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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 06:41

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Ah, le thriller ménager… J’aime bien le thriller ménager. Une vie de couple la plupart du temps un peu éprouvée par un évènement quelconque (perte d’un proche, libertinage, divorce…), et qu’un évènement hors du commun va rapprocher, comme une prise d’otage par exemple, ou encore des actes de tortures, ou une captivité prolongée… Beaucoup de possibilités, toutes aussi distrayantes les unes que les autres, mais se rejoignant au final sur un point : la mécanique. Toutes ces histoires sont à priori calculées sur une mécanique précise qui tient compte de la psychologie, et la force physique, des opportunités et du temps. Après, chaque film a son timing, sa sauce, et parvient plus ou moins bien à être convaincant. Et Calme Blanc (aka Dead calm) y parvient avec une classe rarement vue.

L’histoire : un couple tente de faire une croisière en monocoque au grand large pour oublier la mort récente de leur enfant. Mais en pleine mer, ils tombent sur un bateau en ruine, d’où ne sort qu’un seul survivant. Alors que ce dernier se repose, le mari monte à bord, et découvre un vrai massacre dans la cale. Le naufragé le laisse alors sur place et s’enfuit avec l’embarcation valide, la femme inconsciente à bord.

 

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Tout d’abord, permettez moi d’insister sur le fait que ce film, c’est un P*TAIN de casting ! Sam Neil, Nicole Kidman, Billy Zane… Un trio aussi brillant, ça s’est trop rarement vu pour oser passer à côté sans rien dire. Car tous sont infiniment brillant dans ce film (Billy Zane est hyper convaincant en psychopathe notoire). Ensuite, ce film fonctionne essentiellement sur l’atmosphère. Et celle-ci est particulièrement réussie, à tout moment de l’histoire. Dans les débuts du film, l’ambiance du grand large est là, et se sent. Quiconque a déjà fait une sortie en mer sur un bateau de plaisance saura immédiatement de quoi je parle. On sent la brise marine, on se promène sur le pont du bateau comme nous y étions… « Immersion » prend ici tout son sens, puisqu’on a vraiment l’impression d’y être, et les activités du couple sont exactement celles que nous aurions à leur place. Mais on ne s’embête pas trop longtemps avec l’introduction, on nous branche vite fait sur le sujet. Arrivée du naufragé paniqué, le bateau coule, ect… Sans que la tension monte démesurément… On sait pas, y a un truc qui cloche… Et Sam Neil le ressent aussi, et fait exactement ce que nous ferions à sa place. Et là, sans en montrer plus que nécessaire, on parvient, en une seule scène, à faire monter la pression d’un coup, à mort. Et avec un plan séquence incroyablement dynamique, on a une situation dramatique qui apparaît, en posant clairement ses enjeux : la Femme est laissée sans défense avec l’Homme Brutal, et l’Homme Civilisé est écarté dès le début de la partie.

Calme blanc, ce n’est pas de l’originalité. A vrai dire, c’est très loin d’être original. Mais cette mécanique, cet engrenage qui tourne avec une précision nanométrique… C’est beau. L’homme civilisé est réduit à l’impuissance dès le début du film. Au mieux, il va utiliser son cerveau pour pouvoir redémarrer le bateau en train de couler afin de ne pas se faire distancer. C’est à la Femme de faire tout le boulot. Tout repose sur ses maigres épaules. Et elle est loin de pouvoir utiliser la force, Billy Zane se montrant intraitable sur ce sujet. Ainsi, on a tout le comportement classique de la femme brisée : mutisme, refus du dialogue, tentatives de se faire oublier… Puis elle reprend le contrôle après une crise de larme et commence à essayer la psychologie, en cherchant un moyen d’arrêter le bateau. Après quelques tentatives, elle utilise enfin le meilleur argument qu’une femme peut donner à un homme. Et à partir de là, on arrive sur un terrain violent (et c’est pas un viol ! C’est elle qui s’offre pour pouvoir avoir un appui pour la contrattaque). Dans un dernier acte plutôt musclé et très tendu niveau suspense, on conclut l’affaire classiquement, mais avec un panache et une classe égale à celle avec laquelle nous étions entrés dans l’histoire.

Le seul petit grain de sable, c’est la mort de l’enfant… Un traumatisme qui justifie le voyage, certes, mais pas du tout indispensable dans le déroulement de cette histoire. Mais bon, à part ce détail qui n’est pas un gros défaut, ce film est une machine précise, parfaite synthèse de ce que ce genre a de mieux à offrir, et dans un cadre original et justifiant parfaitement le statut de huis clos au grand air. Une vraie bouffée d’oxygène.

 

6/6

 

de Phillip Noyce
avec Nicole Kidman, Sam Neill

 

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 07:33

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En chimie, quand on manipule de l’acide, il faut faire gaffe à deux choses : la nature de l’acide, et sa concentration. Prenons de l’acide sulfurique. C’est un acide fort. Et bien concentré, il n’est pas dangereux (à part en présence d’humidité). C’est si on le dilue que ça devient grave, puisqu’il réagit avec l’eau pour former les ions H3O +, qui sont responsables de l’attaque des matériaux. Et bien, La vie est un long fleuve tranquille, c’est pareil. Dilué avec une bonne dose d’humour, le film est un acide mordant qui va détruire le modèle sociale préconisé pendant son époque. Une telle corrosivité, c’est trop rare pour être ignoré.

L’histoire : une infirmière, afin de se venger d’un médecin qui l’a trompé pendant 14 ans, écrit à deux familles pour leur avouer qu’elle a interverti leurs enfants 12 ans plus tôt. La famille Groseille vit dans un squat et se nourrit de petits larcins. La famille Le Quesnoy vit à l’abri du besoin sous le regard attentionné de parents pieux et aimant. Les Le Quesnoy décident alors d’intégrer leur fils Maurice avec le reste de la famille.

 

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Je précise avant de commencer toute critique que ce film m’a énormément parlé, sur toute sa longueur. En effet, on constate que le propos ne cesse de s’acidifier, tant le réalisateur prend un malin plaisir à détruire le modèle de « la famille équilibrée », comme le sous-entend la fine métaphore de la confiture de groseille étalée sur la table (cherchez la dans le film !). Les portraits classiques en prennent littéralement plein la gueule pendant une heure trente, alors qu’ils avaient au départ l’avantage d’être chacun dans de parfaites conditions de prospérité. Et telle cette bagnole explosant sans qu’on s’y attende, la comédie part au grand galop sur le terrain du choc des classes, en torpillant la famille catho-tradi de l’intérieur. En effet, les acteurs s’impliquent admirablement dans leur rôle, et nous livre de merveilleux clichés qui feront rire dès les premières minutes (la fête du primaire, sur un fond de « Jésus revient ! », c’est tout simplement irrésistible(ment scandaleux)). Constamment, la religion (et ce prêtre assez énervant pour son ton de voix, parfaitement représentatif du prêtre modèle dans l’esprit catholique) prendra des airs d’embrigadements religieux (à un âge aussi jeune, il n’y a pas d’autre mot). Les parents sont l’archétype de la famille chrétienne parfaite. Le père est fort de sa réussite professionnelle et n’a pas besoin d’une grande autorité pour voir ses enfants se plier à sa volonté (la religion se chargeant de leur docilité). La mère est l’exemple parfait de la maîtresse de maison qui ne s’occupe que de ses enfants et de l’animation de la paroisse. Elle entre parfaitement dans le jeu des faux sentiments et des apparences que ce monde implique (lors de sa sortie chez le docteur, elle répond courtoisement à sa question bateau sur le reste de la famille, et est décontenancée par celle de l’infirmière, qui n’a pas voix au chapitre sur ce domaine). Le personnage du docteur est au final assez anecdotique, ce n’est qu’un manipulateur obsédé par sa jouissance qui se contrefout du monde qui l’entoure. Venons en maintenant aux choses sérieuses : les confrontations.

