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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 12:45

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Avec Byzantium, Neil Jordan revient au genre vampirique, avec lequel il avait enfanté du mémorable Entretien avec un vampire. Ici, il est soucieux de se démarquer de son précédent travail, tout en gardant le classicisme qu’il affichait dans son approche du mythe. En résulte un spectacle plutôt équilibré et avec sa propre identité, tout en ménageant quelques effets de surprise qui assurent un bon intérêt à cette aventure fantastique.

L’histoire : Clara et Eleanor, mère et fille ayant abandonné leur âme pour des griffes et une vie éternelle, se font passer pour des sœurs en survivant dans la rue. Alors qu’Eleanor ne tue que ceux qui acceptent de mourir après s’être confiée à eux, Clara se prostitue et se nourrit des rebus de la société…

 

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Ce qui est assez intéressant avec Byzantium, c’est le soin qu’il a mis à faire preuve d’un grand classicisme dans sa mise en scène et dans la caractérisation de ses personnages. Ses approches sont claires, l’arrivée des thématiques concernant chacune de nos vampires limpides (besoin de se confier pour l’une, nécessité de se cacher pour l’autre), et l’esthétique très différente de celle d’Entretien avec un vampire. A la reconstitution d’époque se substitue une esthétique très géométrique, très axée sur la symétrie (affirmant le classicisme aussi dans la forme), et une recherche esthétique assez variée question couleur. Une certaine hétérogénéité des différents lieux parcourus (le byzantium, la fête foraine, la promenade, le sanctuaire…) assure le dépaysement, et les nombreux détails que le film se plaît à souligner façonnent un univers dont on découvre les codes, qui s’assimilent sans incohérences. Les vampires n’ont plus de crocs, mais un pouce griffu mortel, et la morsure des buveurs de sang est mortelle pour l’homme lambda. Beaucoup de détails (concernant l’organisation des vampires notamment) et une gestion intéressante du passé de nos héroïnes (narrés par des flashs backs habilement mêlés au récit via des transitions bien étudiées (nouvelle preuve d’une certaine virtuosité de la réalisation)) confèrent de solides qualités qui font le ciment du film, qui trouve un bon équilibre entre le récit de vie de la famille et leur fuite dans le présent. Autre point positif, le film développe tous ce qui s’offre à lui. Les aspirations d’Eleanor à se livrer qui la conduisent à s’attacher à un adolescent torturé et chétif, et le passé de la mère qui lui impose le jeu de mensonge qu’elle mène continuellement et la fuite sans cesse reprise. Sans laisser d’espace, il développe tout d’une traite, et se digère donc comme un projet unique. Enfin, l’ambiance de certaines séquences (l’île du sanctuaire, quasi lovecraftienne, le clinquant des néons côtoyant le glauque de la nuit…) achève de donner de l’ampleur au fantastique, qui joue finalement assez bien sur la surprise et l’imprévisibilité de l’évolution du récit. En somme, c’est le récit classique qui est naturellement original, sans esbrouffe.

Le véritable point négatif de Byzantium, c’est que nous ne nous sentirons jamais très près de nos protagonistes. Nous sommes en mesure de les comprendre, de saisir leurs motivations et donc de « compatir », mais cela n’ira jamais au-delà. Le classicisme a ici le prix d’une certaine désincarnation, une froideur qui implique beaucoup moins (surtout après une (re)découverte comme Morse), avec ce que ça implique. Néanmoins, la rareté de ce genre de projet dans le cinéma actuel et l’échec commercial totalement injuste qui a suivi sa sortie incitent à noter l’effort, et à apprécier les honnêtes qualités d’un film qui a le potentiel d’un petit classique du genre.

 

4,8/6


2012
de Neil Jordan
avec Saoirse Ronan, Gemma Arterton

 

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 12:32

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Morse est un petit film, sorti en 2010 avec un buz très favorable au vu des prix remportés à Gérardmer. Adapté d’un best seller répondant au nom de Laisse moi entrer (titre que reprendra littéralement le remake américain), le film a la particularité de s’attaquer au mythe vampirique sous un angle très respectueux des traditions, en y ajoutant le luxe d’une mise en scène avec des enfants (les personnages principaux étant des gamins de 12 ans). Ce qui était un pari risqué se transforme alors en l’un des films les plus attachants sur le genre vampirique.

L’histoire : Oskar, 12 ans, voit arriver dans son voisinage Eli, jeune enfant accompagné d’un vieil homme. Alors qu’il remplit son temps libre en collectionnant les faits divers policiers et en essuyant les bizutages de ses camarades, il remarque le comportement étrange de sa voisine, avec qui il commence à se rapprocher.

 

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AVERTISSEMENT : CETTE CHRONIQUE SE CONSTRUIT SUR LE POSTULAT QUE LE LECTEUR A DEJA VU LE FILM. SPOILER INSIDE, DONC...

 

