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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 20:32

Nouvelle lessive, où à nouveau le linge sale est mélangé au linge propre, mais ici dans des proportions équilibrées. On commence avec du linge propre, en s'attaquant au monument "Avez-vous déjà vu ?...", quintessence de l'humour de Chabat et modèle d'humour absurde. La plupart du temps gratuit, l'épisode sélectionné ici prend quand même la peine de parodier un petit phénomène de société fortement agaçant.

 

 


 

On poursuit avec une vidéo purement destinée à se remplir les yeux (malgré la grandiloquence de la musique choisie, digne d'Armageddon), puisqu'il s'agit d'un time lpase de vues de la terre pendant les périodes de nuit avec une caméra très sensible à la lumière. En résulte un petit voyage en orbite bref mais somptueux.

 

 


 

 

Maintenant, le linge sale avec la bande annonce du futur blockbuster de l'année, 2016, venant du Ganha avec la fraîcheur d'un style brut de décoffrage. Attention, ça va très vite...

 

 


 

 

 

Enfin, voici la pièce maîtresse de la sélection, à savoir le nouveau clip d'Indochine, College boy, réalisé par le canadien Xavier Dolan. Ce clip avait déjà fait l'objet de réactions animées dans la presse, s'offusquant de la violence qui était montrée. Pour ma part, j'éclate de rire à chaque visionnage, tant la pathétique tentative de choquer se révèle ridicule à chaque fois qu'elle relance sa surenchère gratuite sur le punching ball de service (en plus du maniérisme visuel poussé à l'extrême). Et quand les symboles chrétiens s'invitent à la fête, c'est l'apothéose du grotesque, au delà de tout message. L'effet recherché est à l'opposé de celui qu'il produit (avec, pour conséquence ultime, un effet proche d'Alex d'Orange Mécanique s'identifiant aux bourreaux du Christ), la victime échoue à exister par sa souffrance, elle en est juste pathétique d'insipidité.

 


 
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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 11:26

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On le savait, de Niro qui joue les psychopathes, ça donne Taxi Driver ou encore  Trouble jeu. Mais on ne pouvait pas vraiment s’attendre à la claque des Nerfs à vif, thriller scorcesien de bonne facture (quoique beaucoup plus bis à l’accoutumée), qui se propose de jouer avec le fameux dilemme des avocats de la défense : défendre un client que l’on sait pertinemment être coupable. Une bonne idée, qui met finalement en relief (on s’y attendait) les grandes capacités d’acteur de de Niro…

L’histoire : après avoir tiré 14 ans de taule, Max Cady, un brin psychopathe, respire pour se venger de son avocat, mettant en doute l’intégrité de ce dernier pour l’avoir défendu.

 

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Remake du film éponyme des années 60 (dont il recycle les deux têtes d'affiche), Les nerfs à vif se veut être une relecture nerveuse et ancrée dans le style scorcesien, mais en bigger than life. Autant noter tout de suite que malgré ses allures de thrillers un peu bis, Les nerfs à vif est un véritable film à casting. De Niro, Lange, Nolte, Lewis, Mitchum, Peck… Du bon gros casting avec des noms connus, et ici un peu de méchanceté, comme en témoigne l’emploi de la violence faisant toujours mal (les meurtres de la partie finale impressionnent) et les fréquents élans du film à vouloir égratigner la belle façade de la famille américaine riche, torturée par ses propres démons et harcelée par notre psychopathe de service. Dans le genre rôle jubilatoire, celui de Max Cady se pose là, et on sent immédiatement la jouissance de De Niro à l’interpréter. Le scénario lui fait d’ailleurs la part belle, notre taulard étant tout simplement indestructible (il encaisse des chocs démentiels, il se bat après une séance de tabassage à la barre de fer…), tout en se révélant adroitement manipulateur, esthète cultivé (ses fréquentes citations des grands auteurs) et accessoirement violeur et un brin pervers. Un rôle pour le moins riche, et ici complètement tourné vers son interprète qui fait éclater à tous les instants le charisme évident du personnage (tout en lui conférant une rage impressionnante pendant les séquences de violences. Avec un personnage aussi haut en couleur, les seconds rôles se disputent les miettes qu’il reste, sans pour autant renoncer à bien jouer leur personnage. Nick Nolte se débrouille dans son rôle d’avocat pincé qui cède peu à peu à l’illégalité dans l’espoir de se débarrasser de l’importun, et faisant finalement face au dilemme moral dont on l’accuse (partialité), Lange gagne beaucoup en charisme dans les derniers soubresauts de tension, et Juliette Lewis se révèle à la hauteur de son personnage, gentille sans être particulièrement charismatique (malgré les programmes télé qu’elle regarde, digne de La machine à laver). On retiendra surtout l’intensité du rythme de la narration, qui enchaîne sans temps morts les différents échelons de notre escalade de violence, jusqu’à un final véritablement tendu qui tient toutes ses promesses, en se donnant même le luxe de prendre parti (Nolte n’a pas à se salir les mains, le scénario s’en charge pour lui). Une tension latente qui éclate de plus en plus violemment, jusqu’aux attendus meurtres qui viennent tâcher la tapisserie avec un punch remarquable, quoique pas vraiment inattendu de la part du réalisateur de Casino. Une découverte sympathique en tout cas, qui a le mérite d’apporter une bonne dose de divertissement à des enjeux moraux pertinents question justice américaine.

