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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 11:39

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Carpenter est un personnage souvent étonnant. Si l’essentiel de sa filmographie consiste en des films fantastiques ou horrorifiques de très bonne tenue (le conduisant parfois au chef d’œuvre : on citera Halloween et The Thing), le bonhomme n’hésite pas parfois à voler sans filet, comme le prouvent New York 1997 et Los Angeles 2013. Deux films purement jouissifs qui n’hésitent pas à flirter avec le nanar pour en devenir des objets cultes entièrement tournés vers le plaisir du spectateur. Aujourd’hui, c’est Jack Burton dans les griffes du mandarin qui y passe. Et question nanar, il met carrément les pieds dans le plat, n’hésitant pas à se vautrer dans le nawak au cours des séquences d’action, sans pour autant revoir ses ambitions à la baisse…

L’histoire : Jack Burton est un conducteur de camions qui décide d’escorter son ami Cheng à l’aéroport pour récupérer sa petite amie et lui payer ses dettes de jeu. Des yakuzas l’enlèvent et nos deux amis se retrouvent confrontés à une confédération de magiciens chinois en plein Little China à New-York.

 

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"Comment ça, kitch ?"

 

L’histoire de Jack Burton a déjà tout du fourre-tout scénaristique, car il ose les clichés les plus improbables que l’on ai vu dans le cinéma d’action depuis les années 60. Le chef des méchants chinois est un vieux décati atteint d’une varicelle prononcée, avec une natte de trois mètres et des ongles d’au moins dix centimètres de long. Dans les rues du quartier chinois, ont lieu des affrontements entre moines bouddhistes et yakuzas enragés, à grands renfort de regards écarquillés et d’armes blanches servant à cuisiner (ils doivent tous sortir des cuisines des restaurants chinois du coin). Et dans ce bordel incroyable, Jack Burton évolue avec la légèreté d’un pachyderme. C’est simple, on a rarement vu un contre-emploi d’acteur aussi phénoménal. Du début à la fin du film, Jack burton, présenté comme le héros, ne sert à rien et ne fait rien. Il ne sait pas se servir d’un flingue, ne veut jamais passer à l’action, et se contre-fout presque de la fille du film. Il veut juste récupérer son camion que les chinois lui ont piqué. Et de ce point de départ improbable, on arrive à un scénario complètement allumé où nos héros sont au prise à trois magiciens surpuissants, dont l’accoutrement ridicule et le jeu incroyablement faux laisse le spectateur dans le doute (car les effets spéciaux qui les accompagnent ont quand même bénéficié d’un budget conséquent : il y en a toujours un qui descend d’un éclair en s’en servant de corde). Mais pour lancer leur sortilège ou leurs armes, ils font des pirouettes, des cabrioles, des positions de gymnastique complètement inutiles qui les tournent immédiatement en ridicule. Jack Burton est d’ailleurs la première victime de ce procédé, puisqu’on rira de lui à de très nombreuses reprises, comme par exemple lors du final en face du mandarin diabolique, avec Jack déclamant son discours de héro, avec une trace énorme de rouge à lèvre sur le côté du visage (un détail qui ruine immédiatement toute tentative de sérieux). On pensera aussi à la grande bataille finale, où Jack, criant pour lancer l’assaut, tire en l’air, se prend une brique du plafond, et reste inconscient pendant toute la durée du combat. Pendant ce temps, l’ami de notre héros se bat contre un sorcier en échangeant des coups d’épée en bondissant à travers la pièce. Si le nanar s’arrêtait seulement à ces quelques parodies du genre aventure, le tout pourrait se révéler compréhensible. Mais Carpenter va encore plus loin en s’autorisant des excès phénoménaux. Ainsi, toute une partie du film se passe dans les égouts du quartier chinois, des égouts qui ressemblent à des souterrains moyenâgeux dans lesquels circulent du pétrole et où nos héros se feront attaquer par des monstres totalement hors sujet. Nous aurons à ce titre une sorte d’Oran outan mutant qui ne cessera de pourchasser la femme du film. Femme que plaquera Jack avec une réplique qui mériterait de devenir culte (« Avant de partir, vous ne voudriez pas m’embrasser ? » « … Non. » Et Jack s’en va.). Vraiment, si tout revient invariablement vers le nanar d’aventure, Jack Burton est un plaisir exotique qu’on sera ravi de revoir régulièrement, tant le côté réjouissant des années 80 explose à chaque image. Si il est conseillé de se documenter un peu sur le film avant de le voir (notamment pour apprendre que la mort du lanceur d’éclair est surtout due au fait que l’intégralité du couloir d’où il sort s’est transformé en lave, un effet spécial trop cher pour être montré dans la version finale). Un vrai plaisir, un échec commercial merveilleux qui s’insère plutôt bien dans la filmographie de Carpenter…

 

4.5/6

 

1986
de John Carpenter
avec Kurt Russell, Kim Cattrall

 

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 11:24

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Ce soir, deux divertissements mâtinés de théologie, mais pas tant que ça en fait. Il faut comprendre par là que Les Rivières pourpres 2 et Da Vinci code partent tous deux de références théologiques (très différentes d’un film à l’autre) et qu’elle dévie peu à peu de leurs ambitions pour tenter de faire du spectacle. Ca se remarque moins dans Da Vinci Code, mais ça reste quand même un de ses indéniables défauts. D’un côté, les poses théâtrales d’acteurs en plein cabotinage ou sobre à en pleurer, de l’autre un numéro tellement excité, je-me-la-pète et non-sensique qu’il parvient à nous faire de la peine pour certains acteurs, empêtrés dans un bourbier qu’ils n’avaient pas imaginé. Le point commun de ces deux programmes ? En plus des nombreuses références à notre saint père Jésus Christ, un acteur est commun aux deux films : Jean Reno. Un acteur bankable à l’international qui revêt ici  des rôles de policiers droits dans leurs bottes : le comissaire Niémens et le capitaine Fache. Dieu, protégez nous !

 

http://s.excessif.com/mmdia/i/39/2/3669392nxspt.jpg?v=1

"Nous recherchons des moines qui se planquent dans le contre jour. Pourriez vous nous aider svp ?"

