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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 10:45

panic-sur-florida-beach-matinee-28-07-1993-29-01-1993-4-g.jpg

 

Avec Joe Dante, on sait qu’on ne s’ennuiera jamais. Compère turbulent de Steven Spielberg toujours porté sur l’horreur, il développe beaucoup d’énergie pour façonner un cinéma en dehors des normes, toujours tourné vers son public. Et avec Panic on Florida Beach, il tente de nous offrir la séance de cinéma la plus mémorable du cinéma bis.

L’histoire : alors que la menace d’un holocauste atomique plane sur l’Amérique des années 50, Lawrence Woolsey, énergumène réalisateur de films d’horreur, vient présenter son dernier film, qu’il promet comme le plus terrifiant de tous les temps.

 

http://media.paperblog.fr/i/453/4532327/critique-dvd-panic-sur-florida-beach-L-9mhTOE.jpeg


Vraiment, il convient de saluer bien bas ce cri d’amour déclaré à tout un pan du cinéma bis. Dante a parfaitement compris quel était le charme de ces bandes horrorifiques ringardes des années 50 (tous ces nanars types Robomonster ou l’attaque des sangsues géantes…), et il décide de nous le ressortir aujourd’hui, mais en puissance 10. Ainsi, les effets volontairement nanars du film d’horreur Mant (des femmes qui passent leur temps à crier, des figurants qui courrent dans tous les sens, des maquillages partiels qui font très plastique…) sont autant d’éléments attachants qui viennent ajouter à la sympathie du film. Et si la projection tant attendue ne commencera qu’au milieu du film (le temps de développer un peu les personnages et le contexte extérieur, parfois long, mais un régal de nostalgie), elle comble toutes nos espérances. Indéniablement, Panic on Florida Beach fait partie de cette famille de films (incluant Démons ou Angoisse) qui jouent avec leur public en leur faisant faire de grands sauts dans leur siège de cinéma. Ici, si le film d’horreur est complètement nanar (chaque dialogue est parfaitement étudié pour tourner en dérision la soit disant tension dramatique du film), le fait que la salle soit entièrement truquée rajoute beaucoup au jubilatoire de l’entreprise, et le dernier acte n’hésite carrément pas à continuer le film dans la salle de cinéma, où le monstre (enfin, un figurant déguisé) continue le spectacle en live. Un vrai tour de force qui contribue grandement à développer l’atmosphère de spectacle qui règne dans la pièce et qui satisfait largement notre enthousiasme. Le potentiel nostalgique du film, énorme, n’a absolument pas vieilli aujourd’hui, et si il s’adresse maintenant essentiellement aux cinéphiles endurcis qui ont pu voir quelques nanars horrorifiques des années 50, il n’a en rien perdu de sa superbe. John Goodman y tient peut être là un de ses rôles les plus attachants, en réalisateur mystérieux se la jouant Hitchcock dans la présentation de ses films alors qu’il s’agit de nanars généreux en effets spéciaux de latex (c’est d’ailleurs un bon point du film Mant, les cinéphiles se rappellant avec douleur des longues scènes de dialogues qui plombent généralement ce genre de production). Ici, tout est concentré pour avancer sans cesse en développant les clichés des années 50, avec une prédilection pour les personnages d’enfants/adolescents qui désobéissent à leurs parents pour aller voir en catimini le fameux Mant si controversé par les associations de parents pour la Moralité. Bref, Panic on Florida Beach est un film bis comme on n’en fait plus, pratiquement impossible à trouver en français alors qu’il s’agit d’une récréation nostalgique des plus recommandables. Un bonheur !

 

4,5/6

 

1993
de Joe Dante
avec John Goodman, Cathy Moriarty

 

http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2011/11/PANIC-SUR-FLORIDA-BEACH-091.jpg

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 14:12

http://idata.over-blog.com/3/85/36/69/Images-2/Image-13/blood_camp.jpg

 

 

 

Avec Camp Blood, le cinéphile pourra flatter sa mémoire en se rappelant du très anecdotique Sleepaway Camp. Ce slasher tourné au début des années 80 ne valait pas grand-chose, ersatz de Vendredi 13 sans le sous qui se démarquait de son concurrent dans la toute dernière minute avec un twist resté aujourd’hui dans les annales. Blood Camp, c’est la suite pas du tout sérieuse et hautement nanarde de Sleepaway Camp, et c’est mauvais mais volontaire !

L’histoire : plusieurs années après le carnage de Sleepaway camp, le parc, rebaptisé Arawak, est à nouveau ouvert aux jeunes américains désœuvrés. Mais cette année, Alan, un empoté obèse, se révèle particulièrement pénible avec tout le monde.