 

4,3/6


1991
de Martin Scorsese
avec Robert De Niro, Nick Nolte

 

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 11:11

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Pointure du film d’action des années 90 avec un Die Hard 2 largement à la hauteur, Renny Harlin a trouvé le genre qui restituait bien ses envies de divertissements, assumant en tout cas ses meilleures commandes avec lui (car Renny est avant tout un homme de contrat, comme en témoigne Freddy 4 ou le fanfaron Peur Bleue). Quintessence de son art, Cliffhanger est, comme le laisse entendre son titre, le sommet d’une carrière et un beau relief du genre, offrant d’ailleurs à Stallone l’une des plus belles pièces de sa filmographie. Rythmé, sans temps morts et dotés de personnages bien gérés (des clichés jubilatoires), c’est probablement le meilleur film de son réalisateur (dans un contexte de film d'action, car Renny ne sait pas vraiment jouer avec les codes du genre), et la démonstration d’une envie de divertissement à la fois violent et jouissif.

L’histoire : après un accident dramatique, Gabe, secouriste alpiniste dans les Rocheuses, broie du noir. Au même moment, un piratage aérien d’un transport de fret s’enclenche au dessus des montagnes…

 

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Si mon enthousiasme va paraître démesuré, c’est parce qu’il y a dans Cliffhanger absolument tout ce qu’on est en droit d’espérer d’un film d’action (au point de le propulser dans la catégorie des chefs d’œuvre du genre). Opéré avec une limpidité qui n’a d’égal que l’efficacité du scénario (une heure quarante sans digressions), Cliffhanger regorge d’instants de bravoure, de violence sale et surtout, il est éblouissant au niveau du cadre naturel. Rare sont les films capable que créer une telle sensation de vertige au premier degré (pour vous en convaincre, voir le médiocre Vertiges), et ici, il est exploité avec un sens quasi virtuose de la mise en scène. Mettant toujours en valeur les reliefs sur lesquels évoluent nos acteurs (on notera même des travelling vertigineux et puissamment immersifs), rarement un film montagnard se sera révélé aussi impressionnant, aussi entreprenant… Le braquage aérien est à lui seul une séquence de bravoure qu’on ne nous a jamais offert depuis. La cascade est d’ailleurs répertoriée comme l’une des plus chères du milieu, vu la complexité de la coordination entre les deux avions (et il faut le voir pour le croire). Et à partir de la trépidante séquence et du crash de l’avion (une maquette bien faite), le suspense se lance, comme nos personnages à l’assaut de la poudreuse ayant avalé trois valises remplies ras-la-gueule de billets. Malgré le soin du contexte (5 minutes chrono au total pour détailler le convoi de fond, la nature du chargement et les motivations du leader patibulaire), rarement les enjeux auront été aussi simples, et finalement aussi exploités. Ménageant chacune des confrontations entre les hommes de main et un Stallone furibard pour en faire un combat marquant (variété des morts, les plus marquantes étant celles de la stalactite et du perforateur), le film conserve son efficacité sans jamais faire mollir l’ensemble, et surtout sans jamais se rendre ridicule. Là où certains de ses concurrents s’accordent des incohérences (brutal changement de caractère d’un second rôle, cascade impossible…), Cliffhanger est exigeant et vise le réalisme, comme en témoigne le gore utilisé pendant tout le film. Chaque impact de balle fait pisser le sang comme le maître Verhoeven, et cela sans crainte des réactions de la censure (le passage de la stalactite est, bien sûr, le meilleur exemple). Des éléments qui se rajoutent aux qualités du bestiau, qui va sans cesse de l’avant, jusqu’au grand final qui conclue d’une façon jubilatoire l’affrontement titanesque au cœur des montagnes. Feu d’artifice final qui joue une dernière fois sur le vertige du spectateur, Cliffhanger conclue en beauté, avec évidemment le dialogue humoristique final digne d’un Mc Clane, enchaînant sans épilogue sur le générique, point final à un spectacle plus que satisfaisant. L’efficacité revient indéniablement à des méchants bien gérés, chaque homme de main bénéficiant d’un petit traitement de caractère certes cliché, mais qui « l’incarne » suffisamment pour qu’on se rappelle de sa tête (et de son principal trait de caractère). Avec en prime un méchant principal machiavélique qui se révèle pleinement satisfaisant dans son emploi, faisant courir Stallone jusqu’au point de côté (déjà un exploit quand on voit qu’à soixante ans aujourd’hui, Van Damme lui arrache à peine un grognement dans Expendables 2). Bonne référence du grand film d’action, Cliffhanger, depuis sa sortie, bénéficie d’une notoriété tout à fait enviable, et se hisse à la hauteur des Mc Tiernan (le temps d’un film). A couper le souffle.

