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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 09:08

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Shinya Tsukamoto est reconnu comme réalisateur de films punks, à tendance expérimentale, et ayant fréquemment recours à la violence. De toutes ses œuvres, Tetsuo est largement la plus citée, faisant office de monument au panthéon des films expérimentaux, et partant du postulat démentiel de voir un homme se transformer définitivement en machine. Après un premier film incroyablement percutant (un choc lors de la découverte), Tsukamoto décide de se lancer dans une fausse suite en 1992, Tetsuo 2, The body hammer, qui si il reprend le même univers, va traiter son sujet plus sous un angle d’action / film de fou japonais (Meatball Machine semble venir de là). Ce n’est plus une œuvre expérimentale agressive, mais un film cyber punk incontestablement jouissif (c’est d’ailleurs celui qui est le mieux filmé). Et alors qu’on se délectait encore de ces deux perles, voilà que le projet Tetsuo 3, The Bullet man sort pratiquement à l’improviste. Dans ce dernier film, une envie de lisser un peu les contours, même si le résultat final tient globalement plus du 2 que du 1. Les séquences expérimentales sont ici plus rare, éliminées au profit de l’action qui donne par moment carrément dans la gunfight. Toutefois, les accélérés sont beaucoup plus frénétiques, et on peut dire que c’est cette frénésie qui vient redonner du peps à un Tetsuo 2 parfois plus mou. La rage est de nouveau au cœur du film, ce qui fait de ce cru une redite esthétisée et pas déplaisante.

 

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Testuo : Voici un film qui aura hypnotisé on ne sait combien de cinéphiles (pouvant endurer le style expérimental), puisque la force de ses images suffit à motiver le spectateur pour le suivre pendant une heure. Mais quelle heure ! S’appuyant sur une métaphore simple mais efficace (l’homme concassé par la société qui devient une machine), et qui va nous faire partager un véritable trip punk, gore et ultra violent. L’introduction plante d’office les obsessions esthétiques du film : des câbles électriques qui pendent, de la graisse sur les murs, une sensation étouffante de confinement et des décors d’usine. Un inconnu se mutile pour s’enfoncer un tuyau dans la jambe (on voit sur ses murs des dizaines de photos de sportifs, ce qui laisse planer l’idée que l’homme cultive une quête de performance chez le corps humain), avant de piquer un 100 mètres et de finir percuté par une voiture. Arrive la séquence de présentation de notre personnage principal : un gars en costard qui bosse dans un bureau et qui semble ici secoué de gestes désordonnés (une sorte de rage) sur une musique au rythme industrielle. C’est parti. On suit alors le quotidien de ce cadre, complètement formaté à une existence codifiée, méticuleusement pensée et qui ne cède jamais à la moindre folie. La scène devant le miroir, première saillie gore, sera le premier élément perturbateur de la journée du héros. S’ensuit une longue conversation entre notre homme et sa maîtresse, à qui il répète inlassablement la même chose en pensant à ce qu’il pourrait lui faire, sans pour autant passer à l’acte. C’est seulement après que la première manifestation machine organisme aura lieu, sous la forme d’une femme au poignet infecté. Cette scène sera d’ailleurs la première où on découvrira qu’une sorte de démon planqué dans la mécanique (l’instinct ?) investira les corps qui se transforment en machine. Ce premier contact, violent (arrachage d’oreille, plantage de stylo dans la gorge…), laisse entrevoir les futurs séquences marquantes de Tetsuo, à savoir ces fameux plans séquence accélérés où le protagoniste se déplace à toute allure dans les rues de la villes. Au cours de l’affrontement avec la possédée, notre personnage est à son tour contaminé par ce démon mécanique. Commence alors la transformation physique et psychique du héros, qui passe de l’état de victime à celui de monstre. Pour le pétage de câble, on prendra comme référence la séquence où le héros, impuissant, se fait sodomiser par un démon féminin arborant un gigantesque tuyau en guise de phallus. Niveau symboles sexuels, le film ne dose pas ses effets, ne perdant jamais une occasion de revenir à ces symboles pour conserver l’impact viscéral de l’œuvre. Mais cet impact est sans cesse entretenu par la transformation progressive de notre homme en machine, ce dernier arborant bientôt une monstrueuse perceuse à la place de son sexe (sa partenaire, véritable bête de sexe que notre homme ne va pas ménager, en fera les frais). Et bientôt, c’est l’amalgame chaotique entre chair et métal, où tout n’est plus que tuyaux et muscles. Passé ce stade, c’est carrément le mobilier qui se transforme, réorganisant les objets, fusionnant les êtres vivants présents dans les environs (on aura le cas du chat fusionnant avec des ustensiles électro-ménagers et des aliments)… A ce stade, l’incarnation du démon mécanique ne nous surprend plus, mais les séquences qui suivent, graphiquement très fortes, nous conduisent tout droit à la confrontation finale dans un enchevêtrement de câbles, où notre héros mécanique et le démon fusionnent pour former un gros tank qui projette de détruire le monde. Tetsuo, c’est une ambiante démente, dynamisée par une bande originale ultra dynamique et dont les obsessions graphiques accouchent d’une ambiance malade fascinante. N’ayant jamais vu le film en sous-titré, les dialogues restent donc une énigme pour moi. Mais ils me semblent dispensables au vu de la force des images et de la musique, qui créent un extra-ordinaire univers avec peu de chose. Une saga est née.

 

5.5/6

 

1988
de Shinya Tsukamoto
avec Tomoro Taguchi, Nobu Kanaoka

 

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Tetsuo 2, the body hammer : Après le succès de Tetsuo, Tsukamoto envisage une suite lorgnant vers quelque chose de différent. Moins violent en tout cas, car le premier constat que l’on puisse faire, c’est que la dimension sexuelle de Tetsuo 2 est très mince. En dehors de quelques plans suggestifs, finie, les séquences de sexe énervées du héros devenant machine. Toutefois, c’est toujours un personnage masculin qui sera au centre de l’histoire. Mais ce n’est plus exactement un brûlot tapant sur l’aliénation d’un individu. Certes, le portrait de famille typique propre sur elle et la carrure du père (homme rangé, conscient de ses responsabilités…) apparaissent comme des gens normaux, un échantillon de masse sans grande aspérité. Mais au cours d’une sortie course, leur fils se fait enlever dans le métro par deux punks (semblant s’être échappés de la matrice), qui font en même temps une injection brutale au père de famille. S’ensuit alors une course poursuite énervée, la caméra bouge beaucoup, mais l’action reste lisible. Le père de famille sera alors considérablement malmené, sans pour autant que la transformation attendue n’apparaisse malgré le traumatisme. Après cette introduction violente, le père tente de se donner une constitution physique plus robuste (sa façade chétive commence un peu à reculer). Mais lors de la seconde tentative d’enlèvement, et de la mort du gosse en question, que la rupture a lieu (une séquence expérimentale assez bien faite). En pleine transformation, notre héros est alors capturé et emmené dans une sorte d’usine où s’activent d’autres personnes comme lui. C’est alors qu’on comprend qu’il s’agit d’une expérience sur la fabrication d’armes humaines, des hommes qui sous l’impulsion de leur rage, pourrait transformer leur corps en arme (c’est la conclusion de Meatball Machine). S’ensuit alors l’évasion de notre body hammer (qui massacrera quelques autres sujets d’expérience moins motivés). Mais à son retour, sa femme brisée (qui le tient pour responsable de la mort de leur enfant) viendra encore renforcer les sentiments contradictoires qu’il éprouve. Mais très vite, l’enlèvement de sa femme vient relancer l’action. Décidément, Tetsuo II marche comme une machine, et il ne veut jamais s’arrêter. S’amorce alors le retour dans l’usine. Au fur et à mesure de ses combats, il se rapproche peu à peu de ses origines, son passé étant inconnu avant ses 8 ans. On en apprendra alors un peu plus sur le chef des hommes armes et sur l’enfance de notre héros, au final cobaye depuis ses plus jeunes années et pouvant être sujet à des crises dévastatrices lors de ses vagues de colère. Le final perpétue alors la tradition tetsuo, organisant cette fois ci un défilé autour du char formé par notre homme, et escorté par tous les autres hommes-armes qui gravitent autour. Si le champ expérimental du film s’est considérablement réduit, Tetsuo II continue de cultiver cet amour pour un univers bruyant, glauque et sale qui semble affranchir les individus de toutes leurs entraves (ce qui passe par la destruction de leur quotidien). Moins hypnotique que son prédécesseur, cet opus propose toutefois quelque chose de différent, élargit un peu son univers et développe des idées intéressantes, qui serviront de base à l’excellent Meatball Machine qui doit beaucoup à ce film.

