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Guerre (Army needs you !)

Samedi 1 décembre 2012 6 01 /12 /Déc /2012 18:55

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Avec We were soldiers, on a le plaisir de reprendre du service militaire aux côté du charismatique Mel Gibson, qui nous entraîne ici pour une tranche de Viet Nam qu’on est pas prêt d’oublier. D’une violence très portée sur l’action (ça défouraille pendant tout le film), qui suit le premier combat entre les forces américaines et viet-cong, We were soldiers élabore une galerie de personnage plutôt touchante, et en tout cas suffisamment élaborée et charismatique pour qu’on s’attache à ces GI’s.

L’histoire : Peu après la débâcle de l’armée française au Viet Nam, les forces américaines décident d’une intervention armée pour empêcher les forces communistes de s’emparer du pays.

 

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L’introduction du film fait toutefois sourire, puisque les forces françaises parlent un mauvais français avec un accent américain des plus déplacés. Et quand on regarde le film en VF, on a donc les forces américaines qui parlent un français impeccable sans accents (Philippe Nahon assure même la voix de l’un d’entre eux). Mais passons. On se rappellera de We were soldiers essentiellement pour ses portraits de personnages, tous assez touchants. Le premier d’entre eux est bien évidemment Mel Gibson, qui endosse ici l’uniforme d’un colonel sensé gérer l’offensive, et tentant de mener ses hommes en les escortant sur le champ de bataille et en leur regonflant toujours le moral. Catho au sens du devoir inébranlable, le personnage, même affichant un patriotisme exacerbé ("la vallée de l'ombre de la Mort..."), est attachant, usant intelligemment de son charisme pour faire apparaître ses valeurs morales tout en casant des répliques patriotiques qui viennent faire « bien » (« Et Seigneur, à propos de nos ennemis… Oubliez leurs prières païennes et aidez nous à botter le cul de ces petits salopards. Amen. » Et vive Reagan !). Les soldats, dans leurs doutes ou leurs statuts de futurs pères, sont autant d’âmes incertaines qu’il faut rassurer et motiver dans les circonstances actuelles. Le film en profite aussi pour développer les caractères des femmes de soldats, dont le quotidien moins mouvementé mais tout aussi angoissant révèle un autre visage de la guerre. Celle de Mel Gibson est bien évidemment celle que l’on va suivre, mais c’est un caractère féminin fort auquel on adhère franchement, sa logique très sentimentale se révélant finalement très payante dans ce contexte difficile. Enfin, c’est probablement le personnage du reporter militaire qui marquera le spectateur, ayant spécialement choisi sa fonction pour tenter de comprendre la guerre et de la faire comprendre aux Américains, alors que sa famille s’était jusqu’à lors cantonnée à s’y battre. On notera l’excellent dialogue à propos de ses aïeux et ses réactions quand l’enfer se déchaîne autour d’eux. On sent que le réalisateur est visiblement très inspiré par Apocalypse Now, ce qui se ressent notamment dans son approche très pessimiste de la situation, les américains se prenant visiblement une tannée (ajustant mal leurs tirs, ne parvenant pas à avancer, assiégés par des forces ennemies largement supérieures en nombre lançant des assauts incessants). Ce qui vaudra quelques séquences chocs, notamment sur les ravages du napalm ou d’une grenade incendiaire. Du lourd pour un film qui entend s’attaquer avec sérieux à son portrait d’une Amérique mal préparée à la violence du conflit (sans atteindre les performances du chef d’œuvre de Coppola, les acteurs retranscrivent sobrement l’état de choc). Par soucis d’objectivité, le film montrera quelques prises de vue du commandement viet-cong et des mouvements de troupes viet-namiennes (mais ça reste très mineur, l’essentiel étant fixé sur les américains). Finalement, la galerie des portraits est achevée sur un ton plutôt sobre, quand même un peu trop patriotique pour le Mel qui a survécut et qui veut rendre hommage à ses hommes tombés sur le front (l’hommage finale est sincère, plutôt respectable bien que trop martial dans son patriotisme (les trompettes, ah, les trompettes…)). Un sympathique film de guerre donc, qui parvient à rendre attachant ses personnages malgré son patriotisme un peu trop collant.

 

3.8/6


2002
de Randall Wallace
avec Mel Gibson, Madeleine Stowe

 

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Par voracinephile - Publié dans : Guerre (Army needs you !)
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Lundi 12 novembre 2012 1 12 /11 /Nov /2012 18:50

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Quatrième film de Terrance Malick (qui s'était éclipsé un certain temps), La ligne rouge retrace les débuts de la guerre du Pacifique avec l’attaque de Guadalcanal, île du Pacifique tenue par les japonais. L’occasion pour le réalisateur d’imposer gentiment son style en le diluant dans des scènes de guerre réalistes, parfaite introduction pour ce poète catho qui mélange les genres avec une douceur rare, loin de tout bourrinage inutile.

