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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 06:53

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A l’heure où Le Discours d’un roi remporte tous les éloges avec une assurance qui frôle la prétention (ce qui ne l’empêche pas d’avoir une bonne copie, talent et prétention n’étant pas incompatibles), sort en toute discrétion dans les bacs une comédie dramatique allemande, qui est elle aussi du même tonneau : mon Führer. Un potentiel énorme… gâché par un manque de couilles flagrant, finissant au final par ressembler au biopic précédemment cité, mais en moins bien.

L’histoire : 1945, Adolf Hitler est démoralisé par la débandade de ses troupes et les bombardements de Berlin. Pour lui redonner le moral, son chef de propagande, Josef Goebbels, choisit un acteur juif dans un camp de concentration et le charge de donner des cours de jeu au Furher afin de lui faire tenir un discours de victoire dans les 5 prochains jours.

 

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Avouez qu’une telle histoire est vraiment stimulante. Un juif donnant des cours à tonton Dodolf en personne ! C’est l’unique raison pour laquelle j’ai préféré ce dvd à beaucoup d’autres, le potentiel comique d’une telle association étant vraiment détonnant. En effet, le registre humoristique d’un tel projet est phénoménal, pouvant déboucher sur une multitude de situations comiques de bon comme de mauvais goût, le tout avec une finesse de jeu monumentale. En gros, on pourrait refaire Le discours d’un roi, mais en se prenant moins au sérieux et en laissant tomber l’humour retenu n’allant jamais plus loin que la boutade sympathique. On imagine dès lors ce qu’une telle idée aurait pu devenir entre les mains d’un Mel Brooks ou d’un réalisateur anglais de renom… Et malheureusement, c’est le film qu’on ne verra jamais. Pourquoi ? Parce que le film fait la connerie monstrueuse de croire en son histoire. Il fait la bourde impardonnable de vouloir tout justifier, de donner des raisons et d’inscrire au maximum son film dans un contexte historique. Mais non, un tel projet ne doit pas tenter ça ! Le script est suffisamment improbable comme ça ! Du coup, niveau humour, c’est encore pire que Le discours d’un roi, le film n’essayant jamais de faire rire sur les sujets qu’on attendait, ou plutôt, il n’a pas les couilles d’y aller à fond et de nous faire rire à s’en pisser dessus. Tout est poli, lisse, subtilement écrit, c’est chiant à mourir, et en plus c’est peu drôle. Le dictateur ? La vie est belle ? Mes fesses ! Le film n’arrive jamais à la cheville de l’un d’entre eux, tant la mise en scène se révèle capricieuse et chiadée. Certes, il y a quelques idées qui finissent par faire rire (le salut hitlérien, chiant au départ, finit par payer avec son comique de répétition, et Blandine faisant elle aussi le salut, on peut clairement sourire), mais c’est tellement décevant sur sa globalité, que le film se révèle vraiment mineur pour un projet qui aurait clairement pu être le rival allemand de OSS 117. Du coup, c’est pas aujourd’hui qu’on va se marrer un bon coup sur la solution finale, et si il y a de l’humour juif dans ce film, ça veut dire qu’on ne rit même pas de choses pas drôle. Le concept est énorme, mais le film est raté. Frustrant.

 

1/6

 

de Dani Levy
avec Helge Schneider, Ulrich Mühe

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 06:49

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De la série B, en veux-tu, en voilà ! Et aujourd’hui, les bébêtes, c’est des vaches. Quoi, comment ça des vaches ? Genre Black Sheep ? Ca va être drôle ? Ben pas du tout en fait… C’est de la série B tout ce qu’il y a de plus sérieux, avec des vaches mutantes. Le pire, c’est que ça devient efficace à partir du tiers du film, et qu’une crainte insidieuse commence à s’emparer de nous. Calmons nous quand même, le projet n’est pas exempt de défauts.

L’histoire : Pour résoudre ses problèmes financiers, un fermier laisse des scientifiques faire des tests sur ses vaches. Mais peu à peu, différentes anomalies apparaissent dans leur descendance.

 


Isolation est un premier film. Le réalisateur est donc novice, et il ne sort pas d’une fac de ciné, mais d’une ferme. Il connaît donc son sujet, et l’exploite assez finement pour produire une série B largement fréquentable, avec des monstres crédibles, dont le seul défaut est de ne pas être assez présents à l’écran. En effet, à part des plans assez courts, on a jamais de vue vraiment claire des créatures en question, ce qui est un peu dommage vu que c’est l’’attraction principale du film. Mais le résultat est loin d’être déplaisant quand on regarde les autres points forts du film : un casting totalement adulte (exit les jeunes branleurs) incluant notamment l’excellent Sean Harris (si vous le voyez, dites lui de ma part que c’est une star, vous serez surpris) crédible en fuyard au grand cœur. L’ambiance du film est elle aussi efficace, d’abord dans l’exposition du quotidien agricole (l’accouchement de la vache est impressionnant) puis dans l’ambiance « contagieuse » du film, qui tourne peu à peu au trip parano à la the thing, la moindre morsure des bestioles pouvant infecter l’être humain et contaminer sa descendance en devenir. Dans ce film, l’ennemi, c’est des fœtus de vaches précoces devenus carnivores des suites d’une expérimentation génétique de croissance accélérée des veaux pendant la gestation. C’est donc le gros bordel à l’échelle de la ferme, le nombre d’embryons encore vivants étant inconnus (ces saloperies forent des trous dans les corps chauds pour fuir le climat froid et terminer leur croissance) et leur croissance étant diablement rapide. Parallèlement à cela, le scientifique pète les plombs et essaye de tuer tous les êtres vivants de la ferme pour assurer la quarantaine de la maison (il risque plus que sa réputation). Bref, on a un petit film sympathique, dont les enjeux grandissent avec les bestioles mises en scène, la fin attendue pouvant quand même se révéler intéressante en cas de suite. Une bonne ambiance et des acteurs convaincus, c’est la petite recette qui fait des merveilles quand on sait ce que l’on a à dire. Sympathique et d’un sérieux imperturbable.

