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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 11:04

http://missnombril.m.i.pic.centerblog.net/jbin5lrr.jpg

 

Enfin un film que j’avais envie de voir depuis bien longtemps. Oublions le drôlissime Elektra ou le premier essai vacillant de Pitof, voici son nouveau chef d’œuvre en date. Catwoman ! Descendu par des légions de cinéphiles, humilié par la presse, lapidé par les téléspectateurs… Catwoman est devenu le cas d’école de tous les choix maladroits qu’on pouvait faire sur un film de super héros. Tout simplement un des plus gros navets de la décennie 2000. Portée par une Halle Berry qui n’a jamais fait aussi bien la prostituée, un Lambert Wilson à côté de ses pompes et une Sharon Stone dans le besoin, c’est LA production Pitof à ne pas manquer.

L’histoire : elle a le minet en feu !

 

http://popmovies.blog.free.fr/public/Affiches_films/.catwoman_movie_m.jpg

 

Un navet de ce calibre, c’est rare. Pour ainsi dire, je bouillais d’impatience de le découvrir tant les critiques nous promettaient monts et merveilles (« Un sommet de médiocrité », « d’une connerie affligeante ! » « le pognon a été utilisé pour les choix artistiques les moins pertinents… »). A ma connaissance, c’est le pire film de super héros jamais sorti avec Elektra et Dare devil. Mais qu’en est-il du film réellement ? Et bien c’est au-delà de nos espérances ! Halle Berry est une victime en puissance, tellement timide qu’on ne s’attache pas à elle un seul instant (sincèrement, faut se prendre en main un minimum parfois), qui va essuyer une tentative d’assassinat et se transformer en cougar agressive, en tortillant du cul cadré sous tous les angles. Mais commençons par le début. Patience Phillips (notre future catwoman a un nom… aussi pertinent que Bavoir) est une créatrice de mode qui méprise son travail, et qui partage son bureau avec une rondouillarde accro aux produits de beauté et un gay qu’on aimerait taper (sincèrement, le cliché des créateurs de mode gay, on peut encore l’accepter, mais quand on ordonne à des figurants de jouer une mentalité de gamine de huit ans…) à chaque fois qu’il lève les yeux. Mais très vite, on se rend compte que les dirigeants de cette firme de cosmétique sont de gros vilains qui ne pensent qu’à l’argent (à grands renforts de sourires carnassiers, voilà comment on montre leur méchanceté), et qui vont lancer un nouveau produit. Sauf que ce produit, il rend les gens laids et dépendants comme une drogue. Mesdames, on va vous exploiter ! Mais ne vous inquiétez pas, notre chaudasse va vous défendre. Après s’être fait évacuée par le trou des toilettes et laissée pour morte sur une plage, Patience se prend de l’haleine de chat numérique dans la gueule, et elle ressuscite ! Halleluia ! Notre tigresse fait la connaissance d’une vieille femme à chat qui lui explique alors qu’elle a été choisie, et qu’elle est maintenant une femme chat en dehors de toute législation. Elle se met alors à faire des bonds partout, à grogner quand elle voit un chien… Me demande pourquoi Pitof n’a pas fait de longues séquences où elle se lèche, ça nous aurait intéressé au moins 5 minutes… Mais non, elle va d’abord se prouver qu’elle n’est plus une victime. Pour cela, elle va casser la gueule à des métalleux qui écoutent du métal, elle va piquer leur bécane et aller voler quelques bijoux pour se faire ses griffes en diamants. Mais c’est pas moral ! Alors, pendant qu’elle vole les bijoux, le script met 2 ou 3 braqueurs déjà sur place, histoire de donner l’illusion qu’elle est du bon côté de la loi. Et elle se retrouve avec pleins de bijoux chez elle, mais elle ne gardera que la plus belle pièce, pour en faire ses griffes diamantées. Pendant ce temps, à la bijouterie, on ne déplore que le vol du gros joyau (ils ont de la merde dans les yeux pour ne pas se rendre compte qu’on leur a piqué tous les cailloux du rez-de-chaussée) ? Un commissaire (convoité par l’homosexuel de service, le long regard qu’il lui jette est désarmant) qui vient de faire la connaissance de Patience (il l’a sauvée parce que cette conne escaladait la façade de l’immeuble pour aller caresser un chat) se charge de l’enquête, et ne sait pas trop si il peut faire confiance à Patience pour l’amour, parce qu’elle a la même coupe de cheveux et le même visage que Catwoman… Catwoman qui se met bientôt à porter du cuir et à jouer les domina SM nanarde qu’on nous promettait en bande annonce. C’est simple, Pitof ne semble intéressé que par son fondement, qu’il cadre sous tous les angles sans regarder à la dépense niveau effets caméra. De la fesse dès qu’elle commence à bondir. Catwoman, ex-petite artiste sans permis, se met alors à conduire un camion, une moto et une jaguar (quelle vole toujours), elle passe au travers des barreaux d’une cellule (elle a attendu 20 minutes avant d’oser nous faire le coup du « je suis assez mince »), Catwoman ouvre une vitre sans savoir utiliser le matériel adéquat (la technique est vieille comme le monde, un compas avec une pointe en diamant, et Pitof n’est pas foutu de comprendre comment ça marche !), Catwoman utilise les transitions numériques pour sortir d’impasse (le plus beau coup étant celui où, cernée par les flics, elle casse une ampoule et se retrouve 10 secondes plus tard chez elle)… Mais ce sont définitivement les méchants de pacotille qui propulsent Catwoman au rang de chef d’œuvre. Entre un Lambert Wilson qui essaye de jouer les tyrans dominateurs (il ne sera pas crédible un seul instant, et quand Patience le remet à sa place, tous les autres employés applaudissent ! Hallucinant, ou tous les autres créateurs artistiques se branlent de leur métier et chient à la gueule de leur patron ?) et Sharon Stone complètement à côté de la plaque en mannequin avide de fric, qui tente vainement de recycler son jeu de Basic Instinct en remplaçant le thème du sexe par celui des cosmétiques, on ne sera pas épargné par le comique involontaire, qui rend d’une futilité affligeante le combat de Catwoman (les méchants créateurs de mode vont-ils gagner ?). Pitof, en technicien revendiqué, abuse constamment d’effets numériques qui colorisent l’image, accouchant d’un résultat certes léché mais complètement à côté de la plaque (une usine ressemble à une boite de nuit, des coulisses d’un théâtre à la forêt de Pandora en pleine nuit) quand il ne se repose pas sur des séquences avec une catwoman numérique fort peu crédible. Pour achever le tout, on se contentera de dire que le masque de Catwoman est le plus ridicule de l’histoire des adaptations de super héros avec celui de Green lantern. Un navet intégral, de première bourre, avec une Halle Berry qui se trémousse le popotin devant une caméra baveuse, animée par un Pitof sanglé à une grue en pleine érection, qu’on imagine en train de crier « balance moi sur la gauche en faisant des tonneaux, ça va être énorme ! ». Catwoman, quand on vous propose de le voir, on dit oui sans hésitations !