 

http://bis.cinemaland.net/pictures/moviepic/sleepaway-camp5-pic2.jpg

 

Ce qui est assez amusant dans Blood Camp, c’est qu’on constate dès le début que le réalisateur est un fan de South Park. C’est bien simple, il ose commencer son film avec rien de moins qu’une séquence où des ados s’amusent à faire flamber leurs pets. Sérieux, la caméra filme ça. Et voilà qu’Alan débarque au milieu et se lance dans un exercice d’humiliation à base de pets foireux qui plante immédiatement l’ambiance du film. Ca va être lourd, très lourd, mais il y a une énergie régressive et crétine telle qu’il est possible de prendre un certain plaisir à la voir (c’est un nanar coupable, en quelque sorte). L’atout charme de ce film, c’est indéniablement Alan. Sorte de grand obèse au visage porcin, il est l’incarnation de Cartman et se sacrifie totalement pour son rôle. C’est simple, son caractère est monstrueux (il est égoïste, narcissique, invivable, et il se plaint du monde qui le martyrise). Car si Alan tend le bâton pour se faire battre (même le public devrait avoir envie de le baffer), il est le souffre douleur de tout le camp, ce qui en plusieurs occasions provoquera des situations injustes. Sous prétexte de son associabilité, il devient rapidement un coupable idéal pour les différents meurtres pompés sur Sleepaway Camp, exécutés par un mystérieux individu. Les adultes, eux, pensent à un éventuel retour du coupable du premier, sauf qu’à aucun moment on ne nous montre son visage (il est donc impossible de la connaître, et donc de la reconnaître). Mais dans cette affaire, ils seront aidés par un shérif à la trachée percée qui parlera comme les chasseurs de South Park. Nous aurons aussi droit aux trois potes sensés interpréter Kyle, Kenny et Stan qui traverseront le film sans trop de dommages (non, pas de mort de Kenny). Bref, si c’est lourd par moment, le portrait psychologique du crétin du film est suffisamment appuyé pour convaincre, ce genre de caractère étant souvent révélé en camp de vacances. Et on se tape par moments des fous rires nanars tant la qualité de l’ensemble du film se révèle fluctuante. Vu que la réputation du premier ne tient que sur son twist final, celui de cette nouvelle version en est la version mongoloïde, tellement non sensique et nanarde que le spectateur termine le film légèrement déboussolé, la révélation finale tenant du foutage de gueule autant que du bâclage (vous ne pouvez pas trouver le coupable encore une fois parce que ce ne sont pas les mêmes personnes qui font les meurtres et qui disent qu’elles sont coupables). Bref, c’est du nawak généreux et débile qui réjouira les nanardeurs sans jamais transcender les codes du genre…



0/6 mais un généreux 13/20 nanar

 

2008

de Robert Hiltzik

avec Vincent Pastore, Michael Gibney, Felissa Rose

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 14:00

http://idata.over-blog.com/2/83/57/11//sailoretlula-affiche.jpg

 

 

 

 

Avec Sailor & Lula, David Lynch se lance dans un road movie pour le moins atypique, qu’il bâtie comme un voyage merveilleux ponctué de rencontres étranges, et prompt à dériver aussi bien vers la violence que l’humour sincère. Un pur film de fou qui montre qu’avec peu de budget, on peut faire un film culte.

L’histoire : Sailor, petit ami de Lula, est envoyé en taule pour avoir occis un tueur envoyé par la mère de cette dernière. A sa sortie de prison, Lula vient lui rendre sa jaquette en peau de serpent, et ils partent ensemble alors que la mère envoie des tueurs à leurs trousses…

 

http://blogs.rue89.com/sites/blogs/files/assets/image/2009/07/2009_07_18_Sailor_Lula.jpg

 

C’est dans de tels films qu’on voit que le potentiel d’une histoire tient à peu de choses. D’une love story tarantinienne, David Lynch tire une dynamite cinématographique qui explose l’écran à chaque minute, délicieux pour les yeux et envoûtant pour l’âme. La sophistication des protagonistes (ils sont tous merveilleusement développés, de la mère étouffante et psychotique jusqu’au beau père potentiellement dangereux, en passant par nos personnages principaux qui forment un couple sensationnel), la chaleur du cadre, la spontanéité de l’humour ou de la violence, la virtuosité de la mise en scène (une simple montée de musique suscite immédiatement une angoisse fébrile), David Lynch a réalisé un nouveau chef d’œuvre et on ne peut plus qu’admirer le travail en question, léché dans ses moindres détails (les scènes d’étreintes aux teintes chaudes, les multiples références cinématographiques…). Car en bon cinéphile, Lynch développe une atmosphère proche du conte, en faisant régulièrement référence au mythique Magicien d’Oz et en faisant régulièrement intervenir des éléments (le chemin de briques jaunes devient la ligne pointillée de l’autoroute, la mère souvent vue comme la sorcière, le mouvement de chaussures de Lula (scène ô combien virtuose après le face à face sexuel avec Dafoe)…). C’est un régal de cinéphile, et même si la scène finale de la fée me semble un peu trop partir en vrille (même si l’ambiance visuelle est réussie), le tout mélange les genres avec une fraîcheur qu’on a rarement respiré. Cage est épatant en fringuant étalon, danseur accompli et beau mâle violent, Laura Dern fait face. De marquant, j’ai surtout retenu Willem Dafoe, merveilleux en braqueur aux dents pourries dont les apparitions électrisantes nous feront longtemps nous souvenir de ce visage. Mais il faut surtout saluer la performance de Diane Ladd, qui incarne une des mères possessives les plus marquantes du septième art (elle entre en concurrence avec la mère de Carrie, mais reste bien en dessous de la mère de Lionel dans Braindead). Véritable sorcière des temps modernes aux ongles crochus magnifiquement vernis, elle se fait détester du public avec une facilité plaisante, ses accès de rage se révélant proche de l’hystérie. Toute une galerie de personnages avec qui nous passeront deux heures inoubliables, perdus sur une route zigzaguant dans le désert, sans but, mais fascinant. Un parfait conte pour adulte, qui, chose rare, ne cède pas aux joies de l’amoralité (Sailor purge sa peine de prison là où Tarantino se débrouillerait pour que nos tourtereaux s’échappent au nez et à la barbe de la police). Un des roads movies les plus plaisants que j’ai pu voir jusqu’à ce jour.