 

5/6


1993
de Renny Harlin
avec Sylvester Stallone, Michael Rooker

 

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 11:03

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Le film qui a consacré Ridley Scott, peut être davantage qu’Alien, est indéniablement Gladiator. Véritable fresque de deux heures et demie, aussi généreuse que fantasmée, Gladiator embarque son public dans le vrai grand péplum, si intense, si trippant qu’il parvient à faire oublier les fréquents viols historiques qu’il s’autorise. Scott fidèle à lui-même donc, pour le meilleur ici.

L’histoire : En 150 av JC (glasp !), Maximus, le général de Marc Aurèle, est désigné par ce dernier comme héritier du Trône. Commode, son fils légitime, assassine sur le champ son père afin de récupérer l’héritage qui lui échappe. Commandant l’exécution de Maximus, c’est un duel viril qui débute…

 

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J’avais toujours conservé quelques réserves des nombreux visionnages que j’avais eu pendant mon adolescence une impression de surcharge, de bourrinage frontal et assez mal à propos pour une fresque « historique » (pour faire une comparaison injuste, type Jeanne D’Arc à la Luc Besson). Il convient aussi de rendre hommage à feu Madame Roubain, ma prof de latin au collège, qui refusait de nous diffuser le méfait de sieur Scott au vu du manque de rigueur historique. Elle le méprisait du regard derrière les hublots qui lui servaient de lunettes, fulminant à l’idée de remettre le petit monsieur Scott à sa place d’amuseur grand-public… Malheureusement, si il convient de prendre l’avis de la vieille école, je ne serai pas réactionnaire en face de l’éblouissant travail qui a été accompli sur ce projet, qui correspond tout à fait au visionnage sur grand écran. Gladiator est un spectacle ample, fonctionnel, qui malgré sa propention à plier l’histoire aux thématiques qu’il veut aborder (une vision de l’ordre ici, celle de Marc Aurèle qui souhaite endiguer la décadence de Rome en plaçant à sa tête un empereur puissant et capable de repousser la corruption du sénat. Maximus semble donc désigné d’office pour remplir ce rôle délicat, malgré la lourde responsabilité qui lui incombe (la première étant de briser la longue chaîne héréditaire des empereurs). Comode, le fils tardif, toujours resté dans l’ombre de son père, apprend la nouvelle, et sentant sa destinée lui échapper, décide passer à l’offensive avant que l’affaire ne soit officialisée, en commençant par évincer le père idéaliste puis son héritier spirituel. Véritable roman sur pellicule, animé de multiples rebondissements, de portraits soignés (l’excellent dresseur de gladiateurs interprété par Oliver Reed) et de scènes grandioses (chaque affrontement dans l’arène est une tuerie), Gladiator prend son temps (deux heures et demie) pour dresser l’une des visions de Rome les plus spectaculaires de l’histoire du cinéma. Jouant avec les codes de l’époque (la popularité des jeux et leur signification politique) pour ménager un duel Esclave vs Empereur aussi surréaliste que galvanisant, on peut voir en Gladiator un pic dans la carrière de Ridley Scott, qui signe là, en plus d’un hommage respectueux aux péplums d’antan, une véritable fresque épique qui culmine dans des cimes qu’on atteint rarement (Braveheart, Apocalypto…). Excessif, le film s’autorise fréquemment des écarts assez impardonnables (le corps du gladiateur porté en triomphe alors que celui de l’empereur est laissé dans le caniveau comme un vulgaire étron) car il part dans une vision fantasmée de l’antiquité (une vision libérale en fait, très américaine dans le sens où le héros plus bas que terre parvient à briller et à rester dans les mémoires). Spectacle grandeur nature à prendre avec beaucoup de recul pour la validité historique, Gladiator reste toujours le chef d’œuvre qu’il a été, continuant à provoquer la fascination de son public. Une valeur sûre…

 

5/6


2000
de Ridley Scott
avec Russell Crowe, Joaquin Phoenix

 

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 11:13

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Avec l’Imaginaerum, le groupe Nightwish se propose de mettre en image son album éponyme, en suivant à la fois l’histoire qu’ils illustraient dans leurs chansons et en brodant un peu pour parvenir au format standard d’une heure trente. En résulte un film forcément inattendu et assez extrême dans ses partis pris. Toutefois, il est possible d’affirmer que, tel qu’il se présentait, Imaginaerum est exactement ce qu’il avait l’air d’être vu de loin.

L’histoire : Thomas, chanteur de rock de profession, est plongé dans un coma depuis de nombreuses années. Alors que sa fille décide d’interrompre les soins médicaux dont il bénéficie, son esprit évolue dans un monde de rêve où se mêlent ses souvenirs.

