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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 11:33

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Jim Henson est surtout connu pour sa fameuse création comique : le muppet show ! Il a essentiellement travaillé sur des films pour enfants, ou au moins accessibles à la famille, en cultivant un certain goût pour le kitch. En 1982, il lance un défi technique ardu : créer de toutes pièces un univers riche avec des marionnettes sans qu’aucun acteur humain n’apparaisse à l’écran. Le projet s’appelle The Dark Crystal, et c’est tout simplement l’un des films d’héroïc fantasy les plus riches qu’il m’ait été donné de voir. Un film dont l’univers fascine plus que ses personnages.

L’histoire : Jen, un Gelfings, se voit chargé d’une importante mission par un Mystique, une race dont l’existence est liée au pouvoir d’un cristal. Jen doit retrouver un éclat dudit cristal et le remettre en place. Mais les Skekses, qui possèdent le cristal, ne l’entendent pas de cette oreille.

 

skeksis-the-dark-crystal


Le gros point négatif du film, c’est le rythme. En effet, à moins de se concentrer sur l’histoire et ce que l’on voit, on risque vite d’être lassé par un ton de récit monocorde, de très rares séquences d’action, et au final aucun souffle épique. Alors, peut-on faire de l’héroïc fantasy sans un héros musclé ? Et Frodon, c’est un body builder ? The Dark Crystal nous prouve que c’est l’univers d’une œuvre qui fait toute sa richesse, et pas vraiment ses personnages. L’histoire, en elle-même, est assez téléphonée (aller voir l’oracle, puis accomplir la mission… Waow !) et ne contient pas en soi de grosses surprises (à part pour Kira). Mais Jim Henson parvient à créer des ambiances, à matérialiser un univers vraiment original, foisonnant dans son bestiaire (des pans entiers de forêt ressemblant à des barrières de corail), pas avare en détails qui n’apportent rien à l’histoire, mais qui fascinent pour leur fraîcheur. On nage dans l’originalité en y faisant simplement des longueurs. On découvre les mœurs décadentes des Skekses, les ambiances calmes et méditatives des Mystiques, les animaux sauvages… Vraiment, on dépasse Star Wars dans le cadre de la richesse graphique. Si l’histoire cumule quelques gros clichés de la fantasy (l’asservissement des peuples indigènes, la quête de l’objet magique), le tout passe assez bien (si là encore on arrive à pénétrer le rythme assez lent du film (j’ai déjà tenté de le voir à partir de 2 heures du matin, c’était difficile de garder les yeux ouverts)). Le château des Skekses est lui aussi un élément totalement jouissif du film, car possédant tellement d’issues que l’on vire sur un terrain labyrinthique d’une plaisante complexité, sans pour autant être perdu géographiquement. Les gardes en forme de gros crabes, dont s’inspirera probablement L’histoire sans fin 2, possèdent un design assez sympathique et seront d’ailleurs la source de la seule séquence tétanisante du film, où Jen se retrouvera quelques instants dans le noir total, des dizaines d’yeux l’entourant.

Sur le simple plan de l’animation des marionnettes, les avis sont partagés. Disons que le film alterne le bon et le moins bon, car si sur le plan des mouvements, le film est correctement exécuté, le registre des émotions de ces marionnettes est assez limité. Elles sont globalement assez inexpressives, et on s’appuie dès lors beaucoup sur la musique pour se faire une opinion sur ce que ressentent les personnages. Certes, c’est un défaut qui tient plus de la technique, mais il devient de plus en plus visible au fil du temps (quand on voit la merveille d’animation qu’est Team America). Temps qui ne joue d’ailleurs pas vraiment pour le film, certains effets spéciaux faisant de plus en plus datés (la demeure de Greta incendiée, la fusion finale des Anciens et leur château d’argent…). En conclusion, ce film est d’une richesse kitch impressionnante, qui devrait combler les amateurs du genre. Pour les autres en revanche, un rythme un peu lent malgré des thèmes fondamentaux bien traités pourrait modérer leur avis. C’est en tout cas une référence absolue en la matière, et je souscris volontiers à la cause de ce film.

 

5/6

 

de Jim Henson, Frank Oz, Gary Kurtz
avec Jim Henson, Kathryn Mullen

 

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 22:05

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Si il y a bien une série de films pour enfant qu’on peut considérer comme kitch, c’est bien L’histoire sans fin. Véritable éloge de l’imaginaire, invitation désespérée au rêve, c’est à nouveau une série qui confirme la règle désastreuse de la détérioration du matériau au fil des épisodes. Après un excellent premier opus collant à l’esprit du livre, dirigé par un Wolfang Petersen hallucinant (mais loin du foisonnement d’un Jim Henson), on enchaîne sur un second opus timide, qui sacrifie des thèmes intéressants pour des acteurs enfantins pathétiques. Mais ce n’est rien en comparaison avec le dernier épisode, véritable immondice du film pour enfant, bouffi de suffisance malgré un Jack Black tentant d’insuffler un peu de folie à son triste rôle. Une saga d’une moyenne assez basse, mais dont le premier effort restera toujours dans nos mémoires.

 

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L’histoire sans fin : Après une ouverture onirique sur un thème électro qui a atrocement mal vieilli (c’est un gros point noir du film, cette musique), on s’intéresse au sort de Bastien, un petit garçon élevé seul par son père qui est appelé à grandir. Mais ça ne l’intéresse pas vraiment, ce monde d’adulte. Seulement, c’est une victime (les méchants petits camarades), et il veut un peu se rebeller. Il entre par mégarde dans une bibliothèque et emprunte un livre avant de partir pour l’école : l’histoire sans fin. Alors qu’il commence à le lire, des similitudes commencent à se créer entre lui et le héros de l’histoire. Un superbe début, qui dès le départ nous immerge complètement dans l’univers de fantasia. Si les effets restent très kitch, la magie fonctionne (pour peu qu’on fasse un minimum d’effort) et on nous balance vite les enjeux : le royaume est assailli par un mal mystérieux : le néant. Il faut réussir à le faire reculer. Intéressant, d’autant plus qu’on découvrira vite que ce néant, c’est la disparition de l’imagination dans l’âge adulte. Une perte dramatique qui entraîne la dégradation totale de l’univers de Fantasia, pour lequel chacun doit se battre. Ce qui frappera surtout le spectateur adulte, c’est la constante plongée dans le pessimisme du film, qui malmène constamment son héros. D’abord, son cheval meurt atrocement, puis il va de découragement en découragement, avant de découvrir les ruines de Fantasia et d’assister littéralement à la fin du monde. Violent ! Enfin nos têtes blondes voient autre chose que des gentils gosses avec de gentils adultes. Ces baisses de morales fréquentes, elles sont là pour faire réagir le gamin une fois que l’enseignement est donné. Pour faire revivre tout ce petit monde qui s’est éteint, il suffit de rêver, et ça passe par la lecture. Pour peu que l’enfant ait 3 sous d’intelligence, il devrait assimiler la leçon sans problèmes. Et de notre côté, on se délectera des effets spéciaux de la vieille école, des ambiances soignées (hélas gâchées par la bande sonore électro qui contamine atrocement le film) et surtout, des gosses qui jouent bien ! Ils comptent parmi les meilleurs premiers rôles enfantins que j’ai pu voir ! Vraiment, ce film a tout du parfait film grand public, qui sans épargner le moral des gosses, va leur donner des enseignements positifs. Bourré de sentiments et attachant, c’est un bijou des années 80 ! Un régal !

