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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:41

http://www.80sfear.com/blogimages/lieberman/blue_sunshine.jpg

 

Décidément, Charles Manson a été une bonne sorte d’inspiration pour nous créateurs de série B américain, qui ont alors puisé dans le domaine des drogues dures pour titiller nos peurs les plus viscérales. Sans parler de viscères, Jeff Liebermann, en 1976, nous a donné une petite série B intéressante au titre mystérieux : Blue Sunshine. A vrai dire, je suis tombé dessus par hasard au rayon DVD, un pote de SF ayant lu le résumé m’ayant conseillé d’y jeter un coup d’œil. Si le pitch n’a pas fait tilt, l’affiche, véritablement magnifique (la jaquette diffractait la lumière), m’a fait risquer le tout pour le tout… Et c’était un bon plan.

L’histoire : Jerry Zipkin organise une fête chez lui, lorsque qu’une de ses vieilles connaissances perd d’un coup tous ses cheveux. Celle-ci prend ses jambes à son coup. Alors qu’une partie des invités est sortie la rechercher, cette même personne revient et décime sous le coup de la folie le reste de l’assistance. Zipkin tente alors de comprendre ce qui s’est passé, et met à jour un ancien traffic d’une drogue expérimental qui avait été fait dans son lycée.

 

http://2.bp.blogspot.com/_zuns3TuQa2Q/TBlBKwjrJBI/AAAAAAAAAwQ/jE8DLFY4n84/s1600/bs3.jpg


Lentement mais surement, façon Cronenberg en moins incarné, on va gratouiller le trauma qu’a été la découverte de ce que les drogues ont pu causer comme ravage avec la famille de Charles Manson. Ici, la drogue est appelée Blue Sunshine. Elle fait partie des acides, et dix ans après la première prise, les drogués en ressentent les effets secondaires : d’abord une perte rapide des cheveux, puis une folie meurtrière irrépressible. C’est barré, mais diablement efficace, la moindre chute de cheveux pouvant être un signe de crise. Car apparemment, cette drogue expérimentale n’avait été distribuée que par un dealer devenu maintenant médecin, et uniquement dans les murs du lycée où ils étudiaient. C’est donc parmi un réseau d’anciennes connaissances que Zipkin fait son enquête, le souci étant que parmi les drogués potentiels, il y a un candidat à des élections importantes qui fait tout pour tasser l’affaire. Or, les effets secondaires se déclarent tous à peu près en même temps. L’enjeu est donc de retrouver les personnes malades avant qu’elles ne passent à l’acte. Ceci donnera donc lieu à plusieurs séances de flippe réussies et minimalistes, avec une scène carrément flippante où une nourrice en pleine crise s’attaque aux enfants avec un couteau de cuisine (pas de gore à l’écran, mais ça n’est pas nécessaire pour faire un mort…). L’enquête se poursuit donc sur un rythme un peu pépère, mais les acteurs sont très convaincants dans leurs rôles, et le spectacle se révèle assez satisfaisant sur la longueur, pourvu qu’on supporte une série B sérieuse. On a même droit à 20 dernières minutes totalement psychédéliques avec une crise dans une boîte de nuit. Sans s’étendre davantage sur son cas, qui reste assez anecdotique, Blue Sunshine est une série B réussie, avec une ambiance étrange, qu’il est bon d’avoir vu pour parler sur le thème des drogues dures au cinéma.

 

4/6

 

de Jeff Lieberman
avec Zalman King, Deborah Winters

 

http://goregirl.files.wordpress.com/2009/11/still-from-blue-sunshine.gif?w=431&h=287

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:36

http://imagehost.epier.com/136706/I_Drink_Your_Blood_R1-%5Bcdcovers_cc%5D-front.jpg

 

Tous les bisseux ont dû voir Planète terreur et Boulevard de la mort, et si possible en format grindhouse. Ce petit revival assez bancal avec un bon petit budget était apparemment une belle restauration de l’esprit originel de Grindhouse. Mais d’ailleurs, c’était quoi, grindhouse ? Avez-vous vous de vrais films grindhouse ? Je commence à rechercher les titres de mon côté, et j’ai pu déjà en acquérir un : I drink your blood. Et en effet, ça envoie du gros pâté !

L’histoire : une bande de hippies satanistes s’installe dans une petite ville américaine et viole une jeune fille avant de violenter (et pas de violer) un septuagénaire. Le fils de la famille empoisonne alors la bande avec le sang d’un chien enragé, et voilà nos hippies devenus des monstres sanguinaires incontrôlables.

 

http://www.thefilmyap.com/wp-content/uploads/2009/09/i-drink-your-blood-inside.jpg


Bancal de jouissance, I drink your blood est un bel exemple de film d’horreur fauché, qui arrive à faire du malsain avec peu de choses, et qui se montre plutôt efficace dans la gestion de son ambiance. Pour vous donner une idée, l’introduction du film, c’est la bande de hippie tous à poil dans la forêt en train de rendre gloire à satan, avant de boire du sang allongé sur un drap qui ressemble fort à un drapeau nazi. Voilà qui a le mérite d’être clair, ils sont tous farcis du bulbe. Malheureusement, une jeune fille les observe, mais elle se fait repérer. Après une brève course poursuite, elle est ramenée sur les lieux du sacrifice par la bande. Ca commence donc un peu comme un rape and revenge, mais on choisira de ne pas explorer cette piste là. On se la joue d’abord choc des cultures avec l’arrivée des hippies en ville, qui nous font assez rire en essayant de se donner l’air de gens fréquentables (car on sera d’accord pour dire que tout est subjectif dans ce film, il n’y a que les honnêtes citoyens américains qui sont fréquentables). Les hippies saccagent donc une maison abandonnée et passent leur temps à tuer des rats qu’ils se préparent ensuite comme casse-dalle. Mais leurs nuisances sonores sont vite intolérables, surtout quand ils sacrifient à Satan un de leurs propres compagnons. Cette ambiance de drogue dure et de violence poisseuse, ça rappelle vite Charles Manson et sa famille, ce qui est visiblement l’objectif du réalisateur, voulant montrer combien ces hippies sont dangereux en l’état actuel. Cependant, le jeune fils de famille, outré de voir sa sœur violée et son papi bastonné, abat un chien enragé avec le fusil de famille, avant d’injecter son sang dans des tartes à la viande qu’il vend ensuite aux hippies. Ces derniers sont alors pris de violents maux de ventres, et c’est parti pour une histoire de contaminés assez poisseuse, où la violence peut ressurgir à n’importe quel moment. Nous aurons alors droit à des scènes de pure exploitation, comme ces poursuites avec un contaminé armé d’une hache, où cette utilisation sanglante du couteau électrique dans la cuisine d’une ménagère avoisinante. Du pur gore, pas excellemment fait, mais qui contribue à rendre l’ensemble du film poisseux comme il faut. On explorera d’ailleurs toutes les possibilités rattachées à la contamination, dont la transmission par relations sexuelles quand des ouvriers forniquent comme des bêtes avec une hippie en transe. Les explications du docteur concernant la rage sont plutôt convaincantes, et viennent bien contribuer à l’ambiance. Ce qui a surtout mal vieilli, c’est la bande son électrique. Certes, elle crée une ambiance, mais elle se révèle très répétitive, désagréable, et apparaît aujourd’hui comme datée. Qu’à cela ne tienne, I drink your blood est un petit film de contaminés sans autres prétention que donner du malsain et du gore (pour l’ambiance, on penserait à une sorte de La Chair et le Sang), avec des acteurs qui cabotinent, mais qui arrivent à faire passer ça pour de la transe (et donc, ça passe). Une petite bisserie totalement assumée qui reste convaincante malgré sa forme un peu datée.

