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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 06:44

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Si les œuvres de Lloyd Kaufman sont clairement le fer de lance de la troma, ils produisent aussi dans le monde entier, apportant leur soutien financier à des projets cheap, dans le ton de l’esprit troma, mais suffisamment sérieux pour mériter une exploitation en salle ou en dvd. Et Lollilove fait partie de ces productions troma méconnues car montées en parallèle des projets de Lloyd, qui sont loin de manquer d’idées. Et ici, on s’attaque à du lourd : l’obligation qu’éprouvent les riches à donner à des associations caritatives pour se donner bonne conscience. Un projet court (à peine une heure), un peu brouillon, mais qui a le mérite de présenter de pures scènes de mauvais goût.

L’histoire : James et Jenna Gunn (admirez leur courage : ils prennent leur vrai nom) gagnent maintenant beaucoup d’argent et nagent dans le bonheur. Mais pour que celui-ci soit complet, ils veulent apporter de l’aide à l’humanité. Après réflexion, ils décident de monter une association caritative, Lollilove, devant distribuer des sucettes aux sans-abris.

 

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Sur un sujet aussi peu commun, mais intéressant, Jenna Gunn (et non James, qui restera surtout acteur) se lâche à fond dans ce script, et explore différentes pistes de son sujet en y faisant régulièrement intervenir le mauvais goût. Rien que pour les débats du cœur de cible de Lollilove, on sent une superficialité assez douteuse dans l’approche des personnes dans le besoin (Homosexuels engagés dans l’armée, Femmes et chiennes violées, dauphins…), et le choix final des sans abris se révèle assez intéressant, puisque le couple Gunn, riche, les imagine exactement comme des clichés qu’ont les riches des pauvres : ils puent, ils sont alcooliques, ils sont donc dépendant de notre aide pour s’en sortir. Le mépris latent dissimulé sous des airs de bons sentiments est constant pendant tout le film, ce qui nous donnera droit à des scènes d’anthologie. Il faut voir James et Jenna en rendez-vous avec un banquier pour financer l’association, qui se mettent à jouer un businessman et une clocharde tentant de le convaincre de l’aider. Il lui sort tous les préjugés et les clichés qu’ont sort habituellement sur le thème, en ayant des regards appuyés cherchant la connivence du banquier, qui reste absolument de marbre pendant leur « argumentation », aboutissant au bonheur utopique du businessman compatissant et d’une « personne heureuse ». Inutile de dire que Lollilove ne récupère aucun partenaire financier sur l’affaire, mais les efforts de l’épouse Jenna qui appelle quantité de personnes en récitant toujours le même texte, quelque soit la réaction de la personne au bout du fil. Son pétage de câble face à un enième mécontent sera lui aussi très amusant, les insultes intercallée dans le discours de charité créant un plaisant décalage. Après, le film de Jenna comporte des longueurs (sur seulement une heure de film, c’est gênant). Notamment pour les scènes d’engueulades du couple et sur une incartade romantique inutile). Mais la fin vaut son pesant de cacahouète, quand l’association réussit à réunir assez de fric pour effectuer une seule sortie de charité. Et là, c’est parti. Les organisateurs distribuent les sucettes aux sans-abris, bien sûr, mais aussi à des passants qui ont des gueules de sans abris (comme ce black avec des dreadlocks, qui doit forcément être un sans abri…). Bref, c’est un final hallucinant où les préjugés refont vite surface chez les organisateurs, ce qui nous donnent un combat magnifique entre James Gunn et un clochard irrité par leur comportement, et dont l’issue nous laisse vraiment mort de rire (le clochard lui crache dessus, et n’ayant pas de savon, il envisage presque de s’amputer le bras pour éviter la gangrène). Une petite conclusion où on en revient à la situation de départ, ce qui a surtout servi à montrer que ce sont bien les convictions personnelles qui sont le vrai problème. On aura même eu droit à un caméo de Llyod en prêtre aidant les couples, ne faisant qu’interrompre les époux lorsqu’ils commencent à développer leurs impressions pour laisser la parole à l’autre parti. Un petit troma moins révolutionnaire que ses cousins, mais qui peut se révéler assez efficace dans son mauvais goût. Intéressant.

 

4/6

 

de Jenna Fischer
avec James Gunn, Jenna Fischer

 

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Cet homme est un SDF (et noir de surcroit), il n'a aucune chance de se réinsérer en société. Faite un geste pour lui et donnez à Lollilove !

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 07:10

http://100poursanghorreur.free.fr/IMG/jpg/Terror_Firmer.jpg

 

La troma, encore et toujours ! Loin de moi l’idée de leur décerner une introduction dithyrambique à chaque nouvel article, mais il faut leur reconnaître qu’ils sont les plus radicaux et les plus attachants producteurs indépendants de l’histoire du cinéma. Alors qu’on compte les heures avant la sortie de Father’s day, et on brûle spontanément en imaginant ce que nous réserve Toxic avenger 5, on fait un petit retour sur ce qui doit être le meilleur film de l’esprit Troma version Llyod Kaufman avec Terror Firmer, une ode malade et totalement dans le ton des films troma, sacralisant leur esprit de tournage et fantasmant sur notre imagination des ambiances pour nous donner le spectacle le plus abouti qu’ils nous aient jamais délivré. Un revisionnage s’impose !

L’histoire : Rien ne va plus sur le tournage d’un nouvel épisode de la saga Toxic avenger, l’équipe étant victime des agissements d’une mystérieuse tueuse.

 

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Comme toujours au programme, du sang par hectolitres (la scène de l’escalator est une des pires jamais tournée, avec les carnages de Poultrygeist) et une overdose de sexe sous les aspects les plus trashs. Cependant, avant de voir le film, il est nécessaire d’avoir une culture troma. C’est le contrat, il faut le respecter pour pouvoir comprendre le capital sympathie du film. Car pour peu qu’on ait vu la saga Toxic avenger et qu’on ait apprécié leur excès, le fait de découvrir une ambiance de tournage aussi déjantée que les films que nous voyons d’habitude a tout pour nous séduire, et pour flatter notre vision de fan. On découvre ainsi les méthodes de la troma, son code, la débrouille à l’arrache sur les plateaux de tournage, où on tourne avec les moyens du bord  (le gars chargé du son se casse avec son matos ? Pas grave, on filme en muet !). Lloyd rit même de sa personne en endossant le rôle d’un réalisateur aveugle (qui n’a donc aucune idée de la laideur explicite de ses films), pissant partout sauf dans les toilettes, et osant faire jouer à une gosse un rôle d’handicapée mentale suite à un traumatisme nanar de la pire espèce. Absolument personne ne se prend au sérieux, et c’est ce qui fait le capital sympathie du film, qui en profite pour revendiquer à fond son statut de film indépendant, et pour taper sur les gros studios qui ne font que de la merde commerciale et pas attachante (Steven Spielberg en prend plein la gueule, et devient même l’idole de la tueuse). Si on filait 40 millions à la Troma, ils feraient 1 000 films à 40 000 dollars. Leur budget étant tellement bas, leurs aspirations sont donc démesurément ambitieuse, nous offrant des maquillages toujours plus gerbants (et originaux), en se complaisant dans la surenchère la plus totale, l’humour troma étant ici à l’avenant. Qui oserait montrer un gars mangeant du pudding au chocolat étalé sur le pantalon d’un gars avant de dire « ce n’est pas du pudding au chocolat... » ? Ce côté transgressif, on le retrouve toujours chez la troma, qui se fout de la censure et revendique sa liberté artistique de la façon la plus vulgaire, la plus indéfendable qui soit. Il est impossible de citer la Troma dans un dîner, ou même auprès de professionnels « respectables » de la profession. Aussi, Terror firmer méprise ouvertement les bien pensants, consacre les personnalités bisseuses et décalées (le vrai héros du film est le responsable des effets spéciaux gores), et fustige les belles gueules critiquant la troma et louant les œuvres grand public. Le lot de déviance bat son plein, nous balançant à la face de la masturbation avec des cornichons, un retournage de cabine de WC avec un pauvre bougre dedans, un obèse à poil courant en pleine rue devant des passants affolés, et Edouard Baer en français obsédé partant dans un trip hématophylle avec du vomi partout dans la bagnole. De l’excès, il y en aura rarement eu autant, et ce qui est appréciable, c’est que le film possède une trame construite, logique, avec des thèmes forts intéressants (Douglas Buck est derrière le script), et des parodies qui supplantent leurs modèles (les séries comédies romantiques en prennent pour leur grade, et une séquence est encore plus malsaine qu’un Nekromantik. Bref, Lloyd Kaufman nous gâte avec ce qui est le meilleur troma à ce jour, car analysant et revendiquant son esprit mal placé et franc du collier, en prenant parfois des airs de brûlots incendiaires contre les grosses compagnies de cinéma. Une pure merveille de mauvais goût, thématiquement, techniquement et humainement parlant. L’apothéose de l’esprit troma.

 

6/6 pas volés !

 

de Lloyd Kaufman
avec Lloyd Kaufman, Will Keenan

 

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"Let's make some art !"