 

Les rivières pourpres 2 : ce film provoquait de véritables accès d’impatience dans ma cervelle, tant l’ensemble des critiques visaient à le dessouder, à le frapper dans tous les sens et à le laisser pour mort sur le bas côté. Après un premier opus remarquable et qui s’est révélé être un succès, Luc Besson récupère la franchise en se disant qu’il y a du blé à se faire, et se lance dans la rédaction d’une suite de son cru. Quelques joints, une bonne biture de derrière les fagots, et voilà un scénario et des dialogues torchés comme ils se doivent et prêts pour une exploitation en salle. Reno, en bon yes-man, dit oui à Besson  (il lui doit bien ça, les grands Besson sont avec lui), et rempile dans son rôle de commissaire Niémens, aujourd’hui confronté à une affaire aussi sordide qu’hallucinante. Un prêtre plante un clou dans un mur, et voilà que du sang se met à couler. Le commissaire Niémens est donc mis sur l’affaire, sans trop qu’on sache pourquoi (cherchez pas, il fait les chats écrasés dans tout le nord de la France). Il se lance fissa dans un tas de direction, et il en choisit quasi aléatoirement une, et coup de pot, c’est la bonne ! En cherchant dans le passé de la victime, il découvre qu’elle avait été moine et qu’elle avait échafaudé toute une théorie sur l’apocalypse. Parallèlement à ça, un jeune policier arrête un gars halluciné disant s’appeler Jésus, et sujet à des visions étranges. Il parle notamment de l’apocalypse. Un fil assez gros pour permettre de réunir nos deux flics sans que ça ait le moindre intérêt. D’ailleurs, on appréciera la scène de présentation du jeune flic. Vous trouviez le cassage de gueule de skinhead too much dans le 1 ? Besson ne se sent plus pisser et lui fait démolir un appart parce qu’il veut coffrer un dealer et qu’il faut lui péter la gueule avant. Et là arrive alors l’impensable. Nos flics sont confrontés à une bande de yamakasis possédés. Premier bon point : ils ne parlent pas comme des racailles. Deuxième : ils sont fringués comme dans Diablo II. Car ils ne sont pas humains, ces moines. Quand ils tuent quelqu’un, il faut que ça ait l’air religieux. On a donc droit à des mises à morts à coup de pistolets à clous, et sans la moindre raison explicite, à du versage d’or en fusion dans les yeux. Jusque là, les morts défilent sans la queue d’une piste ni les couilles d’une ambiance (on émet l’hypothèse que Besson devait jouer à Diablo II pendant les pauses de l’écriture du scénar). Les acteurs récitent leur texte en ayant l’air investi, mais rien n’y fait. On évoquera à ce titre le climat de l’abbaye, qui semble toujours vivre en plein moyen âge (Besson a-t-il levé son cul de sa chaise en cuir pour aller visiter une abbaye ? Non, il explorait l’acte I de Diablo II, et il se disait que ça serait cool de refaire le chapitre de l’abbaye corrompue) et qui n’est pas crédible une seule seconde (sans parler de l’anachronisme provoqué à chaque fois qu’un flic met les pieds dans le bâtiment). Et puis, arrivant sans prévenir, c’est le pot-aux-roses ! On nous informe qu’il s’agit d’une secte chrétienne qui veut provoquer l’apocalypse et qui du coup va réaliser les différentes étapes de l’apocalypse selon saint Jean, et cela passe par les meurtres de personnes ayant le même métier et le même prénom que les apôtres de JC, en pleine Alsace-Lorraine… Besson se rend-t-il compte de ce qu’il couche sur le papier ? Il semble que oui, car il persiste dans cette direction conne comme ses pieds, osant nous imposer un combat débile en plein centre commercial avec des prêtres Diablo II qui surgissent des rayons pour poignarder un gars dont on se branlait il y a 5 minutes. Niémens enrage, les prêtres Diablo II arrivent toujours avant lui pour tuer les gars (on se demande encore l’intérêt de les tuer, mais c’est la prophétie on vous dit !). Coup de bol : les 4 derniers sont tous réunis dans la même cabane de pêcheur (quelle probabilité improbable !) mais ils sont morts. Heureusement, un moine Diablo II a eu la gentillesse d’attendre les policiers pour les mettre sur la piste, et il se lance dans une course poursuite dans les bois, où apparaît un bunker à mitrailleuse qui débroussaille tout sur un hectare. A se demander si Besson ne regardait pas Predator pendant son script et qu’il s’est lancé dans la même générosité de plomb que l’équipe au moment du « défrichage ». Ils savent qu’il y a un Bunker dans le coin, mais ils préfèrent retourner fouiller l’abbaye qui ne contient rien (mais les moines restent suspects, vu qu’ils vivent eux aussi en mode Diablo II et ont les mêmes habits)… Arrive alors Christopher Lee en chef de secte. Un acteur au charisme magnétique, ici réduit à cabotiner pendant quelques scènes et qui connaîtra une mort rendant assez peu justice à ses talents d’acteur. On notera tout de même l’investissement du personnage dans ses dialogues, qu’il tournera en français avec un accent excellent. Reno et son pote vont interroger un prêtre. Ce dernier tente de leur remettre un objet, mais un yamakasi Diablo II adroit lui arrache des mains pendant que d’autres le clouent avec des flèches sur l’autel. Quelques cabrioles plus tard, ils disparaissent derrière un arbre. Le soir même, un type brûlé est découvert devant le commissariat. On découvre alors un tunnel dans lequel vont nos flics. Coup de pot : c’est le repère des méchants. Les balles fusent dans tous les sens. Puis les méchants balancent une bombe lacrymo, ce qui endort nos flics. Ils se réveillent pour assister à un odieux spectacle : Christopher Lee qui cabotine sans charisme. Le montage tente de nous faire flipper avec l’apocalypse, mais en fait, c’est simplement une conduite d’eau qui lâche. Les yamakasi démoniaques sont happés par une vague et disparaissent dans l’eau (à quoi ont-ils servi, on ne sait pas vraiment, et l'explication expédiée a de quoi faire rire). Nos flics sortent alors du puit, et font une blague dans le commissariat. La même qu’à la fin d’Indiana Jones et la dernière croisade, mais en beauf comme Besson sait le faire, du genre je pète tu rigoles. Ouf, c’est fini. Rappelons que la photographie insiste lourdement sur la saturation des couleurs et la surexposition, ce qui alourdit constamment le visuel du film. Ne parlons pas des dialogues. Malgré un générique rigolo qui filme de l’eau couler sur des statues, la vacuité du projet ne laisse pas de nous faire rire, tant Besson s’est planté en beauté. La preuve en image de ses tendances les plus suicidaires !

 

0/6

 

2004
de Olivier Dahan
avec Jean Reno, Benoît Magimel

 

http://a.giscos.free.fr/cinema/R/RivieresPourpres2/Image1.jpg

Quand Besson se prend pour Uwe Boll et adapte illégalement Diablo II...

 