 

4/6

 

de David E. Duston
avec Bhaskar Roy Chowdhury, Jadine Wong

 

http://4.bp.blogspot.com/_gsUALeZML10/SGsRNGKiB9I/AAAAAAAAC_g/1TcW3QmyoFY/s400/IDrinkYourBloodSATANAKED.jpg

Le satanisme comme si on y était !

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 10:59

http://www.cinewatcher.com/wp-content/uploads/2011/05/Sortilege_2295504-L.jpg

 

Aujourd’hui est un grand jour pour le cinéma. En effet, se disputent à l’affiche deux grands films de l’entertainment grand public : d’un côté le géant transformers 3 et son avalanche d’effets spéciaux numériques que je ne manquerai pas d’aller voir (pour le côté jouissif du cinéma de masse, qui annonce une gestion révolutionnaire de la 3D (jamais autant d’explosions ont été aussi réalistes)), et de l’autre Nicostratos le Pélican, qui raconte comment un jeune asocial devient copain avec un gros pigeon à gosier. Mine de rien on a là deux visages du cinéma, l’un d’une bêtise totale et d’un jouissif régressif, et l’autre d’une naïveté et d’une prétention à la française comme on en fait souvent. Je ne sais pas lequel est le plus attachant des deux. Dans ce paysage de désolation s’annonce bientôt un film qui fera passer ces péloches pour de fades divertissements : Sortilège. Pas tous les jours qu’on a la chance d’avoir du Disney Channel sur grand écran.

L’histoire : Et ben Kyle, vous voyez, et ben il est méchant parce que il est superficiel. Alors heu il se moque d’une gentille gothique, mais celle-ci et ben c’est une sorcière et elle va l’ensorceler avec un sort qui va faire de lui un monstre et que pour retrouver son beau visage il doit se faire aimer d’une fille (et pas d’un mec, ouh là halte là malheureux).

 

http://static1.purefans.com/items/7/39/53/57/@/395357-photos-du-film-sortilege-au-cinema-le-fullscreen-1.jpgLa gothique sorcière du film... Notez l'habile maquillage glamour entourant son oeil droit.


Sortilège, c’est un cri de douleur, long, cuisant, insupportable pour toute personne civilisée. Visant clairement dans la génération twilight-numéro 4, c’est un condensé des pires purges Disney qu’on a pu passer en quatrième partie de soirée sur Disney Channel, mixage des préjugés les plus crasseux qu’on a pu trouver. Déjà, Kyle est un putain d’enfoiré, là ils n’ont pas raté leur coup. Il est suffisant, autocentré, hypocrite et arriviste. Mais là où les scénaristes prennent vraiment les gens pour des cons, c’est que Kyle est d’une popularité accablante. C’est simple, dans son discours de candidature au poste de délégué des élèves, il gueule haut et fort « Vous ne m’élirez pas pour mes opinions de défenses de l’environnement ! Je les ai mises juste pour faire bien sur mon CV. Vous m’élierez parce que je suis jeune, branché, riche, et parce que je suis beau, car on le sait, dans le monde, c’est la beauté physique qui ouvre les portes. » Et tout le lycée, composé surtout de têtes de nœuds, d’applaudir et de chanter ses louanges. Ce genre de film est totalement nuisible à la société, car il montre les bons comportements comme des cas isolés, tel cette gothique qui se casse et qui semble la seule à reprocher son égo à Kyle dans tout le lycée. Kyle est donc une belle gueule qui fait ce qui lui plaît, et en bon ado, il drague tout ce qui bouge, sans jamais toutefois conclure, parce que c’est du disney channel, on ne va pas montrer des jeunes en train de forniquer, tout le monde sait qu’il faut attendre le mariage, qui a lieu à la fin des études. Il finit par draguer gentiment la gothique, qui lui lance un méchant vent et un sortilège, qui le transforme en monstre (les gothiques n'ont d'ailleurs de gothique que le style vestimentaire, ne vous attendez surtout pas à voir un chanteur de rock ou de métal sur leur T shirt). Et c’est là qu’on s’aperçoit de la connerie abyssale de ce genre de film, parce que son personnage n’est pas monstrueux universellement. Hormis quelques estafilades et cicatrices pas sanguignolantes, il a simplement un aspect de gothique un peu extrême, mais encore regardable (avec des sortes de percings dans la gueule). Sincèrement, il pourrait faire craquer n’importe quelle gothique pur jus. Mais non, ça a l’air d’être un drame, auquel la chirurgie de papa ne semble pouvoir rien changer. Et le héros de s’apitoyer sur son sort (ce qui est normal, la défiguration étant rarement bien vécue par les personnes, d’autant plus superficielles) et de se demander comment inverser la situation. La réponse, c’est qu’il faut emballer une nénette avant la fin de l’année et s’en faire aimer. Comme dans la belle et la bête ? Tout juste, ce film est une repompée teen du mythe, en moins bien car se vautrant dans un langage de superficialité qui fait frémir. Ainsi, ce jeune trouduc se retrouve en train de draguer la seule fille à peu près normale du lycée, sauf qu’il a maintenant une tête de gothique, ce qui, avouons-le, est repoussant au dernier degré. Comme il a encore une carte de crédit, il tente la stratégie du cadeau, mais il faut plus qu’un sac Gucci ou un pendentif pour convaincre madame que monsieur est un beau parti. Alors, il lui construit une serre pleine de fleur sur le toit d’un immeuble, et là madame est ravie. Voilà, c’est la serre, l’objet qui manquait. Et nous avons alors droit à des moments de poésie narniesque à s’en défenestrer du rez de chaussée, qui impressionnent par autant de cliché. Inutile de préciser qu’à un moment, la fille s’en va, mais elle revient, et au lycée, ils se retrouvent, et là, son visage change et kadaboum ils s’embrassent. En gros, tout est dit dans ce film. Je ne vois pas pourquoi Aronofski ou du Weltz continuent à faire du cinéma, car leur branlette intellectuelle s’approche tellement peu de la réalité. Sortilège, c’est l’intrusion du fantastique dans le quotidien d’un ado de 17 ans. C’est mille fois plus immersif qu’un Vinyan, car c’est un quotidien auquel on est habitué, où les masses sont décérébrées et où le bon sens est rassemblé chez 3 personnes sur 1000 (et vinyan, c’est un trip autiste et non sensique car on se branle du tsunami, ça ne nous a pas touché). Vraiment, la tentative louable de revenir à l’esprit bon ado des productions typées Disney Channel (qui ne m’avaient pas autant impressionnées depuis Sharpey’s wonderful story) sera probablement couronné de succès, et les mineures pubères pourront de leur côté s’exciter sur Alex Pettyfer, digne successeur de Robert Pattinson au poste de roucouleur de service. Voilà un divertissement familial de toute beauté que je ne saurais vous conseiller davantage.

