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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 13:22
Les damnés

Les Damnés marque le début de carrière dans le cinéma grand public italien de Helmut Berger, sous la direction du fastueux réalisateur Luchino Visconti. C’est essentiellement pour Helmut Berger que j’ai découvert le film, sa performance dans Salon Kitty m’ayant marqué. Ici, les oripeaux nazis reviennent à la charge, sous l’angle d’une tragédie familiale qui avait tous les ingrédients pour marquer le spectateur.

L’histoire : Alors que famille gérant une compagnie d’aciérie allemande se réunit, l’annonce de l’incendie du Reichtag est faite. Devant le changement de cap politique du pays, la famille, qui avait toujours répartis ses membres pour le meilleur équilibre possible, doit revoir ses positions vis-à-vis du national socialisme. Commence alors un jeu de luttes intestines.

Les damnés

Les damnés est un film fleuve de deux heures trente, un gros morceau de cinéma sur la trajectoire d’une famille que les aspirations personnelles et la pression politique consume peu à peu alors que le parti national socialiste affirme son autorité. Son univers est passionnant, car le microcosme familial, strictement composé de personnages de la haute société allemande, compile différents maillons et différentes pensées. Dans la situation d’exposition, le paternel fait office de médiation, tentant de faire cohabiter tout le monde pour le mieux. Il y a l’actuel patron des aciéries, beau-frère farouchement opposé au national-socialisme, le frère engagé comme commandant dans les sections d’assaut, le fils opportuniste sans étiquette et sa femme (qui écrase immédiatement n’importe quelle Cameron Diaz avec une facilité déconcertante), et le cadet efféminé inconstant, qui ne semble jamais entrer dans les jeux de pouvoir. Et leurs enfants. Un grand tableau humain, dont la longueur peut parfois faire perdre certains repères, mais dont les trajectoires sont simples. Le but initial étant de garantir aux aciéries une certaine indépendance, tout en se faisant bien voir du parti politique actuellement en vigueur. Un vrai game of thrones où la raison dicte d’abord les attitudes, bientôt remplacées par les querelles et les trajectoires personnelles. Pour ses opinions politiques, le beau frère est vite destiné, et bientôt menacé. Il fuit alors sans sa femme et ses enfants, abandonnant ces derniers qui se retrouvent vite prisonniers des institutions. Et très vite, on s’aperçoit que le timide cousin installé en milieu de table, faisant partie de l’élite des SS, est celui qui se révèle le plus adroit au jeu du pouvoir. C’est finalement le pouvoir de l’opportuniste, l’habileté à exalter les passions du moment et à retourner des opinions dans une direction bien précises, quitte à faire des alliances avec plusieurs camps pour tous les diriger sur tel ou tel objectif. C’est moins les théories raciales que l’opportunisme qui est dénoncé ici, avec une férocité qui impressionne (je pense à la réunion de famille finale, véritable parodie de l’ouverture). Tout en joignant quelques repères temporels (l’assassinat des chefs des SA pendant la nuit des longs couteaux) pour assurer à l’histoire une évolution et une cohérence sur ses deux heures et demie. Qui sont le principal défaut du film. Ce dernier est parfois trop long, et rajoute des arcs dont on aurait pu se passer (je pense surtout au personnage interprété par Helmut, dont on suit le quotidien pendant plusieurs séquences en appartement avec une gamine voisine). Il aurait été facile de condenser, quitte à perdre en nuance sans porter atteinte au propos. Les personnages étant nombreux, je n’en rajouterai pas plus sur les trajectoires de chacun. On note toutefois qu'une petite touche de fantasme a été distillée ça et là, avec le numéro de travesti d'Helmut (assez incongru) et la fête des SA, au cours de laquelle la moitié des troupes finit par revêtir les habits des hôtesses présentes pour la soirée. Une façon de souligner une perte de repères de la société, ou simple liberté de mise en scène ? Malgré sa longueur, Les damnés est une habile fresque historique, retranscrivant plutôt finement les dilemmes politiques pendant la montée de la dictature nazie.

1969
de Luchino Visconti
avec Dirk Bogarde, Ingrid Thulin

4,5/6

Les damnés
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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 13:19
Happiness

Happiness est un véritable rayon de soleil. Après 5 minutes de film, je savais déjà que ce serait au moins un 5/6. Mon attachement n’a cessé de se confirmer, et finalement, même si la conclusion bâcle un peu, c’est un colossal moment de cinéma. A quelques détails près, nous aurions eu une version trash de Magnolia, avec autant de puissance.