 

6/6

 

de Wolfgang Petersen
avec Barret Oliver, Noah Hathaway
 

 

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L’histoire sans fin 2 : Kadaboum ! Là où le premier se révélait une excellente surprise, ce nouveau film déçoit sous bien des aspects. Notamment sur le fait que son univers se met à ressembler à celui des power rangers (les monstres en forme de crabe). Passé ces déconvenues graphiques, le coup dur vient surtout avec les différents personnages. Bastien, en premier lieu, surjoue. Sa peur du vide ne nous convainc pas. Partant de là, le personnage est très bancal, et alterne une légère sobriété avec la bêtise crasse (voir la séquence effarante où il matérialise un dragon méchant au milieu de la cité d’argent avant de se rendre compte que ce dernier attaque les occupants). Pire que lui Atreyu se la pète ouvertement, se prenant pour le héros de ce Seigneur des anneaux pour gamin décérébré. Non content de surjouer, il affiche une suffisance tellement palpable dans ses dialogues qu’il nous donne envie de le baffer à chaque nouvelle intervention (interventions qui frôlent souvent la stupidité : ses œufs bourrés de jouets en plastiques sont totalement inutiles). Xaïd, la femme fatale du film, alterne les interventions sobres et le cabotinage gratuit. Elle ne parviendra jamais à prendre assez d’épaisseur pour nous préparer au revirement final. C’est d’autant plus frustrant de voir tous ces personnages mal joués que de constater que sur le plan des thèmes, il y avait de l’idée… L’abus et l’addiction à la magie d’un objet, la perte de sa mémoire... Il est simplement dommage que la déshumanisation de bastien soit totalement oubliée en fin de film. En bref, c’est un ratage proche de la catastrophe, et malgré de jolis décors kitchs et quelques effets sympathiques, parviendra surtout à provoquer notre ennui et notre antipathie. Mais on reste encore poli…

 

2/6

 

de George Miller (II)
avec Jonathan Brandis, Kenny Morrison

 

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L’histoire sans fin 3 : Maintenant, on gueule ! C’est pas possible de nous prendre autant pour des cons ! Ce film est un étron total, un objet commercial qui essaye de nous tirer du fric en reprenant un nom renommé du fantastique et en le salissant plus que de raison. Bastien est joué par le même gosse de « Sauvez Willie ». Du coup, comme cet imbécile a déjà joué dans une production familiale renommée, il s’imagine que son succès est assuré, alors il cabotine comme un bourrin. Ca en devient affligeant tant il traite le genre fantastique avec familiarité. Ainsi, la seule scène se déroulant à fantasia est dans un gentil décor près d’un arbre, ce qui n’a rien d’impressionnant. Et chose impardonnable, les créatures de fantasia sont transférées dans notre monde. Mais, bande d’abrutis, on n’en a rien à battre, de notre monde pourri ! On le connaît, c’est Fantasia qu’on veut voir ! Passé la frustration de cette découverte, on a droit à des gags pitoyables qui ne font même pas rire un gosse, à des effets spéciaux inutiles, et des fautes de goût scandaleuses (l’abrutie de sœur du héros se sert de l’Orine pour faire du shopping, sans aucunes conséquences néfastes…). Malgré une tentative assez pathétique de parler du thème du divorce (ici totalement caduc par la fin où tous les couples se reforment), ce film ne s’extrait jamais de sa condition de suite commerciale, malgré les caméos de Jack lack qui essaye d’insuffler un peu de pêche à son personnage de gothique punk underground qui terminera premier de la classe. Mais bon sang, les mecs, pourquoi vous ne l’avez pas laissé aux commandes du film ? Avec lui, au moins, on se serait marré !

 

00000/6  (et 0/20 en mode nanar, pour la forme, sinon, ça vaut un bon 18/20).

 

de Peter MacDonald
avec Freddie Jones, Jason James Richter

 

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le vieux : "Vous ne devez pas entrer dans ce sanctuaire !"

la reine : "Ta gueule, vieux schnoque, je prends les affaires en main."

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 19:23

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Paul Verhoeven est l’un des rares réalisateurs à pouvoir provoquer des frissons par la simple mention de son nom. Ce type est une légende, un réalisateur qui a toujours tenté de délivrer du bon travail, et qui y est parvenu au-delà de toute espérance (Showgirls est l’exception qui confirme la règle). Le grand Paul a tapé dans beaucoup de registres, et on ne l’attendait pas vraiment sur un remake, et encore moins dans les années 90. Mais voilà, avec Hollow man, il signe un remake technologique jusqu’auboutiste qui reprend le propos de James Whale en le développant dans des excès qui réjouiront les cinéphiles. Fort de cet excellent remake, une suite est commandée. La douche froide attendue est bien là… Malgré quelques tentatives intéressantes, ce film ne retrouvera jamais la force de son aîné est sera condamné justement de bacs en bacs jusqu’à ce qu’un curieux naïf vienne l’acheter (sans remboursement possible). Levons le voile sur ce diptyque inégal.

