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Extreme (Culte II, second blood)

Samedi 4 mai 2013 6 04 /05 /Mai /2013 11:22

Cannibal-2006-Marian-Dora-Movie-6.jpg

 

Le réalisateur de Melancholie der Engel, Marian Dora, s’est auparavant essayé au fameux fait divers du couple homo cannibale allemand le plus populaire depuis Hannibal Lecter. Il faut dire qu’on en a tellement bouffé dans la presse… Bon, quand ce genre de fait divers est adapté au cinéma, le principal intérêt est l’appropriation des faits par l’auteur du script et du réalisateur, qui rajoutent leur vision pour sublimer la chose. Cela avait déjà donné Confession d’un Cannibale, film très imparfait que j’ai beaucoup aimé pour sa partie sur l’enfance et la rencontre des deux futurs « stars du 20 heure», hélas de plus en plus mauvais alors que son intrigue nous mène aux faits en question, et Feed dont je ne reparlerai pas. Et bien Marian Dora s’essaye lui aussi à l’exercice, et se révèle plus convaincant et poétique que son effort suivant…

L’histoire : se rencontrant sur un forum trash, deux hommes se lancent dans une histoire d’amour dont le but ultime et établi est que l’un se repaisse de l’autre…

 

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Comme chez Weisz, nous avons donc cette idée de la personnification ultime de l’amour allant jusqu’au Cannibalisme, où l’un offre sa chair (s’offre pleinement) et où l’autre le consomme avec un amour fusionnel (l’autre vivra éternellement en lui). Voilà pour ce qui est des bases communes, mais ici, Marian Dora y rajoute, en plus des ambiances très particulières qu’il se plaît à mettre en scène (musique atmosphérique qui s’aventure vers un romantisme sincère à la Nekromantik, beaucoup de fumée, halo lumineux étranges, étonnant générique qui reprend les atmosphères des giallos Argento…), une atmosphère de conte pervers inattendu, et qui fonctionne en termes de poésie (avec l’évidente allusion à l’ogre, mais pas seulement). Il convient toutefois de préciser qu’avant d’être un film choc, Cannibal est une love-story gay au premier degré. Si Weisz était assez soft dans sa présentation du milieu homo (il s’axait davantage sur les névroses des deux personnages et mettait en scène leur relation de façon sobre), Dora y va à fond dans le fantasme. Passé une introduction où le futur cannibale cherche le candidat idéal comme l’homme de sa vie (il ne veut pas choisir une femme parce qu’elles sont trop importantes pour la reproduction (heu… c’est un critère…)), nous avons un préambule avec des conversations trash envoyées par internet, puis après seulement 22 minutes, les voilà déjà en train de se dévorer des yeux sous un arbre en pleine nature. Il y a d’ailleurs toujours ce goût pour la nature chez Dora, cet amour des lieux en plein air, au point de commettre des fautes de goûts assez énormes comme cette partie de pétanque où nos deux personnages jouent nus dans un champ. Une scène nue comme ça, gratuite. Autant dire qu’au niveau des étreintes amoureuses, c’est un florilège pendant 20 minutes. Mais le film essaye vraiment de soigner son contexte romantique, en faisant preuve d’un romantisme au premier degré. Toutefois, le revirement vers le trash (car jusqu’à présent, le film n’était pas trash en dehors de la fascination des deux personnages pour le cannibalisme) est trop brutal pour convaincre. Non, une scène de sodomie avec des hennissements de chevaux, même si on comprend l’idée que l’un est en train de monter l’autre, c’est mauvais. Le film fait encore un peu durer les choses en ménageant une interruption de la romance en cours d’une dizaine de minutes. Puis arrive enfin la scène attendue du pénis coupé, scène costaude et assez réaliste (avec un détail bien crade à la fin), qui marque le début des dernières heures du couple avant la mort fatidique du mangé. Le film régurgite les principaux détails de l’affaire toujours en les passant à la moulinette de ses ambiances atypiques, jusque dans la scène du bain qui abouti sur la mort de notre mangé. Mais ce dernier considérant sa vie ratée, se détestant et voyant dans sa mort un sacrifice pour apporter la béatitude à son amant, le film continue en mode fantasmé, et poursuit l’histoire sous un angle toujours romantique, mais cannibale. Le même romantisme est utilisé pour les scènes où le cannibale transporte le corps jusqu’à sa préparation finale. Cette dernière cède un peu à la facilité en donnant dans la musique atmosphérique glauque pendant le découpage gore, mais retrouve classe et dignité pendant le banquet finale, qui s’offre même le luxe d’être distingué, comme une apothéose romantique. Aucune conclusion, Marian Dora préfère laisser son sujet en suspend. C’est plus prudent, car tel qu’il a été conçu, ce film est une vision fantasmée qui s’éloigne volontairement de la réalité pour s’attacher à une vision romantique si jusqu’auboutiste dans sa soif d’absolu qu’elle risque de ne pas trouver de public pour la recevoir (les contextes trash et gay ne vont pas forcément de paire, et confession d’un Cannibal donnait plus clairement dans le trash). Un essai intéressant, et bien moins long que Melancholie der Engel…