 

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Présenté ainsi, l’Imaginaerum a tout d’un OFNI et peut prétendre au statut de film culte. Usant d’un surréalisme plutôt hérité de Gilliam, cet imaginaerum est toutefois moins foisonnant, moins pétillant et surtout plus numérique que son homologue britannique. Si l’imaginarium de ce cher Parnassus montrait quelques limites dans certaines séquences (la course en échelle, le décor qui s’effrite…), l’imaginaerum, quant à lui, sent vraiment le numérique dans toutes les images. Virtuellement, c’est beau, les décors très lisses sont soignés, mais tout cela manque de vie. C’est désincarné au dernier degré, alors que les films de Gilliam respirent. Et cette désincarnation n’est qu’une facette de ce qu’est finalement l’Imaginaerum : un clip d’une heure et demie dédié à Nightwish et à Tuomas Holopainen, le leaderdu groupe (et son précieux claviériste). Le film, sur l’ensemble de sa durée, échoue à créer la moindre profondeur. Dans le monde féérique, il tente de trouver la richesse dans un mélange de souvenir volontairement embrouillé, tournant autour de symboles facilement reconnaissables dans le monde réel et… C’est tout. On voit des liens, et c’est sensé remplir, être beau, donner du sens… Mais c’est finalement aussi désincarné que le monde réel que le film expose, qui est lui, disons le, absolument chiant. Le dilemme moral de la fille de Thomas ne nous émeut même pas (malgré une exposition intéressante), car à vrai dire, on dort devant ses longs dialogues avec sa mère. Vraiment, même en essayant de faire des efforts pour s’intéresser, la froideur de l’ensemble et la cristallisation complète des positions de chacun rend le spectacle complètement anesthésié. On pourrait même entendre un écho tellement c’est creux… Mes paroles assassines en viendraient presque à masquer la qualité formelle de l’ensemble, qui sonne faux mais qui bénéficie d’un soin léché (comme un clip, en somme). Mais pour ce qui est du reste, à moins d’être un fan de Nightwish (et de prendre ce film pour ce qu’il est à la base : une simple transposition en image d’un album), le spectateur lambda ne va rien bitter à ce qu’il va voir, ou plutôt il se sentira tellement peu concerné qu’il retournera bien vite chez les Pink Floyd et Alan Parker, les visions surréalistes de The Wall enterrant complètement cet Imaginaerum. L’envie de faire de la poésie est louable, elle se ressent d’ailleurs (notamment dans le bonhomme de neige monstrueux). Mais ici, on tient une poésie polie, qui préfère se lancer dans la belle image creuse plutôt que d’oser faire vraiment un film (et au jeu de la gratuité, à moins de ménager une ambiance captivante, je m'ennuie). En attendant la sortie de la bestiole, il est toutefois possible de préparer le terrain en écoutant l’album en question.

 

1,5/6


2012
de Stobe Harju
avec Marianne Farley, Quinn Lord

 

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 11:00

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Avec Slow Torture Puke Chamber, Lucifer Valentine entend conclure en grandes pompes sa saga sacrilège Vomitgore. C’est d’autant plus grandiloquent qu’il apparaît comme l’épisode faible de la trilogie, derrière Regoregitated sacrifice et Slaughtered vomit doll. Et contrairement à ce dernier, l’esthétique a beaucoup été vue au rabais, se réduisant à des détails (et même plus des séquences). Enclenchement du mode « trash » et visionnage de la nouvelle comédie du moment…

L’histoire : Angela Aberdeen, actrice porno boulimique, part un peu en cacahouète pendant que le Diable (Lucifer Valentine himself) lui tourne autour…

 

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Il faudrait vraiment confier le remake de Rosemary’s baby à Lucifer Valentine, parce qu’il te dynamiterait tout ça avec une énergie à retourner les yeux dans leurs orbites. Si il n’est toutefois pas à la hauteur devant Jimmy Screamerclauz, nul doute qu’à l’ambiance molle de Polanski, il nous collera des séquences vomi (les nausées pré-natales) et urophile (curieux de voir comment il justifierait ça…) pour faire un peu avancer les choses. Slow torture puke chamber contient une femme enceinte et une actrice porno boulimique qui mange des gâteaux recouverts d’insectes, pendant qu’une troisième jeune et jolie femme pisse dans sa propre bouche. Le plus notable, c’est le recul démentiel en termes d’esthétique de ce nouvel opus de la trilogie. Si regoregitated flirtait avec l’expérimental au cours de plusieurs séquences et parvenait à obtenir des résultats séduisants, Slow torture puke chamber est moche dans son dépouillement, et mince dans son quotas de gore. A l’exception du final dont je vais reparler… rien. Une heure de paraphilie, ce qui est assez long quand on n’est pas paraphile (comprendre qu’une paraphilie est une pratique qui se substitue au sexe sur un plan sexuel, qui délocalise l’excitation sur autre chose). Et pour Lucifer Valentine, cette autre chose, c’est l’excrémentiel. Sans sombrer dans la coprophilie, nous avons donc de longues séquences d’hématophilie (où l’héroïne vomit à tout va, c’est justifié par sa boulimie) et d’urophilie, qui me confortent dans mon opinion que Lucifer vend ses sex tapes à unearthed films pour les commercialiser parce qu’il n’y a pas de petits profits. On notera, en plus de l’excellent générique d’ouverture (le seul vrai bon moment de STPC, recherchant l’expérimentation en mêlant strip tease, images de petites filles, poupées reproduisant les mêmes mouvements et images d’archive d’insectes), deux agressions morales complètement gratuites qui sont pour beaucoup dans la réussite comique de STPC. Le premier est une séquence de masturbation dans une baignoire avec un crucifix façon L’exorciste, mais cadré comme un porno ce coup ci… Et comme c’est pas assez, elle commence à vomir sur le crucifix en pleine action, histoire d’en remettre une bonne couche. Ca, c’est de la bonne surenchère ! Et enfin, la fin, où le diable en personne (Lucifer, ayant mis ses plus belles lunettes de soleil pour l’occasion) fait une césarienne pour récupérer un bébé sur lequel il vomit, puis il le viole comme dans A Serbian Film, puis il le coupe en morceaux, puis il fait dégueuler sa mère en lui enfonçant ses membres dans la gorge, puis il mixe le fœtus dans un mixer, puis il boit le bon jus de bébé, puis il le revomit, puis il le reboit… Une scène d’un quart d’heure qui relance sans arrêt la surenchère dans le gore trash. Le pauvre fœtus innocent n’en demandait pas tant… Bref, Mr Valentine essaye à nouveau d’invoquer le diable sur pellicule, mais ça ne fonctionne pas vraiment. Toutefois, Jimmy Screamerclauz a dû bien se marrer, et nous aussi d’ailleurs, car à moins d’avoir réellement un sens, une surenchère stérile dans le trash donnera un résultat plus proche de Feed que des Diables de Ken Russell (sauf que Feed fait en plus l’erreur d’ouvrir sa gueule). La comédie du mois !