 

4.7/6

 

1992
de Shinya Tsukamoto
avec Tomoro Taguchi, Nobu Kanaoka

 

tetsuo-786.jpg

 

Tetsuo, the bullet man : première surprise, Tetsuo the bullet man n’est pas une suite, c’est un remake ! Passé l’angoisse devant cette première constatation, on remarque que Tsukamoto soigne ici beaucoup son esthétique. Celle-ci est glacée pendant l’essentiel du film, il n’y aura que pendant les gunfight qu’on aura droit à un peu de jaune et de rouge. Mais l’ensemble de l’œuvre est cohérente à ce niveau, la teinte bleue de l’ensemble du film parvenant à planter quelque chose de net. La trame de l’histoire est maintenant classique, mais les imperfections de Tetsuo 2  sont ici corrigées. On commence une fois encore avec une famille troublée par des cauchemars, mais unie. Notons d’ailleurs que notre héros est ici un occidental, une première dans la saga. Sortant avec son gamin pour se promener, ce dernier est volontairement heurté par un pystérieux chauffard, qui le traîne sur 50 mètres. Le choc est brutal, et c’est le premier pétage de câble (graphiquement, c’est le même que l’introduction de Tetsuo I) et l’amorce de l’histoire. Le chauffard s’étant enfui, la femme de notre héros ne cesse de le harceler moralement pour qu’il venge la mort de leur gamin. Notre homme sent ses nerfs qui se tendent un peu plus à chaque heure. Mais la transformation ne commence que lorsque sa femme le quitte. C’est alors que débarque un tueur qui abat froidement notre héros en pleine métamorphose. Son corps est récupéré alors par le chauffard qui avait écrasé l’enfant quelques jours plus tôt. Notre héros (qui en fait n’était pas mort), s’attaque à la voiture, empli d’une rage qui n’a d’égale que la puissance de la musique de la scène. Autant dire qu’il massacre littéralement la bagnole en métamorphosant son corps. Dès sa première transformation, c’est la machine à tuer. Différence notable avec Tetsuo II : une fois transformé, la métamorphose semble se maintenir. Sous cet état, notre héros devient de plus en plus instable, étant sujet à des crises de frénésie qui seront filmées avec une hargne rare. Les gunfights sont difficilement lisibles (la caméra bouge vraiment dans tous les sens), mais on sent qu’une énergie phénoménale circule dans le film, accompagnant le personnage dans sa quête de vengeance et de son passé. Concernant ce dernier, on ne sera pas vraiment surpris d’apprendre que son père était scientifique et qu’il a servi de cobaye lui aussi à des expériences d’armes humaines (le projet tetsuo). Toutefois, le héros bénéficie ic d’un maquillage qui évolue constamment au cours du film, finissant par ressembler à un monstre insectoïde recouvert de métal, et osant dans son dernier acte devenir une arme de destruction ultime : carrément une bombe H ! Carrément plus puissant que les autres films. Cependant, ce nouveau Tetsuo, à part soigner son esthétique, ne s’est pas lancé dans des thèmes nouveaux, et n’a pas vraiment inventé la poudre. Toutefois, il mérite vraiment qu’on s’intéresse à son cas, au moins pour un épilogue qui nous ramène au point de départ (chose complètement hors de propos pour Tetsuo 1, et qui était à peine esquissée dans Tetsuo 2). Le calme après la tempête ? Toujours est-il que la beauté de ce nouveau chapitre mérite largement qu’on s’y égare, et que le traitement de Tsukamoto restant aussi enragé que pour ses autres oeuvres, s'en priver serait un péché mortel. Démentiel !

 

5/6

 

2009
de Shinya Tsukamoto
avec Eric Bossick, Akiko Monou

 

http://www.brutalashell.com/wp-content/uploads/2011/01/TETSUO-THE-BULLET-MAN-III.jpg

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 08:56

 

http://static1.purepeople.com/articles/3/99/84/3/@/842479-l-affiche-du-film-blanche-neige-et-le-637x0-2.jpg

 

Fête du ciné oblige, après un The Raid qui nous a envoyé sur les cordes avec sa violence sans limite, on envisageait sereinement de prolonger le plaisir avec un autre divertissement, moins bon, mais rigolo quand même. Et  l’incertitude aidant, nous avons opté pour Blanche Neige et le Chasseur, grosse production gothique-teen qui semblait intéressante. Et dire qu’on s’est ennuyé relève de l’euphémisme.

L’histoire : Blanche Neige voit le jour dans une famille heureuse. Mais au cours d’un hiver, sa mère la reine meurt. Rapidement, le roi s’amourache d’une belle femme. Mais dès le mariage prononcé, celle-ci le tue et s’empare de son fief, dont elle aspire l’énergie vitale pour alimenter ses pouvoirs magiques.

 

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"Un troll ! Fuyons !" "Mais je peux le caresser d'abord ?"

 

