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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 04:32

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Le film de guerre a de nombreux codes, qui sont assez souvent respectés dans les films de qualité : les combats doivent être affreux, les jeunes recrues sont inexpérimentées, et celles qui survivront en sortiront plus mâtures. En nous épargnant les détails, c’est à peu près ça. Alors, quand une comédie de film de guerre respecte ce code d’honneur, la moindre chose qu’on puisse faire, c’est d’apprécier ses qualités. Tonnerre sous les tropiques, c’est une des moins fines, mais aussi une des meilleures du genre, car se servant de son histoire pour critiquer le système hollywoodien et l’attitude des USA par l’intermédiaire de ses personnages. Une des meilleures productions de Ben Stiller à ce jour.

L’histoire : les déboires d’une équipe de tournage du film de guerre le plus cher de l’histoire, envoyée en entraînement en plein cœur d’une jungle sous le contrôle de trafiquants de drogue…

 

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Rare de tomber sur un spectacle aussi distrayant qu’une comédie qui respecte scrupuleusement les genres auxquels elle touche. Ainsi, Tonnerre sous les tropiques respecte parfaitement les codes de guerre au Viet Nam, preuve à l’appui avec cette fantastique introduction dans le feu de l’action, où les nombreuses saillies gores tellement exagérées font littéralement rire aux éclats. Ben se révèle donc plutôt fin dans la gestion de son script, en sachant varier considérablement ses registres humoristiques pour éviter de s’appesantir sur des situations qui auraient pu se révéler ennuyeuses (Matthew Mc Conaughey et son TiVo). C’est surtout au niveau des personnages que le film se révèle intéressant, car au travers de chacun, il vise à rire d'une certaine tranche de cinéma ou de politique. Le moins intéressant devant être Alpa Chino, rappeur surexposant les biatch dans ses clips pour mieux faire éclater son homosexualité en fin de film. En revanche, Jack Black a un rôle vulgaire totalement dans ses cordes, où il incarne l’humour gras et graveleux tendance Big Momma ou la Famille Foldingue. Son incarnation d’un type à l’humour régressif sur toute la durée du film, accros aux drogues dures et aux blagues vaseuses, fait tellement dans la surenchère qu’il parviendra souvent à faire gentiment glousser l’auditoire (pour ceux qui tolèrent comme moi l’humour épais). Robert Downey Jr est quant à lui un vrai plaisir. La parodie parfaite de l’acteur oscarisé qui débite de soi disant profondes réflexions sur le métier d’acteur, alors qu’il est lui-même un taré de la pire espèce (ses excellentes interprétations s’expliqueront dans un dialogue réflexif totalement décalé en plein milieu de la bataille finale, par son absence de personnalité). Et ce sont les gags osés sur les acteurs black au cinéma qui font vraiment mouche (l’acteur se repigmentant la peau pour son rôle de sergent). En effet, c’est lui qui lance des soupçons racistes pendant l’aventure, alors qu’il est lui-même blanc à la base. De même, ses tics de langage outrancièrement exagérés pendant tout le film (« Tu vois, mec ?... » ou encore « J’vais vous cuisiner un plat qui tirerait des larmes à l’enfant jésus… ») sont un vrai bonheur de critique, Alpa Chino se comportant tout à fait normalement et lui reprochant son interprétation. Less Grossman, un Tom Cruise vraiment méconnaissable, est quant à lui une véritable icône de l’impérialisme américain, permettant à la fois de rire des producteurs fou furieux (la vidéo conférence après la gaffe de l’explosion) et de la politique d’action des USA lors de la prise d’otage (un chapelet d’insultes suivi de la justification « On ne négocie pas avec les terroristes », salué par un applaudissement général et justifié par des considérations économiques). Quant à Tugg Speedman, il est véritablement magnifique (sa première apparition, singeant Platoon avec un comique mordant en gesticul ant d’une façon pathétique, est un grand moment). Son parcours permet de taper à la fois sur les blockbusters sans queue ni tête que nous nous tapons régulièrement en sortie (Perso, je suis pour qu’on tourne les 6 Rotisseurs, encore une fois), et sur les films comptant sur le pathétique et la poésie de pacotille pour recevoir des récompenses. Son personnage est d’ailleurs traité avec un certain réalisme (ses tournages récents sont des échecs commerciaux), et son parcours d’immersion dans son rôle, un peu lourd au début (jouer mal, ça va 5 minutes) mais prenant peu à peu de l’ampleur malgré le comique ravageur du film (la scène final sur le rocher est réussie, on y croit). Derrière le second degré, la remise de l’oscar en bois a quelque chose de touchant (un sentiment qui s’estompe bien vite, mais qui apparaît quand même). Jouant la carte de l’humour assez varié (globalement régressif, mais parfois merveilleux d’inventivité (la « transformation psychologique » de Tugg en face du Panda) et de la mise en abîme du rôle d’acteur, Tonnerre sous les Tropiques est une excellente comédie, qui se paie le luxe d’avoir des scènes d’action efficaces bien qu’un peu trop concentrées (à part l’intro, l’embuscade et l’assaut final, pas vraiment d’action), mais très efficaces une fois sur le terrain. Assez drôle sur la longueur, ce film est un modèle de comédie récente dans le cinéma américain, à la fois référentiel sur le plan cinématographique et divertissant sur toute sa durée. Je n’en attendais pas tant de la part de Ben Stiller.

 

4.5/6

 

de Ben Stiller
avec Ben Stiller, Jack Black

 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 20:29

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Possession… Un titre comme ça m’évoque tout de suite des films d’exorcismes, de prêtres, de démons, de prêtres chasseurs de démons, de titres de propriétés… Bref, c’est vague, et j’étais encore très loin de me doutait quelle forme pouvait prendre ce mot. Mais dans le film d’Andrzej Zulawski, elle prend un visage totalement inattendu, qui foudroie par sa folie et ses acteurs, plus talentueux les uns que les autres.

L’histoire : Mark est un père de famille terriblement désorienté par sa vie affective, sa femme Anna ayant un comportement qu’il ne parvient jamais à comprendre. Ayant appris de sa bouche qu’elle avait un amant, Mark sombre alors dans une profonde dépression, avant de revenir à l’appartement commun pour tenter de remettre de l’ordre dans sa vie.

 