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 07:04

affiche-Very-Bad-Santa-Santa-s-Slay-2005-2.jpg

 

Dans le genre politiquement incorrect à noël, dans le domaine bisseux, on pensera tous à Gremlins de Joe Dante, véritable merveille du septième art dans sa générosité totale niveau créatures (animées avec un réel talent) et dans ses idées assez osées, tapant sur les flics, les vieux riches, les chanteurs de chorale, et sur l’ambiance joyeuse couramment associée à la fête (l’épisode douloureux de l’enfance de Kate). Et depuis, c’était un peu la zone, malgré quelques films plus sérieux (A l’intérieur, Black chrismas 2006,…) pour immortaliser les fêtes. Et sort sans prévenir à noël dernier un évènement ultra anecdotique, ultra référencé mais d’une bancalité totale proche de la jouissance franche : Very bad santa. Une comédie incorrecte jubilatoire, au concept ultra simple mais plutôt bien exploité, fonctionnant sur un simple anagramme : Santa, et Satan.

L’histoire : Après un duel entre un ange et Santa, le fils de Satan, ce dernier est obligé de donner chaque noël des cadeaux à des enfants pendant 1000 ans. 2005 : fin du pari.

 

http://a10.idata.over-blog.com/3/85/36/69/Images-2/Image-6/Very-bad-santa-image-6.jpg


Totalement barge, ce film assez court (à peine une heure vingt), affiche une envie de devenir direct culte au court d’une introduction mémorable où quelques stars cachetonnent pour une scène familiale gerbante d’hypocrisie et un véritable massacre 100% jubilatoire. Dans ce film, le père noël est une sorte de viking impressionnant, barraqué, tendance métalleux bûcheron, balançant des répliques à deux balles avant de trucider tous les êtres vivants qu’il croise avec un maximum d’accessoires de noël. Autant dire que chacune de ses apparitions provoque des torrents de rire (même si certaines sont moins drôles, il faut l’avouer), le mythe du père noël étant à chaque fois détourné de la façon la plus jubilatoire qui soit. Ainsi, le traîneau se pare d’un look Drakkar du meilleur goût, et est tracté par un bison impressionnant et carnivore qui défonce les voitures n’avançant pas. Quand je l’ai vu, je n’avais aucune attente en particulier, alors, j’ai depuis une excellente impression pour cette comédie plutôt réussie, mais jamais exempte de défauts. Il va sans dire que tous les acteurs cabotinent comme des barbares, à commencer par nos deux héros adolescents. Le héros est sincèrement chiant, c’est un glandouilleur pas attachant, qui se fait dragué par Emilie de Ravin, et qui réussit à lui faire des reproches sur des idées de merde. On a carrément envie de le flinguer tant il est con et inutile et de prendre sa place afin d’honorer dignement Emilie. Car Emilie est dans ce film la copine adolescente idéale, celle qu’on a toujours eu envie d’avoir avec nous ! Elle offre un flingue à son copain, elle est mignonne, elle s’intéresse à toutes les conneries qu’on raconte, elle est décalée… Elle est juste parfaite. Le grand père cabotine lui aussi comme un dingue, quand au père noël, c’est juste inoubliable. Après, il y a des détails totalement inutiles, mais qui sur le coup font vraiment rire. Ainsi, le père noël, au croisement d’une rue, bouscule une personne, et pousse un grognement haineux en s’apercevant qu’il s’agit d’un juif. Totalement inutile et injustifié, mais aussi absurde et drôle. Le film enchaîne donc les gags et les situations avec rapidité (au moins, on ne s’emmerde pas), en iconisant à mort son personnage bourrin, qui défonce une porte blindée en 5 minutes. Malheureusement, la facture technique pauvrette du film ne donne jamais plus qu’un style télévisuel quelconque, les effets spéciaux numériques étant légion. On sera par ailleurs déçu par un final pas drôle et complètement fauché niveau idée (à part un clin d’œil à South park). Mais rester sur cette dernière mauvaise impression serait une erreur, tant ce film bancal et sincère rappelle le goût des séries B tendance années 80. Une bouffée de fraîcheur très maladroite, mais au potentiel sympathie éloquent.

 

4/6

 

de David Steiman
avec Bill Goldberg, Douglas Smith

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 07:17

Ceci est un test, je publierai d’autres extraits si ceux-ci font rire pour ce qu’ils sont, à savoir une parodie d’Indiana Jones dans un scénario plus abracadabrantesque que jamais (le script n’est pas de moi), mais faite avec sérieux. Une sorte d’Indiana Jones à la OSS 117, avec des tas de blagues débiles, des sous entendus de mauvais goût, des situations consternantes, et une tendance prononcée vers l’absurde. Loin de moi l’idée de faire du subversif, c’est seulement un essai dans la parodie « de qualité ». Ces sont des extraits piqués ça et dans un scénario beaucoup plus long, les quelques indications que j'ai laissé devraient être suffisantes pour la compréhension des situations.


Dans cette histoire, Indy part à la recherche du calendrier Maya. Pour se faire, il est escorté par Emma Brown, une spécialiste des civilisations précolombiennes, Benjamin, le fils de Marcus Brody. Il doit retrouver pour cela 5 codex dispersés partout dans le monde, et pour les localiser, il doit retrouver un journal écrit par Hitler (qui n’avait rien d’autre à foutre que de collecter des renseignements sur les mayas), qu’ils pensent trouver dans sa demeure de vacance à Berchtesgaden. Les voilà parvenu à l’entrée principale en détournant l’attention des gardes nazis.


Intérieur jour, au nid d’aigle.

 

Indy stoppe ses amis en face de la porte d’entrée.

 

Indy :

--- Attendez, il y a peut-être une alarme ou un système de sécurité. Et puis, d’autres gardes peuvent être restés dans le bâtiment. Il va falloir ruser… Mettez-vous bien sur les côtés de la porte.

 

Alors qu’Emma et Benji s’exécutent, Indy se plaque contre la porte pour écouter ce qu’il se passe à l’intérieur, et toque à la porte. On entend des pas qui se rapprochent, et un homme habillé en civil ouvre la porte.

 

Rudolph :

--- Professeur Jones, mais que faites-vous là ?

 

Jones :

--- Rudolph Hoffman ? Vous vivez donc ici ?

 

Emma :

--- Mais qui est-ce ?

 

Indy :

--- C’est le fils caché d’Hitler ! Personne ne le savait.

 

Benji :

--- Espèce d’enflure ! Vous avez participé à la Shoa !

 

Rudolph :

--- Vous êtes erreur, ce n’est parce-que mon père était un méchant que j’en suis un aussi !

 

Indy :

--- Oui, je comprends ce que vous ressentez. La culpabilité de ce qu’a pu faire votre père…

 

Rudolph :

--- Mais ne restez pas sur le pallier, entrez donc.

 

Indy et ses amis entrent. Rudolph referme la porte et les conduits dans son salon.

 

Rudolph :

--- Une petite tasse de thé pour vous requinquer de votre ascension ?

 

Emma et Benji :

--- Bien volontiers !

 

Indy :

--- Avec deux sucres blancs pour moi.

 

 

Rudolph :

--- Un nuage de lait pour éclaircir votre boisson ?

 

Emma :

--- J’en prendrai peu, je l’aime corsé.

 

Rudolph :

--- Mais que me vaut le plaisir de la visite d’un scientifique aussi brillant que vous ? 

 

Indy :

--- Nous sommes à la recherche du journal sur les mayas du général Nickler.

 

Rudolph :

--- Ah… Le général Nickler. Un grand homme ! Qui hélas, avait un penchant trop prononcé pour la torture dans les camps de concentration.

 

Indy :

--- Oh ! Je n’ai jamais vraiment su apprécier les qualités de ce nazi. Trop…hum, égocentrique à mon goût.

 

Benji :

--- C’était un salaud aussi !

 

Rudolph :

--- On ne peut pas vraiment dire ça… Le problème de Nuremberg, c’est que tout le monde a agit immédiatement après le choc de la découverte des camps. Ils n’ont pas jugé avec la réserve qui était nécessaire à une telle histoire.

 

Indy :

--- Revenons sur le général Nickler.

 

Rudolph :

--- Oui… Son journal. J’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer à ce sujet.

 

Emma :

--- Comment cela ?

 

Rudolph :

--- Le führer l’avait emporté pour l’étudier au cours d’un voyage diplomatique et l’avait oublié sur sa table de chevet.

 

Indy :

--- Mais où exactement ?

 

Rudolph :

--- En Chine.

 

Benji et Emma :

--- En Chine ?

 

Rudolph :

--- Oui, en Chine.

 

Indy :

--- Où ça en Chine ?

 

Rudolph :

--- A Pékin, pour être plus précis.

 

Indy :

--- Ca va, on va le retrouver.

 

Emma :

--- Mais ça nous éloigne du premier codex !

 

Rudolph :

--- Codex ?

 

Indy :

--- Je t’explique : On doit retrouver cinq codex pour débusquer le calendrier maya, et le journal du général peut se révéler déterminant.

 

Rudolph :

--- Je comprends mieux pourquoi vous êtres venu ici ! Qui veut un biscuit ?

 

Indy :

--- Merci. On va se rendre directement à Pékin à la recherche de ce manuscrit.

 

Rudolph :

--- Si je peux vous donner un conseil, cherchez vers les antiquaires, ce document a été signé par le führer, il doit avoir une certaine valeur marchande.

 

Indy :

--- Merci, je peux utiliser votre téléphone ? Il faudrait que j’appelle un ami, Sallah, qui a déménagé en Tunisie.

 

Rudolph :

--- Je vous en prie. Et dites-lui bonjour de ma part.

