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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 20:36

 Quelques fois, il suffit d'une petite idée et je me lance dans un tournage. Ici, il s'agit d'un (faux) vidéogramme gouvernemental sensé dissuader les fumeurs de fumer, mais à prendre avec une subtile nuance de second degré. Le tout est tourné comme une pub à deux pas de chez moi, mais le résultat, malgré une caméra qui bouge trop, est regardable. A qui voudra perdre deux minutes de vie...

 

C'est ici !

 

P.S : concernant mon nanar, le tournage est enfin terminé, je suis en pleine préproduction, et elle est catastrophique comme il le faut (il me manque des plans, j'utilise des musiques non libres de droits et le vent flingue la moitié des prises de sons). Mais ne vous inquiétez pas, la sortie du film n'est pas repoussée, il débarquera bientôt sur mon compte youtube par tranches de 15 minutes, alors quand ça sera le cas, jetez-vous dessus avant que mon compte ne soit bloqué (à moins que j'utilise des musiques tellement ringardes que ça passe...).

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 18:48

http://img.clubic.com/0156015600040525-c2-photo-oYToxOntzOjU6ImNvbG9yIjtzOjU6IndoaXRlIjt9-dvd-the-unknown-origine-inconnue.jpg

 

Unknown, origine inconnue est un cas intéressant dans le domaine du DTV. Sorti en 2002 et tourné pour une bouchée de pain, le film lorgne clairement du côté de The Thing, mais qu’il essaye d’accommoder à la sauce Blair Witch. Des ambitions intéressantes, mais qui laissent plutôt le spectateur mitigé au vu du résultat final.

L’histoire : des étudiants en biologie (ça veut tout dire) effectuent leur thèse sur l’évolution d’une forêt russe dévorée par un gigantesque incendie. Lors d’une de leur ronde, ils découvrent les restes carbonisés d’un animal inidentifiable.

 

http://films.cultes.free.fr/photos/photos%20the%20unknown-origine%20inconnue/camping%20sauvage.jpg

 

Le premier choix étrange dans le film, c’est l’utilisation d’un caméscope standard (comprendre : pour un usage grand public). On émet facilement l’hypothèse que c’est pour donner un aspect « vécu » à l’œuvre, mais pourquoi alors filmer l’histoire comme un film classique ? Car personne ne voit le caméraman ou ne lui parle, on a un vrai film devant nous, mais tourné avec une qualité d’image médiocre et une caméra portée à la main qui tremblotte assez souvent. Dans mes souvenirs, j’avais retenu ça comme un found footage, mais c’est un film tourné avec du matériel d’amateur. Point positif du film : les décors naturels. Tourné dans une forêt qui a effectivement été ravagée par un incendie, certaines portions de forêt calcinée parviennent à créer une ambiance angoissante, et crédible (les relevés des scientifiques sont simples). Mais rapidement, les choses se gâtent un peu. Si on se moque un peu de nos différents personnages (problèmes de cœur, théories gratuites, mode d’emploi du parfait campeur…), ils découvrent bientôt le cadavre d’un animal qu’ils ne parviennent pas à identifier. Ils le rapportent au campement pour tenter d’en faire la dissection. Mais ils découvrent à l’intérieur un petit truc qui remue, et qui disparaît rapidement dans la caravane (utilisation propice du flash d’un appareil photo). Le problème du film, c’est qu’il n’est pas vraiment généreux avec nous. Il n’est pas famélique (on a une charogne bizarre et l’intervention régulière d’insectes et créatures grouillantes dans le récit), mais il filme très mal ses maigres ambitions monstrueuses, mention spéciale aux « trucs » (qu’on ne verra jamais) sensés se placer dans la gorge des victimes. Ainsi, avec toujours ce manque de moyens évident, le film tente de reproduire les grands temps morts de The Thing en zappant les effets spéciaux, tentant de se concentrer sur le climat de suspicion de tout le monde. Nous aurons donc la détention sans preuve d’un membre du groupe supposé infecté, l’extension du fléau à plusieurs membres des scientifiques, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un gentil couple. Mais hélas c’est bien peu pour entretenir le suspense, qui peine à être illustrée par une caméra qui se fout de la stabilité de l’image. On notera toutefois que le film a quelques idées crasseuses intéressantes (le coup des règles sanglantes, des personnages infectés disparaissant dans les bois...), mais la trame principale se révèle finalement beaucoup trop simple, et le dénouement (pessimiste) ne surprendra pas grand monde, sautant allègrement le pas là où John Carpenter préférait l'ambiguité... Chiant au demeurant, le film reste à éviter en tant qu'achat, mais si la connerie est faite... e bien vous savez que c'est facile de faire du cinéma.

 

1/6

 

2000
de Michael Hjorth

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 18:36

http://img.filmsactu.net/datas/films/y/a/yamakasi-les-samourais-des-temps-mod/xl/46f899bb09065.jpg

 

Nouveau cru Besson, et pas des moindres puisqu’il s’agit des Yamakasi ! Des Kaïra au grand cœur qui s’amusent à sauter sur des toits et à faire des cabrioles sur les immeubles. Un film pareil, c’est bon pour l’incitation à la tolérance et la dénonciation du système politique français de droite, qui se focalise sur des faux problèmes (les yamakasi) sans s’attaquer aux bonnes cibles (les putains de gros richards chirurgiens). Feux sur un film qui dénonce : la richesse, c’est mal, et la pauvreté c’est pas juste.

L’histoire : Des glandus passent leur temps libre (toute la journée pour la plupart) à escalader des bâtiments publics. La police veut les coffrer parce qu’ils les ridiculisent ( ??). Mais bientôt, un gamin voulant imiter ces héros des temps modernes tombe de sa chaise et se casse le cœur. Pour en obtenir un nouveau, il faut racker : 400 000 balles.

 

http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos/diaporama/images/yamakasi-les-samourais-des-temps-modernes-2000__2/5920933-1-fre-FR/yamakasi_les_samourais_des_temps_modernes_2000_reference.jpg

"Ouvre ta porte, bâtard, c'est pour une bonne action !"

 