 

0,5/6

 

2010

de Lucifer Valentine

avec Lucifer Valentine, Ameara Lavey, Hope Likens

 

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"Bonjour. Je m'appelle Lucifer Valentine, et j'aime bien les milk-shake à la viande."

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 10:54

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J’attendais avec un certain enthousiasme La marque des anges, car en plus d’encourager l’initiative de faire un thriller français (à l’image des rivières pourpres), c’était l’occasion de prendre un peu le poult de Depardieu (dont on attends la performance dans le rôle de DSK) et de se divertir sans prise de tête avec un thriller un peu méchant. Et si, très curieusement, le tandem d’acteur à l’écran fonctionne bien, le ridicule gagne parfois le récit.

L’histoire : dans une paroisse parisienne, le chef de chorale (vieux vicelard aimant les jeunes garçons) est assassiné par flingage de tympans. Depardieu, flic à la retraite, est sur le coup. A des centaines de kilomètres, Joeystarr enquête sur des rapts d’enfants.

 

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Si l’adaptation de ce best seller de Grangé souligne clairement des faiblesses de mises en scène et des lourdeurs qui la font pencher épisodiquement vers le nanar, on sent bien vite les thématiques de l’auteur, qui semble affectionner une menace en particulier : les nazis. Depuis Nuremberg, les gouvernements se les arrachent, les planquent, se servent de leur compétences, et ils restent la principale menace du monde. Bon, je raille en étant de mauvaise foi (les nazis, ça reste de bons méchants), mais le premier degré inébranlable qui entoure ces bourreaux sent clairement le formol, soigneusement conservé et entretenu après toutes ces années, au-delà de la piqure de rappel sur le devoir de mémoire régulièrement injectée dans le film (et, en fin de compte, une des touches qui incarnent davantage le film dans un contexte français). Grangé ne se renouvèle donc pas vraiment, on nage en terrain connu, avec du pseudo-mysticisme pour donner l’ambiance au cours de meurtres étranges où les victimes sont mortes d’arrêt cardiaque dus à l’explosion de leurs tympans. Il y a aussi cette fameuse marque qu’on nous a vendu en bande annonce et dont on ne nous dévoilera jamais la signification. Question efficacité, je m’interrogeais il y a plusieurs mois sur les raisons qui poussaient Kassovitz sur Les rivières pourpres à placer de l’action à chaque révélation. Je constate aujourd’hui combien ce choix était pertinent (et surtout intelligent). La marque des Anges est un thriller mou, un polar qui se focalise avant tout sur la quête de vérité et d’information plutôt que sur des courses poursuites avec les assassins. Pas de scènes d’action (ou de minuscules). Or, quand l’enquête lâche des révélations, ces dernières prennent parfois une teinte tellement surréaliste qu’on vire au ridicule. C’est par exemple le cas de Frank (Joeystarr) enfant, qui pour s’échapper d’un centre de détention néonazi, saute du second étage sur le sol sans la moindre douleur, et se retrouve face à un mur de barbelés avec une patrouille de 5 hommes et trois chiens qui foncent vers lui. Ellipse, il s’est enfui… Bordel de merde, Dieu est intervenu en personne ou quoi ? Ou encore la séquence où l’on découvre le chef de chœur obèse forniquant avec un adolescent, le tout entrecoupé de gros plan d’un crucifix (genre c’est pas bien, ce qu’il fait, le gros monsieur). Mais la palme du ridicule arrive pour le grand final.