Da Vinci Code : Après la réalisation approximative et jean-pierre-jeunesque d’Olivier Dahan, arrive un gars qui a déjà fait ses preuves : Ron Howard. En bref, c’est pas un manche qui s’y colle, à cette adaptation, et il y a du beau monde derrière ! Tautou, Reno, Hanks, McKellen… Du très lourd pour ainsi dire. Et forcé on est de constaté qu’avec un tel potentiel, un film aura rarement été aussi plat. Si son successeur Anges et Démons semble l’avoir supplanté dans le domaine du thriller somnanbulique, la palme du désintérêt revient immédiatement à Tom Hanks, qui s’est rarement révélé aussi transparant dans un film. Qui pourrait croire aujourd’hui qu’il a joué dans Philadelphia ou encore dans Forrest Gump ? L’acteur fronce les sourcils et ça y est, il a l’air d’avoir réfléchi. Et c’est ça pendant deux heures quarante. Deux heure quarante ! Tenir jusqu’au bout sans pose, c’est long. Et l’intrigue principale, si elle se révèle largement plus cohérente que les délires sous acide de Besson, manque cruellement de tonus. En bref, c’est une succession d’indices et de blabla qui sont sensés nous garder éveillés pendant tout ce temps, jusqu’à la révélation finale la plus abracadabrantesque qu’on nous ait faite ces derniers temps au cinéma. Dans ce film, Reno passe son temps à courir après les fugitifs sans jamais les rattraper, réduit à néant par les procédés les plus invraisemblables. L’évasion du cryptographe vire au ridicule (les flics ne prenant pas la peine de vérifier sa présence au dernier endroit où il a été vu…), et la course poursuite avec une voiture sans permis en marche arrière déclenche un fou rire involontaire. Sincèrement, elle va plus vite en marche arrière qu’en marche avant. Et on ne parle pas des talents de conductrices de Tautou. D’ailleurs, l’actrice tente de se donner un caractère de femme forte, qui ne croit pas en Dieu. La scène finale se voulait pobablement ironique à ce niveau là, mais alors que la révélation tombe, l’élocution de Tom Hanks se révèle si plate, et la réaction de Tautou si convenue, que ce qui aurait dû être LA révélation du film devient une vanne foireuse, un comique involontaire qui ruine à lui seul les dernières estimes qu’on pouvait porter dans le projet. L’ennui nous fait oublier les facéties de McKeller et ses théories pompeuses sur la compagne du christ (la prostituée Marie Madeleine) et sur le caméo de Prochnov (qui nous donnera une scène d’évasion ridicule dans le fourgon, où il finit le cul dans la boue) ou celui de Marielle, réduit à bégayer pendant une scène. Quant à la prétendue subversion sur le pouvoir de l’Eglise, Molina livre une performance extrêmement molle, peinant à nous faire croire que le personnage défie l’autorité papale pour faire dominer la pensée catholique (mais devant un conseil deux fois plus ramolli que lui, on pourrait presque y croire). Et le personnage le plus ridicule est hélas celui qui pouvait être le plus intéressant : celui du tueur catholique. Mandaté par le cardinal dissident, le personnage exécute tous les témoins protégeant le secret du Da Vinci Code, non sans leur extorquer des informations sur les preuves à faire disparaître pour cacher les torts de l’Eglise. Sa psychologie consiste donc à se taper avec un martinet la nuit et à flinguer à tour de bras le jour. Voyez le résultat. Sans parler de ses dialogues, qui se révèlent par moment d’une stupidité accablante (je pense au duel de tronche Tautou/tueur qui m’a fait éclater de rire). Et son passé, dévoilé par flash back, se révèleront accablant de naïveté. Si le film se contente d’adapter assez fidèlement les idées du livre (on ne tapera donc pas sur le fait de faire le procès de l’Eglise sur les campagnes anti sorcières de nos jours), les flash back historiques sensés illustrer les paroles se révèlent tellement clichés qu’ils endorment le spectateur aussi facilement que des plans longs sur des acteurs marmonnant leur texte. Le soit disant traitement des symboles devient lourd, et si il parvient à vaguement justifier les théories soutenues par le script, il devient dur de continuer à s’y passionner. Si le texte de Dan Brown est devenu un best-seller, les producteurs et le réalisateur se sont dit que le succès allait venir avec, et par conséquent, chacun se contente du minimum syndical, juste de quoi toucher son pourcentage. Par beaucoup d’intérêt, donc, mais bon, si les somnifères vous sont déconseillés par les médecins…

 

0.5/6

 

2006
de Ron Howard
avec Tom Hanks, Audrey Tautou

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/tele/news-tele/da-vinci-code-m6-diffusera-le-film-a-succes-le-1er-octobre-2009/28330622-1-fre-FR/Da-Vinci-Code-M6-diffusera-le-film-a-succes-le-1er-octobre-2009_portrait_w532.jpg

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 18:15

http://www.filmsfix.com/wp-content/uploads/2010/12/Predator-film-affiche.jpg

 

http://www.motionpictureart.com/store/files/images/PostersLarge/Predator2ThermalMoviePosterGerman.jpg

 

http://www.vincentabry.com/wp-content/uploads/2010/03/Predators.jpg

 

Allez, on s’attaque aujourd’hui à la saga Predator ! Dans la jungle ou en ville, blanc ou noir, le gibier mitraille de partout et la chaleur est suffocante. Une ombre s’avance ça et là, ne laissant que des corps mutilés derrière elle… Ce prédateur solitaire a fait la renommée de Mc Tiernan, a donné un rôle classique à Danny Glover (qui a affaire à un peu plus fort qu’une immunité diplomatique), et récemment a donné la possibilité à Nimrod Antal de bosser sur un projet ambitieux : la résurrection de la mythologie prédator. Une saga inégale, perdant régulièrement de la qualité au fil des épisode, mais qui a su conserver toujours un goût pour le spectacle et l’innovation qui ont payé. La créature, véritable centre d’attraction du film, a évolué, a vu son arsenal grossir, a connu de multiple produits dérivés dans le commerce… Avant la création de la saga cinématographique AVP, aliens et predator se combattaient déjà en comics et en jeux vidéos. Mais si l’Alien fascine essentiellement pour son aspect physique étrange (et son cycle de reproduction), le prédator a quelque chose en plus : une base sentimentale compréhensible par les humains. Ce qui permet de lui donner de l’épaisseur, la machine à tuer prenant parfois son temps pour réfléchir… Les exploitations ciné se sont en tout cas fendus de jolis produits qui font maintenant partie des classiques des fans de SF/Action.

 

http://www.push-start.co.uk/wp-content/uploads/2011/08/predator.jpg

 

Predator : Voici un film qui me tient particulièrement à cœur, puisqu’il ne s’agit rien de moins que mon premier film interdit aux moins de 12 ans que j’ai vu à 8 ans, sans l’accord de mes parents. Traînant dans un marché au Puce, un vendeur à la barbe grisonnante m’avais présenté plusieurs K7 illégales (enregistrées lors d’une rediffusion télé) parmis lesquelles j’avais choisi Predator et Terminator 2 (devinez le lien commun). Et une fois mis en route, impossible de tenir plus de 30 minutes sans arrêter le magneto, tant la tension se faisait insoutenable (précisons que ma sœur de 6 ans se bornait à rester à côté de moi pendant la séance). Predator, c’est du jamais-vu. C’est l’échec artistique transformé en série B cultissime, en actionner SF bourrin et viril, grâce au talent indéniable de John Mc Tiernan. C’est simple, tous les ingrédients sont là pour faire un film d’action, et peu à peu, la menace omniprésente que représente le Predator (pendant une heure, on ne sait toujours pas à quoi il ressemble, une forme vaguement humanoïde…) finit par placer le spectateur dans un état de quasi fébrilité, le moindre craquement de branche le faisant se dresser sur son siège. Pas la peine de reprendre tous les mécanismes de la peur et du suspense utilisés par le film, ils ont déjà été décryptés maintes et maintes fois par des professionnels. Mais au niveau du résultat, le film est un grand 8, qui parvient à dramatiser chaque mort de soldat de notre équipe (sans appuyer sur le patriotisme au passage) en érigeant le Predator comme un monolithe immortel que notre héros Schwarzy va combattre en mode commando. En termes d’inventivité, Predator n’est pas avare. Le predator bénéficie d’un traitement simple et efficace, on capte parfaitement ses techniques de combats et ses déplacements. Sur le simple plan de la cohérence comportementale, le travail est déjà énorme. Les maquillages viendront apporter un peu plus à l’aura magnétique du monstre, en nous gratifiant au passage d’une des punch line les plus connues des années 80. Le trucage de l’invisibilité, véritable cauchemar techniquement parlant (une tenue de predator entièrement rouge était nécessaire pour faire les incrustations) est magnifique, et surtout, la carrure de la bête rivalise très bien avec celle de Schwarzy, qui se prend de sévères mandales avant de ramper tant bien que mal vers son piège. En l’espace d’un simple survival en milieu forestier (un autre cauchemar technique concernant le matériel de tournage), Mc Tiernan a créé une race, une culture et tout un univers à explorer avec sa créature, et cela avec un budget relativement faible et des conditions de tournages extrêmes. Un fiasco transformé en poule aux œufs d’or, le predator étant maintenant reconnu comme une saga rivalisant avec Alien (peut être pas en termes d’univers visuels, mais sur le plan de la tension, c’est indéniable), et qui a maintenant un nombre de fans acquis se comptant par dizaines de millions. Predator Rules !