 

Indy :

--- Il sera ravi !

 

Indy part dans la pièce à côté et décroche le téléphone.

 

Une fois le journal récupéré, Indy et ses amis récupèrent Sallah en Tunisie, et se mettent en quête du premier codex caché par les mayas dans la ville de Tattoïne, en plein désert. Mais les nazis, mené par le général Vélasquez (qui n’a pas une gueule de Picasso), progressent aussi à grands pas de leur côté.

 

Ext jour, tatooine.

 

Après quelques plans entrecoupés d’Indy avançant dans le désert et des camions de Velasquez, les nazis arrivent à Tatooine. Il y a 4 bâtiments le long de la route. Les nazis descendent de leur véhicule, et enfoncent la porte de la première maison. Ils font sortir un couple, qu’ils font s’agenouiller sur la route. Velasquez sort de son camion et marche vers eux.

 

Velasquez :

--- Ecoutez moi bien, messieurs-dames. Je suis venu de très loin pour visiter votre charmant bled. Mais j’aimerai bien voir son attraction principale : le vieux sage Hol. Pourriez vous me dire où il vit ?

 

Le mari :

--- Mais qu’est ce que vous lui voulez ?

 

Un enfant surgit alors de derrière un bâtiment et fait mine de tirer sur les nazis avec un bout de bois.

 

Velasquez :

--- Il est à vous cet enfant ?

 

La femme a un regard horrifié.

 

Velasquez :

--- Comment s’appelle t il ?

 

Le mari :

--- Il s’appelle Luc, seigneur.

 

Velasquez :

--- Et bien, si Luc veut changer le torchis des murs de votre ruine pendant encore de longues années, il serait dans votre intérêt de me donner des renseignements.

 

Le mari :

--- D’accord. Il vit là bas, dans la petite maison en pierres au sommet de la colline.

 

Velasquez lève la tête, et aperçoit la maison en question :

--- Merci. Passez une bonne journée.

 

Velasquez et ses nazis s’éloignent de la famille en pleurs et monte au bâtiment indiqué. Derrière eux s’élève la voix de Luc :

--- Je réduirai votre empire à néant !

 

Ils encerclent la maison. Velasquez frappe à la porte.

 

Darkm :

--- Entrez !

 

Velasquez :

---Oh, grand sage Hol, je suis venu du lointain occident pour vous consulter.

 

Darkm :

--- Je possède un grand savoir en effet, et je suis heureux qu’on me respecte à ma juste valeur. Entrez, noble étranger.

 

Velasquez :

--- Je vous remercie de m’accorder votre temps précieux. N’ayez crainte, je vous dédommagerai pour cela.

 

Darkm :

--- Gardez vos deniers, je vous en prie. Je m’enorgueilli de rester au dessus de ces considérations pécuniaires qui assaillent notre peuple en ces époques troubles.

 

Velasquez :

--- Cela va de soi. J’ai eu vent que vous détenez un objet très spécial.

 

Darkm :

--- Expliquez vous, mon fils…

 

Velasquez :

--- Le codex maya…

 

Darkm :

--- Oh, en effet… Vous devez être bien informé, car peu de personnes étaient au courant pour cette pièce unique. Elle est cachée ici.

 

Darkm sort un étui fixé sous la table.

 

Darkm :

--- Ce trésor s’est transmis de père en fils pendant plus de 700 ans. Mais malgré toute l’énergie que nous y avons mise, nous ne sommes pas parvenus à lire ce que ces pages indiquaient.

 

Velasquez :

--- Je me propose de vos acheter cette relique. Comme vous l’avez, elle ne vous est d’aucun intérêt. Et pour moi, je pense qu’elle fera bien dans mon hall d’entrée.

 

Darkm :

--- Mon fils, je vous mets en garde. Ce savoir pourrait être dangereux. Et qui accroît son savoir accroît sa peine…

 

Velasquez :

--- Combien ?

 

Darkm :

--- 10000 pesetas, en cash si possible.

 

Velasquez s’exécute, et s’empare du coffret. Il sort de la hutte alors que le vieux pousse des cris de jubilation. Il entrouvre le coffret, et voit qu’il contient un parchemin. Il le referme et monte dans son camion. Les nazis remontent dans leur véhicule, et le convoi repart dans une nouvelle direction.

 

 Nos héros se lancent alors à leur poursuite en suivant leurs traces.


Ext jour, désert.

 

Indy et ses compagnons sont à dos de chameau et suivent les traces du convoi de camion. Indy ouvre la marche, suivi par Sallah, Benji et enfin Emma. Cette dernière commence à se poudrer les yeux. Son chameau, qui s’est alors plus dirigé, commence à s’éloigner de la piste, qui zigzague entre les dunes. Brutalement, le chameau d’Emma stoppe. Cette dernière, secouée, examine la situation.

 

Emma :

--- Mais pourquoi il avance plus, lui ? Il est en panne ? Allez, Hue ! Yahaaa ! Au trot !

 

Malgré les agitations et les exhortations d’Emma, le chameau ne bouge pas, et s’enfonce dans le sable un peu plus à chaque tentative de mouvement.

 

Emma :

--- Bon sang ! Mais pourquoi est-ce qu’il s’enfonce dans le sable comme cela ? C’est une tentative de camouflage ? Ou est ce que c’est simplement pour m’embêter ?

 

Elle constate que la bête est enfoncée à mi genoux, et que les autres ont disparus derrière une dune.

 

Emma :

--- Bon sang ! Mais ce sont des sables mouvants ! Vite, il faut se tirer de là !

 

Elle saute alors  aux pieds du chameau, mais en atterrissant, elle s’enfonce instantanément jusqu’au cuisses.

 

Emma :

--- Mon Dieu ! Me voilà ensablée aussi ! Qu’est ce qu’on fait dans ces cas là ? Vite ! Au secours !

 

Elle fait de grands mouvements de jambe pour tenter de se dégager, et ne réussit qu’à s’enfoncer jusqu’au bassin. Benji apparaît alors au sommet de la dune.

 

 

Benji :

--- Tout va bien, miss Brown ?

 

Emma :

--- Non ! Je vais mourir dans 2 minutes si on ne m’aide pas !

 

Benji :

--- Bon sang ! Vous êtes enfoncée dans des sables mouvants ! Ne bougez pas, j’arrive !

 

Benji cavalcade avec son chameau et arrive rapidement auprès d’Emma et de son chameau prisonnier. Il prend une corde qui est accrochée sur la selle, en attache un bout sur l’étrier, et saute dans les sables mouvants avec l’autre bout de corde. Il l’attache à la bride du chameau enfoncé. Ce dernier se dégage en étant tiré et s’éloigne.

 

Emma :

--- Merci ! Vous avez sauvé mon chameau !

 

Benji :

--- De rien ! C’était indispensable.

 

Emma, enfoncée jusqu’au ventre :

--- Mais qu’allons nous faire maintenant ?

 

Benji, enfoncé jusqu’aux cuisses :

--- Heu… Indy ?... INDY ?

 

Indy arrive au pas de course, suivi par Sallah qui est en train d’ouvrir une boite en bois.

 

Indy :

--- Bon sang, mais comment vous vous êtes retrouvé la dedans ?

 

Emma, apeurée et enfoncée jusqu’au sternum :

--- Faites nous sortir d’ici !

 

Indy met pied à terre et sort son fouet. Il le déploie et, après un son claquant, l’enroule autour du poignet d’Emma.

 

Emma :

--- Aïe ! Ca serre, ce truc !

 

Indy :

--- Possible, mais il faut vite vous faire sortir d’ici !

 

Alors qu’Indy se démêne comme un fou, Sallah commence à s’allumer un cigare. Soudain, Indy voit une colonie de 10 scorpions qui marchent sur les sables mouvant et qui commencent à grimper sur Benji.

 

Indy :

--- Benji ! Ne bouges surtout pas, quoi qu’il arrive ! Et arrêtes de respirer ! Emma, lâchez vite ce fouet !

 

 

Emma :

--- Mais je refuse ! Je suis en train de me décoincer ! Et si je reste encore plantée là pendant une minute, je vais me noyer là dedans !

 

Indy :

--- Je ne vous laisserai pas tomber ! Mais il faut me rendre ce fouet, sinon, il y aura mort d’homme !

 

Emma :

--- Alors qu’une femme, ça compte moins…

 

Indy :

--- Mais non ! Pas du tout ! Ecoutez, ça n’est pas le moment de lancer un débat pro-féministe. Lâchez ça !

 

Indy défait le fouet d’un geste vif. Les scorpions ont l’air de s’être calmé, et prennent le soleil sur Benji, qui est devenu rouge à force de ne pas respirer. Indy, avec précision, fait claquer son fouet sur Benji, ce qui coupe les scorpions en deux. Benji se retient de crier à chaque coup.

 

Sallah :

--- Indy, mon ami ! Tu veux gouter un cigare tunisien ? Je te promets qu’ils ne sont pas dégoûtants…

 

Indy, à Emma et Benji :

--- C’est bon, j’en ai fini avec ces bestioles.

 

Emma, qui a du sable jusqu’au cou, applaudit avec ses bras en l’air.

 

Indy :

--- Mais surtout, arrêtez de remuer ! Une des causes probable de ces sables mouvants pourrait être la remontée d’un puit de pétrole. Il faut donc éviter de faire la moindre étincelle…

 

Indy s’arrête de parler, ses yeux s’agrandissent de peur, et il se retourne vers Sallah.

