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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 11:31

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Notre ami Jean Claude Van Damme, pendant sa période de gloire, a eu plusieurs fois affaire à des scénarios où revenait son double. C’est à nouveau le cas quand il collabore avec Peter Hyams pour une série SF d’un ton particulier, à savoir TimeCop. Se basant sur un titre musclé qui résume assez bien l’intrigue, le film se distingue toutefois par un pitch réjouissant, quoiqu’un peu trop focalisé sur les performances physiques du Jean-Claude.

L’histoire : Un récent programme de recherche sur le voyage dans le passé vient d’être mis au point par un scientifique. Toutefois, le gouvernement constate alors une recrudescence d’anomalies temporelles où des objets de diverses époques s’échangent. Se doutant d’un coup fourré, le gouvernement met au point une agence chargée de protéger le bon déroulement du passé. Et qui va aller sur le terrain ?

 

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C’est le Jean-Claude ! On est d’ailleurs assez content de le voir dans cette production, vu qu’il n’a pas son pareil pour faire des mouvements originaux pendant ses chorégraphies de combat (vous pensez qu’il se baisse pour éviter un coup de pied ? Hin hin hin… ça serait trop facile ! Grand écart dans ta faaaaace !). Mais passons sur cette affection pour JC et concentrons-nous sur le scénario. C’est quand même génial, cette idée ! Car la gestion du temps du film est plutôt cohérente, et les hypothèses qu’il met en place ont tout pour se révéler stimulantes. Contrairement à ses concurrents (Looper, L’effet papillon, retour vers le futur) qui se plaisent à provoquer le doute quant au futur, les effets des boucles sont ici immédiats. Résultat : c’est une constante course contre la montre pour trouver les coupables, car les vérités du moment sont susceptibles de changer la seconde d’après, et qu’en cours de voyage pendant une boucle, elles peuvent radicalement changer. Des règles ultra stimulantes, qui sans se baser sur un concept compliqué, peuvent rapidement aboutir sur une série de paradoxes tout à fait jouissives ! Bravo Peter, tu nous ressors de la bonne série B à scénario qui en a dans le froc (comme l’inoubliable Outland). Après, le traitement de la science fiction, génial quand on nous expose les données, peine un peu à convaincre quand il est mis en images (les effets numériques ont carrément vieillis, et l’expédition dans le passé via l’espèce de cabine centrifuge ringarde fait plus sourire qu’autre chose). Et aussi quand l’intrigue préfère se focaliser sur les castagnes du Jean Claude avec une foule d’hommes de main (toujours nombreux, les salauds !), qu’il expédie à la chaîne pour trouver le grand ponte derrière le gigantesque complot temporel. Grand ponte qui est d’ailleurs plutôt bien campé par un Ron Silver jouissif quand il balance une mandale à son conseiller. Se défouler sur le personnel, rien de meilleur pour vous camper un méchant sympathique (rappelez vous des Incorruptibles et de la batte de base ball). Le film parvient néanmoins à garder le rythme, sans parvenir à rester sérieux (les punks, indémodables en tueurs à gage) ni a nous offrir les vagues temporelles espérées. Néanmoins, le dernier acte tendu dans la maison du JC, avec nos deux héros de différentes boucles affrontant les doubles correspondants de notre bad guy, on a ce qui s’appelle du gros climax temporel. Et un bon esprit série B, avec le running gag bon enfant du petit délinquant à roller (« t’as encore écouté du heavy metal, toi ! ») qui fait toujours sourire. Du travail honnête, toujours propice à divertir son public !

 

4/6


1994
de Peter Hyams
avec Jean-Claude Van Damme, Mia Sara

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 11:23

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J’ai eu d’énormes réticences à découvrir ce film. Un mois déjà avant son lancement, sa bande annonce m’avait complètement déprimé, j’y voyais là une accumulation de clichés, une compilation de l’homosexualité et de la transsexualité en mode grosse farce… Le genre de film inoffensif et étouffant de légèreté. C’est donc un peu résigné que je suis allé le découvrir en salle, 3 mois après sa sortie. Pour un résultat plutôt piteux. Si c'est moins pire que la vulgarité à laquelle je m'attendais, on est devant un bien fade représentant de son genre…

L’histoire : Guillaume a toujours été élevé par sa mère comme si il était une fille. Gentiment efféminé et agissant régulièrement en fille pour rendre sa maman fière de lui, il entame des études supérieures au cours desquelles il tombe amoureux d’un étudiant.

 