L’histoire : Le parcours de différents soldats recrutés dans l’armée américaine qui vont participer au débarquement sur Guadalcanal.

 

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Très grand film de guerre que cette ligne rouge, puisque dès le départ, en plus de nous offrir des portraits de personnages touchants et des réflexions philosophiques pertinentes (la très belle introduction s’interrogeant sur l’agressivité de la Nature, des différentes espèces, parfait point de départ pour déboucher sur la guerre), il nous montre immédiatement qu’il a réunit un casting d’exception. Caviezel, Penn, Clooney, Harrelson, Travolta, Leto… Des tas de trognes connues que nous allons accompagner au front, et dont le destin sera parfois tragique. Chacun maîtrisant à la perfection sont personnage, l’identification à différents caractères se fait facilement, chacun pouvant trouver dans les caractères qui lui sont présenté des pensées dans lesquelles il peut se reconnaître (l’effet sera encore plus frappant avec The Tree of life, mais aussi plus ciblé). Penn a la carrure de l’officier désillusionné, terre à terre qui ressent l’humanité qui l’entoure sans pouvoir l’exprimer de son côté (il ne laisse entrevoir qu’une façade abrupte, guidée par l’instinct de survie et l’expérience du terrain), Caviezel est plutôt l’enfant de la nature, désertant plusieurs fois l’armée pour passer quelques temps avec les insulaires des environs, dont il partage le quotidien avec une joie de vivre communicative (et pourtant, si il a du mal à comprendre la guerre, il y prend part avec le sourire, tentant d’aider ses camarades (ça doit transparaître, mais autant l’écrire : il est le personnage auquel je m’identifie ici). Au fur et à mesure que les personnages défilent, le film développe ses thématiques, ne cherchant visiblement pas à pourrir l’armée (les portraits des officiers sont régulièrement touchants,  la discipline est parfois injuste, les enjeux sont lourds (le général décide de sacrifier ses hommes dans une attaque de front pour impressionner l’état major qui surveille la manœuvre) et l’incertitude ronge le moral des hommes (touchante scène de prière du capitaine qui espère pouvoir faire les bons choix pendant la bataille, puis qui décide de désobéir aux ordres pour épargner ses soldats). Long (2h47), le film se permet régulièrement de faire des pauses entre les différentes manœuvres militaires, essentiellement pour laisser aux hommes le temps d’exprimer ce qu’ils ressentent et de s’interroger sur leur parcours. Toujours avec une pudeur et une déférence qui font plaisir (aucun plan dénudé pour la romance entre un dégradé et sa femme), le classicisme de la mise en scène flattant l’œil et nous guidant dans la douceur vers les réflexions qu’il tente de mettre en place. Rarement un film aura été aussi doux avec son audience (à l’exception des combats qui distillent une peur certaine, tout est posé), preuve de sa volonté d’imposer un style réflexif, poétique. D’autant plus subtil que si le côté catho ressort par moments (on sent qu’il y a quelque chose derrière la Nature, les hommes prient parfois en voix off…), il sert surtout à planter les angoisses ou les interrogations des recrues qui avancent dans la jungle. Tourné dans des décors naturels superbes et plantant des personnalités charismatiques, La ligne Rouge se révèle être un OFNI du film de guerre, dont on sent immédiatement l’importance dans le monde du septième art (rare sont les films à avoir atteint cette profondeur). Tout simplement indispensable.

 

5.5/6

 

1998
de Terrence Malick
avec Sean Penn, Jim Caviezel

 

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Par voracinephile - Publié dans : Guerre (Army needs you !)
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Samedi 29 septembre 2012 6 29 /09 /Sep /2012 18:07

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La résistance française est un sujet qui a inspiré pas mal de cinéaste, intéressés par l'angle qu'ils pourraient choisir pour illustrer l'héroïsme. Melville a contribué à cette catégorie du film de guerre avec L'armée des Ombres, retraçant le parcours d'un résistant : Luc Gerbier.

L'histoire : 1942, Philippe Gerbier est un résistant arrêté par la police française et en attente de transfert à l'antenne locale de la Gestapo. Au cours de ce dernier, il parvient à s'évader, règle la liquidation de son mouchard et se relance dans la création d'un réseau de résistance.