C’est qu’il a le cœur sur la main, le Besson. Il sent quand il a un potentiel pour faire pleurer dans les chaumières et parler aux jeunes d’aujourd’hui. Sûr qu’il tentera un jour de mettre en image le parcours d’un unijambiste voulant gagner le marathon de New York (c’est simple : tous les autres coureurs le suivent en marchant, la larme à l’œil). Mais ici, il a vu John Q. (un drame américain sur le système de santé), et il s’est dit qu’il serait facile de faire une transposition dans notre chère France. Moyennant quelques petites adaptations par ci par là. Tout d’abord : les héros des temps modernes : les Yamakasi. Des jeunes qui ont le rythme dans la peau, et qui aiment faire des choses pour le fun, pour la simple beauté d’un coucher de soleil (soupirs). Ils commencent à grimper à une façade d’immeuble. Mais là, 10 bagnoles de flics arrivent et veulent les serrer, ces terroristes. Sincèrement, la diabolisation des flics commence dès les 10 premières minutes, ces derniers se foutant des tagueurs dégradant les lieux publics mais voulant à tout prix coincer ces rebus de la société qui mettent en péril l’ordre public. On a alors le commissaire qui joue mal qui crie et qui se lance dans la présentation des personnages. S’ensuivent des scènes sensées planter les talents de chacun au cours des tentatives d’interpellation qui foireront coup sur coup. Mention spéciale à Spider, qui accroche une corde simplement en la faisant claquer sur un tuyau et descendant en rappel pour offrir des fleurs à sa poule. Mais il manque une chose à nos Guillaume Tell pour que l’empathie soit totale : une cause. C’est bientôt chose faite avec un môme qui veut imiter les yamakasis en grimpant sur un arbre, et en faisant une mauvaise chute d’un mètre cinquante sur le dos. Ce traumatisme lui cause une attaque cardiaque à retardement : le petit va mourir dans deux jours si on ne fait rien. La mère du malheureux prend donc contact avec les médecins français. On a donc un vieux monsieur qui regarde la famille pauvre avec un grand sourire carnivore, qui fait de longues phrases pour dire qu’il va tenter l’impossible en faisant deux clics (le geste se veut ironique, mais la dénonciation des médecins est juste gerbante), mais il est obligé de faire un prix à 400 000 francs. Apprenant la nouvelle, la grand-mère de la victime fait une tentative de suicide le soir même. Toute la cité est sous le choc, et les yamakasis se disent que c’est peut être un peu de leur faute, si un moutard a grimpé à un arbre et s’est cassé le cœur. Ni une ni deux, ils s’arrangent entre eux pour récupérer le pez nécessaire à l’opération. Une seule solution : voler les bourges. Et pas n’importe lequels : tous les chirurgiens qui fixent les prix des organes et qui résident dans Paris. C’est moral : ce sont des empaffés qui se goinfrent sur la souffrance des gens. Les salauds, ils mériteraient qu’on les gazent, avec leur rolex puante et leur appart de plus de 20 mètres carrés… Et donc c’est parti, on suit nos gaillards qui s’improvisent cambrioleur et nous livrent plusieurs séries de gags dont les victimes sont des richards bourgeois. Au hasard, on citera le gars qui en sortant de la douche découvre son appart pillé, son coffre fracturé avec une musique rap qui tourne en boucle et un petit mot « écoute ça, bouffon, ça vaut tout l’or du monde ». Sur que le monsieur ruiné va s’assoir maintenant et écouter en boucle son nouveau répertoire musical. Mais le vol, c’est pas encore moral. Pour nous convaincre du contraire, le film met en scène le personnage d’un flic issu des banlieues, qui tente d’obtenir de l’argent avec un contact politique : un certain conseiller du président. Manque de pot, il est de droite, du coup il est radin et hypocrite (car l’Etat devrait être une tirelire dont tous les habitants auraient la clé), et promet des trucs qu’il ne tiendra pas. Un fait qui donne raison intrinsèquement aux Yamakasis, qui du coup commencent à piller une villa pour chourer des trucs. Mais enfin, la police arrive, et les cerne en déployant tous les effectifs de la capitale autour du bâtiment. Un vrai remake de Léon. Nos héros saccagent alors l’intérieur de la maison, avant de donner une version des faits bidonnées (et validée par le flic issu des banlieues, qui sait maintenant à quoi s’en tenir). Pour les rares qui avaient encore de l’espoir dans le camp des riches, le possesseur de la villa est une merveille, un prototype à encadrer. Après les juifs au nez crochus et au teint vert, après les noirs aux grosses lèvres et à l’accent d’esclave, voici le blanc sexagénaire bouffi de mauvaise foi, agressif, impoli, tentant d’intimider tout le monde et répondant à chaque fois la mauvaise réponse à la question. On se demande si ça ne serait pas un écossais croisé avec un allemand sauce besson. Finalement, après une matinée de braquages sans interruptions, le pez est réunis. Mais ils l’apportent avec 15 minutes de retard. Du coup, le médecin augmente le prix de 100 000 francs. Vous pensiez que les riches allaient se coucher ? Ils reviennent en force. Les yamakasis font alors irruption dans le bureau de l’infâme médecin blanc et lui demandent poliment de passer un coup de fil. Se sentant menacé, le médecin sort un flingue et commence à braquer ses clients en plein hôpital. Heureusement, une petite menace du flic des banlieues au médecin pétri de relations politiques de droite remet de l’ordre, et nos blouses blanches se mettent enfin au boulot, motivés par leur motivation pour sauver des vies. Finalement, tout le monde sort gagnant de l’aventure. Le petit a un nouveau cœur et les Yamakasis ont fait quelque chose de bien dans leur vie. Et ces putains de richards ont eu une bonne leçon. En tout cas, j’ai passé une excellente soirée devant ce cru généreux, et j’ai grandement apprécié les invectives de ma sœur étudiante en médecine qui voyait d’un bon œil cette dénonciation fine de ce corps de métier de profiteurs de la faiblesse d’autrui (il est vrai que l’interprétation d’une radio ou que le traitement d’un cancer est à la portée du premier imbécile venu). Besson, tes leçons de morales ont été reçues, la France en prend bonne note…

 

-999 999 999 666/6

 

2001
de Ariel Zeitoun
avec Châu Belle Dinh, Williams Belle

 

http://i24.servimg.com/u/f24/11/79/86/28/pu_i_w12.jpg

"De quel droit tu nous juges, petit bourgeois ?"

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 12:00

affiche-Beyond-a-Reasonable-Doubt-2009-1.jpg

 

Présumé Coupable est un petit thriller qui ne paye pas de mine, se contentant d’un pitch classique et de ressorts scénaristiques connus. Ce qui aurait dû être l’atout du film, c’était Michael Douglas, une tête d’            affiche pour le moins attachante, ici au service d’un avocat un peu verreux. Le film s’attaquant à la falsification de preuves dans des affaires criminelles, il y avait un petit potentiel divertissant. Et au final, il tient ses maigres promesses sans pour autant casser la baraque. Un thriller clefs en main, en somme.

L’histoire : un petit malin nommé Nicholas pense que le procureur Mark Hunter falsifie des preuves ADN pour faire accuser des suspects. Afin de valider ses dires, il se fait arrêté comme suspect pour une affaire de meurtre (en gardant la preuve que l’hypothétique arme du crime en sa possession a été achetée après le meurtre en question). Mais ayant eu vent de l’affaire, Mark s’arrange pour faire disparaître la preuve en question…

 

http://www.cadependdesjours.com/wp-content/uploads/2011/01/5mars-prc3a9sumc3a9coupabledepeterhyams.jpg

 

Bon, vous voyez tout de suite où le film veut en venir ? On mixe gentiment une intrigue avec de la justice américaine et une affaire de preuves falsifiée, et on emballe le tout en une heure quarante. Ainsi, si le fond du film ne se révèle jamais indigent, les rebondissements sont tellement clichés, tellement attendus, qu’ils ne provoquent jamais la surprise. On sait rapidement que le procureur est en effet une crapule, mais l’interprétation trop sobre de Michael Douglas nous empêche de le prendre en sympathie. On suit l’affaire d’un œil distrait, sans humour, partiellement convaincu qu’il y a une tension dramatique dans les faits qui nous sont dévoilés. Rapidement, on comprend que le procureur est en train de piéger notre journaliste, qui a vraiment mûri son plan sur un coup de tête sans s’interroger un seul instant sur la subtilité navrante de son stratagème. A vrai dire, un tel film me fait penser au cas Ultime Décision, un thriller terroriste qui m’avait fait beaucoup rire pour son avalanche de clichés. C’est ici la même chose, mais on ne rit pas. On suit l’affaire, partagé entre l’ennui et l’envie d’avoir le fin mot de l’histoire. C’est d’ailleurs la principale originalité du film, qui se permet, en plus d’être moral, d’égratigner son soi-disant héros avec une affaire de maquillage de reportage. Une fin amusante, mais quand même très moralisatrice sur les bords. Au final, pas de surprises ou presque, un petit film qui se regarde un soir de creux dans la semaine, mais qui ne rivalise pas avec le bon Lyncoln Lawer. Passable.

 

2/6

 

2009
de Peter Hyams
avec Michael Douglas, Jesse Metcalfe

 

large_397502.jpg

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 11:33

http://www.nanarland.com/Chroniques/banlieue13/banliaueaff.jpg

 

Yo yo, NTM ! J’me la raque un bon coup avec un film de Kaïra qui déchire sa race : Banlieue 13. Un brûlot politique qui prône l’intégration des populations étrangères dans notre belle société française nazie. Les jeunes, vous pensez vraiment avoir une chance d’accéder au train de vie de la population française ? Que nenni, le gouvernement cherche à vous écraser (il a construit les cités pour vous concentrer géographiquement) ! Il ne reste qu’une chose : la self défense et les ailerons à poser sur les bagnoles. Fais toi ta place mec : bute un keuf, monte ton plan de deal, trouve toi une bonne salope pour appâter le client et paye toi une dent en or. Easy !

L’histoire : J’te baise, enculé !

 

http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/diaporama/banlieue-13/banlieue-13-2004__1/2044637-1-fre-FR/banlieue_13_2004_reference.jpg

 