Morse n’est pas un film parfait. Il souffre même d’un syndrome d’adaptation ciné assez facilement identifiable, vu qu’il y a fréquemment des scènes qui ont du mal à fonctionner, où le spectacle a l’air de partir dans une direction puis en fait non, ou alors il manque des clefs au spectateur pour qu’il comprenne pleinement ce qui est en train de se passer. D’où cette impression que si le film a gardé la trame principale, il pioche à droite et à gauche des détails sensés enrichir le récit, mais qu’il ne pousse pas jusqu’à leur terme. Morse a du mal à faire éclore certains aspects (l’un des meilleurs exemple doit être l’évolution de la relation entre Oskar et son père, qui passe d’un coup d’heureuses parties de glisse sur glace à des soirées silencieuses où un inconnu rejoint la table et où le dialogue s’interrompt devant un Oskar mortifié : on n’a aucun éléments pour comprendre, seulement le ressenti, juste, mais dans l’incompréhension). C’est la même chose concernant la fameuse nature de Eli (ou plutôt le genre, pour être plus direct, qui semble alimenter une petite polémique qui n’a pas lieu d’être : seul le plan de la mutilation, fugace, l’illustre, et aucune explication quant à l’origine n’est formulée (il a fallu que j’aille lire des articles sur le livre pour apprendre pourquoi Eli est dans cet état)). Le film a balancé un ou deux détails, et ignore complètement le reste (aussi, la connotation gentiment homo n’a pas vraiment lieu d’être, l’ambiguité des phrases « si je n’étais pas une petite fille… » impliquant davantage sa nature vampirique avérée (et source du drame) que son homosexualité). Le film aurait pu développer, mais il a choisi de rester trouble, et n’a finalement pas exploité grand-chose. Mais si il se révèle hésitant dans les pistes à développer autour de son axe principal, la spontanéité des sentiments humains qu’il capte emporte tout. Mieux encore, il évite tous les pièges qui risquaient de miner son déroulement. Abandonnant la sexualité (récurrente chez les vampires, elle est ici évacuée en un dialogue sur le fait de sortir ensemble, qui de part son innocence, la place immédiatement hors contexte) pour lui privilégier le sentiment pur, limitant la violence physique au strict minimum (pas de gore, à l’exception d’un bras et d’une tête en flou arrière plan), respectant à la lettre les codes du genre vampirique sans se rendre lourd, Morse est une merveille de modernisation du mythe vampirique. Et sa soif d’absolu dans la relation qu’il capte entre une victime rageuse et une créature meurtrière est d’une spontanéité qui touche immédiatement. On doit énormément aux deux acteurs enfants, tous deux excellents dans leur interprétation, et dont le rapprochement touche immédiatement le spectateur. Rarement le genre vampirique sera allé aussi loin dans l’intimité, aussi loin dans la sensibilité (et moins dans la sensualité, comme le fit si bien le délicieux Les prédateurs), trouvant dans le fantastique un absolu que tous les romantiques auront rêvé d’atteindre. Devant une telle soif de sentiments, la morale est immédiatement balayée, le quotidien s’estompe, seule compte la présence de l’autre. Enchaînant avec un rythme rapide ses différentes séquences clefs (l’histoire se résume ici à une ou deux petites semaines), le film fait constamment évoluer la relation, sans jamais en perdre la proximité. Dans ce quasi sans faute, seule la scène du pacte de sang fait tâche, trop frontale pour vraiment convaincre. Il aurait fallu davantage développer cette facette chez Oskar. Si son attirance pour la violence est parfaitement justifiée (victime des brimades incessantes de sa classe, ses envies de vengeances sont parfaitement captées et mises en scènes (la scène de l’arbre, tout le monde a vécu cela en se défoulant sur un objet), le mécanisme de violence est limpide), l’envie de vouloir blesser son amour fait un peu désordre. Le film s’accorde une certaine dose de cruauté enfantine (l’entrée dans l’appartement sans permission), mais cette scène sera toujours de trop. Reste que sur le reste, le film trouve un très juste équilibre, dans sa narration, sa manière de filmer et sa mise en scène. Malgré un final pas vraiment réaliste (partir sur les routes à 12 ans, vraiment ?), l’empathie sentimentale suscitée par le film emporte tout avec elle, et le cœur de spectateur avec, palpitant et brûlant. Malgré ses imperfections, probablement un des meilleurs représentants de son espèce…

 

5,3/6


2008
de Tomas Alfredson
avec Kåre Hedebrant, Lina Leandersson

 

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 12:27

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Minuscule est une série pour très jeunes enfants (à partir de 3 ans), que j’ai découvert cette année un peu par hasard (en faisant des recherches sur l’excellent jeu pour enfant Botanicula). Au postulat technologique simple (des personnages numériques incrustés dans des décors réels) s’ajoutait un aspect « fable » extrêmement rafraîchissant, et un univers propice à laisser voguer son imagination, en retrouvant toute la jubilation d’imaginer le monde par les yeux des insectes. Après une première saison de bonne qualité, arrivait la deuxième, moins inspirée, reprenant finalement la formule à succès sans la faire évoluer davantage. Le passage au long métrage marque donc une nouvelle étape, puisque le scénario ne pouvait plus se contenter du format d’une dizaine de minutes utilisé par la série. Le résultat de ce passage est plutôt réussi, sans surprise et ponctué de quelques fautes de goût, mais à la hauteur des attentes.

L’histoire : une jeune coccinelle, séparée de sa famille et ayant perdu sa capacité de voler, se lie d’amitié avec une troupe de fourmis rapportant avec elles une boîte remplie de sucre, excitant la convoitise des Fourmis rouges.

 