5,5/6


1990
de David Lynch
avec Nicolas Cage, Laura Dern

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/diaporama/sailor-et-lula/sailor-et-lula-wild-at-heart-1989__1/1864424-1-fre-FR/sailor_et_lula_wild_at_heart_1989_portrait_w858.jpg

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 13:50

http://www.namesash.com/wp-content/uploads/2010/07/burger-kill-2.gif

 

 

 

Après Malick, oser balancer du Burgerkill, c’est déclarer qu’on fait régulièrement des fautes de goût. De la trempe d’un La main qui tue, Burgerkill est une bonne grosse série Z qui tâche, un truc tellement con et gratuit qu’on l’apprécie avec un plaisir non dissimulé, car quand on en arrive à un tel stade de médiocrité, c’est jubilatoire.

L’histoire : dans la petite ville de l’Orange County, Mackenzie se prépare à fêter son 18èmeanniversaire. Mais des meurtres sanguinaires perpétrés par un mystérieux individu déguisé en Horny le clown (la mascotte locale), viennent perturber les choses…

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos-film/photos-acteur/images/burger-kill-drive-thru-2007/17453480-1-fre-FR/BURGER-KILL-DRIVE-THRU-2007_portrait_w858.jpg

 

Tout d’abord, je tiens à féliciter toute l’équipe française qui a conçu le dvd, d’une médiocrité sans nom ! Quand on le met dans le lecteur, on a droit à deux bandes annonces de Z si pourris qu’on en éclate immédiatement de rire (Le crépuscule des Morts avec Armand Assante… mais qu’est ce que c’est moche et cliché « Un passé dont il ignore tout… Un père qu’il n’a jamais connu… Il va devoir… survivre… au crépuscule… des morts! Le crépuscule des morts ! Attention aux morsures !»). Bref, on est déjà dans le dixième degré et le film n’a pas encore commencé. Alors, avant de mettre le film, j’impose le choix de la langue : le français. L’équipe de doublage francophone a accomplie un boulot tellement efficace qu’il serait insultant de passer à côté. Quand un personnage balance un « Yo ! Mate le panneau, yo ! » et que son pote lui répond « T’as vu c’t’enfoiré, on va lui commander un burgueur ! », on sait qu’on a affaire à des professionnels, qui vous transforme de la merde en antimatière neuronale. C’est tout simplement un festival de vulgarité gratuite (Horny qui sort de derrière un coin de mur en disant « Qui m’a traité de pédale ? »), que les excès Z (Horny sort de derrière un mur, se déplace à l’aide d’effets clippesques, manipule un hachoir en plastique qui coupe les gens en 2…) rendent immédiatement attachant. Quand on voit le discours politique débile du film (les anciens hippies gauchistes qui sont devenus républicains suite à un mystérieux événement) et ses vagues effets spéciaux, on sait qu’il a été taillé sur mesure pour les nanardeurs endurcis, ceux qui sont à même d’apprécier ce genre de truculence référentielle (les clins d’oeils sont nombreux, du monstrueusement beauf version Shining (« Petits cochons ! Petits cochons ! Je suis le grand méchant loup ! ») à Elvira Mistress of the Dark). Car malgré ce troisième degré constant nécessaire quand même pour supporter la durée du film (une heure trente, faut quand même les tenir), ce dernier réserve régulièrement des moments de bravoure. Toujours lors des meurtres avec Horny, qui se fend à chaque fois d’une punch line qui n’est jamais drôle (mais sincèrement, il n’y a aucun rapport avec la mort, c’est du niveau « Ha ha ha, je t’ai bien niqué mon salaud ! »), lorsque les flics mènent l’enquête, et toujours quand des jeunes font preuves de comportements anti-sociaux (ils adorent saccager des trucs ou tenir leur flingue sur le côté, comme dans les films). Monstrueux d’un bout à l’autre, Burger Kill est une zèderie tellement outrancière qu’elle réussit à donner le spectacle qu’elle espérait : un film d’horreur d’une lourdeur telle qu’elle en devient attachante, tout en restant originale (car il y a lourd comme Burger Kill, et monstrueux comme Disaster movie (la dernière fois que je l’ai vu, une crise d’épilepsie m’a clouée au sol jusqu’à la fin du film)). Un film copieusement indigeste qui s’apprécie bien pour ce qu’il est.



0/6 mais un correct 14/20 nanar

 


2007
de Brendan Cowles, Shane Kuhn
avec Leighton Meester, Nicholas D'agosto

 

http://img8.imageshack.us/img8/425/vlcsnapgunputevp0.png

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 17:50

http://absolutedivxcovers.free.fr/Films/La%20Ligne%20Rouge%20Front.jpg

 

Quatrième film de Terrance Malick (qui s'était éclipsé un certain temps), La ligne rouge retrace les débuts de la guerre du Pacifique avec l’attaque de Guadalcanal, île du Pacifique tenue par les japonais. L’occasion pour le réalisateur d’imposer gentiment son style en le diluant dans des scènes de guerre réalistes, parfaite introduction pour ce poète catho qui mélange les genres avec une douceur rare, loin de tout bourrinage inutile.