 

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En effet, rapidement, le petit Maurice fait partager ses mauvaises habitudes aux autres enfants de la famille. Si il se plie d’abord à leur jeu d’en l’espoir de tirer davantage de fric de la famille, il va peu à peu influer sur ses frères et sœurs. Et particulièrement sur Bernadette, la fille qui a été échangée avec lui. Celle-ci détestant les pauvres pour les préjugés qu’on lui a enfoncé dans la tête, il n’aura de cesse de la torturer moralement sur le sujet, la renvoyant sans cesse à cette famille pauvre qui aurait dû être la sienne à l’origine (la scène de la confrontation, où elle les surprend en train de cracher sur la télévision en insultant la vedette qui y passe est un immense éclat de rire). En résulte un rejet total de ses parents actuels, et une véritable crise d’identité où la petite remettra peu à peu en cause ses opinions. Pendant ce temps, Paul, l’aîné, fricote avec l’adolescente de la famille Groseille, qui l’incite à emprunter la voiture de papa pour faire des virées interdites, pendant que le reste des frères va se baigner dans la rivière polluée du coin sans en informer la bonne, qui n’a jamais eu autant de travail à faire…  Sans limites, la caricature fait mouche, et les parents sont totalement impuissants en face de cette déconstruction familiale progressive, et cette perte des valeurs traditionnelles. De leur côté, les beaufs ne sont pas non plus épargnés. Même si la critique se met plus souvent de leur côté, on rit beaucoup de leur mode de vie totalement décalé, le squat devant régulièrement paraître innocent, et leur statut social se manifestant ici par un mauvais goût bien gras comme on l’aime (Divine aurait débarqué au milieu que je n’aurais pas été surpris). Bref, le choc social a rarement été aussi intense, et si nous nous quittons trop vite, on a en revanche bien ri pendant une heure et demie, et cette critique acide a bien remise les choses en place. Si elle était faite aujourd’hui, je n’aurais sans doute pas le même discours (on voit ce que des merdes comme Neuilly sa mère peuvent donner), mais dans le contexte de l’époque (1987), ce film bave copieusement sur la moquette, et je m’en suis délecté sans modération. Bel et bien culte.

 

5/6

 

de Etienne Chatiliez
avec Hélène Vincent, André Wilms

 

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 07:28

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Les studios Pixar (je prendrai toujours soin de les discerner de Disney, qui ne sont que des investisseurs), depuis leurs débuts, se sont distingués avec des courts métrages de qualité, la plupart muets, et ont démontré les compétences des équipes techniques et des scénaristes. Après le monumental succès des Indestructibles (qui étonnamment supplante le mythe original des 4 fantastiques adapté au cinéma) et du monde de Nemo (avec un script pas vraiment développé et des images superbes), ils se mettent à la science fiction pour enfant avec Wall-E. Rapidement, le projet prend forme, et quand il sort dans nos cinémas en 2008, je suis médusé. Il est peut être disproportionné de parler de chef d’œuvre, mais ce film est le Pixar qui s’en rapproche le plus. Démontage de la machine.

L’histoire : Wall-E est le dernier robot nettoyeur opérationnel sur Terre. Sa tâche consiste à former des piles de déchets en attendant que d’autres robots viennent les traiter. Pendant des centaines d’années, il a été livré à lui-même, et a fini par acquérir une personnalité qui lui est propre. Mais l’arrivée d’un nouveau robot sur Terre bouleverse son quotidien.

 

http://pixarroom.free.fr/PIXAR%20PICS/Xmas2007/walle-20071217113148159.jpeg


Wall-E est brillant. De bout en bout. Il se présente d’emblée comme un délicat exercice de style du film muet, ne s’autorisant que quelques sons pour faire passer des idées. Wall-E, c’est aussi un discours assez éloquent sur la société de consommation, globalisant (et diabolisant) la menace de la surconsommation par la firme BNL, responsable sur la pollution à l’échelle mondiale, et de l’avachissement progressif des populations humaines qui perdent au fil des siècles leur autonomie, au point de perdre la capacité de déplacement, dépendant complètement des robots dans sa survie quotidienne. Mais je dérape déjà. Wall-E est un robot immédiatement attachant, et à première vue, les sentiments qu’il manifeste ne nous choquent pas (ce qui est assez étrange, vu que nous parlons d’un robot). Par cette liberté, on prend donc un certain recul par rapport à la science et un gain énorme d’un point de vue cinématographique, car ce sont surtout les sentiments qui parviennent à captiver un auditoire. Et niveau sentiments, les scénaristes y vont très fort, en nous proposant carrément une histoire d’amour cybernétique. Ouh là, il y aurait de quoi griller un fusible. Et bien non, on ne s’ennuie pas pendant cette période sentimentale, et ce grâce à de multiples enjeux, eux strictement tournés vers l’action (la mystérieuse quête de E.V.E), qui conservent notre attention alors que les sentiments de nos protagonistes sont développés. Et en plus de faire naître peu à peu l’amour entre nos deux robots (rendant universelle cette émotion, la barrière de l’âme humaine étant franchie), les scénaristes propagent des tics sentimentaux au sein de la gente robotique, et y parvient à merveille. Alors que, précédemment, Passé Virtuel échouait à nous apitoyer sur le sort d’entités numériques, les robots sont peu à peu humanisés pas à pas, reproduisant d’abord des signes qu’ils ne comprennent pas, mais qui manifesteront peu à peu de l’enthousiasme à les reproduire. Un parti pris osé qui fonctionne parfaitement, sans trop choquer le fan de science fiction que j’étais, puisque transférant ses enjeux sur un plan plus sentimental. Ainsi, les moteurs de la révolution robot sont les défectueux (en gros, les originaux), les seuls luttant contre le conformisme imposé par les robots steward.

La condition humaine en prend pour son grade, nos descendants étant tous d’obèses flémards discutant par écran interposés et sans cesse stimulés par des pubs d’appel à la consommation, au point de perdre tout contact avec le monde réel. Une humanité passive voué à la survie pure, qui va peut à peut retrouver ses valeurs d’antan (comme l’attachement à la Terre, une planète merveilleuse qui nous a tant apporté), et retrouver les sentiments que seuls les robots avaient manifesté jusqu’à maintenant. Les enjeux la concernant sont très simples : retrouver ce que 700 ans de passivité lui a enlevé, retrouvés dans une scène mythique, qui pourrait prêter à sourire, mais qui m’a véritablement cloué sur place (le retour de la motricité bipède !). Bref, le film est carrément jubilatoire sur son final, nous prouvant encore une fois que des films pour enfants peuvent être profondément subtils. Pour sublimer le tout, on a des références cinéphiles solides (le mouvement du bras armé d’ E.V.E façon Robocop, Otto, une référence même pas déguisée de Hal 9000…) et de vraie moment de virtuosité, comme cette danse en apesanteur le long des parois du vaisseau. Subtil et sincère, Wall-E compense largement les libertés qu’il prend avec le monde de la robotique par des sentiments forts, qui passent admirablement malgré le fait que ce soient des robots qui les éprouvent (et les transmettent).

