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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 20:58

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Avouez que ça fait du bien de retrouver la chronique préférée des ménagères ! De retour pour laver du linge sale et du propre tout mélangé, on ne va pas faire dans la dentelle. Après un arrêt traumatisant (dû à un manque de matière) et une rédemption avec un voyage au Tibet, la machine à laver est cabossée, mais tourne encore. Et c’est donc parti pour un tour.

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=CGW_WjmgpzM


Mon véritable coup de cœur du moment. Carpenter brut est un groupe électro qui se donne une image extrêmement référentielle et cinéphile. Citant Lovecraft dans un album, tournant un clip tarantinesque pour un autre, il n’y a qu’à choisir. En l’occurrence, le clip qui m’a tapé dans l’œil, c’est Le Perv. Un hommage inespéré au slashers des années 80, dont rarement la photographie aura été aussi bien reproduite. Le tout avec une touche de giallo rappellant le style d’un Eventreur de New York, des acteurs particulièrement bien castés, et on obtient un hommage flamboyant, fonctionnant sur le vintage des boîtes de danse et de stretching, et s’accordant particulièrement bien avec la musique du groupe. Un véritable bonheur nostalgique, quelques plans nichon et une mise en scène de classe qui pose très bien l’ambiance.


 

https://www.youtube.com/watch?v=TeBPGwiPxu8

Ceci est un communiqué officiel, j’ai entamé depuis l’année dernière une formation en œnologie, qui devrait me permettre d’arriver à faire du vin correctement. Et évidemment, des noms prestigieux du milieu se retrouvent régulièrement dans les cours, car ceux qui ont réussi sont autant d’exemples à étudier. Et vient le cas du château Yquem. Grand domaine pratiquant la vendange de raisins botrytisés (attaqués par un champignon qui, à un certain degré de maturité, permet d’extraire de grands arômes), ses bouteilles se négocient à plusieurs centaines d’euros. Château Yquem, tu respectes son autorité. Mais quand on jette un coup d’œil à leur vidéo promotionnelle de 2009, difficile de ne pas exploser de rire. Quand on a les moyens de se la péter, on peut faire quelques remarques, mais arrivé à un tel degré de narcissisme bouffi d’autosuffisance, difficile de garder son sérieux.

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=eHnGwDy2y6s

Pour le simple bonheur de troller, voici un buzz de 2010, nous dévoilant les incroyables talents de Jon Lajoie. Tout y est outrancièrement nul, cheap et outrancé, à un point de débilité qui frise le nanar. L’humiliation est volontaire, ses créateurs misant allègrement sur sa stupidité pour marquer. En l’occurrence, après le choc de la découverte, tout type de sentiments s’évanouit passé 2 minutes. Mais en soirée avec des potes bourrés, c’est apparemment génial. A noter que d’autres délires dans le genre ont été produits par les mêmes créateurs, comme Threw it on the ground (où apparaissent Elija Woods et Ryan Reynolds) ou Like a Boss, pour les motivés.

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 16:58

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Xavier Dolan, l’espoir du cinéma LGBT canadien, a bien retenu la leçon de Cannes : même en faisant preuve d’efforts et en ne se mettant pas devant la caméra, on continue de critiquer son nombrillisme. Hostie de tabernac ! Ben je vais reprendre le rôle principal, je m’occupe du montage, de la traduction, des dialogues, des costumes, de la production, de la bande annonce et du dossier de presse ! Quitte à me faire critiquer par toujours les mêmes, au moins j’assumerai le film sur mes épaules et je ferai MON film. Un petit essai sous forme de thriller qui prend d’ailleurs un peu ses distances avec la vie personnelle de son créateur.

L’histoire : Tom revient dans la famille de son défunt petit ami Guillaume pour assister à ses funérailles. Une fois arrivé, il découvre l’étrange manège de Francis, le frère de son amant, qui tente par tous les moyens de cacher la vérité à sa mère sur son frangin. Commence alors un étrange jeu d’humiliation.

 

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L’effort d’innovation de Dolan vient surtout du ton qu’il donne à son histoire, puisqu’il s’essaye au thriller psychologique en cadre campagnard, où l’isolement de la ferme des Longchamp sera le principal obstacle à son départ, car on s’en doute, le séjour chez nos amies les vaches va durer un peu plus longtemps que prévue. Mais de quelle façon Xavier procède-t-il ? Tout d’abord par un jeu de pression contenant beaucoup d’intimidation, le visage du frère restant caché à l’inverse de son corps musculeux régulièrement exposé pour intimider Tom et le plier au jeu du mensonge qui s’est installé autour de la mère, isolée dans la ferme et dont tous les contacts sont gérés par le filtre de la brutalité de Francis. Car Francis n’aime pas que sa mère soit déçue, ça non, il ne le supporte pas, et sa tristesse, c’est pareil. Autant dire qu’avec l’enterrement, Francis est remonté comme un mulet et ne veut aucune mauvaise surprise. Mauvaises surprises qui ne tardent évidemment pas à arriver avec le tempérament un poil rebelle de Tom (induit par son blouson en cuir assez mal choisi), ainsi que par les pressions inattendues qui s’acharnent d’un coup sur sa personne, surtout après une messe dont le climat rappelle celle jadis évoquée par Jean Louis Trintignant dans l'Amour de Haneke. Il y a un climat de Psychose dans ce premier acte, qui passe néanmoins par quelques moments de bravoure sentimentaux (la séquence des toilettes, la déclaration via Sarah), où la proximité avec le personnage de Tom est réussie. L’utilisation du personnage de Sarah, initialement vécue comme une brimade psychologique devant frustrer davantage Tom (vengeance de Francis sur l’être qui a détourné son frère de la « Famille ») se mue en confession déguisée, apte à faire toutes les déclarations (l’hilarante évocation de détails sexuels salaces). Et cette évolution des rapports de force commence à prendre de l’épaisseur quand s’installe une étrange relation entre Francis et Tom. Francis, tout en gardant le côté bête de ferme rustique, tente ouvertement des rapprochements ambigus, sans cesse contrebalancés par ses sautes d’humeur et accès de violence (la meilleure scène doit être celle de la danse). Quant à Tom, il s’entête à rester, faisant toujours preuve d’effronteries à l’égard des brimades de Francis, jusqu’à la dérouillée attendue (espérée ?). Le film essaye de viser quelque chose par ces rapports, à savoir le visage très laid de l’amour des êtres battus (ici dans un contexte homo, mais le parallèle est évident avec les femmes battues qui continuent de rester auprès de leur conjoint parce qu’elles savent au moins à quoi s’attendre avec eux). Matière potentiellement riche et fertile, surtout avec la mise en scène élégante de sieur Dolan. Hélas, le film ne cultive jamais assez d’enjeux pour complexifier ses protagonistes. Le sujet est là, mais il aurait fallu rajouter nombre de détails pour souligner ce rapprochement inattendu. En lieu de cela, on a de petits effets de style inutiles, comme ce resserrement du cadre pendant les scènes de traques, où nous passons du beau 16/9ème au format scope, qui souligne alors combien le style de Dolan est inadapté à ce format (un scope en caméra à l’épaule, rien de plus gerbant et de mal cadré).