 

Indy :

--- Sallah ! Eteins moi vite ce cigare ! Allez !

 

Sallah :

--- D’accord, d’accord ! Inutile de te fâcher…

 

Il lance le cigare allumé.

 

Indy :

--- Non ! Pas par là !

 

Le cigare retombe sur un côté des sables mouvants, devenu sombre, qui commence à s’enflammer.

 

Indy :

--- Vite, il faut vous sortir de là ! Votre poids fait remonter le pétrole à la surface !

 

Indy fait claquer son fouet et l’enroule autour du bras de Benji. Indy tire alors comme un bourrin, aidé par Sallah. Benji sort brusquement des sables, et ses jambes remontant des traces de pétrole, prennent feu. Sallah jette immédiatement une couverture dessus, ce qui étouffe l’incendie.

 

Indy :

--- Sallah ! Met vite ta couverture sur le feu ! Sinon, sa fumée nous fera repérer ! Au tour d’Emma maintenant !

 

 

Indy fait claquer son fouet et l’enroule une seconde fois autour du poignet d’Emma, dont seul les avant-bras dépassent du sable. Il tire un bon coup dessus, le buste d’Emma jailli du sable.

 

Emma :

--- AAïïe !

 

Indy :

--- Vous êtes sauvée !

 

Benji, aux vêtements noirci :

--- J’ai eu chaud !

 

Sallah, tirant la couverture brulée :

--- Ma femme va me tuer.

 

Indy tire encore, Emma est complètement dégagée et tractée sur le sable normal. Cette dernière a les jambes couvertes de pétrole, et ses bras ont été quelque peu meurtris par l’effort.

 

Indy :

--- Je vais vous penser ça…

 

Emma :

--- Inutile. Ca ira mieux dans quelques minutes. Et puis, la trousse de secours ne rentrait pas avec le carton à dessin dans la sacoche.

 

Benji :

--- Que d’émotions !

 

Sallah :

--- Ca y est, Indy ! L’incendie est maîtrisé ! Personne ne verra de fumée.

 

Indy :

--- Profites en aussi pour arrêter les cigares. Fumer, c’est dangereux pour la santé !

 

Ils sourient, et se reposent quelques instants.

 

 

Cela vaut-il le coup d’être tourné ? Précisons que je n’ai évidemment pas les droits de cette franchise, je ne suis donc pas légalement autorisé à la bousiller. Le script étant en grande partie composé de gags de cet acabit, pouvez vous me dire si vous trouvez ça amusant, ou pas du tout ?

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 06:53

http://cdn2.iofferphoto.com/img/item/118/119/937/IbogirHdXfMcI1H.jpg

interdit aux moins de 16 ans

 

Très dur, extrêmement difficile de trouver un angle d’attaque pour commencer à disséquer une œuvre comme Santa Sangre de Jodorowsky. Rien que pour commencer par cet angle (en gros, dire que c’est dur), il m’a fallut 15 minutes. Et pourtant, le film est loin d’être prise de tête, loin de là. Si certaines séquences du film demeureront des énigmes (qui a dit qu’on devait tout comprendre dans un chef d’œuvre ?), Santa sangre est un film vivant, qui doit offrir à peu près tout ce qu’on peut attendre du cinéma, pour peu qu’on ait un cœur bien accroché et des yeux ouverts. Plongeon dans un maelström imprévisible.

L’histoire : Fenix est le fils d’un lanceur de couteaux et d’une partenaire de spectacle, également prétresse à l’église du culte du sang sacré. Dans cette troupe de cirque, il commence à vivre une histoire touchante avec Alma, une jeune fille muette et gymnaste. Mais la relation entre la mère d’Alma (la femme tatouée) et le père de Fenix complique peu à peu les choses.

 

http://www.mondo-digital.com/santasangre2big.jpg

 

Il est impossible, je dis bien impossible de faire une analyse de ce film sans détailler les faits qui nous sont donnés à voir. En encore, les interprétations peuvent considérablement varier d’un individu à l’autre, Santa sangre faisant partie de ce cinéma qui ne dose pas son symbolisme, d’une puissance retentissante dans chaque plan du film. Car c’est ça qui est très fort : il brasse des tas d’éléments connus, mais en ayant une ambiance ou une sensibilité tellement particulière qu’elle nous fait oublier les autres films que nous avons vu précédemment pour mieux nous cueillir sur l’instant, et particulièrement dans le registre sentimental. C’est ce registre qui m’a particulièrement impressionné pendant ce film. La violence psychologique que le film déploie, pouvant être schématisée rationnellement (Fenix, brisé par son enfance, se replie d’abord sur soi (la séquence zoo où il a l’air d’un animal) avant de retourner à la vie active en étant harcelé par le souvenir de sa mère, qui le pousse à tuer ses conquêtes féminines) est au final totalement retranscrite sur un registre sentimental. La possession du fils (et de ses mains) par la mère, si elle peut rappeller Psychose sur le papier, est totalement novatrice dans sa représentation et son ressenti du phénomène, Jodorowsky représentant Fenix prêtant ses bras à sa mère, se tenant derrière elle et agissant comme si sa mère contrôlait ses membres. Des scènes d’une grâce hallucinante, qui foudroient par leur simplicité et leur majesté (les séquences du premier spectacle et du morceau de piano sont, on vous l’assure, de vrais moments de cinéma). Et si ce registre sentimental fonctionne aussi bien, c’est parce que les personnages, loin d’être manichéens, sont étonnement bien dépeints. Ils sont toujours intègres dans leurs actions (c’est ce qui pouvait faire penser à du manichéisme), mais ils ont leurs bons et leurs mauvais moments.

 

Santa-Sangre-006.jpg


Prenons le père. C’est un homme viril, qui n’accorde cependant pas une très grande importance à son fils (du moins dans la vie courante). Il est la personnalité masculine, immanquablement séduit par la Femme Tatouée, et ne cédant pas aux protestations de son épouse pourtant armée d’un couteau. Un caractère bien trempé, mais amoral. Mais avec la mort de l’éléphant du cirque, qui affecte beaucoup Fenix, son attitude change radicalement. Alors que les funérailles de l’éléphants s’achèvent par son partage boucher auprès d’une population pauvre (la mort permettant à la vie de se perpétuer ?), son attitude change radicalement le temps d’un soir, où il fait de Fenix un homme, en lui tatouant sur le ventre un dessin identique au sien : un motif d’aigle. Une séquence certes tribale, longue, mais qui apporte un cachet viril, un lien de sang entre père et fils. Mais le père retombera hélas dans ses excès, et découpera les deux bras de sa femme dans un instant d’aveuglement, sa masculinité mutilée par sa castration à l’acide. La mère est elle aussi une figure changeante. D’abord montrée comme une femme plus faible que son époux (mais ayant quand même suffisamment d’estomac pour le menacer d’une arme blanche), elle passera presque au stade de martyr lorsque l’église qu’elle s’est juré de protéger sera démolie. Alors que son culte présente des symboles christiques évidents, il sera violemment rejeté par l’évêque du coin avant que le bâtiment soit rasé alors que les fidèles y sont encore rassemblés. La mère ressemble alors à une victime. Mais une victime qui fait toujours preuve d’une autorité forte sur son fils, et dont le besoin de soumission grandit avec la détérioration de sa condition. Ce qui explique son geste agressif de castration impulsive de son mari, ayant désobéi à sa volonté. Sa mort, à nouveau iconisante, lui redonne une figure de martyr, alors qu’elle reprendra son rôle de mère envahissante dans la tête de son enfant. Et Alma, la femme sauvage, muette, est une véritable déclaration d’amour au cinéma muet, les scènes d’enfances entre elle et Fenix relevant de la pure poésie. Il faut voir cette séquence inoubliable, où elle donne enfin à l’oiseau sanglant sur le torse de Fenix le sens de liberté qu’il signifie. Son histoire sera d’ailleurs souvent muette, ce qui donnera lieu à des séquences marquantes (l’homme tirant quelque chose de derrière son oreille, avant qu’on se rende compte que c’est carrément son oreille qu’il tend). Les retrouvailles n’auront hélas pas vraiment l’ampleur sentimentale qu’on aurait souhaité voir, la danse me semblant ici un poil trop classique au regard du symbolisme précédemment utilisé. En fait, de manichéens, il n’y a que le gentil personnel du cirque, et la femme Tatouée, l’incarnation même de la débauche. Son meurtre prendra par ailleurs des airs de baroques magnifiques, à l’éclairage ultra chiadé, que ne renierait sans doute pas un Dario Argento. Cette scène de meurtre barbare est un exemple éloquent de ce que le film peut offrir de mieux comme ambiance, et pour vraiment pas cher. Et d’ailleurs, comme tout bon film de cinéma, Jodorowsky nous offrira de nombreuses séquences « fantasmes », comme en témoigne ce strip tease en cours de spectacle, où la danseuse est carrément déshabillée par le public masculin de la salle. Ou encore cette drague totalement inattendue d’un transsexuel bodybuildé par Fenix, scène de pur fantasme décalé où le freak est courtisé avec une grâce totalement inattendue. Des images fortes, des symboles à foisons (de jeunes handicapés suivant une prostituée comparés à Blanche neige et les sept nains), une histoire totalement décalée, mais profondément touchante, des hommages revendiqués (The invisible man de James Whale, transcendé par le registre émotionnel de Fenix désirant faire disparaître son propre reflet dans le miroir par remords des atrocités commises), Santa Sangre affiche des envies de cinéma immensément ambitieuses, et malgré un budget de misère, parvient nettement à les satisfaire, grâce à une implication réelle de ses acteurs et une fraîcheur de style réellement vivifiante. Si émotionnellement, le film s’est révélé être une claque, je ne suis pas sûr de le compter parmi mes favoris. Mais sa qualité est scandaleusement précieuse, et se priver d’une telle merveille relèverait de l’absence totale de bon sens. Indispensable ? Et comment !