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Possession est un chef d’œuvre. Un vrai. Même si on est loin de comprendre tout ce que l’on voit, on est happé par un spectacle qui nous échappe totalement, qui nous dépasse sans que nous puissions y faire quoi que ce soit. En somme, ce film a sur nous le même effet que le personnage d’Isabelle Adjani sur Sam Neill. Sam Neill est ici l’époux totalement dépendant de sa vie de famille, s’attachant de façon maladive à sa femme (dès les 10 premières minutes du film, après son départ précipité dans un hôtel, il gesticule en gémissant sur son lit), et ayant un besoin impératif de comprendre son fonctionnement, sa logique. Alors que cette dernière n’en a apparemment pas. Elle semble d’abord tenir à son amant, mais elle revient à l’appartement familial (où vit Mark et leur fils), où elle laisse parler Mark sans jamais lui fournir les réponses attendues. N’y tenant plus, Mark rend alors visite à l’amant d’Anna, Heinrich, dans l’espoir de comprendre, et de pouvoir faire face à la situation. La découverte de ce nouveau sommet du triangle amoureux se fait dans une ambiance des plus étranges, ce nouveau personnage tentant carrément de séduire Mark (il lui tourne autour, presse ses mains sur son torse, lui caresse le visage…) avant que l’entrevue ne se solde par une bagarre. Jusqu’ici, nous ne vivions qu’un drame amoureux assez tendu au niveau de l’interprétation, les acteurs jouant tous à fleur de peau. Mais le récit prend véritablement une tournure de thriller quand on découvre qu’Anna ne passe en fait son temps ni avec Mark, ni avec Heinrich. On entre dans une espèce de jeu qui rappelle le Vertigo d’Hitchcock, avec ce côté Polanski pour les personnages dépeints toujours par une psychologie précise. Et sans crier gare, on bascule dans un fantastique Cronenbergien au contenu passionnant, au sens métaphorique terrassant (on est vraiment bouche bée devant le ton que prend le récit). Possession mixe alors deux registres différents, utilisant d’un côté un fantastique incarné dans une créature que ne renierait pas Cronenberg, et une structure dramatique concernant Isabelle Adjani qui évoque en droite ligne Hellraiser 1, qui bien qu’étant moins gore, pousse son propos et ses fantasmes plus loin que ne l’avait fait Clive Barker. Il faut voir ce plan séquence incroyable, où Isabelle Adjani, marchant dans le métro, passe en 5 minutes de l’état d’une passante lambda à celui d’une furie possédée, terrifiante en face de nous, achevant sa scène dans un délire gore incompréhensible mais profondément angoissant. Sur le plan de la simple performance d’acteur, tous les artistes de ce film sont admirables. Leur jeu est exemplaire, leurs émotions sont parfaitement logiques malgré les dérapages totales dans le fantastique, qui fascinent du début à la fin, nous offrant des moments de pure tension, de folie ultra crédible (Sam Neill se mutile au couteau électrique, Isabelle est la tarée la plus crédible que j’ai pu voir sur grand écran…) et de métaphore fantastique (le face à face final dans la cage d’escalier maculée de sang sur toute sa longueur). Possession, c’est la force des images et d’une histoire intimiste, profondément dérangeante et faisant ressurgir des peurs terrifiantes, portés par des personnages psychologiquement perturbés et perturbants, dont les performances d’acteurs ahurissantes devraient marquer à vie les spectateurs qui s’y confronteraient. Un coup de cœur sans égal cette année, un OFNI hypnotisant qui a largement mérité son 20/6. Qui pensait qu’un chef d’œuvre définitif était sorti en 1981 ?...

 

20/6

 

de Andrzej Zulawski
avec Isabelle Adjani, Sam Neill

 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 20:09

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Robert Rodriguez est un mexicain. Un mexicain généreux dans son style, qui s’est déjà brillamment illustré dans Une nuit en enfer mémorable u point d’en rester toujours une référence dans le domaine du film de vampires ludiques (l’un des meilleurs avec Vampires de Carpenter). Et depuis Grindhouse (projet qui l’a véritablement lancé, révélant son nom au monde entier dans un Planète terreur ultra gore et ultra old school), grâce à la pub qu’a pu lui faire Tarantino (qui s’est méchamment planté sur ce projet), le Mexicain continue sur sa lancée, capable du meilleur comme du pire, niveau production (un Predators moyen et un Spy kid 4…). Et suite à l’engouement provoqué par sa fausse bande annonce, il lance Machete. Autant dire qu’on ne savait vraiment pas à quoi s’attendre. Le fake était mythique, la bande annonce réelle est pourrie (le soufflet était un peu retombé aussi). Et au final, après la sortie en salle, on respire, le film compensant ses défauts par des qualités inattendues.

L’histoire : Machete, un ex-agent trahi par son gouvernement et brisé par des gangsters, reprend du service après quelques temps passé à l’écart. Il est chargé d’éliminer un sénateur voulant durcir la surveillance de la frontière avec le Mexique. Mais…

 

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Machete, c’est Rodriguez là où on ne l’attendait pas : la subversion politique. Magnifique exposition du problème de la frontière mexicaine, vu ici des deux côtés à la fois. Courageux de la part de Rodriguez de s’engager du côté des mexicains en filmant l’arrogance d’un John McLofen comparant ouvertement les immigrants à des nuisibles, qu’il chasse la nuit de calibre 12. Subversif, pas tant que ça, mais engagé, assurément. C’est la décence du peuple mexicain que Robert tente de redorer, et si les procédés sont parfois un peu gros (la scène de harangue dans la rue), l’intention attire toute notre sympathie. Bon point aussi que cette violence débridée (quelle introduction, b*rdel de m*rde !), bien plus généreuse en matière de tripaille que le cotas habituel des films d’actions. Cette violence totalement bancale (l’intestin servant de corde), immodérément jouissive, la vraie marche de fabrique de Robert Rodriguez, est un nouvel atout pour l’aspect ludique du film, le spectateur étant en totale complicité avec le film dans ces moments là, se laissant surprendre par la violence gentiment transgressive de la péloche qu’il mate. Niveau actrices, le casting annonce la couleur (Michelle Rodriguez, Jessica Alba…), nous promettant du sexy farouche qui appuie sur la gachette avant de nous sourire. Intéressant d’ailleurs de constater que les personnages féminins sont en majorité bons, et qu’elles finissent par s’unir pour une même cause, mexicaine comme américaine, pour lutter contre les oppresseurs capitalistes. Cette convergence progressive de ces personnages aux buts pas si proches au départ, c’est un nouveau plus du script de Robert, qui derrière ses gros airs de série B, aime soigner ses personnages. Mais si la facture technique réjouit elle aussi beaucoup (couleurs contractées, images vieillies dans le style de Planète terreur…), il y a aussi pas mal de choses à revoir. Robert a déjà un problème de dosage. Il en fait parfois trop (les voitures qui trépignent, les femmes prenant l’hbit de bonnes sœurs…), pensant que la complicité du public va lui faire tout accepter. Dans une certaine mesure, oui, mais après, il y a une limite (on n’est pas en train de refaire nude nuns with big guns !). Pareil pour certaines séquences du film, qui ont considérablement changé de ton depuis le faux trailer. Très dommage qu’au final, Robert se soit imposé de respecter les images du fake et de les inclure dans son histoire : la scène dans la piscine avec la femme et la fille du commanditaire sonne particulièrement faux. On sent qu’elle a été imposée, de même que la scène de la moto à mitrailleuse, annoncée comme un climax, ici réduite à une simple action tuant au grand maximum 4 soldats. Un peu décevant, d’autant plus que Robert utilise d’énormes raccourcis dans son histoire (She veut pas combattre, balle dans l’œil, She veut combattre. Waow !). Danny Trejo a certes la gueule de l’emploi, mais question efficacité, il n’est qu’un pâle reflet de ce qu’avait pu nous faire un Desperado. Son jeu, finalement assez sobre (souvent la même expression faciale), est loin d’être la claque physique qu’on attendait d’avoir. Pas si attachant que ça, Machete est un grand gars au grand cœur, visiblement iconisé par Rodriguez (le combat de rue), mais beaucoup moins attachant que les précédents héros du réalisateur. Projet au final calibré pour être Grindhouse (on est en plein dans l’exploitation pur de l’actioner nostalgique et violent), Machete divertit, fait rire et se paye le luxe d’être original dans ses idées, mais reste trop conventionnel des années 80 pour surprendre dans ses rebondissements, et faire plus que du bordélique dans ses scènes d’action. C’est mexicain, mais quand même relativement assez tranquilou au final. Un dernier clin d’œil au casting, qui inclut un Robert de Niro visiblement très espiègle dans son rôle de pourri (il aura même droit à sa petite action dans la bataille finale) et assumant parfaitement son cabotinage (c’est ça la classe), mais aussi un Steven Seagal réjouissant pour peu qu’on connaisse un peu ses films, mais qui ne fait pas grand-chose au final (quelques vidéo conversations, deux trois passes de katana  et une mort absurde). En résumé, un projet au potentiel énorme, au final simplement bon, tendance moyen, qui arrive à attirer son histoire sur un terrain inattendu sans pour autant éviter des lourdeurs de style. Machete !