Blanche Neige et le chasseur, ça ne pouvait pas être pire que le blanche-neige de Tarsem. Mais toutefois, en comparant avec d’autres titres dans le registres gothique-teen, on se dit qu’Alice in Wonderland de Burton, ben c’était pas si mal au vu de cet épisode de Blanche Neige. Le film prend dès le début le ton du conte, en cultivant une imagerie kitch et clinquante, et pourtant pas déplaisante. Le contexte gothique est plutôt joli, et il gagne avec la déliquescence progressive qui va envahir le décor. Quant aux personnages, le film tente de les faire paraître un peu plus complexe que dans le dessin animé de Disney. Pour cela, ils ressortent la copie d’une intéressante version de l’histoire : Blanche Neige, le plus horrible des contes. Un film des années 90 avec Sam Neil et Sigourney Weaver qui pervertissait avec délectation les personnages du conte, et qui gérait de façon intéressante son fantastique. Ici, les personnages sont complexifiés, mais seulement en façade. La méchante reine (Charlize Theron, très belle, mais qui semble sortir d’une pub L’Oréal) commence donc bien en plantant, en full frontal, une dague dans le cœur du roi, en absorbant sa vie et en livrant les gens de sa citadelle à une armée de mercenaires. Blanche Neige, encore gamine, se retrouvera alors dans la mêlée et restera bloquée dans le château, alors que son camarade de jeu, le fils du duc, partira à temps. Commence alors le calvaire pour le spectateur. Déjà, la reine, qui a potentiellement éliminé tous ses ennemis, garde Blanche Neige emprisonnée pendant 7 ans sans rien en foutre. Une ellipse temporelle très lourde, illustrée assez connement par une Kristen Stewart maquillée avec des traces de charbon, mais qui porte visiblement du rouge à lèvres. Depuis 7 ans qu’elle est là, elle trouve un clou dans un mur, dont elle va se servir d’arme (ce sont ses amis les oiseaux qui le lui montrent). Après une évasion relativement spectaculaire où Blanche neige court dans des couloirs vides jusqu’à la sortie, nous arrivons dans les bois maudits qui jouxtent le territoire de la Reine. Et là, on ne sait pas pourquoi, les CGI s’emballent, le montage devient totalement incohérent, et Blanche neige s’évanouit. Charlize Théron, après avoir mangé un cœur d’oiseau, gueule pendant 5 minutes à la chaîne, et puis on va se mettre à chercher quelqu’un qui n’a pas peur d’aller dans cette forêt. Quelqu’un qui serait un aventurier. Quelqu’un qui pourrait lui donner la chasse… Quelqu’un qui serait un chasseur… Enfin, le chasseur débarque dans l’histoire, un poivrot auquel on promet de ressusciter sa femme décédée si il obéit à la reine. Le bougre se lance dans son travail, et il retrouve Blanche en 5 minutes. Efficace. Mais là, Blanche lui dit qu’ils vont les tuer tous les deux. La chasseur, incertain, demande alors des garanties à ses employeurs (au frère de la reine, un puceau de 60 ans qui touchait Blanche dans le cachot, et qui fait la basse besogne de la reine) . Et là, cet abrutit visiblement incapable de mentir, dit que la reine ne pourra jamais la ressusciter. Mais pourquoi il dit ça, ce crétin ? Résultat, le chasseur s’énerve, viande tout le monde et s’enfuit avec Blanche. Sur le chemin, il rencontrera un troll. Un beau combat commence à avoir lieu, et on commence à reprendre espoir. Mais là stop, Blanche neige se plante au milieu, regarde le troll en lui caressant la truffe, et ce dernier, la larme à l’œil, repart dans son trou. Les monstres, ils sont méchants si on les traite avec méchanceté, mais sinon, ils sont gentils. Je tiens à souligner que c’est à cet instant que j’ai perdu tout espoir dans ce film. Alors, peu importe que les nains soient des brigands qui avant minaient, peu importe le monde des fées avec des animaux tout gentils partout, de jolies fleurs à la Avatar et des fées qui jouent avec les animaux, peu importe un cerf blanc avec des bois en feuille qui remplace Aslan, peu importe la scène du baiser des deux prétendants de Blanche (le chasseur alcoolique ou le puceau fils du duc) avec des dialogues mélodramatiques… Blanche Neige est une recucée malhonnête de Narnia en différent, qui ne s’assume pas dans son crétinisme enfantin. Il opère des choix très similaires avec les adaptations de Narnia sur le plan des symboles religieux, bannissant toute forme de croix pour ne pas dire qu’on fait du catéchisme, mais localisant tous les évènements importants dans des cathédrales gothique flamboyant, s’inspirant de scène de chevalerie française (les fleurs de lys abondent) et faisant réciter un « notre père » complètement WTF avec le contexte du conte. C’est surtout la morale cucul la praline qui plombe l’intégralité du film, et cela à tous les étages. Les nains ne sont pas crédibles un instant en brigands (ils disent tuer des gens, mais on les convaincra bien vite de ne pas tuer une fille sans défense dont les vêtements valent déjà un paquet de thune), et bavent littéralement devant tout le film en vouant un culte à Blanche neige. La méchante reine, elle, est sans cesse enfoncée par d’énervants flashs back qui tentent de nous la faire prendre en pitié, alors qu’elle est une sorcière gitane au passé trouble qui vit en vampirisant à la chaîne les royaumes. Quant à Blanche Neige, Kristen nous ressort exactement la même partition que Twilight (ici, elle a à choisir entre un jeunôt inexpérimenté ou un quarantenaire à la barbe fournie et à l’haleine chargée), son rôle dans l’histoire étant honteusement amplifié par des procédés naïfs : les animaux viennent lui faire des câlins et ses amis vont mieux parce qu’elle est source de vie, l’exact opposé de la méchante reine. Cette assimilation ying yang devient tellement prétentieuse à la longue qu’on pousse des soupirs à chaque fois qu’elle revient. Alors quand au cours de la bataille finale, la confrontation prend des airs d’arnaque, on ne sera pas surpris. Comme du final complètement naze et attendu. Si l’œuvre ne manque pas de qualité pour sa facture technique et son esthétique soignée, sa fausse perversion de l’histoire et son fond gluant de naïveté plombent littéralement le tout, ravivant le souvenir du film de Disney qui, de par son dépouillement et sa sobriété, se révélait infiniment plus convaincant, sans jamais être prétentieux. Un divertissement boursouflé pour les gamins trop impatients de voir le prochain Narnia, mais sans le caractère bon enfant de ces derniers (particulièrement le 3ème, qui pour le coup donne dans l’aventure bordélique et athée, sans toutefois éviter un côté moralisateur). Bref, une déception au vu de son visuel attractif.

 

1.2/6

 

2012
de Rupert Sanders
avec Kristen Stewart, Chris Hemsworth

 

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L'habit fait le moine... En plus de ressembler à s'y méprendre à Alice in Wonderland, on pompe aussi le blason du Gondor...

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 08:50

 

 

http://www.filmsfix.com/images/affiches/the-raid-2.jpg

 

Ceux qui scrutent avec attention les sorties ciné ont pu voir qu’un petit film asiatique d’action est sorti sur les écrans récemment : The raid. Partant d’un pitch minimaliste, ce petit bestiau apparemment sans grandes prétention a réussi a faire mieux que la quasi-totalité des films d’action de ces dernières années. Alors, quand on vous dit que c’est LE film à aller voir, on ne discute pas, on fonce dans la mêlée avant que la fête du cinéma ne se termine.

L’histoire : un raid est ordonné sur une tour HLM qui sert de forteresse à un caïd de la pègre. Le plan est simple : infiltration, puis sécurisation de la tour étage par étage jusqu’au dernier, repère de la cible prioritaire. Mais arrivés au septième…

 

http://www.soundonsight.org/wp-content/uploads/2012/02/The-Raid-still.jpg

 