 

-50 000/20

 

de Daniel Barnz
avec Vanessa Hudgens, Alex Pettyfer 

 

http://www.fantasy.fr/img/uploads/2010-03/Beastly-20100318-13-maxi.jpghttp://www.culture-elles.com/wp-content/uploads/2011/03/Beastly043-199x300.jpg

Avant                                          et après


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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 06:48

http://cdn1.iofferphoto.com/img/item/194/803/530/project-metalbeast-rare-werewolf-film-from-1995-00afc.jpg

 

Metalbeast est un petit film acheté en coffret double dvd avec ADN la menace, pour la modique somme de 4.99 euros. C’est ce qui s’appelle un nanar assez intègre, car bien marrant et totalement hallucinant dans son histoire dénuée de prétention. Attention, c’est du lourd.

L’histoire : un agent secret prélève du sang sur un authentique loup garou de roumanie, avant de le ramener en Amérique et de se l’injecter. Congelé après sa crise, il est décongelé plus tard pour tester un modèle de peau synthétique renforcée d’un maillage de métal. Un loup garou à peau de fer en somme.

 

http://wtf-film.com/site/wp-content/uploads/2009/11/Project-Metalbeast10.JPG


Du nawak, on vous dit. Ne cherchez pas de cohérence, il n’y en a visiblement pas. On cherche juste à nous balancer un gros monstre en mettant l’accent sur les effets spéciaux. Et de ce côté-là, le film « délivre clairement la marchandise », en utilisant un nombre assez impressionnant d’effets spéciaux en latex, qui ne sont pas si dégueulasse que ça. En fait, le film aurait pu passer pour une série B vite envoyée comme Maniac Trasher, si les acteurs avaient fait preuve d’un minimum de bonne volonté. Ils surjouent leur personnage sans jamais parvenir à convaincre le spectateur (la palme au méchant, véritable enfoiré en costard cravate, qui rigole dès qu’on lui parle d’un air « I have the power »). Sur la créature, le loup garou est impressionnant (avec une crinière en porc épic qui a du récupérer de sa mère un soir  où son père loup se sentait bien seul). Il est quand même assez nanar au cours d’une scène, où s’étant pris un projectile de bazooka en argent coincé dans sa jambe, il tente de se l’extraire, ce qui nous donne un bruitage de bouteille qu’on débouche du meilleur cru. Les incohérences et les maladresses sont aussi légions, tel ce « centre secret des opérations américaines », ces dialogues navrants « Dégagez de là. » « Va falloir me tuer, Miller. » Pan il le tue, cette héroïne qui court un cent mètre après s’être faite transpercé le pied avec une barre à mine, cette porte blindée qui est aussi épaisse qu’une feuille en alu… Inutile de toutes les spoilers, y’en a beaucoup. Mais la quantité d’incohérence rend le film sympathique, ses effets spéciaux faisant presque illusion. Metalbeast est un peu rare, mais il mérite un petit investissement du côté des amateurs de nanars qui trouveront à nouveau une bouse de qualité, dans la veine du cultissime Metamorphosis, the alien factor, que je porte vraiment dans mon cœur.

 

0.5/6 (mais 15/20 en mode nanar)

 

réalisé par Alessandro De Gaetano

avec Kim Delaney, Barry Bostwick


 

http://wtf-film.com/site/wp-content/uploads/2009/11/Project-Metalbeast11.JPG

"T'as voulu pourrir ma réputation, sale chroniqueur de M.E.R.D.E. ! Meurs !" Pow

"Aha ha ! Je t'ai eu"

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 06:37

http://ed2ktorrent.free.fr/upload/Films/slugs-mutations-22920921.jpeg

 

Juan Piquer Simon a fait pas mal de choses pendant sa carrière. Du slasher gore (le sadique à la tronçonneuse) au film de bestiole (Slugs) en passant par l’aventure grand public (le moyen les diables de la mer), il n’a pas souvent eu accès à de gros budgets, mais il s’est toujours attelé à ses projets avec un sérieux qui mérite un certain respect. Ainsi, Mutations (slugs) est une petite série B dans le ton de beaucoup de projets qu’on a pu voir, mais Juan fait bien les choses, qui plus est avec un sérieux admirable. Petite remise en mémoire de ce film méconnu.