 

6/6

 

1987
de John McTiernan
avec Arnold Schwarzenegger, Carl Weathers

 

http://gapyx.com/cmt/2008/02/predator.jpg

 

Predator 2 : Longtemps, longtemps après le traumatisme qui avait terrorisé ma huitième année, j’ai eu vent de la suite, disponible en dvd occasion à n’importe quel supermarché. Première constatation : le climat a beaucoup changé. On n’est plus isolé en plein cœur d’une jungle hostile, mais dans une guerre de gang entre la police et les dealers. L’occasion de plusieurs gun fight assez sympathiques, qui marquent en tout cas des débuts efficaces. Et dans tout ça, le predator vient rajouter son grain de sel, éliminant les flics comme les camés, écorchant tout ce qui porte un flingue. En termes de gore, ce film se révèle aussi féroce que son prédécesseur. Mais c’est bel et bien l’enquête de l’inspecteur Harrigan qui est au centre de l’affaire, et il va lui falloir un certain temps pour admettre la réalité. Ce film pêche donc par l’absence de tension pendant tout le long du récit. Si Predator se suivait sur le fil du rasoir, celui là fait des zig zag dans une plaine. Pas la moindre frayeur à l’horizon, et Harrigan sera toujours largement moins impressionnant que Schwarzy. Alors, qu’est-ce qui sauve Predator 2 du fiasco ? Et bien, c’est tout simplement les améliorations apportées à la créature de service. Celle-ci a maintenant tout une panoplie de gadget dont elle va nous faire profiter. Du lance filet au disque laser en passant par la lance, le prédator devient un gladiateur impitoyable (la couleur cuivrée de son armure renforce nettement ce sentiment d’austérité) qui nous gratifiera de nombreuses mises à mort pour le plaisir du public. On aura aussi des détails sur sa préparation des trophés, sur son organisation sociale et sur ses habitudes de chasse. Si le tout reste bardé de fautes de goûts (l’éclair qui vient frapper la lance, l’humour qui arrive de façon hors sujet « Tu veux un bonbon ? », le prédator qui épargne une femme enceinte armée…), le prédator reste une attraction amusante, nous offrant un dernier acte qui partait sur des bases très cheap (les hommes en combi…) et qui finit en course –poursuite sur des toits d’immeubles avant de s’achever dans les entrailles du vaisseau. Peu de cohérence, mais le spectacle est là, et même si on reste un peu dubitatif devant la victoire de Danny Glover, le spectacle et ses clins d’oeils valaient le coup. Bill Paxton s’en sort avec les honneurs, et le prédator avec un abonnement de voyage sur notre belle planète violente. Personnellement, si ce film repompe en grande majorité la bande son de son prédécesseur, je l’ai toujours apprécié pour ses idées fendardes, comme de faire intervenir le prédator en plein cœur d’une cérémonie vaudou ou dans une rame de métro. Et voir Bill Paxton se faire transformer en trophé, c’est suffisamment rare pour qu’on le note. Un divertissement honnête et qui prend ses marques avec le prédécesseur.

 

4.3/6

 

1990
de Stephen Hopkins
avec Danny Glover, Kevin Peter Hall

 

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Predators : Nimrod Antal, c’est un réalisateur que j’aime bien. Si son premier film (Kontroll) tenait un peu du fourre tout (enquête policière, meurtre, suspense mais aussi chronique sociale et bluette romantique à la Amélie Poulain), son petit thriller Motel se révélait attachant, et en tout cas doté d’une efficacité qui faisait plaisir (et pourtant, une belle part des cinéphiles amateurs d’horreur l’ont boudé) et d’un générique magnifique. L’affaire s’étant révélé rentable, Nimrod a pris du galon, et s’est réfugié dans l’écurie de Robert Rodriguez, qui depuis le succès de ses films Grindhouse investit dans des franchises. Si il a caressé pendant quelques temps l’envie de se lancer dans Red Sonja, il a fait saliver les fans en annonçant un opus de la saga Predator qui ne serait pas vraiment une suite. Au stade où en est le film, il aurait carrément pu parler de remake. Car dans la base, il s’agit bien d’un remake de Predator 1, mais qui innove sur quelques points. En commençant par les mauvais points : la trame principale est la même. Nous allons avoir un groupe de personnes armées qui vont être la cible d’un groupe de prédators, et nous allons suivre leur parcours jusqu’à l’affrontement final à main nues. Aucune surprise à ce niveau là, et l’un des principaux arguments du film se révèle être un cache misère : la prétendue planète prédator promise n’est qu’une jungle mexicaine à quelques kilomètres du ranch de Rodriguez, avec un ciel retouché en photoshop pour nous faire gober ça. Sérieusement, faut pas s’attendre à une planète Pandora, soyez heureux si on vous offre déjà une plante numérique. Ensuite, les personnages tiennent tous du cliché. Si Predator n’était pas fin lui aussi sur le terrain, il faisait agir ses gros bras comme des militaires. Ici, chaque survivant y va de son commentaire sur la situation, quand certains se lancent carrément dans des monologues sur les proies/les chasseurs et les anecdotes gores de leur vie. Pas un seul ne parvient à créer l’illusion du charisme, et c’est un point qui est rédhibitoire quand on s’échine à filmer un survival. Et dans cet océan de médiocrité humaine, deux pointures dominent. La première est incontestablement Lawrence Fishburn, qui joue totalement à côté de la plaque son personnage, qui n’a d’ailleurs pas le moindre intérêt. On en rigole presque quand il essaye de tuer nos héros avec un feu de brindilles complètement inoffensives. La deuxième pointure se révèle être le docteur, qui nous gratifie d’un twist psychologique nanar qu’on n’avait absolument pas vu venir tellement il semble con une fois mis en branle. Mais sérieusement, pourquoi ce personnage retourne sa veste comme ça ? Pour justifier sa mort, probablement. Mais avec ces gros excès, le film a aussi parfois du bon. Si la partie avec les pièges peine à convaincre, le bestiaire animalier nous offre en guise d’amuse gueule des sangliers extra terrestres plutôt marrants, et les prédators bénéficient d’un certain soin, se révélant en tout cas à la hauteur de leur tâche. L’ambiance « menace omniprésente » peine à retrouver la pêche du premier opus, mais on parvient quand même à saisir un peu de tension de ci de là, les combats finaux tenant leurs promesses. Si le duel samouraï-prédator semble un poil anachronique, le duel predator/prédator et le combat contre Adrian Brody sont de jolis moments de bravoures, qui ont surtout le mérite d’avoir carte blanche au niveau de la violence. Tout est permis, et du coup, le gore remplit son office, ce qui fait de Predators le film le plus violent de la saga avec le 2. Certes, les qualités sont maigres et les défauts nombreux, mais le film n’oublie pas d’être généreux, Rodriguez finissant par ressembler à Yuzna dans ses productions généreuses de fan de genre. Le produit final présenté ici est formaté, lisse et sans surprises (et sans charisme, Adrian Brody peinant à feindre une carrure physique), mais il n’est pas avare en ketchup/vin rouge ni en créatures agressives, ce qui se doit d’être relevé. Allez, on croise les doigts pour le prochain…