 

0/6 mais un respectable 15/20 nanar

 

2003
de Pitof
avec Halle Berry, Benjamin Bratt

 

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Une haleine de chat à vous réveiller une morte !

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 10:59

http://img.over-blog.com/357x540/5/04/77/01/image/the-incident-ray-copie-1.png

 

Il avait fait un petit buzz à Gérardmer 2012, le voici enfin qui débarque sur ce blog, acheté au tarif nouveauté. The Incident, petite bisserie traitant d’une survie en milieu psychiatrique, était taillé pour nous plaire, se vantant d’être un héritier du suspense de Carpenter. Au final, le film vaut-il qu’on l’achète, le réalisateur de clip Alexandre Courtès en étant simplement à sa première réalisation ? Et bien, si le tarif nouveauté est clairement exagéré, il doit bien valoir ses 9,99 euros.

L’histoire : Quand ils ne jouent pas ensemble, les différents membres d’un groupe de rock travaillent dans la cuisine d’un asile psychiatrique. Par une journée de tempête, le courant saute à l’heure du repas, et plusieurs patients parviennent à se libérer et commencent à exterminer le personnel médical…

 

http://images.allocine.fr/medias/nmedia/18/91/16/35/20139676.jpg

 

Le récit s’annonçait tendu, le film l’est moins. Disons le tout de suite, au niveau du rythme, on n’est pas toujours au top, le suspense des déplacements étant parfois abandonné au profit de séances de discussions pas géniales qui plombent le récit. Le début est également long à l’amorçage, ne lâchant ses fous qu’après une demi-heure (sur 80 minutes, c’est quand même un peu vache). Mais qu’importe, il parvient au moins à planter une ambiance réaliste, le design du bâtiment faisant froid dans le dos et les différents protagonistes de l’histoire ayant des caractères crédibles. Le côté groupe de rock n’est pas vraiment utile, il est juste là pour susciter l’empathie du spectateur, qui si il regarde des films d’horreur, doit aimer le rock un peu hard. Toutefois, l’esprit « groupe de rock » se tient, Courtès ayant été habitué à en fréquenter et sachant les mettre en scène en mode réaliste. Mais une fois que les choses commencent un peu à dégénérer, l’ambiance se densifie, et la peur arrive enfin. On se surprend à penser au remake de The Crazies dans l’illustration de la folie, mais sans les maquillages gores en mode zombie. Juste des acteurs très bien choisis (leur physique cadre vraiment avec le contexte d’hôpital psychiatrique) et la nécessité de bouger régulièrement pour éviter les meutes de fous qui se déplacent dans le bâtiment. Clairement, lors des déplacements, Courtès sait y faire pour faire naître de la tension et nous plonger dans l’incertitude. Il sait aussi se révéler minimaliste dans son exploitation de la violence (on ne verra pratiquement rien pendant la première heure, une chose assez frustrante, mais la fin viendra combler le cahier des charges), qui interviendra de façon crue à la fin du récit. Oui, en termes de suspense, on a affaire à quelqu’un qui lorgne du côté de Carpenter, dans le genre de (attention, vous allez avoir peur) Ghosts of Mars (pour sa gestion de la menace qui se diffuse peu à peu partout en ville). Toutefois, niveau gestion de la folie, c’est vraiment à The Crazies qu’on pense, surtout quand on voit les performances assez crédibles de tous les dingues de l’histoire (qui nous seront d’ailleurs présentés au cours d’un repas, mais qui ressemblent toutefois plus à des prisonniers dangereux qu'à des fous). Dans tous les cas, Courtès adopte une narration très classique et déleste complètement les effets clippesques, donnant à son film des airs d’authentique thriller bienvenus pour de tels plaisirs. The Incident tient donc ses promesses et se révèle être le film tendu qu’on attendait même si sa fin de petit malin vient brouiller les pistes sans grandes raisons (quand on ne sait plus trop comment relancer, on se jette dans le fantastique). Honnête mais pas non plus transcendant.