 

En effet, MEGASPOILER, les nazis utilisent des enfants qui chantent très aigus pour exploser les tympans des victimes. Déjà, c’est surréaliste (et attendez de voir la mollesse avec laquelle les enfants chantent le Miserere en playback). Mais jusqu’à maintenant, le film évitait de les montrer, ou alors, il s’arrangeait pour ne pas mettre de sons pendant les séquences de cris. Et bien là, on se tape un gamin qui ouvre grand la bouche avec des cris de chauve souris ! Et ça pendant une minute. Véritable apothéose de ridicule involontaire, j’étais aux anges (^^) devant une telle faute de goût, anéantissant les gros efforts de suspense pourtant faits sur la fin. Top 10 du ridicule involontaire. FIN DES SPOILER

 

Bon, même si le film prend l’eau, il convient de relever la bonne alchimie qui opère entre Depardieu et Joeystarr, chose qui n’était vraiment pas gagnée d’avance (précisons que je nourris beaucoup d’antipathie pour Joeystarr, qui avait réussi à faire illusion sur Polisse, mais qui révèle son vrai côté dans Les Seigneurs, et qui confirme ici avec un tempérament certes exagérément violent, et en tout cas non charismatique). Dommage donc de gâcher la retenue de la mise en scène qui peine à faire passer les grosses pilules du scénario, le tout sans maintenir une grande efficacité dans la narration. Quant aux enfants, malgré leurs gueules d’anges, ils sont mal dirigés. On aura pitié de l’exécuteur aux cheveux bouclés, qui se ridiculise en essayant d’y aller à fond. Le cancer peut commencer donc, vu que ce n’est pas l’essai qui administrera un remède de cheval au suspense dans le pays du camembert.

 

1,9/6


2013
de Sylvain White
avec Gérard Depardieu, JoeyStarr

 

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"Miserereeeeeeeeeeeeeee !" Des enfants qui poussent des cris de chauve souris... Terrifiant !

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 12:21

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Nouveau road movie avec le film culte Thelma & Louise. Tourné par un Ridley Scott alors en état de grâce, le film mise tout sur un duo d’actrice rayonnant (Geena Davis et Suzan Sarandon) pour donner dans la comédie aux lisières du drame, mais jamais décidé à sombrer dans la tristesse. Animé d’une énergie qui n’a d’égal que l’enthousiasme communiqué au spectateur, Thelma & Louise est bien le chef d’œuvre que sa réputation laisse entendre.

L’histoire : Thelma et Louise, des amies possédant chacune leur petite vie (Thlema est mariée à un fieffé connard, Louise est en couple et travaille dans un cofee shop), partent passer un week end à la montagne. En chemin, Thelma est agressée par un violeur, que Louise abat. Commence alors une cavale vers la frontière mexicaine.

 

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La force de Thelma & Louise tient évidemment dans son duo d’actrice, magnifique composition de portraits féminins, chacune possédant ses subtilités. Geena Davis  joue la plus jeune des deux, un brin excentrique et insouciante au quotidien (d’où une pêche d’enfer et une certaine hésitation devant le pessimisme de certaines situation) ; Suzan campe la plus âgée, beaucoup plu pragmatique et femme d’expérience, qui n’a perdu ni son sourire ni son humour. Un parfait couple d’amies pour traverser ce film qui demeure un beau portrait de femmes, souvent confrontées à des hommes aux caractères… variables. Si on ne se contente de pas plus de deux portraits féminins (exception faite de la caissière du bar), ce sont les personnages masculins qui défilent, pour le meilleur et surtout le pire. Michael Madsen et Harvey Keitel campent clairement les bons, ceux qui en ont encore quelque chose à foutre, et qui, par amour ou par respect, veulent encore aider nos personnages dans le destin vers lequel elles s’orientent. Madsen, en compagnon de Louise, trouve ici un de ses rôles les plus attachants, jouant habilement sur la violence pouvant émaner de son personnage pour exprimer la rage de sentir que l’être aimé s’éloigne. Keitel est lui plutôt dans une optique de limiter les dégâts, l’addition ne cessant de s’accroître au fur et à mesure que progresse le film. Film qui parvient d’ailleurs à enfreindre les lois avec jubilation, au cours de séquences cultes qui déclenchent souvent l’hilarité. Thelma & Louise est indéniablement une comédie culte, dans la façon qu’elle a de railler la misogynie avec une effronterie jubilatoire, et de laisser tous les hommes (toutes les forces de police sont des hommes) sur le carreau. Impossible de ne pas mentionner le mari de Thelma, parfaite incarnation du beauf suffisant qui déclenche l’hilarité à chaque fois qu’il apparaît à l’écran tant il se ridiculise à chaque intervention. A toutes les étapes de l’histoire, il baisse encore davantage dans notre estime, avec un point culminant pour le coup de téléphone (« Salut Thelma ! » avec Thelma qui raccroche immédiatement), où il passe pour un abrutit devant les policiers et la gente féminine. Merveilleux ! Et ses petits ricanements de chieur né déclencheront aussi leur dose de fou rire. S’attachant donc à montrer une force masculine figée de surprise devant des femmes lambda qui se transforment en quelques jours en meurtrières en fuite, Thelma & Louise avance sans s’arrêter avec un sentiment de liberté totale, une euphorie qui jusqu’au dénouement refuse de mourir, préférant terminer en feu d’artifice ce qui aurait pu devenir cruellement plombant. Petit oubli, Brad Pitt vient y jouer un rôle secondaire d’ordure à belle gueule qui vient apporter sa pierre à la description du genre masculin. Vivifiant d’un bout à l’autre, ce cru de Ridley Scott, plus sobre qu’à l’accoutumée, est un monument dans la filmographie de son auteur et se doit d’être visionné.