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Avec La vie d’Adèle, c’est la production officielle LGBT de 2013 (celle de 2014 n’ayant pas tardé depuis : YSL). C’est aussi et avant tout un sérieux coup marketing (pour être resté aussi longtemps en salle, difficile de le voir autrement). Peut être un peu audacieux de miser sur un divertissement connoté pour faire de grosses ventes, ce qui laisse supposer une certaine confiance dans le public (dont on a pu mesurer l’intérêt avec Ma Vie avec Liberace (ayant trouvé sa place dans le top 20 de votre chroniqueur)). C’est aussi un film calibré pour le grand public, avec humour léger, récit de vie et lointaine réflexion sur le genre. Petites prises de position ponctuelle, mais dans l’ensemble, le tout a été bien arrondi (à l’image des quelques gags sur la peur de la relation homosexuelle, qui ne montreront rien). C’est au final le principal reproche que je ferai à Les Garçons et Guillaume à table, il n’a rien d’exceptionnel, à aucun moment. Ce dont il parle des films l’ont déjà abordé, et avec moins de distances, moins de manières aussi, et en prenant beaucoup plus de risques. Vu l’essence autobiographique même du projet (imposée dès l’ouverture par le maquillage de Guillaume Gallienne qui se prépare pour le grand show de sa vie), il est délicat de porter un jugement sur les évènements vécus, qui ont façonné sa personnalité. C’est son histoire, et les leçons qu’il a pu en tirer sont là. Mais cela valait-il la peine de venir nous l’exposer ? Le postulat est atypique, c’est une évidence. La perspective d’être au sein d’une famille qui nous traite avec un décalage flagrant de personnalité, jamais remis en question, offre un contexte psychologique et émotionnel très riche, mais biaisé dès la base sur son approche des genres (puisqu’il s’agit d’un garçon « normal » traité comme une fille qui se développe et expérimente ses émotions et désirs, personnels ou imposés par son entourage). Ce décalage n’est jamais totalement expliqué, et demeure assez hallucinant (c’est presque une conspiration familiale, d’imposer une telle situation à un proche et de créer une contradiction qui n’avait pas lieu d’être). Mais c’est une comédie, et la légèreté ne vient jamais souligner cela. Les situations s’enchaînent, les expériences aussi, mais le film fait fi de toute gravité, préférant la bonne euphorie naïve à la dépression attendue. Un choix, léger et facile d’accès pour le grand public, qui limite considérablement la portée du discours du film, déjà pas bien grande. Car si les situations s’enchaîne, la situation n’évolue pas, ou alors seulement sur la fin, par un retour à la normale évident et attendu.

Ben évidemment, il y a quelques moments de tristesse, largement noyés dans le lot des péripéties diverses et des gags légers. Sur ce point, le film m’a surpris. Je m’attendais à du sale (la relaxation d’anus dans la bande annonce… ouch !), le résultat est au final plutôt enlevé, du niveau d’une gentille comédie pas très rythmée. Et le portrait de mère (interprétée par Guillaume), est une performance d’acteur amusante (dans ses tics, ses manières, c’est un personnage bien retranscrit). Mais, en tant qu’adaptation d’un spectacle, le film n’offre aucun moment de cinéma. C’est une simple mise en image, avec quelques jolies scènes pour embellir le tout, et quelques gimmicks pour lisser le produit au rayon comédie davantage qu’au rayon drame (la piscine). On ajoute à cela quelques petites piques sans prise de risque, comme cette représentation des pensions catholiques où les jeunes étudiants se masturbent tous en chœur à la lumière d’une croix de néon une fois la nuit tombée (oh les hétéros pathétiques de libido…). En résulte un film globalement tout à fait fréquentable, poli et gentil, avec ses petites expériences et ses petits soucis, mais question ampleur, on a clairement un succédané. Sans doute que les petites vieilles que j’ai vu défiler aux projections apprécient les gentillesses efféminées et maladroites de Guillaume, mais si on décide de s’intéresser un minimum aux sujets (homosexualité, travestissement…), la légèreté de Guillaume s’envole bien vite pour ne plus laisser grand-chose.

 

 

2/6


2013
de Guillaume Gallienne
avec Guillaume Gallienne, André Marcon

 

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 11:44

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Dès que les Aliens débarquent, Tom Cruise devient souvent le dernier espoir de l’humanité, incarnant la volonté de triompher de l’envahisseur, tout en nous rappelant  que les aliens existent vraiment. Enfin, cette enième invasion a la bonne idée d’ajouter un paradoxe temporel dans son intrigue, histoire de densifier un peu son scénario, et surtout de justifier de nous garder au cœur de l’action en nous faisant vivre maintes et maintes fois la même journée. Un parti pris intéressant qui trouve assez vite ses limites.

L’histoire : Un météore s’écrase en Europe, et en sortent de pugnaces mimics (rassurez vous, ils ne copient pas les gens) qui exterminent une bonne part de la population. Le commandant Cage, fervent partisan de la contre-offensive par les armes, se retrouve expédié au front par son supérieur borné (il ne se laisse pas faire chanter, le salaud).

 

