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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 23:29

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Gen, terreur psychiatrique est un petit film turc à ambiance dont peu de monde a entendu parler. Il sort cette année en vidéo, et se propose donc d’apporter sa pierre à l’édifice de la folie au cinéma. D’honnêtes ambitions et une envie de miser sur l’ambiance qui font partir d’un bon pied le projet. Hélas, le chemin est souvent long pour atteindre ses objectifs, et les raccourcis rarement payants…

L’histoire : lorsqu’un suicide inexpliqué se produit dans une clinique psychiatrique réputée, deux enquêteurs sont envoyés sur place. Ils arrivent alors qu’une infirmière vient tout juste d’être mutée dans le service. Mais alors que l’établissement est isolé par un glissement de terrain, des meurtres violents surviennent.

 

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Le milieu psychiatrique a toujours été un contexte de choix pour y faire évoluer des icônes de l’horreur (l’antre de la folie, Ginger snaps 2, la saga des Halloween, plus récemment l’excellent The Incident) et pervertir un quotidien déjà assommant par de l’horreur poisseuse. D’ailleurs, le contexte est toujours aussi stimulant pour le spectateur. Mais hélas, sur le simple facteur de l’esthétique, Gen montre très, très rapidement ses limites. Une photographie nette et précise, avec quelques petits tics techniques (un plan séquence sur un plateau de seringues, des électro chocs clippesques, un montage occasionnellement expérimental (la séquence des malades observant la cellule d’isolement)…), c’est presque tout ce qu’il y a à en espérer. La beauté des lieux (décors tout à fait approprié au contexte, dont les couloirs sont les meilleurs endroits), ressortant par intermittence, ne suffit pas à conserver l’attention du spectateur, qui attends désespérément qu’il se passe enfin quelque chose. C’est effectivement un dur constat, mais si l’ambiance n’a rien de fascinant ni d’agréable (en fait, rien de singulier), le moins qu’on puisse faire est de compenser par une intrigue à la hauteur. Et Gen avait bel et bien une idée intéressante (non spoilée ici, vu qu’il s’agit de la révélation finale). Mais il l’a abominablement mal exploité. La contenant à un simple twist dans les 20 dernières minutes de film, il nous a tout simplement privé pendant plus d’une heure de son meilleur argument. Que reste-t-il ? Une enquête molle du genou ou les flics ne branlent rien et avouent eux même patauger dans la choucroute, pendant qu’un mystérieux inconnu dont on devine l’identité dès le premier meurtre (franchement, le scénariste nous a pris pour des cinéphiles débutants ?) tue une personne tous les quarts d’heure, au cours de séquences à l’esthétique douteuse (le bain), voire lamentable (le premier meurtre, d’une surenchère sanglante ridicule). Des regrets donc avec ce Gen, qui aurait pu se révéler comme une bonne surprise, et qui restera en l’état une série B de fond de bac de promo, la sincérité de ses ambitions ayant été sapée par l’insipidité de son script et de son ambiance (digne de La maison de l’horreur…).

 

1,5/6


2006
de Togan Gökbakar
avec Haldun Boysan, Cemil Büyükdögerli

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 23:16

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Vous connaissez Sheldon Wilson, même si son nom ne vous dit rien. Ayant réalisé de petites bisseries comme L’écorché, Kaw…, il a passé sa vie dans le domaine du DTV plus ou moins vite fait, dont la carrière se trouve jalonnée de péloches rigolotes mais jamais inoubliables. De la part d’un réalisateur qui a comme qualité la constance, la découverte du modeste Scarecrow sorti cette année en DTV aux USA n’a pas de quoi effrayer les géants du box office ni les endurcis de l’horreur fantastique. Toutefois, malgré un script abominablement conventionnel, il tente de faire son petit truc sans rien demander à personne…

L’histoire : alors qu’une fête de village célébrant les épouvantails se prépare, une bande d’étudiants décide d’aller se poser tranquillement dans une ferme. Hélas, un épouvantail maléfique libéré par un couple maladroit décide de leur pomper le sang…

 