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Sur l’esthétique, ce Minuscule d’une heure et demie a bien réussi à recycler son esthétique déjà dévoilée dans la série, et cherche même à embellir ses plans (un très gros travail sur les gros plans et sur la lumière naturelle a été faite pour rendre au mieux les lieux parcourus par les insectes, à leur échelle). En terme de voyage initiatique graphique, l’esthétique de Minuscule est une réussite. On peut également pointer qu’un certain effort sur le charisme des personnages a été fait, dans la présentation très mélo de la coccinelle (ça met toujours la larme à l’œil, le petit nenfant abandonné qui rampe sous la pluie en cherchant ses parents) et dans celle des fourmis noires, qui se révèle un équipage soudé et compétant pour l’aventure promise. La première moitié du film se déroule donc comme un espèce de film d’aventure où nos héros ont le trésor et doivent le rapporter avec eux, tout en le préservant des nombreux dangers qui les entourent. Un classique plutôt sympathiquement adapté (le passage dans la rivière), qui offre une jolie aventure pas très innovante, mais charmante. Ce qui nous mène alors aux points négatifs du film. Déjà, entre nous, je ne supporte pas les gags scatos à base de prout qu’on ressort aux marmots qui se mettent à glousser, donc constater que Minuscule s’abaisse par moments à ce niveau est agaçant. Enfin, Minuscule est sur un remake des Deux tours. Oui, le second opus du seigneur des anneaux. Sans doute que les moins de 6 ans n’y verront que du feu, mais voir un tel pompage, glissé mine de rien parce que c’est un film pour enfant, on ne va pas dire que c’est bien honnête. Dans le genre pompage, c’est qu’on a des plans calqués sur le film de Jackson (les déplacements de l’armée des fourmis rouges, le siège du gouffre de Elm de la fourmilière…), sans qu’il n’y ait plus beaucoup de surprise pour le spectateur adulte. On rajoute à cela un rythme plutôt mou, sans grande surprise. En fait, c’est plutôt l’état d’esprit de Minuscule qui lui permet d’emporter finalement le morceau. Cette glorification d’un quotidien insignifiant qu’on ignore (où un pique nique oublié devient une source de richesse inestimable que tout le monde se met à convoiter), qui filme des tas d’insectes tout mignons avec une empathie ingénue, c’est ce qui fait la fraîcheur et finalement la sympathie du monde créé par la série. S’ajoute à cela un souci technique plutôt bien négocié, et un film qui, sans inventer la poudre, parvient à faire quelques étincelles. On peut supporter quelques scories infantiles le temps de profiter d’un coucher de soleil avec nos insectes émerveillés.

 

3,8/6


2013
de Thomas Szabo, Hélène Giraud

 

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 12:19

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On repart en Italie, avec un tournage de film gore développé par la firme surmotivée Necrostorm, nous offrant aujourd’hui le nouvel effort de Giulio de Santi, le réalisateur du badass Adam Chaplin. Après une baffe aussi stimulante que Taeter City, c’est peu dire qu’on attendait ce nouveau morceau de bravoure avec une foi inébranlable, en s’attendant à un déchainement de violence poisseuse et de morceaux de bravoure en tout genre. En rajoutant le parti pris technique de filmer l’histoire en caméra subjective (pour trouver un effet FPS rajoutant du jouissif), on s’attendait à un objet curieux. C’est le cas, mais c’est quand même en dessous des précédents efforts…

L’histoire : Frank Zimosa, tueur professionnel ayant déjà exécuté des contrats glauques, est engagé par un certain Mistrandia, pour exécuter un couple dans un hôtel selon un rite bien précis. Il découvre qu’il s’agit de tueurs également employés par Mistrandia, et ne respecte pas le rituel, entraînant l’apparition d’un démon dans le bâtiment.

 

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Ne soyons pas trop mauvais public, le nouvel effort de Giulio de Santi méritait gentiment qu’on se déplace. Avec quelques séquences gores bien senties (le meurtre initial, le massacre survolté à la grenade dans le jardin de l’hôtel), le film a quelques idées à faire jouer, qui contentent le public amateur de maquillages qui tâchent. Il convient surtout de noter le gros soin qui a été fait sur l’ambiance. Vu le faible budget, le film a toujours cette petite facture Z qui fait la marque de Necrostorm, mais il soigne suffisamment son cadre pour convaincre. L’usage de la caméra subjectif joue un peu dans l’implication du spectateur, qui se retrouve alors lui aussi enfermé dans un hôtel bourré de tueurs et arpenté par un démon meurtrier dont l’impact est finalement plutôt bien rendu. Plusieurs séquences de flippe se révèlent donc très efficaces (la fuite dans les couloirs où nous sommes poursuivis par une voix, les sous sols caverneux de l’hôtel peu rassurants…) et accentuent le côté montagnes russes de ce divertissement boucher avec un fort penchant pour l’occulte. C’est ce contexte qui joue aussi sur la relative efficacité du film. Malheureusement, ça ne va pas beaucoup plus loin que les choses promises dans la bande annonce. Cette dernière dévoilait tous les temps forts du film, avec une pêche qu’on s’attendait à retrouver dans le film, or le rythme y est beaucoup plus en dent de scie. On alterne la nervosité et les passages où notre héros discute/insulte son employeur, qui détaille son projet ambitieux de maintenir les démons relâchés sur terre en sommeil. Inutile d’aller chercher plus loin, le film est une succession d’affrontements et de scènes plus ou moins gores, menées avec un rythme sympathique histoire d’assumer la carrure de divertissement fauché et brutal. Malgré cela, le film déçoit, la faute à un certain manque d’ampleur. Il manque des choses à Hotel Inferno pour qu’on ait envie de le revoir, davantage de gore (certaines scènes sont bâclées et nous laissent sur notre faim), davantage d’idées, davantage de budget… L’approche initiale pas vraiment convaincante (gênante redondance des appels à l’épouse), le final assez décevant, et finalement peu de scène marquante amoindrissent la portée de cette petite bisserie, qui paraît un peu fade au regard de son prédécesseur Taeter city. Une petite déception après le torrent d’hémoglobine précédent, mais bon, l’exotisme de tels excès incitent à la compassion.

 

3/6

 

2013

de Giulio de Santi

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:20

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Les inconnus avaient annoncé leur retour depuis quelques temps, et l’annonce d’une suite aux 3 frères avait été faite l’an dernier (annonce assez pathétique d’ailleurs, le parfum de has-been se faisant douloureusement sentir). On attendait donc ces 3 frères 2 sans y croire vraiment, sans grande conviction, mais bon, si on a un abonnement, pourquoi pas… Et bien pas, tout simplement.

L’histoire : Didier, Bernard et Pascal ont leur petite vie chacun de leur côté. Bernard est un acteur raté dans un café théâtre, Bernard vend des sex toys par correspondance en faisant croire à son épouse qu’il est professeur, et Pascal est le compagnon d’une bobo cinquantenaire riche. Le reliquat du testament de leur mère les amène à nouveau à se réunir.