 

3/6

 

2010
de Nimrod Antal
avec Adrien Brody, Alice Braga

 

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En attendant le combat final : AVP...

 


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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 18:09

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Une certaine fascination pour les écrits de Lovecraft m’ont amené à rechercher beaucoup d’adaptations de ses écrits. Les réalisateurs les plus généreux dans ce domaine ont été Stuart Gordon et Brian Yuzna, qui sont fan du bonhomme. Mais d’autre se sont aussi prêtés à l’essai. Si John Carpenter a convaincu tout le monde avec l’Antre de la Folie, le moyen métrage muet The Call of Cthulhu est passé complètement inaperçu, et La Malédiction d’Arkham également (aka The haunted mansion aka Opetany Zamek). Ce film fantastique n’est toutefois pas inintéressant, bien qu’assez longuet à se mettre en place, tout en adaptant le matériau d’origine.

L’histoire : Josef Curwen se livre à de mystérieuses expériences dans son château, ce qui n’est pas du goût des habitants de la ville d’Arkham. Un soir, après la disparition d’une jeune femme, les villageois se rendent sur place et brûlent Josef, qui les maudit. 150 ans plus tard, Charles dexter Ward, descendant de Josef Curwen, revient à Arkham prendre possession de son domaine familial.

 

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Ceux qui auront lu des nouvelles du bonhomme sauront tout de suite que la nouvelle adaptée ici est celle de l’Affaire Charles Dexter Ward. Une nouvelle qui traitait de l’addiction aux sciences occultes et sur la fascination pour le surnaturel. D’une banale recherche généalogique naissait toute une attirance pour l’occulte, qui nous faisait peu à peu dériver vers de troubles échanges de lettres avec des cercles occultes et des personnes aux intentions troubles… Une nouvelle passionnante, ici très librement adaptée du matériau d’origine. Toutefois, les fans apprécieront la reprise de nombreux éléments de la mythologie de Lovecraft, comme ces villageois en pleine mutation dont le physique repoussant trahit les résultats d’expériences malades. Mais si ces maquillages là sont réussis, les monstres en costume intégral font peine à voir, malgré toutes les peines que prend Roger Corman pour les dissimuler (caméra qui bouge, bagarre cadrée en gros plan, feu qui cache le déguisement approximatif…). Un vrai gâchi à ce niveau là, qui ne provoquera jamais vraiment l’effroi.Toutefois, les bases de l’univers sont respectées, et à ce titre, les 30 premières minutes posent l’ambiance qu’on attendait d’une adaptation de Lovecraft, avec en plus le charme des décors des productions Corman. Mais après cette demi-heure prometteuse, ça se complique. En effet, les villageois se montrent de plus en plus hostile, mais ils bavardent plus qu’ils n’agissent. Et de son côté, Charles parle beaucoup avec sa femme, voit des détails, constate des faits qui restent insignifiants, minimalistes… L’attrait pour le surnaturel est ici contenu, loin en tout cas d’être une passion dévorante. Et cela s’explique par une chose : le matériau d’origine est en train d’être modifié pour être mixé avec du fantastique à la Poe. En effet, par l’intermédiaire du tableau de famille, l’esprit de Josef Curwen va peu à peu investir le corps de son descendant, afin de reprendre ses recherches et se venger de ses anciens bourreaux. Un choix qui s’éloigne beaucoup du sujet en question, puisque nous aurons alors un intermède durant lequel Josef Curwen va se venger en brûlant les descendants de ceux qui jadis causèrent sa crémation. Bon, c’est quand même un peu vénère, mais on s’éloigne de Cthulhu et de ses rites, et donc on s’ennuie un peu. Et les longs dialogues sensés créer l’angoisse restent plutôt plats. Si l’interprétation de Vincent Price reste très respectable (on sent les deux personnalités sur son visage), le film est finalement lent, peine à se montrer impressionnant (les incursions fantastiques sont timides), et a du mal à donner une conclusion vraiment convaincante en termes de spectacle. Le projet avait du potentiel, mais finalement, l’amateur de Lovecraft sera déçu. Dommage.

 

3/6

 

1963
de Roger Corman
avec Vincent Price, Debra Paget

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 15:44

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Nous sommes en pleines années 80, et on sent qu’il y a un problème avec les gosses. Des comportements violents adolescents apparaissent depuis les années 50, l’avènement de la culture rock et punk semble se poursuivre… En bref, on sent un déphasage qu’on va illustrer dans des films, histoire de forcer un peu le trait et d’interpeller sur ces problèmes générationnels. Coup de bol, le double programme de ce soir parle de ça. On commence avec Class of 1984 (récupéré depuis un certain temps, mais vu depuis la parution de la chronique sur naveton) et The New Kids, qui traite lui aussi de méchants adolescents. Réalisateurs différents, buts différents, ambiances différentes, mais le contexte est le même, ainsi que l’âge du casting.

 