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J’entends déjà vos soupirs à la lecture de l’histoire. Malheureusement pour lui, le script de Scarecrow ne tente pas un instant de développer quoi que ce soit au niveau des personnages ou des situations, se contentant de l’habituelle formule « survival » où nos protagonistes se barricadent, puis cherchent à s’enfuir, courent, tentent une action héroïque pour venir à bout de la bête qui se solde toujours par un epic fail… L’enchaînement plat des rebondissements communs n’essaye tout simplement pas de nous changer du train train quotidien des séries Z à monstres. Mais pourquoi alors lui avoir accordé une simple note médiocre ? Pas vraiment pour ses acteurs, même si ces derniers font quelques efforts d’implication pour livrer une prestation correcte (on n’attend pas plus que des étudiants lambda cherchant à survivre pour boucler leurs études). C’est plutôt pour la tenue visuelle de l’ensemble, qui soigne assez efficacement sa facture technique. Rien à faire pour la musique fonctionnelle, mais la photographie est soignée, le cadrage efficace, et chose surprenante, jamais la salope Shakycam n’est ressortie pour tenter d’insuffler l’hystérie qui pollue habituellement les produits de faible envergure du genre. Mais c’est surtout les effets spéciaux incarnant la créature qui méritent le coup d’œil. Intégralement numérique, la créature se révèle remarquablement bien gérée, ses apparitions étant longues, fréquentes et fluides. Son design s’écarte agréablement des principaux avatars du genre (exit Jeepers Creepers, la trilogie Scarecrow ou l’hilarant Messagers 2) pour privilégier un design racine sauvage plutôt esthétique, qui confère une appréciable efficacité à chacune de ses apparitions. De quoi se consoler de la pitoyable introduction et de l’absence de sérieux concernant ses origines. Mais pas assez pour encaisser sans broncher la redondance et la banalité des rebondissements, malgré quelques explosions sympathiques de la part d’un DTV sans grandes ambitions. Un petit film alimentaire sans grosse consistance, mais sans être non plus franchement honteux.

 

1,6/6


2013

de Sheldon Wilson

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 17:27

Bonne année à tous ! Tous mes voeux vont évidemment vers notre cinéma national, qui va sans doute se reprendre et repartir du bon pied en retrouvant le prestige et l'efficacité qui lui sont reconnus. Avec La Belle et la Bête qui s'annonce pour février, on espère d'agréables surprises...

 

Commençons ce top avec les 10 meilleurs, et nous poursuivrons avec les 10 pires. A titre informatif, tous les films que j'ai vu cette année sont classés sur mon profil senscritique,  consultable ici)

 

 

Top des bons :

 

1) Maniac

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2) Only God Forgives

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3) Prisoners

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4) Alabama Monroe

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5) Found

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6) The place beyond the pines

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7) Pacific Rim

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8) Django Unchained

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9) Star Trek

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10) World War Z

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Top des pires :

 

1) Ghostbastards

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2) Les profs

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3) Les schtroumpfs 2

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4) Comedown

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5) Machete kills

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6) Texas chainsaw 3D

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7) Pas très normales activités

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8) RIPD

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9) GI Joe 2

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10) Kill Dead zombies

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Les surprises (inattendues) :

Found / 9 mois ferme / Flight / La Stratégie Ender / Dredd / The Colony / Europa report / All Hallows Eve / "Cloud Atlas"

 

Les déceptions (inattendues aussi) :

 Gravity / Elysium / Man of Steel / Albator / Le monde fantastique d'Oz / Die Hard 5 / La chute de la maison blanche / Cartel

 

 

Les principaux regrets (films non vu dans les temps) :

Le loup de Wall Street / La vie d'adèle / Happiness Therapy / Diana / Le cinquième pouvoir / la reine des glaces / Borgman / Tore Tanzt

 

Globalement une bonne année, avec une moitié de films allant du regardable à l'excellence, et beaucoup de daubes décelables dès l'affiche. Quelques déceptions, pas mal de surprises et une grande variété de programme font de 2013 une année fort sympathique, et un investissement rentable pour les abonnements ciné ^^.

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 19:47

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All Hallows Eve est un petit film d’horreur sorti dans une totale indifférence au cours de cette année 2013. Hélas découvert trop tard pour Halloween (période de l’année à laquelle il se déroule), il se révèle toutefois pourvu de quelques qualités, à savoir un boogeyman efficace et un style partiellement jouissif. Pas répulsif au vu d’une série B sans prétentions…

L’histoire : le soir d’Halloween, alors que les enfants d’une famille rentrent chez eux avec leur moisson de bonbons, ils découvrent dans le fond de leur panier une VHS sans titre. Ils décident de regarder en famille son contenu, montrant un clown psychopathe attaquant plusieurs victimes. Très vite, des évènements étranges se produisent…

 