 

L’interprète de Francis est pourtant admirablement bon, parfaite combinaison du fermier viril plutôt beau (jolie hétérochromie oculaire) jouant sur la menace physique directe qu’il provoque. Une variante de Calvaire avec quelques pointes d’humour, mais sans l’absurde ni la violence glauque. Le problème, il arrive surtout au deuxième tiers, quand débarque ladite Sarah, une collègue de bureau de Tom sensée jouer la femme de Guillaume. Si le début est tendu comme il le faut en annonçant un peu de violence, le comportement de Tom perd alors de sa cohérence (ses bredouillements sur le vrai qu’il ressent en travaillant de ses mains, absolument pas convaincant). Alors que la scène de strangulation ouvrait d’excellentes possibilités, le film a décidé de s’arrêter là, et dès ce moment précis, c’est du surplace. Aucune des questions intéressantes (finalement, qui était Guillaume ? Comment la mère prend-t-elle les évènements ? Pourquoi tout cela ?) ne trouve de conclusion, et la fuite arrivant comme un cheveux sur la soupe (une pelle ?) montre clairement que Xavier renonce à apporter une véritable fin à son histoire. Certes, il est hyper beau, son générique, ça claque de la couleur et la bande son envoie aussi, mais qu’est-ce qu’il voulait souligner au final ? C’est intéressant, l’amour sous les coups, mais faut en donner un peu plus pour dire qu’on traite le sujet. Au moins, malgré l’évidence pendant les séquences d’humiliations (où le regard de Dolan est à mi-chemin entre la soumission et l’effronterie qui en redemande), on passe à côté du cliché de la tarlouze qui aime prendre des claques, plutôt un bon point pour un pareil sujet. Mais pour rendre son poulain attractif, il aurait fallu davantage l’enrober. Mais comme toujours, la prestation des acteurs, l’inattendu jeu de thriller et la bonne facture technique en font un film plutôt agréable à regarder.

 

3/6


2014
de Xavier Dolan
avec Xavier Dolan, Pierre-Yves Cardinal

 

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 16:49

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L’ultime souper est une comédie des années 90 qui reste complètement dans l’oubli aujourd’hui. Brassant une foule d’acteurs en fonctionnant sur le principe de la colloc à la Friends, il ne cache pas ses influences très télévisuelles et son humour premier degré par des dialogues caustiques. Et pourtant, il se propulse dans une audacieuse catégorie de second degré quand il décide d’amorcer la farce cynique sur fond de politique. Commence alors un film aussi stimulant qu’agaçant.

Cinq jeunes adultes invitent un soir pour un dîner un camionneur louche. Au cours du dîner, une dispute politique éclate, au cours de laquelle le camionneur est tué. Décidant de camoufler le corps façon Souviens-toi l’été dernier, ils décident de remettre ça, en invitant des représentants d’association politiques extrêmes.

 