 

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Bon, malgré une absence totale d’attentes de ma part et quelques à-priori, je suis allé découvrir ce film après La belle et la bête, donc après une relative déception, et sans mauvaises intentions. Hélas, la qualité n’était pas vraiment là. Les inconnus reprennent donc leurs registres, à savoir les clichés sociétaux qu’ils exp(l)osent avec une certaine joie, et une absence de subtilité qui correspondait bien à leur style (pour rappel, leurs sketchs étaient vulgaires, mais pas dénués d’intelligence). C’est dans la caricature qu’ils ont toujours excellés, aussi, ils reprennent cette activité avec une certaine énergie. Hélas, leurs caricatures ne touchent pas, ou alors tapent sur des icônes facilement identifiables. Vomissant sur les banques par des plans de pancartes tronquées (dont la redondance finit vraiment par peser), crachant sur les bobos, sur les dealers, sur la télé ou agressant l’image des familles musulmanes de banlieue, les inconnus peinent à trouver une contenance au-delà des gags qu’ils enchaînent. Ca n’empêche pas de rire à plusieurs reprises de leurs imbécilités (ils ne sont jamais aussi bons que quand ils s’engueulent), mais tout cela a un peu un goût de déjà vu. Ou simplement que la lourdeur finit par peser. On en prend vraiment conscience avec le dernier acte du film, mettant en scène une famille de riches beaufs installés à Aubagne qui se révèlent racistes et inconsistants, qui ne dénoncent rien (les clichés sont trop gros) et qui partent en roue libre, sans que le délire nous intéresse outre mesure. Le cabotinage est marrant, mais l’intérêt incertain. Et c’est surtout assez malhonnête de voir tous ces clichés visiblement dénoncés alors que le personnage secondaire principal est une reubeu sortie des banlieues qui cumule absolument tous les clichés (teigneuse, rebelle, qui parle en verlan, qui deale de la beu et vient taxer du fric à ses parents) mais qui est toujours perçue comme un personnage sympathique et sensible (alors qu’elle est l’antithèse de Michael dans l’original). D’ailleurs, dans le rayon de la médiocrité, il revient faire un petit tour, permettant d’amorcer la petite douceur finale qui vante l’idée de vivre en aimant et non pas pour l’argent (après lequel courent tous les personnages du film). Un petit aparté guimauve vite chassé par la reprise des gags et une conclusion un peu too much, mais bon, on n’est pas vraiment surpris. L’art de la caricature ne sera pas ce qui sauvera Le retour des 3 frères de la débâcle, malgré quelques séquences où on retrouve les inconnus qui nous avaient marqué. C’est évidemment meilleur que L’extra terrestre ou les rois mages, mais comparer des kilos de plomb avec de la merde ne va pas lui donner plus de valeur pour autant.

 

1,5/6


2013
de Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus
avec Didier Bourdon, Bernard Campan

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:06

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Avec Big Miracle, le réalisateur revient sur un fait divers écologique marquant, qui fit intervenir en coordination les deux superpuissances en place à l’époque, à savoir l’oncle Sam et la Mère Russie. Une anecdote intéressante pouvant faire office de divertissement familial éclairé, qui hélas cède bien vite à la fable écologique mieilleuse et agaçante.

L’histoire : dans la ville d’alaska située la plus au Nord, un reporter en manque de sujet découvre que 3 baleines, piégées par la formation du glacier hivernal dans un réservoir d’eau, sont condamnées par l’expansion des glaces. Contre toute attente, son reportage est largement diffusé, et les mouvements écologistes commencent à former des plans de sauvetage pour les baleines.

 

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Et bien, c’est plutôt avec une opinion assez mitigée que j’ai découvert ce film, m’attendant à un film pour enfant bien cucul à base de chorégraphies de baleines et autres fautes de goût. Rien de tout cela (la preuve avec le générique de fin qui compare les séquences du film aux images réelles du fait divers), le film cerne avec une certaine intelligence les différents enjeux qui entourent cette histoire de baleine, où l’engouement populaire se retrouve bien vite phagocyté par la politique et différents camps, qui cherchent tous à s’approprier l’évènement pour se faire un coup marketing. Les écolos sont les premiers sur l’affaire, en la personne d’une blondasse écoeurante sur laquelle je vais revenir. Mais bientôt, un gros exploitant pétrolier, sous la pression des écolos et voyant là l’opportunité de faire un petit « geste » pour la nature pendant qu’il pompe les ressources souterraines, donne son autorisation pour briser la glace de surface jusqu’à l’océan. Un bon personnage, plutôt bien cerné (avec justesse) qui joue gentiment son rôle. Il y a évidemment les journalistes en quête d’infos croustillantes (en la personne d’une bimbo complètement méprisée par ses semblables, un bon personnage également, qui recherche la reconnaissance de ses pairs dans sa conscience professionnelle), la garde nationale qui offre son aide… Mais c’est surtout avec la vision des Inuits que le film marque un bon point. En nous immergeant en situation initiale dans la ville à grande majorité inuit, et en montrant leur chasse à la baleine comme une tradition et une des sources d’alimentation de la ville, le film touche à un sujet intéressant. En effet, ce village qui n’avait rien demandé à personne, qui chassait des baleine depuis des décennies sans que cela ne gêne personne, voit du jour au lendemain débarquer des dizaines de journalistes, écologistes et expert en tout genre qui viennent pour sauver les baleines, et se mettent à cracher sur les pêcheurs. Ainsi, l’occident arrive et se mêle de traditions qu’il ne veut pas comprendre, et c’est la mort dans l’âme que les Inuits sont réduits, par pression médiatique, à épargner des baleines qui leur étaient destinées. Un fait très bien cerné par le film et qui rend justice aux locaux. C’est le contexte qui sauve Big miracle de la noyade, offrant plusieurs sujets secondaires intéressants, et abordés avec recul.