 

4.5/6

 

2011
de Alexandre Courtès
avec Anna Skellern, Dave Legeno

 

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 12:30

 

Chers lectrices et lecteurs de mon blog,

je vous signale que cette semaine, je risque de ne pas passer régulièrement sur la blogosphère pour diverses raisons (bouclage de mon moyen métrage Insidieux (avec quelques problèmes d'encodage vidéo à la clef) et bouclage d'un dossier sur Mel Gibson pour un site internet. Je reviendrai donc trèsd prochainement avec pleins de nouveaux articles, mais d'ici là, patience...

 

Salutations à tous !

 

Jamesluctor

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 12:44

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Nouvelle adaptation de Stephen King avec Carrie, réalisé par un Brian de Palma encore jeune qui a marqué durablement les esprits avec un teen movie fantastique suffisamment mâture pour avoir gardé un mode de fonctionnement efficace (seuls les détails trahissent l’époque : les coiffures et les tenues vestimentaires). Traumatisant, le film l’est à plusieurs niveaux, ne dédaignant pas s’aventurer dans une violence sanglante dans son dernier acte. Un chef d’œuvre qui a fait bien des envieux, au point qu’une suite, Carrie 2, a été tournée. Faire cohabiter les deux films dans une même chronique relève de l’insulte tant la suite fait peine à voir, mais étant de mauvais goût, je ne résiste pas au plaisir d’allier chef d’œuvre et nanar intégral.

 

http://www.stephen-king.fr/wp-content/uploads/2008/12/carrie1.jpg

 

Carrie : Une des premières adaptations de Stephen King, qui s’est révélée être un triomphe, un véritable succès traitant intelligemment de l’adolescence. En bref, nous avons un discours pertinent sur la maturation progressive de Carrie, étudiante hyper-frustrée et possédant un don de télékinésie, et les réactions des personnages qui l’entourent. Un film nihiliste dont la fin dramatique en aura marqué beaucoup (on ne compte plus les clins d’yeux fait à ce final), et qui reste aujourd’hui encore une référence dans le domaine. Principalement parce que ses étudiants (dont les clichés sont variés) sont toujours d’actualité, les caractères changeant peu. Il n’y a que les coupes de cheveux datées et les habits qui trahissent l’époque de tournage (particulièrement avec les tenues des filles, qui aujourd’hui ressemblent davantage à Chriss, l’allumeuse de service). Mais les adolescents ressemblent à des adolescents, et ils interprètent leurs rôles avec un sérieux qui paye, en témoigne la performance de John Travolta surprenant en étudiant manipulé par sa copine, et bien sûr de Sissi Spacek qui interprète une marginale complètement repliée sur elle-même au destin tragique. Mais c’est particulièrement la mère qui me reste en mémoire, une vraie folle interprétée par une Piper Laurie possédée par son rôle, admirable figure de mère castratrice d’un niveau équivalent à celle de Braindead (beaucoup moins bête au niveau de ce personnage). Les Dolores Ombrage et autres succédanés me font bien rire en comparaison de ce monstre d’intolérance, toujours dans l’exagération, qui parvient à devenir réaliste en traitant de l’intégrisme sur cette note. Empêchant sa fille de parler, la frappant avec une bible pour faire rentrer les écrits dans sa tête, la mère de Carrie est un monstre phénoménal, rendu particulièrement flippant en dernier acte lorsque son esprit lâche et qu’elle tente de mettre fin à l’existence de sa maisonnée. Un final d’une intensité insoutenable. Le film se révèle d’ailleurs remarquablement construit (on imagine qu’il en  était de même dans le livre) en commençant à présenter son héroïne découvrant le sang menstruel, et s’achevant dans des cataractes d’hémoglobine. On retrouvera d’autres symboles qui se croisent, comme ce saint hideux accroché dans le placard à ballet et la mise en scène de la mort de la mère (percée de la même façon). Remarquablement éclairé et mis en scène, Carrie bénéficie d’une facture technique largement satisfaisante, y compris dans ses effets spéciaux plutôt soignés. On ajoute à ça une mise en scène virtuose, qui nous filme une scène avec énormément d’actions simultanées avec une lisibilité exemplaire : la fameuse chute du sang de porc, filmée au ralenti avec une attention captant le moindre détail (le fameux ruban…). La musique de Piccolodi vient accompagner le tout avec finalement une bonne pertinence, assimilant l’ingénuité à une flûte traversière dans des tempos lents. Bref, la découverte est un choc, et l’insistance du film sur les sentiments de ses personnages suffit à nous absorber dans son récit et à le classer directement dans les chefs d’œuvre. Un teen movie d’une qualité rare !

 

6/6

 

1976
de Brian De Palma
avec Sissy Spacek, Piper Laurie

 

http://www.nerdsociety.com/wp-content/uploads/2010/09/carrie3.jpg

 