L’histoire : dans une petite ville, on répertorie de plus en plus de morts et de disparitions, aussi bien d’animaux que de personnes isolées. Parallèlement, on relève plusieurs problèmes de canalisations bouchées dans les égouts. Mike Brady, agent des services sanitaires, se rend alors compte que ces évènements sont liés à des limaces anormalement développée et devenues carnivores.

 

http://img.over-blog.com/444x250/2/26/70/65/Films/Slugs/Slugs-7.jpg


Face à un pitch pareil, difficile de garder son sérieux avant d’avoir vu le film. « Tu la sens, ma grosse limace carnivore ? Il va nous foutre des accélérés de gastéropodes et des sauts de limaces au milieu, et je sens d’ailleurs qu’on va pas les voir souvent. A la rigueur, ça pourrait faire un navet sympathique… ». C’était moi avant le film. Et bien pas du tout. Pour peu qu’on soit sensible au charme de la série B (à savoir se farcir 15 minutes d’introduction avec des personnages un peu quelconques, mais pas déplaisants, tolérer le rythme frustrant qui veut que personne ne fasse rien avant d’être sûr à 100%...), Mutations est un divertissement largement à la hauteur, déjà original dans son pitch (le coup des limaces, on ne le fait pas souvent). On remerciera d’ailleurs Juan Piquer Simon, qui investit une partie du fric du tournage dans un élevage de limaces noires impressionnantes, réellement grosses et crédibles. Et il n’y en a pas qu’une trentaine. Madame, il y en a des milliers. Juan devait déverser des bacs entiers de limaces avant de tourner ses prises, parce qu’il y en a vraiment partout (ce qui rend la menace assez omni-présente). Deuxième bon point : les limaces se déplacent normalement (peut être un poil plus vite que la moyenne, mais guère plus). Elles ne s’attaquent donc qu’à des personnes immobiles où enfermées dans des pièces. Et les limaces, on les voit. Lors des attaques, elles envahissent carrément tout l’appart, sortant silencieusement des canalisations sans crier gare. Les victimes glissent dessus, s’en prennent du plafond, et ces saloperies ne lâchent pas une fois accrochées. Le script s’amuse d’ailleurs avec leur constitution, rendant leur bave mortelle, et les décrivant comme porteuses de parasites sanguins mortels eux aussi (un inconscient en ayant boulotté dans sa salade en fera les frais). Niveau gore, le film joue assez la carte de la générosité. C’est bien simple, on dirait que les effets spéciaux ont été réalisés par l’équipe de Fulci, tant ils s’intègrent bien dans l’ambiance bis du projet. On regrettera juste ce plan où une limace mord le doigt du héros, un peu abusé. Le dernier acte, jouissif, se payera le luxe de nous offrir encore quelques rebondissements et quelques morts avant le grand nettoyage (avec ce qu'il faut de bancal, les héros utilisant un produit brûlant au contact de l'humidité... dans les égouts). Vraiment, beaucoup d’ingrédients savoureux du bis sont là avec les limaces mutantes. On aura d’ailleurs droit à pas mal d’invasions de domiciles qui étendront la menace à toute la ville. Côté acteur, ils jouent assez sobrement pour un tel projet, et on évite les cabotinages qui tirent d’habitudes ces films vers le bas plus qu’ils ne les servent (ce qui n’est pas le cas d’Horribilis). En bref, un film totalement sérieux, avec quelques saillies gores bien senties, dont l’efficacité, bien qu'inégale, n’est pas à remettre en cause. Plutôt amusant.

 

4/6

 

de Juan Piquer Simon
avec Michael Garfield, Kim Terry

 


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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 06:27

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/drame/la_comtesse,0.jpg

 

Julie Delpy, je l’aime bien. Elle a un visage particulier et une poitrine intrigante, aperçue dans un Killing Zoé qui marquait pour son émancipation du syndrome Besson. Certes, elle n’apparaît pas que dans des bons films (le bancal Le loup garou de Paris et ses loups anti américanistes), mais elle en impose toujours, surtout maintenant. Et quand elle passe à la réalisation, elle nous donne un résultat inattendu, probablement un peu trop sage, mais d’une noirceur réaliste qui a tout pour satisfaire notre curiosité. La Comtesse, c’est un film d’auteur vraiment intéressant à voir.

L’histoire : La vie de la comtesse Bathory, depuis sa naissance jusqu’à son emmurement dans sa chambre, en passant par les meurtres de vierges qu’elle organisait afin de prélever leur sang.

 