 

http://www.deep-focus.com/dfweblog/images/480_hollow-man.jpg

 

Hollow man : Quoi de plus jouissif qu’un projet pareil ? En effet, avec de gros budgets, Paul n’oublie jamais une chose primordiale : le film doit être divertissant ! Et Hollow man l’est assurément sur ce point ! Bénéficiant de trucages numériques performants, il s’amuse avec son concept, illustre les phases de disparition-réapparition des organes suivant l’avancée des substances testées, et explore des tas de pistes ludiques dans son dernier acte meurtrier. Mais derrière cette jubilation complaisante dans la violence (car le film donne complètement dans la complaisance ! C’est de la jouissance au premier degré, dans ce qu’elle peut avoir de plus racoleur et d’amoral), il y a des thèmes très forts, qui ne peuvent laisser indifférents. En effet, le film explore tout l’aspect « sexuel » de la liberté offerte par les possibilités de l’invisibilité. On mate à loisir la voisine dans son propre appart, on pelote une collègue pendant son sommeil… Autant d’exemple qui nous font ricaner de plaisir sur le coup, mais qui se révèlent d’autant plus juste que le spectateur masculin se retrouve fréquemment du côté de Sebastian Kane, le scientifique qui se détraque au contact de l’immense pouvoir qui est mis à sa portée (et les profils psychologiques, ça sert à quoi, tas de clampins !). Subversif dans son propos où n’importe quel individu se tourne vite vers le crime en croyant toute tentative de poursuite vouée à l’échec, Hollow man lance un engrenage basique mais carré, qui fonctionne parfaitement, en se permettant peu à peu d’instiller une ambiance parano qui perturbera chaque membre de l’équipe jusqu’au dénouement sanglant. Visuellement très fort, le film gagne sur les deux tableaux, prouvant qu’avec un bon réalisateur, on peut avoir un film intelligent et ludique. Le petit point négatif du film restant ce final un peu grandiloquent, où l’on ne reconnaît même plus Kevin Bacon. Kevin Bacon qui tient ici un de ses meilleurs rôles, jouant le génie décontracté et ambigu dont les barrières mentales cèdent les unes après les autres… Elisabeth Shue n’est pas en reste non plus, entrant dans la peau d’une femme à l’aise avec le sexe comme Paul aime nous en présenter. Plus qu’une série B thunée, c’est un quasi chef d’œuvre que le maître nous offre, son film se posant comme une relecture contemporaine du mythe parfaitement adaptée à notre siècle, et dont la portée des arguments pourra toucher n’importe quel public.

 

5/6

 

de Paul Verhoeven
avec Kevin Bacon, Elisabeth Shue

 

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Hollow man 2 : Si cette nouvelle formule tente un peu de faire de la nouveauté, elle n’y parvient jamais totalement, car il se révèle moins impressionnant que son prédécesseur. Et pourtant, le script n’était pas en reste, nous promettant un soldat surentraîné cédant à ses pulsions paranoïaques et lâché dans la nature. Mais la violence reste relativement discrète, et le film n’a au final plus rien de ludique, malgré quelques effets spéciaux qui sont loin d’être dégueulasses, reconnaissons le. En revanche, Christian Slater est nettement moins convaincant en homme invisible atteint de nécroses sévères de son organisme, et nos deux héros qui passent leur temps à fuir n=seront loin de remporter notre adhésion. Car le duel promis entre deux hommes invisibles se fait vraiment attendre. On finit par se demander si il aura lieu… Assez plat, avec une intrigue qui ne satisfera jamais vraiment, Hollow man 2 est une suite DTV sans grand intérêt, qui si elle ne salope pas le mythe (une fois n’est pas coutume), ne l’embellit pas trop non plus. En bref, du vite vu, vite oublié sur lequel on évitera de s’attarder de trop.

 

2/6

 

de Claudio Fäh
avec Christian Slater, Peter Facinelli

 

http://i2.listal.com/image/1605138/600full-hollow-man-ii-screenshot.jpg

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 12:31

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Parlons aujourd’hui d’un type respectable: Kevin Costner ! Avant de nous entraîner dans ses westerns au classicisme un peu poussiéreux (ce sont plus des numéros d’acteurs que du film d’aventure qui divertit), l’acteur a tourné dans pas mal de film plus (bodygaurd) ou moins (coast guard) bons. Mais il nous a aussi livré de bons post apocalyptique (qui doivent beaucoup au genre du western). Avec un Postman détesté malgré de belles qualités, l’acteur nous en a donné un beau : Waterworld. La réponse américaine au Mad Max 2 tourné en Australie, qui se veut plus impressionnant que son prédécesseur. Certes, sur certains tableaux, il réussit, mais quand même, sa réputation de gros nanar n’est pas volée. Retour sur ce chef d’œuvre boiteux, synthèse bancale et jouissive d’un univers qu’on a tous rêvé de voir.

L’histoire : A force de polluer, la Terre s’en est pris plein la gueule, les banquises ont fondues, et le niveau des eaux a tellement monté que seulement 0,1% des terres sont encore émergées. Les survivants sont d’honnêtes citoyens ou des pirates utilisant des moteurs diesel (ils ne risquent plus rien en polluant à présent). Bref, tout le monde se tape dessus pour trouver Dryland, la terre promise.

 

http://images.forum-auto.com/mesimages/96143/waterworld.jpg

Ne regardez pas derrière moi, le gars qui a fait ce montage n'attend que ça !


C’est incontestablement l’un des post-apocalyptique les plus bandants (en terme de potentiel) qui aient été porté sur l’écran, puisqu’il nous offre carrément un univers punk totalement ancré dans les excès des années 90, et qui se complaît dans la surenchère d’action la plus sommaire. En effet, ce ne sont pas tant les personnages qui nous intéressent dans ce film. Ce sont ses ambiances, ses moments de bravoures, ses rebondissements à la con… Car ne nous voilons pas la face, ce film est une mécanique de destruction massique qui cherche à faire péter tous les décors qu’elle s’échine à ériger. Les conditions de tournage ont d’ailleurs été particulièrement dures pour l’équipe du tournage, qui a filmé en majeure partie les scènes du film dans le Pacifique sur des décors flottants, qui n’arrêtaient pas de tomber à l’eau vu que c’est avant tout du bricolage (ça se voit à l’écran). Pour l’action, le film délivre la marchandise à la catapulte, au cours d’une attaque d’îlot impressionnante (ski nautique tracté par un avion, canon d’assaut arrosant sans discontinuer les défenses, explosions, morts à la pelle, on jubile devant un spectacle aussi bordélique !) et de fréquentes attaques des pirates (qui fument, les saloupiots !). Costner est tout juste impeccable dans son rôle de marin solitaire volant malgré lui au secours de la veuve et de l’orphelin, et prend un malin plaisir à éclater des gueules de smokers (les pirates, on vous avait bien dit qu’ils fumaient). L’autre figure mythique, c’est Dennis Hopper, alias Deacon et Le diacre en vf, qui cabotine un maximum, surtout quand il perd un œil. Bref, les rôles qui nous sont donnés à voir ne reflètent jamais une quelconque intelligence, ce sont juste de bons gros clichés qui s’entrechoquent en faisant un max d’étincelles pour notre plus grand plaisir.