Carrie 2 : Le retour ! Que dire de plus, si ce n’est qu’on ne peut qu’être mort de rire devant un projet aussi ouvertement commercial. Fausse suite mais vraie arnaque, Carrie 2 n’entretient aucun rapport avec Carrie, si ce n’est par l’intermédiaire de flash back pour le moins discutables. Mais ce qui nous rend mort de rire, ce sont les nouveaux étudiants. Pour le coup, on a un authentique teen movie, dans ce qu’il a de plus crétin et immatûre. Transposition à notre époque oblige, notre Carrie est aujourd’hui une gothique qui se nomme Rachelle, mais une gentille gothique, qui passe son temps à dessinée des beaux dessins et qui veut être gentille avec le monde. Mais les autres étudiants se moquent d’elle… parce qu’elle est gothique. Mais dans la classe, en cours de lettres, il y a un adolescent qui semble mâture, car il donne une lecture un peu trash de Roméo et Juliette… Ils commencent alors à se regarder dans le blanc des yeux, à nouer une relation… Ellipse temporelle de ma chronique de 40 minutes de films pour se rendre directement à la fin : la prom night qui est devenue ici une fête chez un pote. Rachelle y vient sûr que son intégration va mieux se passer. Et bien non ! Le gars qui l’a séduit, c’était juste un pari où il devait la baiser. Et il a filmé leur orgasme. On se retape alors les images de sex tape pendant que l’assistance se marre tellement fort que ça en devient risible tant ils simulent, et Rachelle a alors une sorte de montage au hachoir dans la tête composé d’accélérés, de zoom navrants, de gars qui rient… On ne pige plus rien, et là, le carnage commence, et elle bute la plupart des invités (avec des cds comme dans Hellraiser III, avec une pelle à cendre, avec du feu comme dans Wishmaster), avant que notre jeune gothique ne tue une bande d’étudiant de façon nanarde (une fille se prend des éclats de verre dans les yeux et tire donc sur le gars d’à côté en lui arrachant les couilles au harpon, avant de mourir de ses éclats de verres en surface des yeux). On conclut sur la love story entre l’ami de Rachelle qui regrette cette triste histoire et qui commence lui aussi à développer des dons bizarres. Certes, on se fait chier pendant une heure, mais y a une petite demi-heure étalée dans le film qui vaut son pesant de cacahouètes question comique involontaire.

 

0/6 mais un honnête 12/20 nanar

 

1999
de Katt Shea
avec Emily Bergl, Amy Irving

 

http://s3.amazonaws.com/auteurs_production/images/film/the-rage-carrie-2/w448/the-rage-carrie-2.jpg?1289482134

Craignez la colère de la gothique !

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 22:41

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Si le talent de Balaguero n’est plus à présenter, la carrière de Paco Plaza pré-rec a de quoi susciter la curiosité du public, ne serait-ce que pour comprendre pourquoi ces deux réals se sont rapprochés et ont accouché d’un des meilleurs films de zombies de « zombies » de ces dernières années. Et sa principale collaboration au septième art, c’est Les enfants d’Abraham, un thriller intéressant qui se propose de nous faire vivre une histoire de famille tordue. Mais…

L’histoire : Après le suicide de son père, Daniella cherche des réponses à son acte. En poussant les recherches, elle se rend compte de faits étranges, alors qu’un inconnu atrocement défiguré commence à la harceler.

 

http://perso.orange.fr/chatdecheshire/Les%20enfants%20d%27Abraham%201.jpg

 

Paco Plaza n’a pas choisi la facilité en s’attelant à un tel script, qui lorgne finalement sur La secte sans nom, mais en moins efficace. Ici, c’est le suicide du père qui lance l’affaire, notre héroïne ne comprenant pas le sens de son geste. Et peu à peu, cette dernière de découvrir que son père était un peu plus trouble que ce qu’elle pensait, pour finalement apprendre qu’il appartenait à la secte des Enfants d’Abraham. Intéressant, mais une question me taraude encore… Quel est le but de cette secte ? Pourquoi se perpétue-t-elle et qu’obtient –on concrètement en échange du sacrifice ? Pas grand-chose, et le film semble finalement plus s’appuyer sur ce que les sectes ont d’effrayant plutôt que d’élaborer une peur particulière autour de cette secte (comme le faisait intelligemment La secte sans nom). Niveau ambiance, c’est donc clairement moins tendu que le film de Balaguero, mais ça se suit. Cela est notamment dû à une réalisation plutôt appliquée et des acteurs compétents, notamment pour le grand brûlé qui se révèlera être un personnage plutôt touchant. Mais si les personnages des Enfants d’Abraham sont plutôt intéressant, le film peine clairement à instaurer un rythme dans son histoire. Le tiers du film doit être constitué de plans de l’héroïne qui marche, de plans de l’héroïne qui prend un médoc, de plans de l’héroïne qui dort… Le tout sur de jolis morceaux de piano. Certes, c’est du joli remplissage, mais c’est du remplissage quand même et ça ne fait pas un film à l’ambiance glauque. On en viendrait presque à oublier les quelques meurtres sanglants commis par la secte, abordés puis oubliés dans la suite de l’intrigue, qui se concentre sur le passé de Daniella. Certes, les conclusions sont intéressantes (l’histoire de famille promise est en effet glauque à souhait, ayant la capacité d’en faire souffrir chaque membre), mais le développement du film, long et parfois ennuyeux, l’empêche clairement de rivaliser avec son concurrent ibérique. Toutefois, la bonne facture technique démontre que Plaza sait filmer et que pour peu qu’il ait de la chance, il pourrait devenir un honnête artisan. Pas génial, mais regardable.

 

3.5/6

 

2003
de Paco Plaza
avec Erica Prior, Trae Houlihan

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 21:03

http://static1.purepeople.com/articles/3/22/53/3/@/154907-l-affiche-du-film-banlieue-13-637x0-3.jpg

 

On vous l'avait promis, la voici maintenant en vrai : la chronique complète de l'indispensable Banlieue 13, ultimatum. Sincèrement, jusqu'à maintenant, Banlieue 13 était resté pour moi le meilleur navet de Besson. Puant idéologiquement, filmé à l'arrache avec un Larbi Naceri qui se prenait pour Scarface, on pensait avoir atteint un sommet. Voir Besson reprendre une formule aussi efficace avait donc de quoi m'inquiéter, connaissant les ambitions économiques du bonhomme, je m'attendais à une aseptisation du matériau, un truc de Yamakasi sans âme. C'est dire si je m'étais trompé sur le compte de Besson. Cet artisan du cinéma a intelligemment revu sa copie, au point de mûrir un scénario à vous décoiffer un chauve. Bienvenu dans la banlieue 13, mais en mieux.