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Bon, autant le spoiler tout de suite, All Hallows Eve est un film avec un clown tueur ! Génial, depuis le moyen 100 tears, on n’avait pas vu grand-chose de bien consistant en la matière. Mais c’est finalement l’originalité du style de All Hallows’ Eve qui fait toute la singularité du projet. En l’état, le film décide de reprendre une foule de référence à son compte (les ambiances des films de Carpenter surtout, un peu de The Ring sur la fin…) pour donner dans le film à sketchs qui ne s’assume pourtant pas vraiment comme tel (malgré la présence de l’écran que regardent nos personnages, la frontière est ténue entre la réalité et le film, pour finalement disparaître au cours d’un final complètement incohérent. Car c’est finalement là la clef de All Hallow Eve : il se fout de la cohérance pour miser à fond sur une ambiance crade et désespérée. Du Slasher à la Halloween promis (la résurrection d’une musique très 80’s sur de la pellicule jaunie est pour beaucoup dans le capital sympathie), All Hallows Eve se dirige plutôt vers le traumatisme glauque, l’orgie de violence aveugle et viscéral qui provoque la nausée (proche, d’une certaine manière, du style brut d’un Rob Zombie). Impossible de nier que le Boogeyman de ce modeste film n’est pas réussi, tant sa facilité à fasciner l’assistance éclate à chacune de ses interventions. La première histoire, complètement désespérée, aurait pu être la dernière. Orgie totale de violence exploitant plusieurs idées intéressantes, elle dévie en freak show complètement inattendu, culminant dans une orgie sataniste dont l’amateurisme ne nuit pas à l’ambiance. La dernière, slasher classique sur route déserte, tire sa force de son dénouement, déjà vu (Necronomicon), mais que l’ambiance sèche et le dépouillement rendent largement payant. Pourvu que l’ambiance fasse battre le sang dans les tempes du spectateur et que le malaise culmine, All Hallows Eve est prêt à aller partout, tant que son modeste budget le lui permet. Hélas, ses très bonnes intentions sont handicapées par une seconde histoire assez ridicule (le déguisement de l’extra terrestre ridicule ne fait pas illusion un instant) et l’histoire reliant les différents segments. Si la fascination malsaine des enfants pour la violence est exagérément soulignée dans la première partie du film, tout redevient assez mou pendant le reste du long métrage. Il n’y a que la fin, rejoignant dans l’esprit les parties 1 & 3, qui retrouve la peur poisseuse inhérente au sujet du clown tueur, à l’image des flots de sang qu’il laisse dans son sillage. Loin d’être inoubliable, mais clairement au dessus des séries Z habituelles (Killjoy pour ceux qui connaissent…), All Hallows Eve a le potentiel pour remuer ponctuellement les tripes, soit tout ce qu’on lui demandait pour une soirée d’Halloween un temps soit peu sérieuse…

 

3/6

 

2013

de Damien Leone

avec Katie Maguire, Mike Giannelli, Catherine A. Callahan

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 19:40

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Alors que l’année est sur le point de se conclure, il est de bon ton de rattraper les films considérés comme marquants, tout au moins de poids, qui ont jalonné l’année et qu’on a raté pour des raisons plus ou moins valables. Parmi eux, Zero Dark Thirty, récit trépident librement inspiré de la traque de Ben Laden, voulant quand même soigner son réalisme et assumant plutôt bien les différentes étapes d’un casse tête logistique se déroulant sur plusieurs années…

L’histoire : en 2001, après les attentats du 11 septembre, une cellule d’investigation de la CIA se dévoue complètement à la traque des chefs d’Al Quaeda, ainsi qu’au démantèlement des cellules terroristes organisant des attentats visant les pays occidentaux.

 