The Raid a compris que pour être efficace, il n’y avait pas besoin de dizaines d’effets pyrotechniques ou de millions de dollars d’effets numériques. Il mise simplement sur l’efficacité de ses acteurs, et sur les codes basiques du film de tension. C’est simple, voir simpliste : une escouade de policiers d’assaut se retrouve coincé dans une tour, sans renforts possibles, alors que tous les résidents ou presque sont des membres du gang local, prêt à tout pour défendre leur maître. Maître d’ailleurs immédiatement présenté comme un enjeu de taille, car procédant dès son introduction à l’exécution en full frontal de 4 gars d’une balle dans la tête. En gros gros plan, dès les 5 premières minutes. Un film d’action interdit aux moins de 16 ans, ça ne nous prend vraiment pas pour des cons. Ca va être violent, les pertes vont être sévères des deux côtés. Ainsi, si les 15 premières minutes sont relativement calmes (les forces de police ont encore l’avantage de la surprise), le tout dégénère bientôt quand leur présence est révélée, que l’immeuble est bouclé et que les résidents commencent tous à sortir de leur chambre pour décimer les policiers. Et peu possédant des armes, la plupart viendront avec une arme blanche. The raid, c’est tout simplement la plus violente exposition de combat qu’il m’ait été donné de voir au ciné. L’efficacité des chorégraphies est tout simplement bluffante, chaque acteur semblant y aller à fond et donner tout ce qu’il a dans chacun de ses coups. Et la caméra, superbement gérée, parvioent à emballer tout ça avec une efficacité qui ne trahit jamais l’action. Les combats sont, du début à la fin, d’une lisibilité exemplaire pour un film de combat, et la violence atteint des sommets que le cinéma américain n’a jamais osé exploiter. Un duel au couteau étant par essence plus viscéral qu’une banale gun fight, attendez-vous à prendre un pied monstre devant les enjeux qui ne cessent d’être relancés tout au long du film. The Raid risque bien de devenir une date dans le cinéma d’action, tant son efficacité se révèle payante et exploitée jusqu’au bout. On notera d’ailleurs l’incroyable performance de l’interprète de Mad dog (un des bras droit du gros bonnet), une véritable bête du combat à mains nues qui va vous impressionner comme rarement  on l’a été (Stallone est une pucelle devant cette endurance de chien enragé). Toutefois, le film possède quelques défauts. Les temps morts sont quasi-inexistants, mais le film tente quelques idées intéressantes, mais qui révèlent les limites du réalisateur. Si ce dernier a compris comment être efficace et qu’il ne fallait jamais que le spectateur se fasse chier (les temps morts sont courts), il trébuche sur les sentiments de ses protagonistes, en tentant d’illustrer un lien de parenté entre un flic et un des membres du gang. On tolère l’intro de 2 minutes avec la femme enceinte, hautement clichée mais venant mettre un peu de pression, mais question lien de famille, seule la fin parviendra à être à la hauteur. Toutefois, au vu du rythme frénétique de l’action et de sa compétence admirable pour les chorégraphies de combats, The Raid est d’ors et déjà prévu dans le top 10 de l’année, et dynamitera les yeux de ceux qui iront le voir (incroyable que la pub autour de ce film ne soit pas plus grande tant l’impact de ce film a de quoi intéresser les amateurs de divertissements adultes). Toutefois, précisons qu’il vaudrait mieux voir le film en VOST, les dialogues étant peu nombreux et la VF contenant quelques aberrations (quand un tueur armé d’une machette à la gueule patibulaire se met à parler avec une voix à peine pubère, impossible de ne pas exploser de rire tant l’efficacité de la scène est ruinée). The Raid est en tout cas la tarte dans la gueule du public, et dans le domaine de l’action, c’est rare.

 

5/6

 

2011
de Gareth Evans
avec Iko Uwais, Yayan Ruhian

 

http://station79.files.wordpress.com/2012/05/theraid3.jpg

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 16:44

affiche-Piranha-3DD-2012-1.jpg

 

Piranha 3D nous était arivé en septembre, soit beaucoup trop tard pour devenir le film de l’été, ce qui était bien dommage au vu de ses ingrédients pour le moins fun. Il semblerait que sa séquelle Piranha 3DD (on se demande encore où ils ont pêché un tel titre) soit plus ponctuelle à défaut de renouveler la formule. Toutefois, attendez vous à un nanar franc du collier, le réalisateur du film n’étant rien de moins que John Gulager (responsable de la franchise Feast, allant d’une bonne série B malsaine à un navet outrancier et inutile). Alors, la réalisation de cette séquelle commerciale tient-elle du meilleur ou du pire ?

L’histoire : la ville du lake victoria est devenue une ville fantôme suite au carnage effectué par les piranhas pendant le premier épisode. Mais non loin de là, un parc aquatique est sur le point de se lancer. L’évènement attire pas mal de jeunes adultes, et certains ignorants la lecture de panneaux tels que « danger mortel », une nouvelle invasion de piranhas va pouvoir commencer…

 

http://image.cinemaclock.com/images/original/piranha_3dd__2011_0823.jpg

"J'ai survécu ! Point barre !"

 

Séquelle commerciale oblige, Piranha 3DD est encore pire que son prédécesseur en termes d’excès. Si il y a toutefois moins de nichons que chez Aja (qui lui en débordait, la mamelle étant l’indispensable filon de tout bon nanar qui se respecte), nous aurons plusieurs femmes à poil (la partie « adult only » du parc d’attraction avec des hôtesses peu farouches), ce qui constitue la petit innovation niveau baisse de la côte de pudeur. Toutefois, on connait John Gulager pour ses excès dans le crasseux. On aura donc droit à pas mal de détails de mauvais, comme un obèse dégueulasse qui se masturbe dans les conduits d’arrivée d’eau en gueulant « oh, qu’il est mouillé, ce trou ! »…). John ne sera d’ailleurs pas avare de son style malsain avec une innovation complètement abracadabrantesque : les bébés piranhas ont maintenant la capacité de s’infiltrer dans les corps des baigneurs. Ainsi, quelques adolescents allant se baigner dans le lac Victoria se feront soit bouffer (très sympathique scène du van qui coule avec des personnes prisonnières à l’intérieur), soit infectées par les piranhas, devenant alors des vecteurs de contamination pour d’autres plans d’eau. Niveau script, c’est à se taper la tête contre des briques tellement c’est con, mais à l’écran, le résultat frôle la folie. Piranha 3DD augmente généreusement les quotas de gore et de sexe (avec une surenchère de bite coupée pour faire un clin d'oeil au 1), ce qui n’est en rien surprenant et qui manque finalement de surprise. On connaît les ambiances avec le premier (qui avait en plus des personnages bien construits, ici, c’est le néant niveau clichés et caractérisation), ici ça sent la redite (malgré la touche malsaine de Gulager). On passera sous silence la grosse arnaque du film : David Asseylof, qu’on nous annonçait comme un caméo savoureux et qui au final ne sert strictement à rien, en plus de ne pas être drôle. Ving Rhames sera, lui, beaucoup plus amusant, ressuscité d’entre les morts sans la moindre explication et possédant maintenant des prothèses à rendre jalouse la Sherry de Planet Terror. Finalement, on peut dire que Pirhana 3DD tient ses promesses dans la surenchère et la constance de son prédécesseur (pour preuve, il réutilise de nombreux plans numériques des piranhas du premier films, et utilise dans celui-ci beaucoup plus les maquettes, ce qui est loin de nous déplaire, même si ça pue la marionnette en plastique). Piranha 3DD, c’est la daube volontaire de l’été, un projet totalement nanar et fun qui poursuit dans l’esprit du premier, sans la petite critique de l’outrance des spring break étudiants.

 

2.8/6 (car on commence à en avoir fait le tour) mais un 14/20 nanar mérité.

 

2011
de John Gulager
avec Katrina Bowden, Christopher Lloyd

 

http://www.lyricis.fr/wp-content/uploads/2012/05/Piranha_3DD_David_Hasselhoff.jpg

"Je suis la guest star, mais au final je ne sers à rien !"