 

5,5/6


1991
de Ridley Scott
avec Susan Sarandon, Geena Davis

 

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 10:08

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Retour de Tsukamoto sur ce blog avec l’un de ses meilleurs crus : Gemini. Drame se situant à la lisière du fantastique, Gemini est un authentique chef d’œuvre, que ce soit dans sa mise en scène ou dans ses ingrédients. Belle peinture de personnages et illustration d’une angoisse classique (se faire déposséder de sa vie), Tsukamoto condense sur une heure vingt des pans entiers de réflexions sur toutes les thématiques qu’il aborde. Avec une justesse qui n’a d’égal que la sobriété.

L’histoire : Yukio est un médecin japonais vivant dans une époque trouble (la guerre vient de se terminer, mais quelle guerre ?), entouré par ses parents et sa jeune femme Rin, amnésique. Mais bientôt, ses parents meurent dans des circonstances étranges, et une présence semble être liée à ces morts…

 

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Eblouissante réflexion sur la gémellité, Gemini est un bonheur de tous les instants, magistral dans l’exposition de ses thématiques et éblouissant dans le traitement des personnages. C’est d’autant plus fascinant que Tsukamoto délaisse complètement l’expérimentation ici (pourtant le fer de lance de ses meilleurs films (Tetsuo et le méconnu Bullet Ballet)) pour donner dans un registre plus posé, ultra stylisé (les éclairages complètement surréalistes passant de l’orange au bleu, ou donnant dans le vert), aux frontières du fantastique (la découverte du frère est un étrange ballet devant la mère qui provoque une sorte de malaise). Impossible de ne pas spoiler le film pour décrire les nombreuses thématiques qu’il aborde, mais essayons d’en dire le moins possible. Le thème principal du film, l’histoire en elle-même, et celle d’un frère jumeau qui vole la vie de son frère médecin pour lui reprendre sa femme, qu’il a connu auparavant. C’est donc initialement une substitution liée à l’amour, et aussi une vengeance sur cette famille qui l’a rejeté dès la naissance pour une marque difforme qu’il a sur une cuisse. Les deux thématiques sont toutes traitées avec intensité, surtout la première. Là où notre médecin se révélait être un gentil timide incapable d’effleurer sa femme, notre remplaçant dégage un romantisme torride. Pendant que Yukio croupit au fond du puit de la maison, son frère redonne un coup de fouet à leur amour, et suite à ce changement, Rin se rend compte de la substitution et peut ainsi développer son parcours et ses choix amoureux. C’est là que le contexte social du film ressort d’un coup et qu’il s’impose comme axe de réflexion majeur. En effet, Yukio, pensant comme son père à ce sujet, voit d’un mauvais œil les quartiers pauvres, repère de délinquance et source de nombreux maux. Le dilemme est clair quand, au même moment, un bébé malade lui est amené par une mendiante ainsi que le corps du maire de la ville blessé à l’abdomen. Hésitant sur la priorité à donner, il finit par soigner le maire sans donner d’explication, le geste étant clair vu son opinions sur les pauvres. Les origines de Rin étant troubles, on peut déjà commencer à se douter de quelque chose. Puis voilà enfin le frère sorti de nulle part, qui n’a toujours connu que la pauvreté et l’avilissement, vivant de rapines et de meurtre sans se soucier de morale. Les personnages et leurs opinions en prennent tous un coup (Yukio découvre que le meurtre n’est pas lié à la condition sociale, tout comme son frère découvre le changement de Rin avec les années et l’absence d’amour qu’elle a pour lui… Il convient de relever aussi la séquestration de Yukio, torturé moralement par son frère et se voyant dépossédé de sa vie par un double machiavélique lui volant non seulement sa femme, mais projetant de détruire le travail de sa vie. Une parfaite angoisse abordée dans Possession, et ici traitée sur la longueur, sans le basculement total dans le fantastique. Eblouissant graphiquement, porté par d’excellents acteurs (les personnages sont beaucoup moins caricaturaux qu’ils n’y paraissent, et le jeu des acteurs est bien plus subtil que prévu), Gemini est peut être un des meilleurs films de Tsukamoto depuis Bullet Ballet. Une vraie baffe cinématographique.

 

5,5/6


1999
de Shinya Tsukamoto
avec Masahiro Motoki, Yasutaka Tsutsui

 

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 10:00

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Man of Steel, sortie du moment, centralise beaucoup d’espoirs de la part des cinéphiles, le film tentant de s’attaquer à la légende de superman d’une façon neuve (ce n’est pas faute de répéter que Nolan a participé à l’élaboration du scénario), le tout sous la direction de Snyder, réalisateur aussi redouté qu’acclamé pour ses adaptations de comic book (300 et Watchmen, des films qui ont beaucoup divisé). Le résultat tient clairement du spectacle grand public, même si n’évitant pas pendant certaines séquences de l’humanisme emmerichien, faisant preuve d’une certaine habileté à mimer la profondeur…

L’histoire : Krypton, planète condamnée par l’effondrement de son noyau interne, se voit victime d’un coup d’état mené dans ses dernières semaines de vie mené par le général Zog. Lui ayant dérobé la bibliothèque génétique de la planète entière, un des membres du conseil parvient à faire fuir son fils l’artefact dans une capsule spatiale.