On en vient maintenant aux points négatifs du film. On peut commencer par les touches un peu infantiles qui visent à intégrer le jeune public dans le film. On se tapera donc quelques scènes avec des nenfants qui dessinent des baleines en classe ou qui dévorent en famille les reportages sur ces jolis animaux. Un peu, je ne dis pas, mais l'insistance finit par trop se remarquer. Enfin, mon acidité vient surtout du ton global du film et de son approche de l’écologiste. Cette femme concentre absolument tous les défauts et tous les excès de l’écologie moderne, absolument tous. Elle ne laisse jamais parler ses adversaires, elle inonde ses discours de chiffres sans jamais faire de synthèse, elle traite avec mépris ceux qui s’opposent à elle et avec condescendance ceux qui l’aident, et elle met en avant ses sentiments de façon tellement pathétique (son interview après la plongée avec les cétacés) qu’on en vient à la détester. Et pourtant, le film embrasse complètement sa vision, en fait le principal personnage secondaire et l’accompagne dans toutes les décisions (écoutez la musique, elle suit chaque inflexion de son caractère). Le film pouvait la prendre avec distance et montrer ses défauts, mais il nous force à tout envisager selon son point de vue (la façon dont elle crache sur les exploitants pétroliers qui lui apportent de l’aide) et nous impose son ressenti mielleux d’une inconsistance assez navrante. Un gros point négatif quasi omni-présent, qui glorifie cette opération de survie des baleines avec une énergie… disproportionnée (tellement d’énergie et d’argent dépensés pour 3 baleines). A ce stade, histoire de ne pas être hypocrite, je reconnais n’avoir que peu de considération pour les écologistes (je loue ceux qui trouvent des solutions, mais il y a énormément d’hypocrisie derrière le bouclier moral de l’écologie), et que ce film m’a bien conforté dans cette vision (dans le genre je débarque chez toi en te vomissant dessus et je m’appuie sur les autres pour monter mon projet et je t’ordonne de sourire quand je te parle, on en tient une belle). Mais cette empathie globale pour un personnage aussi outrancier et aussi peu réaliste (elle ne prend jamais en considération les enjeux qui l’entourent, croyant que son idéalisme est signe de pureté alors qu’il freine considérablement les choses). Car elle ne veut pas sauver les baleines, non, elle veut prouver quelque chose, que l’écologie, ça réunit le monde et que c’est la Gloire ! Alors que c’est juste de sauver 3 abrutis de mammifères qui se sont peaumés, et pas de régler un problème significatif.

Bref, je n’ai pas vraiment aimé Big Miracle, malgré quelques bonnes qualités qu’il faut lui reconnaître. En l’état, son réalisme et le soin qu’il met à retranscrire les enjeux en font un film intéressant, mais hélas d’une partialité prévisible et hautement agaçante. Pas vraiment pernicieuse (tout est montré), mais qui parasite le déroulement d’un film qui était plutôt objectif, dont l'intérêt reste finalement assez relatif.

 

2,5/6


2012
de Ken Kwapis
avec Kristen Bell, Drew Barrymore

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 16:55

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Un film sauvage aujourd’hui, et un cas intéressant car tout le monde a découvert sa suite en lui reconnaissant les qualités qu’elle mérite avant d’avoir vu ce premier film, initiateur d’une saga plongeant à fond dans la sauvagerie glauque. Il s’agit d’Offspring, adaptation d’un roman de Jack Ketchum, dont la suite s’intitulera The Woman (film qui aura d’ailleurs de bien plus grandes ambitions sociologiques). Offspring ne va pas chercher si loin dans la lutte de sexe, en fait, il est surtout à ce jour le meilleur rip-off de la Colline a des yeux (l’original). Il en assume le kitsch avec un sens de la frontalité immédiatement asséné, qui donne au final un curieux résultat.

L’histoire : dans une petite ville côtière des Etats Units, une série de meurtres d’une sauvagerie rare se déroule depuis des années, sans que les autorités parviennent à en déterminer la cause. Ces agissements sont l’œuvre d’une famille de cannibales, vivant en autarcie depuis plusieurs générations.

 

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Les spoilers du synopsis n’en sont pas, nous avons droit dans les 10 premières minutes à un massacre dans les règles d’une famille entière, débités sous nos yeux par des cannibales en haillons et peinturlurés de boue, équipés d’outils émoussés visiblement volés chez l’habitant. C’est en fait cet étrange mélange, cheap et réaliste, qui fait la spécificité d’Offspring, et en fait le meilleur héritier de La colline… de Craven. Il n’a pas de budget, et met en scène d’une façon réaliste et frontale (à l'instar de Aja qui rendait chaque apparition des cannibales impressionnante) ses mangeurs d’hommes, humains retournés à leurs instincts primaires et vivant en meute organisée, pillant de temps à autres les maisons isolées histoire de se remplir la pense un bon coup. Oui, la première confrontation avec les cannibales est proche du ridicule, tant le décalage entre la modernité et notre meute contraste. Mais une fois la pilule avalée, l’histoire devient prenante et surtout, malgré son absence de gros enjeux, les détails qu’elle s’obstine à souligner portent leurs fruits. Si les présentations des adultes lambda que nous allons suivre échouent à impliquer (seul le gamin et l’enfoiré de service en décapotable attirent notre attention), celle de la meute et de ses différents membres (on y reconnaîtra la femelle de The Woman, déjà figure d’autorité et de sauvagerie redoutable) intéresse vraiment, l’organisation hiérarchique tribale posant déjà les relations entre ces êtres de pure survie. Le reste de l’histoire se contente, comme prévu, de suivre les confrontations entre tous ces personnages, dont l’issue semble peu certaine… La facture de film extrême passe ici surtout par des maquillages gores assez crades, et par le déchaînement de violence qui touche tout le monde (les enfants sont loin d’être épargnés, dans les deux camps). Avec ces deux qualités, le film joue simplement sur la survie des différents protagonistes, en suivant simplement les mouvements humains, en captant quelques sentiments ça et là, dilués dans la violence sèche. Les films de cette trempe sont rares, et si Offspring assume la débauche de sa violence, son efficacité implique le spectateur, en l’entraînant sur un terrain qu’on redécouvre (oubliez les détours mortels et autres légumes du genre…). En note de fond, nous avons ponctuellement quelques lourds constats sociologiques (l’enfoiré notoire se tire toujours des situations en laissant les autres prendre à sa place (le sort qui lui est réservé rappelle l’issue du remake de La nuit des morts vivants), ce sens du sacrifice pour sauver l’enfant…) qui viennent apporter un peu de matière pour les débats de fin de projection, mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est la plongée totale dans la survie qui fait la force d’un petit film comme Offspring. Après, les acteurs pas toujours terribles et quelques faiblesses ça et là (une certaine redondance au bout de la première heure) contiennent Offspring dans sa facture de petit film d’horreur méconnu (en terme de réflexion, il n’atteint pas le quart de The Woman), mais il plante d’honnêtes bases, et la fraîcheur avec laquelle il s’attaque au genre (un absurde réaliste) lui donnent toutes ses chances pour une découverte chez soi, mais en VO (le film n’a pas encore été édité en France).