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On tient ici le défouloir de la gauche "humaniste" façon God Bless America, rien de moins ! Je ne m’attendais absolument pas à ce programme en commençant le film, autant dire qu’il m’a sacrément surpris. Rarement un objet de divertissement grinçant se sera révélé aussi politique, surtout au cours de la décennie 90. Il est assez intéressant de noter que le film cherche d’un certain côté la confrontation des points de vue, au cours du premier dîner mettant en face un vétéran devenu conducteur de camion avec des petits étudiants dans divers secteurs d’études (une façon comme une autre de balayer différentes couches de la société). Autant dire qu’avec des dialogues pas piqués des vers qui dégénèrent en confrontation à l’arme blanche, on est servi question politique sans concession. Jusqu’à ce que l’un des étudiants, devant le comportement agressif et intolérant du routier (un Bill Paxton bluffant), le poignarde. C’est alors avec un cynisme monstrueux que le groupe d’étudiants commence à s’organiser, se convaincant mutuellement de la légitimité de leur acte, et en faisant un combat politique. Combat qu’ils décident alors de réitérer sur d’autres militants extrêmes. Si le point de départ était tout simplement excellent et propice à une comédie de bon aloi (où un peu de réflexion ne ferait pas de mal), on entame alors le développement, hélas bien inférieur aux promesses annoncées. L’ultime souper peut brouiller un peu les pistes (les membres de gauche qui tuent leurs adversaires, une façon de les remettre en face du fascisme qu'ils dénoncent), mais il semble plutôt de gauche, et l’assume d'ailleurs (malgré le cynisme de ses étudiants (atténuant les exécutions et marquant bien l’aspect comique du projet), le fond est largement d’accord avec eux, et partage leur jubilation à chaque exécution). Mais il ne se confronte qu’à des positions extrêmes, où leur attitude est « admissible » sans la moindre prise de risque (le curé homophobe au possible, l’industriel crachant sur les écolos, la vieille rombière anti-avortement, le mysogine qui tente de rester politiquement correct…). Les positions sont claires, le débat est stérile (les invités sont toujours convaincus, et donc irrécupérables), et les mises à mort tolérable. La comédie permet cette légèreté, mais le fond tient du catalogue de cliché sans la moindre ambigüité. Difficile de prétendre faire de la politique dans ces conditions, malgré le second degré caustique de certains dialogues. Le film le sent d’ailleurs au bout d’un moment, montrant alors nos étudiants aimant souligner (avant le coup fatal) l’intolérance beauf de leurs interlocuteurs, dans un élan de cynisme bienvenu. Mais passé cette étape salutaire (dans une farce politique, mieux vaut éviter que tout le monde soit sérieux sous peine d’être scrutée avec plus d’attention), les étudiants invitent une catho coincée de 17 ans qui intente un procès à son lycée pour l’avoir obligé à assister à des cours d’éducation sexuelle. Malgré le radicalisme de sa position, elle est épargnée pour son jeune âge et simplement renvoyée. Il y a quelques étapes, mais c’est basiquement cela. Pourquoi un tel revirement ? Le fait est que, peu à peu, le film est en train de redevenir sérieux et de faire réellement de la politique, en oubliant la comédie. C’est une manœuvre qui ne passe pas vraiment inaperçue, à la fois dommageable (le sérieux actuel marque du coup la démagogie des partis pris jusqu’à lors) et salutaire au film (qui se confronte maintenant à des débats qui relèvent le niveau). Car arrive alors en scène le meilleur personnage du film, incarné par le majestueux Ron Perlman. Si ses interventions télés se révélaient être un régal de cynisme et d’hypocrisie politique (le personnage passant son temps à recycler d’énormes clichés), on découvre un homme posé et calculateur, se disant conscient de la radicalité de ses prises de position (utilisées pour faire de l’audimat) alors que ses opinions réelles se trouvent finalement très centrées. Sa théorie consiste à dire que si les extrêmes font parler d’eux, la majorité se situe clairement davantage vers le centre et a tendance à se modérer (et donc qu’il contribue, par ses actions critiques, à modérer la société (un baratin facilement destructible, mais convaincant dans le ton)). En confrontant enfin un personnage intelligent au groupe, les opinions divergent, et l’exécution prévue ressemble alors à un vote de démocratie. Le climax politique parfait, et d’une ambition vraiment inattendue pour un film de ce calibre. La figure d’Hitler étant revenue à plusieurs reprises dans les débats, le film fonde sa conclusion sur le fait que beaucoup de gens sont des suiveurs, et qu’ils se rallient à des individus qu’ils trouvent charismatiques et sur lesquels ils calquent leurs idées. Une façon comme une autre de dire qu’Hitler s’était appuyé sur la masse pour émerger, et que la politique fonctionne toujours un peu de cette façon aujourd’hui. Une mise en garde de gauche contre les opinions extrêmes donc, qui prévient de l’intelligence des bonimenteurs utilisant les lieux communs avec du politiquement incorrects pour récolter soutien, confiance, tout en semant le trouble chez les partis adverses. Le propos était ambitieux, et le constat facile à comprendre. Malheureusement, le comique initial avait d’autres visées, faisant au final un film inégal. La modestie du projet rajoute à cela le modeste jeu d’acteur (digne d’une série télé) et un visuel de petite envergure (une faiblesse technique à mettre sur le compte de sa modestie. Toutefois, le film se révèle surprenant dans son ton résolument politique, qui apporte un peu de fraîcheur à la comédie noire promise. Une curiosité trouvable sur youtube.

 

3,1/6


1995
de Stacy Title
avec Cameron Diaz, Ron Eldard

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 17:24

Affiche-du-film-Noe.jpg

 

Noé n’est pas le film qu’on attendait. La bande annonce le cachait, laissant les gros arguments épiques et les symboles bibliques parler pour lui. Ainsi, tout le monde attendait le retour de la fresque biblique façon Les 10 commandements, avec le poids massif des effets spéciaux et d’un casting massif (Crowe, Connelly, Hopkins, Winston…). Et bien on s’est bien planté, c’est un film pré-apocalyptique, à forte connotation théologique et carrément épique.

L’histoire : La descendance de Caïen, fils d’adam, a épuisé les ressources terrestres avec des villes industrielles et exterminé les veilleurs, des anges déchus errant sur terre et enfermés dans des corps de pierre. Noé, dernier descendant de la lignée d’Abel, voit en songe la fin du monde, et emmène sa famille en lieu sûr.