 

2.2/6

 

de Robert Rodriguez, Ethan Maniquis
avec Danny Trejo, Michelle Rodriguez

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 20:01

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Alexandre Aja a eu une bonne réputation assez rapidement après son premier film de genre (un Haute tension toujours resté une référence depuis), et a été carrément consacré depuis son mythique La Colline a des yeux, unanimement salué comme le remake le plus réussi de la décennie 2000. Depuis, le bonhomme est resté dans l’horreur, mais compte bientôt changer de registre avec son Cobra, qu’on attend gentiment (pas d’infos sur le projet, pas d’attentes). Son dernier projet, Piranha (3D au ciné, tout court en dvd), s’est révélé être une assez bonne surprise, car revenant à côté très années 80-90, où on allait au ciné pour se faire plaisir en sachant pertinemment qu’on allait en avoir pour notre argent. Un film alimentaire en somme, qui a le bon goût d’exploser les quotas habituels pour donner dans la surenchère la plus généreuse. Tous en slip de bain !

L’histoire : Piranha et bikini.

 

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Aja sait dans quel registre il tape, puisqu’il avait déjà l’idée de faire un film avec des piranhas depuis La Colline a des yeux (Mirrors s’était fait en attendant de pouvoir développer le projet). Le premier script était, selon les dires d’Aja, plus incisif sur la culture américaine développée pendant les fêtes, mais les Weinstein, par une initiative malheureuse de logique commerciale, commanderont une aseptisation express. Cependant, à la vision du film, on a le bonheur de constater que les intentions sont toujours bel et bien présentes. Notamment dans cette surenchère constante sur le domaine du sexe, où on explose les quotas de la saga American Pie tout film confondu. Du sein à la pelle, du fessier au camion benne, la caméra mate littéralement tout ce qui se trémousse pour le plus grand plaisir du spectateur qui comprend bien où le réalisateur veut en venir. Un projet ultra-complaisant qui revient à une sexploitation assez sage (les filles nues verront toujours leur intimité préservée par un jeu d’ombre retouché en post-prod) méga racoleuse, le 3D gigantesque sur l’affiche impliquant de voir des loches en relief pendant une heure 20 ! Back in the eighties, mais en bien plus relâché qu’à l’époque (le discours pornographique n’aurait sans doute jamais été employé à l’époque). Au niveau de la pollution, le film a été assez aseptisé, mais le traveling initial sous marin parle toujours de lui-même. Ce qui est au final dommage dans Piranha, c’est que le projet est tellement jubilatoire, et se veut tellement ancré dans la culture populaire, qu’il essaye de bouffer à tous les râteliers, ce qui frustre un peu parfois. Les gosses sont par exemple là uniquement pour le côté goonies, on sait déjà qu’ils ne risquent rien, et ils sont au final simplement chiant, car protégés dès le départ. C’est là l’inconvénient du côté moralisateur des années 80 qui réapparaît ici. Alors qu’on est clairement dans un récit amoral et qui marche avec la connivence du spectateur, cette bonne vieille morale ressurgit et impose des règles qui ont certes le charme de la nostalgie, mais qui empêchent le spectacle d’avoir tout le potentiel jouissif qu’on attendait. Faire mourir Kelly Brook parce qu’elle est une actrice porno, c’est chiant, parce qu’on adorait contempler ses formes divines. Passé cette déception, on constate quand même qu’Aja joue sur cette prétendue morale pour faire des trucs totalement loufoques soulignant l’absurdité du film (le happy end Jake et Kelly avançant sans problèmes sous l’eau alors que la corde passe sur le pont du bateau et en plein milieu de rochers à fleur d’eau). Ou encore cette scène où l’officier de police black se sacrifie, comme de nombreux blacks sacrifiés pendant ces périodes fastueuses des années 80-90. Le gentil black qui pense aux autres, qui ici se jette à l’eau pour tuer une malheureuse cinquantaine de piranhas pendant qu’il se fait becter les jambes, s’enfonçant centimètre par centimètre dans l’eau. Assez incorrect, la débilité de la scène nous propulsant immédiatement au second degré.

Question acteur, on ne s’éternisera pas sur la décontraction évidente dont l’ensemble du casting fait preuve, Elisabeth Sue se plaisant dans son rôle de femme énergique, Jerry O’Connel cabotinant comme une fou dans son excellent rôle de réal porno, et les seconds couteaux (Dreyffus, Lloyd) cabotinant à qui veut bien les supporter (Dreyffus étant malheureusement expédié un peu trop vite). Kelly Brook prend en revanche un sacré relief (3D oblige), et s’est créé une tripotée de fans en un temps records (je plaide coupable). Le jeu, globalement moyen (et démesurément exagéré) participe à l’ambiance globale de détente du projet. Le public américain a l’impression de se retrouver à la fête, et pour le reste du monde, il bave devant l’excès démesuré et l’avalanche de bikini qui lui tombe dessus sans discontinuer. Véritablement LE film de l’été, Piranha est aussi assez représentatif de notre époque et de tout un genre de cinéma : le culte du jouissif. Si Tarantino fait des films d’un standing plus élevé, Piranha dépasse sans forcer les films de Robert Rodriguez, car ayant parfaitement assimilé les goûts des adolescents (le florilège des comédies teen, qu’on les aime ou qu’on les déteste) et le gore bordélique qui fait la saveur d’un bon film (Rambo 4, Machete…), et s’inscrivant mieux dans les goûts actuels que des bandes comme Machete qui reviennent à des rendus visuels plus old school. Débordant de jouissance, d’énergie et d’excès, Piranha est plein à raz-la-gueule, et est bien parti pour continuer à vider le cerveau d’une belle part de population les soirs d’été. Jubilatoire.

 

5/6

 

de Alexandre Aja
avec Elisabeth Shue, Adam Scott

 

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On prolonge le plaisir dans la catégorie rien que pour vos yeux :

(Si tu es mineur, tu arrêtes de lire ici ! Mais rien n'empêche de jeter un coup d'oeil)

 

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La blonde pas farouche joue aussi dans Donkey Punch, un thriller où elle n'est pas très farouche non plus

 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 19:51

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Depuis quelques années (la parution de High school musical pour être précis), Disney, par l’intermédiaire de Disney Channel, a entrepris un vrai travail de lobotomisation infantile par la parution de programmes plus débiles les uns que les autres, totalement inoffensifs, j’en conviens, mais d’une fadeur d’endive. La firme, encore de qualité dans les années 90, parvenant à faire illusion en produisant les films de Pixar, est quand même en perte de vitesse, aseptisant son style pour mieux toucher les masses. Nouvelle aberration cinématographique, mission G débarque sur les écrans, rapidement populaire démontrant une nouvelle fois que les recettes qui marchent sont tout simplement les pires du genre.

L’histoire : la nouvelle équipe des services secrets américains est composé de 3 hamsters et d’une taupe visiblement plus efficace que tout le FBI réuni. Rapidement, ils mettent à jour l’existence d’un complot utilisant des appareils ménagers. Alors que le FBI veut stopper ce projet ridicule d’employer des hamsters, ces derniers s’échappent avec du matériel de pointe pour tirer l’affaire au clair.