 

4/6


2006

de Marian Dora

avec Victor Brandl, Carsten Frank

 

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Par voracinephile - Publié dans : Extreme (Culte II, second blood)
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Mardi 30 avril 2013 2 30 /04 /Avr /2013 20:47

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Au rayon film extrême, nous nous attaquons aujourd’hui à Scrapbook, que l’amateurisme n’empêche pas d’avoir quelques ambitions psychologiques. Il faut aussi dire que, tel qu’il est présenté (sur naveton notamment où il s’est payé un joli 15/20), il a tout pour séduire, transcendant le luxe de l’ultra violence par un contexte psycho riche rarement abordé (la saga Hannibal Lecter en est l’exemple le plus populaire, les autres biopics de psychopathe tapent déjà plus dans l’underground). Toutefois, malgré ses ambitions, le film ne déroge pas aux canons du genre.

L’histoire : une femme est séquestrée par un psychopathe qui s’occupe à écrire le récit de sa vie dissolue dans un journal intime qu'il constelle de photographies. Pendant sa détention, il l’oblige elle aussi à tenir son propre journal.

 

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Il est effectivement intéressant de noter que, malgré l’aspect amateuriste du film (c'est le 7ème film du réalisateur, il tente ici de jouer la carte du réalisme en réduisant au minimum les effets de style, dans des décors minimalistes et qu’on sent convertis pour l’occasion), tout est fait pour souligner l’implication des acteurs dans le film. Après une ouverture choc qui essaye de donner dans le traumatisme d’office, le film commence à faire le portrait de son psychopathe, individu qui mène sa vie comme tout bon psychopathe se respecte, choisissant des victimes au hasard et désireux d’obtenir leur soumission à coup d’ultra violence et d’humiliations sexuelles. Mais sa grande particularité consiste dans le fait qu’il écrit le journal de ses mœurs dissolues, et qu’il fait preuve d’une certaine sensibilité à l’intérêt qu’on y porte. Cet éveil pour le rapport quotidien de ses actes, de ses émotions, est la porte qui permet d’entrer dans l’univers psychologique du film, qui se divise évidemment entre le bourreau et la victime. Si, comme d’habitude, le film commence dans une confrontation aussi mutique qu’extrême (costaude scène de viol pour bien débuter la détention), c’est dans le suivi des personnages qu’il se révèle plus fin que la moyenne. S’attachant d’abord à montrer une certaine résistance de la victime malgré la force que met le psychopathe à la briser, le film cerne avec une pertinence trash cette relation, où le psychopathe invite la victime à partager son ressenti, et où il y réagit en conséquence. Il est aussi appréciable de noter que le film ne donne pas dans la surenchère choc comme les débiles Snuff 102 et autres August Underground, mais qu’il valorise les performances d’acteurs. Comme nous connaissons peu à peu nos personnages, on peut donc croire à ce qu’ils vivent. Une scène choc costaude de Scrapbook, c’est une simple fellation sous la menace des poings du bourreau. Banal, mais le film ne sacrifie jamais les états d’âme des personnages, et cela jusqu’à la fin. Le film commence à se révéler inattendu quand il commence à opérer un rapprochement des deux protagonistes, notamment du côté du psychopathe, qui s’attache peu à peu à sa victime, et qui découvre avec le consentement progressif de la victime une « vie de couple » qu’il n’espérait pas avoir. Passionnant, mais hélas, la conclusion est horriblement frustrante, saccageant l’excellent travail psychologique amorcé par tout le film par un retour aux codes du genre aussi brutal que bête. En choisissant de venger la victime brutalement et de façon bien humiliante pour le psychopathe (avec les photos, un attachement pictural récurrent pendant le film), le film nie ce qu’il avait brillamment amorcé, puisque les réactions de la victime se révélaient du coup feinte. Elle n’avait jamais été brisée contrairement à ce qui nous avait été laissé voir, et ce qui rend caduc l’originalité du parcours psychologique (sans l’effacer, il est toujours là, et est sincère du côté du psychopathe). On peut aussi pointer du doigt 20 minutes en plein milieu du film pendant lesquelles arrive une nouvelle victime qui se fait massacrer dans les règles, c’est la seule scène vraiment gratuite de l’ensemble (il faut aussi préciser que les acteurs ont improvisé pendant certaines séquences). Le reste est d’un bon niveau (même si on filme parfois un décor complètement stérile pour varier les plans), mais encore une fois, la trahison finale reste en travers de ma gorge. Comme si tous les films de psychopathes qui se chargeaient les couilles avec la violence extrême avaient besoin de décharger toujours à la fin, comme ça, pour le plaisir… Ce n’est pas le cas de Martyrs, qui cultive cette frustration pour la faire pousser vers l’inattendu.  Scrapbook reste donc dans l’anonymat, possédant le brouillon d’un matériau riche qui, on l’espère, sera un jour exploité à la hauteur du potentiel sentimental qu’il contient (clin d’œil à un scénariste qui se reconnaîtra).