L’histoire : Le parcours de différents soldats recrutés dans l’armée américaine qui vont participer au débarquement sur Guadalcanal.

 

http://static.lexpress.fr/medias/17/sean-penn-la-ligne-rouge-de-terence-malick_368.jpg

 

Très grand film de guerre que cette ligne rouge, puisque dès le départ, en plus de nous offrir des portraits de personnages touchants et des réflexions philosophiques pertinentes (la très belle introduction s’interrogeant sur l’agressivité de la Nature, des différentes espèces, parfait point de départ pour déboucher sur la guerre), il nous montre immédiatement qu’il a réunit un casting d’exception. Caviezel, Penn, Clooney, Harrelson, Travolta, Leto… Des tas de trognes connues que nous allons accompagner au front, et dont le destin sera parfois tragique. Chacun maîtrisant à la perfection sont personnage, l’identification à différents caractères se fait facilement, chacun pouvant trouver dans les caractères qui lui sont présenté des pensées dans lesquelles il peut se reconnaître (l’effet sera encore plus frappant avec The Tree of life, mais aussi plus ciblé). Penn a la carrure de l’officier désillusionné, terre à terre qui ressent l’humanité qui l’entoure sans pouvoir l’exprimer de son côté (il ne laisse entrevoir qu’une façade abrupte, guidée par l’instinct de survie et l’expérience du terrain), Caviezel est plutôt l’enfant de la nature, désertant plusieurs fois l’armée pour passer quelques temps avec les insulaires des environs, dont il partage le quotidien avec une joie de vivre communicative (et pourtant, si il a du mal à comprendre la guerre, il y prend part avec le sourire, tentant d’aider ses camarades (ça doit transparaître, mais autant l’écrire : il est le personnage auquel je m’identifie ici). Au fur et à mesure que les personnages défilent, le film développe ses thématiques, ne cherchant visiblement pas à pourrir l’armée (les portraits des officiers sont régulièrement touchants,  la discipline est parfois injuste, les enjeux sont lourds (le général décide de sacrifier ses hommes dans une attaque de front pour impressionner l’état major qui surveille la manœuvre) et l’incertitude ronge le moral des hommes (touchante scène de prière du capitaine qui espère pouvoir faire les bons choix pendant la bataille, puis qui décide de désobéir aux ordres pour épargner ses soldats). Long (2h47), le film se permet régulièrement de faire des pauses entre les différentes manœuvres militaires, essentiellement pour laisser aux hommes le temps d’exprimer ce qu’ils ressentent et de s’interroger sur leur parcours. Toujours avec une pudeur et une déférence qui font plaisir (aucun plan dénudé pour la romance entre un dégradé et sa femme), le classicisme de la mise en scène flattant l’œil et nous guidant dans la douceur vers les réflexions qu’il tente de mettre en place. Rarement un film aura été aussi doux avec son audience (à l’exception des combats qui distillent une peur certaine, tout est posé), preuve de sa volonté d’imposer un style réflexif, poétique. D’autant plus subtil que si le côté catho ressort par moments (on sent qu’il y a quelque chose derrière la Nature, les hommes prient parfois en voix off…), il sert surtout à planter les angoisses ou les interrogations des recrues qui avancent dans la jungle. Tourné dans des décors naturels superbes et plantant des personnalités charismatiques, La ligne Rouge se révèle être un OFNI du film de guerre, dont on sent immédiatement l’importance dans le monde du septième art (rare sont les films à avoir atteint cette profondeur). Tout simplement indispensable.

 

5.5/6

 

1998
de Terrence Malick
avec Sean Penn, Jim Caviezel

 

ligne-rouge-1998-14-g.jpg

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 17:35

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Interdit aux moins de 18 ans

Attention, les clichés montrés dans cette chronique sont explicites.


La trilogie Vomit Gore est probablement l’œuvre cinématographique la plus outrageante jamais tournée. Revenant régulièrement dans les forums undergrounds et bénéficiant d’une certaine notoriété, cette saga se distingue des autres œuvres extrêmes pour ses penchants hématophiles et urophiles, ainsi que pour ses visions blasphématrices et provocantes. Histoire de chroniquer directement le plus extrême de la saga, nous parlerons de Regoregitated sacrifice (soit le second film). Beaucoup de superlatifs pour une œuvre dégueulasse qui, si elle ne peut cacher à aucun moment sa médiocrité, trouve parfois une esthétique séductrice.

L’histoire : Des sœurs siamoises séparées par le Diable himself arrivent sur terre pour exécuter toute une flopée de déchets humains de sexe féminin.

 

http://www.mondo-gore.com/regore1.jpg

Mon Dieu, si ma famille connaissait l'existance de ce blog...