L'histoire : Nous la différence, on a grandi dedans ! Avec ou sans la France, on ira de l'avant !

 

http://3c.img.v4.skyrock.net/3cc/skyrockradio/pics/2322085521_1.jpg

Besson, qui confond hommage et caricature...

 

Ah, mais que dire du cinéma français si Besson n'était pas là pour nous causer politique... Le bonhomme n'en est pas à son coup d'essai, nous ayant proposé avec Banlieue 13 un discours vantant les mérites de l'identité communautaire s'unissant contre un Etat français fasciste.  Il a ici subitement adapté son propos, en nous resservant la même formule, mais en plus moderne. Ceci dit, il n'a pas ménagé sa peine. En comparant Banlieue 13 et son successeur, on constate en effet qu'en termes d'action, le scénario Besson seul se révèle incroyablement mou, là où la collaboration avec Larbi accouchait d'un actionner qui bougeait sans arrêt... Besson serait-il en panne de rythme (malgré une démentielle scène d'action où notre duo de choc dévaste le 36 quai des orfèvres en roulant dans les locaux avec une voiture et en sautant deux étages pour se tirer par la nationale ni vu ni connu) ? Il compense en tout cas avec un humour tout en finesse, comme en témoigne la scène d'introduction du lieutenant de Police Tomaso, transsexuel dans le cadre de sa mission et doublé par une femme quand on filme son cul (avec, au passage, une magnifique allusion politique où un vicelard nous sort pour réclamer une fellation "pour gagner plus, il faut travailler plus !" La politique, chez Besson, c'est une affaire de subversion). Enchaînons directement sur la mise en scène des banlieues, tout en finesse concernant les ethnies.  Le générique va nous guider au travers de la banlieue 13, en commençant par le quartier noir. Banlieue 13 vous disait "Ici, on est à Bakara.", à présent, vous y êtes ! Chaque noir se balade avec une kalash, ils fabriquent des bombes directement dans la rues, ils transportent de l'héro à la brouette... Puis on passe au quartier chinois, où c'est la même chose, mais en chinois. Puis on passe au quartier gitans, à ses mômes qui se baladent avec des guns dernier cri, charriant de la poudre par kilos. Puis vient le quartier des arabes (le plus sobre), et enfin le quartier des punks, des skinhead et des nazis. C'est de loin mon préféré, personne n'avait osé depuis Les rats de Manhattan. Et on essaye de nous faire croire que tout ce petit monde, armé de mitrailleuses lourdes, de bazookas et d'armes de point à ne plus savoir qu'en foutre, cohabite pacifiquement, faut juste pas venir les emmerder. D'ailleurs, dès le début du film, le héros vient se réfugier chez les noirs, qui dissipent les poursuivants policiers en leur tirant à la kalash dessus. J'en profite pour faire un résumé de l'intrigue du film : un général veut dresser l'opinion public contre les banlieues et forcer le président à les éradiquer une bonne fois pour toute. Cela fait, un promoteur immobilier viendra reconstruire des quartiers tout neuf pour des bourgeois (qui sortent d'où ?). Et comment ils dressent l'opinion publique ? Ils tuent discrètement une équipe de flic (des fouilles merdes qui venaient embêter des gamines qui écoutaient de la zik à fond dans la voiture de leur père et qui les agressent verbalement dans toutes leurs répliques) et de faire croire que c'est les blacks qui les ont descendus. Les blacks leur tirent déjà dessus, mais non, faut chiader un truc tarabiscoté pour dire que les méchants, c'est les keufs. On enchaîne alors tout de suite sur un flic en banlieue 13 qui pète un câble et qui abat un suspect noir. Cash ! La police doit recruter dans les asiles... Pas grave, les noirs viennent faire payer l'addition en explosant le commissariat au lance roquette (le même qui nous vantait au début l'existence des banlieues et la séparation avec les autres peuples, car comme ça on est protégé et on est libre). Bref, la situation dégénère, et le président ordonne l'évacuation des banlieues à risque (juste la banlieue 13, pour "faire un exemple"). On précise que les banlieues, c'est 50% du territoire français, et qu'on est menacé de guerre civile. Et la suite du plan, on marque les immeubles au laser et on a prévu de les faire sauter. Mais notre agent Tomaso et ce cascadeur de Leito vont redresser la situation. Comment ? Ils font un meeting en réunissant tous les chefs de gangs. Nous avons dans la même pièce une chinoise et ses hommes, un gitan et ses hommes, un noir et ses hommes, un beur et ses hommes, et un nazi et ses hommes. Tous surarmés. Et ils tapent la discute, ils votent, ils s'entendent sur un plan d'action où chacun va faire profiter la banlieue de ses talents. Parce qu'on "est une famille, unis, tous ensemble !" Et nos oiseaux se lancent tous, alors que les avions de l'armée se rapprochent, dans l'assaut de l'Elysée avec défonçage de tous les gardes, surtout les connards lepénisés qui ont orchestré l'affaire. A ce titre, le climax est mémorable, mettant le président en face de tous les chefs de gangs, et discutant avec eux d'un plan différent pour les banlieues. Et voilà que le président remercie les gangsters, fait des courbettes, à hauteur des braguette pour satisfaire la moindre envie de l'un d'entre eux. Et finalement, plutôt que de débloquer encore plus de fond pour les banlieues et en oubliant la crise, l'impensable surgit : "Plutôt que de retaper du pourri, construisez nous des quartiers neufs ! Démolissez les anciens, et retapez tout avec des espaces vert !". Alors que le film nous a monté pendant 1h30 un combat merdique pour sauver les banlieues, voilà que ses habitants veulent les détruire ? Mais c'était juste qu'on était pas dans le bon "contexte", il fallait tuer 20 militaires et prendre l'Elysée en otage pour que la situation s'éclaircisse. Et nous assistons finalement à la destruction des banlieues, mais maintenant c'est cool, le gouvernement va nous les faire reconstruire en mieux. Le promoteur immobilier véreux change tout simplement son fusil d'épaule. Et d'où va sortir le pognon ? Ben, peut être qu'on va légaliser la dope, vu qu'elle pousse dans les pastèques (l'hallucinante méthode de transport de la blanche par les chinois). Histoire de bien enfoncer le clou niveau idéologie (car les coincés du cul que nous sommes ont tendance à se fermer dès qu'on ouvre de nouveaux horizons), nous aurons alors un générique avec du rap dont le refrain est résumé au paragraphe L'histoire, et une assemblée avec le président et nos chefs de gangs qui fument des cigares en se bidonnant. On aimerait bien se bidonner, nous aussi, mais ce serait donner raison à un moraliste qui s'engraisse avec des business plans qu'il tente de faire passer pour de la subversion politique. Besson, le porte étendard de la France d'en bas (du genre celle qui se nourrit de vos poubelles, bande de faschos aveugles !), nous alerte sur un problème de plus en plus grave. La réponse devrait être ferme et massive.