 

3,8/6


1998

de Eric Stanze

avec Emily Haack, Todd Tevlin, Elizabeth Hammock

Par voracinephile - Publié dans : Extreme (Culte II, second blood)
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Mardi 23 avril 2013 2 23 /04 /Avr /2013 20:09

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La saga des August underground est, comme son titre l’indique, une référence assez redondante dans le milieu des films underground. Ayant pour objectif de fournir des portraits de psychopathes extrêmes au-delà du supportable (Harry portrait d’un serial killer et Schizophrenia restent les maîtres incontestés avec Maniac), les August underground jouent donc la carte de l’amateurisme avec des vidéos filmées avec des caméscopes et donnent dans le déballage de gore réaliste avec du remplissage entre les différents meurtres. Dans mon cas, je me suis contenté de Penance, le 3ème opus de la saga. Une ode au vide de l’existence d’un ennui rédhibitoire…

L’histoire : un psychopathe et sa copine psychopathe tuent des gens, vont à une fête, puis retuent des gens, avant d’aller faire des courses, puis retour à la cave…

 

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On tape exactement dans le registre de film extrême que je ne supporte pas, à savoir un pur produit de surenchère qui est déjà voué à l’oubli quand il sort parce qu’un autre sera davantage gore, davantage choquant, et dans tous les cas plus marquant. Penance nous raconte donc les errances d’un couple de psychopathe dont on se fout complètement. Mais quand je dis qu’on s’en fout, c’est royal ! Ils tuent des gens qu’on s’en moque totalement on se fout de leur vie inintéressante que le camescope nous filme en détail tellement il n’y avait rien à dire (mention spéciale au passage où le psychopathe chie et où sa petite amie vient filmer sa merde, comme ça, pendant 30 secondes). Dans Henry, il y avait un portrait, un personnage crédible, et surtout capable encore d’exprimer des sentiments, et un vrai discours sur le contrôle de sa propre violence. Ici, on a un gros et une pétasse qui rigole en versant de l’eau sur un anonyme cagoulé et cloué sur le sol. Aucun portrait, aucune tentative de narration, c’est du torture porn stérile et surtout très long, tellement que je me suis endormis en pleine séance. Réveillé 40 minutes plus tard par les cris d’une nouvelle victime anonyme, j’ai quand même pu profiter de la fin, exactement dans la lignée du début du film. Si j’éprouvais une certaine fascination pour quelques séquences de Regoregitated sacrifice, je n’ai pas réussi à rire une seule fois de ce navet intégral, que son soucis de réalisme ne parvient même pas à relever. Franchement, il n’y a rien à voir pendant une heure quarante, les scènes extrêmes sont à peine choquantes (C’est arrivé près de chez vous est même plus efficace), on se moque des humiliations psychologiques subies parce qu’on se fout du sort de ces victimes, autant que des psychopathes d’ailleurs. Une référence assez déroutante pour de telles thématiques.