 

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« Au commencement, il y avait l’Eden » Ah ouais, ça claque ! « Succombant à la tentation, Adam et Eve furent chassés du paradis. » Les cuivres tonnent. Ca claque ! « Caien, fils d’Adam, tua son frère Abel, avant de fuir à l’Est. » Ca va chier ! « Et la descendance de Caien pilla la terre avec des citées industrielles et extermina les Veilleurs, des anges déchus venus sur Terre pour les secourir. » … What the fuck ? C’est dès l’intro qu’on sait qu’on ne va pas voir le film attendu. Et pourtant, on n’est pas déçu, juste gentiment surpris. On délaisse le côté strictement religieux pour donner dans l’aventure où des éléments cosmiques sont à l’œuvre, mais en gardant finalement un ton assez proche du conte. C’est un film kitsch sobre, qui assume ses partis pris esthétiques et qui veut avant tout réaliser un beau voyage, tout en s’inspirant très librement des fondements des principales religions monothéistes. Dès le départ, le monde des hommes et le concept de société sont perçues comme des plaies, qui ruinent le monde, pillent sans vergogne les ressources et s’entretuent pour se les approprier. Une vision volontairement manichéenne pour justifier l’attitude de Noé, personnage mis à rude épreuve par le Créateur (on évite de dire Dieu, ce qui rajoute le côté finalement très SF de ce film, un peu comme la dernière histoire de Cloud Atlas). La première partie du film, c’est la fuite vers les montagnes, fuite devant les hordes d’hommes rendus affamés par le manque de ressources sur un monde qui se meurt. Un véritable survival, où le danger est présent (gros nombre de morts et quelques blessures gores), mais où l’ambiance biblique et posée empêche toute peur de s’installer (d’où le côté fable humaine). Puis les veilleurs entrent en jeu, et là, on sait qu’on met les pieds en plein fantastique. Des créatures, des miracles, des déserts de cendres jalonnés de cadavres… La splendeur kitsch du film et de ses effets ravira tous les amateurs d’aventure à l’ancienne, qui trouve encore une façon de s’émerveiller devant l’ingénuité. Enfin, je suis gentil de dire ingénuité, car le fond humaniste du film est assez naïf (le monde il est méchant mais on y trouve de la gentillesse, ponctuellement). C’est la naïveté de ce ton, ainsi que l’ambiance extrêmement posée du style de Aronofski (on clairement ici dans la mouvance de son sublime The Fountain), qui font à la fois le charme et le défaut du film. En effet, difficile de se sentir vraiment menacé dans un climat aussi kitsch, ni devant des messages aussi simples sur le monde. C’est bienveillant, mais un peu trop sommaire pour qu’on soit autre chose de diverti. Néanmoins, la fascination d’Aronofski pour les symboliques permet de faire quelques parallèles très beaux et stimulants pour l’esprit, et son esthétique peaufinée enchantent littéralement la plongée dans ce monde mourant au seuil de l’apocalypse. On a même quelques tableaux marquants, comme l’infiltration de Noé dans un bidonville humain, portrait du cancer de la Terre asséné avec un sens aigu de la symbolique (je n’ai pas senti une telle densité depuis les films de Mel Gibson (Apocalypto notamment, la Passion dans une moindre mesure)). Des visions marquantes, et des tableaux très agréables pour la rétine (d’autant plus que l’arche devient un dortoir confortable et douillet, grouillant de vie et havre de paix quand les éléments se déchaîneront au dehors. La sensation de sécurité atténue le souffle épique, et empêche donc une implication en profondeur du public. Toutefois, le cas de Cham, fils de Noé désirant trouver une épouse, permet de planter les prémisses de ce qui sera le cœur noir du récit. Le troisième acte du film (après l’exil et la construction) plante un contexte bien plus sombre, Noé révélant clairement son projet de sauver les innocents (animaux) et d’exterminer toute la race humaine, jusqu’à sa propre lignée. Une sorte de Shining, avec un survivant extérieur introduisant la discorde et flattant les bas instincts, incarnant clairement les valeurs humaines les plus sombres possibles. Pas de spoilers, mais cette tournure inattendue permet de pimenter le récit en réservant quelques surprises au spectateur. Néanmoins, le constat positif ne sera pas clément avec tout le monde. Anthony Hopkins fait clairement office de papy gâteau assez gênant (« tu veux une tasse de thé ? »), Emma Watson s’affole des hormones après un joli jeu de focale branche morte-branche fertile (un élément déterminant pour la suite du film), Noé sombre dans l’alcoolisme… Des éléments un peu gênants qui alourdissent ponctuellement un récit plutôt humble malgré l’échelle cosmique des éléments à l’œuvre (l’eau, le feu, la terre, seul l’air semble avoir été oublié). Au final, le film est suffisamment beau (magnifiques paysages) pour justifier le visionnage en salle, et se laisser bercer par un conte à l’ancienne, adulte dans sa violence, mais jeune dans ses émotions.

 

4/6


2014
de Darren Aronofsky
avec Russell Crowe, Jennifer Connelly

 

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 17:01

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La crème de la crème est le nouveau film de Kim Chapiron. Après le surprenant Sheitan et le poignant Dog Pound, le réal des cités s’intéresse au contexte des écoles de commerce, qu’il attaque sous l’angle de la comédie. Il réussit d’autant mieux le périlleux exercice qu’il parvient à emporter l’adhésion des populations étudiantes (votre rédacteur a bien rigolé) que du public adulte, en s’offrant une immersion réaliste et plus fine que prévue de la vie et des préoccupations des étudiant(e)s.

L’histoire : trois étudiants en école de commerce, désireux d’aider un de leurs amis à se caser, recrutent une caissière pour lui servir d’escort-girl durant une soirée, histoire de casser son image de puceau. Le procédé est si efficace que bientôt, d’autres étudiants viennent leur demander de bénéficier du même traitement contre rétribution.