 

Le scénario : zéro ! Le jeu d’acteur : monstrueux ! Le message : néant ! Regoregitated sacrifice se plante direct comme une œuvre trash totalement gratuite, qui ne peut donc être vu que pour les visions dérangées de son auteur (beaucoup de portraits sont fait du réalisateur, du frère incestueux au satanique obsédé sexuel, donc dans tous les cas, un voisin de palier calme et réservé). Mais si le film aligne clairement les scènes trash à la suite (il ne cesse de nous présenter des épaves féminines, femmes accros à la souffrance, réduites à l’état de loques ou provocatrices à l’excès (toutes sont des actrices porno, ça va sans dire)), il tente de soigner son esthétique en faisant passer ça pour un film expérimental (rires !). Si aucune expérimentation sérieuse n’est faite (aucune symbolique ici, c’est l’étalage de la crasse humaine pendant la présentation des personnages, et l’étalage de ce qu’ils ont à l’intérieur par la suite), le réalisateur parvient quand même à créer une atmosphère étrange, tellement repoussante qu’on en vient à apprécier certains détails. Certains flous sont beaux, les plans au ras du sol créent une étrange impression, certaines visions monstrueusement gores marquent l’esprit (la scène de séparation des jumelles, complètement là pour juste couper des crânes, est un régal, au sein d’un enfer immaculé vraiment agressif (c’est cheap et payant), ou encore celle du carnage sur le lit blanc, semblant sorti tout droit d’un Hellraiser décomplexé et profondément malade. Il y a une telle volonté jusqu’auboutiste dans ce film qu’il y a des moments où le malaise réside clairement dans l’ambigüité, le spectateur ne sachant plus vraiment ce qu’il est entrain de regarder. Beaucoup d’actrices porno se mettent à chialer sur leur vie, à nous balancer toute la merde de leur existence pendant que le caméraman (probablement le réalisateur) les brutalise. Cette vision, tellement primaire et tellement cheap (on oscille entre porno amateur et gore fauché), parvient à supplanter beaucoup de scènes d’enfer, en montrant des âmes en loques réduites à l’état d’objets. Le souci vient plutôt des réflexions qui suivent. Le film faisant une heure, il arrive un moment où on se dit que payer des prostituées (pardon, des actrices porno) pour tourner ce genre de truc, c’est quand même humiliant, humainement parlant. De constater que des gens acceptent de l’argent pour faire ça, c’est révulsant (si encore il s’agissait d’une réunion de déchets humains qui tenteraient de donner un sens à leur vie en tournant un film, je ne dirai pas, mais là, c’est pour de l’argent). Et régulièrement, si je trouve quelques moments de beauté au milieu du carnage, l’esthétique du film est sabotée par les délires de son auteur, qui cache de moins en moins ses déviances. La scène gore sur le lit blanc est excellente (en terme d’intensité, j’entends), puis d’un coup le réalisateur arrive et se met à vomir sur le corps de la ratatouille. Et régulièrement, le vomi revient, alors qu’il est complètement inutile et moche (et que les actrices n’aiment pas, on devine leurs grimaces de dégoût), ruinant complètement le potentiel de certaines scènes (bon, ça donne souvent dans le porno entre filles, mais l’enfer est le lieu de tous les excès). A vrai dire, je crois que le réalisateur se prend un peu pour le Diable dans ses films, ce qui me fait bien rire tant son œuvre est caricaturale. En guise de blasphème, on aura juste nos envoyées démoniaques qui portent des pendentifs en croix, et un type à lunettes qui vient régulièrement vomir un peu sur la scène qu’il est en train de filmer, pour le jeu de lumière sans doute. Impossible de ne pas rire quand il commence à se coiffer d’un poulpe et à se faire vomir en suçant ses tentacules. Et je suis sûr qu’il a cru dans sa tête avoir mis en scène des symboliques blasphématoires. Bref, Lucifer Valentine est un humain qui se prend pour un démon et qui tente de faire passer pour de l’art ses fantasmes tournant autour des fluides corporels. Mais son œuvre étant détrônée en dégueulasserie par n’importe quelle scène de sodomie amateur ou par la fameuse 2 girls 1 cup, on conclura facilement sur l’utilité de cette saga. Un petit potentiel qui pourrait être appréciable si il était maîtrisé (mais bon, reconnaissons lui quand même qu’il est le premier à oser faire dégueuler ses actrices sur le public qui les regarde).

 

1.5/6

 

2008

de Lucifer Valentine

avec Ameara Lavey, Pig Lizzy, Maja Lee, Princess Pam, Miss Pussy Pants

 

http://s52.radikal.ru/i137/0808/f6/e0464526b47e.jpg

On sait maintenant ce que fait Lucifer Valentine quand il rentre le soir du boulot...

 
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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 17:30

http://media.canal-plus.com/wwwplus/image/2/2/1/CINEMA_EN_SALLES_BA_110512_CAN_188316_image_H.jpg

 

Paris a toujours été une ville qui a développé des tendances qui lui sont propres, ce qui se vérifie également au cinéma. Il y a un genre cinématographique typique de Paris, dont on peut voir régulièrement les représentants dans les salles (type le Prénom…). L’Apollonide, souvenir d’une maison close, s’inscrit complètement dans ce milieu, développant un drame maniéré, bradant de l’humanité bon marché en soignant délicieusement son esthétique.

L’histoire : la vie quotidienne d’un bordel dans le Paris du XiXème, menacé de fermeture.