 

4/6

 

2009

de Andrew van den Houten

avec Jessica Butler, Kelly Carey, Holter Graham

 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 19:37

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Triple programme costaud aujourd’hui car il s’agit de trois films d’aventures ayant pour objectif de nous emmener au fond de l’eau histoire de découvrir ce qui fait toutes ces bulles en surface… Tournés pendant la même décennie, L’odyssée sous la mer (1973) et Les 7 cités d’Atlantide nous promettent tous les deux la plus grande odyssée sous marine jamais révélée aux yeux du grand public. Plus modeste et également plus ancien, War-gods of the deep (1965), sous la direction de Jacques Tourneur, nous montre une cité engloutie sur le point d’être détruite et des hommes poissons proches de ce qu’avait pu imaginer Lovecraft. Avec un programme d’aventure aussi dense, la flotte salée n’aura plus de secrets pour vous, et c’est en confiance et avec un solide tuba que vous pourrez découvrir des continents disparus et autres krakens susceptibles…

 

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The Neptune factor : Arborant une affiche qui met plutôt en confiance (suscitant le rêve qu’on espérait), the Neptune factor est, disons le d’office, une gentille arnaque. Une arnaque, parce que le voyage ne commencera qu’après une quarantaine de minutes, et qu’une fois commencé, on se rend immédiatement compte que le postulat du film se contentera surtout de filmer une maquette de sous marin en plastique au milieu de gros poissons colorés, sans autre enjeux technique un peu supérieur… Mais gentille, parce que malgré le manque d’audace, le voyage est là, et le spectateur a envie de s’émerveiller de toute cette faune gigantesque qu’on se demande comment ils arrivent à manger à leur faim tous les jours… En misant sur la simple idée reçue « plus on descend, plus c’est gros », le film réussit à gentiment retenir l’attention du spectateur, qui regarde alors d’un œil distrait les merveilles qui apparaissent derrière les larges hublots du submersibles. Des stock shots à la chaîne, mais le côté tout simplement joli de l’aventure et un certain kitsch permet de suivre le film jusqu’à son dénouement, pour peu que la perspective paisible d’un voyage sans histoire vous enchante. Probable ancêtre de l’autiste La vie aquatique, un peu décevant sans être honteux (les incrustations sont bien faites, et quelques jolis plans valent le détour), The Neptune Factor délivre simplement la marchandise, sans ambitions et en jouant un peu sur la montre, mais pour peu qu’on soit conquis d’avance, une jolie descente dans les récifs par 2000 mètres de fond par un soleil radieux.

 

3/6


1973
de Daniel Petrie
avec Ben Gazzara, Walter Pidgeon

 

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Les 7 cités d’Atlantis : Nous tenons ici le meilleur membre de la sélection. Taillé pour combler le fan de kitscherie le plus exigent, nous tenons là un vrai petit bijou dans son genre, à l’égal de l’enthousiasme qu’avait pu susciter un First men in the moon… Malgré un budget qu’on sent modeste, le film ose les moments de bravoure à répétition, ne perdant jamais une occasion de nous offrir une séquence effets spéciaux aussi inattendue que généreuse, qui enrichit davantage l’univers merveilleux qui évolue sous les vagues. On commence donc avec une mission d’exploration des fonds marins qui teste une cloche conçue pour descendre dans les grandes profondeurs, reliée au bateau par une corde, un câble téléphonique et un tuyau d’alimentation d’air. Et dès les 15 premières minutes, ils se font attaquer par un dinosaure marin qui vient passer sa tête dans l’orifice de la cloche pour tenter de les bouffer ! En moins de 15 minutes ! Scène hilarante qui témoigne déjà des ambitions ludiques de l’entreprise, nos vaillants scientifiques mettent la bestiole hors d’état de nuire d’un bon 20 000 volts dans les gencives, avant de découvrir une statue en or massif à l’entrée d’une grotte. Damned, voilà  de quoi financer les recherches pendant le siècle à venir ! Fort malheureusement, cette statue étaut l’unique pièce de la collection d’un poulpe géant, qui remonte alors en surface pour saccager le bateau. Et ce qui est inespéré, c’est qu’on la voit ! Une pieuvre en mousse gigantesque, dont les tentacules saisissent les membres d’équipage pour les balancer à l’eau, le tout moins d’une demi-heure après le début du film… J’étais complètement convaincu. Entrainant dans les grands fonds l’équipage pour le boulotter à l’aise et la cloche (où sont toujours enfermés nos malheureux scientifiques) pour enrichir sa collection, nous pénétrons dans la grotte, où un fort courant aspire la cloche, mais en la gardant toujours dans la bonne position avec le trou en bas jusqu’à une vaste salle souterraine où on y voit comme en plein jour. Et là débarquent les atlantes ! Tous bardés d’armures scintillantes en mode gilet disco et de coupes de cheveux impeccablement lisse, on commence par croire que les Atlantes vivent surtout pour les sorties en boîte de nuit, et l'avance technologique ne fait pas forcément la classe. Qu’on se rassure, les femmes ont des coupes de cheveux encore pire et passent leur temps à léviter en méditant. Je tairais tous les autres rebondissements (fort nombreux) de cette histoire, elle en déborde avec une générosité que je n’espérais plus (avec, en prime, des images d'archives des nazis pour illustrer le plan diabolique des atlantes). Faisant régulièrement intervenir des monstres en latex pour enrichir son histoire, Les cités d’Atlantis cumule un rythme plutôt soutenu pour un nanar kitsch, et accumule les effets spéciaux en les soignant suffisamment pour que le charme opère. La petite arnaque du film réside dans son titre, puisque nous ne verrons au final qu’une seule cité, les autres ayant été englouties ou perdues… Qu’on se rassure, celle qui reste est cernée par les monstres et nous aurons déjà bien assez à voir. Dans sa catégorie, Les cités d’Atlantis est un poids lourd, réjouissant et généreux jusqu’au bout.