 

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L'armée des ombres est un film sans victoire, sombre, à la photographie grise. Toutes les couleurs éclatantes semblent avoir quitté la pellicule alors que les nazis paradent sur les champs Elysées. C'est dans ce contexte que Philippe Gerbier (Lino Ventura) tente de résister. Et la résistance n'est pas aisée. Le film se détache immédiatement de toute visée patriotique avec le meurtre glacial de la "balance" de Philippe, étranglé dans une maison délabrée. L'humanité ressort (c'est leur premier meurtre, leur inexpérience rend le moment encore plus grave), mais la besogne est faite. Nos personnages se dispersent alors pour continuer à oeuvrer pour la grande cause. On suivra donc les parcours de plusieurs résistants, qui permettront de développer plusieurs moments de suspense (les contrôles multiples par exemple) et la mission d'évacuation d'anglais accompagnés de Luc Jardie, une figure de la résistance. Vu l'issue de cette mission, on peut que c'est un des rares moments de réussite de nos résistants, appuyés par la population locale, qui coordonnent une évacuation en sous marin dans les calanques près de Marseille. Mais alors que Philippe Gerbier est parvenu à Londres et goûte à une vie meilleure, un membre de son réseau tombe à Lyon. Voulant assurer une opération d'évacuation, Philippe réclame un parachutage et parvient à retrouver d'anciens contacts pour préparer un plan d'évasion. C'est à partir de là que le film devient très pessimiste, et s'attache à décrire la forte pression qui pèse sur les résistants. Nous aurons par exemple le cas de Jean François, qui se livrera à la gestapo pour prévenir leur camarade de l'imminence d'un plan d'évasion... qui échouera en dernière minute pour raisons médicales (il est impossible de déplacer le suspect, agonisant). Un dénouement très cruel avec nos personnages, surtout avec Mathilde (Simone Signoret), véritable incarnation de volonté humaine au service de la résistance. Puis Philippe est repris bêtement, au cours d'une rafle surprise. Et alors qu'il sent la fin venir, le film multiplie les plans de silence, filmant d'autres condamnés anonymes, dont nous ne sauront rien, si ce n'est qu'ils vont mourir. Les dernières réflexions de Philippe avant que les nazis ne fassent feu sont d'ailleurs d'une remarquable profondeur, recherchant à rester fort, jusqu'à l'ultime seconde où tout se dissipe et où la peur prime. Mais l'ultime péripétie sera de loin la plus cruelle, car se centrant sur l'exécution de Mathilde, ayant parlé devant les menaces faites à sa fille. Un épisode ô combien cruel, qui laisse un goût amer devant une personne héroïque qui ne mérite clairement pas son sort. Le film enfonce le clou avec un épilogue gris, nous rapportant que tous les personnages du film furent pris et exécutés  dans les mois qui suivirent. Ce refus de conclure sur une note d'espoir, de cerner toute la souffrance qu'ont pu endurer les résistants, rend leur combat d'autant plus poignant qu'il s'écarte complètement de toute ambition divertissante (pas d'action, pas d'humour), confrontant des hommes à une forces qui les fait progressivement disparaître (les fameuses ombres du titre), sans qu'ils puissent s'autoriser la moindre faiblesse. Une vision très sobre et réaliste de la résistance, qui se révèle aussi puissante que subtile (aucun patriotisme hexagonal n'est affiché).

 

6/6

 

1969
de Jean-Pierre Melville
avec Lino Ventura, Simone Signoret

 

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Par voracinephile - Publié dans : Guerre (Army needs you !)
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Mercredi 26 septembre 2012 3 26 /09 /Sep /2012 09:12

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Avec K 19, on touche à un film de guerre très intéressant puisqu’il ne donne pas dans les combats ou les affrontements directs entre sous marins comme avait pu le faire A la poursuite d’Octobre rouge. On est dans une lutte entre l’homme et la machine, dans un dilemme constant et atroce, dont les enjeux dépassent clairement tous les hommes que nous serons amené à côtoyer. Aussi, vu la quantité de talents qui sont rassemblés, n’est-il pas bizarre de penser que nous tenons là un des meilleurs films de guerre des années 2000.

L’histoire : En 1961, le K 19 est le nouveau né de la flotte sous marine soviétique. Un instrument de dissuasion nucléaire de premier plan. Afin d’user le plus rapidement possible de son pouvoir dissuasif, le Kremlin décide de le mettre en mer en ignorant les multiples avaries dont souffre le vaisseau encore en construction.