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Kateryn Bigelow est une réalisatrice qui aime se frotter aux sujets difficiles. Avec l’édifiant K19 (film au patriotisme exacerbé et éloge au sens du sacrifice d’une intégrité admirable) et le réputé Démineurs, elle continue logiquement sur sa lancée avec l’un des évènements les plus marquants de l’histoire de la décennie 2000 : la traque et l’élimination de Ben Laden. Sujet très ambitieux, surtout que, fidèle à ses habitudes, la réalisatrice s’y attaque sous l’angle du réalisme. Le film commence très fort en abordant frontalement la question de l’utilisation de la torture dans les camps de prisonniers des états units basés à l’étranger. Les pratiques illustrées sont fidèles à celles ayant filtrées dans la presse, le traitement des prisonniers justifié par la fameuse « guerre contre le terrorisme », le film se révèle plutôt fidèle à la politique des USA menée à l’époque. Et quand l’opinion publique commence à s’en offusquer, la responsabilité devient une patate chaude pour les chefs d’investigation américains les ayant approuvés. Comme fil conducteur de l’histoire, nous nous focalisons sur une enquêtrice commençant son service sur place, qui se dévoue peu à peu complètement à la traque de l’homme le plus recherché du monde à l’époque. Ce qui passe aussi, de sa part, par une acceptation des méthodes de torture et de leur usage pour obtenir des informations. Mais une fois cette question de la torture traitée, le film se retrouve dans une situation malheureuse. En effet, c’est maintenant que j’avoue même copieusement ennuyé devant Démineurs, malgré ses nombreuses scènes de tension. Or, ici, le film en est dépourvu (car le spectateur reste étranger à cette histoire, n’ayant en rien participé à ces évènements, mais les ayant déjà suivi dans l’actualité), et il ne se retrouve plus qu’avec le bordel logistique d’une telle guerre à décrire. Jusqu’à la lancée finale de l’assaut du repère supposé de Ben Laden, il n’y a plus que le doute constant qui entoure les informations récoltées. Commission constamment en recherche d’infos fiables à 100% ou rejetant les preuves avancées, informations zappées pendant des périodes d’influence, intox et fausses pistes… Le film noie le poisson pendant une heure et demie. Sans que ce soit de sa faute, et d’ailleurs, il fait des efforts pour tenter de maintenir l’attention du spectateur (la piste d’un contact connaissant le courrier…). Mais il se ramollit, faute de pouvoir transcender les situations qu’il décrit. Le dilemme de la traque de Ben Laden opposée à la prédiction des prochains attentats ne parvient pas à faire leurre, le film a tendance à pédaler beaucoup sans arriver très loin (sans aller à l’essentiel). L’opération militaire est l’occasion de mettre en scène une scène d’action ambitieuse question réalisme, qui a le mérite de se révéler efficace question immersion. On notera aussi une mise en scène qui tente de rester décente au vu des circonstances (refus de montrer précisément le cadavre d’Oussama, les pertes civiles filmées sans ellipse…). La petite conclusion concerne surtout notre protagoniste principale, qui se retrouve alors au terme de huit années de travail et d’efforts. Un brin d’émotion attendu, qui ne change pas vraiment la donne. Zero Dark Thirty reste dans la lignée de Démineurs, en faisant gonfler ses enjeux avec un brin de politique, et se révèle plutôt fonctionnel pour le sujet qu’il traite, sans l’avoir pour autant transcendé.

 

4/6


2012
de Kathryn Bigelow
avec Jessica Chastain, Jason Clarke

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 19:29

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Evasion est un film qu’on n’attendait pas vraiment. Annoncé un peu sur le tard comme un remake de Fortress sans notre Cricri national (faute de goût !), il y avait quand même matière à s’enthousiasmer gentiment, vu la promesse de revoir notre couple d’actioners antiques cabotiner en milieu carcéral (car question performance physique, on sait ne pouvoir compter que sur les effets spéciaux). Mais trêve de persiflages, entrons directement dans le vif du sujet, sans se perdre en détours inutiles et autres formules littéraires pompeuses. C’est bien sans plus.

L’histoire : (n’ayant pas retenu les noms, je citerai les acteurs) Stallone gagne sa vie en s’échappant de prisons de haute sécurité pour déceler les failles des systèmes et vendre ses combines aux chefs de prisons ainsi qu’aux compagnies d’assurance. Un petit malin et une combine juteuse. Hélas, une couille dans son nouveau contrat le fait plonger dans une prison inconnue où personne semble pouvoir le faire sortir.

 

Photo-du-film-EVASION-avec-Stallone-et-Schwarzenegger.png

 

Quand le Stallone est en cage, c’est le fauve qui revient à la charge. Dardant son œil de tigre () cinquantenaire () vers les gardiens, il compte, calcule, élabore minutieusement ses combines pour récupérer codes, clefs, plans et issues pour se faire la belle. Aucune prison ne lui résiste, et si celle-ci se révèle coriace, nul doute que le personnage se dépassera à nouveau, quitte à percer les murs de métal avec ses ongles. C’est d’une humeur particulièrement joviale que je me suis attaqué à ce petit morceau de bravoure, n’ayant jamais pu profiter des performances de ces pointures de l’action sur grand écran pendant mon enfance. Et très vite, on sent rend compte que le film a été conçu pour les nostalgiques comme nous, vu que le projet sent bon les années 90, surtout dans le casting. Stallone, bien sûr, l’inévitable Scharzy dont je vais reparler, mais aussi des seconds couteaux réjouissants comme Sam Neill, Vinnie Jones, et dans les acteurs sympas, le bon Jim Caviezel. Quelques tronches sympathiques qui nous amènent en terrain connu, et qui divertissent, chacun à leur niveau, dans les clichés qu’ils illustrent. La galerie de personnages, c’est ce qui fait l’essentiel du capital sympathie du film. Le reste est un peu moins épatant, la prison en elle-même, annoncée comme la plus sécurisée du monde, se révélant largement sous exploitée (en dehors des salles d’isolement, rien ne semble avoir été vraiment développé), et la redondance des plans de nos héros provoquant davantage l’attente que la satisfaction. Néanmoins, le jubilatoire d’un Fortress se retrouve par endroits ici, essentiellement quand on découvre enfin l’emplacement de la prison et évidemment la marche finale vers la liberté… Ce qui laisse finalement Evasion se regarde comme la bonne petite série B qu’il prétendait être. Aucune surprise en vue (la bande annonce a dévoilé les principaux temps forts), pas énormément d’action, quelques trucs de petits malins jouant l’épate pour camoufler un scénario simpliste et quelques ficelles grossières (l’instigateur du coup monté…), et on est quitte avec son devoir. Reste un Schwarzy avec une bonne tête de taulard, qui confirme le charisme aperçu dans le sympathique Dernier rempart. Un film avec des hommes, des vrais de vrais, ceux qui cognent d’abord avant d’écrire le scénario. Loin d’être inoubliable, mais dans l’instant, un petit plaisir.