 

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Succès à la fois inattendu (un teen movie français) et prévisible (Kim Chapiron), La crème de la crème réussit le joli tour de force de la peinture générationnelle avec une certaine réussite, qui passe par sa vision plutôt objective du milieu (les puceaux comme les dragueurs sont traités sur un pied d’égalité). C’est surtout par l’utilisation de détails que le film bâtit son capital sympathie, en pensant par exemple à mettre tout le temps en cours un étudiant qui joue sur son ordinateur, en faisant beaucoup de références au milieu étudiant (les affiches des soirées), et en s’intéressant à des enjeux essentiellement sentimentaux sous un angle enfin immersif pour le public. On se fout des histoires de culs des beaux gosses de la promo, en revanche le décryptage du « système » des étudiants en éco, gentiment iconoclaste, parvient à plutôt bien planter les enjeux et à introduire nos personnages. Le versaillais bien implanté dans le BDE, le hors-système laissé à l’abandon et la novice peu influençable. S’enclenche alors l’intrigue, innocente en apparence (les filles embauchées ne sont sensées rester que pour briser l’image de leur étudiant), qui finit par prendre de belles proportions quand l’entreprise se développe (avec l’arrivée des écoles d’ingénieur, occasion de généraliser le propos à une bonne partie du système étudiant). Et évidemment, le film ne manque pas de capter les interactions sentimentales qui animent notre groupe, des relations d’amitiés à la cure psychologique en passant par l’amour naissant. Mais la fraîcheur de ton et les bonnes prestations des jeunes acteurs parviennent avec aisance à élever le niveau, et à divertir avec notre trio. A cela s’ajoute un humour léger, aux débordements parfois trash (l’ouverture avec film porno sur télé 3D), et que la sincérité rend immédiatement attachant. La proximité faisant la force du cinéma générationnel, on tient donc ici un honorable représentant de sa catégorie, qui se déconnecte gentiment de la morale pour s’attacher aux soucis étudiants à l’approche du monde du travail en crise. Le retour de bâton final est même éludé au profit du traitement de l’enjeu principal au sein du trio, signe même que l’intérêt se situe ailleurs que dans le postulat de départ. En l’état, avec une magnifique photographie et une peinture de jeunesse réussie, le film atteint allègrement ses objectifs, en affirmant une fois de plus que le traitement d’un bon réal peut redonner un coup de fouet au cinéma français.

 

4,4/6


2014
de Kim Chapiron
avec Thomas Blumenthal, Alice Isaaz

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 16:56

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Le syndrome de Stendhal est un des films qui commence à infléchir les louanges que l’on a toujours témoigné à Dario Argento. Arrivant après un Trauma mitigé, ce syndrome témoigne de réelles ambitions d’innovation de style, à la fois dans l’esthétique mais aussi dans les codes du suspense. Et finalement malgré un gros point négatif, le film parvient à emporter l’adhésion.

L’histoire : une jeune inspectrice sujette au syndrome de stendhal se lance sur la piste d’un serial killer terrorisant Rome.

 

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Sacré revers de la part de Dario, puisqu’on évacue complètement l’esthétique flamboyante qui a fait le succès du maître pour privilégier les décors froids (appartement ou bureau), vides (musées), ou glauques (le squat, la ruelle). Après la fantasmagorie, le réalisme glacial et une focalisation beaucoup plus torturée sur la psychologie de ses personnages. Jusqu’à maintenant, le cinéma de Dario ne complexifiait pas ses protagonistes principaux (qui avaient souvent un caractère ingénu quand ils étaient féminins), mais les faisait évoluer dans un monde changeant, fantasmé (Ténèbres est le seul qui annonce la nouvelle vague argentesque, en prenant à contrepied toutes ces règles). Ici, les fantasmes viennent du personnage même, par l’intermédiaire de crises d’angoisse pendant lesquelles les peintures semblent s’animer, occasionnant quelques hallucinations (incongrue dans le cas du poisson à visage humain, angoissant pendant la période de séquestration). Dario vise les maladies mentales, en raffinant celle de sa protagoniste, et en restant sommaire pour celle de son psychopathe. Le véritable point fort de cette intrigue, c’est qu’on identifie clairement le coupable dès sa première apparition, et le film ayant conscience de sa posture, il entame encore plus vite les hostilités en mettant dès les 20 premières minutes son héroïne à la merci de sa supposée proie. Finie, l’enquête pépère à la Maigret qui plomberont Card player et Le sang des innocents, on est dans la confrontation et quelques truculences gore pas toujours très belles quand Dario expérimente (le très laid plan numérique de balle traversant une mâchoire). Passé ces scories, la violence est sale et un certain jusqu’auboutisme permet clairement au film de trouver une intensité qui a largement de quoi tenir en haleine. En cela, la première heure du film est une réussite, l’intrigue est resserrée, proche de ses protagonistes et suffisamment original pour continuer à apprécier le style du maître. Malheureusement, une fois la trame principale achevée (vers 1h10), le film dure encore pendant… 40 minutes. Ouch. Et là, le vide commence à se faire sentir. En comparaison de la hargne qui habitait la première partie du film, cette seconde moitié traîne la patte. Le film s’appuie alors totalement sur Asia Argento, et malheureusement, son jeu ne se révèle pas toujours à la hauteur (délicat de transformer une victime psychotique en prédatrice féérique). Car c’est pendant cette phase que le film tente une métamorphose, qu’on n’attendait pas, mais qui rate un peu le coche en rallongeant bien trop la sauce. Bien dommage au vu de l’idée, mais le handicap est là. Néanmoins, malgré cette déconvenue, le sentiment global est bon, et Dario ne s’est clairement pas laissé aller à la facilité, en soignant toujours sa mise en scène (l’art de blesser son héroïne dès l’introduction, à la fois physiquement et psychologiquement) et en aimant ses protagonistes (si les motivations du psychopathe restent sommaires, sa mise en scène est jouissive d’efficacité). Malgré les failles qui apparaissent dans ses fondations, l’édifice est encore assez imposant pour justifier la visite, et laisser les tableaux du maître prendre vie.