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 16:20

http://www.lewebzine.com/wp-content/uploads/2008/07/batman_begins_ver6.jpg

 

http://1.bp.blogspot.com/-B0OLNzPTdWY/Tx86BlCdWfI/AAAAAAAAA1k/5Sc6jl99O3s/s1600/2008-the-dark-knight-batman-movie-poster-8.jpg

 

Alors que The Dark Knight rises arrive à grand pas, faisons un petit point sur la nouvelle ère de Batman initiée par Nolan. Le principal intérêt de la saga reste jusqu’à maintenant la maturité dont le script a fait preuve, façonnant un personnage crédible, dont le cheminement moral est tout à fait logique, et qui réussit son paris de revenir aux sources et de faire une œuvre grand public tout en soignant beaucoup la qualité du spectacle promis (Batman forever et Batman et Robin se focalisaient sur un public enfantin, une erreur qui lui a rapidement coûté leur popularité auprès des fans). Avec Batman begins, d’excellentes bases étaient posées, et on pourrait ainsi dire que cet opus est le meilleur de la saga (c’est mon avis après revisionnage des deux films) car il se focalise pleinement sur Batman, et son approche de la folie collective suscite une crainte au moins aussi troublante que celle du Joker. Proche de l’esprit des Batman sombres, tout public, mais jamais tendre (les coups de poings sont violents), Batman Begins est un bijou qui n’a pas à rougir devant son successeur, le mastodonte The Dark Knight. Ce dernier est parvenu à se hisser au dessus de son prédécesseur non pas pour Batman, mais pour sa version du joker qui prend à contrepied les attentes du public, oubliant la facétie de ce cabotin de Jack Nicholson et donnant dans la psychopathie troublante, évoquant le chaos mais se révélant finalement structurée. Un méchant mémorable, et un discours corrupteur plutôt sombre qui donne des promesses de noirceurs scandaleusement tentatrices…

 

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Batman Begins : Voilà un film qui, en un opus, parvient à poser un personnage de héros avec un sérieux qui laisse admiratif, au vu de la qualité du boulot accompli. Une réinvention, une refonte complète de Batman en éliminant les arguments les plus enfantins pour se focaliser sur Bruce Wayne et sur son parcours qui va l’amener à devenir Batman. Son passé est d’ailleurs brillamment traité (à part un trauma quelque peu expéditif : on aurait aimé qu’il dure un peu plus longtemps que quelques plans vite expédiés), par l’intermédiaires de flash back détaillés, qui cernent parfaitement la pensée du personnage, son désir de vengeance et sa quête de but qui lui donnera les armes pour se battre (les pièces de son équipement ressemblent à celle des ninja qu’il a appris à manipuler). Cette partie, légèrement bancale pour son recours au mythe ninja (un cliché maintenant, dès qu’un héros qui doit combattre cherche un but et une technique), a toutefois l’intelligence (et c’est bon de le souligner) d’évacuer tous les dialogues pompeux pseudo-philosophiques qui sont habituellement le lot de tels contextes, pour se focaliser uniquement sur l’entraînement de son héros et sur sa gestion de la peur. Allant à l’essentiel, offrant ici des scènes de combats plutôt adroites (hélas, quand batman fera de la castagne en costume, ils deviendront beaucoup moins lisibles) et organisant un retour un la maison plutôt amusant, Batman begins suit jusqu’à lors une sorte de parcours classique pour les nouveau héros (Largo Winch par exemple suivra un parcours comparable), avant de se focaliser sur sa lutte contre le crime et l’apparition d’un méchant jubilatoire : l’épouvantail (un de mes préférés, et ici plutôt bien incarné par Cillian Murphy). Une vraie petite merveille qui nous laisse encore craindre peu à peu le pire, et qui nous offrira un dernier acte tout en panique, n’hésitant pas à plonger dans la folie des milliers de civils et à laisser Batman tenter de gérer la situation. Plutôt intelligent, le script se révèle aussi subtil dans la perception sentimentale de son personnage, toujours amoureux de son amie d’enfance mais s’assurant une façade de millionnaire benêt pour donner le change. Michael Caine fait son boulot en temps que domestique, mais on l’a connu plus inspiré (il était autrement plus charismatique dans Le prestige). C’est Gary Oldman qui doit être le personnage secondaire le plus attachant, véritable antithèse de Stansfield de Léon. En résulte en tout cas un batman admirable, qui plante savamment ses nouveaux personnages et qui gère une intrigue très cohérente et suffisamment rythmée pour n’ennuyer personne. Bref, un nouveau départ réussi, qui se révèlera confirmé par sa suite. La formule est d’ailleurs suffisamment payante pour que le jeu Arkham Asylum repompe en grande partie les idées de base (épouvantail, castagne à l’usine d’Arkham, produit chimiques étranges) du film en ajoutant quelques méchants et de sympathiques moments de bravoure.

 

5/6

 

2005
de Christopher Nolan
avec Christian Bale, Katie Holmes

 

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The dark knight : Véritable raz de marée au box office (le film se hisse jusque dans le top 10 des films les plus vus au monde), The dark knight est de loin le film de justicier le plus populaire, et cela grâce à un unique argument : son nouveau méchant. Le joker, incarné par un Heath Ledger possédé par son personnage, porte littéralement le film sur ses maigres épaules, arrivant à terroriser une ville entière avec des moyens très limités. C’est pour ce la que ce film est considéré comme le meilleur de la saga : il est toujours animé par une tension, une incertitude concernant la suite du plan qui laissera tout le monde haletant et prompt à encenser le film parce que des tarés aussi charismatiques, c’est rare. Loin des facéties des dessins animés ou des premiers films (qui rendaient le joker plus attachant, ici, son nouvel humour sera d’une noirceur telle qu’il faudra quelques secondes au public pour comprendre que le joker vient de faire une blague), ce joker se veut être un terroriste imprévisible, qui prend son pied devant le chaos. Sauf que le joker n’est pas chaotique (sans quoi, il serait complètement à la masse, noyé sous la tonne de rumeur qu’il propage). Il fait constamment de petits plans, aux enjeux simples et précis qui fonctionnent tous jusqu’au final très  tendu du film. Ce joker joue simplement avec les médias de la ville en prétendant beaucoup plus que ce que ses maigres moyens lui permettent d’accomplir (c’est d’ailleurs la terreur populaire qui est représentée comme le véritable ennemis à combattre). Un méchant fascinant, charismatique, mais pas aussi bien rodé que le prétendent ses plus fervents partisans. Dent est lui aussi un personnage intéressant dans son revirement de situation et sa plongée dans le chaos (son basculement est un peu expédié « le chaos est impartial… », …certes !) viennent conforter le discours du joker, qui a défaut de détruire Gottham, lui ôte tout espoir de voir la fin de ses maux. Personnage sombre, mais un peu sous exploité avec son pile/face. Le film parvient en tout cas à être à la hauteur du premier, notamment avec sa lutte contre le crime organisé, étendue ici à un contexte inter-national, et pour son évolution du statut de batman, de plus en plus considéré comme un paria pour la population. Toutefois, le batman de cet opus est décevant, se contentant de s’adapter au rythme du joker et réagissant psychologiquement de façon logique et sans grande surprise aux évènements (qui eux parviennent à surprendre). Toutefois, je ne cache pas une petite déception devant la conclusion de l’épisode « expérience sociologique », la réponse apportée représentant ici la volonté d’individus alors que les instincts de groupes nous poussaient carrément dans l’instinct de survie. Reste un film d’action excellente tenue, un batman plus sombre que son prédécesseur et qui augure du meilleur pour un dénouement qu’on espère du même niveau.