 

3/6


2013
de Mikael Hafstrom
avec Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 22:11

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Avec Aramaki, on sait un peu à quoi s'attendre. Ayant enchaîné les productions animées japonaises en poussant toujours plus loin son perfectionnement technique (on lui doit la série des Appleseed, qui marque déjà son appauvrissement scénaristique du premier au second volet), il a récemment accouché du revival inattendu Starship Troopers Invasion, en trahissant l'esprit de la saga originale pour livrer un space opéra aux morceaux de bravoures dantesques, reliés par un scénario proche du ridicule. On pouvait donc avoir quelques craintes. Mais Albator, c'est un esprit ! Il doit y avoir encore des fans dispersés dans le monde, des gens pour y croire, et pour faire gaffe à ce que le film ne se chie pas... Résultat des courses : dans la tendance.

L'histoire : après avoir épuisé les ressources potentielles de l'univers, 500 milliards d'êtres humains tentent de revenir sur Terre. Cette situation crée une guerre interminable, jusqu'à ce qu'un force armée nommée GAIA s'approprie la planète et en interdise l'accès à quiconque. Après une éprouvante bataille pour la reconquérir, un pirate de l'espace nommé Albator fait son apparition et jure d'entraîner la chute de GAIA...

 

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Ah que c'est bon d'être un pirate de l'espace ! Autant dire que l'esprit d'Albator, flibustier du firmament, a de quoi séduire le spectateur et nous rappeler nos rêves d'abordages à l'ampleur de cargo spatiaux entiers ! Je le précise tout de suite : je ne connais rien du matériau original, ni ne me suis documenté sur le sujet. En temps que tel, ce film est une véritable révolution technique. C'est, avec Les Chroniques de Riddick, le seul à faire prendre corps à un univers pareil, et ici, l'ampleur des effets spéciaux le place largement au dessus de son concurrent d'un point de vue technique. Eblouissant d'un bout à l'autre, chaque séquence spatiale se révèle être un bonheur pour la rétine, et forcé l'on est de constater que la 3D a été pensée en conséquence. On n'a pas vu de guerre spatiale plus impressionnantes depuis le 3ème épisode de Star Wars. De quoi se gaver la rétine jusqu'à plus soif. En soit, le film n'a pas volé l'appréciation de Cameron. Il l'endosse d'ailleurs avec une gênante facilité, car les défauts qu'un tel juge implique sont aussi présents. Encore davantage que Gravity, Albator est un gouffre scénaristique bourré de problèmes qui agace régulièrement le spectateur un temps soit peu exigent. L'adage voulant que l'accomplissement technique passe par un renoncement total d'ambitions de cohérence est hélas confirmé par Albator, au delà même du divertissement.

 