 

4,5/6

 


1996
de Dario Argento
avec Asia Argento, Thomas Kretschmann

 

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 16:50

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Pleine lune est un film de loup garou qui n’a jamais été édité en dvd en France (en revanche, la VHS s’échange encore entre collectionneurs). Une belle injustice quand on voit le premier degré et les ambitions inattendues de cette série B sans prétentions, qui ose innover en plaçant l’intérêt ailleurs que dans la découverte de l’identité du loup garou. Un vrai bol de fraîcheur pour le genre, qui s’offre en prime un lycanthrope de belle carrure.

L’histoire : pendant une expédition en forêt tropicale, un couple de chercheurs est agressé par un animal sauvage. Si la femme meurt dévorée par le monstre, son époux parvient à l’abattre. De retour en Amérique, l’homme découvre qu’il est frappé d’une malédiction lycanthrope.

 

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Ah, merci le scénariste ! Merci d’enfin nous proposer une histoire  qui nous donne direct l’identité du lycanthrope, et qui place son intérêt ailleurs. En l’occurrence, une fois rentré dans son état natal, notre homme vit en hermite, perdu dans une forêt où il tente de vivre ses crises de transformation en faisant le moins de dégâts possibles. Mais les morts s’accumulent, et bientôt, il est contraint de fuir la police, et se réfugie chez sa sœur, mère célibataire d’un petit gamin blond (celui qui joue Denis La Malice ^^ habile carrière, le petit !). Mais leur chien flaire l’entourloupe, et se comporte de plus en plus bizarrement en présence de l’oncle. Une ambition inattendue de traiter l’animal comme un personnage central du récit, impliquant un dressement au poil de la bête, qui s’acquitte de son rôle avec un charisme qui n’a rien à envier au Lassie de notre enfance. L’angoisse n’est plus la menace invisible qui rôde, elle est omniprésente ici. Si le film s’accorde (hélas) une gestion temporelle discutable en resserrant les périodes de pleine lune au montage (les mois ont l’air de s’écouler en 2 ou 3 jours), il va à l’essentiel, en s’offrant déjà les moyens de ses ambitions. Il est d’ailleurs probable que leur loup-garou soit basé sur les travaux de Rob Bottin, tant son impact est efficace (malgré la scène de transformation qui a vieillie, la faute à des morphings pas très jolis qui font datés). Les enjeux sont limpides, l’aspect malédiction est bien rendu, et surtout, le suspense parvient à payer, de même que l’impact émotionnel. Il est rare qu’une série B d’horreur nostalgique (le film fait très années 80) parvienne à émouvoir (d’ailleurs, les clichés sont légion ici, à commencer par le jubilatoire vendeur de porte-à-porte tentant inévitablement d’arnaquer et d’intimider les gens qu’il croise, victime idéale désignée d’office), et Pleine Lune y arrive de temps à autre (le chien emmené à la fourrière, la culpabilité du loup garou), par l’intermédiaire d’une certaine subtilité du traitement des personnages. Après, l’intrigue en elle-même ne l’est pas (les ingrédients sont minimalistes), mais son postulat original lui assure au moins une certaine part de surprise, et quelques petits effets gores minimalistes, appuyant les apparitions impressionnantes du monstre, donnent assez de poids au film pour y prendre un authentique plaisir cinéphile. Le plaisir nostalgique, allié à la découverte méconnue, ce sont les ingrédients parfaits pour la petite soirée fantastique honnête.

 

4/6


1998
de Fredi M. Murer
avec Hanspeter Müller, Lilo Baur

 

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 14:00

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Captain America est l’un de mes Marvel préféré (impossible d’égaler Spiderman de Raimi). En prenant le ton du divertissement à l’ancienne avec une reconstitution d’époque anachronique et en nous offrant des méchants classes (les nazis dans des uniformes impeccables), nous avions droit à un affrontement à l’ancienne et à un numéro plutôt au point (et surtout un esprit héroïque sincère, avec un dosage appréciable d’humour et de bonne ambiance). Dans cette suite, Avengers est déjà passé. Il faut donc pousser les enchères un peu plus loin, tout en faisant évoluer le captain dans le monde d’aujourd’hui. En résulte un film un peu laborieux, qui compense la lourdeur de son script par de bonnes scènes d’action.

L’histoire : lors d’une mission de neutralisation de prise d’otages, Captain America se rend compte que certains de ses coéquipiers étaient chargés d’une mission de récupération de données parallèle. Il est alors mis au courant d’un projet de mise en place de plate forme armée en cours de construction pour l’élimination de menaces éventuelles.