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Class of 1984 : Je dois avouer qu’à la base, j’ai cherché ce film en croyant qu’il s’agissait d’un Troma tant les costumes et les lieux de tournages me faisaient penser aux habitudes de la firme. Et pourtant, il s’agit d’un drame on ne peut plus sérieux, qui n’a pas dû coûter beaucoup et qui se révèle un peu plus fin qu’il en a l’air. Pour ce qui est du postulat, c’est simple. On découvre avec l’arrivée d’un nouveau professeur un collège difficile, qui est devenu un vrai squat. Les élèves taguent sur tous les murs, ils sont fouillés à l’entrée, beaucoup portent une mode vestimentaire punk et ils sont particulièrement violents. On a droit aussi à quelques excès de prise de drogue et de prostitution (pour payer la drogue), histoire de provoquer un peu plus. Car il est indéniable que Class of 1984 cherche à provoquer, un peu comme Orange mécanique en son temps. Ainsi, l’attitude provocante de certains adolescents de la classe agace rapidement le spectateur, mais on découvre au fur et à mesure qu’ils adoptent sciemment cette conduite (le chef de bande est par exemple très doué dans toutes les matières scolaires, mais il préfère faire la caïra, ça paye mieux et les autres te craignent. La plus grande partie du film tient à montrer l’impuissance des professeurs en face de tels phénomènes, en ayant tendance à les martyriser (ils sont incapables de faire punir les élèves dissidents, et ces derniers se révèlent rarement dociles). A ce titre, on notera dans le rôle des victimes l’apparition d’un Michael J. Fox encore tout jeune à l’époque (et tenant plus du père de Marty Mcfly ici). Nous avons donc un jeu d’escalade de violence qui va aller dans le sens des jeunes pendant une heure (la police ne peut rien faire, les jeunes gloussent et continuent de se livrer à la violence gratuite) avant que le prof ne commence à rendre un peu les coups. Toujours est-il que le résultat, bien que cheap, est assez amusant. La mise en scène outrancière (ce qui ne l’empêche pas parfois de marquer juste : le pétage de câble du prof de bio est à ce titre touchant) a tendance à souligner l’aspect provoc, mais elle ajoute surtout le charme des années 80, jusque dans la bande son qui utilise Alice Cooper comme fer de lance d’une jeunesse débridée. Les 15 dernières minutes tiennent du survival intense, c’est Pekinpah chez les collégiens avec un prof qui n’hésite pas à aller jusqu’au bout. Après, le film a tendance à parfois être trop manichéen : le dernier « coup tordu » de notre chef de bande est clairement là pour le condamner à mort, mais en l’étant, la question qu’il pose est pertinente, d’autant plus aujourd’hui que le problème existe toujours. Un drame burné qui souhaite aller jusqu’au bout et qui ne prend pas de gants pour cela (on a du gore et un nu intégral pendant une séquence). Les années 80 entament un peu sa portée, mais en l’état, il reste assez énervé sur son sujet pour qu’on le trouve passionnant.

 

4.5/6

 

1982
de Mark L. Lester
avec Perry King, Merrie Lynn Ross

 

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The New Kids : Voilà un film qui surfe sur une vague d’exploitation. Nul doute que Class of 1984 racolait un peu lui aussi en termes de violences, seulement ici, celle-ci se limite à des plans gores censurés où on ne voit rien, et pour ce qui est des scènes de sexe, on fait ça habillé. Des détails qui ne trompent pas et qui trahissent une volonté un peu moins jusqu’auboutiste que dans l’oeuvre de Lester. Ici, c’est Sean Cunnigham (mr Vendredi 13) qui est aux commandes, donc un élément de plus à rajouter à la thèse du film d’exploitation. Et enfin, la comparaison est évidente avec le style de Craven, au hasard avec La dernière maison sur la gauche. La manière de filmer est assez proche (bizarre qu’un film des 80’s soit filmé comme un film des seventies), et pour ce qui est de la morale, elle est aussi claire que chez Craven. Nous avons une famille unie entre un père militaire (comprendre que le sens du devoir est présent) et ses deux enfants, qui vont au lycée. A la suite d’un accident, le père meurt, laissant ses enfants à l’a charge d’un oncle, qui les fait déménager dans une fête forraine qu’il est en train de retaper. Tout commence bien, mais la soeurette est jolie, ce qui ne manque pas de faire tourner la tête d’une bande de caïd dans le coin. Et ces caïds sont de vraies petites terreurs en puissance ! Ils tirent pendant leur temps libre sur des bocaux avec le colt à papa, ils dressent un chien pour faire des combats, bref, ils cumulent les tares jusqu’à prendre les paris sur qui dépucellera la soeurette. S’ensuivent alors des scènes de drague nanarde où nos différents caïds vont tenter des approches auprès de la belle effarouchée, toujours peu enclin à se montrer conciliante (elle ne se sent pas prête avec eux, ils sont trop directs). Alors nous avons un petit jeu d’escalade de violence qui dure un peu (mais où cette fois ci les héros réagissent rapidement et fort en face de l’affront), ce qui nous amènera tout droit au final opposant soeurette et caïds lubriques, puis caïds effrayés et famille au complet, qui vont laver leur linge sale tous ensemble. A ce titre, le final se pare d’une certaine efficacité, utilisant les différentes attractions du parc à thème un peu comme Bienvenue à Zombieland le proposait, et nous proposant une violence qui éclabousse, même si elle peine à impressionner, censure oblige (on sent que le film s’est vraiment contrôlé pour rentrer dans des limites d’âge commerciales). Mais si au niveau moral, le tout est assez lourd (le happy end est assez drôle à ce titre), les personnages sont sympathiques. Nos héros tout purs tout beaux sont attachants, et nos petites racailles sont ma foi sympathique, avec un chef de meute à la coiffure blonde me rappelant un peu le Yakuza d’Ichi The Killer. Un divertissement violent amusant et ayant l’air engagé, sans que la formule commerciale ne soit trahie un seul instant. Sympathique.

 

3.6/6

 

1985

de Sean Cunningham

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 15:33

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Aujourd’hui, on traite un date dans la carrière de Bruce Labruce, puisqu’il s’agit du film qui l’a révélé à l’international, notamment par de nombreuses interdictions, en particulier en France où il faudra l’intervention de Jacques Lang pour le légaliser. Il faut dire aussi que le film est assez sulfureux, traitant au plus près de son sujet et n’hésitant pas à recourir à une certaine violence. Hustler white, c’est le parcours de Mongomery Ward, un prostitué qui survit à Santa Monica, en Californie.

L’histoire : Mongomery ward se prostitue dans les rues de santa monica, et n’hésite pas de temps à autre à commettre un petit larcin pour arrondir son quotidien. Mais il se retrouve bientôt harcelé par un réalisateur tombé amoureux de lui.

 