Le seul petit regret que j’ai concerne la fin, que je trouve un peu malhonnête car refusant de nous laisser partir sur une note tragique. Après, je ne dis pas que c’est désagréable, loin de là (c’est clairement la fin qu’on voulait voir). Mais la puissance de cet ultime ressort émotionnel, qui fait d’un coup passer des larmes au rire (les projections du film ont bien dû faire pleurer dans les chaumières), démontre une nouvelle l’incroyable pouvoir de ce qu’on peut éprouver au cinéma. Un vrai moment de bonheur.

 

6/6 (oui, c’est trop subjectif)

 

de Andrew Stanton
avec Ben Burtt, Elissa Knight 

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 07:52

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Un bon film français ? Mouais, ça peut se trouver… Un bon film français DE SF ? Ouh ! Mais t’es barjo, toi … Un bon film français de SF tourné ces dernières années ?... Heu… Je pleure. Ben non. Au contraire ! Il existe, je l’ai vu, et purée, c’était bon. Quand tu vois qu’un miracle pareil, ça coûte moins d’un million d’euros, tu te dis vraiment que le problème en France, au ciné, c’est qu’on a trop de monde, et pas assez de gens qui ont de bonnes idées. Analyse d’un véritable phénomène méconnu et pourtant passionnant : 8th Wonderland !

L’histoire : sur internet existe un forum : 8th Wonderland. Les membres tchatent sur le site, et sont globalement insatisfaits des directions politiques, économiques, religieuses, dans le monde. Elles commencent à organiser de petites manifestations pour amener les gens à réfléchir. Mais quand le phénomène prend de l’ampleur, les gouvernements commencent à s’intéresser de près à ce pays numérique, qui possède des ressortissants partout sur le globe…

 

http://media.zoom-cinema.fr/photos/6537/photo-2-du-film-8th-wonderland.jpg


Ce qui est fascinant dans un script, c’est sa capacité à suggérer plus qu’il ne va montrer. Et sur ce plan, c’est gagné à 100%. Imaginez : un pays 100% numérique, qui a son propre système politique, ses règles de fonctionnements, qui entreprend des actions médiatisées et qui commence à faire pression sur des gouvernements, sans que ces derniers soient en mesure d’effectuer des représailles juridiques… Ca laisse rêveur… Un véritable vent d’anarchie souffle sur ce film (les actions du site sont vite pris comme des actes terroristes par les personnalités victimes de ces agissements). Et c’est d’autant plus intéressant que le spectateur est complètement immergé dans l’histoire. Le film réussit la prouesse de ne jamais nous ennuyer pendant une heure et demie en ne nous montrant pratiquement que des conversations vidéo avec des webcams. C’est du délire ! Le potentiel est constamment exploité, nourris par de nouvelles idées, et s’inscrit dès lors comme une des meilleures expériences sociologiques auxquelles j’ai pu assister au cinéma (la dernière qui m’avait marqué, c’était le Joker et ses paquebots). En effet, on suit, par système de vote, les décisions prises par le groupe, et peu à peu les décisions qui sont adoptées, de plus en plus graves sur le plan des conséquences. Il y a même quelques bombes en matière d’originalité, comme l’émergence d’un type sorti de nulle part prétendant être le créateur du site (le créateur demeure inconnu des membres). Cette expérience évolue, dégénère, et nous donne une vraie leçon sur la question, en tirant des conclusions vraiment intelligentes du parcours incroyable que nous avons effectué, et qui dévoile son vrai but : nous aiguillonner pour que nous soyons plus concerné par la tournure que prend le monde et sur ce que nous devrions faire pour l’améliorer. Le générique final devient alors lui aussi passionnant, puisque dans un épilogue inattendu, nous constatons l’impact de ce qu’a suscité 8th Wonderland, et qui invite vraiment les citoyens du monde entier à se mobiliser d’une manière positive pour l’améliorer. Une œuvre fédératrice à ce point, c’est beaucoup trop rare (et surtout en France) pour s’en priver. Après, le film est cheap vu son budget ridicule, certains effets sont ratés. Mais ce sont des détails techniques mineurs comparé au contenu intellectuel d’une telle œuvre. On notera même quelques références cinéphiles plaisantes, comme un commando du GIGN portant les mêmes noms que les marines du Aliens de Cameron. Je tiens à saluer, avec mon plus profond respect, toute l’équipe du film, c’est vraiment un des meilleurs projets qui soit sorti de nos fabriques pendant cette décennie…

 

6/6 (pas moins !)

 

de Nicolas Alberny, Jean Mach
avec Matthew Géczy, Alain Azerot 

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 07:48

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David Fincher. Certains commencent à parler de lui avec Seven, Fight Club ou encore Alien 3. Mais moi, je l’aborde pour la première fois sur ce blog avec The social Network. C’est son premier biopic, mais pas sa première biographie (Benjamen Button est passé par là). S’il fait preuve toujours de la qualité formelle qu’il arrive toujours à fournir avec ses films, il n’abandonne pas pour autant des thèmes qui lui sont chers (j’ai repensé à certains propos de fight club pendant le film). Que personne ne considère ce film comme opportuniste, il ne surfe pas sur un phénomène, il tente de l’analyser en prenant l’angle de son créateur, Mark Zuckerberg. Et pour un biopic, le film cerne très bien les enjeux de son sujet, et pour une fois, répond à toutes les questions.

L’histoire : en 2003, alors que le clan des  célèbre la rentrée à Harvard, Mark Zuckerberg, sous le coup d’une rupture, décide de lancer un programme de comparaison des filles du lycée. Le succès est tel qu’il a peu à peu l’idée de créer un site web permettant le partage de messages entre amis : thefacebook. C’est lancé.


Tout d’abord, reconnaissons le travail d’orfèvre de Fincher, qui arrive à analyser avec finesse (il lui faut quand même 2 heures) un véritable phénomène de société en filmant le procès opposant Mark à son directeur financier, Eduardo Saverin, et à deux de ses anciens camarades, les frères Winklevoss. Il parvient réellement à capter notre attention sur un sujet qui à la base ne m’intéressait pas, et dont j’ai maintenant compris les principaux enjeux. Facebook, c’est quelque chose de cool. C’est ça le principal. Et Mark de nous décrypter les enjeux parfois étonnamment basiques (le statut marital) mais vraiment lourds de sens. C’en est à tomber par terre quand on sait qu’à la base, c’était simplement un site pour étudiants. La bête prend peu à peu des enjeux colossaux, et les différents mouvements du procès entretiennent un certain suspense sur l’intrigue dans sa longueur. Au passage, et c’est là aussi qu’on reconnaît la plume de Fincher, on écorne pas mal la société actuelle. On cogne sur les entreprises actuellement en place qui veulent récupérer un maximum d’idées pour faire des profits alors que les petits malins comme Mark se foutent de l’argent. On cogne sur les fils à papa de Harvard, durement remis à leur place au cours d’un entretien mémorable avec le doyen de l’école, et qui au final viennent juste grappiller du fric pour tenter de se donner une contenance. On cogne sur l’hypocrisie du grand public qui ruine la réputation d’une personne sur un bizutage idiot. On cogne aussi sur les méthodes actuelles de l’économie, majoritairement tournées vers les actions, et c’est là-dessus que je rebondis pour parler des personnages. Car si ce ne sont peu être pas les caractères des vraies personnes, Fincher nous donne vraiment une vision d’eux. A commencer par Mark, interprété par un Jesse Eisenberg parfait, qui touche et dégoûte, se montrant au final crédible, pas vraiment dépassé par les évènements (ses répliques pendant le procès sont souvent éloquentes), mais sous estimant parfois l’importance de son entourage proche. Son meilleur ami est un type enthousiaste, mais qui ne fait pas preuve du même esprit d’innovation que Mark. Ce qui explique sans justifier son sort et ses raisons d’assister au procès en tant que plaignant. Le constat est en revanche sans appel pour Sean Parker, présenté comme un opportuniste dont les contacts seront certes utiles, mais qui profitera au final de Facebook sans y apporter grand-chose (il a aidé à organiser des rendez vous importants, qui ont marché grâce au succès du site).