Ah, Besson vient de me révéler qu’il affectionne beaucoup les banlieues, en les montrant d’entrée de jeu en plan séquences comme des squats plus insalubres les uns que les autres qui sont des repères de malfrats qui dealent de la farine par convoi de 12 kilos et qui trimballent des flingues dans la rue. Ah, mais en fait c’est pas pour de vrai, c’est l’anticipation (parce que les nazis français, ils ont construit un mur autour de la banlieue 13). You know, bitch ? On voit donc débarquer des noirs dans une voiture qui arrivent en tuant tout ce qui bouge parce qu’il y a eu une couille dans le dernier trafic. Et là, on voit un yamakasi qui verse de la poudre dans la baignoire d'un appart (on essaye de croire que c’est de la drogue, mais on se demande comment ils comptent la refourguer, les habitants de la banlieue n’ayant pas d’argent ou l’utilisant pour acheter des fusils à pompe ou des enjoliveurs cromés), et qui commence à sauter partout pour échapper à ses poursuivants. Histoire de récupérer le malandrin, les racailles vont chercher sa sœur, qui bosse dans un supermarché (alors qu’on a vu que la banlieue est dans un état déplorable et que tous ses habitants crèvent de faim et sont des drogués au dernier degré, voici qu’on a un casino tout neuf avec des gens bien habillés dedans…). Et là, le yamakasi rapplique et tire sa sœur de tout ce bordel. On appréciera au passage le caractère poétique de sa sœur, qui fait bouffer son string sale à un homme de main (mais vraiment, il l’avale…). Mais quand on arrive à la police, ces enculés de flics français, ils laissent le méchant repartir parce qu’il a le pouvoir, et il emporte la sœur pour s’en faire sa chienne. Le yamakasi est un peu vénère, mais il pète la nuque du pourri et tout de suite ça va mieux. Arrive alors le personnage du flic français. Un mec efficace qui sert un hispanique qui se prend pour Scarface, sauf qu’il force l’accent avec tellement de surjeu et qu’il cabotine avec un tel manque de classe que la comparaison avec le chef d’œuvre de DePalma devient insultante. S’ensuivent des scènes d’actions lisibles mais pas crédibles pour un sou et je-me-la-pète comme pas possible. Mais voilà, une bombe est tombée dans la banlieue 13. On se demande pendant quelques secondes ce qu’elle foutait là, mais le film insiste sans arrêt pour nous lancer sur autre chose. Pourtant, on reste toujours sur cette question : pourquoi est ce que cette putain de bombe est passée par un bidonville cloisonné par un mur de béton de 10 mètres ? La réponse ? C’est tout simple ! C’est le gouvernement qui veut en finir avec le problème des banlieues. C’est l’hallucination totale, mon gars ! Oui, le gouvernement français, de droite (donc fachiste, le film fait lui-même la comparaison), ne peut plus tolérer le problème des banlieues, et du coup ils veulent faire péter une bombe dedans. Nucléaire. Boum, comme ça, on n’aura pas de problème. Ca, c’est du politiquement incorrect ! On va montrer qu’on aime la banlieue (et ses gosses armés de kalachnikovs, ses tonnes d’héroïnes, ces noirs qui vous flinguent pour une montre et qui écoutent du rap dénonçant la pauvreté dans une décapotable dernier cri) en montrant que le gouvernement français ne fait rien pour les intégrer. Sincèrement, le comité de censure devrait faire l’impasse sur ce genre de film et interdire purement leur exploitation. C’est hallucinant de voir ça sur les écrans, ça reviendrait à faire passer Le juif Süss pour une comédie au second degré. Besson fait du business, mais je crois aussi que Bibi Naceri, qui a co-écrit le script, est pour quelques choses dans cette chiure intégrale et ségrégationniste tentant de rallier la banlieue en lui lançant à la face les clichés qu’on véhicule sur elle. C’est Bakara, la banlieue, vraiment ? En tout cas, on ricane en voyant Larbi Naceri en mac, ayant probablement été à bonne école avec son frère ayant grandement contribué à la décérébration de masse avec les armes de défécation massive Taxi 1/2/3/4… Difficile de ne pas faire preuve de mauvais esprit devant une parodie aussi gerbante, tentant de faire passer ça pour de l’action décomplexée. C’est une subversion qui n’a pas l’air de se prendre au sérieux, et pourtant, c’est avec un aplomb désarmant qu’elle aligne ses conneries à la chaîne, sans avoir peur du ridicule (le combat avec Yeti). Au-delà des bornes, il n’y a plus de limites… Banlieue 13 combine à lui seul tout ce qui s’est fait de pire chez Besson, et à partir de là, si je me marre habituellement, c’est le genre de film qui fout en rogne tous ceux qui tentent de s’y intéresser un minimum (mais sérieusement, même si j’en suis réduit à considérer Dobermann comme un plaisir coupable, j'ai encore beaucoup de mal à croire que certains le considèrent comme un sympathique film d'action…). Mon nouveau Punching ball, ma nouvelle référence du navet inter-planétaire est maintenant trouvé. Alors, le fait que ce soit Pierre Morel qui ait réalisé la bête ne me surprend guère. Si il tente de trouver l’efficacité dans l’action, l’envie de faire du fric devrait avoir les limites de la bienséance ou du respect éth(n)ique (sans aller plus loin dans les qualificatifs, on vite classé politiquement incorrect et ségrégationniste, tout l’inverse d’un Taken roumanophobe ou d’un From Paris with love xénophobe). Banlieue 13, ou le Verhoeven du 21ème siècle, mais au premier degré !


-9999999999999/6 (Sharpay, tu vaux tellement mieux dans ton autisme rose)

 

2004
de Pierre Morel
avec Cyril Raffaelli, David Belle

 

http://3.bp.blogspot.com/-oVmyDfI56b4/Tz_s5h6qh9I/AAAAAAAAAfs/chaJPvJy14A/s1600/banlieue-13-ultimatum-18-02-2009-6-g.jpg

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 06:22

http://www.cenoctet.com/wp-content/uploads/2012/05/prometheus-film.jpg

 

On l’a attendu depuis un an comme le messie, Prometheus débarque sur les écrans le 30 mai 2012 (un peu avant la fin du monde, quelle chance !). Le résultat est-il à la hauteur de nos attentes fébriles ? Non seulement il l’est, mais il devient de loin le meilleur film de l’année (on met au défit les autres de faire mieux), sur les plans de la richesse des concepts et des thématiques. Avant de développer, faisons un bilan de ce que je pensais être Prometheus avant le visionnage. On savait qu’on allait découvrir une planète d’où venaient les extra terrestres qui ont engendrés la vie sur terre, on savait que les humains allaient toucher à des technologies de création de vie et que les Ingénieurs (les extra terrestres à l’origine de tout) allaient prendre peur et vouloir liquider par l’alien tout ça. Sur le papier, c’était déjà monstrueux, mais on ne savait rien de la fin (et j’avais donc extrapoler sur une variation de Alien avec un authentique alien dans le lot. Et ben c’est loin d’être aussi simple… Mais alors très loin !

L’histoire : plusieurs civilisations sans liens directs utilisent un pictogramme similaire, représentant une constellation invisible sans outil technologique avancé. La compagnie Wyland Yutani décide de financer une expédition pour aller explorer la seule planète de la constellation semblant habitable.

 

http://www.geeky-gadgets.com/wp-content/uploads/2012/05/Prometheus.jpg

 