http://s.excessif.com/mmdia/i/81/3/3979813flikt.jpg?v=1


Il est vraiment flatteur pour le public de constater qu’on ne nous prend pas pour des cons, et que même en s’autorisant quelques moments de grâce (le ballet), le rythme de l’histoire ne cesse d’évoluer, se complexifiant tout en restant lisible, ce qui donne un certain poids à ce biopic inattendue, et parlant du personnalité assez connus des amateurs d’anecdotes historiques. Le ton de l’histoire est totalement réaliste, et ne virera jamais sur l’horreur (au grand dam des fans de gores, il n’y a presque rien à se mettre sous la dent de ce côté-là). En revanche, le parcours d’Elizabeth Bathory fait réfléchir, en prenant tout d’abord le ton du conte philosophique. Une narration rapide, précise, qui illustre le caractère d’Elizabeth avec des détails bien choisis (elle grandit dans la perspective d’un mariage programmé, elle apprend le sens du devoir après son incartade avec un paysan du coin). Après son mariage, elle joue son rôle d’épouse sans trop se forcer (agréable quand son homme est avec elle, ferme quand il est absent), et gère d’une main de maître les affaires de la famille, en endettant les bonnes personnes au bon moment, en gérant parfaitement ses soldats et en faisant preuve d’un bon sens qui en impose. Par ces principes, la famille prospère et devient une des plus influentes de Hongrie. Jusqu’ici la machine est parfaite. Elizabeth brille par son érudition aux dîners de la Cours, et après la mort de son mari, reçoit plusieurs propositions de mariage, qu’elle repoussera toutes. Tout dérape avec son coup de foudre pour le fils du comte Thurzo, un jeune et bel homme, hélas déjà promis à une autre pour les besoins de sa famille. Leur relation devient peu à peu passionnée, jusqu’à ce que le comte Thurzo use de la relation entre son fils et la Comtesse pour tenter de la faire plier. Abandonnée par son homme, la comtesse broie du noir malgré les potions que lui prépare sa compagne sorcière Darvulia, et se crée une blessure narcissique en se voyant vieillir chaque jour. Un accident domestique, et la voilà qui se retrouve avec du sang d’une domestique sur la main qu’elle s’étale machinalement sur le front, avant de croire, sous l’effet d’un rayon de soleil, qu’elle a découvert l’élixir de Jouvence. Il lui faut alors plus de sang pour faire rajeunir sa peau, et la comtesse glissera alors peu à peu dans une folie meurtrière, qui l’amènera à décimer les jeunes vierges de sa région avant d’aller ponctionner carrément chez les familles nobles. En fait, ce pour quoi nous connaissons la comtesse devient surtout un petit plus dans l’histoire, et déteint un peu avec les aspirations politiques qui étaient d’abord exposées. Ce film aurait très bien pu être une excellente reconstitution historique dans la grande lignée de ce que fait le cinéma français, ou une incursion dans l’horreur avec une femme fatale redoutable. Le film est un mélange des deux, ce qui le rend un peu moins sages que les habituelles péloches du style, mais qui aseptise un peu son contenu, en glaçant du même coup nos attentes. Mais ne soyons pas découragés non plus. Une mise en scène de qualité, une trame limpide malgré plusieurs complots politiques, des acteurs convaincants dans leurs prestations, La Comtesse a tout, et même un peu plus que le film d’auteur de qualité, qui peut trouver son public pour peu qu’il fasse preuve de maturité et d’ouverture. Merci Julie, c’était un excellent moment !

 

4.5/6

 

de Julie Delpy
avec Julie Delpy, Anamaria Marinca

 

http://www.critikat.com/IMG/jpg/La_comtesse.jpg

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 06:49

mysterious-skin.jpg

Interdit aux moins de 16 ans

 

Gregg Araki ne fait pas l’unanimité, loin de là. Son récent Kaboom, totalement barré et prenant le sexe comme moyen d’expression des étudiants, a pas mal divisé l’opinion, mais était en tout cas assez chiadé visuellement. Mysterious Skin, c’est bien différent, puisque si on parle à nouveau de sexualité, on a un discours beaucoup plus sérieux, au contexte érotique particulièrement fort, mais qui est loin d’être innocent. Regard sur un film particulièrement osé sur son thème, limite transgressif sur les bords.

L’histoire : Brian voit son enfance marquée par deux zones d’ombre, qu’il n’arrive pas à éclaircir. Pendant ce temps, Neil, un autre jeune garçon, entretient une relation sexuelle avec son entraineur de sport, et plus tard, il abandonne ses études pour vivre de sa prostitution.

 

http://soberingconclusion.com/movies/wp-content/uploads/2007/04/mysterious-skin.jpg


Oui, dans ce film, on parle de pédophilie, et vue sous un angle où le mineur est parfaitement consentant, allant jusqu’à ramener des camarades de jeu pour les séances qu’il s’organise avec son entraîneur de base ball. La scène d’introduction, presque onirique et agréable, prendra vite une autre teinte quand on aura identifié à quel moment elle a lieu. Ce qui peut choquer, c’est l’angle par lequel l’histoire de Neil est prise, à savoir qu’il n’y a, sur l’instant, pas de condamnation (et le pédophile ne sera jamais inquiété par une quelconque délation). Si votre morale peut supporter cela pendant une petite demi heure, on s’intéresse après à ce que les adolescents sont devenu. Neil vit en se prostituant dans sa petite ville, utilisant son corps séduisant comme atout. Car Neil est vraiment séduisant, et les premières séances qui nous seront proposées n’auront jamais de ton moralisateur. C’est amoral, sans aseptiser le côté sex symbol du jeune homme (précisons qu’on ne voit jamais rien de plus que du suggéré). Les étudiants de l’histoire sont indubitablement pensé pour être sexualisés et crédibles (on pourrait les côtoyer sans problèmes), dans leur attitude, dans leur tenue vestimentaire… Charlie est le branché gothique tendance bi, Wendy est elle aussi plutôt sulfureuse sans laisser tomber ses vêtements… Bref, le ton du film peut sembler complaisant dans ses débuts, mais le ton se durcit radicalement sur la fin, en montrant la déchéance progressive du parcours de Neil, qui va rencontrer des gens totalement différents à New York, et qui finira assez violemment sa carrière. Une déchéance qui n’est pas sans rappeler un certain Requiem for a Dream, en moins efficace cependant, le choc de la pédophilie acceptée étant plus grand en début de film. Parallèlement à cela, Brian cherche l’explication de ses blancs dans son esprit, en pensant d’abord avoir été victime d’un enlèvement d’extra-terrestre. Le problème, c’est que ces évènements coïncident trop bien avec le passé de Neil, et qu’au moment où il commence sa quête, nous avons déjà deviné quel était la cause de son trauma. Et Gregg Araki se plante vraiment sur ce terrain, puisqu’il ne fait que faire durer cette histoire, retardant sans cesse son dénouement, qui n’a pas tant d’ampleur que ça (certes, on a un peu la gorge nouée par les descriptions qui nous sont faites, mais c’est une pâle copie de ce qu’on a pu ressentir en début de film). Au final, ce qui faisait la fraîcheur du récit (la sexualité présente chez chaque personnage à l’exception de Brian) en prend pour son matricule dans ce dernier acte, ce qui laisse un arrière goût bizarre à ce film imprévisible, violent dans les thèmes qu’il aborde, mais qui a du mal à faire tenir son histoire sur la longueur. Petit salut aux nombreux caméos du film, qui rassemblent quelques seconds couteaux savoureux du cinéma. Un drame inattendu, sexy et abordant sans tabou la sexualité enfantine et étudiante. Recommandable, mais ça secoue un peu tout de même.