Passons aux défauts, ultra nombreux ! C’est ce qui donne au film son côté attachant : malgré toutes les bourdes qu’il fait, il a un sacré budget et nous en met plein la face en comptant sur notre totale complicité, ce qui ne sera pas le cas pendant tout le film. Notamment quand on cherche à développer la psychologie des personnages sur des scènes de navigation assez plates. On s’en cogne, du caractère de cochon de cette morveuse au tatouage ! Même si elle vanne Dennis Hopper pour notre plus grand plaisir (les seules scènes où elle est à peu près tolérable), son personnage se révèle vraiment agaçant, et on en vient presque à regretter que Kevin la repêche. Pareille pour Helen, la femme transparente du film, qui ne couchera même pas avec notre héros. Certes, c’est une tentative pour instiller un peu de douceur dans ce monde de brute, mais un film jouissif sans séquence érotique (à peine un déshabillage sobre), ça ne satisfait pas vraiment. Quitte à jouer carte sur table, autant y aller franco, le script étant truffé d’incohérence. Première incohérence : après toutes ces années, pourquoi les pirates ont-ils encore du carburant (et des clopes) ? Comment les pêcheurs arrivent ils à survivre avec leurs filets en surface alors que les moyens fond n’existent plus ? Comment un tatouage indiquant une direction que tout le monde recherche a pu atterrir sur le dos d’une gamine (y a un semblant d’explication à la fin, mais elle n’est guère cohérente) ? Il y en a des tonnes comme ça ! Sans parler des rebondissements proches du ridicule (le saut à l’élastique avec une corde banale) et de la maladresse de certaines situations (le duel dans la cabine du trimaran). Bref, dès qu’on commence à penser, c’est foutu, la magie disparaît et révèle la nette infériorité de Waterworld en comparaison de son modèle, un Mad max 2 distrayant et parfaitement crédible malgré son kitch tape à l’œil.

En conclusion, c’est un film qui tient sur un pied en jonglant avec des grenades, un divertissement fun, bourrin et régressif prenant des airs de westerns aquatiques, mais qui supporte très mal d’être sorti de son contexte, s’effritant dès la moindre analyse sérieuse… Moi, je l’aime beaucoup, mais c’est clairement pas un film à retenir sur le thème…

 

3/6 (et c’est bien payé !)

 

de Kevin Reynolds
avec Kevin Costner, Jeanne Tripplehorn

 

http://zipperpits.files.wordpress.com/2010/10/world_tour_05-1170551940-imgp4207_-_waterworld_ride.jpg

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 18:50

http://www.lekinorama.com/photos_dvd/25_1214214191.jpg

 

Nacho Cerda est un réalisateur espagnol qui s’est fait connaître du rand public par trois moyens métrages, la Trilogie de la mort. Il a ensuite enchaîné sur un long métrage fantastique : Abandonnée. Ce film divise le public et la presse, pour son histoire compliquée et difficilement compréhensible (et pour cause, je le rapprocherai plus d’un style italien fonctionnant sur des concepts que du traditionnel fantastique espagnol). Depuis, silence radio, mais des rumeurs laissent entrevoir son prochain projet : Yo Soy Legion (je crois que ça va causer démons et géraniums…). Mais avant de nous prendre une nouvelle claque, tournons nous vers cette trilogie morbide, où chaque nouveau film par sur un concept fascinant autour du thème de la Mort. D’abord, un film expérimental mâtiné d’absurde sur un étudiant assistant à sa mort, dans le second, un légiste baiseur de cadavres, et dans le troisième, un artiste qui se sacrifie pour donner vie à sa création. Lisez ce qui suit avant de mourir idiot.

 

 

 

The Awakening : Tourné en 1990, il se cache derrière ce titre bizarre un film qui donne clairement dans le registre expérimental. Un étudiant, en cours, constate que sa montre s’est arrêtée, et que tout le monde est figé, alors qu’il s’affiche d’étranges messages au tableau. Si on ignorait le titre de la trilogie, on ne saurait absolument pas à quoi s’attendre. Ce film utilise clairement un concept, celui de la découverte par l’âme de la mort de son corps. Mais seule la conclusion nous l’indiquera. Tout le reste du film est plongé dans une atmosphère irréelle, une sorte d’onirisme qui perd clairement le spectateur alors que nous sommes bêtement dans une salle de classe. On constate toutefois quelques limites techniques au film, qui utilise le noir et blanc. En effet, les personnes figées ne sont pas très professionnelles et clignent souvent des paupières, ou bougent légèrement. De petits détails qui portent hélas atteinte à l’ambiance figée, quasi religieuse (la musique met d’ailleurs bien dans l’ambiance) de ce film atypique. Si la fin ne surprend donc pas, le film est techniquement valable (malgré les défauts précédemment évoqués) et plutôt bien filmé, ce qui démontre un certain savoir faire de la part de Nacho Cerda. Un début classique, mais indéniablement élégant.

 

4/6

 

de Nacho Cerda - Produit en 1990

 

http://ca.img.v4.skyrock.net/cad/band-of-terror/pics/2752789216_1_3.jpg

 

Aftermath : Tout le monde connaît aftermath, et ceux qui ne le connaissent pas ratent un truc monstrueux ! C’est en effet le meilleur opus de la trilogie, tant au niveau de son thème que de sa forme. Aftermath, c’est une succession de cadrages d’une beauté formelle exceptionnelle. S’essayant à la symétrie, au cadrage stable, au travelling suggestif, la plastique d’actes abominables n’a jamais été aussi magnifiée. En effet, ce film se passe dans une morgue, et nous commençons par l’autopsie détaillée de deux cadavres putréfiés. Rarement autant réaliste, ces autopsies sont de véritables supplices, ne nous épargnant aucun détail salace et appuyant bien là où ça fait mal. Car Aftermath a un thème : il humanise les morts en montrant combien les vivants peuvent les mépriser. Ces corps sont profanés par leur autopsie, et les docteurs ne prennent en aucun cas soin de leur enveloppe charnelle. Une fois les organes pesés, ils les balancent en vrac dans la cage thoracique et appuient dessus pour tout faire rentrer. Le film pousse ensuite le bouchon encore plus loin, en montrant le viol d’un cadavre (car il s’agit incontestablement d’un viol tant les cadrages arrivent à l’insinuer) par l’un des légistes, qui affichera tous les attributs du psychopathe se défoulant ici sur un mort (d’une façon aussi choquante que si la personne avait été en vie). Cette crasse immonde, magnifiée par des cadrages recherchés et un Requiem de Mozart en total décalage avec les évènements (car ayant plus vocation à instaurer une ambiance calme et reposée). Ce mépris humain d’un avilissement sans limite envers les morts est proprement insupportable. Et cela continue jusque dans le final, où l’homme nourrira son chien avec le cœur de l’infortunée Martha Arnau. Révoltant, scandaleux, magnifique, ce film est un concentré de mauvais goût justifié, malsain jusqu’à la nausée et d’une poésie morbide si efficace, qu’il devient immédiatement l’un des meilleurs courts métrages qu’il m’ait été donné de voir dans ma vie. Inoubliable.