 

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Ah, le monde d’aujourd’hui n’est plus très sûr… Les amis d’aujourd’hui seront-ils les ennemis de demain ? Qui est encore franc et qui magouille pour son compte ? Et contre qui tout cela va se retourner ? Brouiller les pistes et cacher le visage de l’ennemi (au moins pendant la première demi-heure), c’est le moyen infaillible de faire croire qu’on est intelligent et qu’on peut faire un divertissement moderne (regardez les succès : The dark knight rises, Skyfall, Star Trek into darkness, Iron Man 3…). Du coup, si on se lance dans une piste pareille, c’est le jackpot assuré ! On dira qu’on est un peu dark, et comme de toute façon on donne des éléments nécessaires à la compréhension des autres films, tout le monde va venir. Mais faut pas non plus se leurrer, derrière le discours sur la prédiction et l’anticipation de la menace, il y a un truc qui couve, c’est le fascisme… Et quand le fascisme est là, les nazis ne sont jamais bien loin, avec leurs uniformes, leurs bottes impeccablement cirées et leurs croix gammées en argent étincelant… Si le captain est de retour, et que son charisme n’a pas souffert de la modernisation de son costume (les aficionados auront droit à l’acte final avec la tenue rétro), l’intrigue dans laquelle il se dépêtre ne surprendra pas le moindre instant le spectateur.

 

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SPOILERS INSIDE !!

La fake mort de Samuel Lee Jackson (grosse étape de nullité qu’on savait déjà faire partie du programme), la résurrection de Hydra via un tour de passe passe historique, le discours complètement ridicule sur le fascisme où le film ne comprend visiblement pas de quelle manière c’est dangereux, mais juste que c’est pas bien d’avoir un truc qui tire des lasers en orbite piloté par une organisation dont personne n’a le contrôle (mais vraiment personne, à croire que c’est Skynet en fait).

FIN DES SPOILERS

 

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Autant d’exemples qui montrent combien la logique et la cohérence (même dans un univers héroïque) sont éclipsées pour être finalement cantonnées à des enjeux très limités, où la vision du spectateur est cloîtrée dans la fenêtre des 10 prochaines minutes. Assez rageant vu l’ampleur du phénomène visé par le scénario, et assez atterrant quand on entend la réponse de l'agent Romanoff pour le fin mot de l'histoire devant la commission d'enquête. Mais comme on est dans un divertissement, pas le droit de critiquer. Heureusement, le duo des frères Russo se révèle plutôt efficace dans la gestion de ses scènes d’action, offrant quelques jolies fusillades en milieu urbain et quelques dantesques explosions pour rythmer ces deux heures dix d’investigation en terrain trouble. Quelques cabotinages feront rire par ci par là (amusant Robert Redford


SPOILERS

dont la culpabilité est immédiatement révélée quand il mentionne ses états de service (et quand on sait aussi qu’il change de bonne toutes les semaines)),

FIN DES SPOILERS

 

et finalement, on s’amuse gentiment de ces bastons de chocs entre le captain et ce soldat de l’hivers dont l’identité sera bien évidemment dévoilée, histoire de faire une bonne petite mythologie (en revanche, on pourrait m’expliquer ce que fout l’étoile rouge de la mère Patrie russe sur son bras ?). Bref, sans retrouver un instant le charme initial de son prédécesseur, l’action fait le boulot, gentiment, et le fascisme, c’est mal. Pour ma part, la jubilation a résidé dans la séquence post générique, où on nous ressort enfin les nazis de bonne famille avec l’accent allemand et du « herr dorctorrrr ! » (je balançais de mon côté dans la salle du « ya wolk her guénéral ! », le pote fan de Marvel a fait comme si il ne me connaissait pas). Faut pas nous la faire à nous, on sait que les nazis sont toujours derrière tout ça, et qu’ils reviendront encore pour contrôler le monde ! Tremble, Amérique, les allemands n’ont pas dit leur dernier mot ! Merkel est à la solde de la loge occulte de Thulé, et ils réveilleront Cthulhu pour prouver leur puissance au monde ! Et là… on suppliera Poutine de venir nous filer un coup de main…

 

3/6


2014
de Anthony Russo, Joe Russo
avec Chris Evans, Scarlett Johansson


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Le vrai soldat de l'hivers...

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 13:54

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Le talentueux Mr Ripley est un drame ayant raflé un joli nombre de récompenses en 2005, en ayant la particularité d’axer son portrait sur une élégante forme de personnalité, constamment dépendante de ceux qui l’entourent, et que les intentions strictement empathiques de départ finissent par transformer en une sorte de vampire de personnalité, maquillé sous des airs de thrillers identitaires.

L’histoire : Tom Ripley au cours d’un concert où il usurpait l’identité d’un autre élève, se voit confier une mission par une riche famille : retrouver leur fils millionnaire Dickie Greenleaf, qui refuse de repartir d’Europe, où il mène une vie aventureuse avec sa fiancée.

 