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Dans l'optique de suivre l'histoire d'un corsaire de l'espace, on voulait deux choses : un esprit de piraterie et des scènes d'action dantesques avec de l'abordage. C'est tout ! Pour l'esprit pirate, ça commence bien dans les 10 premières minutes (le coup de la planche, où les pirates laissent les candidats dire un mot pour appuyer leur demande, et où les honneurs et l'argent se font exécuter. Et que répond notre héros ? La liberté ! Et on le sauve pour une connerie pareille) et ça retombe comme un soufflet aussi sec. La liberté, mais quelle connerie dans un pareil contexte ! Fallait répondre "le capitaine !" et là on était bon, mais non. Et après une éblouissante scène d'abordage de vaisseau ennemi (conclue en 3 minutes une fois l'attaque finie), on lance le scénario : on dépose des bombes à neutrons dans différents points de l'univers pour faire bugguer le temps et revenir en arrière... Hu ? Mais c'est quoi ce plan de merde ? Bon, allez, pas grave ! Au moins on va voyager dans l'univers. Une séquence nichon numérique et fesse numérique, check ! Une blonde avec armure bonnet D qui porte des combinaisons spatiales moulant son string plus tard, l'histoire n'a pas beaucoup avancée. Et alors que la bataille finale s'annonce, les failles apparaissent. L'incapacité totale du scénario à insuffler la moindre émotion quelque soit le personnage en question (le passé d'Albator... miné par la bêtise de ses décisions et l'absence totale de spontanéité de ses réactions, le héros girouette qui ne semble pas avoir la moindre conviction et qui change sans arrêt d'avis), la lourdeur des symboles (bon sang, cette fleur à la con...), les incohérences multiples (les gardes de GAIA voient un garde qui va droit vers les cellules des prisonniers sans répondre à leurs injonctions et se disent juste qu'il est bizarre), le film prend le vide de toutes parts, et jamais ne semble vouloir changer son cap. En fait, il y a tellement d'incohérences (le flash back donnant des infos sur le héros et sa famille, d'une débilité sans fond (des ampoules qui explosent tout un building...)) qu'à moins de renoncer à réfléchir, le film décevra continuellement. Jusqu'au final d'une connerie abyssale, emmerdant la logique jusqu'au bout pour tenter d'emporter le morceau sur le tard avec un esprit pirate mort il y a plus d'une heure déjà. Au vu de la perfection technique de l'ensemble, le résultat n'en est que plus frustrant, et le bilan si désespérément évident, qu'Albator déçoit les maigres attentes qu'on avait placé en lui. Merde, Aramaki, quand vas-tu enfin t'acheter un scénariste compétent ?

 

1,7/6


2013
de Shinji Aramaki
avec Shun Oguri, Haruma Miura

 

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:42

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Les films fantastiques faisant intervenir des enfants prennent un gros risque. Trouver le subtil équilibre entre le merveilleux et le comportement du gamin est un exercice délicat, pouvant donner le meilleur (Max et les maximonstres) comme le pire (l’Histoire sans fin II). Cependant, certains films parviennent à réaliser des portraits à la fois réalistes et prenants, tout en cherchant à créer un univers simple, au dehors de la réalité. A ce jeu, Paperhouse se révèle être une découverte inespérée.

L’histoire : Une petite fille capricieuse, vivant chez une nourrice pendant que ses parents sont séparés, fuit une réalité dure pour se réfugier dans un monde minimaliste, dont elle dessine les bases sur du papier…

 

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Excellente surprise que voilà ! Paperhouse frappe immédiatement très fort en faisant preuve d’une remarquable acuité dans sa perception de la logique infantile. Collant de près à son héroïne pendant son cours, Paperhouse montre des enfants rapporteurs, hypocrites, menteurs. Mais avec toujours cette touche d’ingénuité et ce désir de plaire aux adultes qui règlent leur vie. Paperhouse n’a pas une vision péjorative des enfants, mais il saisit remarquablement les stratagèmes dont ils usent pour rallier les adultes à leur cause, ou parvenir à leurs fins. Mimant un évanouissement, l’héroïne avoue aller particulièrement bien à sa nourrice sur le chemin du retour de l’école, et quand cette dernière décide de l’y ramener, notre gamine boude en prenant pour prétexte le fait que sa nourrice ne s’inquiète plus pour elle. C’est si mignon, les enfants ! Et ce genre de détails significatifs de la psychologie infantile, Paperhouse en déborde. Des points forts qui doivent beaucoup à la performance des acteurs, unilatéralement bons, quelque soit leur âge. On aura lors d’une autre séquence, un camarade de jeu qui pour faire une mauvaise blague à notre gamine, lui lance une orange alors qu’elle est en équilibre dans un arbre. Une situation banale, mais le film saisit bien l’infime plaisir de la mauvaise blague assumée. Le fantastique n’est pas particulièrement revendiqué ici, le film utilisant des codes très oniriques pour le mettre en scène (souvent, c’est en dormant que la petite retourne dans cet univers, constitué d’une plaine et d’une maison solitaire). Au fur et à mesure que notre enfant dessine l’intérieur et plusieurs personnages, ce dernier s’élargit, et permet à notre petite fille de s’exprimer sur ce qu’elle vit. Clouée au lit par une fièvre, le dessin devient un refuge, peu à peu attaqué par des cauchemars qui renouent avec la peur d’un Nightmare on Elm Street. Avec des effets spéciaux excellents et un certain respect de codes fantastiques (les objets dessinés ne peuvent plus être modifiés, ceux qui sont incomplets le demeurent ad vitam eternam), Paperhouse crée un univers intéressant, et parvient surtout à capter une enfance particulièrement réaliste, emplie de sentiments et d’énergie, pas toujours utilisée à bon escient (l’ingratitude donne parfois envie de coller des gifles, les caprices aussi). Une découverte étonnante, pour le coup vraiment attachante.