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Hustler white est d’un certain côté un film extrême, puisqu’il n’hésite pas à accompagner les différents personnages qu’il va suivre dans le métier de prostitué, un milieu rarement dépeint au cinéma (Macadam cow boy était très soft sur ce plan là), et qui va ici nous embarquer dans des séances de fantasmes parfois tordues. C’est le choc d’une confrontation à un monde nouveau, qui rend ici hommage aux histoires d’amour très hollywoodiennes, mais ici transposé dans un univers gay sans tabou. La présentation des personnages est réaliste, Mongomery apparaît directement comme un prostitué amoral qui vole si il en a l’occasion, et qui vit de différentes activités pour alimenter son quotidien. Sa vision du monde semble se limiter à voir en l’autre un client ou une menace trouble, ce qui nous vaudra une séquence d’accident un poil gore qui lancera un personnage du film pour le moins… marquant. Car si Hustler White est une histoire d’amour gay à l’ambiance étrange, on s’intéressera à d’autres personnages qui n’hésiteront pas à aller loin eux aussi dans leurs fantasmes et ceux de leurs clients. C’est particulièrement avec les personnages secondaires que j’ai pensé aux films de John Waters, ces péloches complètement allumées comme Multiple maniacs ou Pink Flamingos, où le film partait régulièrement dans des excès complètement fantasmés, mettant en scène des personnages assez troubles qui assouvissaient des pulsions du moment. Dans Hustler White, si aucun ne devient un freak comme Divine, nous aurons quelques scènes assez jusqu’auboutistes en termes de contenu sexuellement explicite. Je pense surtout au personnage de Piglet, un jeune prostitué chauve affichant quelques tendances masochistes (il se strangule avec des clients) qui l’amèneront jusqu’à un travesti (la découverte des fantasmes de ce personnage sera un petit choc), qui nous gratifiera de quelques séances tordues allant assez loin dans le bondage (on penserait à l’introduction des Nuits rouges du bourreau de Jade, l’esthétique maniérée en moins). Il y a dans Hustler white un véritable assouvissement du fantasme, parfois dans ce qu’il a de plus décalé et inavouable, le contexte de prostitution libérant les personnages de toute pudeur, le côté homosexuel ne faisant dès lors qu’accentuer le côté transgressif du film. Il y aura ainsi cette fameuse scène d’un amputé qui pratique un foot fucking avec son moignon sur un personnage qui depuis le début du film fantasme sur des handicapés. Scène choc, mais qui résume à elle seule tout un pan du film. D'ailleurs, ce dernier n'hésite pas à recourir à l'humour dans de nombreux passages du film, allant du trash (certains fantasmes pour le moins déroutants) à la boutade gentillette (la maladresse du réalisateur dans ses tentatives d'approche de l'objet de ses désirs). Hustler parvient aussi, en une séquence, à traiter simplement de faits aujourd’hui en débat : le droit des homosexuels à fonder une famille. Pas de débat ici, juste Mongomery (notre prostitué principal) prenant un bain avec un gosse de 3 ans sans que la moindre ambiguité sexuelle ne perce la pellicule. L’homosexuel est responsable avec le gosse, et si il est souvent amené à des comportements que la morale réprouve, il ne les laisse en aucun cas interférer avec sa capacité à éduquer. Concernant l’histoire d’amour dans Hustler White entre le prostitué et le réalisateur (joué par Bruce Labruce himself), j’ai été un poil moins intéressé, même si la transposition de tous les codes de l’histoire d’amour hollywoodienne se retrouvent ici. On aura même droit à des séquences humoristiques (une poursuite entre Mongomery effrayé et Jugen (le réal) qui veut juste obtenir son numéro de téléphone. Le personnage de Jugen sera d’ailleurs la source d’un humour assez récurrent dans le film, qui jouera beaucoup sur son caractère efféminé imprégné d’un accent germain qui sied tout à fait au personnage (alors que presque tous les autres homos affichent tous des caractères virils). La tentative de fin dramatique me paraît être en tout cas une petite erreur, car elle ne parvient pas vraiment à avoir l’effet attendu. Pour que l’on pleure, il aurait fallu que l’amour homosexuel naissant soit un peu plus développé, plus mis en valeur. Alors qu’ici, si nos deux personnages se rapprochent (mais ce n’est pas encore fait), l’évènement dramatique arrive trop abruptement et ne paye pas vraiment en termes de tragédie. Surtout que le film revient dessus 5 minutes avant la fin. Mais bon, nous avons ainsi le happy end de notre romance gay et nos personnages se mettent à courir sur la plage comme dans les grands films d’amour. Fantasmé, assez réaliste et cru dans son approche du fantasme et de la vie des prostitués, Hustler White est un joli choc lors de sa découverte, et il développe une love story atypique qui a le mérite d’être originale (la plupart des films traitant des homosexuels que j’ai pu voir s’axaient tous vers le drame) et de traiter son sujet avec une certaine distance. Le film fait preuve d’une force assez incroyable et prône l’assouvissement du fantasme, ce qui ne manquera pas d’alimenter les discussions sur la communauté homosexuelle. Un bon cru de Labruce que j’ai apprécié, même si je lui préfère la mélancolie d’Otto.

 

4.5/5

 

1995
de Rick Castro et Bruce Labruce
avec Bruce LaBruce, Tony Ward

 

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 17:48

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Le Western a ses codes, mais certains réalisateurs aiment les détourner, parfois avec brio. Jodorowski nous a offert El Topo, Peter Hyams nous a offert Outland, Carpenter utilise fréquemment  les symboles du genre… Mais quand il s’agit de donner dans le western contemplatif, alors là… Blueberry avait donné un résultat plutôt mitigé (je reviendrai sur son cas), et aujourd’hui, nous avons L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Un projet assez étrange puisqu’il ne lorgne jamais du côté du rythme, mais plutôt vers les sentiments des personnages. Un gros morceau qui demande de l’attention (deux heures quarante, quand même), mais qui se révèle être une habile réflexion sur la naissance d’un mythe.

L’histoire : Du premier jour où Robert Ford rencontre Jesse James jusqu’à la mort de Robert, dans la honte la plus totale.

 

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Vraiment, c’est un film passionnant que nous avons là, car il se révèle être l’une des approches psychologiques les plus brillantes qu’on ait pu voir dans le monde du western. Si le milieu est plus propice à l’aventure amorale et au parcours de durs-à-cuire, L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford se focalise beaucoup sur les personnages qu’il met en scène, à commencer par Robert Ford et Jesse James. Beaucoup d’autres personnages graviteront autour de ce tandem, mais le cœur sentimental du film est là, et ce sont avec ces deux personnages que nous irons le plus loin dans l’étude relationnelle. Jesse James est d’abord représenté comme une légende vivante un peu blasée, qui a de l’expérience et un charisme sympathique, de quoi en faire un leader. Et Robert Ford apparaît comme un jeune paysan tombé de l’arbre, un naïf très timide qui a passé son enfance à fantasmer sur Jesse James et qui a aujourd’hui l’occasion de s’en rapprocher. Les contacts sont ainsi pris : Jesse est un peu amusé par ce personnage naïf, bavard mais gentil qui ne cache à aucun moment son admiration pour le personnage. Si ce premier contact s’achève rapidement, le second aura lieu des années plus tard. Et là, la relation entre nos personnages change peu à peu. Jesse James, au cours de sa vie, commence à montrer des signes de folie, avec un meurtre ou deux de sang chaud à la clef. Et son attachement sentimental étant très relatif à l’égard de Robert, il le raillera à plusieurs reprises, se moquant de son admiration sans borne. Robert, de son côté, apparaît toujours comme le faible, le cadet de la famille, constamment rabaissé par ses frères et frustré par ces derniers, ainsi que par son cousin, qui est un proche de Jesse. Robert fera d’ailleurs ses armes sur sa personne, au cours d’une bagarre familiale. Et une fois que le tandem Ford / James se trouve réuni (en préparation d’un coup, avec un frère de Robert lui aussi engagé dans l’affaire), la relation se tend. Jesse se montre de plus en plus méfiant et méprisant envers Robert, pour la faiblesse qu’il dégage. Robert prend quant à lui des airs de chien battu et se jure tous les soirs de tuer Jesse (pour prendre sa revanche sur des années d’humiliation, et pour devenir célèbre : la légende qui a tué Jesse James…). Le climat psychologique pendant cette période du film est tendu, par moment insoutenable, la folie de Jesse venant parfois brusquement à la charge (tétanisante scène avec le couteau). Nos personnages vont donc évoluer, et par moments, on sent vraiment le lien entre nos deux personnages, Jesse paraissant parfois mélancolique devant un Robert qui le regarde sans émotion, conscient d’avoir été percé à jour, mais pourtant toujours en vie. La scène de la mort de Jesse sera en cela un modèle de contre-pied à nos attentes, ce personnage ayant une mort absolument indigne. Et c’est ainsi que Robert Ford tente de lancer sa légende, qui brille à ses débuts par l’exposition du corps de Jesse (devant sa femme et ses enfants éplorés), et qui se poursuit avec les représentations théâtrales de la mort de Jesse James, où Robert Ford joue son propre rôle, et se voit peu à peu renvoyé à la lâcheté de son acte. Son destin est finalement horrible, le personnage tombant dans l’ignorance et le mépris général, alors que la légende de Jesse James se propage davantage, le personnage devenant une sorte de robin des bois. Jusqu’à la mort de Robert, ultime preuve de mépris qu’on pouvait lui faire, et qui verra ses rêves de gloire disparaître avant de pouvoir entreprendre quoi que ce soit. Les acteurs sont fabuleux (Pitt excelle en Jesse James timbré et Casey Affleck en lâche Robert Ford), la photographie est magnifique (avec des décors minimalistes, le film parvient à saisir de véritables tableaux…) et la musique vient emballer le tout avec ce qu’il faut de classicisme pour transcender l’affaire. Seul reproche qu’on peut faire au film : son rythme, qui tire parfois trop sur la corde, suivant des digressions très longues qui auraient peut être gagné en brièveté. Mais si ce film lent peine parfois à avancer, son contenu est passionnant, et il mérite largement une découverte.