 

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On tient ici un excellent travail travail d’équipe. Si aucun acteur n’y trouve ici son meilleur rôle (même si Peter Sarsgaard  trouve ici une de ses meilleures performances), on tient là un film qui a très bien saisi tous les enjeux de la guerre froide, et qui a l’intelligence de se focaliser sur un fait historique russe et de nous changer de la vision américaine traditionnelle. Ici, il s’agit de faire figure d’instrument de frappe nucléaire de premier plan. Tout en cernant les problèmes de gestion d’équipage (on pointe un manque d’expérience ou d’écoute chez certains membres d’équipage) et les prédispositions de la crise avenir (les fréquentes avaries). La première moitié du film se concentre sur la mise à l’eau du sous marin (le patriotisme russe est servi sans complaisance, il fait clairement office de contexte) et son premier exercice, mené à toute allure par un Harrison Ford à l’exigence insatiable (il pousse littéralement l’équipage à bout en lançant sans arrêt des exercices). En tant que chef des hommes, Liam Neeson est clairement celui qui a le plus de charisme, nuançant les paroles du capitaine et appelant l’équipage à obéir. Il est l’incarnation même du sens du devoir dans l’armée, parvenant à canaliser l’énergie de ses hommes et les décisions du capitaine (même si parfois il frôle l’insubordination, dommage de ces excès aient tendance à apparaître car rompant avec les rapports habituels). Ainsi, pendant la crise le passage où il rappelle au capitaine son devoir avec l’équipage n’entre pas en contradiction comme on pouvait le croire avec la condamnation de la mutinerie contre le capitaine. Il y a toujours un respect pour la hiérarchie même si il faut gueuler plus fort pour se faire entendre. Cette intégrité, très militaire et cohérente (elle évite le mouvement de panique inhérent à ce genre d’évènement) s’écarte beaucoup des portraits négatifs de l’armée, et tend à rejoindre la voie du devoir pour laquelle on sent ici un certain respect. La situation est pour ainsi dire catastrophique au milieu du film. En touchant à une hantise héritée d’Hiroshima et plus récemment de Fukushima, le film met immédiatement une pression extrême sur les épaules de nos personnages. D’un côté un équipage inquiet et en danger, de l’autre la possibilité d’un accident nucléaire pouvant passer pour une déclaration de guerre. Dans ce contexte, où seul les officiers possèdent les bonnes informations et mentent à l’équipage pour les préserver de la panique (les mensonges sont cruels avec les irradiés), c’est Vadim Radtchenko (Peter Sarsgaard) qui devient le personnage le plus intéressant. Il joue ici le rôle de l’ingénieur responsable du réacteur nucléaire, le seul qui soit en mesure de donner des informations sur la gravité de la situation. C’est aussi celui chez qui va naître un sens du devoir incroyable. Il est le seul qui soit au courant des risques concernant les radiations. Aussi, qui pourrait le blâmer quand il constate l’étendue des dégâts sur les membres d’équipage envoyés pour réparer le réacteur et qu’il se retrouve paralysé par la peur ? Et pendant toute la suite du film, passant du temps auprès des irradiés et méditant sur sa peur, il prépare son sacrifice. L’échange d’une croix pendant cette transformation pourrait passer pour un anachronisme (les religions étant mal vues par le Parti), mais la religion catho étant celle qui prône le plus fortement le sacrifice, on y voit un catalyseur moral finalement adapté et parfaitement efficace. Ainsi, c’est un sacrifice complet, en connaissance de cause et sans espoir de gloire (mis à part l’équipage, l’affaire étant étouffée, l’ingénieur mourra dans la souffrance et dans l’anonymat), marque d’un courage poignant et rare pour qui le film témoigne d’un profond respect (la douleur et les séquelles de l’acte semblent tout simplement insupportables). Soignant parfaitement sa reconstitution d’époque, jouant très bien sur le climat d’une vie d’équipage et sur la peur viscérale des radiations, K 19 est un hymne engagé sur le devoir, qui formule d'un côté un jugement sec du Parti communiste (le commandement fait la sourde oreille sur d’évidents problèmes techniques, il nomme des débutants à des postes clefs…), et de l'autre respecte ses hommes et leur rend hommage avec un profond respect. Un petit chef d’œuvre en somme.

 

5/6

 

2002
de Kathryn Bigelow
avec Harrison Ford, Liam Neeson

 

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Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 12:16

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Requiem pour un massacre est un film russe sur la seconde guerre mondiale, ou plutôt sur les premières incursions allemandes en Russie, le tout vécu par un enfant ayant à peine la douzaine, recruté de force par l’armée russe et qui part à la guerre le cœur vaillant, sans vraiment s’attendre à ce qu’on sait inévitable. La qualité du film tient surtout en sa mise en scène incroyable, parvenant à créer une atmosphère hallucinante (portée par une musique particulièrement réussie), qui parvient à être une illustration particulièrement forte de la « déshumanisation » provoquée par la guerre.