 

http://static.lexpress.fr/medias/397/mission-g-scene_85.jpg


Voilà un nouvel exemple de la vacuité scénaristique pure à laquelle on donne de manière incompréhensible un budget faramineux (les hamsters sont 100% numérique pendant tout le film) histoire de faire passer la pilule. Mais si elle passe assez bien avec le spectateur de 4 à 10 ans (dont les critères de goûts sont rabaissés d’année en année), le reste du monde devrait pleurer à chaudes larmes tant ce gâchis relève du gaspillage infantilisant. Que ce soit au début ou à la fin du film, il ne contient rien. C’est le néant, l’abysse, l’étron qui flotte tellement il est creux (mais moins on met de trucs particuliers, plus on a de chance de ne pas heurter le public). On assiste donc à un humour infantile d’une lourdeur rarement vue dans le genre (un hamster qui pète pendant une course poursuite, on sait vraiment rire de nos jours), le réalisateur se plaisant à martyriser du Carmina Burana sous un déluge d’effets spéciaux numériques qui feraient rougir un Michael Bay. Le final d’ailleurs entièrement pompé sur transformers fera trépigner les mômes heureux de Revoir les mêmes trucs débiles que dans les pubs, et anéantira les moindres espoirs des spectateurs un minimum regardant sur leurs loisirs. Ludique sur l’entière longueur du film, dépourvu d’enjeux risquant d’impliquer le spectateur, Mission G se regarde en mode déconnecté, le spectateur étant totalement étranger aux évènements qui lui sont donnés à voir, l’implication sentimentale relevant du zéro absolu et le visuel claquant étant totalement sans prise de risque. Super long, le film décourage dès les premières 15 minutes et prouve une fois encore que les divertissements grands publics produits par Disney ont une qualité inversement proportionnelle à la taille de leur budget. Une arme de lobotomisation massive de plus, guère rattrapée par lecaractère à peine mimi de ses héros.

 

0,5/6

 


 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 17:53

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/8/4/9/3344429008948.jpg

 

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Tout le monde connaît le docteur Hannibal Lecter, un personnage réellement fascinant, qui a terrifié les masses dans sa première apparition au cinéma : le mythique Silence des agneaux. L’innovation se sent particulièrement dans la mise en scène des échanges Clarisse-Hannibal, poussant la « complicité » de ces deux êtres antagonistes jusqu’à une dernière entrevue vraiment touchante. Le personnage du docteur affole le public, le met face à une menace imprévisible et ordonnée, dont le raffinement et les critères élevés lui attirent immédiatement le respect, et très vite la déférence, car les hommes aiment suivre les gens intelligents. Ce charisme, le docteur Lecter le décuplera dans Hannibal, le film le plus bancal et, subjectivement, le plus réussi de la saga, magnifié par la mise en scène de qualité de Ridley Scott et par un Anthony Hopkins particulièrement investi dans son personnage. Après une telle perfection, rien de tel qu’un Brett Ratner pour calmer le jeu. Cependant, si on se fout totalement de Will Graham et que le docteur Lecter fait office de guest star, La psychologie du tueur Francis Dolarhyde interpelle, de même que son suivi affectif (lui ayant un complexe avec les yeux, qui se rapproche d’une aveugle). D’énormes fautes viennent maculer le bestiau, mais il reste un polar hard core regardable. Enfin, les origines d’Hannibal ont été légèrement bâclées, la beauté formelle du film ne pouvant racheter la frustrante simplicité de l’histoire qui nous est contée (comment un être aussi précis qu’Hannibal a-t-il pu avoir un parcours aussi manichéen ?). Décevant mais chiadé, cette conclusion déçoit, mais reste le premier film faisant d’Hannibal son personnage principal. La franchise qui a popularisé le psycho-killer enfin mise à nue, dans un article signé docteur Chilton.

 

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Le Silence des Agneaux : Un gros polar qu’on a un peu trop transcendé à mon goût (la violence est bien plus suggérée qu’explicite), mais dont l’immense popularité a beaucoup apporté à la carrière des deux acteurs principaux : Jodie Foster et Anthony Hopkins. On nous plonge d’abord dans la classique histoire de Serial Killer glauque, dont les seules manifestations qu’on nous laissera voir seront quelques photographies et un cadavre cadré en trop gros plan ou de loin avec des personnes devant. Seven me semble bien plus impressionnant, alors qu’il est côté à une limite d’âge inférieure, et tout cela parce qu’on a de la psychologie dans ce film. Ouh là, subversif ! Et bien pas tant que ça, la référence morale de Clarisse étant conservée pendant tout le film. Si celle du psychopathe aux papillons est certes troublante (la danse devant le miroir), elle n’est d’aucune ambigüité. Psychologiquement, le film est beaucoup moins agressif qu’on le supposait, la déviance psychologiques étant ici vulgarisée, décortiquée, étudiée pendant tout le long métrage. La piste est certes entretenu avec des détails qui marquent les esprits (les papillons principalement), mais elle n’est jamais très éloignée des formules classiques (le dernier acte étant surtout un mécanisme visant à faire uniquement grimper l’adrénaline (ce qui fonctionne, au cours d’une séquence gadget mais tétanisante dans le noir total). Ce qui a surtout attiré mon attention (comme beaucoup de monde), c’est la relation Hannibal-Clarisse, sorte de petit jeu psychologique où Clarisse livre des détails de son passé en échange des précieuses informations du docteur Lecter (le personnage nous impressionne d’ailleurs tellement qu’on en oublie de réfléchir sur ses observations, qui sont d’une pertinence assez incroyable). Pas un jeu très dangereux, aucune corruption d’esprit n’étant possible au travers de la vitre de plexiglas. Il faut avant tout s’attirer la confiance du docteur pour pouvoir dialoguer avec lui. Et c’est là qu’on observe la qualité du jeu des acteurs. Hannibal est proche du cabotinage avec ses haussements de sourcils, son air prédateur et ses rictus mordants, tandis que Clarisse essaye toujours de garder une façade digne malgré ls confessions qu’elle fait. C’est cette franchise qui s’installe peu à peu qui fascine, le spectateur ayant enfin l’impression de découvrir « dans le fond » les personnages qu’il suit, et d’avoir des détails sur leur existence. Je ne vois pas tant de liens entre l’Agneau et la fille du sénateur, mais je vois l’importance de cet évènement dans ce qu’a vécu Clarisse Starling. Et Hannibal aussi le voit, et il s’attache à cette figure de pureté malmenée par une existence difficile (la pauvreté…). Ce dernier face à face, ce doigt effleurant l’index de Clarisse, les relents sentimentaux de cette scène transcendent, on est nous aussi sous le charme. On remet certes les pendules à l’heure sur la nature du docteur avec sa spectaculaire évasion, en nous montrant bien qu’il n’a rien perdu de l’époque où il s’organisait ses dîners personnalisés. Car il y a ça aussi dans la popularité d’Hannibal : Il a goûté au fruit interdit. A la chair de son prochain avec le tact d’un gourmet. Un acte monstrueux magnifié par un raffinement admirable. C’est ce télescopage morbide flamboyant, cette aura prédatrice et expérimentée qui fascine, Hannibal touchant à quelque chose de bien plus tabou et bien plus original que l’inceste où autres complexes auxquels le quotidien nous a tristement habitué. Hannibal, c’est Leatherface à la cour de France, le psychopathe dont la violence ravageuse prend parfois des tournures artistiques soignées (la scène de l’ange), et qui fait preuve d’un discernement sans faille. Une icône est née.