Excellemment dirigé, faisant vraiment le tour de la question sur l’engouement provoqué par le site, The Social network est un biopic de qualité, qui donne un aperçu de Mark et de l’influence de son site, qui ne doit pas sa popularité au hasard. Pas un chef d’œuvre pour moi, mais un film intéressant.

 

5/6

 

de David Fincher
avec Jesse Eisenberg, Justin Timberlake

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 07:45

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Hideo Nakata est un réalisateur respectable du cinéma asiatique, pour ne pas dire carrément génial (un Ring angoissant, un Dark Waters flippant…). Certes, un The Ring 2 remake est vite arrivé (moins flippant que son prédécesseur, mais qui offre une genèse conséquente au remake ricain), mais cette tentative moyenne n’a pas ternie l’image que j’avais de lui. Et là, décidant de me faire une soirée « Nouveaux moyens de communications », je mate Chatroom. Et autant le dire tout de suite, c’est un excellent film sur le sujet !

L’histoire : William est un jeune homme replié sur lui-même, qui décide de créer un chatroom. Très vite, une petite communauté de personne se forment, et décident de mettre en commun des traits de caractères. Mais très vite, les choses prennent une tournure inattendue.

 

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Ah… Mais qu’il est bon de se retrouver confronté à des films de cette trempe, qui va au bout de ses sujets sans se freiner dans son propos. Développant une psychologie subtile, mais méchamment efficace, Chatroom est un film puissant sur la manipulation, et montre avec une méchanceté réelle les ravages qu’une personne malintentionnée peut faire sur l’individu lambda. Le script du film est brillant de bout en bout pour de nombreuses raisons. La première : le personnage principal, William, est brillamment interprété. Son caractère est finement étudié, et pour cause, nous le trouvons aussi vachement intéressant quand nous pénétrons dans le Chatroom. Ce type s’exprime bien sur les dialogues interactifs. Mais son ambigüité morale croissante, ses réactions impulsives dans la vie réelle ici utilisée à mal, nous font vraiment trembler au bout de quelques temps, car il progresse par étape et brouille ses intentions jusqu’à ce qu’elles nous semblent évidentes. Pour chaque personne de différentes psychologies, il adapte un angle d’attaque imparable qui provoque d’énormes dégâts sur les plans psychologiques. C’est un fin manipulateur, et ses fascinations morbides dérangent vite. Dans la vie réelle, il est coupé du monde, frustré par le succès de son frère qu’il trouve aberrant, et par les relations familiales qu’il trouve d’une vacuité affolante. Il y a pourtant un bref instant de lucidité, immédiatement réduit à néant par la réunion de famille qui tourne mal. Sur le plan de ce personnage, le film est une brillante réussite. Venons en maintenant aux victimes. Chatroom se révèle vraiment juste aussi avec elles, car ce sont elles qui font toutes le premier pas. Profitant du confort de l’anonymat, elles s’abandonnent complètement dès qu’elles se sentent en confiance, et même si elles n’ont pas de mauvaises intentions à la base, elles tendent le bâton pour se faire battre. Et le film est particulièrement dur avec chacune, tapant vraiment là où le bas blesse (à part pour Emily, qui est miraculeusement préservée). Pour les autres, ça sera une rude épreuve psychologique, en particulier pour Jim, un frustré notoire qui sera peu à peu poussé vers ses élans suicidaires. Vraiment dérangeant dans son jusqu’auboutisme psychologique, le film va croissant dans la tension, et ne nous lâchera un peu trop vite à mon goût, mais en prenant le temps de bien conclure.

Le film, visuellement, est aussi une belle réussite, car Nakata rend au final passionnantes de simples conversations internet. Et pour se faire, il choisit de les mettre en scène dans des pièces colorées, de donner un aspect vraiment matériel à Internet et ses réseaux de discussion. Gens normaux dans d’immenses couloirs pour les réseaux classiques, ambiances glauques pour les forums moins ouverts, il se pare d’ambiances diverses, colorées et au final bien plus stimulantes que la vie réelle. Réussi sur le plan graphique, versant dans le trash sans prévenir et provoquant un réel malaise (les acteurs sont tout simplement impeccables, rarement un casting adolescent a été aussi crédible), Chatroom est une vraie réussite, une pure merveille de terreur psychologique, bien plus réaliste et susceptible de survenir dans notre vie d’internaute que de tomber sur une VHS maudite. Flippant et réussi.

 

5/6

 

de Hideo Nakata
avec Aaron Johnson, Imogen Poots

 

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 10:46

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L’initiateur des mondes virtuels, où la réalité ne serait pas celle que nous voyions, on ne sait pas vraiment quel est son titre... Avalon est sorti en 2001. Avant (1999), Matrix est passé par là et a connu un succès bien plus conséquent sur ce domaine (il faut dire que Matrix est quand même une bonne synthèse sur le sujet), en ajoutant une petite touche graphique déjà effleurée par d’autres, mais qui n’en avaient pas fait leur marque de fabrique. Mais parallèlement à Matrix, sortent eXistenZ (du maître Cronenberg qui signe un film à la réputation mitigée) et Passé virtuel, un petit film avec des acteurs modestes mais compétents, qui malgré un certain style, échoue sur quelques tableaux. Décryptage du film.

L’histoire : Douglas Hall est un membre d’une société de software. Suite à l’assassinat de son patron Hannon Fuller dont il devient le principal suspect, il acquiert la certitude que ce dernier lui a laissé un message dans le monde virtuel qu’ils ont créé ces dernières années (un texto, ce n’était pas plus simple ?) : un Los Angeles des années 30. Il décide d’y faire un saut pour enquêter. Mais il se rend compte que les entités électroniques sont bien plus autonomes et bien plus vivantes que prévu.