 

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2008
de Patrick Alessandrin
avec Cyril Raffaelli, David Belle

 

BANLIEUE-13-ULTIMATUM-2008_reference.jpg

La France d'en bas, vue d'en haut...

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 11:50

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Beaucoup s’excitent sur la nouvelle version de Blanche Neige, où Kristen Stewart (jolie) se balade avec à ses côté un bellâtre désireux de reconquérir son ami d’enfance et un chasseur alcoolique mais charismatique, en louant cette adaptation pour son apparente noirceur et la maturité de ses personnages (perso, Blanche Neige me paraît ici aussi mature que la Princesse Lily de Legend). Ce serait bien vite oublier l’adaptation des années 90 avec Sam Neil et Sigourney Weaver, qui elle n’hésitait pas à aller très loin dans sa variation. Bienvenu dans Blanche Neige, le plus Horrible des Contes, la variation de la légende la plus intéressante qu’on puisse trouver à ce jour…

L’histoire : La naissance de Blanche Neige entraîne la mort de sa mère. A ses huit ans, son père tente de prendre une nouvelle épouse. Cette dernière tente de se faire accepter par toute la maison. Mais Blanche Neige, faisant d’abord preuve de suspicion, affiche une insolence de plus en plus prononcée à son égard…

 

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Voilà ce qui s’appelle une variation intelligente du mythe, la psychologie venant ici subtilement s’insérer dans un discours qui sort de plus en plus du conte, devenant à ce titre horrorifique dans son final. Dès le début, le film veut trancher avec la façade de conte bon enfant que son titre supposait. La mère de Blanche, enceinte, est avec son mari en route pour le plus proche accoucheur, en pleine nuit. Mais suite à un accident, leur atelage et détruit et le cocher dévoré par une meute de loups. La mère, souhaitant la vie pour son enfant, ordonne alors à Sam Neil de faire une césarienne. Apparition du titre sur le sang menstruel qui s’écoule dans la neige. Et Paf ! On enchaine direct avec l’arrivée de la future méchante reine (et de son frère, un muet particulièrement glauque), qui tient d’abord à se faire aimer de tout le monde. Mais Blanche Neige voit d’un mauvais œil cette inconnue qui vient lui ravir son père. Du coup, par des doubles sens impolis, elle vient agacer sa marâtre, et ce devant toute la cour. Et rapidement, Blanche commence à détester sous cape la future reine, qui séduit le roi (qu’elle aime) à l’aide de ses charmes. Le lendemain a lieu le mariage, qui déplaira fortement à Blanche. Quelques années plus tard, la reine attend un enfant, et sa relation avec Blanche ne s’est toujours pas arrangée. Si elle fait toujours des efforts, Blanche cherche tous les prétextes pour l’agacer. Le clou arrivant le jour où, en plein chant de la reine (son principal don, qui enchante la cour), Blanche débarque avec la robe de sa mère défunte, se faisant remarquer par tous et interrompant le chant. L’affront est tel que la reine s’évanouit, et perd l’enfant dans une fausse couche. En pleine dépression (guère arrangée par Blanche qui joue toujours son hypocrite), elle regarde alors son mystérieux miroir (on se connaît pas trop sa nature, magique ou normal) et y voit son reflet atrocement vieilli. Sa déprime s’aggrave, et c’est alors qu’elle commence à voir un beau reflet d’elle-même qui lui parle au travers du miroir, et qui l’encourage à se venger. Si la fin virera clairement dans le fantastique, la montée de la folie meurtrière de la reine ressemble fort à un problème psychologique, qui prend sans cesse de l’amplitude en modifiant la personnalité de la reine, pour en faire une intrigante machiavélique. Elle commencera à user sérieusement de magie pour venir à bout de Blanche, jusqu’à la fameuse scène de la pomme. Il semblerait d’ailleurs que le réveil ne soit pas forcément dû au baiser, mais aussi à la pluie battante sous lequel il est donné. Sam Neil est quant à lui un seigneur qui devient assez porté sur la religion, passant son temps à prier ou à sermoner Blanche, et finissant rien de moins que cruxifié sur une croix au cours d’un rituel païen pendant un final assez énervé niveau violence. Quant aux 7 nains, ils ne seront que 5 manants un peu fou qui  cherchent de l’or dans un gouffre, et qui se montreront assez rustres avec Blanche Neige (elle se fait pratiquement violée lorsqu’ils la découvrent, enfin un peu de réalisme). Bon, on vous l'avoue quand même, une fois que Blanche part dans la forêt, le rythme a tendance à ralentir, et on s'ennuit ça et là. Toutefois, si le final grandiloquent et relativement peu sobre niveau magie diminue notre enthousiasme (on n’est plus dans la suggestion du fantastique comme au début), cette relecture originale et enfin adulte est enthousiasmante, et ne mérite clairement pas l’oubli où elle est aujourd’hui confinée. Imparfaite, prenant parfois des raccourcis, au style télévisuel mais d’une cruauté pertinente, cette version est l’antithèse de Disney, et se trouve être un conte pour adulte attachant et loin d’être bâclé. Une curiosité…