L’histoire : Un jeune russe est enrôlé d’office dans l’armée rouge, avant d’être affecté à l’entretien du camp de repli des troupes, malgré son désir de partir au combat. Sa position est alors pilonnée par l’artillerie allemande, notre jeune paysan décide de retourner voir sa famille, non loin de leur position.

 

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Requiem pour un massacre impressionne beaucoup pour son approche frontale de la guerre, approche rendue particulièrement immersive par l’utilisation d’une musique complétant parfaitement l’ambiance des faits relatés, et par l’approche très réaliste des faits qui nous sont exposés. Requiem pour un massacre est un film qui se ressent, osant parfois donner dans l’expérimental (la séquence où notre protagoniste tire sur une photo d’Hitler, pendant que quantité de films d’époques passent à l’envers, reconstruisant les ruines provoquées par l’extension du IIIème Reich). Du début du film (commençant sur une tranchée héritée de la première guerre mondiale) jusqu’à la fin, on partage le quotidien de notre enfant-protagoniste, approche qui nous propulse directement à ses côtés. Du bain dans une bassine posée sur le feu à la photo de troupe, tout transpire le vécu. Et le film n’en fait jamais trop, il se contente d’illustrer des faits, banals pendant la seconde guerre mondiale (Oradour sur glane, mémorial national où le temps s’est arrêté), mais éprouvants quand leur souvenir est évoqué, et davantage quand ils sont mis en scène. Si le film n’insiste jamais sur le sanglant de la guerre, les simples plans où il montre la violence des évènements (un simple regard jeté par-dessus une épaule pour entrevoir un village entier fusillé derrière une ferme) suffisent à choquer le spectateur, qui se retrouve en plein enfer, sans toutefois la folie furieuse qui imprégnait Apocalyspe now. Il ne reste que la population, tétanisée, témoin malgré elle de la folie du conflit et de la barbarie nazie, victime déboussolée par la tournure que prend ce conflit. En témoigne la scène au milieu des tourbières, où la population survit en mangeant des racines, en état de choc, pendant que les mourants agonisent. Si le film souffre parfois d’un petit temps mort ou deux (je pense à la mission de recherche de nourriture, qui s’éternise un peu avant que nos soldats trouvent enfin une vache), le film va sans arrêt de l’avant, menant son protagoniste (et la fille qui finit par l’accompagner) dans diverses situations, depuis ce mitraillage de la plaine (où nos soldats rampent littéralement sous les feux de l’ennemi) jusqu’à cette scène traumatisante d’un nouveau village massacré, nos personnages faisant ici partie de la population rassemblée dans les granges. Scène d’autant plus traumatisante que nos protagonistes s’en sortent non pas en survivant à l’horreur, mais parce que les nazis les épargnent, l’une pour satisfaire les soldats d’un camion (aucune scène ne l’illustre, il suffit de voir l’état dans lequel elle revient au camp), et l’autre pour être humilié et servir de témoin du massacre des races inférieures. La dessus arrivera la conclusion, magnifiquement mise en scène, où des renforts de l’armées rouge parviennent à faire prisonnier plusieurs des membres des forces nazies organisant les bûchers publiques, et où nous assistons à un résumé du tribunal de Nuremberg, où les officiers ne cessent de se renvoyer la responsabilité des massacres et que les hauts gradés demandent la clémence pour leur âge et parce qu’ils n’ont jamais tué personne. Une scène sidérante, qui devient horriblement pathétique quand les russes proposent aux nazis de s’entretuer en promettant de laisser les survivants partir, et que ces derniers n’hésitent alors pas un instant à asperger d’essence leurs frères d’armes. Arrive alors la scène expérimentale du film, vrai point d’orgue qui parvient à évacuer la violence accumulée pendant le film en mettant en scène la recul du nazisme et la reconstructions des pays européens si Hitler avait été supprimée. Un film puissant, qui doit énormément à son acteur principal, un jeune ado dont la transformation physique est particulièrement frappante pendant le film. Probablement le meilleur jamais réalisé sur la seconde guerre mondiale, jamais tenté par l’action et toujours focalisé sur le parcours de ses personnages. Traumatisant.

 

6/6

 

1984
de Elem Klimov
avec Alexei Kravtchenko, Olga Mironova

 

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Par voracinephile - Publié dans : Guerre (Army needs you !)
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  • Je suis étudiant en Chimie, j'ai 23 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (plus marginal que grand public). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

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