 

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Bref, le film se partage entre reconstitution d’époque avec un léger sous-texte de SF dessous, et en milieu de film, nous aurons un petit rebondissement « attendu » (car logique avec l’histoire), nous prouvant encore une fois qu’on ne peut pas se fier aux apparences. Le problème de ce film, c’est qu’il est un peu bancal, et qu’il alterne le bon et le moins bon, sans verser d’un côté ni de l’autre. C’est par exemple une excellente idée d’installer une espèce de jeu à la Avatar où des administrateurs que nous ne voyons pas prennent le contrôle des personnages (ce qui aurait pu donner lieu à quelques scènes de paranoïa bien senties)mais plutôt que de suivre cette piste, le script préfère s’appesantir sur un discours totalement infondé : celui de dire que les vies numériques existent bel et bien et qu’elles sont humaines comme nous. Bien dramatisé, on aurait pu y croire, mais là, passé 5 minutes, on commence à voir les limites de la question. Pourquoi tant dramatiser sur un statut purement hypothétique, où l’informatique se rendait compte qu’il est composé de signaux électriques ? Très dommage que le script s’attarde sur ces enjeux moraux maladroits, et sur la love story naissante entre une création numérique et une administratrice connectée. Quoique ce dernier point fonctionne, permettant de créer un trio amoureux où les deux hommes apparaissent successivement dans le même corps. Un argument de SF pure, mais qui fait son petit effet. Pour le reste de l’histoire, le moins qu’on puisse dire est que la mise en scène est classieuse. Jolie reconstitution d’époque, pas trop cheap pour un film aussi modeste, mais qui malheureusement se permet de faire traîner l’histoire en s’attardant sur des situations pas forcément intéressantes. Certes, la peinture d’époque a du charme, on est loin de tenir quelque chose de très cohérent (Avatar est cliché, mais fonctionne parfaitement). Les acteurs sont plus ou moins convaincants, le héros faisant hélas partie des moins, car c’est le personnage principal, et qu’il ne fait pas très bien passer ses émotions (la crise qu’il pique en apprenant son SPOILER inexistence). Les seconds couteaux sont plutôt convaincants, et tirent leur épingle du jeu. On a donc là un film qui alterne les bonnes idées et les partis pris maladroits, conclu par ce happy end qui manque totalement d’originalité (on attendait un twist virtuose, que dalle !). Un peu dommage, le tout méritait mieux que ça. Reste une alternative rigolote dans le monde de la réalité numérique.

                                

3/6

 

de Josef Rusnak
avec Craig Bierko, Armin Mueller-Stahl

 

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 07:08

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Il y a un réalisateur dont je dois parler dans ce blog : c’est Steven Spielberg. Il a quand même produit un certain nombre de succès, certains artistiques (Les dents de la mer, la liste de Schindler, La guerre des mondes…), d’autres plus commerciaux (Jurassik Park 1 & 2, Minority report…) mais néanmoins divertissant. De lui, il n’y a vraiment que 1941 que j’ai du mal à apprécier. Et au milieu de tout ça, il y a une saga qui se donne à fond dans l’aventure en apportant une touche d’originalité : Indiana Jones. Véritable icône de l’aventurier américain, campé par un Harrison Ford avancé par Steven Spielberg au départ contre l’avis de Lucas, il a marqué profondément le cinéma, créant quelques produits dérivés (Alan Quatermain lui ressemble beaucoup), et surtout nous offrant des récits d’aventure vraiment divertissants. Tout commence en 1981 avec Les aventuriers de l’arche perdu, qui enflamme le box office. Indiana Jones est consacré par les fans, la presse est enthousiaste, le succès est total. La suite est mise sur les rails, et quelques années plus tard, le bestiau sort sur les écrans. Le choc est rude pour les fans, qui focalisent sur 10 minutes de film pour baisser l’estime du héros, alors que l’audace ludique n’a jamais été autant évidente. Malgré des personnages secondaires insupportables, le spectacle, plus sombre, plus « bigger than life », m’a séduit pour l’éternité. Enfin, la conclusion de la trilogie arrive, et c’est de loin le meilleur, le plus abouti, en termes de genèse du héros, de sa famille et des personnages qui l’entourent. C’est un feu d’artifice final qui réjouira tout le monde, et qui prendra le parti intéressant de pervertir la présence féminine de l’histoire (une première dans la série), en faisant un film d’amour viril et pas glamour (le point faible de l’épisode précédent)… Et beaucoup de temps après, cédant à la demande perpétuelle des fans et des studios, Spielberg nous livre Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. Et là, c’est la déconfiture. Les applaudissements baissent dans le public, des fans le renient en public, on crache régulièrement sur ses tares… Merde, vous vouliez Indiana Jones 4, vous l’avez eu ! Et désolé, mais c’était fichtrement meilleur que ce qu’on a l’habitude de se taper ! Oui, il est meilleur que sa réputation le laisse entendre ! Redorons le blason de ce héros d’enfance, qui n’a pas encore suffisamment vieilli pour tomber dans l’oubli !

 

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Les aventuriers de l’arche perdu : Premier film, premier carton. Les aventuriers de l’arche perdu est un triomphe ! Et ceci est facilement explicable quand on voit les ingrédients du récit de Spielberg. Un héros un peu ténébreux, qui ne recule pas devant le danger, une femme de caractère, des méchants iconiques (les nazis, des méchants qu’il n’est plus besoin de présenter) et du fantastique catholique moral. Une recette qui fait ses preuves, tant le récit est mené avec rythme, ne lésinant pas sur les lieux de tournages, l’action, et l’émotion. Indiana Jones n’est pas resté le modèle du film d’aventure à l’ancienne pour rien. Il cumule tous les ingrédients que nous aimons voir développés sur grand écran : un héros un peu volage, aux élans parfois comique, au caractère bien trempé, et doté d’attributs fétichistes immédiatement reconnaissables (blouson en cuir, fouet, colt, chapeau, une vraie panoplie). Tout est fait pour susciter l’intérêt du public. Si l’aspect religieux de la Quête ne permet pas de capter son attention, c’est l’aspect « pouvoir destructeur » de l’arche d’alliance qui vous amorcera. Rien n’est laissé au hasard. On caractérise même les méchants, afin de rendre leur retour encore plus jouissif que leur apparition (cet asiatique marqué dans sa chair par le médaillon). On fait aussi d’incroyables voyages, nous baladant du Népal jusqu’en Egypte, pour notre plus grand plaisir. En plus de l’aspect archéologique (qui sera comblé par moult détails anecdotiques qui font le bonheur de notre curiosité naturelle), nous ressentons à chaque nouvelle étape du voyage ce sentiment d’exotisme. A cela s’ajoute des séquences d’action osées pour l’époque. Et hop, une course poursuite en camion avec des cascades à gogo, et hop, un avion qui tourne sur lui-même pendant que deux types se battent en dessous… Du jubilatoire à foison, qui nous offrira des séquences aujourd’hui cultes (l’homme au sabre en plein marché, une scène à l’origine qui aurait dû durer plusieurs minutes). Mais derrière cet aspect totalement distractif, il y a des personnages profondément attachants, qui ne vivent pas que pour l’action qu’ils nous donnent à voir. Ainsi, la relation entre Marion et Indiana est relativement touchante (leur tendre séance de soin en cabine), le personnage de Saïd est immédiatement attachant de part la réelle bonté qu’il dégage (c’est rare de ressentir autant de sincérité d’un second rôle), et l’archéologue Bellock a lui aussi une intéressante approche de l’histoire qui en fait un personnage tout aussi sérieux. Mais c’est avec ce final vraiment inattendu que le film entre dans la légende, n’hésitant pas à faire vivre le fantastique des légendes, le miracle divin. Il ouvre une porte à des idées beaucoup plus stimulantes que des aventures limitées par le réel. Le ton de l’histoire était indéniablement resté réaliste jusqu’ici, rien ne nous préparait à voir la colère de Dieu se déchaîner en 16 : 9. Et vas y que je te pulvérise du nazi, que je t’en fais fondre un, pendant qu’un autre explose… Imposant dans sa violence graphique à peine amortie par les inserts de feu, c’est une fin puissante, majestueuse, qui clôt le spectacle avec une ampleur vraiment inattendue. Vraiment, si on ne quitte pas ce film avec une humeur de gamin aventureux, je ne sais plus quoi faire pour changer la donne.