 

4/6

 

de Billy O'Brien
avec John Lynch, Essie Davis

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 06:44

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Terry Gilliam est un grand rêveur, et ça se ressent particulièrement dans son cinéma. En plus d’avoir un univers vraiment personnel, il a tâté de tous les genres, du film historique (ou presque) au thriller de SF jusqu’à l’OCNI visuellement riche. Le tout avec des hauts (Brazil) et des bas (Las Vegas Parano). Il a aussi fricoté avec l’aventure grand public, en étalant sur plus de deux heures un univers tellement fascinant qu’aujourd’hui encore, il occupe la première place dans mon classement des films d’aventures. Oui, c’est énormément subjectif, mais avouez que c’est rare d’avoir un film aussi rêveur, aussi riche et aussi original que Les aventures du Baron de Munchausen. Véritable ode au rêve comme Terry a le goût d’en faire, le film ne se refuse rien et va jusqu’au bout du monde connu, en disant merde à toute vraisemblance. Bienvenu dans le rêve éveillé le plus chargé que j’ai pu voir, et probablement le plus généreux de Terry Gilliam.

L’histoire : Dans une ville fortifiée assiégée par les armées turques, une troupe de théâtre joue à la populace Les aventures du baron de Munchausen. Soudain, la représentation est interrompue par un individu qui dit être le baron, et qui prendra vite la décision de sauver la ville afin de rétablir sa réputation.

 

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Que serait un bon Terry Gilliam sans échec commercial. Avec un beau budget et un casting mirobolant, Les aventures du baron de Munchausen est un ratage complet, un four multinational. Pourquoi un tel échec ? Tout simplement, je crois, parce que ce film est avant tout un film ultra kitch, qui prend toutes les libertés qu’il désire, ce qui a de quoi déboussoler le public. On est loin des tribulations d’Indiana Jones. On a ici des personnages qui font des gags, et des héros qui ont de la classe à l’ancienne. C’est presque un OCNI quand on regarde son univers dans le détail. La lune, d’abord ronde, devient un croissant dont nos héros atteignent le bout avant d’y attacher une corde pour redescendre sur Terre. Il faut accepter ça. Franchir ce cap pour être réceptif à toute la poésie et aux envies de cinéma de Terry Gilliam. Et une fois qu’on y parvient, c’est la satisfaction totale. Réceptif, le spectateur découvre émerveillé un monde comme il ne l’a jamais vu. D’un manichéisme calculé (Jonathan Price en gouverneur de société, faisant exécuter les héros de guerre qui démoraliseraient les simples soldats obéissant aux ordres), son univers kitch se pare d’un charme certain, faisant vivre d’abord un théâtre dont les murs sont en ruine (l’illusion de l’espoir) avant de nous faire carrément vivre les péripéties illustrées par la piécette jouée les 15 premières minutes. Chez le sultan en Orient, la mise en scène toujours kitchissime crée un cadre exotique comme on n’en a plus vu depuis le cinéma des années 60, qui en profite d’ailleurs pour se parer d’un mauvais goût très amusant dans sa représentation naïve du Sultan cruel qui joue d’un orgue torturant plusieurs prisonniers situés de l’autre côté. Bref, c’est la bande de vieux compagnons avec chacun leur pouvoir, et dont chacun joue un rôle au cours d’une bataille. Si le dénouement de cet épisode est super cliché et peut même faire bailler, c’est le fait de faire vieillir ses héros qui rend le film très intéressant. La vieillesse est d’ailleurs l’ennemie des héros dans ce film. C’est elle qui émaille leur réputation, amoindrit leurs réflexes (et leurs aptitudes) et les rapproche de la mort. La Mort qui accompagnera le baron tout au long de son aventure, funeste compagne qui réclamera son dû régulièrement et que la petite fille (Sarah Polley, mignonne petite blonde) ne pourra tenir à l’écart bien longtemps. Au cours de leur longue aventure dans cet univers si remarquable, ils rencontreront divers personnages atypiques, mélanges de mythologies et de contes fantastiques, qui apporteront chacun un éclairage sur une thématique saugrenue. Le roi de la lune représente le corps comme la somme de l’esprit et de la chair. Sa tête se sépare de temps à autres, désirant se destiner à la méditation, et se sauvant devant le corps, qui est préoccupé par la nourriture et le sexe. On croisera aussi Mars au fin fond d’un volcan, engrangeant les armes qui détruiront le monde (en y foutant sans la moindre gêne des missiles inter continentaux). Pendant cette séquence, on atteindra le point culminant du kitch avec l’arrivée de Vénus, tentant de reproduire le tableau de sa naissance avec des petits angelots qui volent autour. Malgré le kitch qui peut agacer, on sent le grand moment de cinéma avec le Baron dansant en apesanteur avec Vénus d’abord dans la salle de bal, puis se perdant dans les nuages. Naïf, mais si sincère… Mais on ne se laissera pas attendrir bien longtemps, et les aventures reprendront de plus belles, avec un remake de Pinnochio impressionnant, et une bataille finale jubilatoire pour les coups d’éclats de chacun des protagonistes. De l’aventure inoffensive, mais indubitablement généreuse et bien fournie, qui livre des messages un peu décalés par ci par là. Les aventures du baron de Munchausen est un conte, un conte pour grand enfant, pour ceux qui aiment les valeurs qui autrefois étaient sûres, avec une montagne de kitch et un vrai goût pour raconter des histoires. La rêverie, elle est tellement rare de nos jours. Le dernier film de Gilliam déclenchant des opinions très diverses (j’aime, et mes connaissances n’aiment pas), on se rend compte combien les folies visuelles sont rares de nos jours. Pour les amateurs old school de ma trempe, ce film est un petit brin de folie qui met du baume au cœur. A noter que l’excellente bande dessinée De cape et de Crocs reprend en bonne partie cet univers en l’enrichissant de personnages hautement sympathiques. Indispensable…

 

6/6 (note surement exagérée, mais le charme opère toujours)

 

de Terry Gilliam
avec John Neville, Jonathan Pryce

 

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J'aurais voulu être un artiiiiiiiiiiste....