 

3.5/6

 

1997
de Michael Cohn
avec Sigourney Weaver, Sam Neill

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 11:46

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Dans le domaine du conte pour adulte, les films qui choisissent cette voie sont peu nombreux (un des rares qui me revient en tête reste Hansel et Gretel). Mais certains semblent parfois vouloir se frotter à la difficulté. C’est le cas de Neil Jordan, qui avec sa Compagnie des Loups, nous façonne un mythe sur l’adolescence féminine en utilisant la figure du loup garou comme celle de l’homme avide de chair fraîche. Un beau film, assez kitch, qui gère assez bien ses symboliques.

L’histoire : Rosaline, une petite fille vivant coupée du monde et bientôt prête pour la puberté, rêve et nous laisse entrevoir ses craintes face à la gente masculine…

 

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Certes, la façade morale du film et l’incitation à la prudence des jeunes filles en face de la drague des garçons est un message qu’on s’attendait à entendre. Mais forcé l’on est de reconnaître que le film transpose adroitement certains contes dans son récit, et qu’il parvient à en faire une synthèse cohérente. L’exemple le plus frappant et celui du petit chaperon rouge, la grand-mère faisant office de sagesse, et le loup étant ici remplacé par un gentilhomme prétendant s’être perdu en forêt. On assistera alors à une sympathique adaptation des dialogues connus du conte, un véritable régal pour amateur de psychologie. Car ces longs rêves seront, pour le coup, facilement lisibles et toujours vus sous un angle métaphorique. C’est le grand point fort de ce récit, les deux principaux niveaux de lectures sont immédiatement perceptibles et chacun d’eux pourra être apprécié (simultanément) par le spectateur, qui pourra alors juger de la qualité de l’écriture. Au niveau de l’interprétation, si les jeunes acteurs sont parfois un peu théâtraux, le tout passe plutôt bien, les différents personnages illustrant leur rôle avec suffisamment de conviction. Toutefois, notons bien qu’il y a un réel aspect horrorifique dans ce film. La première scène avec les loups cherche à ce titre à terrifier, montrant une jeune fille sans défense aux prises avec une meute de loups. Ce ne sera qu’après que la lycanthropie viendra se mêler au récit, l’enrichissant de ce sous-texte sexuel assez adroitement restitué. On notera aussi quelques effets spéciaux largement à la hauteur de nos attentes (bien que rares) au niveau des transformations lycanthropes, que ce soit lors de la séquence du buffet de noblesse (image guère surprenante qu’une noblesse carnassière, mais sympathique) ou de l’impressionnante transformation dans la chaumière, où un loup garou s’arrache la peau du visage avant de se transformer (l’effet est pour ainsi dire terrassant, on se demande si ce n’est pas un film d’horreur qu’on est en train de voir). Avec de beaux effets spéciaux et des décors très kitch (on essaye de nous faire croire à un village avec une maquette digne d’une crèche paroissiale avec des ampoules dans les maisons en agile), La Compagnie des loups reste un petit plaisir fantastique de bon aloi, capable en tout cas de créer un petit univers de conte atypique, plus adulte, sans pour autant gâcher le climat ingénu qui règne dans ce genre d’œuvre. Un essai intéressant qui utilise intelligemment les codes du loup garou, et qui devrait ravir les amateurs de bisserie à l’ancienne.

 

4.5/6

 

1984
de Neil Jordan
avec David Warner, Angela Lansbury

 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 11:42

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Retour au Polar classique et efficace avec L.A. Confidential, film sorti en 1997 et récompensé par deux oscars (meilleur second rôle féminin et meilleure adaptation). Un excellent film noir qui brosse un portrait pas vraiment élogieux de la Police des années 50 dans la cité des anges. Le film se permettant de façonner des personnages crédibles et charismatiques, il ajoute encore à son capital sympathie, au point de devenir une bonne référence dans le filon du film de gangster.

L’histoire : Suite à une bavure mouillant plusieurs inspecteurs de police, un procès se prépare pour déterminer les coupables. Exley, un policier voulant prendre du galon, faire preuve d’une remarquable intelligence pour forcer son collègue Vincennes à témoigner. Toutefois, Bud, policier aux méthodes brutales, mais intègre, est écarté de la liste d’accusation, contre l’avis d’Exley.