En premier lieu, il serait vraiment bon de noter tout le travail de l’excellent marketing qui nous a été martelé pendant ces longs mois d’attente. Pourquoi ? Parce qu’il n’a cessé d’extrapoler sur l’univers de Prometheus, partant dans de nombreuses directions, donnant des infos sur le personnage de Weyland, des dates sur la cryogénie, la recherche spatiale et robotique, donnant naissance au premier androïde. Le marketing ne nous a pas vendu un film, mais un univers, sur lequel vient se greffer Prometheus avec un réel sens de l’exploitation. Aussi, moi qui tapait beaucoup sur tous les articles que j’avais lu en croyant qu’ils m’avaient spoilé toute la première heure, j’ai été assez surpris de voir un film qui ne reprenait pas les éléments dont on nous avait abreuvé ces derniers mois. Ce sont des bases qui ont été intelligemment plantées dans notre esprit et dont Prometheus va se servir à sa guise. La scène d’intro sera assez sobre et justifie le titre du film : c’est un extra terrestre qui se sacrifie sur la planète Terre, et dont l’ADN sert de base pour former des bactéries qui commenceront à pulluler. Avec l’ébullition qui m’anime, dur de céder à la tentation de tout spoiler. Mais on va tenter de rester sobre et d’en dire le moins possible. Toujours est-il que le rythme du film est plutôt rapide, ne laissant pas de temps morts ou presque (les rares qu’on a pu relever sont comblés par une angoisse émergeant de l’inconnu). Car Prometheus est bien le film de SF à part entière qu’on nous avait promis. Pas besoin d’avoir vu Alien pour le comprendre, et si on l’a vu, on ne sera que plus déboussolé par l’apparition de nouvelles créatures (Giger a une nouvelle fois fait du bon travail, le tout est excellent), et par les extra terrestres à l’origine de la fertilisation de la Terre, qui ne sont pas exactement ceux qu’on attendaient (le space jockey n’est qu’une enveloppe). Toutefois, pour ce qui est des créatures, si le concept inhérent à leur source (SPOILER le fameux liquide noir source de vie se révélant être une arme biologique FIN DU SPOILER) est savamment exploité et nous offre un nouveau bestiaire (on sera loin de se limiter aux humains en mode alien), ce dernier part un peu en cacahouète à la fin, notamment avec une créature tentaculaire qui m’a un peu trop rappelé The Thing 2010 (et par l’épilogue créature, sensé nous montrer le tout premier alien (numérique), mais ce dernier ressemble tellement à celui de Alien vs Ninja que j’ai éclaté de rire). Mais c’est bel et bien au niveau des thématiques que le film a réussi à m’emballer. En effet, tout tourne autour des origines de l’homme. Et comme prévu, le personnage de Naomi Rapace est celui d’une scientifique croyante. C’est clairement le personnage que j’ai le plus apprécié, car sur les bases, j’affiche des convictions très proches de celles qu’elle aborde (plus clairement, je crois à l’étincelle divine qui a été source de tout et que depuis l’univers évolue). Et ce personnage est très souvent au cœur du récit, se focalisant principalement sur la question « doù venons nous ? », et une fois la réponse acquise (très rapidement, on vous l’a dit, le film ne manque pas de rythme), « pourquoi nous avoir créé ? ». Et c’est bel et bien à partir de ce stade que le film part sur une pente angoissante, les humains découvrant peu à peu que les Créateurs avaient prévu de les détruire (comme dans la légende de Prometheus). Ainsi, la conclusion du film (s’achevant sur les interrogations du dernier survivant quant à la source des créateurs) m’a laissé entrevoir une possible rébellion des hommes en face de leurs créateurs. Bandant, surtout qu’ici c’est sans Sam Worthington qui joue mal. Ce qui fait des hommes une race créée par la volonté d’un seul être dont on ignore les motivations, si son geste était commandé ou volontaire. Et le personnage de Naomi n’est que le personnage le plus présent à l’écran (entre parenthèse, je trouve un poil dommage qu’elle exige à peine une minute après avoir appris qu’elle était enceinte d’avoir recours à l’avortement, ça fait un peu expéditif pour un personnage catho). Les autres tirent aussi largement leur épingle du jeu. Charlize Théron parvient parfaitement à donner de la carrure à son rôle de dominatrice en puissance (injustice : la seule scène de sexe du film qu’on nous promettait avec elle ne sera pas filmée…), qui désapprouve la mission pour des motifs qui ne seront révélés que pendant le dernier acte et qui feront surgir une question qu’on n’avait pas envisagé jusqu’à lors : peut-on vaincre la mort ? Riche de toutes ces thématiques, le film s’offre en plus le luxe de s’attarder sur le personnage de David, l’androïde joué par Fassbender, qui se révèle être une personnalité assez trouble. On sent en effet qu’il est une création de l’homme, mais face aux rares hommes qui le traitent comme un objet, il fait preuve de bribes de sentiments. Un peu de mépris, un peu de cynisme… Un personnage tout en finesse donc, qui se base sur des lois complètement en dehors des canons Aasimov et qui viennent encore enrichir les pistes intéressantes (il commencera lui aussi à jouer avec la création de nouvelles formes de vie). Mais c’est surtout la capacité du film à surprendre qu’il sera bon de noter. Créant un univers captivant et fonctionnel, il est impossible de prédire le déroulement des évènement, et si la collision entre deux vaisseaux était annoncée, elle n’arrivera que vers la fin, et encore, le climax ne retombera pas vraiment à partir de là… Clairement, on stresse, la situation prend de l’ampleur, en nous offrant parfois des plus qu’on n’attendait plus (je pense à la séance d’extraction de fœtus, un vrai moment d’angoisse diablement réussi et jamais tenté jusqu’à lors…). En bref, Prometheus, ça troue le cul, et sans pomper Alien ! Et on recommande aux spectateurs de rester jusqu'à la fin du générique...

 

5.5/6

 

2012
de Ridley Scott
avec Michael Fassbender, Charlize Theron

 

http://www.scifinow.co.uk/wp-content/uploads/2012/05/Prometheus-movie-review-Alien.jpg

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 11:20

http://www.kurosawa-cinema.com/images/Critique/BabyCartIVCover.jpg

 

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http://mskstatic.com/386/515/medias/photos/programmes/moins_de3390000/3363594/baby-cart-vol-6-le-paradis-blanc-de-l-enfer.jpg

 

Volume 4, L’âme d’un père, le cœur d’un fils : le quatrième opus de la saga du parcours d’Ogami Itto est, avec le 3, le moins passionnant des Baby Cart. Ceci est essentiellement dû au fait qu’il est, comme le 3, dans la lignée des Baby Cart, faisant gentiment grimper les enjeux sans pour autant transcender le matériau. Ainsi, nos nouvelles aventures avec Ogami s’intéressent d’abord au cas d’Oyuki, une femme tatouée, habile meurtrière qui n’hésite pas à dévoiler sa généreuse poitrine pour déconcentrer l’adversaire et l’occire sans délais. Un des adversaires les plus connus de la saga Baby Cart, certes charismatique pour son passé (son entraînement n’a pas été de tout repos, son maître profitant de faiblesse pour la violer : voilà un homme qui donne de sa personne pour insuffler de la détermination chez ses élèves), mais finalement plus impressionnante quand elle est seule à l’écran qu’en face d’Ogami Itto. Leur face à face final me semble d’ailleurs un peu brusque du fait de l’îconisation de nos deux personnages (on était en droit de s’attendre à un spectacle plus fort les concernant). Mais sinon, le film ne rechigne pas à nous donner quelques belles séquences de combats, ainsi qu’un dernier acte qui commence à miser sur les explosifs avec des couleuvrines sympathiques et quelques bombes artisanales. Mais la faiblesse du 4 consiste aussi dans le manque de fond sentimental ici dévoilé. Le début du film se focalise énormément sur Daigoro, qui commence à prendre un peu du caractère de son père (sa débrouillardise leur ayant déjà sauvé la vie à tous les deux). Ici, il affiche encore une belle détermination pour son jeune âge en faisant un peu de route seul (ayant perdu son père), et ne reculant pas devant la menace d’un feu de plaine. Un sang froid qui ne manquera pas d’impressionner un samouraï errant, ancien adversaire d’Ogami Itto pour le titre de bourreau du Shogun (un des rares flash back explicatifs de la saga), déshonoré suite à une erreur pendant le duel qu’il remporta (pendant le combat, il pointait son sabre vers le Shogun, une injure au pouvoir), et désireux d’obtenir réparation au cours d’un duel avec le père Itto. Un personnage parallèle à l’intrigue (qui consistera à tuer Oyuki puis à se débarrasser des sbires Yagyu) qui apporte un intermède sympathique, mais très semblable à celui du précédent samouraï errant dans l’opus 3. A noter un petit corps à corps entre le chef des Yagyu et Ogami au final, mais si les blessures infligées sont sérieuses, la confrontation reste très anecdotique. Finalement, si ce quatrième opus n’est pas décevant (l’esthétique bénéficie toujours d’un grand soin, on notera aussi un combat assez gore dans un temple avec des Ninja déguisés en statues), il m’a semblé un poil routinier dans sa formule, et peu développé au niveau des personnages qui continuent sur la même longueur d’onde. Bon, mais les opus suivants vont enfin faire remonter la barre…

 

4/6

 

1972
de Buichi Saito
avec Tomisaburo Wakayama, Yoichi Hayashi

 

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Volume 5, Territoire des démons : Avec cet opus, la saga prend un bel envol, l’esthétique s’annonçant dès le départ comme un vrai bonheur, annonçant une palette de couleur très vive et nous offrant de superbes séquences (mention spéciale au marché qui est un régal pour les yeux. Le script se permet ici de l’originalité dans l’annonce de sa mission. Jusqu’ici, il s’agissait d’un responsable haut placé (souvent le chef d’un clan) qui donnait une mission à accomplir… Ici, nous avons un premier samouraï qui combattra Ogami, et qui une fois battu, lui donnera la somme et une première partie des informations concernant la mission avant de mourir. Pour avoir la suite des instructions, Ogami devra identifier d’autres membres du clan, et les combattre avant qu’ils ne lui livrent le reste des informations nécessaires à sa mission. Déjà, le spectateur a donc un regain d’intérêt pour la formule, celle-ci nécessitant dès lors une certaine attention. Et quelle bonne surprise que de constater que cette mission fait grimper les enjeux : le seigneur du clan en question est officiellement un homme. Mais en réalité, l’héritier du poste est une jeune fille qui porte un nom de garçon. Pas de problème en bas âge, mais la puberté arrivant, le subterfuge risque d’être découvert par le Shogun, qui n’hésitera pas alors à annexer le fief. La première fuite d’info est déjà identifiée, dans une lettre sensée être remise au Shogun en personne. Et voilà notre Loup à l’enfant à la poursuite d’un convoi religieux traversant le territoire pour apporter la lettre au suzerin. On est d'ailleurs vite rassuré sur le fait que les combats gagnent encore en figurants, continuant dans la lignée du précédent opus (la bataille finale était riche en figurant, celle du 5ème opus se révèlera plutôt sobre, à l’image de celle du premier épisode, mais pas avare en effets gores), c’est bel et bien avec l’esthétique globale de l’œuvre que le film gagne de très hautes cimes dans le domaine du divertissement, cet opus devant être tout simplement le plus beau de la saga. Flamboyant, magnifiquement éclairé, n’hésitant pas à donner dans la complexité avec un combat sous-marin qu’on estime particulièrement difficile à tourner (sincèrement, un assassinat en perçant une coque de bateau, puis un combat sous marin entre ninja). Magnifique du point de vue formel, la bande sonore accompagnant merveilleusement le tout. Mais c’est au niveau des protagonistes, et plus précisément de Daigoro que le film touche juste. En effet, si dans l’épisode précédent, sa détermination était mise à l’épreuve, il fait ici preuve d’une belle humanité en subissant la punition d’une voleuse (afin de lui épargner le calvaire). Une sorte de remake du 3, mais en la personne de Daigoro, les personnages étant ici très bien dépeints. Si les combats prennent un peu de plomb dans l’aile, l’opus parvient très bien à compenser par l’utilisation d’une formule un peu plus dynamique, et c’est clairement l’opus qui possède les meilleurs décors. Un vrai bonheur, qui sera conclu en beauté par le sixième épisode.