 

6/6 (et pas volés !)

 

de Alejandro Jodorowsky
avec Blanca Guerra, Axel Jodorowsky

 

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Le couteau, une dimension phallique jamais démentie !

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 06:46

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James Gunn a fait ses premières armes chez la troma, dans l’intéressante production Lollilove qui se retrouvera bientôt sur ce blog. Fort de ce premier essai, il a commencé comme scénariste (le scénar de L’armée des morts, c’est lui), avant de passer à la série B horrorifique avec Horribilis (slithers), dont on va parler aujourd’hui. Horribilis, je n’en ai jamais entendu du bien. Tout au plus, on s’accordera pour dire que les personnages sont sympathiques, et puis basta. Mais merde ! Même si la facture du film est un peu télévisuelle, on a plus vu de films de créatures aussi bandants depuis longtemps. Sorte de The deadly Spawn numérique immodérément généreux, c’est un de mes coups de cœurs cinématographiques (dans mon top 10), car si le talent est loin d’être vraiment au rendez vous, c’est un film qui tient largement ses promesses.

L’histoire : un météore tombe dans une petite ville américaine. Une créature s’en échappe et infecte un habitant, dont le comportement change radicalement.

 

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Michael Rooker comme vous ne l'avez jamais vu !

 

James Gunn place la barre assez haut pour une première réalisation, le nombre d’effets spéciaux étant vraiment impressionnant. Niveau quota de gore, on a rarement été autant servi dans un petit film. Et du gore bien cracra, avec du pus, de la viande, des tripes, des boursouflures et tout un tas de muqueuses suintantes à vous dégoûter à vie de la Chair. Sur un plan purement technique, le grand défit de ce film, c’est sa créature (joué par un Michael Rooker qui a rarement été aussi cool), qui combine à elle seule beaucoup de trucages différents (numériques et maquillage), ce qui a entraîné quelques modifications  de scénarios pendant la production. Mais au final, le rendu de la créature est remarquable, et le numérique s’intègre parfaitement à l’image. Défi techniques réussi, et pourtant, ça n’était pas les nombreux design qui manquaient. Grant, le monstre principal, existant sous forme humaine, puis de grosse limace, avant de devenir immobile tant il devient énorme. Et son cycle de reproduction est réellement jouissif, car il est merveilleusement décrit, et fait intervenir des designs de créatures plus (les zombies) ou moins (les limaces) connus. D’un point de vue zoologique, la créature fonctionne parfaitement, et sa logique monocéphale en fait un ennemi intéressant à combattre. Outre le gore qui  tâche et le bestiaire varié, c’est sur l’humour que le film gagne en sympathie. Contribuant à l’attachement du public à ses personnages, il renforce continuellement cette façade de série B ludique, n’hésitant pas à aller loin dans son propos (tout le monde est touché par la menace, gosses inclus), mais en jouant toujours la carte de l’humour, parfois de mauvais goût (les parents zombifiés tentant de convaincre leur fille de les laisser entrer dans la voiture), mais ne gâchant jamais le grand guignol et la bonne humeur du film. Il devient dès lors amusant, car décalé, d’avoir des gags en plein milieu de scènes hyper-crades (la cave de Starla quand Jack y est enfermé). Une ambiance oscillant entre bestiole poisseuse et comédie romantique, la trame du film étant d’ailleurs assez explicite à ce sujet. L’histoire d’amour est en plein milieu du film. Et qu’on me pardonne mon manque de recul vis-à-vis de ces thèmes, mais l’histoire du monstre qui investit le corps d’un homme, qui n’a jamais connu l’amour, et qui tombe amoureux de sa femme, ça m’émeut. Mon cœur d’artichaud risque d’être dévoilé au grand jour, mais je trouve l’histoire du monstre assez attachante (quoi que rappelant beaucoup La belle et la bête, sans le ton de Disney). L’histoire est merveilleusement travaillée à ce sujet, les sentiments des protagonistes étant plutôt bien dépeints. Les acteurs en eux même sont plutôt bons, et on voit qu’ils s’éclatent complètement sur ce tournage loufoque. Des acteurs motivés et sincères, un quota de gore littéralement explosé, une créature photogénique et une histoire d’amour tragique. Ma qué je ne demande pas plus. Cerise sur le gâteau, des bonus dvd réellements sympathiques, qui montrent combien le tournage a pu être détendu, et s’est révélé être une excellente expérience pour tout le monde, de l’équipe technique aux acteurs en passant par les SFX. La notule où le technicien nous apprend à faire du faux sang et sa suggestion pour faire peur aux parents étant tellement drôle, je ne peux m’empêcher d’augmenter le capital sympathie de ce film, toujours moins réussi niveau ambiance qu’un Alien, mais d’une sincérité qui m’a profondément marqué.

 

5/6 (même si je sens que ça va faire des vagues)

 

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Guili guili guili !

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 07:13

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Alex de la Iglesia revient sur mon topic, avec son nouveau film Balada Triste. Enfin, nouveau… On espère qu’il ne restera pas nouveau très longtemps, car le bonhomme est tellement doué, qu’à chaque nouveau film, on en redemande. Et la tendance n’est pas prête de s’inverser avec ce nouveau film, bourré de gags qui font pleurer. Profondément mélancolique et tragique, c’est un film animé par l’énergie du désespoir, probablement le plus personnel et le plus violent de toute la filmographie d’Alex. Et c’est un gros morceau du programme cinématographique de l’année.

L’histoire : Le fils d’un clown joyeux grandit avec l’émergence du Franquisme. Il devient alors un clown triste, et se fait engager dans un cirque, où il tombe amoureux de la femme du clown joyeux, un alcoolique tyrannique.

 

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Ce qui choque très vite dans le film d’Alex de la Iglesia, c’est qu’il y a énormément de situations humoristiques. Mais elles sont toutes si dramatiques, si sombres, qu’à chaque nouveau gag, le spectateur prend à nouveau conscience de la gravité de la chose. Cette introduction pose déjà les bases des figures clown joyeux / clown triste. Le clown triste est celui qui rit des blagues du clown joyeux. Il est dramatique, il subit l’humour plus qu’il ne le fait vivre, car dans une farce, il y a le farceur et le dindon. Il porte un regard incroyablement lucide sur le monde, et est seul capable de résister un revolver pointé sur la tempe. Le clown joyeux est celui qui fait les blagues, et qui récolte les rires des enfants, il est affable, et cède en face de son public. Mais dans une situation de crise, il est le premier à arrêter de rire pour devenir lui-même une bête sauvage. Ces figures, nous les retrouverons constamment dans le film, au moins dans les situations initiales. En effet, une fois que le clown joyeux s’est transformé en bête sur le champ de bataille, il est emprisonné par l’armée franquiste. Son fils viendra le voir, et à travers la grille, son avenir est bouleversé. Il deviendra clown triste au lieu de continuer dans la branche de son père. Après un court intermède où le père et le fils chercheront à se venger du régime qui les a opprimés, le fils, maintenant grandi, trouve un travail dans un cirque, et remarque la gymnaste au ruban. C’est la femme du clown joyeux, qui gère le cirque. Et ce clown fait des tonnes de blagues, mais elles n’ont rien de drôle. La blague du bébé mort né illustre parfaitement cette thématique, puisqu’il y a une situation amusante, mais qu’il n’y a pas de quoi rire. Ce qui donne lieu à la scène d’explication de la blague, d’habitude très drôle, et ici totalement dramatique, car pour une fois, nous sommes du côté de celui qui n’a pas compris. Nous nous focalisons après sur le trio 2 clowns/danseuse, vraiment très étrange, la danseuse flirtant ouvertement avec le clown triste, en l’appréciant pour son courage et pour sa gravité, mais restant toujours avec son clown joyeux, qui la bat sans retenue avant de la ramoner comme il faut, en voyant sa relation comme un amour voué à la détruire. On continue d’espérer voir la situation s’améliorer, ce qui est le cas pendant la sortie à la fête foraine, et alors que l’amour commence à se concrétiser, et que le clown triste rit, il prend dans la main d’un grosse une barbe à papa avant d’en mordre goulument une bouchée sans s’en soucier. Constamment, le dramatique de la situation est relancé, et constamment, cela empire, prenant de telles proportions que le parcours hallucinant du clown triste, se muant peu à peu en la bête qu’est le clown joyeux, prend un sens vraiment très sombre sur la vie qu’il a connu, et qu’a connu l’Espagne toute entière. Voulant conserver un minimum de suspense, je ne développerai rien de plus au niveau péripéties, bien qu’il ait quantité de chose à voir encore. Je veux juste évoquer les dernières secondes, où notre clown retrouve le rire, un rire si violent, si atroce, qui se teinte d’un cynisme si noir, qu’il achève complètement le spectacle, portant le tragique à des hauteurs qu’il avait rarement atteintes. Il s’est probablement passé quelque chose en moi quand j’ai découvert le film, je ne peux donc qu’engager à le voir, en rappelant que c’est la comédie la plus triste que j’ai pu voir.