 

5/6

 

de Jonathan Demme
avec Anthony Hopkins, Jodie Foster

 

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Hannibal : L’émotion m’étreint, ce film étant certainement mon préféré dans toute ma collection, tant l’apport a été grand pour mes attentes, mes goûts et en partie ma mâturité intellectuelle (il a été le déclencheur de mon intérêt pour la psychologie et m’a permis de mieux analyser mon entourage pour apprendre à influer dessus. Trêve de blabla, les faits. Clarisse est dans de beaux draps suite à une affaire de stup qui a mal tournée. Sa réputation étant ruinée par la presse, elle est forcée de reprendre le dossier Lecter, en standby depuis son évasion au cours de son transfert. Alors qu’elle remue le passé en Amérique, un inspecteur italien, Pazzi, retrouve la piste du docteur à Florence.

Une merveille. Une pure merveille. Ridley Scott a l’immense talent de savoir soigner sa mise en scène, et il nous offre un véritable délice visuel, épaulé par une musique somptueuse (c’est Hans Zimmer, avec cette bande originale, qui m’a redonné goût à la musique classique). Chaque personnage est posé, campé par un acteur de talent, et chacun interprète son personnage avec une réelle implication. Ray Lliota est tout simplement incroyable en salopard fini, parvenant à nous faire détester son personnage avec une hargne qu’on a rarement éprouvé au cours d’un film. Giancarlo Giannini est lui aussi merveilleux en agent vendu qui ira sacrifier un malfrat sans importance pour servir son appât du gain, avant de s’en laver les mains tel Ponce Pilate. La force des images qui le caractérisent, et la comparaison ambitieuse avec Juda achèvent de lui donner un rôle tragique et une sortie aussi gore qu’appropriée, la morale étant à ce stade de l’histoire exclue. Clarisse Starling, campée par une Julianne Moore vraiment touchante et à l’aise dans la peau du personnage (quoiqu’un peu plus détendue que Jodie Foster), est parfaitement à l’aise sur le terrain, et parvient vraiment à faire revivre le personnage de Clarisse Starling, et à retrouver l’émotion que le personnage ressentait dans l’œuvre de Thomas Harris. Bien qu’elle reste assez sobre durant toute la durée de l’enquête (jeu sobre devant Mason Verger, sang froid durant l’enlèvement de Lecter…), c’est LA présence féminine du film, dans sa dignité et dans ce qu’elle a de plus romantique, la belle ayant toutes les raisons de se méfier d’Hannibal, bien qu’irrésistiblement attirée par ce dernier, autant par devoir que par sentiments (ses regards lors des écoutes des échanges avec Hannibal, aménagés pour l’occasion, ne trompent pas). On regrette simplement cette frigidité finale, ce désir contenu par le devoir, mais nous y reviendrons. Son personnage, d’une grâce admirable en dernier acte, a tout de la présence féminine désirable, aussi sensible que dangereuse.

On en arrive enfin à Hannibal, qui crève tout simplement l’écran. La perfection du jeu d’Hopkins n’ayant besoin que de peu de commentaires pour être loué (ses intonations, ses mimiques, ses actions, rien n’est sans conséquences, tout est maîtrisé ou semble maîtrisé jusqu’au moindre détail, Hopkins est devenu Hannibal pendant 2 heures sans la moindre imperfection), j’en profite pour disserter plus longuement sur le personnage d’Hannibal, qui a beaucoup évolué. En effet, il passe du statut de freak intelligent à celui de freak magnifique. Hannibal devient avec ce film le père spirituel de tous les freaks, l’emblème de la réussite des freaks. Hannibal est charismatique, il impose le respect, fait preuve des meilleurs goûts possibles, et il est lui-même un freak (et pas un des moindres). Mais il assume pleinement son statut et parvient à le transcender, brillant en société et faisant éclater sa monstruosité à chaque moment opportun. Par lui, c’est une génération d’incompris qui le prend comme référent, car il représente la véritable réussite du freak en société, moral ou pas. C’est dire combien la fin du film déçoit. En effet, le livre transcendait la victoire d’Hannibal, lui offrant enfin l’amour qu’il méritait sur un ton de romance douce amère qui touchait véritablement le lecteur. Ici, Ridley a été tiraillé entre les freaks et la société et il a cédé à la facilité (et c’est pour ça que beaucoup rejettent le film). Mais malgré cette trahison, cette fin reste travaillée, dans la lignée complète du film, et à défaut de nous offrir l’amour que nous espérions, le docteur, mutilé, reste valide, et continue d’agir comme un freak (le test culinaire final, ultime clin d’œil aux fans). On lui refuse l’amour, mais on ne lui refuse pas l’aura tragique qu’il méritait largement en compensation. Et ne nous plaignons pas, notre docteur est resté en forme avec quelques scènes gore du meilleur cru, dont une incroyable leçon de cuisine magnifiquement mise en scène dans le dernier acte, qui donnera vraiment un aperçu du savoir faire du docteur, imprimant nos rétines pour le restant de nos jours. Sincèrement, Hannibal est un film magnifique, un hommage au giallo italien comme nous l’adorons, vilipendé pour sa fin décevante ou sa violence amorale, destiné à partager les spectateurs, mais d’une telle perfection artistique que les larmes m’en viendraient presque aux yeux. Le coup de foudre cinéphile, jamais rompu depuis ma découverte en 2006.

 

19/6 (et pas 20 à cause de cette fin décevante)

 

de Ridley Scott
avec Anthony Hopkins, Julianne Moore

 

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Dragon rouge : Après le coup de foudre avec Hannibal, c’est peu dire si je me suis efforcé de rechercher les suites et précelles de tout ce qui pouvait se rattacher au mythe. Les livres trônent dans mes étagères, et je trouvai sans peine l’adaptation de Dragon Rouge de Brett Ratner. Mais hélas, passé une introduction classieuse bien qu’un peu prétentieuse (les sous entendus lourdingues d’Hannibal prennent des proportions pachidermiques de J’me la pète, mais ils réussissent à faire renaître la joie de retrouver le personnage). Cependant, Will Graham vient vite perturber les choses, et il s’attire immédiatement notre antipathie, en tirant sur notre personnage et en passant du coup pour un héros. C’était là le piège de la précelle, et Brett est tombé en plein dedans : on s’était attaché à Hannibal, alors que dans la logique littéraire, il est seulement un prisonnier susceptible d’aider les flics, dans le premier livre de la trilogie. Résultat : Hannibal est un gadget, une sorte de guest star que Brett essaye de maintenir le plus possible à l’écran (la scène du dîner en cellule, à part faire enrager Chilton, ne sert vraiment à rien). Ce qui explique la réputation calamiteuse que se traîne le film, pourtant loin d’être un foirage total. Si le casting Edward Norton / Harvey Keitel fait indéniablement penser à un coup commercial (du psycho killer avec des stars internationales, ça pue le film de casting, qui n'assurera jamais plus que le minimum contrairement au film de Scott) et n’assurera que le minimum de ce côté-là (Will Graham roule carrément des mécaniques devant Hannibal et a clairement l’air de prendre l’avantage dans les conversations, choses qui n’arrivait jamais dans le bouquin). C’est en revanche l’interprétation de Ralph Fiennes pour jouer La Mâchoire qui marque vraiment le film, pour ne pas dire qui le fait. Il n’y a que ce personnage qui intéresse, nous rappelant vaguement un sentiment de Norman Bates (influence encore plus présente dans le livre, le comportement schizophrène du personnage étant bien mis en avant), en affichant une façade beaucoup plus renfermée. Sa personnalité, et les changements occasionnés par l’histoire d’amour avec Verra est alors plutôt touchante (un freak qui s’essaye lui aussi à l’amour en mettant en standby ses instincts cruels, c’est quand même intéressant), là aussi très aidée par la musique virtuose de Danny Elfman (une magnifique partition). Son mode de fonctionnement là aussi porté sur le détail fascine pour la symbolique très inspirée de tableaux, certains passages de l’histoire virant sur de l’interprétation artistique de premier ordre. Malgré cet excellent point, on n’omettra pas de pointer plusieurs défauts. Comme par exemple cet épisode du papier toilette, joué en mode suspense course contre la montre. Ou cette apparition du tatouage pensé pour être impressionnant, qui a seulement réussi à me faire éclater de rire. Comme quoi, même les mises en scène soignées peuvent être ridicules. L’heure n’est pas à la victoire des freaks, elle est à leur exécution sommaire, le dernier acte se révélant bien trop propre pour prétendre à autre chose qu’une conclusion à suspense. Bref, la saga est sur la mauvaise pente, et ce n’est pas un clin d’œil appuyé à un excellent polar qui va rehausser la qualité globale. Une moyenne due en bonne partie à l’incroyable performance de Fiennes, mais sinon, ça ne vaut pas un clou.