 

5/6

 

de Steven Spielberg
avec Harrison Ford, Karen Allen 

 

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Indiana Jones et le temple maudit : Sans doute tient-on là l’épisode maudit de la saga Indiana Jones, puisqu’il cumule de nombreuses maladresses de script, et des thèmes volontairement plus sombres que dans le premier opus. Au niveau des erreurs, on pointe immédiatement sur la VF, une vraie immondice faisant parler Jones avec une voix suraigüe tout à fait inadaptée (mais c’est une évidence pour tout cinéphile : on regarde le film en VO). Les personnages secondaires sont eux aussi à baffer. Entre un demi-lune (que je surnomme plus simplement « demi-portion ») qui se la joue comme si il était la star du film et une Evy Hammond à gifler pour sa suffisance et ses humeurs hystériques (en plus de ses habitudes de raffinements qu’on supportera pendant tout le film). Clairement, on se demande pourquoi Jones fricote avec une gisquette de son espèce, qui s’attire notre mépris dès qu’elle ouvre la bouche. C’est elle la plus grosse erreur, et dans un élan de repentir, nous l’oublierons à jamais de la saga une fois le générique arrivé. Enfin, Spielberg se lâche complètement niveau action, nous balançant dans la gueule des invraisemblances notables dont l’absurdité égale le jouissif (sauter d’un avion dans un canot de sauvetage gonflable, faut être gonflé, excusez du peu…). Du bigger than life à outrance, car ce film, avec sa trame simpliste, ne recherche qu’une chose : en donner un maximum à voir à son spectateur, qui doit vraiment vivre un grand huit. Et nous allons très loin ! On abandonne la narration classique, nos héros ne peuvent retourner à la civilisation qu’en effectuant la mission qu’on leur propose : retrouver la pierre sacrée d’un village dévasté et les enfants qui y ont été kidnappés. Une idée plutôt intelligente au vu du contexte géographique, l’importance des jeunes générations étant capitale dans ces régions agricoles. Sur le plan du jouissif, le film « délivre largement la marchandise », en nous propulsant en plein milieu d’une incroyable scène d’action dès les 5 premières minutes du film, un vrai retour en force d’Indy qui cabotine au milieu de tout ça. C’est un univers plus manichéen, plus coloré, plus série B (!) qui s’offre à nous, et là, ça frappe fort. Sur le plan des paysages et des décors, on se fait plaisir, et nous avons droit à l’une des scènes de banquet les plus mémorables au cinéma (avec celui de massacre à la Tronçonneuse 2), où alors que le professeur Jones mène son enquête le plus naturellement du monde (on suit d’une oreille distraite les explications délivrées ça et là), on assiste à un cortège de plats exotiques qui font croissant dans l’absurde et le gerbant (Mmmh, une bonne soupe d’yeux !). Le culte à Cali (assez infondé, Cali, la déesse des morts, passant pour Satan en personne) prend ici des airs de sacrifice vaudou de la dernière espèce, avec pour la première fois le premier effet gore en full frontal ! Ce sont ces 5 secondes et la baffe d’Indy à Demi Lune (un moment de lucidité ?) qui ont terni la réputation d’Indy, alors que ce sont des détails qui ne rendent le film que plus attractif. Cet Indiana Jones 2, comme je l’ai dit, c’est un film d’éléments. C’est un peu indigeste, une fois mis à la chaîne, mais ça donne du spectacle à tout moment. On a droit ainsi, en plus d’un humour pas fin mais sincère, à l’une des meilleures dernières demi-heure de film dans l’histoire du cinéma, où on ira croissant dans le jouissif, dans l’humour, avec encore une manifestation surnaturelle en dernier lieu (ouf, les dieux indiens existent aussi !). Nous avons ici la scène d’aventure la plus osée de toute la saga ! Une course poursuite en wagonnets ! A toute allure ! Avec des interactions entre wagons ! Un monstrueux défi technique pour l’époque, et qui n’a pas si mal supporté le poids du temps (même si on remarque les incrustations, ça n’est pas difficile de se plonger dans la scène). Et ce final au milieu d’un pont de corde qu’on coupe… Mais combien de fois en a-t-on rêvé ? D’une générosité sans égale dans la saga, ce film est clairement le plus maladroit, le plus « série B », mais aussi le plus attachant, arborant d’énormes défauts, compensés par d’énormes qualités, qui se revendiquent totalement comme divertissantes, et au final particulièrement modestes. Pour moi, c’est le côté obscur de la saga, et je l’adore.

 

6/6 (totalement subjectif, une note classique taperait plutôt vers 4/6)

 

de Steven Spielberg
avec Harrison Ford, Kate Capshaw 

 

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Matrix reloaded avant l'heure...

 

Indiana Jones et la dernière croisade : Attention, lui, il ne vole pas ses 6 étoiles. Splendide conclusion d’une trilogie d’aventure exceptionnelle, il est la synthèse et la conclusion, avec un bout du développement, du personnage d’Indy. Ayant pris conscience des défauts qui risquaient d’alourdir le mythe avec le second opus, Spielberg planifie bien sa copie, et nous livre ce qu’on voulait voir : l’esprit du 1 ressuscité, mais en plus ambitieux, en plus imposant… L’introduction nous donne à voir un épisode de la jeunesse d’Indiana (chez les Boy Scout), en donnant quelques explications sur les origines du personnage. On a droit à son aversion des serpents, son goût pour le fouet (mais peut être a-t-il appris à s’en servir en d’autres lieux avec d’autres personnes) et sa cicatrice au menton. Nous commençons d’abord très classiquement notre film, en nous retrouvant en terrain totalement connu, puisque c’est l’atmosphère du 1, avec un nouvel objet : le saint graal ! Purée, rien que ça ! Et plutôt que de creuser du côté de Kaamelot (piste mainte fois empruntée sur le sujet), nous nous tournons vers les Croisés, et nous voilà embarqués dans l’aventure, avec des enjeux familiaux en prime (un Sean Connery magnifique, que Spielberg nous gardera longtemps au frais). Et là encore, le film fait fort, en nous emmenant dans des lieux connus, et en réussissant à nous faire croire à l’existence de dédales sous Venise (avec du pétrole en plus, et nous on gobe en disant merci Steven !). Du voyage divertissant et complice, qui nous donnera encore à voir de belles scènes d’action, ponctuées d’un humour fin et honnête (« Ha… Venise… »). Nous retrouvons par la suite nos méchants iconiques (les nazis), signe que le ton de l’histoire redevient résolument sérieux. Ce qui m’aura toujours surpris, c’est la facilité avec laquelle Spielberg ponctue son film de ficelles énormes (pas moins de 2 passages secrets dans un même château, un pont trompe-l’œil invisible) sans que cela nous gêne après coup. L’histoire se déroule mine de rien, alors qu’on nous fait clairement avaler des montagnes d’artifices ! Une preuve indéniable que la magie opère, et qu’il nous en faut peu pour être heureux. On continue dans les reconstitutions d’époque en nous faisant carrément monter à bord d’un Zeppelin, on a droit à une bataille aérienne aussi drôle que bien filmée, bref, Spieberg a quelques tonnes de munitions qu’il nous balance sans discontinuer jusqu’à l’ultime acte (où on retrouve la jubilation des pièges de l’introduction du 1). Focalisons-nous maintenant sur les personnages. C’est un feu d’artifice final ! Tous ceux que nous connaissons auront leur rôle à jouer ! Saïd aura son moment de bravoure, et même ce maladroit de Marcus aura son coup d’éclat. Et au milieu de tout ça, nous avons la relation père-fils, plutôt habilement illustrée, jouant sur les personnalités et le charisme de chacun des acteurs pour rendre ces fréquents échanges aussi sympathiques que crédibles. Et au niveau féminin, la femme revêt une perfide influence en servant sous la croix gammée, une Elsa aguichante avec un accent germain séduisant diaboliquement, auquel Sir Jones aura le bon goût de céder sans se faire prier. Un film qui se débarrasse du baiser final et qui se focalise sur des enjeux plus virils, moins « conventionnels » que l’amour homme-femme à la James Bond (où elles ne font jamais plus d’un épisode…). Le pouvoir du graal est d’ailleurs lourd de sens, puisqu’avec lui, Indiana Jones passe carrément au stade de la consécration ! Il devient immortel en se fiant à son choix, réfléchi, mais aussi guidé par l’instinct. Qu’on soit toujours catho ou pas catho, Jones devient immortel, ainsi que sa famille… Une ampleur vraiment digne d’une trilogie, et qui nous fait enfin sortir des sentiers battus et quitter la légende sur des bases appelées à traverser les siècles… C’était du moins ce qu’on croyait avant 2008.