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 14:32

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Sam Raimi s’est fait connaître d’une manière assez inattendue et assez enviée par nombre de petits réalisateurs, en balançant à la face du monde une trilogie horrorifique dont le premier volet a clairement choqué le monde entier. Rarement un film d’horreur s’était permi de tels débordements, et dans un style aussi agressif, autant thématiquement que visuellement. Après ce premier essai concluant (financé par un moyen métrage contenant déjà tous les ingrédients du film), on délaisse le système D (à peine 30 000 dollars de budget) pour passer à la série B plus conséquente, et là encore Raimi surprendra son public en partant, comme le fera Massacre à la tronçonneuse 2, dans un humour cartoonesque bien plus bon enfant que son collègue texan. L’accueil est mitigé, mais les années passant, il est devenu l’opus le plus populaire de la saga, loin devant le premier et très loin devant le troisième opus. Ce dernier est en effet un peu en marge de la série, délaisse complètement le côté horrorifique pour explorer un aspect jeu de rôle qui plaira beaucoup aux fans de Naheulbeuk et consorts, mais qui se révèle bien plus inoffensif que ses frères. Ce n’est guère plus qu’un petit Trublion qui s’amuse avec ses personnages et qui se permet des excès énormes par pur plaisir jouissif. Hélas, un budget relativement modeste gâche un peu les effets spéciaux, bien trop nombreux et ambitieux pour le spectacle proposé. Ouvrons le Nécronomicon écrit par Halazred, et rendons nous compte que les Démons annoncés par Nostradamus dans Demoni s’étaient déjà insérés dans un petit chalet à la frontière du Tenessi.

 

http://www.mondesetranges.fr/IMG/jpg/Evil_dead_1_4-2.jpg


Evil dead : Incroyable, ce film. C’est un condense des pires clichés du film d’horreur à base d’étudiants, et il n’a absolument pas vieilli, parvenant à faire stresser malgré la modestie des moyens mis en jeu. D’abord minimaliste dans ses effets (des bruits dans la maison, une balançoire qui s’arrête de bouger, une trappe qui s’ouvre dans un courant d’air…), le film installe une ambiance particulièrement oppressante, le stress consistant surtout dans notre totale incertitude quant au commencement de l’histoire. On est vaguement au courant de démons, mais on ignore totalement comment l’action va s’amorcer. On stresse alors dans une cave assez mal éclairée, avant de découvrir la bande magnétique et le livre en question. L’ambiance, d’abord bien plus détendue, se tend radicalement lorsque la bande reprend après sa première interruption, libérant les démons des entrailles infernales de la terre. Et là, c’est parti. Tout, absolument tout devient effrayant. Les démons, symbolisés par des caméra subjectives, rôdent autour de la maison, défoncent des arbres pour retrouver leur victime, attendent le bon moment. La nature qui entoure nos étudiants devient d’une hostilité rare, entravant, violant, faisant tout pour retenir un maximum les âmes innocentes pour permettre aux Démons de les posséder. Dès qu’on se rend compte de l’ampleur de la situation, on comprend qu’ils n’ont aucune chance. Leur seule option consiste à rester ensemble dans le chalet et à n’en point bouger. Un huis clos. Un cliché monumental, dont l’ambiance, plus de trente ans plus tard, n’a rien perdu de son efficacité, en créant au passage un véritable traumatisme lors de la découverte du premier possédé, aux voix gutturales et aux visages se putréfiant à vitesse grand V, qui font preuve de violence extrême et d’une impulsivité imprévisible. La grande majorité du film se passe donc dans un stress total, omniprésent, et culminant lors de plusieurs sommets où les démons font preuve d’un certain savoir faire en termes de surprise tétanisante. Le film va encore plus loin, en n’hésitant pas à mélanger à son histoire extrêmement flippante de pures scènes gores (le démembrement à la hache, l’enterrement de Linda…) qui viennent donner à ce film déjà ultra tendu une ambiance gore poisseuse, qui gagne donc sur tous les tableaux. Enjeu : survie des personnages. Efficacité : au-delà de tout espoir. Le plan séquence maintenant célèbre de Ash en proie à une angoisse sans borne carabine en main et entouré de démons reste un des moments les plus efficaces en matière de stress dans le cinéma horrorifique, une chose qui n’échappera pas au réalisateur d’Amityville 2. Un film sans temps mort jusqu’à son dénouement, parfaitement logique et d’une sobriété qui n’a d’égale que son efficacité. Direct dans le Top 5 des eighties.