 

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Voici un polar qui joue sous deux casquettes, se permettant à la fois une enquête complexe (elle occupe largement les deux heures de film) et une reconstitution d’époque plutôt bien menée, le charme des années 50 opérant avec brio. Mais si les qualités techniques ne manquent pas (excellente réalisation…), ce sont bel et bien les acteurs qui retiennent l’attention du spectateur. En effet, si tous sont un peu clichés au départ, ils réussissent parfaitement leur développement, les premières minutes passées. Le film se passant exclusivement dans les rangs de la Police (juste après que le chef de la contrebande sur L.A. ait été incarcéré), il était donc logique d’en voir les dérives, et c’est bien cela qui va être, peu à peu, placé au centre du film. Ce dernier commence avec une belle bavure policière (tout un commissariat éméché qui tabasse 6 suspects pendant leur garde à vue), et qui permet de planter les principaux personnages. Il y aura tout d’abord Exley, brillante recrue à l’intelligence acérée, mais largement idéaliste sur sa conception de la police (il est contre la violence physique). Vient ensuite Bud (qu’on avait déjà présenté), et qui représente l’exact opposé d’Exley. Violent, il est une montagne de muscle qui n’hésite pas à passer à l’action, et qui a une conception de la justice personnalisée, mais valide. Le dernier sera Vincennes, un agent corrompu, qui fait son boulot tout en combinant avec Hudgens, un rédacteur dans la presse à sensation. Le tout sous la houlette de l’impitoyable Smith, qui dirige la police de L.A. Le film n’hésite pas à faire admettre comme vérité générale la falsification de dossier (méthode apparemment courante quand les policiers veulent incarcérer un individu) et les passages à tabac, toujours couverts par le reste des collègues tant que les bruits ne courent pas. Ainsi, la première partie se passe en un éclair, on constate qu’en même temps que nos trois inspecteurs continuent leurs activités quotidiennes, les éliminations musclées de voyous se poursuivent, particulièrement violentes. Mais c’est le meurtre d’un flic pourri qui va tout déclencher (celui qui avait été suspendu définitivement après la bavure) lançant les enquêteurs sur une enquête apparemment routinière. Sauf que rapidement, des coïncidences frappantes apparaissent et viennent titiller nos différents enquêteurs, qui connaîtront tous des issues bien différentes. On arrête là les spoilers, mais l’enquête de L.A. confidential est bien menée, parvenant largement à divertir en utilisant ses temps morts pour développer le caractère de ses personnages. A ce propos, impossible de rester insensible à la prestation de Kim Basinger, LA blonde du film, prostituée de luxe maquillée en actrice qui deviendra rapidement un élément clé de l’enquête et un petit sujet de rivalité entre Bud et Exley. Avec un gunfight finale musclée, L.A. Confidential s’assure à la fois une façade divertissante et un fond humain attachant, ce qui est à peu près tout ce qu’on pouvait lui demander. Une belle réussite en somme.

 

5/6

 

1997
de Curtis Hanson
avec Kevin Spacey, James Cromwell

 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 11:34

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Une petite série B australienne pour pimenter le week end avec Primal. Il existe d’ailleurs deux films qui portent le même titre et qui sont sortis la même année, ce qui n’aide pas. L’opportuniste (qui a changé de titre le plus souvent) est un film qui traite d’un groupe d’hommes préhistorique qui traque les survivants d’un naufrage sur une île déserte. Il pompe largement prédator, souffrant de la comparaison mais parvenant à être mieux que la bouse attendue, ne crachant pas sur le gore tribal. Le projet « Primal » que tout le monde attendait, réalisé par Josh Reed en 2010 (mais ayant attendu d'être distribué), le voici aujourd’hui exposé au grand jour.

L’histoire : un groupe d’amis part en week end dans la jungle australienne, à la recherche de vieilles peintures rupestres découvertes par les ancêtres d’une des membres de l’équipe. Mais rapidement un membre de l’expédition montre les signes d’une infection inconnue

 

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Là où Primal est sympathique, c’est qu’il a compris qu’on attendait une petite série B sans prétention, avec de l’horreur mais surtout du rythme. Aussi, après une courte introduction (après 10 minutes, on entre déjà dans une grotte), le film va jouer sur une certaine peur : le vecteur de contamination. En effet, avec la bande annonce, on était vaguement au courant d’un film de contaminé ou de possédé, mais nous n’avions aucune explication. Aussi, le film fait arriver à chacun un évènement bizarre (une fille s’évanouit dans une grotte, un gars se fait piquer par des insectes, un couple prend un bain dans un lagon et sort couvert de sangsues, un gars se fait mordre par un lapin muté (les dents du bestiau rappellent beaucoup une autre bonne série B : Isolation)), semant le doute dans l’esprit du spectateur qui ne sait plus de qui la menace va venir. Il tranche bientôt, et à ce moment là, le film devient une sorte de Démons (la saga Lamberto Bava culte) en pleine forêt, avec un rythme pêchu et du gore qui tâche. Ca charcle pas mal, et on découvre bientôt que les « contaminés » ont un but (déjà, ils utilisent l’unique mode de contamination qu’on connaît), et que ce dernier n’est pas étranger aux grottes. Bon, on ne spoilera pas plus, mais l’efficacité des effets spéciaux (la plupart numériques) se révèle payante et rend le film largement divertissant en dynamisant les mouvements des monstres et en cadrant correctement l’action. Toutefois, le dernier acte donne le sentiment de repomper Aliens sans Newt, et on ne croira pas vraiment à l’explication globale du phénomène, un peu Lovecraftien sur les bords. Reste toutefois une truculence horrorifique concoctée pour le plaisir du consommateur, sans prétention, et qui engloutit son heure et demi sans râlements de notre part. Du bon boulot, en somme, malgrès certains effets tape-à-l’œil (je pense aux génériques agaçants).

 

4/6

 

2010
de Josh Reed
avec Krew Boylan, Lindsay Farris

 

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