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Alors, comment définir ce nouveau cru de Tom Cruise ? Il s’éloigne radicalement du film auquel tout le monde a pensé au premier abord : Oblivion. Aucun rapport, que ce soit visuel ou dans son sens de l’action, encore moins dans sa trame. Personnellement, j’avais un à-priori bien plus redoutable à en juger par le design des robots et la technique de filmage en caméra à l’épaule : World Invasion. Là encore, on peut se rassurer, ce n’est pas le cas. En fait, concernant la gestion du temps, on est clairement dans le cas d’un Jour sans fin, qui reprend toujours au même endroit quelque soient les actions du personnage. Un choix intéressant, dont on se réjouit à l’avance car il se promet de nous faire revivre à plusieurs reprises le gros débarquement, et donc de nous balancer des scènes d’action à foison. On déchante dès la première boucle. En effet, le problème de cette technique, c’est qu’elle annihile totalement l’impression de danger pour le spectateur. Si il crève, pas grave, on recommence. Dès les 20 premières minutes, les limites du concept sont découvertes, sabordant en partie la caméra à l’épaule immersive, qui à défaut de nous immerger, filme l’action d’un façon plutôt correcte (World invasion était irregardable, ici, on ne rate pas une miette de l’action, ce qui n’était pas gagné au vu de la rapidité des aliens). Comme on ne se sent plus vraiment impliqué (c’est une sorte de sauvegarde automatique de jeu reprenant sans arrêt), on peut toutefois apprécier la vulnérabilité du héros qui doit mourir une bonne soixantaine de fois pendant tout le métrage. Mais reprendre tout à chaque fois, c’est très long… Le film se laisse donc aller à la facilité (obligatoire ?) de faire continuellement des ellipses sous entendant que le héros fait tout pareil jusqu’à en revenir à ce point, ou mieux, qu’il a déjà revécu plusieurs fois la scène avant, et que donc il prévoit tout. Ce parti pris était prévisible, je le comprends tout à fait, mais il n’empêche qu’il est particulièrement facile et qu’il élude l’impact psychologique d’un tel phénomène. Mais on s’en fout de la psychologie, on est là pour l’action ! Je peux comprendre ça aussi, et sur ce niveau, le film ne ralentit pas le rythme. Sur près de deux heures, à quelques temps morts près, on est toujours dans le bain, le scénario est limpide et les enjeux clairs. Enjeux que je ne dévoilerai pas, ils sont purement ludiques et inutiles à l’analyse. En fait, il n’y a qu’une erreur qui m’ait vraiment blasé, les autres pouvant passer pour des partis pris. On peut à la rigueur accepter que Cruise soit envoyé au front sans le moindre motif apparent. Mais quand le film a passé son temps à nous montrer Cruise mourir dès qu’une couille se produisait sur le champ de bataille (il se fait tuer par tout), le voir au cours d’une scène d’action trainer sur le sol par un avion en marche qui explose avant de tomber de 3 étages dans un parking sous-terrain avec des blocs de bétons qui lui tombent dessus, et il se relève en rechargeant son fusil à pompe avec une pauvre égratignure sur le visage, je dis qu’on se fout de la gueule du public. Tom Cruise, on a failli croire que tu étais humain, mais là, ta nature divine ressort d’une façon bien trop évidente. Même quand il est sensé mourir vraiment, il trouve le moyen de revenir… Enfin bon, question action, le film délivre la marchandise, et les designs de ses exo-squelettes (très à la mode ces derniers temps) susciteront l’intérêt du geek comme du fan de SF (la prise en main catastrophique de Cruise lors de son premier jour, notamment). De la technique qui remplit assez bien les vides entre les différents éléments de l’intrigue, qui ne stagne jamais très longtemps sur ses positions et va toujours de l’avant. C’est en tout cas plus marquant qu’Oblivion, et même plutôt amusant quand on se prête au jeu des ellipses et qu’on rit de la dernière mort de Tom Cruise. Sans doute pas le film de l’été, mais un divertissement bien trempé à la hauteur des attentes.

 

4,3/6


2014
de Doug Liman
avec Tom Cruise, Emily Blunt

 

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 11:32

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Le conte moderne est un genre particulièrement casse gueule. Les échecs de Blanche neige et le chasseur et du récent flop La belle et la bête en sont des preuves criantes, quand on sort de l’animation tout en voulant rester dans le merveilleux, il convient de trouver un équilibre pas si aisé, entre profondeur dans le fond et légèreté dans la forme. Maléfique arrivait avec ses gros sabots qu’on ne savait toujours pas trop quoi en penser, et finalement, avec une légère surprise, on se retrouve devant un film qui a matière à offrir.

L’histoire : Maléfique, fée du royaume des Landes, se lie d’amitié avec un jeune orphelin, Stéphane. Alors qu’ils grandissent, le roi du territoire des hommes désire repousser les frontières de son empire. Suite à la défense acharnée de Maléfique, le roi promet son trône à celui qui viendra à bout de la créature. Stéphane y voit alors une opportunité à saisir…

 