 

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Snyder, jusqu’à maintenant, avait conservé un champ de vision aux limites du pessimisme (son premier essai, L’armée des morts, en est le meilleur représentant avec Sucker Punch), et s’attachant surtout à cerner les limites de ses personnages (Watchmen, les hiboux nazis de Gahooles…). En bref il ne mimait pas la profondeur, il allait la chercher loin, très loin, en se plongeant parfois dans la crasse humaine pour y parvenir. Dans Man of Steel, il semble complètement avoir changé son fusil d’épaule, puisqu’il évacue toute noirceur, y compris dans l’enfance de superman, gentiment brimé par ses camarades et apprenant à prendre sur lui parce que c’est dur. Un matériau riche, mais complètement anesthésié par une mise en scène grand public qui, plus il avance, plus il a du mal à cacher son fond typiquement blockbuster type Independance Day. Man of steel est en quelque sorte l’anti-Watchmen, et chaque public de ce dernier (pour ou contre) se retrouvera dans le camp opposé pour ce nouveau film, d’un triomphalisme à la gloire de la confiance qu’on peut accorder aux hommes. La principale question que se pose Superman reste : l’humain est-il digne de confiance. A cela, le père adoptif, campé par un Kevin Costner d’une justesse bluffante, y répond non avec beaucoup de finesse. Et à la question de Superman, le film répond Oui, et avec les trompettes et les drapeaux, s’il vous plaît ! Le film commençait plutôt bien en filmant les derniers instants de Krypton, il y avait là un magnifique climat d’apocalypse, s’attachant à illustrer les derniers balbutiements de la vie politique avec une tentative de coup d’état. Mais une fois Krypton explosée (et les instigateurs de la rebellion emprisonnés et mis en orbite (bon sang, ils prennent la peine de faire ça alors qu’ils vont tous mourir dans quelques heures)), on arrive sur Terre, et là, on commence à plonger. Le nouveau superman est un freak. Soit. C’est en effet dur de devoir perpétuellement cacher sa nature. Mais face à cette écrasante supériorité, notre homme d’acier se révèle d’un humanisme à en rendre jaloux ses concitoyens. Sa franchise est appréciable, mais son côté gentiment donneur de leçon, pensé pour rendre le personnage sympathique, ne parvient pas vraiment à lui donner la profondeur recherchée. Et quand les insurgés reviennent, ils prennent la peine d’avertir la Terre de se soumettre à leur directive : livrer Superman. Autant dire que l’humanité entière fait preuve d’une conduite exemplaire. Alors que tous les autres pays non concernés (tous sauf les USA, donc) semblent se tenir quat et continuer le cours de leur existence sans mettre la pression à l’internationale, les GI joes s’occupent de l’encadrement de l’opération en défendant brillamment leur orgueil masculin situé sous la ceinture (« je m’en branle de ce que vous direz au général ! » asséné à la délégation extra-terrestre lors du premier contact en direct, classe comme carte de visite), tout en étant visiblement totalement inapte à lutter en face de la menace du pauvre vaisseau du général Zog. Général Zog campé par un Michael Shannon aux motivations claires, mais qui échoue complètement à lui donner l’étoffe d’un méchant mémorable. Une déception pour ma part, malgré un affrontement titanesque. D’ailleurs, plus l’intrigue avance, plus le vide est évident, plus Nolan et son camarade scénariste comblent les blancs avec des séquences à effets spéciaux qui veulent visiblement en mettre plein la vue, transformant la dernière demi-heure en remake d’ID4, explosant les immeubles, pulvérisant les grattes ciels (avec des humains qui préfèrent s’aider les uns les autres quitte à tous y rester), et se terminant par du mano-y-mano pas très convaincant niveau profondeur. Face à l’enjeu principal du film (Superman possède dans ses cellules la mémoire génétique de tous les habitants de Krypton), notre homme d’acier lui fait un gros bras d’honneur, parce que les hommes, c’est bien, faut juste leur faire confiance, et si on leur fait confiance, ben ils nous le rendent bien. Beaucoup trop gentil pour faire partie de la filmographie de Snyder, Man of Steel est donc une relecture assez ratée, qui fait surtout craindre le pire pour Christophe Nolan quand on voit au service de quels projets il offre son talent de suspense, ici substitué à une mythologie quasi biblique (avec même passage chez un prêtre, gentille initiative, hélas un peu trop appuyée). Un blockbuster bouffi qui casse donc bien des idées, malgré des effets somme toute spectaculaire et des personnages qui se laissent suivre. Un défonçage sans animosité, mais mis à côté d’un Sucker Punch déjà pas irréprochable, la descente niveau ambition est raide…

 

2/6


2013
de Zack Snyder
avec Henry Cavill, Amy Adams

 

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