L’histoire : Une famille. Le père veut la séparation avec sa femme alors qu’ils ont dépassé la soixantaine. Les trois filles sont adultes. Joy cherche l’homme idéal en enchaînant les ruptures. Trish est mariée à un psychologue aux pulsions pédophiles. Helen, auteur à succès, ne parviens plus à écrire, et ne prête pas attention à son voisin amoureux d’elle…

Happiness

Dans le genre drame social, on en prend pour une bonne tranche. Mais c’est cela qui est merveilleux. En plus des performances d’acteurs, c’est la virtuosité de l’écriture du script qui permet de transcender toutes ces scènes de ménage, de développer chacun des personnages avec une empathie et une proximité dont l’efficacité rend tout simplement béat. L’étiquette de film sur la vie n’est jamais volée, les émotions sont constamment mises en avant, et heurtent avec fracas le spectateur, qui aura largement matière à se sentir en proximité, dans les errances les plus atroces comme dans les rapprochements apaisants. Si les personnages finissent par pratiquement tous se rencontrer les uns les autres, chacun a sa trajectoire personnelle, influencée par ses propres recherches et ses révélations personnelles. Et a ce jeu, le film est plein de ressources. C’est magnolia, sans la bonté intrinsèque et diffuse. Il est plutôt axé sur les peines et le désespoir de ses personnages, qui se débattent dans leur vie contre leurs craintes les plus tenaces, qui triomphent ou qui échouent. Avec une large disposition à verser dans le trash. C’est un peu ce point qui a au final freiné mon empathie, ce trash paralysant la proximité qui a tendance à s’installer. Pour le reste, Happiness est un vrai grand huit émotionnel, où chaque acteur trouve le ton juste sans éclipser ses pairs. A ce jeu, Philip Seymour Hoffman sera surement celui dont on se rappellera le plus. Célibataire quarantenaire au physique ingrat constamment méprisé pour l’ennui qu’il dégage (virtuose scène chez son psychanalyste qui se fait littéralement chier en l’écoutant), il aime secrètement sa voisine de palier, Helen, et ne parvenant jamais à l’aborder, il comble ses frustrations en appelant des femmes au hasard dans l’annuaire pour déverser sur elles ses fantasmes sexuels. Trash, mais vraiment touchant, surtout quand il s’aliène à ses pratiques et ne remarque pas sa voisine d’en face qui sent sa solitude et désire se rapprocher de lui. Un premier visage de la solitude, qu’Happiness décrira avec de nombreux exemples (le parcours de Joy, la mère de famille, qui se retrouve rejetée par son mari à 60 ans et doit refaire sa vie). L’alternance de désespoir et de chaleur humaine est d’une efficacité exemplaire, limpide sur les comportements humains et ses petites leçons de vie. La seule histoire qui contraste dans le lot (la plus trash) est celle de Trish, mariée au docteur Maplewood. Pour l’illustration de la solitude, on constate vite que Trish meuble sa pensée avec les multiples occupations du quotidien, jaugeant tout avec sa légèreté qu’elle tourne en délicatesse. Réaction classique en face de la froideur de son mari. Qui est décrit comme un sociopathe notoire (la scène du rêve), peut être homosexuel latent, et qui exprime surtout des tendances pédophiles. C’est ici que le film m’a pris à revers. Dans les drames que j’ai privilégiés jusqu’à présent sur le thème de la pédophilie, l’acharnement de la société à la diaboliser (en punissant parfois davantage que des meurtres) plaidait pour prendre du recul et ne pas faire preuve d’hypocrisie sous le coup de l’émotion. Ici, c’est un postulat complètement inversé qui est à l’œuvre, à savoir un père de famille de deux garçons qui se met à exprimer sa pédophilie (via notamment des conversations d’éducation sexuelle qui donnent dans les détails glauques, mais bon, il faut bien que quelqu’un en parle, et ce n’est pas à l’école de le faire). C’est la séquence pendant laquelle un ami de son fils vient passer la soirée en famille que le trash culmine. Quand le docteur drogue toute sa famille et l’invité afin de pouvoir en profiter tranquillement. Si le film fait preuve d’humour (le gamin refuse de manger les ingrédients drogués, et le docteur panique en lui proposant un tas de truc à manger ou à boire), la notion de prédateur sexuel et le malaise de la situation grimpent au niveau de Mysterious skin. Pas moins. La progression de cette histoire est d’une logique implacable, malheureusement, sa conclusion, claquant la porte au nez de son protagoniste, déçoit. D’ailleurs, la réunion de famille n’est pas vraiment une conclusion, juste une séquence de clôture qui se contente de clore, sans virtuosité ici, les destins de nos personnages. Peut être un peu trop trash et moins radieux que Magnolia, Happiness se consomme néanmoins avec l’intensité nécessaire à un drame mémorable. Une révélation.