 

6/6

 

de Nacho Cerda - Produit en 1994

 

http://s.excessif.com/mmdia/i/77/5/3800775wwezc.jpg?v=1 

 

Genesis : Pour conclure sa trilogie, Nacho Cerda revient à des thèmes plus sobres, et se lance ici dans une poésie fantastique touchante, où un sculpteur brisé par la mort de sa femme, réalise une statue en pierre à son effigie, échelle 1 : 1. Mais il constate bientôt quelque chose de bizarre avec son œuvre. Celle-ci se met en effet à saigner. L’homme ne comprend pas, et comprend encore moins lorsqu’il découvre des portions de chair sur sa statue. Il se rend alors compte qu’il se transforme lui-même en pierre. Genesis, c’est une contamination progressive du récit par le fantastique, avec un homme dépassé par la situation, qui ne peut rien pour s’en défaire. Les trucages sont assez impressionnants, très beaux et admirablement bien faits (le sculpteur tentant de s’amputer des parties pétrifiées…). Muet là encore, assez poétique, ce film est une jolie illustration du thème de sacrifice, de ce qui naît de la mort d’un individu, et du sacrifice à son art. On est loin du jusqu’auboutisme du précédent effort du réalisateur, mais c’est un moyen métrage fort, donnant dans le fantastique pur, qui peut se vanter d’être brillamment réalisé et d’une facture technique  irréprochable. Moins fort, mais incroyablement beau.

 

5/6

 

de Nacho Cerda - Produit en 1998 

 

http://www.lekinorama.com/photos_dvd/25_1182883155.jpg

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 15:22

http://storage.canalblog.com/51/93/478662/47501709.jpg

 

Continuant sur ma lancée du bis italien, je vais vous parler d’un petit film qui s’est fait une solide réputation au fil des années : Blue Holocaust. Mais diantre… Pourquoi un tel titre alors que ses thèmes n’ont rien de vraiment lié à la couleur bleue, ou à un holocauste ? Un vague mystère, puisque le film s’aventure sur un terrain glissant : celui de la nécrophilie et de l’amour maladif qu’il provoque, jusque meurtre de sang chaud. Un film comme d’Amato sait les faire, avec de la tripaille, de la tension, mais aussi du sentiment qui pourrait presque émouvoir…

L’histoire : Frank, un jeune homme, est follement amoureux d’Anna, une charmante jeune femme. Mais celle-ci décède brutalement. Le jeune homme ne parvient pas à accepter ce décès, et utilise ses talents de taxidermiste pour la maintenir en parfait état de conservation. Alors que sa gouvernante feint de ne rien voir, Franck commence à rechercher de nouveau l’amour, en conservant le corps de sa fiancée auprès de lui.

 

http://www.cinemafantastique.net/IMG/jpg/Blue_Holocaust5.jpg

 

Blue holocaust a un petit côté Nekromantik gentillet, puisqu’il se contente de manifester l’amour de Frank par de gentilles caresses sur le visage de la victime. Il n’est au final pas aussi extrême que son cousin allemand, en cultivant une certaine sobriété sur son sujet (pas vraiment de sexe nécrophile). Il cherche cependant à créer une réelle dimension tragique autour de cet amour impossible, et il y parvient presque par moments. Mais la bande son électronique ne parvient jamais vraiment à faire décoller le tout. Ainsi, alors que l’histoire appelait surement à plus de légèreté, on reste très terre-à-terre, et le film marquera plus pour la violence dure qu’il déploie que pour sa dimension tragique. Car notre Franck est en effet un peu dérangé depuis la mort de sa compagne. Il ne peut s’empêcher, à partir de maintenant, de parasiter ses nouvelles relations amoureuses avec son ancienne partenaire. Les nouvelles venues sont donc un peu épouvantées (fragiles d’esprit qu’elles sont) et il se voit obligé de leur clouer le bec avec la première arme blanche venue. C’est dès lors un troisième personnage qui s’impose, celui de la gouvernante. Une femme froide, calme, qui fera méthodiquement disparaître chaque nouveau cadavre dans une baignoire d’acide (en l’ayant au préalable coupé en morceaux). Des séquences chocs qui restent assez sobre au final, malgré l’impact graphique de ces boucheries. Ce personnage est aussi le plus bancal, car n’ayant pas de motivation claire (un amour filial ? à un tel point de déviance ?), il restera une énigme pendant tout le film, et a plus l’air au final d’un personnage créé de toutes pièces pour jouer un rôle précis sans avoir vraiment de personnalité ou de libre arbitre. Plus figée que son cadavre, l’histoire du film peine vraiment à avancer et à donner quelque chose « d’utile » au thème de la nécrophilie. Sans faire particulièrement peur, en ménageant quelques scènes de carnage et en n’utilisant la nécrophilie que pour le côté malsain qu’il insinue (car au final, je trouve le film bien moins dérangeant sur ce thème qu’un Nekromantik), Blue Holocaust est un film qui tente de choquer avec pas grand-chose, et qui si il arrive à ménager quelques bonnes ambiances (les films italiens ont toujours des moments meilleurs que d’autres), peine à convaincre par son rythme inégal et son histoire tout compte fait pas tellement adroite. Malgré une fin qui, comme on s’y attendait, fait sursauter, Blue Holocaust n’est qu’un nom parmi beaucoup de productions gores, qui même si il cultive un petit goût pour le morbide qui lui donne une saveur inhabituelle. Sympathique, mais pas inoubliable.

 

3/6 

 

de Joe D'Amato
avec Kieran Canter, Cinzia Monreale

 

http://2.bp.blogspot.com/_eg04Zz3CERw/St4nGRYMsLI/AAAAAAAAC8w/WobTEw0NMMA/s400/vlcsnap-2009-09-21-23h58m55s24.png

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 11:15

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Les créatures au cinéma, c’est simple. Il faut qu’elles soient originales, fonctionnelles, avoir quelque chose d’effrayant et pouvoir se déplacer suffisamment rapidement pour que les choses se corsent. C’est pourtant simple. Mais la formule est de moins en moins reprise dans les petites séries B. Très rare au cinéma, mais en DTV, on tombe parfois sur des petits projets qui s’y plient et qui se révèlent étonnamment sympathiques. Organizm en fait partie. Malgré un manque de budget évident, le film parvient à ses fins et nous livre une des créatures les plus originales de ces dernières années.