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On a toujours tendance à dire que Disney a des années de retard dans ses partis pris moraux. Malgré tout, le studio a fait d’indéniables efforts pour inverser la tendance, et avec Maléfique, ils décident de continuer dans cette voie malgré la structure à l’ancienne du conte. Le premier parti pris louable, c’est l’enfance de Maléfique, que le film suit avec un intérêt certain. Elle est le personnage principal et le film réussit assez bien à faire ressortir les sentiments qui l’animent. En cela, la trahison qu’elle subit et sa vengeance méditée et efficacement exécutée (avec humiliation icônique de Stéphane devant sa cour) nous fait toujours basculer en sa faveur. S’entame alors le nouvel axe dramatique, qui marque un rapprochement entre notre protagoniste et l’héroïne, que la malédiction en question vient peu à peu menacer. J’espérais secrètement ce rapprochement qui prolongerait la souffrance de Maléfique tout en salissant la gamine toute belle toute innocente, autant dire que je ne suis pas déçu, c’est un axe dramatique simple, mais d’une consistance un peu plus mature que prévue. C’est surtout sur la question de l’amour que le film marque un grand coup et tranche avec ce qui a pu être fait auparavant, puisque le baiser libérateur ne vient de rien d’autre… que de Maléfique… Je ne sais pas si vous aviez entendu parler des soit disant accusations de corruption des jeunes sur le film La reine des neiges (où des détracteurs disaient avoir vu des allusions lesbiennes), alors là, on nage en plein dedans ! Ca et la vision complètement désillusionnée de la structure du couple hétéro (aucun couple hétéro ne vit heureux ni même n’éprouve d’amour), on tient là d’énormes éléments si on souhaite regarder le film avec des ornières. Pour ceux qui se contentent d’apprécier objectivement le film, on a là une direction artistique de haute volée, qui nous inonde les yeux de merveille kitsch à souhait, soit tout ce qu’on réclamait. Il ne faut pas croire non plus que tout est parfait. Aurore est une niaise qui passe son temps à sourire à tout le monde et qui n’a pas la moindre consistance (en fait, tous les personnages gentils semblent réduits à cette approche de niaiserie, seuls les personnages ayant souffert semblent avoir acquis une consistance et une variété question palette d’émotions). Son prince charmant est un niais qui semble sortir du lycée (il ne lui manque que l’acnée), mais ça, c’est bien normal (on apprécie même la puérilité de sa carrure, il est mou comme un petit suisse…). En revanche, les exclamations « c’est magnifique ! » pour nous dire quand c’est beau, les multiples incohérences où Mélafique a tantôt peur du fer, tantôt elle le prend à pleine poignée sans que ça la dérange. Shalto Copley est comme d’hab cantonné au rôle de méchant de service, avec une méchanceté à relativiser puisqu’il ne prend jamais la peine d’approfondir son avidité au-delà de la voix off qui lui sert de présentation. Bien dommage quand on voit qu’il est la seconde personne la plus intéressante du film et qu’il est en partie bâclé. Mais bon, avec une belle esthétique et quelques emprunts au Seigneur des anneaux (un Ent qui ressemble beaucoup au Balrog, un dragon bien épique…), on a un spectacle bien plus consistant que la guimauve habituelle. Quelques libertés prises avec le matériau d’origine permettent donc de redonner un peu d’ampleur à ce gros spectacle familial, en densifiant un peu le propos social. Un essai satisfaisant à confirmer.

 

4/6


2014
de Robert Stromberg
avec Angelina Jolie, Elle Fanning

 

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 11:10

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La crypte est un film conspué. Immédiatement taxé de navet à sa sortie et régulièrement brisé dans les critiques qu’il aborde, il s’agit d’une commande reprenant les grandes lignes du succès surprise des années 2000 : The Descent. En mettant les petits plats dans les grands questions approche et découverte de ses arguments, La Crypte souffre de la comparaison avec son prédécesseur, mais si ses ficelles sont déjà connues, le plaisir de la série B généreuse est quand même là.

L’histoire : un réseau de grottes inexplorées est découvert sous une ancienne abbaye roumaine. Alors qu’une équipe de spéléologues et de plongeurs commencent à l’explorer, un éboulement bloque leur retour, les obligeant à avancer dans les grottes.

 

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Alors non, la Crypte n’est pas un film d’horreur original, ni très efficace question frissons. On n’a jamais réellement peur, on ‘est jamais surpris, mais c’est exactement ce qu’on voulait voir (au ridicule de quelques idées près). On se fout de nos personnages de trentenaires complètement transparents, on apprécie uniquement leurs compétences physiques et leur matériel. C’est surtout le décor qui retient l’attention, et à ce sujet, je trouve le film sacrément sous estimé. Le décor de l’abbaye est excellent, celui de la crypte génial, et les grottes sont impeccablement gérées. Un vrai décor propice au film de créature, avec des recoins partout, mais pas beaucoup de plans des créatures (tout du moins au début). Disons le clairement, le film se fout du réalisme, on sent vite que certains personnages sont plus protégés par le scénariste que d’autres, bref la surprise n’est pas de mise (déjà qu’on sentait bien le repompage). Toutefois, en délocalisant une bonne partie de son action dans des réservoirs d’eau souterrains, le film trouve un contexte claustro bien exploité, en tout cas bien mieux que dans The Descent 2 (cet élément n’est pas exploité dans le premier). Ainsi, quelques frissons faciles, mais agréables passent quand même ça et là, au cours de quelques mises à mort attendues et appréciables. Les designs des monstres, à cheval entre Alien et Pitch Black (plus vraisemblablement ce dernier, que peu de gens connaissent donc on peut pomper sans trop se faire remarquer), se révèle plutôt sympathique, tant qu’on n’aborde pas leurs origines (démoniaques). A partir de là (et surtout de la possession d’un des membres de l’équipe), il est facile de taper sur le ridicule du scénario et d’enterrer définitivement le film. Et bien je trouve quand même l’issue divertissante, se laissant aller à un peu de pyrotechnie bienvenue en milieu souterrain, histoire de se quitter en bons termes sur une note plus légère. Difficile à prendre au sérieux (le rebondissement pré-générique, le calcaire qui explose...), mais plutôt attachant techniquement, La Crypte est un petit plat réchauffé sympathique pour l’amateur de films d’horreur vite envoyé, qui compense la banalité de sa trame principale par de jolis décors et des créatures tenaces toujours sympathiques. Le reste importait peu de toute façon, on ne lui demandait pas plus.