 

6/6

 

de Steven Spielberg
avec Harrison Ford, Sean Connery 

 

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Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal : Ouh, c’est le vilain petit canard, celui là… Même si le 2 est bien pire en termes de légèreté, ce film bat clairement des records de mécontentement… J’aurai toujours du mal à comprendre un peu pourquoi, car si ce n’est clairement pas à la hauteur, c’est digne d’être dans la saga. Premier gros point : les extra terrestres… Hmm… Et bien ? On vous a fait avaler des colères divines, des dieux hindous, des immortels, et vous crachez sur les extra terrestres, la seule chose qui puisse arriver sans intervention du surnaturel ? Pfff… Quoi Lucas ? Comment ça, Lucas ? Il a filé du pognon, ce n’est pas lui qui a fait le script. C’est David Koepp qui s’en est chargé, et gaffe à ce que vous allez dire, parce que je l’aime bien, David ! Il n’a pas toujours fait du bon boulot, mais il est intègre dans son travail, et il nous a fait Hypnose, qui vaut au minimum Le sixième sens (et personnellement, je trouve qu’il l’atomise, en donnant à Kevin Bacon un des rôles majeurs de sa filmo). Bon, David Koepp n’a pas vraiment bien su tirer parti du thème des extra terrestres. Ca fait un peu gros, pas dans le ton, quand on voit le film. Mais le travail est là. Il en fait des archéologues, il nous illustre un cliché connu, mais potable (le trésor de la connaissance). Certes, il y a de grosses scories (les indigènes défendant le cimetière, on ne sait pas trop d’où ils sortent (les indiens, les indiens, c’est bien beau de dire ça, ça ne justifie pas tout), la scène des sables mouvants, Shia LaBeouf se prenant pour Tarzan, des traceurs émetteurs de signal qui indique visuellement la piste…). Mais ça, c’est parce que nous avons vieilli. Tous les Indiana Jones contiennent des erreurs dans ce genre, c’est ce qui a contribué à faire leur charme. Et de voir ce brutal retour à l’ancienne, après toutes ces années passées à voir des films où la narration a sans cesse été perfectionnée, ça n’a pas arrangé les choses. Les dialogues sont aussi un peu faibles, jouant trop la carte de l’humour (« Qu’est-ce que tu regardes papounet ? », c’est vraiment trop lourd) ou du clin d’œil virant sur l’absurde (« J’ai appris cette langue avec Poncho Villa »… Arhem !). Et avouons-le : c’est aussi parce que Shia Labeouf est le fils d’Indiana que nous boudons un peu le film. Pourtant, il ne joue pas si mal que ça (à part les scènes de coiffage ou de peur, il est crédible en blouson noir rebelle), et malgré son gag stupide de numéro acrobatique, il a sa place dans la production (la jeune génération du block buster, qu’on l’aime ou pas, c’est lui.). Côté effets spéciaux numériques, Spielberg en utilise quelques uns, c’est vrai. Mais c’est loin d’être aussi indigeste qu’un Michael Bay. Bon sang, à part les animaux (extra terrestres inclus) et la pyramide / soucoupe, qu’est-ce qui a été fait en numérique ? L’explosion nucléaire et quelques séquences d’action ? Baaah… Au niveau des personnages, Indy a pris un sacré coup de vieux (même si il ne passe pas encore le relais), et sera nettement moins dynamique qu’avant (le dernier acte est loin d’être les feux d’artifices des films précédents !). Le héros recule, et s’enlise dans des histoires familiales qui amusent sans divertir. Marion et son retour inattendu font sourire (sans que son personnage retrouve le charisme de cette dernière), et c’est avec douleur que nous voyons Ray Winstone se sacrifier (très bien d’ailleurs) à son personnage, un rôle complètement ingrat qui ne sera jamais traité comme il le mériterait. Kate Blanchett nous fera elle bien rire, assez anachronique dans sa tenue du KGB (et pour ses aptitudes, Koepp n’aurait pas dû revoir Intuitions avant le tournage). Une chose qu’en revanche, très peu ont vu, c’est la représentation de l’Histoire Américaine ! Indiana Jones devient un témoin du développement de l’Amérique ! Il a été impliqué à Roswell, il assiste de près à une explosion atomique, il est la cible d’enquêtes du FBI, il part sur les origines de l’Amérique avec les civilisations amazoniennes (assimilées avec leurs constructions aux civilisations précolombiennes, une belle aberration, mais qui est jouissive). Avec une audace en termes de pièges dans un dernier acte, Indiana devient une sorte de sage, témoin de l’évolution d’une Amérique toujours puissante et recelant un héritage culturel inestimable. Certes, ça n’a pas l’ampleur d’une course poursuite sur un tank, mais quand même, ça reste de petits atouts qui valent bien mieux qu’un film d’aventure lambda sortant de nos jours… Pour moi, il mérite largement sa note.

 

4/6

 

de Steven Spielberg
avec Harrison Ford, Cate Blanchett 


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Et une photo bonus croustillante :

.http://4.bp.blogspot.com/_GzHiKu_i9kk/Sw6s656YrtI/AAAAAAAAA0g/04nBDvs7RRM/s1600/kelly-brook01.jpg

Dites bonjour à Kelly Brook !