L’histoire : Dans les années 60, un jeune garçon voit ses deux parents se suicider après que sa mère ait gravé dans ses mains les coordonnées d’une salle dans un complexe militaire. Des années plus tard, alors que le site est en cours de déménagement, le jeune homme vient prévenir les militaires en faction du danger. On découvre alors aux coordonnées indiquées un caisson scellé.

 

http://media.canal-plus.com/imedia/283_218/12635884.jpg

 

Ce qui fait le film, c’est la créature. C’est à cause de ça que le film oscille entre bonne petite série B et projet cheap : les effets spéciaux sont médiocres. Si quelques incrustations numériques sont réussies, la plupart sont assez laides, mais regardables. La créature, autant en parler tout de suite : c’est un champignon s’étant développé sur un cadavre (un nucléus de régulation de croissance) qui s’étant dans toutes les directions à grande vitesse. Il cherche de l’humidité pour se développer, et passe sous la peau des organismes vivants. Partant de la base militaire, il va donc s’étaler dans toutes les directions à la fois et menacer les populations civiles qui vivent à proximité. C’est bandant, non ? Surtout que ce champignon nous réserve quelques petites surprises, notamment sa capacité à absorber l’énergie extérieure (lumière, chaleur, pression…). Une putain de saloperie qui va donner du fil à retordre à nos héros, le jeune homme devenu professeur dont le rôle de touriste évoluera vite en celui de sauveur de l’humanité, et une militaire qui pourra lui fournir ses compétences en biologie et en pilotage d’hélicoptère. Certes, ça n’est pas forcément très crédible, mais le film avance avec au final peu de temps morts, quelques dialogues inutiles mais pas très lourd, et surtout cette créature qui progresse inexorablement vers les installations civiles. L’histoire prend d’ailleurs un tournant assez audacieux dans son dernier acte en plaçant le jeune homme face à la source du phénomène, le cadavre d’un scientifique qui se révèle être son père.

Alors certes, nombre d’effets spéciaux sont médiocres, les acteurs ne sont pas des modèles de jeu (mais ils s’en sortent bien), mais pour un film avec peu de budget et autant d’effets (Merci, Robert Kurtzman !), et même un certain rythme, le film s’en sort bien mieux que la moyenne. Un sympathique divertissement, qui si il est abordé au juste prix (5 euros) sera à la hauteur.

 

3/6

 

de Richard Jefferies
avec Johnathon Schaech, Vic Chao

 

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 19:19

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Fulci, c’est un nom mythique du cinéma d’horreur rital. Bien que je reste un peu hermétique à ses tentatives de faire peur avec peu de moyens et du gore qui tâche (l’au-delà, Voix profonde, Frayeur…), je sens quand même une certaine passion chez lui. Pour ses images morbides, pour son style se focalisant sur ses concepts, ses personnages normaux souvent confronté au fantastique de manière inattendu. C’est aussi l’angle que prend l’histoire de La maison près du cimetière. L’arrivée d’une famille dans une maison qui a du caractère. Seulement, il explore tant de pistes, il catalogue tant de procédés qu’il devient dès lors impossible de prédire ce qu’il va arriver. Un film d’une générosité incroyable, qui fera sincèrement flipper ses spectateurs.

L’histoire : Une famille unie s’installe dans l’ancienne demeure Freudstein. Alors que le mari continue l’enquête d’un de ses confrères (qui recherchait des informations sur les anciens propriétaires de la maison). Mais très vite, ils se rendent compte qu’ils ne sont pas vraiment seuls dans la maison.

 

l-inquietante-villa-del-film-quella-villa-accanto-al-cimite.jpg

 

Oh… Voilà un script qui pue la ghost story ! Mais pas tant que ça en fait. Ce qui fait toute la spécificité de ce film (et qui contribue à l’intérêt que je lui porte), c’est la générosité sans limites de Fulci, qui n’hésite pas à utiliser pratiquement tous les procédés du genre horrorifique avec une efficacité redoutable. L’introduction du film fait immédiatement penser à un giallo. On y voit deux adolescents venus pour forniquer dans la maison qui sont impitoyablement massacré par un inconnu partiellement « dégradé » (ses blessures sont indéfinies) avant d’être traînés au fond de la cave. Mais juste après, Lucio part sur des visions spectrales dans la maison, notamment une petite fille rousse, qui tentera de prévenir le fils du danger qu’ils encourent. Après une scène prémonitoire incompréhensible à ce stade de l’histoire (le mannequin décapité), on commence à avoir de nombreux bruits bizarres dans la maison. Notamment des pleurs d’enfant. La mère découvre alors une tombe au milieu du salon, et la cave, d’où semble provenir la Menace, est rouverte. Impossible de prévoir ce qu’il va se passer, puisqu’on cumule des fantômes tentant d’entrer en contact avec la famille, un mystérieux assassin vivant dans les fondations de la maison et une nourrisse ambigüe, étroitement liée à la prédiction des fantômes. Une surabondance d’effets qui impressionnent et qui entretiennent assez bien le climat d’angoisse qui règne pendant tout le film. Mais c’est à partir du moment où on commence à descendre à la cave que le mot « terreur » peut enfin être évoqué. La peur du noir y est rapidement intolérable, et malgré le kitch de l’effet, les yeux qui brillent dans le noir deviennent l’une des apparitions les plus terrifiantes de mon parcours cinéphile. Le radicalisme du gore employé (quand l’assassin s’attaque à quelqu’un, il n’y va pas de main morte. Sa violence rude est un magnifique exemple de ce qui peut contribuer à une ambiance glauque et terrifiante. Lucio, en développant peu à peu son histoire, nous entraîne alors sur une piste complètement inattendue, en partant dans un fantastique qu’on ne soupçonnait pas, et nous scotche littéralement par un final tétanisant, où la famille dans son intégralité devra faire face à leur mystérieux hôte, ce qui nous offrira là encore de purs moments de paniques (le gosse plaqué contre la porte alors que son père est en train de la défoncer à coups de hache pour tenter de le libérer). D’une puissance insoupçonnée, le film se conclut néanmoins trop rapidement à mon goût, en ne prenant pas le temps de faire éclater tout le potentiel qu’il avait accumulé en une heure trente. En effet, ses conclusions sont sans liens avec le ton ou le propos du film, ils ne concernent vaguement que les gémissements de l’inconnu. Cependant, cette fin ambigüe, où le gamin se retrouve au contact des fantômes, me laisse supposer son trépas probable (ce qui correspondrait alors à une conclusion cruelle, mais qui se teinte d’un second degré malvenu ici tant la production s’est révélé sérieuse jusqu’à maintenant). Radical, gore et arrivant sans peine à faire peur, La maison près du cimetière est largement mon préféré de Fulci, qui en plus d’un assassin au moins aussi iconique que les plus grands croquemitaines (dur pour moi de ne pas penser à Freddy), utilise une bande originale à tomber pour sa puissance. Vraiment, c’est un film qui malgré ses petites incohérences et son rythme inégal reste très efficace. Une vraie réussite, et ma véritable étape de conversion au style Fulci ! Inoubliable.