 

2,5/6


2004
de Bruce Hunt
avec Cole Hauser, Morris Chestnut

 

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 13:34

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Ah, une grande joie m’envahit au commencement de cette chronique. C’est peu dire que d’affirmer que Blueberry est conspué, sans doute populairement le pire film de son auteur avec le navet Dobermann. Sauf que Dobermann était un navet volontaire, alors que Blueberry s’inscrit plutôt dans la tendance « trip initiatique ». Sur la question de l’adaptation, il n’y a pas à débattre, Kounen a complètement détourné le matériau d’origine pour le plier à ses obsessions visuelles, tout en peaufinant un scénario original dont je ne peux même pas éprouver la validité, n’ayant jamais ouvert un seul album de la bande dessinée éponyme. Mais quand les adaptations varient, elles peuvent elles aussi prétendre à être de bons films (meilleur exemple, quoique bancal lui aussi : Final fantasy les créatures de l’esprit). En route pour les montagnes sacrées !

L’histoire : Blueberry, shérif d’une ville frontalière avec un territoire indien sacré, fait régulièrement des allers-retours entre les deux peuples, chez lesquels il a passé une partie de son enfance. Alors que des rumeurs de ruée vers l’or en direction des montagnes sacrées se murmurent, Wally Blount, hors-la-loi ayant déjà croisé le chemin de Blueberry, revient dans les parages.

 

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Avec une moyenne carrément pourrie, Blueberry est synonyme d’un ratage foireux de première, conspué pour d’obscures raisons qui m’échappent. Je trouve, à titre personnel, que la direction artistique du film est tout simplement irréprochable, visuellement, c’est un plaisir de deux heures ininterrompu qui vient flatter la rétine (même dans les excès de psychédélisme qui saturent son dernier acte, élaborant un duel psychique jamais vu au cinéma (on quitte enfin ces faces à faces interminables en mode « à qui dégainera le premier »)), et qui demeure toujours agréable à suivre. Et pour enfoncer le clou, je vais sortir la comparaison que tous les cinéphiles vaccinés s’extasient à ressortir : El Topo. El Topo, inutile de revenir sur son discours métaphysique, il est d’une richesse à en pleurer (quoique c’est parfois (souvent) juste un délire de drogué flamboyant qui explose les repères). Mais son visionnage est tout sauf agréable ! La bande son et les musiques sont insupportables, et si ses visions psychédéliques à petit budget explosent la rétine, c’est aussi raffiné que de la méditation au marteau piqueur. Blueberry a un sens de la transition, un sens de la narration, une façon de lisser chacun de ses aspects qui le rend particulièrement agréable à suivre. Avec pour contrepartie une certaine tendance à endormir le spectateur. Un peu dur de le nier, entre l’enfance de Blueberry et l’arrivée dans les montagnes sacrées, il ne se passe pas grand-chose. Et pour épaissir sa sauce, Kounen décrit alors le contexte, amenant le petit thème secondaire de la compassion pour le sort des indiens et les différentes quêtes métaphysiques (ou matérialistes) des personnages. C’est toujours la ruée vers l’or, mais l’or a changé ici, la Conscience remplace le coffre fort de dollars. Si Kounen soigne beaucoup sa facture esthétique, il innove plutôt dans ses approches très new age métaphysiques, qui appellent à un premier degré un peu naïf. Un peu naïf, car sa structure et ses protagonistes tiennent tous du cliché en mode exercice de style, mais qui sait garder sa cohérence jusque dans les design visuels des hallucinations finales. En cela, j’ai du mal à comprendre les reproches lui étant régulièrement fait (le premier étant d’avoir rajouté « Blueberry » devant le vrai titre du film). Pourquoi est-il taxé sommairement de délire de drogué alors que d’autres moins agréables (je pense maintenant au Yellow submarine des Beatles (que j’avais aimé lors de la découverte, j’ai depuis vu des OFNI bien plus consistant que ce trip sous acide)) se retrouvent aujourd’hui avec une réputation culte. On se trouve devant un cas de film mésestimé (il n’a jamais cherché à copier Jodorowsky, les montagnes sacrées sont la seule allusion qu’on puisse y voir, les identités visuelles et structurelles d’El Topo étant incompatibles), qui tente réellement de communiquer une expérience inédite au spectateur, quelque soit ses aspects. En termes d’immersion dans un univers atypique, L’expérience secrète est, avec les films de Gaspar Noé, une expérience de trip cinématographique à part entière, manquant de fond, mais d’une forme irréprochable (après, ce sont les goûts qui rentrent en jeu).

 

4/6


2004
de Jan Kounen
avec Vincent Cassel, Tchéky Karyo

 

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 13:29

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X men reste une saga de qualité, qui a plutôt été correctement initiée par Brian Singer. Le réalisateur du Usual Supect reprend donc les rennes de sa saga, avec un rendez vous d’acteurs au sommet (tout le monde vient rejoindre l’aventure, les vieux de la vieille et les petits nouveaux du préquel), ainsi que quelques nouvelles têtes pour l’occasion. Mais comment un tel blockbuster à casting peut-il réussir à garder cohérence et plaisir tout en gérant ses différents acteurs ? Avec la bonne vieille recette du voyage temporel, empruntée à une autre saga dont la popularité n’est pas à reconsidérer : Terminator.

L’histoire : Dans le futur, une grande partie de la population a été exterminée ainsi que de nombreux mutants par des machines automatisées. Quelques uns forment un noyau de résistance et renvoient dans le passé un messager, afin d’organiser une meilleure défense. Réunissant les derniers survivants mutants, ils renvoient Logan dans les années 70, pour empêcher le lancement du projet de recherche.