 

0/6

 


2007

de Fred Voegel

 

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Le marteau collector du film (50 $ sur le net). Utile pour réparer sa machine à laver, mais le sang est ici faux.

Par voracinephile - Publié dans : Extreme (Culte II, second blood)
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Samedi 20 avril 2013 6 20 /04 /Avr /2013 22:58

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INTERDIT AUX MOINS DE 18 ANS.

ATTENTION, CETTE CHRONIQUE CONTIENT DES PHRASES SUSCEPTIBLES DE HEURTER LA SENSIBILITE DE N'IMPORTE QUELLE PERSONNE AYANT DES YEUX.

 

Where the deads go to die est un des films les plus undergrounds qu’il m’ait été donné de voir dans ma vie cinéphile. Film d’animation composé de façon quasi amateur par un réalisateur étant allé au bout de ses fantasmes, il est aussi méconnu qu’extrême, puisque même plus retenu par les codes de la législation (les personnages sont pleinement fictifs, sont créés de toute pièce, et peuvent donc tout subir). La liberté de ton et d’ambition atteint ici des sommets, peut être pour devenir l’œuvre la plus immorale jamais été faite par la main de l’homme (quand on vous dit que POAK ou The human centipede 2 sont moins durs, ce n’est pas de la blague). Cependant, comme ce fut mon cas avec Regoregitated sacrifice, on cerne vite les objectifs du réalisateur (qui d'ailleurs a pris un pseudonyme, vu qu'il est impossible d'assumer un tel film), et malgré l’agression neuronale, l’expérience est finalement peu concluante…

L’histoire : Un gamin issu d’une famille qui le déteste planifie l’avortement de sa mère. Un jeune adulte se drogue aux hormones prélevées dans le cerveau des cadavres encore frais, un gamin difforme s’initie au monde de l’amour et de la sexualité.

 

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Méphistophélès pixélisé...

 