 

4.8/6

 

1973
de Kenji Misumi
avec Tomisaburo Wakayama, Michiyo Ookusu

 

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Volume 6, le paradis blanc de l’enfer : Le meilleur de la saga avec l’épisode 2 ! Tout simplement. Conscient de repartir d’un très bon pied, le sixième opus conserve l’exigence esthétique du cinquième film en poussant les enjeux encore plus loin. Jusqu’ici, la trame du film était restée « réaliste », dans la mesure où elle ne faisait intervenir que des soldats aux compétences martiales variées. Mais depuis quelques épisodes, le clan Yagyu s’est quelque peu dépeuplé. Tous les fils du chef Yagyu sont morts. Il ne reste plus que leur fille, une lanceuse de couteaux particulièrement efficace. Elle se fait donc assez rapidement estourbir par Ogami, ce qui pousse le clan à aller quérir un fils illégitime, banni sur une montagne et ayant appris l’art de manipuler la magie. L‘incursion de la saga dans le fantastique ajoute indubitablement du cachet à l’œuvre, qui ne se contente maintenant plus de combattre simplement des humains. Nous avons des cadavres, ressuscités par le clan des Mygales, qui vont se mettre à harceler non pas Ogami et Daigoro, mais toutes les personnes qui croiseront leur chemin… Sans jamais s’attaquer à eux. Chacun de leur arrêt signe alors la mort de tous les innocents qui se trouvent dans le périmètre. Une guerre psychologique intense, le film ne lésinant pas sur les scènes de carnages, et montrant les zombies comme une menace difficilement délogeable (ils rampent dans le sol, les effets spéciaux sont excellents). Mais une fois la parade trouvée (dans un sol gelé (et très dur), les cadavres ne peuvent creuser), le combat à armes égales arrivera. Mais c’est la bataille finale qui viendra transcender le tout. Avec une centaine d’hommes en ski, le film peut se targuer de nous offrir un dernier acte palpitant, la rage d’Ogami lui permettant de faire face à une centaine de soldats skiant à toute allure vers lui. Pour le coup, son arsenal habituellement planqué dans son landau connaît une évolution technologique notable, étant maintenant équipé d’un ancêtre de mitrailleuse. Toutefois, la fin ne conclut pas vraiment, le chef parvenant à s’enfuir, la vengeance étant donc incomplète. Dommage pour ce sentiment d’inachevé, mais en l’état, ce film est un défouloir d’action qui termine véritablement sur un bouquet final. Une saga pareille, on aimerait en voir tous les ans…

 

5/6

 

1974

de Yoshiyuki Kuroda

avec Tomisaburo Wakayama, Akihiro Tomikawa

 

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 13:02

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Ce soir, programme commando avec 3 films sensés se repomper un peu les uns les autres suivant leurs dates de sortie. Autant dire que je n’ai pas fait les choses à moitié, puisqu’en l’espace d’une soirée, le programme a été chargé : Les douze salopards, suivis de Inglorious bastards de Castellari, escortés par Inglorious basterds de Tarantino…Un vaste programme, qui m’a tout d’abord permis de relativiser sur le dernier film en date de Tarantino, qui varie les plaisirs. La découverte de Inglorious Basards m’a en revanche surpris, le film parvenant assez sympathiquement à se démarquer de son prédécesseur Les douze salopards par une vadrouille de déserteurs périlleuses, qui va les amener à aider la résistance française pour passer en suisse. Un numéro qui m’a parfois rappelé les tribulations de la Septième compagnie, mais avec des héros américains charismatiques et beaucoup de gunfight réjouissantes. On rajoute à ça des effets spéciaux qui puent la maquette à plein nez, et on obtient le spectacle action/humour promis. Quant aux douze salopards, grand classique du cinéma, il remporte sans surprise la palme, parvenant à concilier un humour réjouissant (les vannes sur l’armée américaine n’y vont pas de main morte) et un climat commando plutôt efficace sur une durée de 2h20, le film se révèle être le meilleur du lot pour sa formule originale et toujours réaliste.

 

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Les douze salopards : monument du cinéma d’action des années 60, les 12 salopards a un statut de classique, fréquemment cité par les réalisateurs qui associe humour et action militaire : Tarantino l’a immédiatement cité comme inspiration, et on verra qu’en effet les points communs entre eux sont nombreux. Les douze salopards, c’est à la base une idée farfelue du QG militaire américain : monter une équipe de commando avec des condamnés à mort pour une mission suicide : le nettoyage d’un château français rempli d’officiers nazis. Un objectif dévoilé tardivement, qui nous permettra d’abord de nous familiariser avec les différents membres du commando. En effet, la grande force du script est de laisser la part belle à tous les personnages, et de réussir pour chacun leur personnification. Un vrai soin du caractère est apporté à chaque personnage (de Vladislo et ses pensées psychologiques mutines à Maggott et son aversion divine pour les femmes), ce qui nous fait prendre immédiatement en sympathie ces condamnés à mort (ou à de lourdes peines), qui vont devenir de vrais durs. La sympathie provoquée par le film repose d’ailleurs sur un délicat équilibre. Certes, l’essentiel du film est une formation militaire intensive, mais l’humour constant de l’entreprise sabre régulièrement l’armée régulière. Nos salopards se moquent littéralement de l’armée et de ses manœuvres chaque fois qu’ils le peuvent, et n’hésitent pas à se lancer dans la castagne avec ces derniers. Clairement, la première heure et demi tient beaucoup de la comédie en nous rapprochant du groupe des salopards et en nous les montrant comme de vrais hommes, qui ne se lavent pas et qui sont capable de manœuvres physiques impressionnantes. Ainsi, la mission test en pleines manœuvres militaires se révèle être un régal, notre commando parvenant à élaborer des stratégies payantes tout en vannant l’armée (et plus particulièrement ses officiers) de quelques blagues bien senties. La formule marche incroyablement bien, jusqu’à ce que le plan en question arrive sur le tapis. Et là, le film se pare d’un sérieux qui impressionne. Abandonnant presque complètement le registre de l’humour, le film se concentre sur son action avec un souci de réalisme qui tranche avec la bonne humeur jusqu’ici présente, instaurant par moments de véritables séquences de suspense. Et la psychologie de certains personnages vient alors enrayer les plans jusqu’ici bien rodés de notre commando. En bref, les dernières minutes délivrent un spectacle stressant et bien loin de la comédie jusqu’ici au programme. Si La grande évasion avait peiné à me convaincre avec cette formule, Les Douze salopards réussissent avec brio, n’ayant pas volé leur réputation de référence dans le genre, un incontournable qui ne prend pas à la légère l’appellation « divertissement » et qui exploite merveilleusement son casting de prestige.