1997
de Todd Solondz
avec Jane Adams, Jon Lovitz

5,5/6

Happiness
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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 20:56
Le chasseur

Les thrillers australiens ont toujours eu un certain charme. Calme blanc, Wake in fright, Long week end... Souvent en mettant la nature à contribution pour créer cette impression de solitude propice aux dérives humaines. Le chasseur s'inscrit bien dans cette optique, sans toutefois miser sur un climat de peur. C'est d'ailleurs plutôt sur la traque méthodique qu'il insistera, en comblant avec un peu de social et un peu de sentiments pour donner corps à son récit. Résultat, le film démarre après une heure vingt (sur une heure quarante), et ce n'est même pas gênant.

L'histoire : Martin est un chasseur expérimenté, contacté par le laboratoire pharmaceutique Redleaf pour capturer un diable de Tasmanie, espèce supposée disparue. Des rumeurs ayant été enregistrées dans une région précise de l'Australie, Martin établit son camp de base dans la famille d'un écologiste disparu, d'où il prépare ses battues.

Le chasseur

C'est un film contemplatif avec une sacré absence de rythme qui s'offre à nous sous l'étiquette de thriller. Ca part donc assez mal, mais comme dans le casting, on peut trouver Willem Dafoe et Sam Neill, on prend notre mal en patience. Et curieusement, une magie opère, car on se met à apprécier les détails de son quotidien, les parcours des personnages entourant Martin, et les mystères du coin (bien qu'on se doute déjà que la disparition de l'écologiste n'ait rien d'accidentel, l'intense exploitation forestière des environs entrant souvent en conflit ouvert avec les travailleurs. A moins que ça soit autre chose. De toute façon, on passera une large partie de notre temps en compagnie de Martin seul dans la forêt, qui organise méthodiquement ses battues, et dont les différents petits trucs (camouflage d'odeur, pose de pièges, préparation d'appâts...) comblent finalement le vide de dialogue (c'est ce qui faisait le charme d'un film comme All is lost). C'est alors qu'on se retrouve avec plus rien à dire, et simplement à observer. Quand le talent des acteurs et la beauté du cadre suffisent à remplir l'espace, il n'y a plus qu'à se taire. Dans cette optique, The rover avait été une belle surprise en 2014. Le chasseur n'atteint malheureusement pas un tel niveau (moins violent, moins psychologique, moins intense), mais s'en tire avec assurance, tantôt apaisant, tantôt angoissé, avec ponctuellement ce goût pour la chasse, et une certaine poésie dans le final, tentant d'abréger une spirale de violence entamée depuis déjà des années. Une bonne petite surprise, à défaut d'un film notable.

2011
de Daniel Nettheim
avec Willem Dafoe, Sam Neill

4.5/6

Le chasseur
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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 20:50
Exodus

Trop occupé pour aller découvrir le dernier cru de Ridley Scott pendant les vacances, c’est en 2015 que j’ai découvert Exodus, fresque épique et biblique comme on en n’avait plus vu depuis… Robin des bois ? Ridley ne prend plus vraiment de risques après l’expérience de Prometheus et se lance dans ce qu’il sait faire de mieux, ou ce pour quoi il est publiquement loué (Gladiator).

L’histoire : Alors que Moïse et Ramsès rentrent victorieux d’une bataille contre les Hittites, des rumeurs de révoltes s’élèvent du côté des colonies d’esclaves. Venant se rendre compte personnellement de la situation, Moïse apprend alors quelles sont ses origines.

Exodus

Exodus est limpide, sans sous texte, dans une reconstitution classique, avec un casting connu, des moyens conséquents et sur un format maousse (deux heures trente, aussi long que le dernier Hobbit). C’est la jolie façade pour dire aussi qu’il est sans surprise, sans audace, sans parti pris notable, bref, qu’on sait exactement ce que l’on va voir en payant sa place. L’histoire est adaptée à la virgule près, avec quelques menus aménagements pour rendre le visionnage intéressant et dynamique (surtout dans les réflexions des personnages, la crédulité du pharaon devant un présage, la foi inébranlable de Moïse, les visages épuisés des hébreux… En fait, le seul petit parti pris que j’ai cru voir, c’est la redondance de la formule « peuple élu » et les insultes des citoyens égyptiens pendant l’exode de la population élue, qui ressemblent à une tentative de bien souligner un premier visage d’anti-juiverie (mais tout cela est avant le retour à Canaan, donc pas encore vraiment approprié). Pour le reste, le film conserve une certaine part de réalisme (surtout avec le parcours de Moïse et ses affrontements avec le pharaon), et cultive un peu de tribal avec le cortège d’exécutions publiques qu’il met en scène, propice au vent de révolte. Mais le film a aussi un côté fantastique, notamment avec l’apparition de Dieu. Qui prend la forme d’un enfant. Et là, je commence à trouver le film lourd. Car c’est facile, de faire parler un môme qui te dit « je suis » et qui se révèle imprévisible. Vraiment, j’aimais quand Constantine disait « Dieu est un enfant qui joue avec une fourmilière », et ici, c’est lourd à en soupirer. Alors que le film avait tous les éléments pour s’éviter une telle lourdeur, il se vautre dans le symbolisme gras, pas vraiment surprenant de la part de Ridley Scott (Kingdom of Heaven ne brille pas par sa subtilité), mais rageant. Quitte à faire du grand péplum, autant laisser ouverte une interprétation purement réaliste.

