace fantastique pour brouiller les pistes, mais nous ne sommes pas dupes, nous venons bel et bien de suivre un coma d'accident de la route tout ce qu'il y a de plus Lynchien. Au final, Dead end réussit clairement à planter une ambiance et à faire un road movie métaphorique  intéressant, et bien plus intéressant que Reeker. Et ça, on aime.

 

4.5/6

 

2003
de Jean-Baptiste Andrea, Fabrice Canepa
avec Mick Cain, Ray Wise

 

http://www.cinemotions.com/scripts/slider/image_sorties_id.php?id_image=25345

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Lundi 3 septembre 2012 1 03 /09 /Sep /2012 13:40

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Interdit aux moins de 16 ans

 

Angoisse de Bigas Luna est un film ressorti récemment en pack avec Mad Movie n°250. A première vue, l’histoire se focalisant sur un médecin oculaire qui prélève les yeux de ses patients peut apparaître comme banale. Mais après 20 minutes, le film opère un virage brutal qui vient le propulser dans la catégorie des OFNI, le jeu opéré par le réalisateur se révélant tout simplement passionnant.

L’histoire : Un médecin vivant chez sa mère tue sous son influence ses patients avant de prélever leurs yeux. Jusqu’à ce qu’on se rende compte que ce film n’est pas forcément le film…

 

http://img.over-blog.com/550x366/0/47/60/48/Blog/201202/angoisse.jpg

 

Ce qui est génial avec Angoisse, c’est qu’on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. Le voir au cinéma est clairement la meilleure condition pour assister au film, car la moitié de son intrigue se passe dans un cinéma. Tout d’abord, l’histoire commence avec un médecin ventripotent qui prépare des lentilles pour les clients d’un ophtalmo. L’ambiance de son foyer est gentiment malsaine (elle rappelle un peu celle de The Human Centipede II), jusqu’à ce que le film commence à virer sur la bizarrerie, au cours d’une étrange séquence où la mère se livre à une séance d’hypnose sur son fils. Le thème de la spirale devient alors récurrent, ce qui explique la présence d’escargots dans le film et d’un coquillage. Notre médecin hypnotisé se rend alors chez sa dernière cliente, la tue et prélève ses yeux. C’est pendant cette séquence gore que l’on découvre que cette histoire est un film projeté dans un cinéma. Et que plus le film avance, plus les spectateurs sont mal à l’aise, certains éléments du film se retrouvant dans la salle. On pense d’abord à une sorte de remake de Démons en plus ampoulé, mais la suite du film innove largement. En effet, dans le film du film, le médecin se rend dans une salle de cinéma (où est projeté Le monde perdu de 1916, sympathique film d’aventure), avec la ferme intention de tuer tous les spectateurs. Ainsi, on suit deux niveaux de réalité différents (en plus de la réalité qui veut qu’on regarde ce film) : les spectateurs dans une salle de ciné qui regardent le médecin faire un carnage dans une salle de ciné. Mais alors que les égarements sanglants du médecin commencent, un des spectateurs regardant le film se révèle être un dérangé qui imite le comportement du médecin, à la différence qu’il possède un revolver chargé. A partir de là, Bigas s’essaye à plusieurs mécanismes de peurs à la fois, ajoutant sans cesse de nouvelles pistes à son film pour en faire une œuvre à la fois dérangeante et fascinante. On le dit tout de suite, le film est déstabilisant pour ses différents niveaux de réalités (qui sont toutefois très bien organisés, il n’y a pas une seule incohérence ou ambiguïté à ce niveau) et par la densité de ses effets. En termes d’ambiance, cette Angoisse est l’une des plus perturbantes que j’ai pu voir récemment (ce qui doit expliquer l’interdiction aux moins de 16 ans du film). Toujours est-il qu’en plus d’un gore chirurgical, Angoisse repose sur des acteurs tous excellents, on remarquera notamment les deux adolescentes spectatrices qui remarqueront le manège du psychopathe au silencieux. Nanti d’un bon suspense jusqu’à son dénouement (le générique est une nouvelle mise en abîme des niveaux de réalité qui prend tout son sens dans une salle de cinéma), Angoisse est une très bonne surprise, à découvrir d’urgence.

 

4.8/6

 

1987
de Bigas Luna
avec Zelda Rubinstein, Michael Lerner

 

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  • Je suis étudiant en Chimie, j'ai 23 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (plus marginal que grand public). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

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