 

6/6

 

de Sam Raimi
avec Bruce Campbell, Ellen Sandweiss

 

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Evil dead 2 : On commence à tâter des problèmes juridiques dans laquelle la saga s’est enlisée, chaque nouvel opus ayant été tourné avec une maison de production différente. En effet, si les droits du nom ont pu être acquittés, reprendre les plans du précédent épisode aurait coûté trop cher. Ainsi s’initie le phénomène unique dans l’histoire des trilogies : chacune est un remake du précédent, qu’il réarrange à sa sauce. Ici on commence en évinçant tous les personnages secondaires du premier, il ne reste plus que Linda et Ash. Puis viendra la fille du chercheur étudiant le Nécronomicon, avec de nouvelles pages du livre. Alors qu’on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, Raimi se permet une chose incroyable : foutre de la comédie en plein milieu des scènes de gore, et qui plus est sans gâcher les effets horrorifiques et le suspense de l’histoire. C’est vraiment là que réside le tour de force du film. Il continue à nous terroriser avec des démons dont les apparitions font toujours leur petit effet (« La tronçonneuse… Où est-elle ? »), mais dont les excès gores, délaissant rapidement le rouge pour passer au noir, au vert, au bleu, se révèlent être de nouveaux procédés destinés à faire rire le publique. Grâce à des procédés cartoonesques, Raimi garde l’impact de son premier film, en l’aérant plaisamment de séquences humoristiques qui font vraiment rire. Difficile de garder son sérieux devant un Ash se faisant mordre la main par la tête de sa fiancée qu’il cogne sur tous les meubles, avant de le voir se casser des piles d’assiettes sur la tête avec sa main possédé, qu’il se met à poursuivre une fois coupée. De véritables éléments cultes qui contribueront à renforcer le capital sympathie du film, qui se rapproche bien plus de son public que le premier épisode. La représentation de la folie de Raimi, une scène où Ash rit maladivement au milieu de toute une pièce qui rit avec lui, est d’ailleurs une très belle illustration de ce concept d’homme dépassé par les évènements qui ne trouve plus que le rire pour faire face à la situation (le dénouement de In the mouth of madness). Ayons d’ailleurs tous une pensée pour Bruce Campbell, qui a vécu un véritable martyr pendant le tournage, Sam Raimi prenant un malin plaisir à tester les limites physiques de ses acteurs. Sa vanne balancée dans My name is Bruce (« Tu connais pas la peur toi. Tu n’as jamais bossé avec Sam Raimi ! ») prend ici tout son sens, la performance physique de l’acteur étant réellement palpable à l’écran. Pensons aussi à Ted Raimi, qui joue le démon Aurietta, particulièrement récurrent dans le film (« Jevaisprendretonâmejevaisprendretonâme…. »), et qui a joué pendant des heures dans une pièce à 45°C en portant un costume étouffant et épais (il fera d’ailleurs un malaise en plein tournage, ce qui déclenchera la colère de son frère pendant un certain temps). Ici, le film explore à fond son potentiel fantastique, n’hésitant pas à faire attaquer le chalet en dernier acte par les arbres environnants, et à ouvrir un passage dimensionnel dans lequel sera lui aussi malheureusement expédié. Un final vraiment surprenant totalement inattendu et jubilatoire, présageant un troisième opus épique et passionnant, tant le potentiel du projet prend maintenant des dimensions inimaginables (on débarque carrément dans de l’héroïc fantasy). Incontestablement, cet opus est le meilleur de la saga. Parvenant à réussir à ressusciter avec talent les démons du premier film en apportant une toute nouvelle dimension au film, en gardant en apparence le meilleur pour la fin. Groovy !

 

6/6

 

de Sam Raimi
avec Bruce Campbell, Sarah Berry

 

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Army of Darkness : Là, Sam déçoit un peu. Et pourquoi ? Parce qu’il aseptise l’excellent mélange qu’il avait réussi à créer dans son troisième épisode : à savoir de l’horreur efficace mâtinée de gore qui tâche, et comédie mâtinée de gore qui salit. Et dans ce nouvel opus… Ben y a plus de gore ni d’horreur. Plus rien que de la comédie et un peu d’aventure. Un sacrifié aux démons qui meurt dans un geyser de sang de plusieurs mètres, c’est clairement de la comédie volontaire. Bref, après un court remake du 2, particulièrement aseptisé (pas la moindre éclaboussure là où on pourrait faire une thèse sur la gestion des fluides chez Raimi), on retrouve notre héros pieds et poings liés par des chevaliers. Sympa, on va suivre l’émergence d’un héros. Le souci, c’est que le film n’a pas le budget de ses ambitions. Si seulement quelques plans craignaient dans le 2, il y en a ici des dizaines, à commencer par ce château affreusement incrusté, et puant le carton plâtre pour les décors intérieurs. Au moins, reconnaissons au film qu’il est bancal, et que par moments c’est très plaisant. On rit à l’idée que des personnes craignent des démons et en gardent dans leur sous sol pour s’amuser avec les prisonniers. Mais l’occasion de voir un combat épique, tronçonneuse au poing, Ash is back, et il a maintenant l’étoffe d’un combattant (ce qu’il n’était pas dans le premier, et qu’il devenait au cours d’une scène purement bricolage dans le second). Il arrive et impose sa loi, un moment particulièrement drôle du film, jubilatoire, mais ignorant totalement toute notion de retenue ? Ash a encore du chemin à faire avant de devenir un héros, agissant comme un profiteur tant qu’il possède la force physique. La VF ne mâche d’ailleurs pas ses mots, traitant avec familiarité tous les personnages du film, sortant de l’argot dans presque toutes les répliques de Ash. Cette absence de distance, de mesure, nuit un peu au projet, qui n’a alors plus rien de sérieux et qui prend peu à peu des allures de trip à la Naheulbeuk, en sortant des vannes qui sortent d’un tonneau peu éloigné de cette saga mp3 à la française. Un humour plutôt simple donc (le choix des trois bouquins), et jamais vraiment mâture.  On notera cependant l’apparition d’une thématique chère à Raimi : le pire ennemi du héros, c’est lui-même. Une thématique qu’il abordera légèrement dans Darkman, et plus largement dans Spiderman 3). On a donc la naissance d’un double maléfique au cours d’une séquence siamoise plutôt amusante car improbable, qui refuse toujours de montrer un peu de gore (même les têtes coupées sont aseptisées). Si le jubilatoire ne rachète pas tout, le film se montre quand mêmme très généreux en matière d’ingrédients sympathiques. Pas moins de 2 séquences bricolages hautement jouissives (la refabrication d’une main, très improbable, et la préparation au siège du château). On aura droit à une armée des morts bien fournie, même si on devine un nombre de figurant limité (on en recroisera plusieurs au cours de la grande scène de combat). Les squelettes sont d’ailleurs personnifiés d’une manière peu subtile, la VF leur octroyant des voies aigues qui recherchent constamment les jeux de mots ou expressions rigolotes. Au final, le manque de sérieux du projet nuit un peu au spectacle malgré des chorégraphies très ludiques dans la bataille du château. Malgré un épilogue parfaitement dans le ton et efficace (mort de rire et gentiment iconique, Ash mitraillant en passant devant le drapeau américain), on ressort du projet amusé, mais pas vraiment convaincant, le film ne tentant jamais de faire de l’héroïc fantasy sérieuse, un genre d’autant plus respectable qu’il est rare d’en croiser avec une bonne trempe (à part Conan, un titre vous vient à l’esprit ?). Un film amusant, mais qui est loin d’être la conclusion qu’on attendait après le second.