 

4.9/6

 

2008
de Christopher Nolan
avec Christian Bale, Heath Ledger

 

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 16:09

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Nouveau cru de Fulci sur ce blog avec Frayeurs, un titre mémorable dans la carrière du réalisateur, qui nous offre à nouveau le lot de gore et de tripaille qui a fait son succès. Fort de son succès mérité pour Zombie 2, il s’attèle à faire un nouveau film de morts vivants, une sorte de brouillon de ce que sera L’au-delà, avec une sombre histoire de porte des enfer qui s’ouvre suite à un concours de circonstances fâcheuses. Une réinvention du mythe zombie, qui ne se focalise plus sur les messages sociaux mais bel et bien sur un fantastique d’ambiance.

L’histoire : A Dunwich, la communauté paisible de cette charmante bourgade est sous le choc après avoir appris le suicide de leur prêtre, retrouvé pendu au milieu du cimetière. Mais plus grave, cette mort blasphématoire ouvre une porte des enfers située sous le cimetière, et ramenant les morts à la vie.

 

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Décidément, la cohérence est ici encore pire que pour l’au-delà (à titre d’exemple, je n’ai jamais compris la fin, sans doute fixée sur un détail que je n’ai jamais relevé). Ce n’est clairement pas sous cet angle qu’on abordera ce nouveau cru de Fulci, estimé comme l’un des meilleurs de ce réalisateur. C’est en effet clairement dans ses ambiances qu’il faut l’accompagner, et ici, le bonhomme nous en donne largement pour notre argent. Entre la récurrence du corps du prêtre pendu (chacune de ses apparitions sera glaçante), les détails significatifs (l’hilarante scène du bar où les miroirs volent en éclats à l’annonce de la malédiction, où les poivrots du coin tentent de donner des explications scientifiques alors que le mur part en morceau avec des âmes qui hurlent à la mort…) ou ses fameux zombies, particulièrement effrayants dans cet opus (ils ne cessent de changer de place). Question gore, Fulci décide d’explorer pas mal de concepts forts, comme vomir des intestins (scène mémorable), une trépanation à la perceuse en gros plan (scène mémorable), ou une pluie d’asticots particulièrement désagréable à tourner pour les acteurs (pour de plus amples détails, voir la chronique adéquate de Leatherface). Et question inspiration, Fulci se lance dans une compilation de malédiction des plus jouissives, nous parlant de porte des enfers, de cité maudite enfouie sous Dunwich, de cadavres qui reviennent à la vie et que les gens retrouvent chez eux et de voyants pessimistes. Le film s’ouvrant d’ailleurs sur une séance de spiritisme qui tourne mal (avec des faits étranges on ne peut plus explicite : aucun scepticisme permis), Fulci nous sort le gros cliché, mais puissance 10. Pas le petit feu follet tafiole qui vous fait bouger un verre, mais le feu follet incendiaire qui vous balance des gerbes de flammes à travers le salon. Fulci s’essaye aussi à l’enterrement vivant (une scène mémorable, le coup de la pioche sera d’ailleurs repris dans La maison près du cimetière), mais s’abandonne complètement à son film au cours d’une exploration des fondations de Dunwich (et donc de la ville maudite) alors que partout autour d’eux, des cadavres se relèvent et se mettent à les suivre. Une scène marquante (la musique y donne d’ailleurs une ambiance assez étrange, très éloignée du stress attendu), et qui marque déjà l’ambition de Fulci question scène morbide (on a là un avant goût de L’enfer de l’au-delà). Question acteurs, les jeux sont toujours aussi exhacerbés, ce qui manque parfois de spontanéité. Catriona McColl, la femme du film, a par exemple un peu trop tendance à hurler (certes, c’est une femme, mais bon, les clichés au bout d’un moment…). Mais quelques personnages secondaires se révèleront intéressants, comme ce jeunôt harcelé par le fantôme du prêtre, dont la scène d’exposition consistera en une séance glauque avec une poupée gonflable à côté d’un cadavre en décomposition. Frayeurs, c’est bordélique, mais généreux comme pas permis, avec du gore à la pelle et une véritable ambiance (qui fait défaut à beaucoup d’œuvres dans l’exploitation horrorifique). Un bon petit film d’horreur qui jouit d’une bonne copie restaurée chez Neo Publishing.

 

4.3/6

 

1980
de Lucio Fulci
avec Christopher George, Catriona MacColl

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 15:28

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Et une bisserie en plus au compteur. Dans la catégorie des projets purement fun, La maison de l’horreur avait du potentiel. Un cadre morbide à souhait, du fantastique à la pelle et un casting pas déplaisant, il y avait matière à nous faire un 13 fantômes en différents (les deux intrigues comportent des similitudes). Toutefois, le script finit par s’enliser dans des directions pas toujours intéressantes, et loin d’être aussi jouissives que prévues.

L’histoire : un magnat de la magie et du divertissement organise l’anniversaire de sa femme (ils se détestent mutuellement) dans un gigantesque bâtiment au lourd passé (asile psychiatrique ayant servi de centre d’expérimentation pour un docteur fou). Mais dès leur arrivée, les systèmes de sécurité se bloquent, condamnant toutes les entrées du bâtiment.

 

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"Heureusement, les gens oublieront vite ce film pour se concentrer sur Le discours d'un roi..."

 

Oh Oh, le beau huis clos que voilà. En effet, si ses débuts montraient le magicien au centre de l’histoire comme une icône dans le domaine du divertissement (Georffrey Rush assez cabotin dans son rôle de directeur de train fantôme), on a rapidement une dizaine d’invités qui arrivent (en limousine) dans le bâtiment sus-mentionné. Une construction gothique tout ce qu’il y a de plus stimulant, une version labyrinthique de Silent Hill avec des décors complètement délabrés. Bref, on sent le potentiel, d’autant plus que le film a commencé avec un flash back décrivant le passé du bâtiment, où au cours d’une nuit d’expérimentation humaine, les patients de l’asile sont tous sortis de leur cellule et en ont profité pour assassiner tous les membres de l’équipe soignante. Le médecin en chef n’étant nul autre que Jeffrey Comb (Herbert West dans les mythiques Re-animators), on commence à croire un peu à un projet d’honnête série B. Mais rapidement, les déceptions pleuvent. En effet, en attendant chacune des séquences de mise à mort (dans ce schéma, c’est aussi sommaire qu’un Destination finale), le film fera du remplissage avec de nombreux dialogues inintéressants et développera des personnages dont on se fout totalement. Si Famke Janssen évoque un peu d’intérêt chez le spectateur masculin, on renonce rapidement à comprendre d’où vient la menace tant celle-ci se révèle brouillonne. Incapable de se fixer sur une forme précise, le film teste alors différents concepts, avec une préférence pour les accélérés de fantômes, qui bougent comme dans les films clippesques de Balaguero. C’est bien dommage et ça constitue un réel gâchis, car le film, dans le but de créer des ambiances angoissantes, a fréquemment recours à l’usage de passages subliminaux et découpés très rapidement (à grands renforts de musiques bruyantes sensées faire sursauter). Et ce qu’on voit parmis ces courts flashs se révèle beaucoup plus stimulant que l’ensemble du reste du film ! Evoquant un univers fantastique malsain emprunté à tous les grands auteurs de fantastiques (Clive Barker, H. P. Lovecraft…) le film révèle d’excellents maquillages et des idées de saynettes clippesques, mais qui étalées sur plus de temps auraient accouché d’une ambiance underground qui aurait immanquablement fait décoller l’ensemble. Hélas, ce n’est pas le cas, et le spectateur sera condamné à fantasmer sur les rares apparitions fantômatiques et les surdécoupages proposés ça et là pendant que les survivants discutent de ce qu’ils ont mangé au buffet et de ce qu’ils aimeraient faire avec l’argent qu’ils vont gagner si ils survivent à leur nuit. Les mises à morts donnent quant à elles dans le cliché, vaguement imprévisibles ça et là, mais pas effrayantes pour deux sous, ni techniquement très poussées. Et alors que la bérésina s’annonce totale (la lutte navrante entre le magicien et sa femme), voici qu’une entité fantômatique apparaît pour accélérer un peu le rythme et traquer nos survivants. Voilà un revirement de situation un peu expéditif et brutal, n’est-ce pas ? Complètement incohérent au niveau de son fantastique, gâchant le beau matériau qui nous était promis (on ne verra pratiquement jamais Jeffrey Combs, c’est dire si je suis déçu), La maison de l’horreur est une arnaque polie, qui tente d’emballer techniquement bien de l’ennui, en sabordant ses maigres pistes underground pour se conformer au cahier des charges d’un huis clos horrorifique standard. Complètement dispensable.