 

4/6

 

de Gregg Araki
avec Brady Corbet, Joseph Gordon-Levitt

 

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                     Neil                                                            Charlie                       Wendy

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 06:38

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Sweeney Todd, c’est mon Tim Burton préféré (si si, même si ça risque de faire des mécontents). Un numéro d’acteur assez brillant, une mise en scène gothique vraiment à la mesure d talent de Burton, une fresque nihiliste assez impressionnante, et bla bla bla. Bref, un chef d’œuvre inattendu, que je surestime probablement encore, car il s’agit bien d’un remake, et que je n’ai toujours pas vu l’original. En revanche, j’ai vu une autre adaptation de l’œuvre : Sweeney Todd, de David Moore. Il devient donc très intéressant de réunir ces deux films et d’en faire la comparaison, bien que les budgets très déséquilibrés rendent périlleux le rapprochement. Cependant, tentons ce petit numéro d’acrobatie pour tirer le meilleur de cette légende urbaine assez populaire.

 

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Sweeney Todd, the demon barber of Fleet Street : Quoi de plus amusant à voir qu’un réalisateur qui s’essaye à la comédie musicale en étant, de son propre aveux, allergique à ce format cinématographique ? C’est parce que derrière la devanture d’histoire gothique, il y a quelque chose de particulièrement sombre, de particulièrement décourageant sur la nature humaine. Sur le plan de la vengeance, ce film est carrément l’anti Kill Bill, en prenant toujours à contre pied le discours défouloir qu’on a l’habitude de voir au cinéma ces temps ci. A part la scène de Pirelli (le premier) et du Juge (la cible), rien ne viendra jamais alléger le nombre de mort assez impressionnant de la production. Burton jouera d’ailleurs carrément dessus en montrant Johnny Depp charcuter en gros plan 4 ou 5 gorges en poussant la chansonnette innocente destinée à sa fille disparue. Des décalages pareils montrent combien la vengeance égare et rend l’individu égoïste. C’est là aussi que Tim Burton fait fort : avec ses décors gothiques, il place une sorte d’atmosphère de conte, et fait évoluer ses personnages sur le même ton, qui devient peu à peu dissonant alors que le film progresse dans sa trame vengeresse. Mais ceci n’échappe pas au spectateur, qui voit les personnages devenir peu à peu des ogres amoraux, chacun transformé par ses illusions et ses utopies. La vengeance, déjà vouée à être inutile (Sweeney n’a aucun projet après cet acte, et n’éprouve aucun attachement à la vie), explosera dans un des finals les plus tragiques qu’on ait pu voir sur grand écran pendant cette décennie. Sur les thèmes, c’est déjà du costaud, mais Tim a soigné aussi beaucoup ses personnages.

Sweeney est maigre, osseux, pâle. Il est maintenu en vie par son seul désir de vengeance. Un désir qui lui sort des tripes, tant l’injustice de son sort a de quoi émouvoir. Inutile de préciser que le récit part d’un postulat strictement manichéen, qui va bien s’homogénéiser sur la fin, en faisant sombrer tout le monde dans les abîmes de la crasse humaine. Et avec humour, s’il vous plaît. Car les obsessions de Sweeney nous font plus d’une fois rire, tant son obstination à ne penser qu’à sa vengeance à de quoi rendre fou. D’ailleurs, il bascule complètement lors du meurtre de Pirelli (il ne lui faut qu’un sifflement de bouilloire pour passer à l’acte), tuant alors à tour de bras d’une façon purement désintéressée. Sa raison vacille lors de ses déambulations en plein Londres en chantant de désespoir, puis en dansant la valse hachoir en main avec Mrs Lovett. Deux scènes magnifiques, l’une particulièrement hargneuse, et l’autre qui développe une atrocité sous des airs de bluette innocente. Bref, c’est lui le personnage central, et nous suivrons son parcours avec un réel intérêt jusqu’au final pulvérisant totalement ce qui nous restait d’espoir (de biens maigres restes, les personnages devenant de pire en pire). C’est le personnage le plus statique de tous, et aussi celui dont la folie sera la mieux retranscrite (les monologues à ses rasoirs). Iconisé à bloc, sa chute n’en est que d’autant plus rude. Parlons de Mrs Lovett, une femme manipulatrice qui tente de mettre Todd dans sa couche afin de vivre un bonheur de pacotille dont Tim démontre l’incroyable stérilité en une seule chanson qui en vante les mérites. Un décalage qui fait encore rire, mais qui se révèle incroyablement cruel avec le thème de la routine de couple, décuplé ici par la passivité de Todd. C’est probablement elle la pire du film, soufflant l’idée à Sweeney de tuer pour son compte, afin de relancer son commerce de tourtes à la viande vacillant. Totalement aveuglée par son désir, elle ne reculera d’ailleurs pas devant le projet de commettre un infanticide et devant le désossage des cadavres. Un brin de femme solide comme on l’aime (et bien coiffé à l’occasion). Tobby, le jeune garçon recueilli par le couple taré, est lui aussi un personnage intéressant, car il fait d’abord office de seul figure innocente épargnée par le malheur (avec Anthony). On découvrira vite que ça n’est pas le cas, et son attachement à Mrs Lovett l’entrainera lui aussi dans les méandres qui ont englouti le Todd qu’il déteste craintivement. Immergé physiquement dans la crasse d’un égout, il en jaillit avec un maquillage parfait qui illustre instantanément dans quel état d’esprit il est maintenant passé. Enfin, attardons nous sur le juge Turpin, joué par un Alan Rickman au mieux de sa forme, qui cabotine un peu avec un plaisir non dissimulé dans son rôle de juge complètement antipathique. C’est d’abord un pur cliché, qui sonne juste en accumulant tare sur tare, développant ainsi une façade manichéenne (le jugement du gosse) qu’il fera voler en éclat par une seule phrase (« …Si il n’avait pas mérité la corde pour ce crime, il l’avait mérité pour un autre. » « Qui ne la mérite pas ? »). Il devient dès lors un homme profondément seul, dont le seul pouvoir réside dans la crainte qu’il inspire, ne pouvant que rabaisser le monde à défaut de pouvoir s’élever. Il fait preuves de sentiments sans abandonner son manichéisme, ce qui nous donne droit à des scènes d’une beauté inattendue, victime et meurtrier se trouvant réunis en chantant une dernière fois alors que le rasoir repousse l’instant ultime. On évoquera à peine cette histoire de couple entre Anthony et Johanna, histoire d’amour insipide (elle aurait pu jeter sa clé à n’importe qui d’autre dans la rue) et désillusionnée (les démons du passés, oublié par Anthony pour se fixer sur l’instant présent) dont on se fout éperdument (on abandonne ces personnages à leur sort sans plus s’en soucier).