Mais Ridley délaisse bien vite la finesse pour déchaîner les enfers, avec du numérique comme si il en pleuvait. Crocodiles, grenouilles, mouches, maladies, sauterelles… Tout y passe, dans une colère naturelle qui réjouit pour son côté catastrophe soigné, mais qui perd largement en finesse dans sa démonstration spectaculaire. Si les enchaînements sont cohérents, le récit devient rapidement lourd, jusqu’au grand final qui se révèle vite gâché par plusieurs fautes de scénario. Les hébreux partent, et immédiatement, on voit alors le pharaon qui broie du noir sur le cadavre de son fils, avant de se lever et de partir fissa avec son armée. Deux cavaliers aperçoivent le départ, galopent pendant deux ou trois plans, rejoignent le peloton des hébreux, remontent en tête (inutile de dire qu’ils sont des dizaines de milliers), et que l’armée est à 4 jours derrière eux… Mais c’est complètement stupide ! L’ellipse temporelle a été torchée à la va vite. Et je ne sais pas si on se rend compte qu’un groupe de dizaines de milliers de personnes désorganisées avance à un rythme lénifiant. Si les deux cavaliers les ont rejoint, l’armée de Ramsès, qui avance à un petit galop, est au grand max à 2 heures de cheval… On a alors le bon coup de la petite route escarpée des montagnes. On pensait que c’était facile pour gagner du temps, que Ramsès serait obligé de contourner, en laissant le temps de voir les eaux se retirer. Mais non, il prend la même route. Du coup, il perd la moitié de son armée dans un accident bête, mais il prend toujours de l’avance. Autant dire qu’il les talonne. Et puis non, il se passe un soir, une nuit et une journée complète pour qu’il parvienne enfin à les rejoindre, toujours sur son char lancé à toute allure. Le lièvre court, mais moins vite que la tortue grâce à une illusion de montage des scènes. Enfin bon, on ne crachera pas sur le raz de marée (je m’imaginais Moïse s’en sortir en faisant du surf sur un bouclier avec the piñacolada song en fond sonore, mais Ridley n’a pas exaucé mon souhait). Après ces trépidantes aventures, il conclut dans les formes, sans se forcer. Avec quelques gros défauts et une formule qui ne surprend jamais, Exodus n’offre d’intérêt que pour son faste visuel et le goût de voir un péplum à l’ancienne. Si c’était un nouveau réalisateur, ou un casting moins connu, nous serions sans doute plus cléments. Mais ici, on a un gros air de déjà vu…

2014
de Ridley Scott
avec Christian Bale, Joel Edgerton

3/6

Quand on prends Sigourney Weaver pour jouer une figurante, ça fait mal.

Quand on prends Sigourney Weaver pour jouer une figurante, ça fait mal.

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 20:44
Dumb & Dumber De

Dumb & dumber De est une comédie que j’attendais beaucoup, au moins pour récompenser sa campagne publicitaire qui détournait Lucy avec un ton régressif particulièrement approprié. Cependant, après le raz de marée de mauvais goût qu’était le premier épisode, les frères Farelly allaient-ils tenir la route. Jim Carrey nous disait qu’ils avaient attendu d’avoir « un bon scénario ». Pour une comédie à vanne scato, sexuelles et débilitantes. Alors, est-ce que le scénario est bon ? Oui !

L’histoire : Lloyd devant recevoir une greffe de rein, décide de reprendre contact avec sa famille pour y chercher des donneurs potentiels.