 

3/6

 

de Brett Ratner
avec Edward Norton, Anthony Hopkins

 

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Les origines du Mal : Premier film fondé exclusivement sur le personnage d’Hannibal Lecter, tourné sur le modèle d’un script adapté par Thomas Harris en personne, ce qui augurait du meilleur pour la série. Mais voilà : on n’est jamais vraiment convaincu, cette genèse ne parvenant pas à surprendre, à insuffler le caractère et l’imprévisibilité du personnage. Pour le self-contrôle, le raffinement et l’esprit vif, on lorgne du côté des canons asiatiques (waow, beau cliché !) avec une tante japonaise installée en France, l’oncle étant décédé il y a de ça deux ans (une grosse erreur de la part de Thomas Harris, cette figure paternelle de remplacement jouant un rôle assez important dans la gestion de la colère d’Hannibal, tout du moins dans le livre). Hannibal fait donc ses premières armes à la campagne en sacrifiant un boucher collabo au fil de la lame du katana familial. La scène, joliment éclairée et graphiquement chiadée, impressionne pour son visuel, mais n’implique pas vraiment sentimentalement le spectateur (action lointaine…). Après cette première fois bien décevante, Hannibal étudie la médecine à Paris, avant de s’intéresser à son passé et à ses traumatismes (il dort mal la nuit, et au cours d’un rêve, il se rappelle enfin son passé : sa famille décimée, lui et sa sœur Misha survivant dans une chaumière, des soldats arrivant, les faisant prisonniers, avant de becter sa frangine pour faire face à la famine). La folie d’Hannibal, basée sur un traumatisme aussi manichéen et brutal que ça… La psychologie est clairement réduite à son minimum ici, les concepts semblant faire office de couverture évitant de donner trop de détails, trop de complexité à l’histoire. Hannibal est ici manichéen, et s’en va châtier les assassins de sa sœur tel un héros des années 80, sauf qu’il les bouffe. Cette pseudo-morale finit par agacer, tant le script semble dédouaner Hannibal de tout choix moral purement mauvais. Le script s’aventure d’ailleurs sur une piste qui aurait pu se révéler prometteuse (une relation incestueuse avec la tante solitaire), mais qui ne débouchera au final sur rien du tout (on a juste coché la case « érotisme soft asiatique » sur le cahier des charges). Les méchants manichéens sont punis, Hannibal devient un héros, sauf qu’il persiste dans son œuvre de vengeance. Et si un Vaughn appuie clairement son Magneto dans sa pensée vengeresse, Hannibal est d’un coup désavoué par la musique, et la caméra s’éloigne de lui alors qu’au contraire, il commençait à se révéler intéressant. Frustrant d’un point de vue des origines, mais assez chiadé niveau image, c’est un gentil nanar de luxe qui bâcle son sujet, Gaspar Ulliel se démenant quand même pour sembler à la hauteur, et il parviendra presque à l’être dans quelques scènes de violence soulignée, à défaut d’être pleinement justifiée (pourquoi épargner le père de famille si c’est pour le zigouiller 2 minutes plus tard ?). Bref, une précelle vraiment mineure de la saga.

 

1,5/6

 

de Peter Webber
avec Gaspard Ulliel, Gong Li

 

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 16:17

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Qu’avons-nous de potable en matière de films effectuant des retours dans le temps ? Nous avons la trilogie des Retour vers le futur (jouissive, mais assez permissive niveau timing), le sympathique C’était demain, le récent Triangle, L'armée des 12 singes… Et… Il ne m’en vient plus à l’esprit (j’en oublie probablement : comme un ticket pour l’espace). Tout ça pour dire que le thème n’est pas banal, et qu’il faut être assez habile pour le manipuler avec crédibilité. Et c’est ce que parvient à faire parfaitement Nacho Vigalondo dans son Time Crimes. Si on sent quelques facilité au niveau du personnage principal, le développement de l’histoire est exemplaire, et les multiples rebondissements nous tiendront sans problème en haleine pendant une heure et demie. Entrez dans la machine !

L’histoire : Un homme s’installe avec son épouse dans une maison au bord de la forêt. Il remarque que des évènements étranges s’y passe, mais lorsqu’il découvre une jeune femme inanimée, il est attaqué par un individu cagoulé et se réfugie dans la bâtisse la plus proche qui se révèle être un laboratoire.

 


Time Crimes, c’est une très jolie mécanique. On nous présente d’abord le personnage au centre de tout ça : un peu beauf, attiré dans la forêt par une fille se dénudant, et faisant la mauvaise rencontre de l’homme-momie armé d’une paire de ciseaux. Jusqu’ici, une sorte de thriller classique ultra simple. Il faut patienter 15 minutes le temps que l’intrigue se développe. Mais une fois l’homme entré dans la machine, on commence à jouer avec le thème de la boucle temporelle. Le voilà revenu au matin de sa folle journée. Et ce qui est fort agréable, c’est que les personnages concernés ne sont pas stupides : ils réagissent exactement comme nous le ferions dans cette situation : on se planque en attendant que la situation revienne à la normale. On arrive alors à l’élément malhonnête qui permet cependant de tout déclencher. Le personnage principal est un peu stupide (son besoin d’explication clair pour comprendre son voyage temporel), et il effectue une action aussi stupide qu’intéressante : il se téléphone le matin même de son arrivée. Très con, n’est ce pas. Mais ce coup de fil a déjà eu lieu, il ne devrait donc pas y avoir de soucis de modification de passé. C’est alors la peur qui s’empare de notre personnage, et qui le fait sortir des laboratoires pour mieu se rendre compte de la situation. C’est ainsi qu’il rencontrera la fille qu’il avait vu nue dans le bois, en train de faire du vélo sur la route.Et là, les éléments commencent à se télescoper, et il devient impossible d’en dire plus sans griller les ressorts de l’intrigue. Quasi spoiler : c’est le jeu du chat qui se mord la queue pendant le second acte du film, où la situation prend des proportions tellement catastrophiques qu’un troisième acte totalement inattendu vient pointer le bout de son nez, et transcende les deux segments temporels que nous venons de voir. Presque virtuose dans sa façon de nous faire découvrir peu à peu l’intrigue sans jamais modifier les éléments (ce sont les personnages qui ne voient pas tout, ou qui ne connaissent pas toute la vérité), le temps est géré d’une façon excellente, puisqu’il est inaltérable. Les éléments sont posés, et ils ne changeront pas, on peut seulement découvrir comment et pourquoi ils sont arrivés là. En bref, un petit film avec quelques twists fort appréciable, qui fait du fantastique minimaliste et s’amuse avec son concept de façon soignée, ce qui en fait un concurrent très abordable de Triangle. Une bonne surprise.