 

5/6


1988
de Bernard Rose
avec Charlotte Burke, Jane Bertish

 

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:37

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Rolland Emmerich, c’est un type qui a une vision du cinéma ! On lui file 100 millions, et il est capable de faire un blockbuster allant du divertissement correct à la monumentale purge. Avec un petit capital sympathie ça et là pour la débilité profonde de l’humour ou des enjeux soulevés par des scénarios pas légers. A l’instar de son concurrent (nettement moins respecté) Paul W. S. Anderson, il semble que ce soient ses premiers films qui se révèlent finalement être les meilleurs de sa filmographie. Avec un Universal Soldier sympathique, Rolland a également fait fort avec le méconnu Moon 44, qui se révèle être une modeste série B aux arguments stimulants.

L’histoire : Les installations d’extraction de minerai extra-terrestre d’une multinationale sont régulièrement attaquées et pillées par un ennemi inconnu. Afin de subvenir au manque de pilotes assurant la défense de leur dernière base, ils engagent des prisonniers. Ils infiltrent parmi eux une taupe chargée d’enquêter sur d’éventuels espions présents dans le personnel.

 

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Avouez que ça vous rappelle le bon souvenir d’un Outland ! Sérieusement, l’univers de cette série B est suffisamment stimulant pour mériter clairement une gentille réévalutation de l’anonymat dans lequel le film est maintenu. Certes, inutile de chercher la subtilité. Les différents personnages sont tous des enclumes dont on juge de l’étoffe au premier coup d’œil (entre le stewart effeminé, le blondinet sadique, la montagne de muscle et le héros clope au bec…), l’histoire est sans fioritures, les ingrédients sont dans le plat, bien identifiables. Mais cela ne gâche pas pour autant le plaisir de découvrir un monde dont on explore peu à peu la fonctionnalité. La façon dont est amenée l’exploitation minière de l’espace (minimaliste : minerai = carburant) est bien amenée par l’intermédiaire de conseils de direction réalistes, et c’est finalement dans l’enjeu de cohabitation entre les détenus et le personnel normal des installations que le film finit par développer le plus. Quand des contraintes économiques poussent une multinationale à employer la seule main d’œuvre qualifiée qui lui reste (les prisons militaires) à des coûts minimes (simple réduction de peine), quelles situations sont amenées à apparaître ? En l’état, des exactions apparaissent vite dans les deux camps, parfois avec une violence inattendue de la part d’un réalisateur comme Rolland Emmerich (le viol d’un opérateur dans une sordide salle de douche). S’entame alors un jeu de coup pour coup discrètement joué dans le dos des militaires chargés d’encadrer la manœuvre, n’hésitant pas à sacrifier quelques personnages dans l’affaire. Malheureusement, le film ne saisit jamais complètement ce sujet à bras le corps, et ferme trop vite des pistes excellentes (violé par le détenu dont il avait la charge, l’opérateur chargé de guider son appareil l’écrase dans un ravin… Dilemme intéressant… à l’issue décevante). On voit vite d’ailleurs que le film jongle avec différentes idées, sans en développer une particulièrement. Il y a donc les patrouilles de défenses avec les exercices, bien sûr (très Avatar dans l’ambiance), mais aussi la fameuse traque de la taupe dans le personnel de la base, avec son petit lot de fausses pistes. Des détails sensés densifier le suspense, sans jamais prendre réellement. Toutefois, le film tente de faire des efforts pour assurer une petite cohérence à l’ensemble, et parvient surtout avec ses patrouilles à faire voyager un peu la caméra, en nous aventurant à l’extérieur de la base. On sent un budget pas très mirobolant dans les maquettes filmées en gros plan évident, aux explosions pas toujours maîtrisées et aux décors pas toujours bien éclairés. Mais ces inconvénients techniques, fait rare, le film n’est pas handicapé par ses acteurs, parmi lesquels on retrouve des trognes aussi sympathiques que celle de Malcolm McDowell. Des petits détails qui font plaisir, et qui contribuent à faire de Moon 44 un petit plaisir léger dans son domaine, suffisamment original pour assurer le divertissement, mais pas assez loin hélas pour devenir un film notable. Une honnête entreprise.

 

4/6


1990
de Roland Emmerich
avec Michael Paré, Lisa Eichhorn

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:26

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Chaque découverte d’un nouveau film d’Almodovar est la promesse d’un enthousiasme total, car quelque soit l’histoire que Pedro a concocté pour l’occasion, il se livrera complètement à un portrait intense, relevé d’une essence cinéphile à l’égale d’un Tarantino (les directions artistiques de ses projets sont à tomber). Et avec La mauvaise Education, le bonhomme s’attaque à des sujets de poids, tels que la pédophilie, l’amour homo et l’évolution de chacun des protagonistes depuis leur rencontre jusqu’à leurs retrouvailles.