Dumb & Dumber De

Dans le genre improbable, Dumb & dumber De est une merveille. Un des rares films comiques à la débilité si outrageante qu’elle en devient communicative, et que tels des gamins de maternelle, on consomme sans modération. Ce n’est pas pour son scénario, aussi improbable que décalqué sur son prédécesseur (bien vite, Harry et lloyd se retrouvent en possession d’un objet à emmener d’un point A vers un point B en faisant pleins de conneries pendant le trajet). Et même si la formule a un air de déjà vu, elle fonctionne toujours aussi bien. Du temps est passé, et cette suite n’ayant rien d’opportuniste, on se délecte de ce retour à une débilité seventies à la fois fraîche et vivifiante. Car Dumb & Dumber De donne la pêche (tout du moins aux hommes, à la sortie de la salle, beaucoup de femmes semblaient avoir détesté ou s’être ennuyé). Un vrai divertissement jubilatoire qui se consomme pour la vulgarité de ses ingrédients, et qui parvient à rester furieusement débile sans se répéter dans la connerie. A l’exception des méchants qui ont tous un air de déjà vu, nos héros sont toujours aussi attachants, et les retrouver inchangés après aussi longtemps redonne immédiatement le sourire. Avec un véritable foutage de gueule scientifique en fin de film, je ne pouvais qu’apprécier davantage (voir la science réduite à néant par la colossale bêtise de nos deux larrons, c’est au-delà de la dérision, c’est visionnaire et prophétique). C’est l’une des meilleures fins d’année cinématographique qu’on pouvait avoir !

2014
de Bobby Farrelly, Peter Farrelly
avec Jim Carrey, Jeff Daniels

4,5/6

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 20:39
Lunes de fiel
Lunes de fiel

Heureuse coincidence, j'ai découvert Lunes de fiel de Polanski le lendemain du nouvel an, découvrant avec une aimable surprise une histoire taillée pour offrir un début d'année fracassant. Il devient presque lassant de constater à quel point Polanski peut partir dans des thématiques intéressantes, ou à défaut taillées pour me plaire. Indéniablement, La vénus à la fourrure était un remake, l'original affichant déjà un certain jusqu'auboutisme dans son étude de caractère.

L'histoire : Nigel et Fiona forment un couple tradi embarqués pour une croisière faisant le tour du monde. Alors que Nigel commence à s'ennuyer à bord, il est charmé par la troublante Mimi. Désireux de la revoir, il fait alors la connaissance de son mari Oscar, qui désire lui confier son histoire.

C'est évidemment à un exercice assez jubilatoire que se livre Roman Polanski, puisqu'il traite de comportements sexuels déviants radicaux en en retirant le trash (toutes les pratiques ne sont qu'évoquées, au mieux décrites par Oscar), mais en conservant les relations de pouvoirs et les sentiments de chacun des protagonistes. Rarement des comportements qu'on trouverait immédiatement maladifs n'auront semblés si logiques et si bien retranscris (seul l'épisode de la découverte du goût pour le SM est un peu expédiée, c'est justement à ce niveau que La vénus à la fourrure se révèlera beaucoup plus subtil). Lunes de fiel n'est jamais aussi bon que quand il suit la vie de couple d'Oscar et Mimi, relation qui commence d'ailleurs par la domination de Paul, même quand il se livre au jeu du soumis et qu'il dicte avec impétuosité les sévices qu'il veut se voir infliger. Mais la lassitude succédant à la passion, une nouvelle forme de torture vient s'inscrire dans leur relation. Torture morale et frustrations quotidiennes, une banalisation de la violence psychologique assez révoltante question maltraitance. Et la relation garde alors toute son intensité, mais en basculant sur le terrain de l'humiliation de l'autre. Une dégradation progressive, qui culmine dans la cruauté avec le sort d'Oscar une fois handicapé, et totalement dépendant d'une aide extérieure. Qui cultive dès lors son isolement et ne perd jamais une occasion de le rabaisser. C'est à la fois révoltant et totalement fascinant, car on s'aventure sur un terrain psychologique déviant avec une intensité totale, une progression constante, jusqu'au grand final, la fête de fin d'année, qui fait culminer les vexations et exploser les frustrations. Lunes de fiel, c'est tous les visages déformés de l'amour, l'exultation de la jalousie, la prédominance des désirs immédiats sur le sens qu'on donne à sa vie sentimentale. Mais c'est en partie frustrant. Car si le film cultive l'art de la frustration subtile, il délaisse la finesse pour se complaire dans la vulgarité de la mise en scène (c'est fonctionnel, mais pas particulièrement virtuose, voir même assez banal à plusieurs reprises). Le revirement saphique de Fiona était annoncé, mais sa consommation fait hausser le sourcil (vraiment, un simple "elle pourrait tenter tout le monde" en parlant de Mimi suffisait à annoncer l'évènement ?). La seule raison qui nous fasse accepter ce revirement, c'est la mine piteuse de Nigel, moqué par un Oscar castré dans son fauteuil et assistant à son échec (son piètre "mais j'ai écouté votre histoire !" est une merveille de frustration quasi enfantine) doublée de la trahison de sa moitié. Polanski n'a jamais été aussi efficace pour se moquer de l'orgueil masculin et son insatiable désir charnel, dont la décadence est ici consacrée, en plein milieu d'une fête en totale débauche (bagarres, vomissures, ivresse indécente, le cadre est dégueulasse, sans avoir un charme particulier). La sortie en uppercut tente d'ouvrir sur un potentiel remède à la structuration du couple : les enfants. On s'y attendait un peu depuis un dialogue abordant le sujet en milieu de film, mais ici, le clou est planté. Ne reste plus qu'un moyen de dompter ses noirs désirs, et tout sera parfait. Et frustrant pour cette privation de la noirceur sur l'incapacité du désir à perdurer. Lunes de fiel reste néanmoins une sacré pièce de collection au rayon drame psychologique, et une certaine efficacité de ses portraits lui offre l'assurance de bien vieillir. Si la Vénus fustigera l'homme intellectuel en le rabaissant à l'enveloppe de la chair, le culte des promesses d'extases foulées au pied par la maîtresse sadique était un premier visage que Polanski aura esquissé non sans reproches, mais avec cohérence.