 

http://blog.slate.fr/projection-publique/files/2011/09/l_apollonide_souvenirs_de_la_maison_close6.jpg

 

Voir l’Apollonide se révèle vraiment être une expérience, où le bon côtoie le mauvais avec une certaine aisance. Conscient d’avoir affaire ici à un sujet en or, le réalisateur Bertrand Bonello n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il veut mettre en scène ses prostituées. Si jamais il ne se décide à mettre à nu ces messieurs et qu’il ne filmera pas les ébats (il se contente souvent des préparatifs de différents fantasmes : le bain de champagne, la fameuse scène du lit), il donne dans le trash de ci de là, l’exemple le plus frappant étant celui du rêve d’introduction de la principale prostituée du film (qui se voit emplie de semence jusqu’à en pleurer des larmes) et son illustration finale, très maniérée et immanquablement esthétique. C’est d’ailleurs cette esthétique qui fait la grande force du film. Si l’envers du décor n’intéresse finalement que moyennement (mais nous allons y revenir), les plongées dans l’univers du bordel sont un délice visuel, impossible d’y résister. L’univers fantasmé est moins flamboyant ou exubérant qu’un salon Kitty, il a plus un pendant Lynchien… Le temps semble régulièrement suspendu, grâce aux musiques d’ambiance vraiment étranges qui sont employées et à ce soin apporté au décor. La scène des verres de cristal est à ce titre un pur moment cinéphile, ou pendant deux minutes complètement suspendues, on voit des prostituées et des clients faire chanter des verres. On touche au sublime. Mais telle cette panthère, bel élément de raffinement qui devient le temps d’une scène surjouée l’instrument d’une vengeance, l’envers du film est lui aussi de taille. L’envers du film, c’est l’aspect psychologique et sentimental complètement bordélique sensé combler l’absence de scénario. Autant le dire tout de suite, il ne se passe rien dans l’Apollonide. Pour s’introduire dans le milieu, on aura à une fraîche jeune fille de 16 ans, pratique courante à l’époque, qui veut sciemment devenir prostituée et qui sortira assez vite de la trame du film. Que dire après, sinon que les personnages des autres prostituées ne sont absolument pas marquantes. Si la solidarité féminine semble agir au milieu de toutes ces hôtesses, le film insiste régulièrement sur leur humanité par des débordements sentimentaux et des étreintes. Une façon comme une autre de les rendre attachantes, mais sur deux heures, ça devient quand même de l’humanité bon marché. Et de l’humanité bon marché, on nous en vend aussi en filmant le petit déjeuner, avec la vengeance finale… Il faut dire que le seul personnage véritablement marquant du film est la prostituée du début, défigurée d’un sourire d’ange par un client psychopathe. La personnalité brisée de cette femme est de loin la plus touchante, vu que c’est aussi la plus sobre d’entre toutes (n’étant plus demandée par les clients, elle rend un peu service mais son inutilité est là et elle en a conscience). Aussi les propositions des gens voulant louer ses services après mutilation sont immédiatement vu comme des pervers en quête de sensations fortes (ah, ces riches…) et elle comme une femme brisée qui agit parce qu’elle n’a pas d’autre choix. Si ses airs meurtris sont magnifiques, elle sera elle aussi victime de digressions du script complètement inutiles, qui en profitera pour faire un peu de psychologie avec elle et qui insistera lourdement sur son rêve. L’Apollonide est donc un matériau hétérogène, cultivant un esthétisme poussé à l’extrême et une peinture appuyée de l’humanité des prostituées. Il n’y a que la fin qui puisse prêter à débat (pointant la fermeture des bordels et la dégradation des conditions de vie des prostituées qui maintenant tapinent), le reste n’est que pur divagation esthétique flatteuse pour l’œil, mais vraiment longue par moments.

 

3/6

 

2011
de Bertrand Bonello
avec Hafsia Herzi, Céline Sallette

 

http://www.gqmagazine.fr/uploads/images/thumbs/201138/01_303982949_north_628x.jpg

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 10:07

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Interdit aux moins de 16 ans

 

Un petit film décalé, ça faisait longtemps que je n’en avais pas abordé. Shortbus est un film américain sorti dans l’indifférence générale et nanti d’une interdiction de moins de 16 ans, non pas pour un contenu violent, mais un contenu érotico-pornographique. C’est une tentative d’étude de sexualité sous différentes formes (gay, frigide, domination, tout le monde se mélange), à la fois sentimentale et psychologique. Le genre de film qui interpelle devant le pitch, mais qui laisse de marbre à la sortie.

L’histoire : la vie sexuelle de plusieurs personnes (une sexologue frigide, un couple gay (James et Jamie) dont l’un est tourmenté, une dominatrice vivant à l’écart du monde…) qui se rencontre au Shortbus, club underground d’assouvissement du plaisir organisant des soirées échangistes.