 

5.5/6

 

de Álex de la Iglesia
avec Carlos Areces, Antonio de la Torre

 

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 05:54

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L’enfant du cauchemar : Bien qu’un peu malmené par les fans, j’aurais toujours une pensée un peu émue pour ce film, qui s’intéresse à quelque chose de vraiment intéressant et d’original dans la saga Freddy : l’héritage. En effet, le film est entièrement tourné vers la descendance, des bons comme des méchants. Déjà à propos de sa star, à savoir Freddy, dont on voit définitivement mieux le passé. On découvre ses origines : le fruit d’un viol par une centaine de détenus  psychopathes (donc, le crime est dans les gènes). L’héritage de Freddy Kruger, c’est la folie meurtrière, et c’est aussi ce qu’il veut transmettre, après en tout cas l’avoir mise en pratique. Nouvelle résurrection, et celle-ci prend de l’ampleur. Alice repense un peu à Freddy (en voilà une qui n’a pas pris son hypnocil avant de se coucher), et là voilà qui revoit son accouchement après une scène de viol qu’on imagine assez atroce. Freddy revient à la vie d’une manière assez iconique (renaissance sur l’autel de la chapelle) et s’intéresse à Alice d’une manière assez intéressante, puisqu’il commence à terroriser son bébé à l’intérieur même de son ventre (rendant la menace bien plus présente que dans les opus précédents. Après, on aime ou pas les péripéties qui nous sont proposées (les morts des amis permettent surtout de tourner autour du pot et de ménager le concept), mais sur un plan thématique, il y a un peu d’originalité qui ne fait pas de mal. Au niveau des décors, le film surprend agréablement, car il se donne une façade beaucoup plus gothique que les précédents épisodes. Ce château de contes maléfiques est assez anachronique niveau imagerie, et ce final dans un dédale d’escalier peut enfin nous faire dire que les rêves ressemblent enfin à des choses rarement vues. Très sympathique aussi, nous avons droit à une des plus belles transformations étudiante de la saga avec ce jeune qui fusionne avec sa moto, nous donnant un être organo-mécanique fonçant à toute berzingue sur la route en évoquant les designs les plus underground d’un Warhammer 40000. Cependant, dire que le film est une réussite n’est pas très juste, Freddy étant un peu bavard, et se débinant à chaque fois que sa mère bonne sœur arrive (pas courageux, le mouflet…). Pas très sympa niveau suspense… Si la transformation mécanique était réussie, le coup de la BD, commençant sympathiquement, est au final assez lourd à regarder, Freddy sombrant carrément dans le ridicule pour le final, et nous privant totalement du gore que nous aimons. Enfin, faire intervenir le bébé d’Alice en le représentant à un âge plus avancé était un pari risqué, qui ne marche jamais complètement. Bien dommage qu’on ait cette impression que ça ne marche pas, sans quoi on pourrait apprécier cette tentative de Freddy de se faire un successeur digne de ce nom… Au final moyen, c’est une suite qui se démarque un peu de ses prédécesseurs en se révélant plus réussie niveau ambiance que son prédécesseur.

 

3.5/6

 

de Stephen Hopkins
avec Robert Englund, Danny Hassel

 

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La fin de Freddy : Ca me fait bien rire les titres comme ça, car heureusement, ce n’était pas la fin, et on ne pouvait décemment pas se quitter comme ça, Freddy 6 devant être une des pires fins de saga qui soient. Vraiment, cette séquelle cumule un gros lot de tares, qu’on va se faire un plaisir d’énumérer. Rien que l’introduction annonce la couleur : une reprise du Magicien d’Oz où Freddy cabonine comme un sagouin, nous délivrant une performance vraiment médiocre pour un homme de sa classe. Le spectacle ne fait qu’avancer dans le pathétique, parce qu’on se met clairement à chercher les effets spéciaux sympathiques. Et on attends longtemps, car aucune séquence ne retrouve le potentiel de ses glorieux aînés (même le 4 est meilleur). La pire mise à mort étant celle du jeu vidéo, ayant très mal résistée aux ravages du temps qui ruine la qualité des incrustations, et qui ne fait jamais rire, malgré les bruitages cartoonesques balancés à tour de bras et les accélérés foireux. Rien, plus rien ne fonctionne sur le ton habituel de détente auquel nous étions habitué. Et ça ne s’arrangera pas en cours de film. Si les chutes dans le vide peuvent encore faire illusion, il n’y a vraiment pas d’autre scènes pour relever le niveau, à part un travelling vertigineux et psychédélique sensé représenter les enfers et amorcer une séance flashs back. Au niveau de Freddy, ça devient carrément lourd, puisqu’en plus de lui faire vivre une vie de famille rangée (chose totalement en contradiction avec son enfance, montrée un peu plus tard dans le film), le film nous offre une explication assez pourrie sur les origines de notre boogeyman. C’est un morveux qui se fait malmener à l’école parce qu’il cogne sur les souris de la classe, puis qui devient accros à la scarification et à la souffrance masochiste. En gros, c’est un frustré auto-destructeur. Mais c’est quoi cette logique de merde ? Ca fonctionne comme ça, la psychologie ? On passe enfin sur le final le plus pathétique de la saga, Freddy se faisant laminé à l’aide de simples armes blanches, jouissant d’effets spéciaux minables et nous laissant seuls avec une fille moche que nous n’aimons pas. Vite, Wes, ressuscite le !

 

0.5/6

 

de Rachel Talalay
avec Robert Englund, Lisa Zane

 

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Freddy sort de la nuit : Wes is back on the case ! Ca fait d’ailleurs bien plaisir de voir que le bonhomme arrive toujours à innover sur ses créations. Il donne d’ailleurs un ton très particulier à sa nouvelle histoire, qu’il reprendra par la suite dans nombre de ses œuvres, comme Scream 3 : il fait de la mise en abîme. Mais diable ! Comment faire une mise en abîme avec Freddy, un croquemitaine qui n’apparaît qu’au cinéma ? Facile : il suffit de faire jouer les acteurs avec leur vrais noms. Mais sans aller jusqu’à exposer leur vie. On adapte un peu leurs relations, ce qui nous permet de rapprocher ainsi les acteurs de la saga entre eux. Assez osé, mais c’est un pari qui marche, car on a un air de renouveau sur le projet, qui reprend du poil de la bête avec cette mise en abîme. Cependant, le procédé a de quoi choquer… Je me rappelle ne pas avoir aimé lors de ma découverte du mythe, parce qu’elle avait l’air de tuer l’ambiance. Mais pas vraiment, en fait. Certes, la scène d’introduction, vachement iconique, est brisée en plein milieu, et le stress ne prend pas vraiment une fois qu’on lance la main griffue. Cependant, on retrouve peu à peu l’ambiance glauque (l’accident de voiture est quand même impressionnant, relecture officieuse de la séquence du bain). Freddy se met à nouveau à tourner autour du gosse de l’héroïne (c’est pas vraiment nouveau), mais il le fait avec une efficacité accrue par ce traitement premier degré, prenant parfois des airs de Freddy 2 version the Children. Peu à peu, on voit que Wes a voulu frustrer nos attentes en début de film pour mieux les satisfaire en avançant dans l’histoire (et en prenant du recul par rapport au thème de la séquelle, lui donnant une justification carrément surréaliste en prétextant de calmer le monstre par le tournage d’un nouveau film). Une explication cathartique, carrément ! On effectue, au fur et à mesure que le film avance, un retour dans les icônes que nous aimons (et que nous apprécions d’autant plus par ces retrouvailles qu’on attendait plus) avant d’avoir un dernier acte dans un monde infernal citant sans ciller Hansel et Gretel, et nous offrant quelques images qui comptent parmi les meilleures de la saga. Le plan ou Freddy ressort du lit est tout simplement merveilleux, citant Nosfératu par son  jeu d’ombre. Freddy retrouve toute l’aura démoniaque qu’il dégageait jusqu’à présent, et qu’il restaure en un plan fantastique dans la salle de soin. Freddy 7, ce sont des retrouvailles fabuleuses avec le tueur surnaturel de nos cauchemars, qui sait fermer sa gueule quand il n’a pas besoin de l’ouvrir, et qui use d’apparitions minimalistes dans ses début pour paraître plus impressionnant quand il rejaillira. Freddy 7, c’est LA résurrection.