 

1.5/6

 

1999
de William Malone
avec Famke Janssen, Geoffrey Rush

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 15:24

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Avec Bienvenue au Cottage, on se relance dans la comédie horrorifique anglaise avec cette fraîcheur qui nous a permis d’apprécier les truculences des premières œuvres d’Edgar Wright. Détournant d’abord les codes du film d’enlèvement avant de se lancer dans un trip sanglant à La Colline a des yeux, le film bouffe à pas mal de râtelier, et parvient à trouver un rythme amusant, à défaut de pleinement convaincre.

L’histoire : Peter et David, deux hommes en manque d’argent, kidnappent la fille d’un maffieux afin de lui réclamer une rançon. En attendant de conclure l’affaire, ils s’isolent avec leur victime dans un cottage à la campagne. Mais alors que leur situation part en cacahouète, un sanguinaire fermier surgit…

 

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The Cottage possède en effet la principale qualité de manier un humour pas vraiment novateur, mais bien senti. Ainsi, en se focalisant sur la relation un peu clichée de deux frères désireux d’accomplir un coup fumant, l’un étant le cerveau de l’opération (David, Andy Serkis plutôt marrant) et l’autre le boulet de service (Reece Shearsmith), le film peut développer quelques gags familiaux plutôt amusants, parvenant à façonner des caractères connus, mais fonctionnels. L’humour tient essentiellement dans la première partie, qui joue constamment sur la maladresse de nos apprentits-kidnappeurs, qui commettent bourdes sur bourdes, ayant finalement affaire à une otage tout sauf coopérative. Alors que la maffia se prépare à aller les cueillir, notre deux kidnappeurs perdent peu à peu le contrôle des opérations, l’un se faisant bientôt prendre en otage par Tracy (la fille du gangster, qui tient de son père) et s’aventurant dans les chemins campagnards environnants. Jusqu’ici, on était complètement dans la comédie. Aussi, l’arrivée du registre horrorifique est brutale, et joue principalement sur un comique de l’absurde et du décalage. S’inspirant des délires de Peter Jackson, le film s’autorise les plus sanglants excès, donnant dans le démembrage à la pelle et dans l’arrachage de colonne vertébrale (une scène faisant immédiatement référence à Predator, on appréciera la gentillesse de l’hommage). Organisant en dernier acte une confrontation plutôt rigolote (jusquauboutiste) et se fendant d’une conclusion particulièrement glauque (la musique aidant au décalage), Bienvenue au Cottage se résume comme étant la petite récréation du week end, un gentil petit divertissement anglais qui n’a pas peur de se mouiller pour apporter un peu de plaisir à son spectateur. Certes, le tout est parfois un peu laborieux (l’essentiel de la première moitié se résume à des dialogues comiques), la réalisation est loin d’être parfaite et le jeu des acteurs n’est pas vraiment excellent. Mais conscient de sa modestie, le film se vend pour ce qu’il est, et il ne prend jamais son public de haut. Même si le maquillage de son fermier est plus ou moins convaincant, la montagne de muscle sait équarrir le touriste égaré, et ce savoir faire se perdant, on ne sera que trop heureux de voir des agriculteurs prendre leur boulot à cœur. Attachant !

 

4/6

 

2008
de Paul Andrew Williams
avec Andy Serkis, Reece Shearsmith

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 15:03

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Un peu de politique avec un documentaire en train d’achever sa tournée partout en France : Mains brunes sur la ville, escorté par Jean Baptiste Malet, journaliste d’investigation se revendiquant anti-FN. Le jeune homme (24 ans au compteur) a enquêté sur plusieurs faits qui ont attiré son attention du côté du Vaucluse, et a tenu à faire un vrai travail d’enquête pour traiter son sujet. Vu la radicalité du parti pris, il vise à faire réagir son auditoire. Mais si son travail d’enquête relève de vrais problèmes, son désir omniprésent de pourrir le parti politique visé (et ses électeurs) plombe l’entreprise.

Le sujet : Constat de la gestion des fonds publics des mairies de Bollène et d’Orange, et charge massive contre le parti d’extrême droite.

 