 

5/6

 

de Lucio Fulci
avec Catriona MacColl, Paolo Malco

 

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 06:01

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Pour son 100ème article, tonton Jamesluctor vous propose quelques perles du cinémas fantastique ! La mouche noire sort en 1958. Pour un film d’horreur / fantastique, il est remarquable, autant pour son sérieux que pour son issue tragique. Il marque bien les esprits, à tel point qu’une suite sans gros budget est tournée l’année suivante : Le retour de la mouche. Nettement moins convaincant, régressant sur l’aspect technique (on en revient à la caméra noir et blanc), ce film prétend maintenant à une gentille réputation de nanar sympathique. Mais c’est ainsi que la saga des Mouches est lancée. Et c’est ainsi aussi que David Cronenberg arrive, en 1986, avec un remake, signe qu’on avait encore des choses à exploiter. Il réalise là un de ses plus grands films, en parvenant à y introduire ses thèmes obsessifs de chair remodelée, de conséquences imprévisibles et au final d’évolution de l’homme. Torturé, violent, osé pour ses maquillages, c’est l’un des meilleurs remakes de l’histoire du cinéma. Aussi, après un tel succès, personne ne veut se compromettre dans une suite hasardeuse lancée à la va-vite par Brooksfilm, jusqu’à ce que Chris Walas se porte volontaire (le responsable des effets spéciaux sur le film de Cronenberg). Cette suite affiche des résultats mitigés, la tentative de renouveau du mythe allant à l’encontre de son modèle sur de nombreux points. En bref, un diptyque des années 80 contrasté, mais généreux et d’une intelligence qui laisse béat.

 

http://image.toutlecine.com/photos/m/o/u/mouche-1986-05-g.jpg

 

La Mouche : Ne l’ayant pas vu en salle, il est difficile pour d’imaginer le ras de marée que ce film a dû provoquer. En effet, jamais l’erreur scientifique n’a été aussi insidieuse, car une fois faite, il est impossible d’en prédire les conséquences. Cronenberg, en plus de ce thème déjà fort, plaque ses obsessions charnelles sur le film, en faisant parler Brundle-mouche comme le nouveau représentant d’une race purifiée, dont le potentiel de la chair a été pleinement révélé. La déchéance physique du héros, magnifiée par des maquillages impressionnants encore de nos jours (la transformation finale et l’une des scènes les plus horribles des années 80), arrive à capter l’attention du spectateur pendant toute sa longueur, et donne véritablement une dimension tragique aussi palpable que dans La Mouche noire (le discours de Brundle sur la politique de l’insecte est vraiment terrifiant par les doutes qu’il laisse planer). Et sans rien oublier de Veronica, la seule personne tenant à Brundle, qui reste dans l’incertitude complète de la nature de son enfant avec Brundle, ayant eu sa liaison avant et après ses « modifications ». Une angoisse de la chair qui imprègne tout le film, d’abord détruite chez les cobayes, et atrocement déformée chez l’homme. D’ailleurs, passé ce plan des effets spéciaux saisissants, toutes les psychologies des personnages sont parfaitement maîtrisées. Brundle est un scientifique isolé, que l’amour bouleverse, et qui entraînera indirectement sa perte (c’est d’une frustration que naît l’envie d’essayer sa machine pour la première fois). Véronica, d’abord à l’affut du scoop, entretient des relations troubles avec son ancien ami, Statis, qui la harcèle gentiment. C’est un trio amoureux fort, dont l’un des angle se dégrade peu à peu, et qui gangrène les autres parties. Les confrontations finales sont éloquentes à ce sujet. Par sa méthode de digestion, Brundle remodèle la chair de ses ennemis, et tente de remodeler son propre corps à l’aide de sa machine, alors que sa transformation  est pratiquement achevée. Rarement un personnage central aura autant souffert au cours d’un film fantastique, à tel point qu’il en finira par demander par gestes la mort, dans un dernier regard d’une grande humanité malgré la difformité de son apparence. D’un final à la puissance émotionnelle encore rarement égalée, La mouche est un véritable modèle en matière de transformation dégénérescente, qui a marqué le cinéma et dont l’influence se ressent encore de nos jours (le récent français « Mutants »). Rare sont les réalisateurs à avoir pu fournir un remake de cette trempe. Carrément un chef d’œuvre.

 

6/6

 

de David Cronenberg
avec Jeff Goldblum, Geena Davis

 