 

4/6

 

de Wes Craven
avec Robert Englund, John Saxon

 

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Freddy vs Jason : Là, Freddy joue carrément dans un Block buster. Du lourd, il monte en grade, bénéficiant maintenant d’une reconnaissance publique par un traitement plus commercial que précédemment, car ouvert à un plus large public. Et qui on choisit pour mener ça ? Ronny Yu… Un choix pas forcément compréhensible (à part un Chucky 4 très cool, pas vraiment de compétences en la matière), mais qui a été fait. Et au final, il ne s’en sort pas si mal, faisant oublier ses imperfections par un une débauche d’effets spéciaux un peu plus numérique, mais convaincante. Première cible : les fans de Freddy et de Jason. On commence logiquement par un onanisme cinéphile des deux côtés, un polissage par ci avec un best of des effets spéciaux de la saga, 7 exclu, et un asticage par là avec un grand classique du mythe de Jason filmé en scope avec une image léchée. C’est fait, maintenant, on peut aussi tenter de racoler du nouveau public. C’est chose faite avec les portraits adolescents, tous assez conventionnels (la gentille héroïne pure qui n’a couché avec personne depuis son dernier boyfriend, la copine qui aime critiquer tout le monde, le gentil copain interné pour une faute non commise…), et au final chiants. Il faut bien le dire, on en a vite ras le bol de ces étudiants américains flirtant entre eux, tantôt mature, tantôt régressifs (Oh, c’est un dégoûtant, il se gratte les couilles !...). Vraiment chiants, ils parasitent l’histoire, dont le pitch possède quelques idées assez jouissives concernant les deux mythes (Freddy se sert de Jason, l’hypnocil est utilisé par les parents pour droguer les gosses à leur insu, le feu et l’eau…). Mais voilà, le temps est parfois un peu long entre chaque apparition. On passe d’ailleurs sur la première partie totalement à la gloire de Jason, ce dernier prenant largement l’ascendant niveau bodycount, allant même jusqu’à piquer une victime à Freddy sous son nez (ce qui, avouez le, ne se fait pas). Jason tranche tranche tranche, puis perfore et tranche tranche… La scène du lit, la rave party tournant à l’hécatombe, il fait vraiment le film, alors que Freddy ramasse ses miettes. Heureusement, la dernière demie heure est une vraie partie de plaisir, les deux monstres se retrouvant enfin en face, d’abord chez Freddy (où ce dernier peut enfin se passer les nerfs sur quelque chose) avant de se livrer à un match de catch impressionnant dans notre monde. On ne saura remercier assez Ronny pour la générosité de ce combat, se déroulant dans un chantier et mettant largement à contribution les accessoires alentours (très marrant, ce coup des bombonnes). Vachement vicieux dans son dénouement, le film nous balance du gros gore, cumulant vraiment dans un final assez jouissif. En gros, un match nul un peu en faveur de Jason, mais où on a pas essayer de couler Freddy. Pas si mal que ça (bien que le fan que je suis soit un peu triste), mais c’est pas grave, c’était un beau feu d’artifice. Inégal dans le rythme, mais pas désagréable à voir.

 

3/6

 

de Ronny Yu
avec Robert Englund, Ken Kirzinger

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 06:57

http://img.over-blog.com/368x555/1/40/85/80/Les-Griffes-de-la-nuit/freddy1.jpg

 

http://www.scifi-universe.com/upload/galeries/affiches/freddy/freddy2_affiche2.jpg

 

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Un deux, Freddy te coupera en deux. Trois quatre, Remonte chez toi quatre à quatre. Cinq six, n’oublie pas ton crucifix. Sept huit, surtout ne dors pas la nuit. Neuf dix, il est caché sous ton lit. Freddy Kruger, c’est une icône. Apparemment plus populaire que Jason, mais aussi plus typé (tueur d’enfant, griffeur et adepte du mot « Bitch »), c’est une icône populaire assez connue dans le milieu de l’horreur, ayant illustré ses méfaits dans pas moins de 8 films et d’un remake pas si dégueulasse que ça niveau technique, mais ayant totalement aseptisé l’ambiance fantastique du film original. Bref, le tollé qu’il s’est pris devrait faire réfléchir les futurs investisseurs, et pendant ce temps, on se remate l’intégrale des épisodes de la saga, depuis des débuts prometteurs qui l’ont hissé jusqu’au stade du blockbuster distractif et globalement sympathique. Mais aucune saga n’est à l’abri d’accidents de parcours (Vendredi 13, Halloween…), et Freddy ne fait pas exception à la règle. Les bons : 1,3,7, 8 ; le moyen : 5 ; les mauvais : 2, 4 et 6.

 

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"Et si j'me lance en politique, j'épargnerai aucun d'mes adversaires !"


Les griffes de la nuit : Wes Craven, son terrain de jeu où il excelle, c’est le Slasher. Il l’a mainte fois prouvé depuis, enchaînant projets sur projets, pour le meilleur (Scream 1&2, My soul to take) et pour le médiocre (Cursed, Scream 4). Mais quand il présente A nightmare on Elm Street, c’est la surprise totale, car en plus de reprendre les codes du slasher, Craven ajoute une dimension fantastique totale à son personnage (inutile de se planquer, Freddy débarquera toujours quand tu dors). Une idée vraiment intéressante, le domaine du rêve représentant un monde inconnu, et imprévisible (les cauchemars peuvent se matérialiser). Une nouvelle dimension du boogeyman, ici traité au premier degré, le titre de tueur d’enfant excluant tout second degré vis-à-vis de ses motivations. Son arme de prédilection, son chapeau, tout est fait pour créer une icône (à l’image d’Indiana Jones en quelque sorte). Iconisant à mort son tueur, Craven donne aussi des portraits adolescents plutôt classiques pour l’époque, qui sans être antipathiques ne seront en tout cas pas tellement plus attachants que d'habitude (on y relèvera les débuts de Johnny Depp, dont la sortie sera réellement « graphique » pour tenter de ne rien spoiler). C’es surtout au niveau du concept que Craven brille, en nous faisant passer sans prévenir de la réalité au rêve par un simple clignement de paupière un peu lent. Où que soient les personnages, personne n’est à l’abri. Les lieux connus deviennent alors des endroits glauques, laissant apparaître des raccourcis vers l’usine de Freddy, lieu de métal assez immersif niveau ambiance (rouge sang, du métal partout alors que des crissements métalliques se rapprochent). Défaut du film en revanche, les acteurs, qui ne jouent pas toujours juste. Nancy n’a pas l’air si crevée que ça au bout de 5 jours d’insomnie, et sa mère jouant les femmes brisées ne convainc jamais totalement. Niveau technique, on peut aussi reprocher un maquillage à la va vite de Freddy dans certaines scènes, de même qu’une VF guère convaincante, Freddy déblatérant des phrases n’ayant que peu d’intérêt. Les griffes de la nuit, ce sont surtout des scènes de meurtres impressionnantes (la première a fait entrer la saga dans la légende), partant dans des débauches d’hémoglobines auquel le public ne devait pas être habitué à l’époque. Au final plus violent que vraiment glauque, Freddy 1 plante les bases de la saga et se veut sérieux, alors que les effets spéciaux ponctuant chacun de ses meurtres visent plus à le rendre impressionnant qu’à terrifier. Du film, on retiendra la première apparition de Freddy, la séquence bain (pour le coup vraiment originale, la plupart des films faisant des hommages à Psychose dans ce genre de situation), la sortie de Johnny Depp et un combat final variante de Maman j’ai raté l’avion en vicieux. En revanche, la victoire finale sur Freddy laisse dubitatif, notre croquemitaine invincible disparaissant au moindre effort de volonté de ses victimes. Plutôt original pour un Slasher, Les griffes de la nuit conserve au son potentiel sympathie au fil des années, même si il n’est pas le chef d’œuvre du slasher.

 

4.5/6

 

de Wes Craven
avec Robert Englund, John Saxon

 

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La revanche de Freddy : Sur cette suite, on ne peut pas dire que les scénaristes ont chaumé, puisqu’au final, il y a, en dehors du personnage de Freddy, assez peu de points communs avec les règles du premier épisode (c’est ce que nous ne lui pardonnerons pas). Mais parlons d’abord des points positifs : sur les deux pistes d’exploitation du mythe possible, les producteurs ont choisi la plus spectaculaire, et laissent donc s’éloigner l’horreur du premier (comprendre : grosse baisse d’ambiance) pour rendre Freddy plus photogénique. Niveau originalité, c’est du solide. Si on respecte d’abord les règles oniriques du premier, Freddy change considérablement de tactique, puisqu’il choisit de s’incarner dans le corps de l’adolescent qui vient juste d’emménager au 1428 rue Elm Street. Plutôt que de ressortir le même scénar que le premier, on a droit à une variante d’Amityville 2 version fun, où l’adolescent et Freddy seraient la même personne (nous entraînant sur un terrain de somnambulisme meurtrier en tout point intéressant). Le problème, c’est que passé cette étape, le script ne respecte plus rien des règles du précédents opus. Certes, j’aime dire « brake the rules », mais dans une saga, le minimum qu’on puisse faire, c’est respecter les précédents opus (surtout quand on n’en est qu’au chapitre 2). Freddy a dès lors des tas de pouvoirs qu’il prend soin de dissimuler (malheureux ! Le budget n’est pas illimité), ce qui donne lieu à des séquences minimalistes proches du nawak, comme cette scène où une perruche attaque la famille avant d’éclater. What the fuck ? Très maladroit aussi, cette ultime fête adolescente où tout capote, car au final, à part faire buller de l’eau et foutre le feu à la haie, Freddy ne fait pas grand mal. A vrai dire, on commence sérieusement à se demander où est le gore promis, la seule séquence marquante étant celle de la sortie de Freddy. Le dénouement a lieu lui aussi dans une usine moins claustrophobique que son prédécesseur, et à l’éclairage plus multicolore, ce qui a bien du mal à créer une ambiance sérieuse. Et bien sûr, happy end contrebalancé à la dernière seconde. J’ai oublié de mentionner le fort contexte homosexuel du film (notre héros est un jeune garçon séduisant, il se promène dans un bar tendancieux, il sort presque avec son prof de sport avant que celui-ci ne soit fessé sous ses yeux…), qui disparaît peu à peu au profit d’une amourette gentiment suggestive et plus conventionnelle avec une autre adolescente. Je ne cherche même pas à y voir un message. Freddy 2, c’est un film inattendu, mais globalement assez en dessous de nos attentes. Dommage.