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On peut reconnaître que Jean Baptiste Malet a le courage d’afficher ses convictions et d’avoir monté un projet cinématographique militant, dans le sens où tous les professionnels qui s’y sont engagés ont travaillé bénévolement à sa conception. Ce projet tient donc du réquisitoire contre un parti montré comme dangereux. Toutefois, le film ne fera pas l’apologie de la gauche ou de la droite, restant focalisé sur son objectif de dénonciation. Et en effet, le journaliste Malet a soulevé des sujets intéressants. Ainsi, on constatera que la mairie d’Orange, sous la direction de Bompart aujourd’hui député, a pris des décisions navrantes concernant les centres d’activités implantés dans sa banlieue, et qu’elle n’entretient plus les quartiers de résidences des populations pauvres, préférant une politique de vente d’immobilier avec des promoteurs à une politique de logements sociaux. Des quartiers entiers se retrouvent alors dans des états déplorables alors que le centre-ville est constamment embelli pour assurer une sorte de façade respectable (et que les caisses de la ville sont pleines). Les faits sont là. On parlera aussi de quelques projets fantômes, comme celui d’une Mosquée sans cesse ajourné qui provoque la lassitude de la population musulmane (un point en effet agaçant chez le FN : l’islamophobie). Le reste des dénonciations tient du tristement déjà vu, passant de l’intimidation de certains membres de la mairie (comme Mr Bompart), de la hausse du budget de la Police alors que la criminalité est en baisse et des fameux apéritifs saucissons qui ont suscité du remous. En clair, malgré la rapidité de l’enquête menée par Jean Baptiste Malet, il y aurait en effet des mesures à rectifier urgemment (comme le budget destiné à l’éducation, pris en charge directement par l’état, la mairie ayant suspendu ses aides financière dans ce domaine). Mais si la dénonciation aurait pu se faire de façon claire et sobre, le film insiste très lourdement sur des détails certes parfois grinçants, mais aussi terriblement clichés (« extrême droite vue par la gauche »). Ainsi, le film vomit sur une fête médiévale mettant en scène des Croisés (qui tuaient les sarrasins par dizaine, bande de nazis !), et filme par exemple 3 affiches de la mairie montrant deux enfants blancs et un bébé en y allant du « montrant des enfants blancs, blonds aux yeux bleus. De la propagande ! ». Trop désireux de rentrer dans le lard, le film se grille dès son introduction en montrant tous les représentants FN qu’ils vont interroger comme des trous du cul méprisants, hautain et incapable de tenir des propos sensés. Certes, on admet que faire un film anti FN et interroger des membres du FN pour le construire, ça risque d’entraîner l’animosité de ces derniers. Mais quitte à montrer leur vrai visage, pourquoi avoir simplement montré leur coup de gueule (violent) à l’encontre du « journalisme qui modifie les propos ? ». Une façon assez peu honnête de planter le décor en tentant de ridiculiser immédiatement ceux qui vont être interviewés. Après, Bompard sort une connerie à propos des accords d’Evian, là il y a matière à critiquer, mais la tentative de salissure d’image dès les 5 premières minutes est de trop. Et que dire des électeurs FN interrogés par la caméra ? Tous plus navrants les uns que les autres (le summum sera atteint quand un papi accoudé à un bar nous confiera que le racisme en France, ça n’existe pas), ils tentent à faire penser que le FN est un parti de vieux dégénérés pétris dans leur vision rétrograde du monde et incapables de prendre une décision raisonnable. Tapant sur les politiques FN montrés comme incompétents, niant la tentative de rénovation du FN (assimilée d'office à une version plus policée du FN de Jean Marie) et ne voulant pas laisser la moindre chance à son adversaire, le film s’avance trop par moments, sa rage de dénonciation s’auto-justifiant, et ayant au final l’air de s’adresser à des gens déjà convaincus (ceux qui ne voulait voir aucun changement chez le FN seront ravis). Ce manque évident de recul, toujours revendiqué mais pas toujours approprié, est en grande partie ce qui alourdit le film, qui ne tient en aucun cas du débat. Toutefois, la fin du film parvient à relever un fait intéressant. Si l’extrême droite semble sur le point de nous faire basculer dans le « fascisme des vieux », l’UMP représentée par Thierry Marianni semble s’accommoder de la gestion des mairies Bompard (dont il connaît les méthodes, mais qu’il choisit d’ignorer) et les partis de gauche semblent incapables de s’opposer à la montée progressive du FN (une tendance qui se confirme au niveau national). Se concluant sur une note plutôt sombre (du point de vue subjectif), le film s’intéresse à une nouvelle question politique très intéressante : le besoin d’apporter rapidement des solutions pour la Gauche et la Droite afin de contrer la part grandissante de l’électorat FN. Bien qu’incomplet (de l’aveu de Jean Baptiste Malet, une enquête de quelques semaines supplémentaires aurait fourni un matériau beaucoup plus détaillé, mais bon, le film est sorti pendant les élections mais a loupé le buzz), le film souligne déjà plusieurs faits qu’il fallait faire connaître au grand public, mais son côté radical le dessert finalement. Jean Baptiste Malet prend en tout cas son métier d’investigation un peu à la légère en partant d'une idée et en voulant l'illustrer par des faits (d'où les détails caricaturaux), et avec un peu d’expérience dans le métier (et beaucoup de recul), son prochain docu anti-FN gagnera en finesse ce qu’il possède déjà comme indignation.

 

1.8/6

 

2012
de Bernard Richard et Jean Baptiste Malet
avec Arnaud Straebler, Jacques Bompard

 

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La propagande, ça fait peur...

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 11:27

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Véritable maître de l’horreur, Lucio Fulci a réalisé de nombreux films d’horreur, avec quelques projets plus personnels, comme l’excellent Beatrice Cenci. Mais si il reste bien un titre qui a marqué les esprits, c’est L’au-delà. Véritable film d’exploitation mélangeant des pans entiers de culture horrorifique (des zombies, des esprits tourmentés, l’Enfer…), le script bouffe à tous les râteliers, concurrençant le cercle des trois mères d’Argento sur le terrain du fantastique (visuellement, c’est ici beaucoup plus sobre) et développant des bases passionnantes. Si mon préféré du réal reste toujours le terrifiant La maison près du cimetière, L’au-delà contient quand même des morceaux de bravoures intéressants à aborder.

L’histoire : en 1927, un peintre sur le point d’achever un tableau représentant l’Enfer est massacré par les habitants du coin, qui le considèrent comme un sorcier. De nos jours, l’hôtel dans lequel il résidait est en rénovation, sous la direction de Liza, propriétaire des lieux. Des évènements étranges commencent alors à se produire…

 

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Le pain quotidien de Fulci, c’est le gore. Et du gore, L’au-delà en regorge, n’hésitant pas à donner dans la violence craspec pour donner un peu de sel à son histoire. Ainsi, dès les 5 premières minutes, nous aurons droit au supplice du peintre, battus à coup de chaîne (chaque coup laissant une marque sanglante façon La Passion du Christ), avant d’être crucifié sur un mur et brûlé à la chaux. Radical. Et très vite, nous arrivons à notre époque contemporaine. L’hôtel est en travaux, et la belle Liza s’occupe des directives. Toutefois, les choses commencent bientôt à se gâter. Une fuite dans la cave implique l’intervention d’un plombier, et ce dernier, brisant un mur de brique, libère le corps zombifié de l’artiste mort (ce qui nous vaudra une scène d’écrasement de visage amusante plutôt que convaincante). Et à partir de là, les intrigues commencent à se multiplier. D’un côté, on suit les cadavres qui commencent à tomber comme des mouches à la morgue, où il commence à se passer des phénomènes étranges. De l’autre, on suit notre héroïne, de plus en plus perturbée par les évènements qui ont lieu dans son hôtel et qui passe pour folle auprès du beau médecin généraliste. Mais arrive alors les personnages aveugles, qui servent constamment de mise en garde pour Liza, qui s’évertue à rester dans son hôtel. Ainsi, plutôt que de rechercher une cohérence sans faille, le film multiplie les intrigues et les possibles directions, en jouant la carte de la générosité (chacune de ces voies se conclue par un bain de sang). Ce qui fragilise l’œuvre du point de vue du fond (cette histoire de porte des enfers… Mouais…), mais qui la rend incroyablement ludique et pas ennuyeuse un seul instant. Alors que les apparitions se font de plus en plus menaçantes, une invasion zombie commence à apparaître à la morgue. Le film donne alors dans la tension, continuant sur sa lancée sans jamais chercher à ralentir son rythme, nous préparant à son tableau final, qui reste encore aujourd’hui une référence dans le genre. Un véritable portrait macabre, très poétique dans l’idée et dans les symboles (la vérité qui aveugle, c’était bien trouvé), et qui conclut ma foi sur une note emballante le film. Après, ce dernier est pétri de défauts qui ne jurent pas avec les films de Fulci. On relèvera par exemple un procédé d’angoisse totalement inefficace : le coup de l’ombre qui fait crier l’héroïne alors qu’on sait déjà qu’il s’agit du médecin qui passait par là pour voir si tout allait bien, ou encore la scène culte des araignées, très gore, mais qui croit qu’en mettant des araignées en plastiques dans un champ flou, on va se laisser berner. Bon, on a envie de se laisser berner, car les grosses araignées poilues, on aime, mais quand même, les gros plans laissent parfois vraiment à désirer. Pétri de défauts, mais ne manquant pas d’âme ni d’enthousiasme, ce cru de Fulci se révèle être de très bonne tenue, offrant un lot de zombies plutôt menaçants et quelques belles séquences d’ambiance.

 

4.5/6

 

1981
de Lucio Fulci
avec Catriona MacColl, David Warbeck

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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