 

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Shortbus plante immédiatement le ton avec son sujet : il a une vision de la sexualité et il va tenter de nous la faire partager sous différents visages, avec plus ou moins de tact. Le trash du film réside uniquement dans l’approche très crue de la sexualité, filmée sans fard : un homme qui se fait une auto-fellation, des scènes d’échangisme de masse, les enlacements homos filmés en détail… On frôle la pornographie à maintes reprises, car le film est dans une optique de partage du plaisir. Il invite le spectateur à voir la sexualité comme une jouissance qu’on peut partager (comme le dit l’un des organisateurs : « regarder est une forme de participation »). C’est la vision du libertin humaniste en somme, celui qui veut être bien avec tout le monde en baisant avec. Une philosophie bonobo répandue, et complètement débridée. La pudeur, on ne connaît pas dans ce film, mais vu le sujet, on s’y attendait. Là où on est clairement moins convaincu, c’est dans les buts du film. En dehors de cet étalage de plaisir et du discours sur l’assouvissement du fantasme (avec une esthétique très colorée pour faire tendance jeune, peace and love), rien, pas de message constructif, pas de parcours émotionnel marquant. La sexologue frustrée, fascinée par l’orgasme qu’elle n’a jamais connu, se lance dans le sexe à plusieurs en espérant l’avoir un jour, le couple homo tente de s’élargir avec un troisième membre, avant de revenir entre eux (c’est de loin le meilleur portrait, la dérive psychologique du jeune James étant palpable mais peu claire), la dominatrice commence à accorder de l’intérêt aux autres sous l’angle d’une sexualité partagée (mais d’où vient ce complexe initial ?)… Le tout avec d’étranges personnages qui viennent traverser le film, comme un ancien maire de New York, papi octogénaire qui nous donne son avis sur la question ou un photographe qui observe notre couple gay en développant des tendances voyeuristes (hommage à Fenêtre sur Cour). Ces petites histoires sont certes peintures de quelques tendances dans notre société, mais à quoi avancent-elles le spectateur ? Trop légères pour vraiment prétendre être de la psychologie, trop orientées vers l’épanouissement sexuel pour être complètement honnête (aucun quotidien en dehors du sexe ici, le reste est zappé), Shortbus est une bluette légère et faussement casseuse de tabou pour prôner une sexualité ouverte racoleuse et démagogique qui ignore tout ce qui ne touche pas aux parties intimes. Si le film ose parfois quelques piques amusants (3 homos en pleine partouze qui se mettent à chanter l’hymne américain), il s’encombre régulièrement de conversations de comptoirs (une bande de filles qui déclare que l’orgasme, elles adorent ça (Nooon ? C’est vrai ?)), de sentiments nunuches et de scènes de comédie gênantes (le coup de l’œuf vibrant, grand moment de solitude et total échec comique). Rapidement, le spectateur intègre le désir du film, mais décroche quant aux obsessions des personnages qui le laissent complètement de marbre. Parmi ceux qui ont vu le film, une bonne moitié le conseille pour son message « positif » sur la sexualité. C’est un leurre, sous prétexte de prôner une ouverture au Monde (le générique de fin), Shortbus est un film inutile et chiant, qui recycle des poncifs avec une jolie photographie pour casser des soi-disant tabous en embellissant le tout. A cet édulcorant porno-soft, on préfèrera largement Enter the Void, qui se révèle, lui, réellement iconoclaste.

 

1.5/6

 

2005
de John Cameron Mitchell
avec Sook-Yin Lee, Paul Dawson

 

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 09:55

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Hugo Cabret a fait gentiment parlé de lui lors de sa sortie. Portée aux nues par Mad mais chambré par Télérama, le film a séduit la critique et le public qui s'est déplacé pour le voir (au final 1,1 millions d'entrées). Un petit score pour un film conte grand public, pas vraiment étonnant vu que le sujet du film n’est pas immédiatement identifiable et qu’on n’a pas l’air d’y rire (alors que des écureuils qui sniffent de l’hélium, c’est tellement plus mimi !). Les intentions du film sont honnêtes : partager un amour du cinéma. Un orgueil qui devrait parler aux français (on y parle des frères Lumière, de Méliès…), mais bon, le cinéma, c’est Bay/Emmerich maintenant.

L’histoire : Hugo Cabret, fils d’un horloger, voit son père mourir dans un incendie. Il est recueilli par son grand père, un alcoolique invétéré qui travaille à la gare en remontant les horloges, et possède pour seul bien un automate cassé qu’il s’évertue à réparer.

 