 

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Dès la première minute, on se croirait dans Terminator 2. L’esthétique est presque identique (des éclairages violets pour éviter le bleu de Cameron), les scènes d’holocauste se télescopent immédiatement, et les robots en question ont un petit quelque chose de T-1000. Mais dans la mise en scène, tout va bien, les scènes d’action sont bien emballées. J’en viens maintenant au corps principal du film : son scénario. C’est probablement là que se situe ses limites, qui lui permettent quand même d’atteindre un niveau tout à fait décent. Mais avec autant de personnages secondaires, il ne fallait pas s’attendre à plus. Petit imbroglio temporel se focalisant sur un acte déterminant de la lutte contre les mutants (l’assassinat du concepteur des robots par Mystique), Logan doit donc réunir toute la fine équipe afin de la convaincre (elle échappe au contrôle de tout le monde) et faire au mieux pour arranger les choses. Une idée assez large et pas compliquée qui permet surtout de ménager plusieurs grosses scènes d’action, qui ont parfois le bon goût d’être impressionnantes (l’évasion de magneto, enfin une scène où la 3D se justifie pleinement, ou encore l’assaut final avec ce fameux stade volant que nous avions aperçu en bande annonce). Magneto qui se révèle d’ailleurs toujours le personnage le plus intéressant, sauf dans ce final. Le problème, c’est que le scénario l’a toujours incarné comme vecteur d’une idée (depuis le commencement de la saga), celle de combattre les humains coûte que coûte. Ici, les données du problème ont changé, mais pas lui, ce qui le fait basculer d’un coup de la case des méchants visionnaires à celui des méchants bornés. Un petit manque de subtilité dommageable à sa carrure, mais comme on s’en arrête là, pas le temps d’entamer davantage son aura. On ajoute quelques gags à destination des initiés (Logan et les détecteurs de métaux), des personnages toujours bien esquissés. Il est intéressant de noter que pour le personnage du professeur Xavier, Mc Avoy et Stewart parviennent tous les deux à l’interpréter avec charisme, lui donnant des variations émotionnelles plutôt appréciables durant leur temps d’apparition. Fassbender est toujours impeccable (on regrette qu’il n’ait pas eu droit au face à face avec McKellen, et ses détracteurs pourront se calmer, il ne chiale pas dans ce film), et pas besoin de parler de la performance de Jackman. Mystique étant clairement à l’avantage, Jennifer Lawrence donne un peu plus que dans l’opus précédent, sans pour autant briller davantage. J’ai quand même envie de dire bravo à Omar Sy. Bravo, car avec la loooourde promo française qui n’a cessé de le mettre en avant, il faut acclamer les 5 minutes pendant lesquelles il apparaît dans le film. 5 minutes d’action où il a le temps de mourir, à l’image de ce mutant qui s’adaptait dans First Class (et qui était de couleur lui aussi). Omar, bonne chance pour ta carrière de figurant à Hollywood ! Mais ne soyons pas mauvaise langue, ce sont les distributeurs qui ont créé cette attente d'un opportunisme commercial complètement ridicule. Pas grand-chose à ajouter, moins de proximité sentimentale mais des personnages toujours bien définis, le nouveau X men est un divertissement à la hauteur des intentions, sans toutefois surpasser son prédécesseur. On ajoute à cela les petites moqueries sur Nixon (ah la la, quand le film fait toujours la part belle à Kennedy en en faisant un mutant, et qu’on montre Nixon comme un gros lâche…), mais rien qui ne viennent entraver la bonne marche du spectacle. Une grosse machine qui tourne.

 

4/6


2014
de Bryan Singer
avec Hugh Jackman, James McAvoy

 

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 13:19

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Raiders, c’est le Tropas de Elite du cinéma dans la mère patrie russe. En s’engageant sur les thématiques de la manipulation médiatique et de la lutte contre le terrorisme sous l’angle du film d’action, le pari était plutôt audacieux, surtout dans un pays aussi rigide que la Russie sur des questions politiques. Va-t-il falloir proposer au réalisateur un passeport français (histoire de rendre la monnaie de sa pièce à Poutine, pour être à égalité) ? Fort malheureusement non, on a même un discours assez nul sur le sujet, qui feint l’esbroufe pour mieux rentrer dans le rang. Ouf ! On allait croire que la Russie n’était pas totalement unie.

L’histoire : un groupuscule terroriste canarde à tout va dans les rues de Moscou avant de disparaître dans une zone résidentielle. Alors que la police peine à s’organiser, d’odieux journalistes en profitent pour mettre à mal l’image de la noble institution policière. Conscient de l’enjeu, les généraux responsables de l’opération décident d’organiser une couverture médiatique totale de leur opération afin de redorer leur image de marque.

 