 

4,7/6

 

1978

de Kevin Connor

avec Doug McClure, Peter Gilmore, Shane Rimme

 

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Le commandant des Atlantes, en tenue de combat...

 

War-gods of the deep : C’est à un tout autre type de voyage que nous sommes invité ici, car si les précédents films relevaient du trépident voyage avec la fougue nanarde de la découverte, on bascule ici dans les ambiances gothiques de la Hammer (et Vincent Price n’est pas étranger à cette impression). Un domaine familial adossé à une falaise battue par les vents, la découverte d’un corps sur la plage et l’arrivée d’un visiteur scientifiquement curieux posent le décor initial. Et comme c’est un maître du fantastique qui est derrière le bestiau, les attentes augmentent en conséquence. Et elles sont comblées au fur et à mesure, par un rythme un peu plus vif que prévu (la découverte des hommes poissons est iconique comme il le fallait, et l’enlèvement de la demoiselle de famille lance vite nos vaillants sur la piste des hommes poissons. Passage secret, exploration de grotte et brutale aspiration dans un tourbillon d’eau pour aller au plus vite au fond des océans, War-gods of the deep ne lésine pas sur les gros arguments fantastiques, dont le principal reste la belle cité engloutie bâtie sur un volcan menaçant de reprendre du service. Vincent Price est une sorte d’érudit vivant à proximité de la cité, et organisant avec ses associés une société sous marine à l’écart des hommes poissons, que Vincent Price utilise de temps à autre pour ses basses besognes (en outre, l’enlèvement de la belle et unique fille présente dans le scénario). Si peu de grosses surprises viennent se profiler dans le récit, ce dernier fait de notables efforts pour en donner à voir à son public, notamment avec les scènes sous marine de la citée engloutie, et avec les nombreuses galeries qu’explorent nos personnages, dont les ambiances sont tout simplement réussies. Quelques défauts techniques ça et là tout de même, notamment au cours d’une très ambitieuse séquence de course poursuite sous marine en scaphandre entre les hommes de mains de Price et nos trois héros, bientôt rejoints par les hommes poissons furibards. Le montage perd alors beaucoup en cohérence, et on ne sait clairement plus qui fait quoi et surtout qui est qui, les scaphandres se ressemblant tous… Un problème technique assez dommage au vu des ambitions de la scène pour l’époque. Mais rien qui ne gâche pour autant le plaisir, la fin nous offrant tout ce qu’on était en droit d’attendre, et nous ayant offert un bon bol de fantastique à l’ancienne avec cet air marin qui vous revigore. Dans son genre, un délice...

 

4,7/6


1965
de Jacques Tourneur
avec David Tomlinson, Henry Oscar

 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 19:28

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Avec Ma femme s’appelle Maurice, on sait à quel type de produit calibré on va avoir affaire : le vaudeville des familles dans ce qu’il a de plus classique. Véritable exutoire des craintes populaires (l’amant dans le placard, l’homosexuel des familles, et ici le travestissement du dimanche) sous l’angle de la comédie populaire généreuse en procédés comiques et autres quiproquos de bon augure, on avait eu un magnifique résumé avec le sketch des inconnus qui résumait définitivement le genre. Certains ont réussi à le porter très haut, à l’image du dîner de Cons et des contributions de De Funès (Oscar, Joe). Et certains se sont dit que les gens qui venaient le voir étaient conquis d’avance…

L’histoire : afin d’échapper à une confrontation entre son amante psychopathe et son épouse avare, un agent immobilier à sec décide d’utiliser un collecteur caritatif, Maurice Lappin, afin de le faire passer pour son épouse.