 

2/6

 

de Jack Sholder
avec Robert Englund, Mark Patton

 

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Les griffes du cauchemar : Alors, il nous faut un titre… Voyons… Le mot griffes était bien, maintenant, il faut un connoté plus effrayant… Ca parle de quoi déjà ? De cauchemars ? Hum… Trêve de plaisanteries, Freddy 3 est un intouchable de la saga, car il est le plus divertissant, le plus généreux, en quelque sorte le plus bis de la saga. Véritable déchaînement visuel, c’est un film qui ne se refuse rien, tant au niveau graphique que scénaristique, ce qui en fait l’un des films les plus riches et les plus agréables de la saga. Ce film marque aussi le retour de notre Nancy adorée, qui apportera sa bonne thérapie pour soigner un groupe d’ado pensant au croquemitaine, bien présent dans les rêves et pas en chair et en os. Ici, Chuck Russell prend un malin plaisir à épouser le point de vue adolescent, faisant de ses personnages des échecs sociaux en plein épanouissement hormonal ayant des conversations de leur génération, le monde des adultes n’étant qu’un ramassis de conneries et de frustration pour leur jeune âge. Freddy débarque au milieu de ce petit monde et commence à y faire un carnage en relevant le défi de la surenchère graphique (on peut même dire dans une scène qu’il crève l’écran). Nous aurons donc droit à des séquences qui comptent parmi les plus impressionnantes de la saga, comme le coup maintenant célèbre du pantin humain. Malin, le script introduit parallèlement à ça l’utilisation d’un médicament expérimental, l’hypnocil, qui pourrait signifier la fin de Freddy. Imprévisible, le script part carrément, après une petite plongée dans le fantasme sexuel ado, dans une sorte de version bancale des X men, chaque ado tentant de maîtriser un pouvoir avec son imagination. Le combat final prend alors des airs plus ambitieux qu’ils ne le laissaient entendre, nos héros survivants étant confrontés à leur pire cauchemar, et se battant vaillamment contre lui. Un final dans une pièce pleine de miroir, mais malheureusement, la fin de Nancy est une demi-surprise, car un peu trop téléphonée par cette apparition soudaine de son père. La fin de Freddy est plus impressionnante que chez ses prédécesseurs, sans apporter grand-chose de plus que du spectaculaire. Mais c’était pour ça que nous étions venus à la base. Dans une ambiance décontract et avec des effets spéciaux convaincants, le film de Chuck s’avère être une bonne heure et demie, où à défaut d’avoir peur, on s’est amusé comme des fous. Jouissif.

 

4.5/6

 

de Chuck Russell
avec Robert Englund, Heather Langenkamp

 

freddy-3-2.jpg

 

Le cauchemar de Freddy : qu’il serait peut être plus juste d’appeler le cauchemar de Renny Harlin. Car c’est à partir de ce film que débute la déchéance de la saga, qui s’enferme dès lors dans une politique de surenchère en matière d’effets spéciaux, sans pour autant satisfaire sur un script au moins convenable. Freddy 4, c’est beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Déjà, au niveau de la bande son rock, on s’aperçoit vite qu’on est dans un registre de pure exploitation du public, où on essaye de mettre un maximum de trucs cool pour que les ados aiment. Le problème, c’est que ce procédé a un peu vieilli, et qu’il ne crée jamais une ambiance. Ce qui, après tant d’années, ne pardonne pas. Freddy et son cauchemar a donc un problème de rythme, et ne fonctionne au final pas vraiment bien. Car si il reprend certains personnages du précédent film, il les fait mourir d’une façon assez peu respectueuse (le sort merdique réservé au premier étudiant dont j’ai oublié le nom). Freddy 4, c’est aussi une nouvelle héroïne devant faire offie de remplacement de Nancy, et donc logiquement appelée Alice, puisqu’elle va se rendre souvent au pays des merveilles. Et si les 20 dernières minutes du film s’avèrent plus convaincantes en terme d’action, il y a en revanche de gros blancs dans la première heure, comblé par Alice, ses petits problèmes de famille et sa vie affective. Mais je m’en fous, de sa vie ! Je veux voir Freddy, et si possible un peu plus que des branquignols en face de lui). Enfin, après ces péripéties inégales, comment pardonner à Renny Harlin ce combat final ? Si le décor est gothique à souhait, ces cabrioles et ce traitement pourri du combat en mode Tae Kwondo (avec Freddy qui se marre pendant une minute alors qu’elle le frappe, puis qui gémit quand elle le tape dans le dos…), avant d’être cloué au mur par une télécommande améliorée de pacotille. Difficilement pardonnable. Cependant, tout n’est pas mauvais dans Freddy 4. Certains effets spéciaux valent largement le déplacement (l’incroyable transformation en cafard, la mort de Freddy…) et l’usine de Freddy prend un look plus proche d’Hellraiser. Niveau action, les 15 dernières minutes sont tendues avec cette opération chirurgicale impliquant l’anesthésie totale. On regrette seulement qu’Alice utilise ce temps pour mettre seulement sa tenue de combat avec des poses iconiques. Scoop en revanche, premier happy end de la saga. Bouh ! Bouh ! Dommage de se quitter sur une mauvaise impression.

 

1/6

 

de Renny Harlin
avec Robert Englund, Lisa Wilcox

 

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 04:54

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Chuck Russel est un réalisateur assez apprécié des cinéphiles bis, particulièrement pour son Freddy 3 considéré comme le meilleur de la série avec le premier, et pour son remake The blob, partant d’un film des années 60 assez bis, aux effets spéciaux numériques dépassés. Et ce Blob est une véritable perle, un pur divertissement bis comme on les aime, assez nanardeux dans le script, mais dépensant tout son fric en effets spéciaux grandiloquents comme on n’en voit plus, et qui ont marqués à jamais nos rétines. Un festival gore !

L’histoire : Dans une petite tombe un météore, qui libère une créature constituée de gelée faisant fondre ce qu’elle touche et grandissant de manière exponentielle.

 

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Chuck Russel joue à fond la carte de la complicité avec son public, et on ne l’en remerciera jamais assez pour se vautrer dans le démonstratif avec autant de bisserie. Vous voulez voir le blob ? Vous allez être servi, il bénéficie de moyens conséquents. Rarement on a eu du gore à base de mecs fondus d’une manière aussi démesurée (seul Street trash me vient à l’esprit, et on est loin d’y atteindre le bodycount du Blob). Si au départ, on se focalise sur des adolescents classiques, le Blob se revendique comme un pur produit des années 80, mais il s’affranchira d’une manière assez étonnante de la logique moralisatrice classique en tuant rapidement le héros (qui possède la mort la plus graphique du film au niveau effets maquillages) et un gosse (hélas fana de films d’horreur, on fait un peu les choses à moitié). Deux transgressions qui peuvent sembler anodine de nos jours, mais qui ont du décupler le plaisir des fans, personne ne se retrouvant désormais à l’abri d’un éventuel décès. On pointera par la suite d'autres rebuffades contre la bonne société (un prêtre gratiné, une armée jouant de façon totalement irresponsable avec la nature...). On assiste aussi à la sympathique tentative de faire d’un biker un héros, c’est à vrai dire Le personnage masculin auquel s’identifiera le public masculin. Enfin, s’identifier, c’est vite dit. Il est cool, quoi…

 

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De connivence avec son public, Chuck nous livre donc scènes gores sur scènes gores, créant de toutes pièces des séquences cultes (en voyant le film : « Purée, y a carrément un gars qui passe par un siphon d’évier ! ») véritables apothéoses du bis dans ce qu’il a de plus commercial. C’est véritablement un domaine de référence en matière de film à effets spéciaux sympathique (il n’y a guère aujourd’hui que la Troma pour tenter d’exploiter toujours le filon). La complicité devient carrément explicite pendant la séquence se passant au cinéma, devant la projection d’un film parodiant ouvertement les Jason (avec une tondeuse à haie) et nous faisant un énorme clin d’œil, à nous qui devriont être dans la salle avec eux. Sans limite, le film prend des proportions gargantuesques, comme sa créature, dans un final dantesque tourné en grande partie dans des maquettes de la ville (le léger flou trahit le procédé), se foutant totalement d’une quelconque cohérence et cherchant simplement à nous en donner un maximum. Qu’importe que cette méthode utilisée pour vaincre la créature soit totalement irréaliste, qu’importe ce final pseudo religieux faisant du blob l’instrument d’Armageddon, Le blob ne vit que par sa débauche d’effets gores et pour ses personnages 100% eigthies qui fleurent bon la nostalgie en ces temps envahis par le tout numérique. Modeste par son script mais ambitieux par ses images, le Blob est une série B costaude, valeur sûre du milieu (ses qualités demeurent intactes près de 25 ans après sa sortie EN SALLES), qui fait toujours passer un excellent moment de nos soirs. Culte, dira-t-on.

 

6/6

 

de Chuck Russell
avec Kevin Dillon, Shawnee Smith

 

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