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 10:56

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L’adolescence… un sujet nous a pas mal préoccupé pendant quelques années, et depuis, on s’aperçoit qu’on reste toujours les mêmes, mais en mieux. Alors, quelques instants, on s’attarde à repenser à nous au passé. Moi, c’était y a pas longtemps, mais pour les vieux blogueurs, ça ne doit pas être bien différent. Donc, l’adolescence, ça inspire dans le milieu de la comédie française. On a eu droit à quelques tentatives (les titres dont je me souviens sont Moi, César… et Neuilly sa mère). Et puis je viens de voir le récent Les beaux gosses, qui tentent d’y instaurer un peu de renouveau en se focalisant sur le sexe et la relation amoureuse. Et c’est comme souvent : y a des trucs marrants, mais la question tourne vite en mode « boucle ». Analyse (en bref) du phénomène.

L’histoire : et sont deux ado en pleine éruption cutanée très tourmentés par leur relation amoureuse inexistante. L’enjeu du film, c’est sortir avec sa première. On suivra donc les tourments amoureux de la bande d’ados dont ils font partie.

 

http://www.viedegeek.fr/media/public/billets/2009/6-juin/lesbeauxgosses/les_beaux_gosses_02.jpg


J’ai vu ce film sans vraiment m’attendre à quelque chose, et au final, c’est moyen. On se marre un peu (pas forcément tout le temps, mais certains gags font mouche), on a de bons gros enjeux régressifs (sur quelle élève ça va tomber ?) et une histoire téléguidée (des évènements classiques que vivent nos héros). Bref, sur l’émoi adolescent, le film s'essaye à la nostalgie, illustrant bien son sujet à défaut d’y insuffler de l’originalité. Le problème du film, c’est qu’il n’innove jamais. Tout ce qu’il s’y passe est complètement téléphoné (soit parce qu’on a vécu les évènements, qu’on les a vus où qu’on a une logique), et on n’est donc surpris par rien. Après, le récit colle vraiment à ses personnages, les accompagnant dans des trips masturbatoires avec du mauvais goût comme on l’aime (mmh… ce plan suggestif tremblant de haut en bas haut niveau du bassin du héros), mais qui ne tiendra pas très bien la route dans des termes de complicité (la chaussette… c’est de trop). Le contexte des cours me laisse assez perplexe, car le collège vaut ici clairement pour ses récréations, pas pour ses enseignants… Quid d’ailleurs de ce prof de bio qui finira par se jeter d’une fenêtre sans que personne ne s’en soucie (c’est la sortie de script la plus brutale et la plus inutile que j’ai pu voir ces derniers temps, je me demande encore pourquoi faire des tentatives sur ce sujet si c’est pour les avorter). On renonce vite à chercher un quelconque message sur ce terrain, le débat ne s’élevant pas au dessus du niveau de nos héros. Pour la relation d’amitié, c’est du bateau classique, on joue sa kaïra auprès des potes en faisant totalement l’inverse en dehors, mais c’est cool. En revanche, au niveau de la relation mère-fils, c’est moyennement réussi là aussi, la mère n’élevant la voix que rarement en face des fréquentes sautes d’humeur de son fils en plein émoi hormonal. Un comportement qu’il ne prend jamais soin de rappeler quand il abordera le sujet des enfants… Bref, ils sont loin d’être « mâtures », et le film ne progresse pas vraiment dans ce sens. On remarquera que les filles ont largement le monopole de l’expérience, les garçons se présentant comme des obsédés incapables de saisir la moindre nuance du comportement amoureux. C’est surtout les débuts de l’expérience sentimentale chez les ados, et ce n’est pas leur évolution par rapport au sujet qui intéresse le réalisateur. Nous en tout cas, on n’avance pas, et on ne peut se raccrocher qu’à l’humour pour vivre le spectacle. Les comportements tiennent un peu de la caricature, mais au moins, ils sont plus crédibles que les gosses d’un Neuilly sa mère. A part cet humour régressif et pubère, pas vraiment de contenu susceptible de rehausser le tout, si ce n'est la nostalgie qu'on veut bien lui accorder. Moi, c’est passé, mais est ce que ça sera le cas pour vous ?

 

3/6

 

de Riad Sattouf
avec Vincent Lacoste, Anthony Sonigo 

 


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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 08:56

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Abattoir 5 est un film de science fiction sorti en 1972, et qui est ressorti en salle cette année. Un petit film oublié, pourtant assez innovant dans son concept, sorte d’Effet papillon avant l’heure, qui en morcellant son récit d’une vie, parvient à en faire une analyse intéressante, et dont les impressions qu’elle suscite ne sont pas loin d’évoquer Enter the void. Une surprise totale qui peut se vanter d’être un très bon cru.

L’histoire : Nous suivons l’histoire de Billy Pilgrim, un homme qui vit plusieurs moments de son existence en même temps. Nous suivons ainsi son enfance, son parcours pendant la guerre, sa vie dans les années 50, 60, 70, jusqu’à son arrivée sur la planète Tralfamadore.

 

http://image.toutlecine.com/photos/0/a/b/-abattoir-5-01-g.jpg


Forcés nous sommes de constater que la narration morcelée du récit est un vrai exercice de virtuosité, car le personnage vit vraiment différents moments de sa vie en même temps, et que les émotions qu’il éprouve dans un moment interfèrent dès que celui-ci change d’époque. Il sait quand il mourra, dans quelles circonstances, mais pas nous. Cela rend le récit particulièrement vivant, et il y a au passage des rapprochements qui sont faits entre différentes parties de sa vie afin de faire des parallèles intéressants , un peu comme Enter the void se permettait de le faire (mais formellement, les deux films ne sont pas comparables). Un parcours de vie que nous suivons, et qui se révèle être une bonne illustration de la période historique balayée. Surtout en ce qui concerne la seconde guerre mondiale, où notre héros sera déporté à Dresde. Un portrait de guerre moins accentué que la moyenne (on ne voit pas les atrocités de la Shoa, on reste concentré sur notre personnage et son parcours de prisonnier de guerre) qui donne un souffle plus léger que d’habitude au ton de l’histoire, qui gagne alors en authenticité. Malgré son titre, abattoir 5 est loin d’être une boucherie, c’est un parcours d’une vie, et dont la morale pour le moins positive reste parfaitement d’actualité dans l’approche de la Vie : il faut se focaliser sur les bons souvenirs et tenter d’oublier les mauvais. Une morale simple et un peu simpliste, mais qui apparaît comme logique au regard de la guerre, tragique sans être misérabiliste, ce qui apparaît alors comme une solution à la portée de tous por oublier ce traumatisme. Un concept parfaitement maîtrisé, jusqu’au final totalement ancré dans la science fiction où notre héros devient une sorte d’attraction dans un show de téléréalité plutôt amusant. L’humour fait en effet feu de tout bois, on rira de l’incongruité des situations et de la voix off interrogative focalisée sur la vie privée de notre personnage (la question « Vous êtes vous accouplés ? » alors que la pièce est plongée dans le noir est un vrai éclat de rire). Dans un final kitch (les feux d’artifice) et rejoignant son message sur la vie (reproduire la vie est ici la finalité, le but de la vie), Abattoir 5 conclut bien son histoire, et s’assure ainsi un bel avenir dans notre mémoire pour son concept osé pour l’époque et son éclairage, certes classique, sur la vie. Bonne surprise.

 

4/6

 

de George Roy Hill
avec Sharon Gans, Sorrell Booke
 

 

http://image.toutlecine.com/photos/0/a/b/-abattoir-5-02-g.jpg

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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