 

4.5/6

 

de Sam Raimi
avec Bruce Campbell, Embeth Davidtz

 

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 06:46

May

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/horreur/may,2.jpg

 

Lucky  McKee est un réalisateur intéressant, qui aime s’impliquer dans des projets bancals (The Woods) et les porter jusqu'au terme, qui à se prendre des échecs critiques au final. Mais avec May, il signe un film assez intriguant, porté par des acteurs vraiment doués, et le tout sur le thème de la frustration amoureuse, sans que ça soit chiant. Pour nous autres, romantiques passionnés, c’est une aubaine qu’il était impossible de rater.

L’histoire : May est une jeune fille peu banale, qui souffre d’un strabisme sévère qui l’handicape dans ses contacts avec ses camarades quant elle est jeune et qui ruine ses rencontre amoureuses. Avec une nouvelle lentille, elle parvient à retrouver un regard normal, et se lance alors dans la quête de son amour jamais trouvé.

 

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Ce qui rend May aussi intéressante, c’est qu’elle a dès le départ une personnalité de freak. Elle est rejetée par ses camarades à cause d’un défaut physique qui lui octroie une personnalité non désirée, et se retrouve obligée de transférer ses confidences sur une poupée qui l’accompagnera pendant toute sa vie. May se révèle assez débordante d’idées, ayant pour hobbie la couture et se fabriquant de nouveaux vêtements pratiquement chaque jour dans un style esthétique propre à elle. On s’intéresse d’abord à son quotidien, à ses fantasmes et à sa psychologie amoureuse, pas mal frustrée par sa méconnaissance de l’amour. May, c’est donc la petite amie trash que chaque bisseux de notre espèce a dû rêvé d’avoir un jour ou l’autre. Bizarre à souhait (l’anecdote du chien lors de sa pause déjeuner) et totalement imprévisible (elle comprend la symbolique du film amateur, mais tente de le reproduire dans la réalité), d’abord une personne désirable, elle s’enferme peu à peu dans une sorte de folie, piquant des crises de nerfs devant sa poupée dont les vitres de la boite se fendillent peu à peu. Son basculement dans la folie sera d’ailleurs précipité par un évènement en apparence quelconque : la présentation de sa poupée à une groupe d’enfants aveugles, qui la feront tomber par terre et briseront la cabine, avant de tomber eux aussi et de s’ouvrir sur le verre du sol. May bascule alors dans la folie, venant juste d’être larguée par son premier prétendant, et se replie sur elle-même. Son chat sera le premier à en faire les frais dans un accès de rage, et n’arrivant pas à se résoudre à abandonner un ami, elle le conservera au congélateur. Tentant alors sa chance avec un autre, visiblement plus trash que le prédécesseur, elle se retrouvera à nouveau renvoyée à elle-même, bien trop trash malgré elle, ses nerfs n’arrivant pas à supporter l’échec. La seule solution maintenant pour elle est de se fabriquer un ami à la mesure de ses fantasmes. Comme vous vous en doutez, May repose essentiellement sur son actrice principale, Angela Bettis, qui parvient à retranscrire son personnage d’une manière franchement crédible. Après, le film ne fait pas vraiment l’unanimité, car il s’adresse en premier lieu aux personnes aimant le trash et la folie. Le film prend aussi bien son temps pour poser ses enjeux, établir la psychologie de ses protagonistes, et ne se permet des dérapages qu’à partir de son milieu, et qui ne révèlera son potentiel qu’à la toute fin. Mais cela dit, les caractères qui sont décrits dans May restent intéressants (et d’une finesse qui paye), le public masculin réagissant d’abord de manière intéressé en découvrant May, puis de façon frustrée en découvrant qu’elle brisera tout ce qu’elle essaye de toucher, et qu’elle restera incapable de mener une vie de couple normale. Une sorte d’histoire d’amour impossible, où l’amour finit par être délocalisé sur des objets particulièrement tordus. Un film parfaitement fonctionnel dans ce registre, et d’une originalité surprenante.