J’écris « histoire » pour le résumé, mais le récit est complètement éclaté entre le destin de ces personnages, plus pervertis les uns que les autres, se partageant l’écran en découpage par sketch (des chapitres sont marqués). Il apparaît assez vite que ce film essaye de faire du choc pour du choc (nombreuses allusions sataniques, fascination pour le Mal et la corruption…). Autant dire que les enfants sont la première cible du film, qui ne recule officiellement devant rien. La première histoire est la plus glauque avec la dernière, mettant en scène un gamin vivant dans un climat psychologique éprouvant, qui voit alors un chien noir aux yeux rouges arriver et lui dire que son futur petit frère est l’antéchrist, qu’il faut le tuer et que c’est une mission divine. Le film ne se prive pas de tout montrer en détail, poussant la provocation jusqu’à montrer le gosse en train de sodomiser le clébard sur les corps décomposés de ses parents. Si votre cerveau n’a pas encore explosé à la lecture de ces lignes (le voir est autrement plus dérangeant), la suite du film se chargera de vous achever, le petit fonçant alors dans les bras de l’enfer et dans des dizaines de visions malsaines perverties par notre molosse qui s’en donne à cœur joie dans les commentaires faisant l’apologie du démon. Toutefois, le film est insupportable esthétiquement. Vous connaissez The Amazing Bulk ? Si ce n’est pas le cas, regardez sur youtube. La qualité des graphismes est à peu près équivalente à ce niveau. Mais si The amazing bulk nous faisait rire devant ce sommet d’incompétence, le choc et le premier degré de Where the deads go to die nous enlève ce modeste plaisir. C’est juste une torture visuelle et morale, dont le déballage des visions obscènes provoque un  sentiment de gêne tel qu’on en viendrait presque à auto-censurer ce que l’on voit. D’autant plus qu’on cerne assez vite ce que veut dire le réalisateur. Rien. Il n’y a que cette absence de recul, cette fascination pour le malsain qui pervertit absolument tout ce qu’il aborde. A un tel stade de viol moral, ce n’est plus du pessimisme sur la condition humaine, c’est une exultation impie ! Une compilation des fantasmes les plus tordus de l’auteur, livrés sans fard sans recul aux yeux du monde. Toutefois, le film ne ment pas sur ses ingrédients, et s’adresse donc à un public underground, partisan par essence. Mais il n’y a rien derrière cette fascination pour l’inadmissible, même pas l’envie de la faire partager. Le tout n’est qu’une grotesque parodie de l’humanité, dans tous ses personnages, dont les pulsions semblent être les penchants naturels, tendant instinctivement la main à Belzébuth et ses envoyés, à tous les âges (du militaire retraité qui, hallucinant sur un conflit qu’il a vécu, mutile une prostituée, aux gamins de banlieue sinistre qui parlent avec le diable dans leur petit coin…). La dernière histoire est la plus grosse claque immorale, montrant un personnage de freak par essence sympathique (siamois avec un fœtus non développé, on penserait presque à Basket case) qui commence à entamer une relation amoureuse enfantine très rapidement salie par l’introduction d’une sexualité gênante, qui culmine en porno infantile que seul le cinéma d’animation peut espérer montrer sans poursuites judiciaire au vu du flou juridique concernant le fait que les enfants représentés ne sont pas réels (alors que leurs actes font échos à des perversions qui elles, le sont). Pour ce qui est du choc, si le spectateur n’a pas déjà perdu la vue suite à la monstruosité des graphismes (et pas dans le bon sens du terme), il devrait ressentir un profond sentiment de gêne pendant le visionnage, mission réussie donc pour le film. Mais est-ce bon, je ne le pense pas. Pas quand c’est aussi complaisant, aussi parodique de libido déjantée et de pulsion de mort… On passe un cap avec ce film, mais au final, cette séance de malaise d’une heure et demie qui n’aboutit sur rien, ça laisse dans une frustration artistique qui atténue assez vite le trauma subi. Mis à part son intensité jusqu’auboutiste, je n’y trouve aucune qualité. A réserver donc pour ceux qui s’intéressent à la surenchère, on tient là un morceau de choix…

 

0,1/6

 

2012

de Jimmy ScreamerClauz

 

Where-the-Dead-Go-to-Die-2012-Image-2.jpg

 

En bonus (parce qu'il est rare de tomber sur des cinglés pareils), voici le lien vers le site Web du réalisateur.

A vos risques et périls...

Par voracinephile - Publié dans : Extreme (Culte II, second blood)
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Mercredi 13 mars 2013 3 13 /03 /Mars /2013 11:27

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INTERDIT AUX MOINS DE 18 ANS

 

Un peu d’exploitation japonaise aujourd’hui avec Shogun Sadism. Agora l’évoquait déjà, mais on peut rappeler que l’expansion du christianisme, comme souvent avec les jeunes religions, ne s’est pas faite dans la paix. Agora tapait sur leur intolérance des autres cultes, et un péplum comme Quo Vadis (partisan donc) s’attachait surtout à montrer leur message pacifiste et les tortures qui leur étaient infligées. Et bien Shogun Sadism, il ne se prend pas la tête avec toutes ces conneries théologiques (excusez l’expression, mais il faut se mettre dans l’ambiance). Lui, le chrétient, et bien il le fait crier, il le fait chialer pour ses convictions, et cela avec un manque de tact tel qu’il est difficile de ne pas rire pendant la séance…

L’histoire : l’expansion du christianisme au Japon, combattue par un Shogun particulièrement cruel qui se fait un devoir moral d’éradiquer la perfidie occidentale.