Vraiment, Sweeney Todd est un des films les plus aboutis, et le plus noir de Burton, qui pervertit la « simplicité » de son style conte en transformant ses personnages en monstres, en continuant à les aimer et à rendre leur destin d’autant plus tragique. Inoubliable.

 

6/6

 

de Tim Burton
avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter

 

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Sweeney Todd : Intéressante version que cette reprise du mythe de Sweeney Todd, qui a vu le jour quelques années avant la relecture Burtonnienne, avec Ray Winstone dans le rôle du barbier psychopathe. Il est assez bon de noter les différences de registres, David Moore tentant de donner une version très réaliste du mythe, en donnant à ses personnages une psychologie moins torturée, et plus crédible. Ainsi, Sweeney Todd est un ancien médecin qui a servi la couronne d’Angleterre pendant plusieurs guerres, et qui se reconvertit dans le métier de barbier, en installant son échoppe à proximité de la boulangerie de Mrs Lovett, dont il tombe amoureux assez vite. Mais celle-ci est mariée à un rufian de la pire espèce, qui la bat sans ménagement. Todd commence alors à accumuler sa rancœur, et bascule dans la folie quand un client gardien de prison lui décrit ses méthodes d’emprisonnement. Il découpe alors son cadavre et le jette dans la Tamise. Peu à peu, il prend de l’assurance, et libèrera madame Lovett de son époux. Mais il n’est hélas pas homme à palper la chair, et Mrs Lovett se satisfera donc d’un grand nombre d’amants qui la courtiseront pour sa beauté. Frustré sur ce plan, Sweeney restera reclus dans sa boutique, avant de recroiser de vieilles connaissances qui ont imprimé son passé, son père, qu’il tentera d’épargner. Ici, point de mécanisme permettant aux cadavres de rejoindre la cave de Lovett pour la préparation, on travaille à la scie, et on débite de la viande à la main. C’est d’ailleurs intéressant de voir que cette idée des tourtes à l’humain se fait dans un coup de folie lui aussi, Todd déposant régulièrement de la viande comme cadeau chez Mrs Lovett afin de l’aider financièrement, et entreposant les cadavres dans une crypte de la chapelle mitoyenne. Sweeney Todd est ici une baraque, largement capable de maîtriser un homme durant ses meurtres, et animés de sentiments beaucoup moins manichéens, qui si ils réduisent son iconisation (quasi inexistante), lui donnent une authenticité qui convainc. Après, c’est un TV film de luxe, donc le cinéma, les beaux décors, tout cela sera rarement au rendez vous. Mais cette vision vulgarisatrice du mythe, sa simplicité et sa persistance à refuser de céder au gore lui donnent de solides arguments pour défendre un visionnage pas indispensable, mais plutôt riche. Inattendu, c’est un TV film au dessus de la moyenne qui ravira les amateurs de légendes urbaines.

 

4/6

 

de David Moore
avec Ray Winstone, Essie Davis

 

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 06:59

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Dans la dernière moitié de l’année 2009 est sorti un film de SF horrorifique qui n’a pas marqué les esprits, Pandorum. Un peu dommage, le film s’étant fait passé pour ce qu’il n’est pas, à savoir un revival d’Event Horizon pour les cinéphiles, ou un énième film de zombies dans l’espace pour le grand public (producteur d’event horizon et de RESIDENT EVIL oblige. Ni l’un, ni l’autre. Ce film possède quelques défauts, c’est sûr, mais il est aussi le projet le plus original sur le sujet qu’on ait pu voir ces dernier temps, et qu’on ne reverra pas de sitôt, ce projet s’inscrivant comme un retentissant échec commercial, qui engrangea en terme de recette à peine la moitié de son budget.

L’histoire : le sergent Bower s’éveille après un long sommeil cryogénique. Il souffre d’amnésie temporaire (tiens tiens, ça me rappelle Resident Evil 1…), et réveille son supérieur, le lieutenant Payton, afin de remettre en route le vaisseau, qui semble à l’agonie. Mais ils découvrent bien vite que quelque chose cloche à bord.

 

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Au niveau des thèmes, y a rien à redire, les ingrédients qui nous sont proposés sont tout simplement jouissifs. Un vaisseau gigantesque contenant 60 000 hommes, un huis clos tendu et une ambiance qui fait oublier Dead Space en en rappelant la saveur, monstres à l’appui, n’importe quel bisseux validerait immédiatement le projet. Le petit souci du film, c’est étrangement qui a un peu beaucoup trop d’idées. Alors que Bower nous donne l’interface actioner qu’on attendait, Payton cabotine sur sa console avec Gallo à ses côtés jouant les fébriles psychologiques. Cette dimension psychologique, on ne l’attendait pas, et elle reste le procédé le plus bancal du film. Il faut dire que le principe est à double tranchant. En effet, si le pandorum permet de justifier, après réflexion, le comportement des monstres, il ne justifie pas leur aspect (complètement fétichiste, au design underground calibré pour nos goûts hard-core), et tombe dans le piège de la psychologie touchant les héros simples. On complexifie inutilement leur situation, on use de procédés archi connus pour représenter leur raison qui vacille, et on finit presque par les rendre ridicule, tant leur état semble irréaliste au vu des ambitions plutôt simples affichées au départ (redémarrer le réacteur, c’était digne d’un jeu vidéo). Ainsi, le Pandorum est plus un prétexte que le sujet de l’histoire, étant la seule chose qui fasse l’intérêt du lieutenant Payton. D’ailleurs, il vampirise un peu le film, car n’étant pas traité avec suffisamment de profondeur, il s’étale sur une bonne partie du film, et nous empêche de trop jouir du parcours aventureux de Bower et ses amis. Nouveau problème du film, son visuel. Si dans certains lieus, c’est bien géré, la plupart des couloirs sont beaucoup trop sombre pour satisfaire notre curiosité au cinéma. Le passage dans les conduits d’aération d’est absolument pas oppressant, car on ne distingue absolument pas les obstacles dans le passage. Bien dommage, car esthétiquement, c’est laid, et ça nous empêche de jouir du travail des techniciens décors (un crime, sur ce type de production). A par ça, si on ignore une légère tendance du film à singer un peu l’attitude Alice au pays des zombies dans les relations entre les personnages qui s’aident, le film ne fonctionne pas mal, et peu même s’avérer divertissant, car proposant un vaisseau spatial bien plus convaincant que la moyenne, dont le gigantisme impressionne. Au niveau des acteurs, c’est kif-kif : il y en a deux à jeter (Dennis Quaid et Cam Gigandet, qui cabotinent à qui mieux mieux dans un jeu de dupe psychologique dont on se serait bien passé (ou qui aurait dû être plus approfondi et réaliste pour convaincre)) et deux à garder ( un Ben Foster plutôt convaincant pour son parcours actif et son ignorance de ce qui sort de ses compétences (enfin un héros un peu crédible), et une Antje Taue qui oublie heureusement de loucher du côté d’Alice, en évitant le piège des répliques qui tuent). En bref, un spectacle largement convaincant, plus honnête dans sa marchandise (on regrette seulement cette campagne publicitaire lorgnant vers Event Horizon avec lequel il n’entretient que peu d’affinité, et toutes ces images qui n’ont pas grand rapport avec le film). Pour moi, un film à sauver pour ses intentions louables et son univers cohérent.