 

5.5/6

 

1967
de Robert Aldrich
avec Lee Marvin, Ernest Borgnine

 

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Inglorious bastards : Voilà véritablement la surprise de la soirée, qui parvient à surprendre tout en offrant un spectacle réjouissant, et une formule en tout cas originale, vu qu’on s’attendait à des inspirations du précédent chef d’œuvre. Le film de Castellari s’accorde plus de libertés. En effet, les personnages principaux du film sont des déserteurs de l’armée américaine, prisonniers dans un camp en France en plein département des forces américaines. Les mutins, tenus par les troupes des Alliés, sont transférés vers un tribunal militaire. Mais au cours de leur transfert, leur convoi est attaqué et détruit par un avion allemand. Inglorious bastards, c’est donc l’histoire de déserteurs qui vont tenter de rejoindre la Suisse en traversant la France, où le danger vient à la fois des troupes allemandes et des troupes alliées, autorisées à exécuter les déserteurs. Voilà un potentiel pour un film d’aventure sobre et suffisamment bien exécuté pour s’attirer la sympathie du public. Si la pose des caractères est à la va-comme-je-te-pousse, on identifie assez vite les personnages attachants, et c’est avec nos déserteurs que nous allons entamer un périple long et périlleux, qui ne sera d’ailleurs pas avare en pyrotechnie. C’est sur ce point que le film se révèle surprenant : il a bénéficié de suffisamment de budget pour s’autoriser l’usage de beaucoup de matériel militaire, nous gratifiant de très nombreuses gunfights qui viendront épicer les nombreux arrêts de notre troupe. Toutefois, et il est important de le souligner, pas mal d’effets spéciaux qui auraient coûté cher sont réalisés sur des maquettes. Les maquettes en elles-mêmes sont réalisées avec soin, mais les ralentis des explosions sont parfois hasardeux, et surtout les flammes trahissent immédiatement les incrustations (réussies). Dommage, le dernier acte nous offrant l’explosion d’un convoi ferroviaire, sensée être impressionnante mais ayant aujourd’hui mal vieillie. Toutefois, si l’intrigue est parfois un peu abracadabrante, le scénario est suffisamment malin pour explorer des pistes intéressantes, comme celle du soldat allemand lui aussi déserteur qui rejoint le groupe et propose de les guider (assurant ainsi une couverture en cas de rencontre avec les soldats nazis). Les camps disparaissent pour les mutins, et les concepts de cohésions de groupe sont quant à eux fluctuants (ainsi, certains bastards essayeront de fuir en donnant le reste du groupe). Ce parcours de déserteur est imprévisible, aléatoire et par conséquent, leur parcours comporte leur lot de temps forts et de suspense, chaque arrivée de soldat déclenchant une bouffée de stress. Heureusement, le film ne s’attarde pas trop dans cet état de risque perpétuel, puisque par un concours de circonstance, nos gaillards sont bientôt recueillis par la résistance française (la présence d’un noir dans leur rang sera d’ailleurs déterminante), qui les embarque dans des missions de sabotages, auxquelles ils participeront (cela les rapprochant de la frontière). Se ménageant une petite digression dans une forteresse française encore tenue par les nazis (avec évasion en tyrolienne), le film a au final tous les ingrédients nécessaires à un bon divertissement de guerre, ne négligeant pas non plus l’humour. Moins agressif que Les douze salopards vis-à-vis de l’armée, mais avec quelques bons moments qui pourront marquer les esprits (la séquence assez drôle des allemandes nues sur lesquelles se jettent les bastards, mais qui hurlent en voyant le noir de l’équipe…). Si le résultat a aujourd’hui un peu vieilli, Inglorious Bastards n’a rien à envier à son (faux) remake de Tarantino, le résultat se révélant être un très agréable divertissement, qui pourrait être comparé à une sorte de Septième compagnie avec beaucoup moins de vannes et beaucoup plus d’action.

 

4.4/6

 

1978
de Enzo G. Castellari
avec Bo Svenson, Peter Hooten

 

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Inglorious Basterds : Nous en arrivons enfin à l’œuvre de Tarantino, un cru intéressant, et le premier qui m’a fait peu à peu fait revoir mes positions sur ce réalisateur talentueux, mais trop conscient de ses qualités. Tarantino a du talent pour faire ses films, c’est indéniable. Mais sa formule « hommage » a tellement bien marché ces dernières années qu’on en vient à douter de la capacité du cinéaste à innover, à faire autre chose que du dépoussiérage de classique. Ainsi, la comparaison entre Inglorious basterds et les Douze salopards est évidente, les trames se ressemblant beaucoup. Ainsi, nous avons ici le sergent Aldo Raine qui part avec un commando de Juifs américains dont les seuls objectifs de mission sont de tuer un maximum de nazis. C’est sommaire, mais suffisamment large pour promettre un peu d’action. Cependant, en termes d’humour, le film est ici beaucoup plus sobre, sans compenser ce vide par autre chose que des dialogues qui s’étirent (mention spéciale à la scène de l’auberge, qui compte parmi les plus longues du film). Et en termes d’action, on ne peut pas dire que tout soit palpitant. Malgré quelques moments bien sentis, Tarantino laisse parfois la caméra tourner avec des dialogues pour faire passer la pilule. Seule la dernière scène nous offre un peu de pyrotechnie et de gunfight (celle du milieu étant une petite escroquerie, qui tente de faire de l’humour en supprimant en 30 secondes la moitié du casting, ce qui relève du gâchis vu que ces  personnages comptaient parmi les plus attachants du groupe de par leur classe). Et pour l’acte final, la forteresse des Douze salopards se trouve ici changée en cinéma, une tentative de modernisation « populaire » du script sensée marquer un peu plus de connivence avec le public. Mais si Inglorious Basterds est parfois pompeux et pas tellement original, il possède des arguments qui plaident en sa faveur. Le casting brasse d’excellents acteurs, certains parvenant très bien à donner vie à leur personnage (Til Schweiger en Hugo Stiglitz est un des meilleurs, Michael Fassbender est excellent, Christoph Waltz domine clairement le film, volant pratiquement la vedette à Brad Pitt, pour le coup en dessous des rôles de folie qu’il a parfois joué…). La reconstitution d’époque est une merveille, la musique est toujours aussi soignée, et surtout, le film gagne en puissance au cours de quelques scènes bien senties qui font littéralement décoller l’ensemble à plusieurs reprises. L’introduction en est le plus brillant exemple, parvenant en une vingtaine de minutes à planter le colonel Hans Landa en un SS intelligent et manipulateur particulièrement dangereux pour le reste du film. Une scène d’une belle intensité (qui ne montre pas de cadavres) et qui augure tout simplement du meilleur pour la suite (où ça se gâte un peu). La seconde est pour moi l’interrogatoire du sergent Werner Rachtman (campé par un Richard Sammel en bonne forme), un personnage qui émerge largement dans les rôles nazis du film, car il fait preuve de bravoure. Par l’évocation de sa croix de fer et par sa résistance en face de l’ennemi, le personnage a des qualités morales évidentes. Mais il est nazi et donc il finit la tête explosée à la batte de base-ball par Eli Roth. Pour la première fois du film, un nazi affiche un caractère fort dans des circonstances inattendues. Seuls deux autres personnages émergent du block nazi (en excluant Hans Landa qui reste excellent du début à la fin) : un petit Goebbels et Fredrick Zoller (Hitler étant réduit à un vague excité comique à chacune de ses apparitions, gesticulant et éructant pendant chaque seconde). Goebbels apparaît ici comme un personnage un poil chétif, imbu de lui-même et soucieux plus que toute autre chose de plaire au Führer. Une orientation qui prend un peu ses distances avec la réalité (Goebbels ayant été de loin le meilleur conseiller d’Hitler et l’un des principaux responsables de son ascension au pouvoir), et qui se révèle peu intéressante au-delà du cabotinage. En revanche, on touche avec Fredrick Zoller à la propagande, un sujet qui aurait largement mérité un développement au vu de tous ces dialogues inutiles… Le soldat Zoller a commis un acte de bravoure : il s’est perché dans un clocher avec des munitions et a fait feu sur l’ennemi, liquidant 300 de ses hommes et parvenant à transformer une défaite en victoire. Le potentiel d’une telle idée est fascinant, puisqu’on se rend compte à la fois pourquoi le gouvernement nazi veut l’ériger en héros, et pourquoi, lui, parle de son acte rarement avec passion, et au détour de quelques plans avec amertume… C’est clairement un simple acte de survie (plus de notion de camps belligérants, il a fait ça simplement pour ne pas être tué) qui est détourné par la propagande pour ériger un culte d’une personnalité ayant servie la cause nazie. S’ouvrait alors une porte magnifique sur le chapitre de la propagande et tout ce qu’elle avait de pervers, d’insidieux (le meilleur exemple doit être le film « Le juif Süss » de Veit Harlan, un film magnifiquement exécuté (bons acteurs, beaux décors…) au service d’une idéologie s’achevant sur l’élimination des têtes pensantes juives et sur l’enfermement des populations juives dans les ghettos : rien d’asséné, tout est induit progressivement par le film, qui prône les bases de la Solution finale). Mais ici, le film n’ira hélas jamais plus loin, préférant se focaliser sur la pseudo-romance avec Shoshanna, rescapée des traques d’Hans Landa. On tient ici le personnage du film que je déteste. Si le jeu de Mélanie Laurent s’avère convaincant pendant les rares situations de stress, elle a tout simplement l’air de mépriser tous les interlocuteurs qu’elle croise. Certes, son personnage est juif et elle a connu  une des pires atrocités commises en temps de guerre, mais ses moues dédaigneuses et son constant regard de bas en haut m’ont rapidement agacé et fait prendre son personnage en grippe. Elle est traitée comme une résistante prête à en découdre pour détruire les nazis, mais elle sonne faux quand ils lui parlent. Elle semble être le personnage qui croit que sa souffrance lui donne raison, et si son plan est en effet un acte de résistance audacieux, je ne supporte tout simplement pas son caractère (mais ça doit avoir surtout un rapport avec l’actrice, j’aborderai prochainement des films où elle joue). En tout cas, son attitude avec Zoller m’avait agacé lors de la découverte du film, Shoshanna ne faisant jamais l’effort d’accorder du crédit aux nazis qui lui parlent (alors que Black Book en montraient certains comme de très honnêtes soldats qui avaient rejoint le régime par convention). Une belle déception, quand on voit ensuite le personnage de Zoller complètement sacrifié lors de sa sortie du film, abattu dans le dos par cette prétentieuse (en parlant comme un nazi l’instant d’avant ? une chose qu’il n’avait jamais fait jusqu’alors). Un beau gâchis pour du matériau qui aurait pu se révéler en or. On passera rapidement sur Bradd Pitt, que ma sœur caricature très bien (Yeah mother fucker ; we’r’g’ing kill fuching nazis ! yeah mother !!). au final, Inglorious basterds est un film intéressant, pas dénué de qualités formelles et d’acteurs, mais relativement peu original au vu des modèles énoncés et de ses moments de bravoure. En fait, c’est un peu la prétention de Tarantino et de son équipe avec ce film (les dialogues, certains personnages, la scène de maquillage de Mélanie Laurent) qui m’a fait revoir mes avis à la baisse sur ce cinéaste certes très capable, mais peu inspiré en dehors de ses références et peinant à insuffler quelque chose de nouveau (certains considèrent ça comme une qualité, mais je ne suis pas vraiment de cet avis). Un cru un peu surestimé à mon goût, mais regardable.