 

5/6

 

de Lucky McKee
avec Angela Bettis, Jeremy Sisto

 

Deux manières d'utiliser des ciseaux :


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the good way

 

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the bad way

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 06:41

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Encore un dvd Mad chroniqué sur mon blog ! Et pas un petit, le film se targuant d’être une résurrection de l’esprit seventies de l’horreur. Ti West, également réalisateur de Cabin Fever 2, essaye ici de privilégier l’ambiance à l’effet spécial, et se fend donc d’un film à petit budget convaincant, mais loin d’être parfait. Revenons sur le cas du film qui a été sacré par Mad Movies comme le meilleur film d’horreur de 2009 …

L’histoire : Samantha répond à une annonce de Baby Sitting afin de payer son loyer du mois. Seulement, une fois arrivée sur place, elle se rend compte qu’il n’y a pas d’enfants à garder…

 

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Qu’on soit d’accord : le script de House of the Devil ne contient aucune surprise. C’est une histoire de secte sataniste qui prépare un sacrifice avec une innocente victime. Mais au niveau de l’ambiance, le film est en effet très réussi. D’une part avec son générique, totalement dans le ton des films de l’époque seventies, et de part le grain de son image, qui ne se révèle jamais totalement lisse qui donne l’illusion de la pellicule. Après, les péripéties sont assez lentes à arriver. A part une exécution sanglante dans un cimetière, le film attendra pas mal de temps avant de lancer son histoire et de relancer son intrigue. On a des séquences où notre héroïne aguichante danse dans la maison walkman sur les oreilles, une exploration des pièces ouvertes, et peu à peu des bruits étranges qui montent de l’étage. Une fois que le film se lance, Il le fait avec une certaine efficacité et une économie de moyen surprenante, qui paye parfaitement au niveau de l’ambiance. Mais voilà, on a quand même attendu. La cérémonie sataniste est plutôt une réussite niveau flippe, mais la course poursuite dans la maison laisse parfois un peu à désirer. En tout cas, la transformation psychologique de notre héroïne est évidente, car d’une adolescente innocente et pure, elle passe à une sorte de furie recouverte de sang, rappelant sans problèmes Carrie dans l’œuvre de Brian de Palma. Une fois la révélation faite, elle va tenter d’éliminer ses poursuivants par la confrontation frontale, méthode risquée, qui paye ici assez bien. Je ne spoilerai rien du dénouement final, mais autant le dire tout de suite, le constat final est un peu léger. Il ne s’est pas passé beaucoup de choses, on n’en a pas appris beaucoup, mais les ambiances étaient convaincantes, et le cachet old school de l’histoire avait tout pour nous séduire. Un petit film sympathique en somme, mais pas une terreur abyssale venue du fin fond de l’enfer.

 

4/6

 

de Ti West
avec Jocelin Donahue, Tom Noonan

 

http://s.excessif.com/mmdia/i/06/6/hoftdevil-haut23-3665066pszkw_1731.jpg?v=1

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 06:36

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Il y a des films qui jouent de malchance alors qu’à la base tout s’annonçait bien pour eux. Ainsi, deux films de fantômes sortent pendant les années 2000 : le premier est Sixième sens, et ce sera assez pour convaincre le public de sa supériorité, imprimant durablement les esprits. Une injustice pour Hypnose qui sort 5 mois plus tard, et qui sera un poli échec commercial, le condamnant à errer perpétuellement dans les bacs dvds discount de nombreux magasins. Et si Hypnose était encore meilleur que Sixième sens ?

L’histoire : Tom Witzky, un père de famille, accepte un soir de se faire hypnotiser par une de ses amis. Il se met alors à être harcelé par d’étranges visions.

 

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L’efficacité du film doit beaucoup à une personne : Kevin Bacon. Il porte en grande partie le film sur ces épaules, et doit avoir l’air crédible autant plus les apparitions spectrales que pour le dernier acte énervé. Et le bougre nous offre ici une des meilleures performances de sa carrière ! Il joue admirablement son personnage, se rend hyper attachant et est parfaitement convaincant au milieu de ces évènements surnaturels. Son fils, qui a lui aussi un rôle important dans le film, est une merveille d’ambigüité. Mais ce n’est pas lui qui est au centre de l’histoire. Le film ne rappellera d’ailleurs jamais Sixième sens (qui vise plus la psychologie de ses personnages et se centralise sur le garçon) et développe son intrigue avec un savoir faire qui impressionne. Les hallucinations passent d’abord par des petits détails qui écaillent la peinture paisible de la famille (dans qui tombe en buvant un verre d’eau, ongle retourné) avant d’enchaîner, dans la même minute, sur l’apparition du spectre en question. Un rythme in habituel qui a l’air de sauter les étapes, mais qui a le mérite de surprendre et de lancer rapidement nos personnages dans l’affaire. L’histoire est loin de nous prendre pour des imbéciles, le film explorant au travers de ses personnages les diverses possibilités offertes par la réception aux phénomènes paranormaux. Parallèlement, la vie de quartier de la famille devient de plus en plus tendue, prélude au dernier acte final, pas à fortiori surprenant, mais d’une efficacité parfaitement convaincante, qui dépasse allègrement en intensité la moindre scène de Sixième sens. Aujourd’hui, Hypnose passe quelques fois sur des chaînes comme M6, ce qui est une pure injustice, le film faisant un réel effort pour être cohérent dans son domaine. Une très belle péloche qui égratigne la banlieue américaine paisible en sortant les cadavres des placards. Pour ma part, un petit chef d’œuvre du genre.

 

5/6

 

de David Koepp
avec Kevin Bacon, Kevin Dunn

 

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 06:32

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Massacre à la tronçonneuse 4, autrement dit la nouvelle génération, n’a jamais fait couler beaucoup d’encre, la plupart des critiques se contentant d’écrire : « l’épisode le plus mauvais et le plus improbable de la saga. » Un tel jugement était il mérité ? C’est ce que s’était demandé votre humble serviteur, qui a généreusement sacrifié une heure et demie de son temps pour vérifier. Son verdict : l’expression est faible !