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Il est vraiment très intéressant de se pencher sur le cas du Talentueux Mr Ripley, car c’est un immense portrait qui en est fait, légèrement biaisé, mais redoutablement précis de son personnage central. Tout s’articule autour de lui, et son principal trait de caractère est finalement de vivre entièrement par les autres, essentiellement par les personnages masculins qui l’entourent. C’est une sorte d’homosexualité complètement désexualisée (tout a été évacué à ce niveau), où Tom étudie les personnalités qui l’entourent et cherche à se formater pour faire fonctionner au mieux les relations qu’il entretient avec ladite personne. Ici, l’idée est poussée à l’extrême, avec le suivi incroyablement détaillé de sa relation avec Dickie Greenleaf. Il se fabrique une passion pour le Jazz afin de se rapprocher artificiellement de Dickie, et se livre totalement à lui, révélant au grand jour son attachement violent à sa personne. Ce qui gêne à la longue ceux qui l’entourent, car ils se sentent prisonniers de cet attachement, lentement consommés par ce beau Tom Ripley qui les singe avec talent, agissant comme un miroir et leur renvoyant ce que lui-même voit. Aussi, quand survient la douleur des disputes et de l’éloignement, il n’a à leur reprocher que leur désintérêt des autres, qu’il assimile à une forme d’égoïsme. Tom Ripley refuse totalement la vie telle qu’elle se déroule, l’impossibilité de la figer, et donc ressent avec cruauté chaque éloignement comme une défaite majeure. Là où le film passe un cap, c’est dans l’usurpation d’identité. Passé le meurtre, le film se transforme en jeu de rôle où Tom jongle avec différentes identités, et où le film s’articule alors comme un thriller sur le fil du rasoir (la moindre erreur pouvant faire effondrer le mensonge comme un jeu de carte). Car finalement, c’est un film sur le mensonge à grande échelle. Tom Ripley est un menteur né qui ne semble vivre que pour vampiriser ceux qui l’entourent, et s’y attacher comme du lierre autour d’un arbre. En cela, je trouve l’angle de vision du film un peu biaisé, par si les effusions sentimentales sont sincères, Tom Ripley est bien un monstre, dans sa tragédie car il l’ignore, et que son entière personnalité semble vouée à faire le mal en souhaitant amour et fusion mentale. Tom Ripley (dont le nom ne prête pas à confusion), c’est le phagocytage total d’une personnalité, quelqu’un qui n’emporte rien de personnel dans la vie (les goûts de son intérieur quand il réaménage les lieux sous l’identité de Dickie) pour chercher la nourriture spirituelle dont il se repaitra quelques temps. Mais chaque relation est vécue puissance 10, sans le moindre recul ni regret. C’est indéniablement ce qui fait la force du film, cette proximité avec le personnage et son ressenti sincère, un magnifique exemple de portrait, à la fois psychologique et émotionnel. En rajoutant à cela une splendide direction artistique et de belles séquences de cinéma (le morceau de Jazz, l’escale en voilier glauque), Le talentueux mr Ridley a mérité son statut d’œuvre incontournable, démontrant une nouvelle fois les talents d’acteur de Matt Dammon.

 

5/6


1999
de Anthony Minghella
avec Matt Damon, Jude Law

 

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 18:23

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Paul Schrader à nouveau avec un cru connu et pourtant mésestimé : American Gigolo. Toujours sous l’angle du drame mâtiné d’un soupçon de trash, Paul décrypte ce qu’il adore mettre en valeur avec ses personnages, à savoir les impacts psychologiques de l’extérieur sur leur comportement, et leur façon d’y répondre. La thématique qui revient régulièrement au cours de sa carrière reste la sexualité, ici plutôt à l’avant puisque c’est la profession de notre protagoniste principal. En découle une enquête policière laborieuse qui met en valeur d’intéressants comportements sociaux.

L’histoire : Julian est un prostitué de luxe, qui tient compagnie aux dames de la haute société de passage à Los Angeles. Il est rapidement impliqué dans un meurtre, une de ses récentes clientes étant retrouvée assassinée.

 

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Sur un postulat classique, Paul Schrader nous immerge donc dans le quotidien d’un homme-fantasme, jouant subtilement sur ses atouts (il remarque facilement les tics traduisant la solitude et l’envie) pour satisfaire sa clientèle, sans pour autant jamais avouer réellement quel est son métier. En cela, le film se révèle assez subtil, puisqu’il expose ce jeu de séduction implicite qui passe par une façon d’aborder, de se mettre en valeur… Tout est là, avec le culte de l’apparence, l’école du goût et le constant marchandage de ses honoraires avec les macros qui lui offrent les opportunités. Autant dire que le film se devait de s'appuyer sur un acteur faisant tomber les demoiselles en pamoison, et à ce jeu, Richard Gere était un choix rêvé (le film lui permettra d'accéder au grand hollywood avec son bon succès). Parfait dans la peau du garçon à louer, il pressent les envies, et les combleautant que possible. L’essentielle de sa clientèle réclame essentiellement sa compagnie et son bon goût (Julian est d’ailleurs instruit (plusieurs langues à son actif), et désireux de sans cesse perfectionner son impeccable numéro). Et de temps en temps, il est obligé de renoncer à son amour propre (tétanisante séquence où Julian, payé par un mari tortionnaire, se voit ordonner de frapper la femme de ce dernier). L’univers est dépeint, arrive alors le fait divers, et la dégringolade. La suspicion de Julian dans une affaire de meurtre et de vol apporte son lot de retard, de mauvaise publicité et de révélation à la vie publique de laquelle Julian se préservait plus que tout (soignant son image). C’est au cours de cette période que le film se met à exposer son axe secondaire : la jalousie masculine. Si la première partie prédisait la chute de Julian par son trop grand nombre de clientes, c’est la jalousie de leurs maris qui semble davantage à craindre (surtout quand ces derniers sont influents, soit pour l’essentiel de sa clientèle). Le portrait social est clair et sans détours. C’est une autre jalousie masculine que le film s’amuse aussi à révéler : celle des moins chanceux et des moins maniaque du physique, qui envient à Julian son charisme sexuel immédiatement perceptible. Le personnage du commissaire est exactement dans cette position, se servant de son uniforme pour harceler Julian, tout en le cuisinant officieusement sur la façon de s’habiller, en lui demandant de discrets conseils pour améliorer son image. Le dénouement de l’enquête, ainsi que celui de l’histoire en question sont d’un moindre intérêt. C’était dans le script, mais comme on s’en fout, pas de formalité. Reste une splendide photographie et un bon numéro d’acteurs, suffisamment subtils pour souligner la subtilité des comportements humains dans le clientélisme de la compagnie masculine. Assurément un film à garder en mémoire.

 

4,7/6


1980
de Paul Schrader
avec Richard Gere, Lauren Hutton

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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