 

4.5/6

 

de Nacho Vigalondo
avec Karra Elejalde, Candela Fernandez 

 

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 06:53

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Citons les cinéastes qui ont décidé d’adapter Lovecraft : Stuart Gordon, Brian Yuzna et Christophe Gans dans Necronomicon. Trois auteurs. C’est dire si on se branle dans les hautes sphères des écrits géniaux de cet auteur prolifique, obnubilé par l’idée que de puissantes créatures puissent déferler à nouveau sur le monde (Cthulhu entre autres…). Et Carpenter de nous prendre totalement par surprise avec son In the mouth of Madness, qui se révèle être un des plus beaux hommages à son œuvre, en empruntant aussi beaucoup au style de King.

L’histoire : John Trent est interné dans un asile psychiatrique dans un état de démence violente. Un psychiatre vient constater son état, et John nous raconte alors comment une banale enquête sur un écrivain disparu a viré au cauchemar…

 

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Ce qui surprend vraiment dans l’Antre de la folie, c’est la fraîcheur de ton que prend le récit. En effet, on sort considérablement des rayons dans lequel Carpenter a l’habitude de nous mener. Le héros, campé par l’excellent Sam Neil, n’a pas une carrure très sportive, méprise le fantastique et s’inscrit pleinement dans la société moderne. Le type un peu chiant malgré son métier excitant. Mais dès que Carpenter commence à balancer la sauce, on ne s’arrête plus. Après une prise de contact musclée avec le monde de Sutter Kane (sous la forme d’un badaud au look de clochard comme menace ambigüe), John commence son enquête par la lecture des ouvrages de l’auteur en question. Il pourra constater dès leur achat le véritable vent de folie qu’ils provoquent (le fan de lecture hébété errant dans les rayons Fantastique), et sombrera lui-même peu à peu dans les méandres de l’univers Kanien. Carpenter multiplie alors les procédés de flippe, choisissant comme angle d’attaque la société moderne (le tabassage perpétré par un flic qui pourrit lorsque l’action se répète, la bande de clochards armés de haches…). Abusant du flash subliminal pour faire naître un sentiment d’angoisse diffus, aux relents religieux (les croix, les illustrations christiques…). Une peur omniprésente, qui altère et envahit peu à peu le quotidien de John. Jusqu’ici, rien de bien méchant, un sorte de Nombre 23, mais en flippant. Mais là où Carpenter s’engage vraiment sur le terrain de King, c’est quant il introduit la ville fantôme de Hobb’s End, véritable résurrection de Castle Rock, où les habitants sont eux aussi victimes de l’influence des récits de Sutter Kane. A partir de là, Carpenter ne donne plus de limites à son récit, tous les moyens sont bons pour nous angoisser. Des portraits qui changent (se pervertissant avec le temps), des enfants monstrueux, des habitants qui semblent évoluer dans une autre réalité, et Sutter Kane tapi au fond d’une église, rédigeant inlassablement ses récits à l’aura biblique. Il devient alors très intéressant de suivre les propos de Sutter Kane, qui déifient vraiment son œuvre, la comparant à une nouvelle bible dont la force et les fondements véritables auraient tout pouvoir sur ses lecteurs (Styles est la première à y succomber, pleurant des larmes de sang suite à la révélation). Ainsi, Trent se retrouve un certain temps seul à affronter cet univers hostile, partant sans prévenir dans des moments de flippe totale (la simple descente dans la cave, une simple balade dans la rue…), jusqu’à une confrontation mémorable où Carpenter se livre à un véritable tour d’acrobatie, en illustrant le concept de l’homme pris dans des forces qu’il n’imagine même pas et destiné à accomplir une prophétie à laquelle il n’entend rien, et en effectuant une mise en abîme monstrueuse en désignant Trent comme un personnage de l’œuvre, n’ayant aucun contrôle sur ses actes car étant lui aussi manipulé par Kane. On en arrive alors à la démesure lovecraftienne lors d’une séquence incroyablement terrifiante, la peur du noir cédant place à une armée innombrable de monstres repoussants tout droit sortis de l’imaginaire de Kane, et s’apprêtant à déferler sur le monde avec la parution prochaine de son dernier tome. En avant dernier acte, nous aurons donc Trent accomplissant sa destinée contre sa volonté, et qui ne pourra se prouver son intégrité individuelle qu’en massacrant un adorateur des récits impies de Kane. Ultime tour de force d’un film d’une richesse insoupçonnée : le dénouement, totalement inattendu, qui se révèle être une des boucles les plus osées du cinéma fantastique, Sam se revoyant littéralement dans les scènes qu’il vient de jouer, annihilant en quelques secondes le peu d’espoir qu’il tentait de préserver sur sa volonté propre. L’homme dépassé par son propre destin sur lequel il n’a aucune prise, et dont il ne peut au final que rire, l’ironie étant le dernier sentiment qu’on puisse exprimer dans un tel état d’impuissance. Epoustouflant !

 

5/6

 

de John Carpenter
avec Jürgen Prochnow, Sam Neill

 

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 06:46

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Interdit aux moins de 16 ans

 

Peu de films peuvent se vanter d’avoir de purs moments psychédéliques. Quelques œuvres comme the doors, comme The Wall d’Alan Parker, Enter the void de Gaspar Noé… Je ne pourrais au final en citer que très peu, mais ceux qui arrivent efficacement à créer ces ambiances sont rares. Et j’en connais encore moins qui ont réussi à détourner cette ambiance pour en faire un instrument horrorifique. Il y a le bancal Tripper (marrant mais pas si politique que ça) et La famille Manson. Ce dernier, nous livrant une version interprétée de l’histoire de Charles Manson et de la « famille » qu’il s’est créé, réussit vraiment à recréer l’ambiance psychédélique des années 60 par l’utilisation d’un ton semi documentaire à la Cannibal Holocaust, sauf que nous sommes immergés dans une tribu de hippies. Etrange, bancal et profondément malsain, ce film est une bonne petite claque qui fait plaisir.