L’histoire : Sortant d’une Prom Night où ils ne sont pas vraiment les bienvenus, une bande de jeunes part en forêt et s’égarent avant d’exploser leur bagnole. Devinez qui va venir leur prêter un cric…

 

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Aurais-je fait en erreur en rempilant cette fois ci ?


Dès le départ, TCM 4 part sur une très mauvaise pente, en nous présentant des personnages principaux qui n’ont strictement rien d’attachant. Rien, pas une once de charisme à se mettre sous la dent. C’est à vrai dire tellement chiant qu’on baille aux corneilles pendant 20 bonnes minutes avant de voir débarquer le premier taré de la famille, à nouveau joué par un acteur totalement différent du premier. La famille n’a donc aucune stabilité, le casting se fout complètement de la continuité, et on comprend alors qu’on est dans un film parti dans la même optique que TM 3, sauf que ça va être bien pire… En fait, dès le départ, on se rend compte qu’on va encore avoir droit à un remake foireux du premier, sauf qu’ici, il ne va même pas y avoir de gore, ni de malsain… Y a pas un truc qui cloche ? Un TCM pas gore ni malsain ? Mais qu’est ce qu’il reste alors ? Ben pas grand-chose, le film échouant constamment dans ses fréquentes tentatives humoristiques, qui n’ont pas grand-chose de trash, et qui sont donc parfaitement inoffensives. La folie des personnages ne frappera jamais assez, et on se rend vite compte qu’on assiste surtout à un cabotinage d’acteurs qui ne vaut que pour lui-même. Le coup de la jambe commandée par une télécommande relève du portnawak nanardeux de la pire espèce. Leatherface subit les outrages les plus infamants, se retrouvant obligé de jouer les clowns de cirque avec ses victimes qui courent dans tous les sens sans qu’il se décide à en attraper une, et finissant par se contenter de découper (en hors scène) une masque dans une fille, à porter une robe et à se maquiller comme elle. Il devient une sorte de travelo grotesque et totalement à côté de la plaque, faisant rire involontairement (ou pleurer, au choix) dès qu’il tente de piquer un sprint avec sa tronçonneuse. Le dernier acte est alors une repompée du second et se termine sur une note peu transcendante, qui achèvera le spectateur d’un ultime éclat de rire en montrant Leatherface effectuer quelques pas de danse quasiment en tutu, en parodiant le geste de TCM 1 ou 2.  Bref, on est dans la honte absolue, et le spectacle se révèle parfois tellement pénible à regarder qu’on en vient à zapper des minutes pour abréger le moment. Sans la moindre effusion de sang, on peut dire que c’est l’une des pires séquelles jamais produites dans le monde de l’horreur.

 

0.5/6

 

Réalisé par Kim Henkel
Avec Matthew McConaughey, Renée Zellweger

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 06:52

http://www.horreur.net/img/trauma1993aff.jpg

 

Trauma est une perle de plus à ajouter au collier filmographique d’Argento. Cependant, si certaines perles brillaient de mille feux, celle-ci est beaucoup plus terne, et cela à plusieurs niveau. En effet, si il est incontestable qu’on retrouve les mêmes obsessions d’Argento dans ce film, il déçoit sur certains domaines, que nous allons explorer tout de suite.

L’histoire : Aura Petruscu, une jeune fille de 16 ans perturbée et anorexique, s’évade de l’hôpital où elle était retenue, mais finit par être reconduite chez ses parents. Ceux-ci sont alors tués par un mystérieux personnage aux gants de cuir adepte de la décapitation.

 

trauma.jpg


Autant annoncer la couleur tout de suite, j’ai été déçu à plusieurs niveaux par ce film, où Argento commence un peu à se répéter. L’héroïne, dans le personnage joué par Asia Argento, est la parfaite incarnation de la jeune fille seule et sans défense qui devra affronter le tueur. Elle sera aussi accompagnée par un jeune à peine plus vieux qu’elle, qui l’escortera et lui apportera ses conseils pour résoudre ce mystère. Enfin, l’assassin cadre lui aussi parfaitement avec l’esthétique d’Argento, avec ses gants en cuir et son arme originale (filmée avec un plaisir fétichiste non dissimulé), qui ne manque pas d’impact lors des scènes de meurtres. Ce qui m’a en revanche un peu plus déçu, c’est la mise en scène. Très peu de tentatives de virtuosité, le tout se révèle plus, d’un point de vue formel, à du plan-contreplan pendant une grande partie du film, qui isole un peu trop ses moments de bravoure. On se souviendra surtout d’Aura perdue dans la forêt qui verra l’assassin brandir les deux têtes de ses parents sous la pluie (la scène est parfaitement réussie) et le face à face final, où l’explication du mystère nous est donnée (et qui peut sembler convaincante au niveau du registre émotionnel). Le reste manque de relief, en particulier parce qu’Argento multiplie les dialogues et s’intéresse à la psychologie de son héroïne, qui s’attache à son jeune tourtereau et qui ne supporte pas de le voir s’ébattre avec d’autres filles. Certes, c’était intéressant sur le papier, mais dans le film, ça m’a semblé un peu décousu et simpliste (car Argento est avant tout pour moi un réalisateur qui fonctionne sur le visuel, sur des concepts de suspense qui font frémir), Argento tentant ici de brosser un portrait psychologique de sa victime, en manquant trop de finesse sur un sujet aussi délicat. Autre scène un peu ratée, cette séquence de spiritisme, où les acteurs cabotinent trop pour être honnête, et où la révélation finale, livrée par une voix de baryton, prête presque plus à sourire pour sa naïveté qu’à stresser par la relance de suspense. Il est rare que je fasse ma fine bouche avec Argento, mais là, ça devient un peu gros. On n’est pas dans du Fulci non plus. La modestie de la mise en scène constitue le principal problème du film, et pourtant, ce n’est pas faute d’essayer de nous faire stresser avec cette histoire parallèle de gamin vivant à côté de chez l’assassin. Malheureusement, l’assassin verra un peu son image être écornée par un meurtre dans une chambre d’hôtel, où la victime décapitée aura la force de dire encore quelques mots avant de claquer (sans poumons, je me demande comment elle fait). En bref, sans se faire chier quand même, l’œuvre ne se révèlera jamais marquante autrement que par son début et sa fin, ce qui est un peu dommage quand on voit les ambiances qu’avait su créer Argento dans un Suspiria. Décevant, mais pas encore les bouses alimentaires des années 2000.