 

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Il s’agit probablement d’un des plus mauvais films français jamais réalisés pendant les années 2000. Dieu sait qu’on a eu droit à notre dose de merde nationale qu’on éponge aujourd’hui dans les bacs à soldes (le prix du plastique a baissé après la gravure des dvds). Mais dans le genre grosse crasse, on tient là un film de la trempe d’un Mauvais Esprit. Accumulant les situations convenus, les procédés anti-comiques attendus, les gags de comptoir bienpensants et les vulgarités ahurissantes qui s’offraient à lui, Ma femme s’appelle Maurice méprise le monde entier, mérite les travestis, et surtout vous méprise vous, spectateur. Alignant les enjeux les plus étriqués les uns après les autres, ne faisant jamais le moindre effort pour tenter un gag un peu fin (l’enculage de mouche, les avances de Gotz Otto…), Ma Femme s’appelle Maurice s’offre une grosse tranche de complaisance suffisante, qui aligne ses ingrédients en suivant le manuel du parfait vaudeville mensuel (car les auteurs de théâtre doivent vendre aussi pour survivre, il faut donc régulièrement publier, et quoi de plus convivial et généreux qu’un vaudeville qui vient péter un bon coup pour se décoincer l’anus sur les petits  tabous des bourgeois qui viennent au théâtre ? Après l’absence du moindre effort d’écriture (et d’adaptation, la partie à Venise est digne d’un Kill for love), c’est aussi un pathétique numéro d’acteur qu’il faut endurer. Regis Laspalès et Philippes Chevalier ont été des comiques en vogue pendant ma jeunesse, et commençaient déjà à sentir l’avarié dans les années 2000 (voir leur spectacle pathétique sur le duel Sako/Sego). Laurant Gerra les jugea durement au cours d’une imitation, en mettant en valeur le caractère éculé de leur humour et finalement leur ringardise évidente, que les pubs pour la Mat Mut continue de souligner. Ce sont donc dans leur style qu’ils jouent ici, Laspalès dans le rôle de l’hystérique imprévisible et Chevalier dans le rôle du couard dépassé par les évènements. Aucune performance, c’est la ringardise qui vient faire coucou en espérant se décoincer un peu le temps de porter la robe et le maquillage. Mais quand ce n’est pas drôle, pourquoi s’humilier ainsi ? Pour montrer qu’on est capable d’avoir un humour, de ne pas se prendre au sérieux ? Outre le fait qu’il soit proprement impossible que personne ne se rende compte de la supercherie (mais le monde du vaudeville est naturellement con, faut accepter de se mettre dans « l’ambiance »), le film est surtout gênant de gratuité. Toutes ces poses convenues sur le travestissement, sur l’infidélité, sur la médiocrité de l’existence parisienne. Même Windowlicker parvenait à être plus convivial avec son trash innommable, parodie ultime dans son apologie de la laideur. Ici, on a des avances homosexuelles mais par quiproquo, un final improbable, mais bon, on est là pour en rire, et circulez, y a plus rien à voir. Monument d’un style décadent ne trouvant sa place dans aucune époque, Ma femme s’appelle Maurice est ce qui vous attend en enfer, et non pas les visions déviantes d’un Screamerclauz. Le Diable porte une barbe, du rouge à lèvre et une perruque.

 

-666/6


2002
de Jean-Marie Poiré
avec Régis Laspalès, Philippe Chevallier

 

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Biwèèère !!

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 19:21

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Avec Orc Wars, on s’attend à de la bonne grosse héroïc fantasy comme on l’aime. Enfin une aventure où cette face d’endive de Legolas ne risque pas d’apparaître pour tout cheater, et où on laisse enfin la parole aux vrais héros des Seigneurs des anneaux : les Orcs. Mais on n’avait pas entendu parler du projet jusqu’à sa sortie en dvd, et les bandes annonces dévoilent… comment dire… un contenu Z bien surprenant au vu des ambitions promises. Ou pas si surprenant tout compte fait…

L’histoire : Profitant d’une éclipse ouvrant un passage entre deux mondes, une princesse elfe arrive dans notre dimension, échappant à ses poursuivants orcs. Le lendemain, une nouvelle éclipse leur permet d’envoyer leur armée à la poursuite des oreilles pointues, qui trouve refuge chez un fermier ancien militaire qui a pillé l’armurerie pendant son service pour son propre compte…

 

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Bon, on ne va pas jouer les étonnés, Orc Wars est nul. L’intégralité du casting joue mal, les orcs sont tous maquillés avec le même masque en latex plus ou moins personnalisé, les tirs sont numériques et moches, et les explosions de poussières sont tout sauf convaincantes. Sans compter l’anachronisme de voir une princesse elfe brandir une réplique en aluminium de Dar pendant que le héros tire 15 fois dans la meute d’orc avec son fusil à pompe 5 coups. En fait, ça pourrait être drôle si le ton du film ne se prenait pas autant au sérieux, offrant du Z pourrave en voulant jouer sur la générosité. Les orcs restent plantés sur place à gesticuler en attendant de se prendre une balle numérique, les combats sont abominablement chorégraphiés (sans doute pour épargner les maquillages), et on s’ennuie modestement devant cette fresque épique ne prenant jamais d’ampleur. Quelques détails viennent cependant apporter de relatives qualités. Une chamane orc subtilement designée, un commandant orc vénère comme il faut et un dragon numérique de qualité variable (mais globalement bon pour ce type de production) sont les meilleurs ingrédients de ce réchauffé de seigneur des anneaux. Hélas, c’est bien peu au vu du reste, qui semble condamné à accumuler les clichés et les poncifs, alternant les dialogues stupides avec les scènes d’actions où le héros passe sont temps à tirer sur les figurants en gueulant ses tripes. Un film concurrent, Orcs !, avait saisi que son caractère fauché l’obligeait à un peu d’humour pour faire passer la pilule, et se révélait moins chiant à suivre (mais hélas, il n’avait pas les quelques atouts de Orc wars), et ici, c’est dans le désintérêt total qu’on suit cette aventure, qui finit en nous laissant à la porte du monde magique (pas plus mal en fait, vu le budget que ça leur aurait coûté). Les personnes trop impatientes pour attendre le prochain Hobbit peuvent donc se jeter sur ce cru, disponible au rayon nouveautés pour la modique somme de 15 euros…

 

1/6


2013
de Kohl Glass
avec Rusty Joiner, Masiela Lusha

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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