1992
de Roman Polanski
avec Peter Coyote, Hugh Grant

4,5/6

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 18:56
Classement 2014

A l'heure où tout le monde rend ses verdicts sur cette année 2014, je joue le conformisme en délivrant le mien. Cette année fût globalement satisfaisante (bien qu'au final moyenne), plus variée aussi, et d'une constance question qualité qui a bien été appréciée par l'abonné que je suis. Du porno à la science fiction en passant par le thriller et la comédie, il a été difficile de savoir à quoi s'attendre. Et c'est avec un sacré plaisir que j'étale aujourd'hui le palmarès des tops, des flops, des surprises et des déceptions.

Tops
TopsTopsTops
TopsTopsTops
TopsTopsTops

Tops

Top :

1) Nymphomaniac (partie 1 et 2 en version longue)

2) Her

3) The Rover

4) Gone Girl

5) Byzantium

6) Robocop

7) Dallas Buyers club

8) Dissimulation

9) Le loup de Wall Street

10) Le vent se lève

Flops
FlopsFlopsFlops
FlopsFlopsFlops
FlopsFlopsFlops

Flops

Flop :

1) Knight of the dead

2) Hate crime

3) See no evil 2

4) Supercondriaque

5) Tarzan

6) Nurse 3D

7) Paranormal activity : the marked ones

8) Annabelle

9) Sabotage

10) 300 naissance d'un empire

Surprises
SurprisesSurprisesSurprises
SurprisesSurprisesSurprises
SurprisesSurprisesSurprises

Surprises

Surprises :

1) Her

2) The rover

3) Les gardiens de la galaxie

4) La prochaine fois, je viserai le coeur

5) Mister Babadook

6) Necrofobia

7) Dumb & Dumber De

8) Maléfique

9) Hercules

10) Dracula untold (oh oui, il est là)

Déceptions
DéceptionsDéceptionsDéceptions
DéceptionsDéceptionsDéceptions
DéceptionsDéceptionsDéceptions

Déceptions

Déceptions :

1) Tore Tanzt, aux mains des hommes

2) Sabotage

3) Le Hobbit : la bataille des 5 armées

4) The amazing spiderman 2

5) Expendables 3

6) The dead 2 : india

7) American nightmare 2

8) Rampage 2 : capital punishment

9) Welcome to New York

10) La belle et la bête

Classement 2014
Classement 2014Classement 2014
Classement 2014Classement 2014Classement 2014
Classement 2014Classement 2014Classement 2014
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 12:14
La confusion des genres

La confusion des genres est un film typiquement français dans la forme, puisqu’il s’agit d’un drame psychologique qui s’attache à dépeindre cette incertitude moderne liée à l’amour. Comme il s’agit d’un sentiment dont les critères varient entre chaque individus, il ne peut plus être rattaché à un type de relation en particulier. Homo ou hétéro, chacun prend où il cherche, où il trouve aussi, avec de cruels dilemmes à la clef.

L’histoire : Alain, quarantenaire, est avocat. Ses errances sentimentales parasitent continuellement sa vie, débordant dans son travail et dans ses relations multiples...