 

3/6

 

de Dario Argento
avec Christopher Rydell, Asia Argento

 

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 06:45

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Dernier long métrage de Gaspar Noé sur mon blog avant de m’attaquer à ses courts métrages : Seul contre tous. Si Enter the void était la baffe visuelle, et Irréversible la baffe métaphysique, Seul contre tous est la baffe psychologique. Une plongée totale, profonde dans le personnage principal qui nous est présenté. A noter que ce film est le prolongement de Carne, un moyen métrage sorti quelques années auparavant. Malgré une jaquette dvd collector agressive, rien ne pouvait préparer au choc que ce film allait produire.

L’histoire : un boucher se débat dans les entrailles de son pays pour survivre.

 

http://www.lereveil.ch/IMG/jpg/seul-contre-tous.jpg


Déjà, le film s’ouvre sur un résumé complet de la vie du boucher, brodant en quelques minutes un portrait ultra dynamique, réaliste et attachant du personnage, résumant son enfant, puis aussi le moyen métrage Carne par l’intermédiaire de photos bien choisies. Le rythme de l’histoire, c’est celui-ci. Il ne se passe pas forcément de grand évènements, mais ils s’enchaînent tous avec un tel rythme que nous n’avons jamais le temps de voir passer. Alors que pourtant, il y a des plans où il ne se passe vraiment rien. Philipe Nahon est par exemple accoudé à un bar pendant 5 minutes avant de boire son verre de rouge. Mais là, c’est la voix off qui fait l’incroyable boulot de nous laisser pendu à ses lèvres, suivant son raisonnement comme si nous étions dans le même bar que lui, accoudé au même comptoir, et que nous le suivions avec nos tripes. Car c’est bien de ça qu’il s’agit : c’est un film fait avec des tripes. Le boucher, c’est un peu nous dans certains côtés. Il représente divers penchants de la société, et il ressasse des pensées pessimistes à longueur de journée, et absolument sur tout. Que ça soit sur les politiciens de droite ou de gauche, les étrangers, les français, les gosses, les femmes, et l’humanité en général. Comme je m’amuse à le dire, c’est un film tellement dépressif qu’il en devient souvent drôle, la noirceur du ton des explications étant tellement plombante qu’il ne reste que le rire pour pouvoir évacuer autant d’angoisse qui nous sont tombé dessus d’un coup. Le discours de Seul contre Tous marche, mais surtout avec les personnes qui ont le dos au mur, et qui perdent totalement foi en l’humanité. La force, mais aussi la faiblesse de ce film, c’est son manichéisme primaire, instinctif, qui pousse l’individu à favoriser sa propre survie. Peu importe les prétextes qu’on s’invente, qu’on se trouve ou qu’on réclame, c’est toujours la même chose. Le film ne sort jamais de ses rails manichéens (les nombreux personnages dans la rue, qui ne font que renvoyer le boucher dans sa merde) et ne prend jamais la moindre distance avec son protagoniste, ce qui permet à Gaspar de se lancer dans des discours purement provoquant (la philosophie du boucher déballée devant un film porno, les opinions homophobes et xénophobes surexposées, et le dérapage lent vers l’inceste). Car c’est là-dessus que part le film. Il s’aventure sur le terrain du tabou sacro-saint, en s’intéressant au propos dangereux de briser la loi comme dernière solution pour sortir de sa vie frustrante et oublier toute la merde qui l’entoure. Une conclusion vraiment intéressante, qui joue double jeu (on a la fin morale (enfin… façon de parler) et immorale), et qui s’affiche comme un plaidoyer vibrant pour l’inceste en société. Violent, mais un peu en rupture de ton avec le reste du récit, la seule évocation du thème étant dans l’introduction et un court passage lors des gardes de nuits à l’hospice. Tout ça, c’est un brûlot sans concession balancé à la gueule de la société (qui finira par s'auto détruire, le personnage affichant quand même de sacrés traits de caractères qui le rendent vraiment associable). Tout n’est pas vrai, tout n’est pas faux (chacun fera son choix dans les idées évoquées par le boucher), mais tout sent l’authentique. Un film qui a des couilles et qui l’affirme haut et fort, en nous faisant voir un monde effrayant, désespérément réaliste, parfois ponctué de vrais moments d’éternité, où le bonheur et la joie peut ressurgir de façon inattendue… avant d’être remplacer à nouveau par de la noirceur ou par un désir individuel. Un film extrême, vibrant et passionnant, d’une facture technique pas encore assez murie, mais le style Noé est déjà là. Un film culte. Comme le dit Jean Pierre Jeunet « A chaque fois que je regarde ce filme, j’ai la pêche pendant toute la semaine. »

 

5.5/6

 

de Gaspar Noé
avec Philippe Nahon, Paule Abecassis

 

http://www.zoo-city.com/guillaume.nicloux/img/nicloux_seul_contre_tous_1.jpg
http://4.bp.blogspot.com/_HUKLFgErsV4/SwDwoAnZa4I/AAAAAAAAANw/VoZXUkqD5Gw/s1600/00868470-photo-seul-contre-tous.jpg

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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