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C’est marrant, mais les russes qui se prêtent au jeu des méchants terroristes sortis d’on ne sait pour défendre on ne sait quelle cause (ils ne la donneront pas une seule fois), ça ne marche pas comme avec les américains. Mais maintenant que la mafia russe a complètement disparu de la circulation (on n’en parle plus depuis bien longtemps, Poutine a dû serrer les vis là où il fallait, quelle efficacité), faut bien s’attaquer à quelque chose qui parle à tout le monde. J’aime à penser que cette poignée de terroristes est ukrainienne d’origine, ça donne une dimension politique gratuite. A ce stade de ma chronique, je prie le lecteur de m’excuser de mon cynisme, mais dans ce cas présent, la posture du film est si non assumée que j’ai envie d’en rajouter une bonne couche. Les méchants ukrainiens explosent des rues entières, mettant en valeur l’incompétence notoire de la police (ça fait bizarre, quand les figurants sont les policiers et que les méchants savent tirer) et partent se planquer dans un HLM, prenant en otage une famille. Les journalistes arrivent sur place et filment un policier en train de pleurer, décrédibilisant totalement le corps armé auquel il appartient. Le haut commandement, soucieux de vouloir rattraper les dégâts, écoute donc les conseils de leur attachée en communication, qui les invite à faire une couverture médiatique totale de l’évènement. Dans le genre idée foireuse, top 1. Mais les généraux l’écoutent et se préparent à encercler les bâtiments suspects en déployant leurs unités avec un journaliste. Mais très vite, les impératifs du prime time jouent contre le déclenchement des opérations, les caméra-mans ne voulant jamais rater d’exclusivité. Ca au moins, c’est réaliste. Et pendant le reste du film, que se passe-t-il ? Une équipe de policier non suivie fait le boulot pendant que les militaires campent à l’extérieur en faisant un pique nique (une splendide suggestion de la conseillère en communication, qui s’accroche à l’idée de les montrer comme des hommes normaux, il aurait fallu pousser la chose jusqu’à les filmer aller aux chiottes, là, on se serait pleinement identifié), les méchants ukrainiens postent des vidéos sur youtube montrant que les militaires ne montrent pas les vraies images… Bref, ça stagne pendant près d’une heure. Et désolé, mais quand on voit tout le soin que mettent les policiers à respecter la vie des otages et à décaler les assauts, après de certains évènements ayant eu lieu dans un théâtre (auquel le film ne fait jamais mention), j’ai du mal à y croire. La fin perd totalement de vue ses thématiques initiales, se concluent comme un Die Hard du pauvre et redorant l’image de cette police russe dont la compétence ne fait aujourd’hui pas l’ombre d’un pli. Et voir que la journaliste (amoureuse du flic de choc) s’écrase et suit le protocole des généraux pour la communication avec la presse, ça fait plaisir. Pour un peu, j’aurais aimé la voir militer pour un meilleur encadrement des médias, qui ont trop tendance à contredire la version officielle produite dans le meilleur intérêt de tous (que valent quelques ukrainiens devant une image d’intégrité rayonnante ?). Bref, il n’y a pas que des trucs nuls dans Raiders, mais quand même, c’est sacrément mauvais et ça n’a pas les couilles du cliché de la mère Russie. Remboursez !

 

1,2/6


2009
de Anders Banke
avec Andrei Merzlikin, Yevgeni Tsyganov

 

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 13:15

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Le Revenge movie fonctionne essentiellement sur un postulat d’identification avec le spectateur, ce dernier étant pris en témoin et invité à plaider la cause de la victime qui prendra les armes contre ses agresseurs. Sur le sujet, le plus connu doit être La dernière maison sur la gauche, qui s’attaquait à un mécanisme de violence en chaîne. Death sentence s’inscrit lui aussi dans la lignée, cette dernière ne recélant plus de surprises (mis à part du côté asiatique avec des titres comme Old Boy ou I saw the devil). Tourné par un James Wan qui veut sortir de l’épouvante gothique (le sympathique Dead silence), le ton se veut engager, et fonctionne efficacement avec un Kevin Bacon très impliqué.

L’histoire : Alors qu’ils reviennent d’un match de Hockey, un père et son fils aîné sont pris dans une attaque de station service, pendant laquelle le fils trouve la mort. Devant faire face au désespoir de sa famille et à la frustration de poursuites judiciaires sans preuves, il décide de ne pas témoigner au procès et de suivre l’assassin.

 

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Nick Hume est d’office notre vecteur d’intégration. Campé par un Kevin Bacon plutôt à l’aise, il incarne la figure d’honnêteté (scène d’intro au bureau de la compagnie d’assurance, un peu grosse mais claire) et le père de famille un peu partial (une pointe de favoritisme pour l’aîné sportif). Bref, la petite famille (deux enfants, épouse agréable) tranquille avec les petites chamailleries entre frères, brutalement brisée au cours d’une sortie par l’attaque d’un gang. L’occasion pour le film de faire preuve de la violence dont il est capable (les impacts de balle sont traités avec un réalisme gore taillé pour l’efficacité), ainsi que quelques petites figures de styles agréables dans le paysage (le panneau « dead end »). Après la mort gratuite du fils aîné, deux thématiques se retrouvent au centre du récit : la frustration de l’échec de la justice (réduite à trouver un accord à l’amiable avec la défense) qui va se muer en pulsion de vengeance, et l’impact de la tragédie sur la famille et l’entourage de Nick. Et sur ces deux tableaux, le film se révèle convaincant, alternant l’un et l’autre avec facilité jusqu’à une quatrième et dernière partie sans temps mort qui remplira largement le quota de nihilisme attendu. Death Sentence s’appuie surtout sur Kevin Bacon, sur qui tout s’appuie à tout moment (la scène de douche doit être le seul moment où son personnage craque quelques minutes). Il assiste à l’effondrement progressif de sa famille, et sa vengeance, assez attendue, demeure finalement un point faible du film (la séquence tient plus de l’accident self-défense, mais bon, les conséquences sont les mêmes) avant l’engrenage promis. C’est également l’absence de temps morts qui fait l’efficacité de death sentence, qui enchaîne les étapes en soignant les détails (passé la vengeance et la crise de soulagement/culpabilité, Nick commence à passer à autre chose), avant de lancer la grosse séquence d’action du film. Tournée en caméra à l’épaule et renforcée par un montage efficace, c’est l’immersion complète pendant une quinzaine de minutes, la traque du parking immersive qui se révèle largement efficace. Le début de la spirale qui aboutira tout simplement à la fin du film, au cours de deux autres séquences au même niveau, malgré des idées de mises en scènes parfois discutable (l’échange de coup de feu au travers d’un mur, guère convaincant). Il faut toutefois faire mention d’un personnage secondaire récurrent (que j’ai tendance à considérer comme une erreur) : la policière moralisatrice. Celle qui accompagne Nick tout au long du film, qui déshumanise son agresseur (« c’est une bête sauvage »), qui compatit pour sa frustration en connaissant la vérité, puis qui une fois la guerre engagée vient donner les leçons de morale du code civil. Elle incarne le parfait agent de moralité, qui intervient dans une histoire amorale pour rappeler ce que tout le monde sait déjà, un petit faire-valoir qui se perd de toute façon dans la noirceur de l’intrigue (dont la transformation physique de Bacon demeurera l’un des gros points forts). Pourquoi la faire revenir de façon récurrente, si ce n’est pour agacer notre personnage ? Enfin bon, sa dernière intervention a au moins le mérite d’être utile au drame, et le film de s’achever sur une note bad trip, s’offrant le luxe d’une fin nihiliste et ce qui doit être le film le plus ambitieux de son réalisateur. Un passage plutôt réussi par la case drame/thriller.