La confusion des genres

Assez gros film que cette confusion des genres, qui avec ses nombreux personnages secondaires s’amuse à nouer et dénouer sans arrêt des relations pour en saisir chaque aspect. Notre protagoniste, avocat au barreau de la défense, entretient donc deux relations, une avec sa collègue de travail, platonique et tendue, mais qui a des chances de perdurer via la perspective du mariage. L’autre avec un jeune étudiant totalement amoureux de lui. Et voilà qu’il est placé sur une affaire avec un trentenaire récemment emprisonné qui le fait littéralement fondre sur place. Sur ce terreau, chaque relation est suivie avec attention. C’est essentiellement le doute qui transparaît dans chacune. L’assurance d’être amoureux n’existe plus. Elle s’est évaporée dans la modernité, chacun écoutant davantage ses sentiments, qui sont tout aussi volatils et éphémères. Plus personne ne tient à se contraindre, fuir le malheur et la tristesse restent une priorité. Mais lorsqu’il faut faire des gestes d’engagement, pour montrer qu’on s’investit dans la relation, comment fait-on ? C’est cet aspect particulier du film qui a surtout attiré mon attention, puisqu’il change selon chaque relation entretenue. Avec de pures séquences de cinéma à la clef (la célébration du mariage où notre protagoniste déclare ne pas aimer sa promise, et qui se laisse convaincre par l’assistance de le faire tout de même, l’étrange ballet à trois dans la salle de parloir…). Une relation de raison avec la femme (stabilité, fonder une famille), une relation d’assurance avec l’étudiant (se savoir aimé et succomber, se laisser aimer), et une relation d’amour active avec le prisonnier, qui lui n’en a évidemment rien à foutre, et qu’il exploite pour se faire rendre des services (en l’occurrence, obtenir une visite de la femme sur qui il a flashé, qui elle se moque de son sort). La confusion des genres est cruelle, avec discernement puisqu’elle expose des maux d’amour réels. Un ballet constant de flirt et de sur-place, où chacun aimerait que les choses restent pareilles, qu’on puisse enfin s’adapter et trouver un équilibre. Mais à l’image de la vie, les sentiments changent eux aussi sans cesse. Alors on laisse tomber tout lien social en suivant simplement ses envies, ou on se pose des contraintes qui créeront des cohésions, tout en détruisant des opportunités. Maudits choix, qui doivent être fondés sur des éléments aussi intangibles et instables que les sentiments. Où les preuves d’aujourd’hui sont réfutées le lendemain…

2000
de Ilan Duran Cohen
avec Pascal Greggory, Nathalie Richard

4.9/6

La confusion des genres
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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 14:21
Evil (aka Ondskan)

Un film qui s'intitule Evil, je ne pouvais tout simplement pas passer à côté. Mais plutôt que de se livrer à une dissertation classique sur l'essence du mal (une alternative à Hannibal Lecter, donc), le film choisit de se livrer à une étude naturaliste de petits mécanismes de violence, exagérés mais plutôt bien mis en scène pour respecter une logique de rapports humains.

L'histoire : Erik est un élève à problèmes, qui défoule sur ses camarades les coups que lui distribue son beau-père tyrannique. Dernière alternative à la maison de redressement, il est inscrit à l'internat d'une école privée allemande.

Evil (aka Ondskan)

Il est assez intéressant d'analyser Evil, car il s'agit d'une bonne application de principes simples sur des mécanismes de violence, ici dans le cas où elle est employée sans retombées par une autorité qui s'est auto-promue gardienne de l'ordre et qui se sert de sa position pour rabaisser les autres ou les plier à ses caprices. Notamment en établissant des codes qu'elle ne respecte pas. A ce jeu, l'autorité du beau père est un exemple aussi extrême que limpide, qui pose en peu de temps son postulat. Erik s'y soumet par égard pour sa mère, qui feint l'ignorance devant les mauvais traitements perpétrés sur son fils. La situation se perpétue alors dans sa nouvelle école, par l'intermédiaire des bizutages imposés par les dernières années aux nouveaux, qui doivent accomplir des corvées de nettoyage et se soumettre aux humiliations de leurs aînés. Il y a également d'autres petits mécanismes de violence (le camarade d’Erik notamment, dont le physique ingrat et les origines polonaises se voient moquées en cours de biologie par un professeur aux théories vaguement raciales), mais c'est essentiellement l'abandon de l'autorité par les adultes qui occupe la grande majorité du film, ayant alors permis l'accaparation du pouvoir par une élite qui l'emploie à excès, tout en se donnant une façade démocratique (le conseil des punitions, tenu par les sixièmes années qui défendent tous les mêmes intérêts et donnent des décisions à l'unanimité). Le film en prend largement conscience, et comme l'injustice rythme le quotidien, les aspirations violentes d’Erik reviennent rapidement. Néanmoins, le film conserve et observe une règle frustrante : violenter un sixième année est passible d'exclusion définitive. Gandhi avec sa théorie de la révolution non violente nous est donc cité, mais nos personnages vont se livrer à un jeu un peu plus pervers, à la violence psychologique, la plus raffinée (la violence physique étant ici réduite à voir Erik encaisser les coups sans céder, donc stimulant l'imagination des 6ème année pour le faire plier). Succession de coup bas, affront en public, coup dans le dos, et bientôt représailles sur les connaissances, le film ne ménage pas sa gradation, avec une représentation radicale et une belle acuité des rapports de force établis par la violence de chaque situation. On penserait presque à Miike sans la folie et l'ironie. Mais si la perception de la violence est vraiment bonne, le film finit par traîner en longueur. Le script s'encombre d'une bluette romantique assez inutile qui parasite le récit, pour n'apporter finalement pas grand-chose (certes, une lettre à motif d'exclusion, mais soyons sérieux, c'est la remise en cause de l'autorité de "l'élite" qui fait la fierté de l'école qui motive ce rejet, n'importe quelle broutille ou document monté aurait fait l'affaire). De même, la progression dans l'échelle de violence se ralentit parfois beaucoup trop, en tentant alors de combler par quelques dialogues entre personnages dont on aurait pu se passer. Malgré cela, les performances des acteurs sont parfaitement efficaces, et par son dépouillement d'effets, le réalisme de la reconstitution d'époque donne un joli cachet à cette étude comportementale, efficace et évidente dans son déroulement. Avec une jolie description de l'amitié sous la douleur.