 

3.7/6

 

2009
de Quentin Tarantino
avec Brad Pitt, Mélanie Laurent

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 18:20

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Cosmopolis ! Le dernier Cronenberg en date s’annonçait pour le moins sulfureux, au vu de sa tête d’affiche (Pattinson dans un Cronenberg, voilà qui a de quoi faire fantasmer) et de son script pour le moins déroutant. Une sorte de trader qui traverse une ville qui peu à peu cède à l’anarchie. On sent venir une critique virulante du système boursier, avec la touche Cronenberg en plus (l’aspect sexuel du film par exemple). Avec une esthétique hype dévoilée dans les bandes annonces, le tout avait le potentiel pour devenir une œuvre chiante ou une démonstration de savoir faire revenant sur les traces des premiers amours du réalisateur. Le constat : c’est une œuvre chiante.

L’histoire : un trader veut traverser une ville (le monde) pour aller se faire faire une coupe de cheveux. Pendant ce temps se succèdent dans la voiture ses employés qui lui apportent peu à peu de mauvaises nouvelles sur le Yen, une monnaie en train de s’effondrer en ébranlant les fondations de l’entreprise gérée par le trader.

 

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Vraiment, on savait que Cronenberg s’éloignait de ses fondamentaux. Ses trois derniers films ont suscités des débats sur leur nouvelle forme, sur la psychologie qu’ils abordaient… Mais ici, si on voit les symboles que Cronenberg utilise et les messages qu’il veut faire passer, le tout est d’une lourdeur qui fait soupirer bien des fois quand on découvre le film. C’est simple : l’argent perd de plus en plus de sa signification, il représentait quelque chose, mais à force d’être calculé, de spéculer, de taxer des taux d’intérêts… il en a perdu toute valeur (le dialogue absurde faisant du rat une monnaie d’échange, puis on retrouvera bien des fois le symbole du rat). Les agences bancaires perdent peu à peu la notion du temps. Elles veulent détruire le passé et bouffer le présent (cette insistance sur les échelles de temps qui ne cessent de rétrécir, passant à la micro-seconde, à la nanoseconde…) pour étudier l’argent scientifiquement, en faire quelque chose d’ultra prévisible afin de savoir comment gagner plus. La perception du temps (et de l’argent) a changée, et le film insiste lourdement sur cette mutation au cours d’un dialogue passionnant d’une dizaine de minutes. Et au fur et à mesure que la crise financière se fait plus nette, la cité qui entoure la voiture se dégrade, les bâtiments tombent en ruine, les anarchistes envahissent les rues… Les agences bancaires qu’on voyait par les vitres deviennent des banlieues crasseuses… La voiture, monde etriqué et déconnecté du réel, avançant dans un monde en plein effondrement. Et le film tape aussi sur la notion d’originalité, montrant que ce n’est pas le premier individu découvrant quelque chose qui est original, mais quand un individu découvre une chose par lui-même. Et le film de faire intervenir différents personnages  qui jouent chacun leur rôle (la femme du trader qui pourrait être une métaphore des gouvernements mettant leurs caisses au service des banques, le garde du corps à la montre bling-bling comme un organisme dépendant de la survie des banques..), jusqu’au salon de coiffure où d’anciens chauffeur de voiture parleront du passé sous un angle nostalgique. Mais le final, c’est le Trader en face d’un homme insignifiant qui veut le tuer. Une occasion pour Cronenberg de confronter un citoyen lambda (ici, un employé qui avait été révulsé par l’omniprésence des chiffres, qui tenaient à prédire toutes les anomalies, à modéliser chaque mouvement monétaire). C’est ainsi que nous sera enfin délivré le message du film : la modélisation, la symétrie, n’est pas la bonne manière d’appréhender l’argent, c’est dans son imperfection, dans ses brutales sautes d’humeur qu’il faudrait se plonger. Cronenberg n’est pas à court d’idées, ça saute aux yeux. D’autant plus que les acteurs ont l’air d’y croire et jouent leur rôle à fond. Mais rarement sa réalisation aura été aussi pompeuse, aussi lourde et pesante à suivre. Les dialogues sont un véritable casse tête, un truc qui oblige à réfléchir énormément pour en tirer la substantifique moelle. Mais ils jouent beaucoup sur l’absurde (à l’image du système bancaire qui s’éloigne de plus en plus de la raison), et par conséquent, dans la même conversation, les protagonistes changent toutes les minutes de sujet de discussion, ce qui ne favorise vraiment pas la compréhension des messages du film. Et cela s’étale sur toute la durée. Jusqu’à la fin, où en guise de final, on aura droit à un dialogue qui part dans tout les sens sans faire exploser le contenu du film (on penserait au final de Videodrome, mais sans le côté anarchiste ; un pétard mouillé), dont on retiendra simplement que le gars a posé ses chiottes au dessus d’un trou et que sa merde part à l’étage du dessous sans qu’il s’en soucie… Cronenberg veut remettre à leur place les « victimes » de la crise, mais le tout se retrouve noyer dans des discours verbeux complexifiés à l’absurde, qui alourdissent constamment le film plus qu’ils ne le servent. Clairement, ce nouveau cru de Cronenberg sent le pétard mouillé, le faux brûlot, étouffé par son intelligence qui intellectualise trop le propos (la chair consiste ici simplement en un toucher rectal révélant l’imperfection de la prostate du Pattinson : un moment comique assez étrange qui déssert le propos, le comique nous éloignant de la valeur de l’exemple). Bien dommage d’avoir dépensé un billet pour le découvrir…

 

1.7/6

 

2012
de David Cronenberg
avec Robert Pattinson, Juliette Binoche

 

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 16:42

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Les films de sabre sont une catégorie du cinéma asiatique que je connais très mal. Pour ainsi dire, mon unique référence est pour le moment la saga Baby Cart, que je viens de terminer au complet. Six films d’une heure et quart en moyenne pour retracer le parcours d’Ogami Itto, bourreau du Shogun, qui, trahi par le clan Yagyu et tombé en disgrâce devant le Shogun, se retrouve traqué par les assassins du clan manipulateur. Une saga très riche, qui prend un soin énorme à filmer ses décors et à mettre en scène ses personnages. Inutile d’attendre un film d’action, les enjeux ne se situent pas là. Tarantino a cité plusieurs fois comme référence la saga, probablement pour son pilier central sur la vengeance. Ogami Itto, humilié, dépossédé de ses biens et traqué comme un animal, va se venger, entraînant son fils à sa suite et n’hésitant pas à dégainer son sabre en cas de menace. Une saga violente et conçue avec un soin qui attire immédiatement notre intérêt. A titre indicatif, voici mon ordre de préférence des épisodes, du meilleur au moins meilleur : 2/6/1/5/4/3.