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Hugo Cabret est un film pour enfants à l’ancienne et ça se sent tout de suite. L’ouverture très esthétique de la gare fait immédiatement place au monde d’Hugo Cabret, composé de rouages et de fumées. Vivant dans le système de chauffage/aération de la gare Montparnasse complètement fantasmé, le petit Hugo nous emmène avec lui dans une structure de rouages, d’échelles, de galeries enfumées… Une vraie usine à la Burton qui ferait immédiatement fantasmer n’importe quel fan d’univers underground (sans le grain d’image contrasté). C’est aussi une manière d’attirer notre attention sur l’envers du décor, car si personne ne remarque Hugo (qui se nourrit en volant les commerces de la gare), c’est qu’il remonte continuellement les horloges sans que personne n’y prête attention. Mais le quotidien d’Hugo va changer, un jour où il tente de voler un jouet dans une boutique. Le marchand lui confisque un carnet de dessin hérité de feu son père, sur lequel apparaît une curieuse série de dessins qui s’animent quand on les bouge. Un premier indice qui va peu à peu nous emmener sur la direction du cinéma, et plus particulièrement sur le cinéma de Georges Méliès, inventeur de la plupart des effets spéciaux. Avec ce film, en plus de rendre hommage aux grands noms du cinéma, Scorcese veut redorer le blason de l’Art qui l’a hissé comme maître du genre en vantant sa capacité à faire rêver le monde. Un beau message qui n’a pas vraiment rencontré l’écho attendu (mais au combien mieux maîtrisé que dans le médiocre cinéman). Moi-même, malgré l’évident tribut qu’il faut rendre aux pères de cet art, j’ai été moyennement emballé par le tout, certes maîtrisé et flatteur pour les yeux, mais sans surprises pour un cinéphile un temps soit peu documenté sur le sujet. Toutefois, la version de Méliès donnée ici par le film est attachante, le film le montrant comme un visionnaire rêveur voulant faire rêver le monde avec lui, mais finalement dépassé par les guerres, abandonnant le rêve pour une réalité plus terre à terre. Le message est là, il est taillé pour donner une petite leçon aux enfants en leur apprenant à apprécier le cinéma (sans trop le caricaturer : les portraits des différents personnages, bien que très clichés, sont suffisamment « habités » par les acteurs pour qu’on s’intéresse à eux (Sacha Baron Cohen amusant en ancien combattant amoureux de la fleuriste, amusant couple de vieux, sympathique fille de « tonton Georges »…), et espérant faire renaître le goût pour le vieux cinéma chez l'adulte. Bref, si le jeu d’Hugo n’est pas toujours à la hauteur (autant il arrive parfois à pleurer de façon convaincante, autant il feint outrancièrement la tristesse par moment (sa rage fait peine à voir)), il traverse assez bien le film, parvenant parfois à émouvoir et nourrissant un amour de l’horlogerie assez atypique pour le rendre attachant. L’automate crée le mystère, il semble être un lien entre l’homme (il a forme humaine) et la machine (son mystérieux mécanisme), mais il n’est qu’un prétexte, il délivrera un grand indice qui déclenchera la quête cinématographique du film. Si le climat merveilleux est là et que l’hommage au cinéma, accessible au grand public, est fait, Hugo Cabret est un film pour enfant honnête, mais pas transcendant. C’est un spectacle à recommander parce qu’il encourage la culture cinéphile et qu’il possède des personnages sincères, mais il n’y a pas de chef d’œuvre qui tienne. C’est une œuvre aboutie, mais gentillette.

 

 

4,3/6


2011
de Martin Scorsese
avec Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen

 

http://s.tf1.fr/mmdia/i/63/5/hugo-cabret-de-martin-scorsese-10580635oatuw.jpg?v=1

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 09:51

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Si Guy Ritchie est indéniablement un réalisateur populaire dont les films de gangsters ont accédés au statut de film culte (plutôt à raison : les dialogues sont ciselés, l’humour est sincère et parfois désopilant, les personnages sont attachants… bref toutes les ficelles sont maîtrisées sans que j’adhère excessivement), je suis moyennement porté sur son cinéma. Guy a trouvé une formule payante, il l’exploite et ça donne généralement un divertissement sympathique. Mais quand il s’attaque à Sherlock Holmes, avec un casting digne de l’entreprise, ça suscite immédiatement une certaine curiosité.

L’histoire : Sherlock Holmes est amené à enquêter sur lord Blackwood, disciple satanique ayant commis plusieurs meurtres sacrificiels à différents endroits de Londres…

 

http://lebuzz.info/wp-content/uploads/2009/11/photos-stills-sherlock-holmes-film-guy-ritchie-robert-downey-jr-jude-law-rachel-mc-adams-mark-strong-010.jpg

 

Voici une bien belle affaire pour notre détective décoiffé, puisqu’elle y mêle assez sympathique reconstitution du Londres du XIXème siècle et occulte à la Lovecraft (en toutefois plus sobre : aucune créature difforme n’apparaîtra à l’écran, les éléments étant assimilés à des forces occultes. Là où le film marque immédiatement des points, c’est sur le traitement des personnages. Au gentleman anglais vif d’esprit qu’incarnait Peter Cushing dans Le Chien des Baskervilles, Guy Ritchie préfère un génie paresseux à l’hygiène fluctuante qui croupit dans son appartement en bazar. L’interprétation de Robert Downey Jr est un régal, tant il prête à son personnage un caractère invasif et parasite (sa suffisance en face de la fiancée de Dawson et ses multiples tentatives pour ruiner leur vie de couple sont autant de ressorts comiques que des détails piquants du personnage). Disons le tout de suite, on ne croit que modérément aux explications rationnelles, et celles qui nous seront délivrées au final tiennent plus d’un épisode de Scooby-Doo que d’une logique implacable (la commande à distance avant le téléphone ? Allons allons…), mais on s’en tamponne, vu qu’on est dans un divertissement à la Ligue des Gentlemens. Avec ici la pédale douce sur les effets spéciaux numériques, seuls quelques lieux seront numériques, et l’accélérateur à fond sur les petites séances de combats (on voit que Sherlock est un expert en art martiaux, et on finit par l’accepter) et les multiples indices qui relancent continuellement l’intrigue. Autant dire que le rythme emballe jusqu’au final, et que le méchant de l’histoire est plutôt charismatique. Traînant sa gueule fourbe dans un manteau en cuir type SS (on n’est pas à une incohérence près), il incarne un suppôt du Malin convaincant qui nous hantera jusqu’au final affrontement que l’on attendait. Aussi habile dans la gestion de son budget que dans la caractérisation des personnages, cette relecture de Sherlock Holmes complètement revisité se révèle être une agréable surprise et a tout le matériel pour devenir un divertissement familial côté. Très attachant.

 

4.3/6

 

2009
de Guy Ritchie
avec Robert Downey Jr., Jude Law

 

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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