L’histoire : Ignacio et Enrique, la douzaine, tombent amoureux dans un pensionnat catholique. Le père Manolo, amoureux lui aussi d’Ignacio, renvoie ce dernier de l’école. Des années plus tard, ils se retrouvent, et décident de réaliser un film sur leur histoire.

 

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L’aura de film choc de La mauvais Education n’a pas faiblie depuis sa sortie en salles (2005). Mais ce choc n’est pas vraiment volontaire, le film contenant les ingrédients « classiques » du cinéma d’Almodovar. Portraits sans retenue, narration virtuose (les récits s’entremêlent, mettant en valeur le jeu de chaque acteur), suivi sur la longueur, avec cette empathie totale pour les marginaux. Même sur l’approche de la sexualité, mais nous allons y revenir. La mauvaise Education marque tout d’abord des points en abordant de front un sujet tabou et odieusement cliché : le personnage du prêtre pédophile. Dans le genre puritanisme moral, le film aurait pu sombrer dans la parodie beaufisante abjecte. Ce n’est pas le cas, et d’ailleurs, rarement un cliché aura été aussi nuancé (pas vraiment nuancé, mais le film a ce don de capter les images fortes (la voix d’ange d’Ignacio se démarquant des autres pendant la messe, le repas d’anniversaire de Manolo…). Et surtout, le film laisse à Manolo le soin de s’exprimer, chose qui n’avait jamais été faite (à l’exception du miraculeux Woodsman). Là où le film se révèle davantage subversif, c’est dans son approche des sentiments amoureux. La pédophilie est traitée sur le même registre que l’amour qu’entretiennent les deux enfants. Et dans les deux cas, celui-ci passe par le sexe. C’est une caractéristique du cinéma d’Almodovar : dès que des sentiments amoureux s’expriment, le sexe apparaît de façon spontanée et presque immédiate. Pour la pédophilie, c’est expéditif, mais ça peut passer. Mais quand il en est de même pour deux garçons de 12 ans (séance de masturbation vice-versa), il y a une étape de franchie. Cette association sexe-sentiments, habituellement plus diluée, est particulièrement criante (elle est finalement à l’image des portraits que dresse Almodovar : dépourvue de pudeur). C’est en bonne partie ce qui fait le trash du film, et qui marque un point d’orgue sur la façon d’envisager le sexe dans le cinéma de Pedro.


Le film fait également du petit enfant abusé un transsexuel définitif (dont l’amour des hommes pourrait avoir déteint sur son frère), validant indirectement le cliché de la victime perturbée par ce qu’elle a vécu au point d’en vivre un conflit identitaire extrême (c’est à partir des évènements de l’internat que tout change pour Ignacio). Personnage qui finit d’ailleurs junkie et dont la sortie de script se révèle minable (le portrait n’est même pas mauvais, non, il ne laisse aucune chance, c’est tout). Mais le cliché n’effraye définitivement pas Almodovar, qui compte sur ses acteurs d’exception pour transcender le récit. En l’état, La mauvaise Education est tout simplement une merveille de jeu d’acteur, où chaque personnage maîtrise parfaitement son rôle. Et la narration s’amuse d’ailleurs avec les codes du cinéma, puisque les souvenirs auxquels nous assistons… sont en fait les scènes tournées par nos deux protagonistes dans leur film reconstituant les évènements. D’ailleurs, la révélation du film (c’est le frère d’Ignacio qui, par amour pour ce dernier, décide d’adapter son histoire et de jouer son rôle en se travestissant), poignante, marque bien ce goût d’Almodovar pour allier cinéma et intensité sentimentale (la fin tragique du film, réécrite et enlevant à Ignacio le happy end qu’il n’aura jamais eu dans la réalité, est bouleversante, transcendée d’ailleurs par la performance de Gael Garcia Bernal, tout juste éblouissant dans ce rôle de frère soucieux de rendre justice à son aîné, dont il reprend d’ailleurs au passage la vie entière (il fréquente finalement les mêmes personnes, développe les mêmes sentiments, comme si il voulait le remplacer). En ajoutant à cela une facture technique impeccable et un récit riche en sentiments, qui se livre totalement à son public, sans la moindre retenue, ce qui est finalement le meilleur moyen de nous faire apprécier ses personnages. Encore un joli drame qu’Almodovar exécute avec un savoir faire accompli, non sans hélas provoquer quelques remous sur son passage (dans mon cas, l’amour sexuel et un bilan assez sommaire du destin d’Ignacio).

 

4,5/6


2003
de Pedro Almodóvar
avec Gael García Bernal, Fele Martínez

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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