 

http://www.horror-extreme.com/Content/images/shoguns-sadism/asian-horror-oxen-split-torturing.jpg

 

Vraiment, assez amusant spectacle que ce Shogun Sadism, qui décide d’entrée de jeu de jouer la carte du film choc à grand renfort de séquences de torture. On commence par de l’ébouillantage vivant, de la pendaison brutale, de la crucifixion, du brûlage sur un bûcher… Vraiment, les chrétiens bénéficient de traitements de faveurs à faire rougir d’amateurisme les inquisiteurs de The Devils. Dans ce climat de traque, la communauté chrétienne naissante, menacée, fait profil bas et tente de survivre en ne cessant de voyager dans le pays, tout en répandant la bonne parole de notre Seigneur Jésus. Mais gare à ceux qui se font chopper, car dans ces cas là, le Shogun se fâche tout rouge ! Le Shogun, c’est un japonais souffrant d’un léger embonpoint et d’un âge avancé, qui passe l’intégralité du film à gueuler d’une voie éraillée qu’il faut exterminer les chrétiens, qui sapent l’autorité et qui sont d’une faiblesse méprisable. Entre deux bouteilles de saké qu’il s’envoie dans le gosier à grand renforts de bruitages démesurément forts, il commande les exécutions à tour de bras, et se délecte du spectacle de la mort. Jusqu’à ce qu’au cours d’une exécution, il se prenne de fascination pour une chrétienne assez belle, qu’il décide de prendre pour maîtresse afin de briser son caractère et sa foi. On se retrouve alors en plein récit digne d’un marquis de Sade, où notre représentant du pouvoir ne cesse d’infliger des humiliations à sa jolie victime qui endure complaisamment et à grands renforts de gémissements surjoués tout ce que le shogun a concocté pour elle. La séquence viol est à ce titre un régal de comique involontaire, entre la chrétienne japonaise qui gémit entre le plaisir et la honte, et le shogun gesticulant sur son corps en lui postillonnant des insanités avec sa voix rocailleuse. Mais ce n’est pas tout, il faut vraiment la briser, cette chrétienne. Dans ce but, le shogun organise l’exécution publique des parents de la fille, eux aussi chrétiens. Et là, c’est un florilège de voyeurisme et de pathos qu’on nous envoie à la face. Entre la chrétienne qui supplie le shogun d’arrêter pendant que ce dernier rit d’une façon clairement exagérée, les parents, crucifiés, se font percer de toutes parts à coup de lance. Et pendant ces saillies bien gores, ils ne cessent d’exhorter leur fille à garder la foi, à rester dans la vérité. C’est une vision tellement outrancière du martyr qu’il est impossible de la prendre au sérieux, tant  les souffrances infligées empêcheraient les chrétiens de proclamer leur foi. Mais ici, même avec 5 lances dans le corps, ils continuent à gueuler de tous leur poumon que tout va bien, qu’ils sont heureux ! Limite ils en redemandent à leurs bourreaux ! Et comme le suicide est proscrit par la religion chrétienne, le Shogun est assuré que notre chrétienne va tout endurer jusqu’à la fin. La seconde moitié du film s’attache au sort d’un soldat qui sent peu à peu l’éveil de la foi qui naît en lui, et qui finit par s’enfuir du palais avec la concubine chrétienne du Shogun. Une sympathique histoire de conversion, mais le réalisateur s’en moque. Il ne veut pas trop s’arrêter sur le message moral, il veut surtout faire pisser le sang. L’occasion d’un final très gore où nos chrétiens finissent en morceau. Conclusion ? Et bien on n’a pas appris grand-chose d’historique ni sur les chrétiens (si, ils sont faibles parce qu’ils n’ont pas le droit de se suicider, et ce sont des victimes en puissance, mais j’apporte un certain crédit à ce dernier fait), mais on a beaucoup ri devant cette surenchère gore, dirigée par un acteur japonais braillard qui gueule de toutes ses tripes pour bien montrer qu’il est un méchant digne de Sade ! Un sympathique divertissement d’exploitation donc, relativement peu intelligent, rare, et surtout drôle.

 

3,5/6

 

1975

de  Yuji Makiguchi

avec  Takuzo Kawatani, Maki Tachibana, Yuzuke Kazato

 

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"Je ne cèderai pas à la violence ! C'est l'arme des faibles !"

Par voracinephile - Publié dans : Extreme (Culte II, second blood)
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