 

4.5/6

 

de Christian Alvart
avec Dennis Quaid, Ben Foster

 

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 06:52

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Quel est le point commun entre Jason Fleyming, Vanessa Paradis et Benoît Poelvoorde ? Oui, ils sont acteurs… Et ? Ils ont joué ensemble dans Atomik Circus, un film des frères Poiraud, un truc de barge totalement déjanté et assez anecdotique. Pourtant, c’est une vraie perle du cinéma français, à la fois recherché dans ses ambiances, référentiel, et totalement original et bancal. Pourtant, le public passe en grande majorité à côté, et même dans la communauté cinéphile, les avis sont loin d’être unanimes. Revenons donc sur son cas, qui a le mérite d’interpeler.

L’histoire : James Bataille, un cascadeur condamné au bagne pour accident de moto, s’évade afin de retrouver Conchia, la femme qui l’aime. Mais celle-ci est farouchement protégée par son père Bosco, tenancier du San Paradiso bar de Scotlett city. Et là-dessus, un météore tombe à proximité de la ville.

 

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Ce qui est passionnant dans Atomik Circus, c’est son foisonnement en matière d’idées. Tous les ingrédients du film culte sont là, peut être dans des proportions qui n’ont pas particulièrement plu au public, mais qui donne incontestablement une ambiance propre au film. On innove en plaçant d’action au milieu d’une forêt aérée, désertique, tellement ensoleillée qu’on en transpire pendant tout le film. Des aliens, des personnages cultes, de l’humour et du gore… C’est simple, on a rarement une liberté artistique aussi pleinement exprimée dans un film. C’est d’ailleurs tellement innovant qu’en pleine production, TF1 a paniqué devant le caractère ofniesque du film (on les comprend un peu, ce dernier étant totalement en dehors des sentiers battus) et a fortement diminué le budget du film. Malgré cela, il y a de beaux restes, comme le prouve le film sorti de nos jours, bien qu’assez mutilé par rapport au matériau de base. Le premier gros bon point du film, c’est le casting trois étoiles, cité dans mon introduction, et qui surprend en cours de film. En effet, si Jason Fleyming est le héros, il n’arrivera jamais à créer la carrure que celui-ci méritait. Au mieux, nous verrons en lui un casse cou maladroit qui n’a pas peur d’aller au devant du danger, mais qui se prend souvent les pieds dans le tapis. Vanessa Paradis est une surprise totale, car elle est clairement le personnage le plus attachant du film : une chanteuse un peu lunatique qui vit dans son univers musical. Un personnage d’une grande fraîcheur est dont les petits gags seront toujours de bon ton. La merveille du film, c’est Benoît dans le rôle d’Allan Chiasse, un producteur de musique ultra superficiel et libidineux. Un personnage culte, d’une méchanceté qui fait jubiler (ses répliques comptent parmi les plus mordantes que j’ai jamais entendues) et qui fera l’essentiel des gags, en tapant au passage sur l’industrie du show-business. Malheureusement, plus il en fait, plus il est magnifique, et plus il tire la couverture à lui, diminuant la carrure de James Bataille à chacune de ses interventions. Néanmoins, ces trois personnages phares, épaulés par des seconds couteaux sublimes (Jean Pierre Marielle fait des merveilles) et petits rôles attachant (chef Brody, les mariachies…) qui complètent la galerie des caractères cultes. Les gags appellent véritablement à un statut de film culte, et je suis un peu déboussolé en le voyant oublié sur ce terrain au profit de films franco-belges comme Dikkenek qui sont infiniment moins riches et frais. Autre point négatif : les scènes d’action, qui manquent de lisibilité à cause de l’usage fréquent de caméra à l’épaule. Au milieu de tout ça, on a les extra-terrestres, qui se chargent de remplir le quota de gore du film. Et là, ça y va, sans qu’on insiste vraiment trop sur les blessures (pas de plans gore clair si il n’y a pas de sous entendu comique). On remarquera d’ailleurs leur design dans le ton du film : totalement en décalage avec nos attentes, mais résultant d’un vrai travail de recherche. Atomik Circus, comme le dit Vanessa dans ses interviews, c’est une sorte de cirque où évoluent pleins de personnages décalés, sur une histoire imprévisible où on rira beaucoup. Les aspirations du film à rappeler l’esthétique des westerns (vent, poussière, poses iconiques…) induisent un léger côté référentiel, mais si les éléments du film sont connus, leur mélange crée quelque chose de tout neuf, dont la bancalité a divisé de façon attendue le public. Un mélange tellement hétérogène (comédie musicale, western, gore, fantastique…) et complet qu’il ne fera jamais l’unanimité. Et pourtant, derrière cet ersatz de ce qu’aurait pu être le film, on devine quelque chose d’inattendu, mais d’intéressant. Pour ma part, une vraie surprise, et un chef d’œuvre maudit des OFNI.

 

5/6

 

de Didier Poiraud, Thierry Poiraud
avec Benoît Poelvoorde, Vanessa Paradis

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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