 

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Volume 1, le sabre de la vengeance : Avec un titre pareil, on sait à quoi s’attendre. Baby Cart a une énorme qualité par rapport aux séries : il est d’une fluidité scénaristique et chronologique limpide. En l’espace d’un épisode, le personnage est planté, et tous les ingrédients qui feront le pain quotidien des futurs épisodes s’y trouvent réunis. On commence avec le personnage d’Ogami Itto, un bourreau officiel qui s’acquitte de sa tâche avec un réel sens de l’honneur et du respect de ses victimes. Le personnage devient immédiatement attachant, faisant preuve d’une grande déférence, mais aussi d’une détermination à toute épreuve. Un caractère en acier trempé qui donne tout de suite le ton : notre protagoniste principal est tout sauf un rigolo. Aussi, le voir évoluer comme un vagabond étonne, jusqu’à le premier (des deux) flash back du film qui englobera d’un coup tout le passé proche du personnage, donnant toutes les explications et tout le nécessaire. Une genèse sobrement gérée en une heure et quart, avec tout ce qu’il faut de détails pour bien saisir les nuances. La charge de bourreau officiel est convoitée par le clan Yagyu. Ces derniers organisent un coup monté si révoltant et lâche qu’Ogami Itto entre dans une fureur noire et tranche des bras à tous les gardes armés présents sur place. Précisons que les effets gores du film font dans la surenchère, ce qui donne des scènes de combat rapides, violentes, à l’esthétisme notable (la lisibilité est limpide). En posant la vengeance comme véritable moteur de la saga, le film s’assure d’un dynamisme sympathique et d’une amoralité qui renforcent le sentiment de spectacle. Avec de purs moments de cinéma, comme la séquence du second flash back qui laissera Daigoro (le fils rescapé d’Ogami) en face du choix de la mort ou de la vengeance aux côtés de son père. La relation père-fils qui les unit prend alors une teinte étrange, Ogami les considérant désormais comme des démons vengeurs qui ne craignent plus la mort. On tient un héros qui ne reculera pas. Voici pour les bases du personnage, et maintenant, voilà pour sa nouvelle vie ; en effet, Ogami est devenu un assassin en prenant « la voie de l’enfer ». Il devient donc par le même coup un tueur à gage, et se faisant appeler Le tueur à l’enfant, il commence à accomplir des missions d’assassin pour les clans qui décident de l’employer. Ainsi, ses services sont loués pour exécuter une troupe de samouraï vagabonds qui tendaient une embuscade au clan employeur, dans une station thermale. Les lieux sont magnifiques, les personnages font diablement penser aux codes du western, et les affrontements tiennent largement leurs promesses. On remarquera que le film ne rate pas une occasion pour affirmer la carrure d’Ogami comme un monolithe d’une volonté à toute épreuve. Cela se verra au cours de la scène érotique avec la prostituée, scène d’ailleurs filmée avec une certaine grâce (préférant les fondus oniriques se superposant plutôt qu’un érotisme plus direct) qui suggère beaucoup plus qu’elle ne montre. Et si la scène, longue, s’étale, c’est pour mieux nous faire remarquer qu’en situation de menace, Ogami est encore capable d’être un amant vigoureux. Plus viril que ça, on vous met au défit de trouver ! En un épisode, le film annonce déjà le menu : du frittage avec le clan Yagyu et une mission d’assassinat commanditée par un clan neutre. Un vaste programme plein de possibilité, entamée ici par une introduction très réussie.

 

4.5/6

 

1972
de Kenji Misumi
avec Tomisaburo Wakayama, Masahiro Tomikawa

 

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Volume 2, l’enfant massacre : Ah, un vrai petit bijou que ce second volet, qui se révèle tout simplement être mon préféré de la saga. Le premier volume posait des bases excellentes et annonçait une saga mêlant intrigues, aventures, évolutions de personnages et voyage dans un Japon féodal peuplé de samouraï. Ce que le premier film nous réservait en révélations sur ses deux personnages principaux (Ogami et Daigoro Itto), il les transforme ici en séquences d’action, tout du moins en scènes de combat impressionnantes, qui ne lésineront ni sur le gore, ni sur l’inventivité. Avec l’intervention de ninjas comme assassins mandatés par les Yagyu, le film prend des allures jubilatoires, sacrifiant carrément le réalisme sur l’autel des chorégraphies rythmées et lisibles. Se ménageant des séances de combats qui virent sur le carnage tant le sang coule, le film assoit définitivement son goût pour le divertissement, passant ici par des combats d’une belle ampleur (l’esthétique est ici encore magnifiquement gérée). Définitivement, la saga se rapproche du « western », confrontant régulièrement les caractères de ses personnages, et les faisant d’affronter avec des armes blanches plutôt qu’avec des colts. Le dépaysement est toujours de mise dans ce volet, qui se contente de donner des enjeux et de les traiter avec un sérieux notable. Ainsi, avec le massacre des Ninjas, le clan Yagyu va-t-il essayer de s’en prendre à Daigoro pour détruire le moral de son père. Cliché, mais oh combien efficace quand il s’agit de mettre sous pression le spectateur… Mais c’est la relation entre Daigoro et Ogami qui fait un bond en avant avec cet épisode. Ogami, sévèrement blessé suite à sa confrontation avec les ninjas, n’a que la force d’aller se cacher dans une maison isolée avant de s’évanouir. Et voilà Daigoro, un mioche de 3 ou 4 ans, livré à lui-même avec un père à l’agonie. Notre bout de chou se charge alors de trouver de l’eau et de la nourriture pour le remettre sur pied. Un passage qui montre déjà la volonté naissante de Daigoro, et son éveil à la spiritualité (la scène avec les offrandes à Bouddha est assez touchante à ce niveau). Le fils sauvant le père. Les deux êtres sont maintenant liés, chacun ayant sauvé la vie de l’autre. Pour ce qui est de la mission, nous aurons ici affaire à une bande de trois assassin particulièrement meurtriers, venus capturer et livrer au Shogun un des détenteurs du secret de l’indigo. Le clan employant Ogami détenant le secret de fabrication de ce pigment rare commande l’exécution du bavard, et notre Ogami va avoir affaire à forte partie. Ce qui sera l’occasion de suivre de magnifiques combats dans un désert et d’avoir de véritables tableaux filmés. Mû par une efficacité qui se concentre sur les deux principaux objectifs du film, ce dernier n’hésite pas toutefois à faire référence à son prédécesseur. Il est d’important de noter que l’attaque de la maison d’Ogami avait été précédée par le retentissement des cloches de pélerins. Aussi, à chaque fois que cette cloche résonnera dans le film, le temps semblera suspendu, Ogami s’attendant à une attaque et le spectateur restant tendu, guettant le moindre signe… Excellent prolongement du premier épisode, l’Enfant massacre est l’opus qui m’a le plus diverti, la formule étant ici parfaitement fonctionnelle, et les acteurs étant plutôt investis dans leur rôle (avec cette tendance à insister sur leurs intonations, qui donnent un air un peu théâtral à l’ensemble). Un vrai divertissement oriental mené de main de maître.

 

5/6

 

1972
de Kenji Misumi
avec Tomisaburo Wakayama, Kayo Matsuo

 

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Volume 3, Dans la terre de l’ombre : Voici un épisode qui m’a quelque peu lassé, alors qu’il fait de certains efforts pour apporter un peu de nouveauté dans sa recette. Ici, les assassins envoyés par les Yagyu ont pour spécificité d’utiliser les rivières pour se déplacer, à l’aide de cannes creuses pour respirer. Mais le film se focalise beaucoup plus sur les personnages, en en faisant apparaître beaucoup pour un seul épisode. Trop, même. Entre une bande de samouraï violeurs, un samouraï à principes voulant défier Ogami pour apprécier la pureté de son style de combat, une bande de yakuzas et un certain Genda ayant humilié lesdit yakuzas, on a parfois du mal à tout garder en mémoire. A vrai dire, si l’épisode 2 était un modèle de sobriété, ce troisième opus voit trop grand, et nous égare un peu ça et là avant de délivrer la marchandise. Sur le plan humain, Ogami accepte ici de subir une punition éprouvante afin d’épargner la vie d’une prostituée. Un geste de courage que sauront apprécier les yakuzas, qui reconnaîtront alors l’ancien bourreau du Shogun. Ce fait est d’ailleurs remarquable : pratiquement tous les voyageurs avec qui parlera Ogami connaîtront son histoire. En termes de mission, celle-ci sera sommaire : un délateur à faire taire, en bousillant ses troupes par la même occasion. En termes de divertissement, la principale évolution est dans les armes. En effet, cet opus marque l’apparition des premières armes à poudre, et des premières armes à barillet. Ce qui renforce vraiment la sensation de voir un western, notamment dans la bataille finale qui s’achèvera sur une gun fight digne des grands westerns spaghettis (d’ailleurs, les décors s’y accorderont parfaitement). Mais plutôt que de clore là-dessus, le film nous offre un dernier combat, qui semble un peu mal venu après une bataille aussi épique (où Ogami commence lui aussi à se mettre à la poudre). Bref, moins joli que ses prédécesseurs et trop foisonnant en termes de personnages, je trouve ce troisième opus mineur, mais encore au dessus du quatrième.

 

4/6

 

1972
de Kenji Misumi
avec Tomisaburo Wakayama, Go Kato

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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