L’histoire : Charles Manson est un hippie charismatique qui installe ses amis dans une ferme à la campagne. Mais son attitude change peu à peu, et il se transforme en gourou et commence à influencer ses frères et sœurs…

 

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Quand Van Bebber s’attaque à la célébrité Charles Manson (LE psychopathe n°1 dans la culture américaine), il n’y va pas de main morte, poussant l’immersion assez loin avec le style du faux documentaire, où on sent l’influence de Cannibal Holocaust. En effet, l’image possède un grain assez prononcé, et le film débute en fait avec un programmateur qui recherche du sensationnel sur l’affaire, et qui reçoit de mystérieuses cassettes, qu’il se fait un devoir de regarder. Pour mieux nous immerger dans l’affaire, nous avons d’abord droit à de fausses interviews, et à des séquences assez représentatives de la pensée hippie (ou tout du moins l’idée qu’on s’en faisait). La violence psychologique des images est assez forte, car une fois la bande installée dans la ferme, ils vivent vraiment selon leurs règles et leurs idéaux : nombreuses orgies en pleine nature, surconsommation de drogues dures… Comme le disent les protagonistes en interview, le but était de laver le cerveau des membres de toutes les inhibitions que leur éducation avait pu créer en eux. En bref, tout le monde vit d’amour et d’eau fraîche, en se nourrissant dans les poubelles et en louant Charlie pour ses ondes positives. Mais rapidement, le récit prend un ton plus sombre (notamment avec le rejet progressif des studios des chansons de Charlie). Le lavage de cerveau prend des dimensions autrement plus sérieuses, les considérations raciales commençant à apparaître (une vraie surprise en ce qui me concerne) dans la famille, et cette dernière continuant son rythme de vie décalée sous un ton beaucoup plus morbide. Pour manifester ce chavirement des personnalités, on verra les membres de la famille se grimer en démon, Charlie faisant office de Satan en personne. Un peu facile, mais parfaitement dans le ton psychédélique de l’histoire. Le décervelage prenant peu à peu d’immenses proportions jusqu’à ce qu’on arrive enfin aux premiers meurtres. Et là, on y va fort. Filmée platement, l’attaque de la maison de Sharon Tate et des meurtres barbares qui s’y sont déroulés glace, rendant véritablement gerbante cette violence poisseuse avec une efficacité qui terrasse (le psychédélisme est toujours là). Bref, c’est une immersion profonde au plein cœur de la Famille de Charles Manson, assez précise niveau détail pour faire illusion, mais dont le montage pensé pour être psychédélique nuit parfois à la compréhension de certaines parties de l’histoire. C’est d’ailleurs le cas de la conclusion, qui s’attarde sur les « émules » de la Famille massacrant quelques personnes s’intéressant trop à Charles à leur goût. En bref, une violence poisseuse efficace et une immersion psychologique assez convaincante, qui n’empêchent pas un format un peu brouillon du rendu final.

 

5/6

 

2003
de Jim Van Bebber

 

http://www.cinetrange.com/films/m/ma/mansonfamily/kidsinhangout.jpg

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 07:08

http://www.covershut.com/covers/Terror-Toons-2002--Front-Cover-28914.jpg

 

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Les OFNI sont souvent des films esthétiquement soignés, mais dont le concept réside surtout dans son scénario plus que dans sa forme technique. Amer est par exemple assez inhabituel dans le style du cinéma français, mais il est totalement cohérent avec le style Italien des argento type suspiria (dont le premier segment y fait hommage). Au final, avec les David Lynch, peu révolutionnent l’aspect graphique, en partant sur un concept jamais exploité. C’est pourtant ce que font les Terror Toons de Joe Castro. Alors qu’on attendait absolument rien de ce gusse, il nous pond un véritable OFNI : un cartoon filmé, un défit impossible, terriblement Z, mais tout à fait dans le ton du concept. Avec un premier opus totalement bancal, Joe Castro pose les bases, et il les réutilisera dans sa fausse suite : Terror toons 2, où il redoublera d’inventivité sur les délires gores. D’un mauvais genre revendiqué, fauché jusqu’à l’os, ces deux films relèvent véritablement du jamais vu.

 

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Terror toons : Terror toons, c’est un dessin animé produit par Satan lui-même, qui suit les délires sans limites de Docteur Carnage aidé de son assistant Max Assassin : un singe lobotomisé. Mais avant tout, la situation initiale : une adolescente voit ses parents s’absenter pour le week end (les observateurs noteront que la mère est un homme portant une perruque). Elle invite ses amis, puis part s’isoler dans sa chambre pour regarder le dvd terror toons qu’elle vient de recevoir, alors que ces derniers s’amusent dans le salon. Et quand ces abrutis finis trouvent la table de spiritisme, c’est parti ! Ils se mettent à jouer au strip poker dessus. Etalant leurs fringues aux quatre vents au fil des lettres, ces trouducs invoquent les démons du cartoon, qui débarquent alors dans notre monde, en se livrant à tous les actes immoraux qu’ils peuvent effectuer avec leurs gadgets de toons. Arrachage de colonne vertébrale, dynamite à bout portant, écervelage, les excès gores ne manquent pas, et seront toujours effectué dans un grand guignol total, vraiment comparable aux films de toons. C’est là qu’est toute la subtilité du film. Son style graphique est tellement criard, tellement lourd, qu’il paralyse par sa surabondance d’humour. C’est tellement gros qu’on ne rit pas, on est juste médusé de voir de tels excès, filmés d’une manière aussi moche dans un film totalement anti commercial. Pour donner un exemple, on ouvre sous nos yeux incrédules la boîte crânienne d’une victime façon boîte de conserve, et on la voit rire quand le docteur lui chatouille la cervelle. Ce ne sont que des trucs dans ce genre, du début à la fin, ce qui fait de Terror toons la meilleure et la pire série Z que j’ai pu voir. Le final, à la limite du compréhensible, nous met carrément l’univers du film en abîme, l’objectif final étant de détruire le dvd du film, et nous sortirons du spectacle tremblant, totalement hagard après cette expérience cinéphile, plus éprouvante qu’un Eraserhead, presque aussi puissante qu’un Tetsuo dans le style graphique, indéniablement moche, et voué à être vilipendé au fil des siècles (à chaque nouveau gag, on s’exclame à haute voix : « C’est de la merde ! »). Les extrêmes s’entrechoquant, je lui file une gentille moyenne, mais c’est vraiment dur à noter objectivement.

 

3/6

 

tourné en 2002 par Joe Castro

 

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Terror toons 2 : On reprend les règles du premier, et on recommence. Sorti cinq ans  après ce mémorable premier méfait, Joe Castro remet le couvert en s’attaquant cette fois ci non pas à la bande de jeunes classique, mais à une famille réunie pour l’anniversaire de la petite dernière (10 ans), une pourrie gâtée qui a dans sa famille de beaux exemples de caractères stupides. Les démons sont ici Hansel et Gretel, deux enfants démoniques qui feront d’abord preuve de gourmandise en bouffant la maison de la sorcière jusqu’à s’en faire vomir, et avant de torturer cette dernière. Les démons sont ici invoqués par le dvd même du film, présent dans le film et visionné par la famille à l’apogée de la fête. On se lâche à nouveau dans le grand guignol, chaque nouvelle effusion gore cartoonesque étant totalement imprévisible, et par conséquent originale (auto-martellement de crâne à la massue, chaise musicale meurtrière…). Tous les ingrédients du premier se retrouvent dans cet épisode à peine mieux fait (niveau effets spéciaux et incrustations, c’est toujours aussi foireux que dans le premier), qui a pour mérite de satisfaire les fans de la saga (pour peu qu’il en existe d’autres que moi). Bref, on exploite toujours le filon improbable du cartoon filmé, avec une jubilation aussi évidente que le quasi-amateurisme des effets spéciaux, réalisables chez vous avec un logiciel gratuit comme Paint. Immoral, nonsensique, ce nouvel opus tape à la fois sur les têtes de con et les innocents, donnant à nouveau au film des airs de survival burlesque sans aucun suspense, la lourdeur de l’œuvre réduisant à néant n’importe quelle ambition que l’histoire aurait pu présenter. A part un clin d’œil à Hicks dans Aliens, rien de vraiment notable dans cette fausse suite qui poursuit son exploration du concept, et qui mérite en conséquence la même note que son prédécesseur. Du jamais vu : une saga ultra innovante qui conserve sa qualité au film de ses suites !

 

3/6

 

tourné en 2007 par Joe Castro

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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