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La Mouche 2 : La rapidité de mise en marche d’un tel film laissait planer de gros doutes quant à la qualité de son script. Si nous avons toute confiance dans les effets spéciaux de Chris Walas, on peut quand même émettre des réserves sur ses capacités à diriger un tel film. Et pourtant, son travail a le mérite d’interpeller, car il diverge des aspirations charnelles de son prédécesseur pour se tourner vers d’autres symboliques. Les fans, frustré de voir leur mythe remodelé par Chris, se détourneront rapidement de cette suite, que je qualifierai de mon côté d’audacieuse, car elle part du film de Cronenberg pour s’intéresser à une autre question : la condition de cobaye. L’histoire est simple. Vérocina meurt en accouchant d’une gangue, dans laquelle on découvre un nouveau né. Ce dernier est d’une intelligence exponentielle, comme son stade de croissance. A 5 ans, il est déjà dans la peau d’un jeune adulte et du même niveau intellectuel (ce qui laisse planer des doutes quant à son évolution psychologique)… Ses gênes de mouche ne sont pas encore activés, les scientifiques attendent principalement cette étape. Mais très vite, Martin découvre que les scientifiques qui l’étudient (et le coupent du monde) ont aussi en leur possession la machine de Seth Brundle qu’ils essayent de faire fonctionner. La condition du cobaye est contenue dans la première moitié du film. En effet, elle passe par l’annihilation de la vie privée de Martin (contrairement à ses demandes) et un lien presque touchant avec un chien qui finira remodelé par la machine en cours de test et qu’on maintiendra en vie longtemps pour effectuer des tests. Une dramatisation de sa condition qui peut sembler très maladroite (musique dramatique à l’appui, la surabondance d’effets pathétiques peut même faire rire involontairement), mais qui sur des plans thématiques se révèle tout à fait opérationnelle. Le film affiche cependant des ambitions moins grandes que son prédécesseur. Plus de discours sur la chair, plus vraiment d’enjeux pour changer le monde… Les caractères mis en scènes sont clairement moins aboutis (les docteurs ont des dialogues un peu déconnectés, Gary Chalk cabotine comme un barge dans son rôle de gardien sadique, et Lee Richardson n’est pas très convaincant non plus. Le couple du film, Martin et Beth, n’est pas vraiment attachant en départ (la petite love story), mais leur fuite puis la délation de Beth relance l’intérêt sur le statut de leur relation (c’est bien par amour qu’elle le livre). Le final du film fait en revanche dans la surenchère jubilatoire. On va tenter de nous faire oublier le film précédent en matière de sauvagerie, Martin /mouche équarrit le casting avec une réelle efficacité. Pas de thème vraiment marquant, mais un clin d’œil au premier film, ici un poil plus touchant, mais pas vraiment pertinent sur le propos du film. Dans un final bien gore et une émancipation du fils de son père adoptif, le film ne débouche pas vraiment sur une conclusion très pertinente, mais reste regardable. La conclusion fait en revanche rire pour son putassier volontaire en faisant de Bartok un cobaye, avec toutes les ambiguités morales que cela sous entend, et avec le commun accord de tous les scientifiques du laboratoire. Amusant, mais d’une irresponsabilité telle qu’elle annihile le sérieux de la situation. En bref, un film partagé entre des qualités et des défauts, l’impressionnant animatronique du film en tant un bel exemple (il est très bien géré et impressionnant, mais son design n’évoque en rien une mouche (surtout avec des dents). Un film bancal mais honnête, que je porte néanmoins dans mon cœur.

 

4/6

 

de Chris Walas
avec Eric Stoltz, Daphne Zuniga

 

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 21:01

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Guillermo de Toro, ai-je besoin de le présenter ? Enchaînant grands films sur grands films (Blade 2, Hellboy 2, Le labyrinthe de Pan…), ce réalisateur mexicain n’a vraiment plus rien à nous prouver, car sur les terrains du fantastique, il assure comme une bête (c’est dire la déception sur l’arrêt des Montagnes Hallucinées, tout ça parce que ces crétins de studio ne veulent pas investir du fric dans du fantastique pur et dur). Et sur le domaine de la série B ? Un film nous vient à l’esprit : Mimic ! Un bon petit film avec des insectes géants, tout ce qu’il y a de plus recommandable, avec un pitch intéressant et de jolis effets spéciaux. Le succès de ce film est relatif : il parvient à compenser son financement. Malgré ce demi-échec, on voit en 2001 sortir une suite en DTV. Las ! C’est un film très médiocre, qui ne se révèlera jamais aussi généreux que son aîné. Et malgré cet échec retentissant, une dernière suite verra le jour en 2003, en tentant de foutre un cancrelats tueur dans un remake de fenêtre sur cour sans le talent d’Hitchcock. En bref, une saga hétérogène.

 

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Mimic : Une très sympathique série B que voilà ! Après une introduction assez dramatique mettant en scène les ravages d’une maladie infantile véhiculée par des cafards, les scientifiques de New York décident de lâcher une race d’insecte dans les égouts pour éliminer les nuisibles. L’opération est un succès. Mais trois ans plus tard, on commence à comptabiliser de nombreuses disparitions dans les bas fonds de new york. Une scientifique vivant dans les parages découvre peu à peu d’étranges insectes dans les canalisations… Partant d’un pitch aguicheur (un remède pire que le mal), le film développe sans arrêt son histoire, en gardant l’anatomie de ses bestioles secrète pendant une bonne partie du film. Du coup, on reste intéressé par cette histoire, qui contient quelques relents horrorifiques de bonne tenue, et des personnages plus épais que la moyenne. Cependant, le script reste un peu timide dans ses débuts, où on constate que tous les indices mènent aux égouts, sans jamais vraiment s’y aventurer. C’est chose faite dans la seconde partie du film, qui prend des airs de survival gothique (rarement les égouts ont étés aussi jolis, aussi variés dans leurs ambiances…). C’est bien simple : on s’engouffre dans un labyrinthe peuplé d’une colonie de créatures grouillantes, meurtrières, et effrayantes dans leur perspective de copier les êtres humains. Si la fin est un peu clichée (et qu’on nous refait Aliens), Mimic reste une série B honorable, avec des effets spéciaux crédibles et assez perfectionnés. Tout à fait satisfaisant pour l’amateur de bande bien balancée comme moi.

 

 

4/6

 

de Guillermo del Toro
avec Mira Sorvino, Jeremy Northam

 

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Mimic 2 : Mis à part un scarabée Géant qui se trimballe avec une valise pleine de larves, il n’y a pas grand-chose à retirer de ce film… Des acteurs médiocres, des effets spéciaux médiocres, une histoire médiocre… Rien de vraiment très excitant en fin de compte. Le spectateur suit le film, la paupière lourde, en se demandant comment (et surtout quand) ça va se terminer. Désolé, mais c’est franchement médiocre. Même pas envie d’en dire plus.

 

1/6

 

de Jean de Segonzac
avec Alix Koromzay, Bruno Campos

 

http://medien.filmreporter.de/images/25898.jpg

 

Mimic 3 : Si avant c’était médiocre, c’est carrément navrant. Pendant toute une première moitié du film, on a des meurtres atroces commis dans le voisinage et un gars pris dans le plâtre  qui se met à observer ses voisins… Vous voyez où on veut en venir ? Bref, c’est Fenêtre sur cours sans une once de talent, avec des acteurs navrants et un monstre numérique affreux. Le pire, c’est qu’ils font tout pour planquer le monstre, comme si on ignorait la nature du tueur, alors qu’il apparaît en gros sur l’affiche. Une belle arnaque, en somme, qui tirera un maximum sur nos attentes pour mieux économiser son budget. Vraiment, une aberration totale.

 

0/6

 

de J.T. Petty
avec Lance Henriksen, Karl Geary

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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