2003
de Mikael Hafstrom
avec Andreas Wilson, Henrik Lundström

4,5/6

Evil (aka Ondskan)
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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 14:14
Predestination

Prédestination est un petit film sorti sans prévenir cette année, avec globalement peu de promesses, sinon de se livrer à un jeu de boucle temporelle plus ou moins réussi, et qui n'a surtout pas grand chose d'original.

L'histoire : Une agence de contrôle de voyage temporel tente de retrouver l'identité d'un terroriste qui projette de réaliser un grand attentat dans le futur.

Predestination

Rien de nouveau, vraiment rien. Le problème de prédestination, c'est qu'il n'arrive pas à surprendre une minute. Il est un pur produit calibré au millimètre, pensé pour avoir tel effet, pour être classé immédiatement comme un petit budget intelligent. C'est un film prévu pour faire illusion, qui veut montrer qu'il est intelligent en glissant dans son script quelques rebondissements pour donner le change et refiler matière à agiter sa matière grise. Sauf que comme chez Looper, le film loupe le coche. Déjà en faisant ostensiblement du remplissage lassant et déjà vu (la vie de l'héroïne racontée accoudée à un bar (héroïne qui ne vaut d'ailleurs que pour son physique masculin sortant des clichés habituels)), avec des zones d'ombres immédiatement visibles qu'on sait déjà qu'elle vont servir à une révélation (l'identité du père de son enfant, voyez vous ça...). Puis le film, après nous avoir bien fait chier, se dit qu'il est temps de commencer et nous donne enfin ses règles temporelles. Voyage dans le temps inventé en 1994, on peut remonter jusqu'à 53 ans avant ou après. Pas d'interférences temporelles, et attention aux boucles. Et évidemment, notre héroïne, en plein recrutement, abandonne la mission et va rendre visite à son moi du passé. Prévisible ? Naaaaan ! Et le film enchaîne ainsi les règles convenues, et avance peu à peu ses éléments de boucles temporelles, aboutissant à des révélations artificiellement compliquées (un conseil, prenez des notes pour ne pas avoir à vous emmêler les pinceaux pour capter les interversions de rôles...). On va la faire plus simple (et sans spoilers) pour vous exposer la situation. Prédestination, c'est Timecop. Mais sans l'action, avec moins de clichés, moins de rythme, et beaucoup moins de charme. Car même en étant assez malin pour gérer à l'ancienne les voyages temporels (simple effet apparition disparition avec des ventilateurs puissants, et technique discrète tenant dans un étui à violon dont la date s'affiche sur les cadrans du verrou de sécurité), le matériau, déjà usé, laisse complètement indifférent. Alors peut être qu'on s'amusera un peu avec le système de boucle, en s'amusant à remettre en ordre les différents paradoxes pour s'amuser. Mais tout de même, que c'est lassant, de voir toujours les mêmes films. On n'est même pas méchant, juste pas surpris ni très complaisants. Avec un titre comme prédestination, n'essayez pas de nous faire croire qu'on joue encore la surprise, juste en changeant les subterfuges pour nous ressortir la même soupe.

2014
de Michael Spierig, Peter Spierig
avec Ethan Hawke, Sarah Snook

2/6

Predestination
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