 

4,6/6


2007
de James Wan
avec Kevin Bacon, Aisha Tyler

 

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 19:15

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The sacrament est une tentative inattendue de la part de Ti West pour le climat qu’il explore, mais pas très surprenant dans la mesure où il s’attaque toujours à des films d’ambiance qui s’inscrivent chacun dans un genre différent (house of the devil, the inkeepers, cabin fever 2…). Ici, il s’attaque au climat des sectes avec une énergie qui promettait du meilleur dans la bande annonce (après le chiant Martha Marcy May Marlène), et qui laisse finalement dubitatif quand on a le film sous les yeux. Rien à reprocher, et rien de surprenant non plus.

L’histoire : un journaliste apprend que sa sœur est rentrée dans une secte installée en amazonie. Il s’y rend avec deux amis caméramans, espérant à la fois réaliser un reportage dénonciateur et ramener sa sœur avec lui. Mais arrivé sur place, les évènements prennent une autre tournure.

 

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Parfait exemple de film à potentiel taillé pour faire le buzz qui va disparaître dans les prochaines années au milieu des DTV (à moins qu’un distributeur peu frileux le sorte). Il a tous les bons arguments pour traiter son sujet, et a de quoi devenir une honnête référence. Mais tout apparaît dans la bande annonce (aussi, il ne faut pas la voir, car elle synthétise parfaitement le film). Quand un film d’une heure et demie est totalement résumé en 2 minutes… on sait à quoi on a affaire. Du remplissage poli, mais dans les formes. L’immersion dans la secte est réalisée en style documentaire, et la première partie du film s’attache à montrer l’utopie idyllique visée par le Père et les membres qui ont rallié la secte. Le climat est plutôt à l’ouverture d’esprit spirituelle et la dénonciation de la société consumériste. Tout est fait pour montrer les divergences politiques du leader et de ses membres, et leur retraite dans les contrées reculées pour y bâtir un nouvel éden. Les arguments classiques, traités solidement (le fond de la secte est toujours bon), qui commencent à influencer notre journaliste (dont la sœur rayonnante semble s’épanouir au sein de la communauté). Difficile de croire qu’il se laisse endormir avec l’omniprésence de gardes armés et l’isolement total de l’endroit (uniquement accessible par hélicoptère). S’ensuit la découverte de quelques éléments bizarres (les passeports de tous les membres) qui montrent enfin le caractère pernicieux de l’organisation et les visées économiques du gourou. Le véritable temps fort du film n’est pas alors la chasse à l’homme qui en découle, mais le suicide de masse qui est alors organisé, ultime manière de faire disparaître tous les témoins, faisant office de joli coup dans l’estomac. La violence grimpe d’un cran dans ce dernier acte, rendant le danger plus palpable et dynamisant un peu l’histoire. Problème, si on ne s’attendait pas à avoir de surprise, le film n’offre jamais plus que son sujet. La personnalité de nos protagonistes est transparente, les victimes ont un visage sans être particulièrement développées… Le film a réussit à remplir avec des éléments (l’insistance sur la lutte contre le racisme notamment), mais il n’y a rien d’autre que le cadre et une petite ambiance. Pas de surprise, de virtuosité, même pas de rage. Le gourou est bien mis en scène, les portraits sont fonctionnels, et l’approche en caméra à l’épaule paye en enlevant tout caractère divertissant. Mais l’absence de surprise en diminue l’impact, la facture modeste du projet l’empêchant d’acquérir l’ampleur visée. Une limite assez paradoxale, que je résumerais par la grenouille voulant se faire aussi grosse que le bœuf. C’est du made by Ti West, avec ses méthodes, ses moyens et sa modeste réussite (l’absence de prétention est bien voyante).

 

3/6


2013
de Ti West
avec Joe Swanberg, AJ Bowen

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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