 

5/6

 

2007
de Andrew Dominik
avec Brad Pitt, Casey Affleck

 

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 17:41

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Les productions Besson, c’est une histoire d’amour entre moi et eux, surtout depuis Taken (et depuis, avec Taxi 4 ou From Paris with love, je m’éclate). Toutefois, ils ont sorti récemment un film qui avait fait un peu parler de lui : L’immortel. Un casting français plutôt conséquent (Reno et Merad, quand même) et une envie de faire un bon film de mafia, hélas alourdi par des choix beaufs d’assez mauvais goût.

L’histoire : Charlie Mattéi, parrain de la mafia marseillaise, a pris sa retraite du crime et vit maintenant comme un grand père, jusqu’à ce qu’il soit victime d’une tentative d’assassinat. Malgré 22 balles dans le buffet (et aucun organe vital touché), il parvient à se remettre de ses blessures et se prépare pour la vengeance.

 

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Un peu facile de se rabattre uniquement sur des aspirations divertissantes quand on scrute le film sur sa longueur. Si le script essaye de cadrer de façon plutôt « réaliste » la mafia marseillaise, difficile de ne pas éclater de rire devant certains clichés qu’elle nous donne à voir. A ce titre, le marseillais au hachoir qui parle avec un accent forcé est juste impayable, ruinant une scène complète sensée mettre la pression. Toutefois, le film est ici moins indigent que les productions besson habituelles, car elle est ici taillée pour le cinéma français. Enfin un film d’action fait pour l’hexagone ! Si ça se sentait déjà dans le casting, les fréquentes références à la culture du sud ou les décors typiques des bouches du Rhône apportent un brin de fraîcheur à l’ensemble, lui donnant assez de carrure pour s’imposer comme un divertissement national (au même titre que l’excellent La Proie). Cependant, le film pêche aussi par de nombreux défauts. Si Jean Reno s’investit dans son rôle (ça se sent, il participe même à ses scènes d’action, même si il a besoin de quelques coups d’accélérés pour se donner du punch), Kad Merad est dès son apparition à côté de la plaque, se mettant à renifler un de ses sbires car il n’aime pas les fumeurs. Ce premier contact est un foirage total (impossible de le prendre au sérieux, c’est un mafieux de pacotille), et ça va aller en empirant. Quelques secondes plus tard, il se met à bégayer (c’est voulu, mais c’est aussi involontairement drôle) et fait des menaces auxquelles on ne croit pas un instant, et plus tard, pendant la vengeance de Mattéi (car on se doute depuis le début que c’est Kad qui a commandité l’assassinat), on se verra taper avec une chaise sur son stock de drogue (ce qui est complètement stupide, vu qu’il ruine sa marchandise). Niveau action, ça envoie le pâté, mais ce n’est quand même pas toujours très bien filmé (on cède au sur-montage pendant quelques plans), et les accélérés sont assez perceptibles (la course poursuite en moto en est une belle preuve). Enfin, il y a ce problème récurrent dans les histoires de vengeance : ces insistances sur des détails sensés justifier des prises de décision. La vengeance de Mattéi consistera à abattre froidement chacun des tireurs présents lors de son calvaire. Ce qui est prétexte à ralentir le déroulement du film et à tuer un par un nos tireurs. Et du coup, on aura fréquemment Mattéi qui s’amène avec un flingue, notre tireur apeuré qui supplie et qui demande pardon en disant qu’il a de la famille, Reno qui baisse son flingue avant de remarquer un détail qui le fait abattre son agresseur. Et on procèdera ainsi pour au moins la moitié des tireurs qui étaient présents. Pour ce qui est des méchants dans la mafia, on retiendra surtout le quasi-chauve à l’accent marseillais qui menace tout le monde, qui abat certains de ses hommes comme ça, par caprice, et qui les malmène pour bien montrer qui est le patron. Du cabotinage pareil, ça me rappellerai presque Ultime Combat. Et que dire des goûts musicaux de Reno, taillés pour faire de lui un parrain italien… A ce titre, le film se lance aussi régulièrement dans des flashs-back cheap qui échouent à donner de la profondeur au tandem Reno-Merad. La fin tient toutefois une promesse : le face-à-face entre Reno et Merad n’est pas raté, il réussit même à impressionner pendant quelques secondes avec une violence qu’on n’attendait pas vraiment avec des stars de ce cru. L’immortel, est loin d’être bon, c’est clair, mais il est en tout cas mieux conçu que les Besson habituels, et par conséquent il se regarde plus facilement que ces derniers.

 

1.5/6

 

2010
de Richard Berry
avec Jean Reno, Kad Merad

 

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Mafiosi !

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 17:30

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Nouveau Cru naveteux à ajouter à ma collection de mauvais goût : Charlie, les filles lui disent merci. Une sorte de godriole affligente financée par les producteurs de Saw (Lions gate, qu’on sait maintenant affranchie de toute morale concernant la qualité des films qu’ils choisissent) qui lorgne du côté des comédies tournant au dessous de la ceinture, sauf qu’il n’hésite pas ici à montrer du nichon à la pelle. Il doit y avoir un public pour ça (ceux en manque de nichon, par exemple), mais pour le cinéphile un brin exigent, les armes se révèlent inutiles devant la monstruosité du délit.

L’histoire : je tringle des meufs à la pelle, mais je ne suis pas un objet…

 

 

Charlie, les filles lui disent merci, témoigne dès l’introduction d’un tel degré d’abrutissement qu’on prend peine à s’infliger ce spectacle. Voulant probablement installer un climat de connivence avec les spectateurs, le film ne démarre rien de moins que sur une scène de touche-pipi, où nos mineurs tout émoustillés par le champomy qu’ils viennent d’avaler s’amusent à se cacher dans une armoire pour touche-pipi (mais sans faire de sexe, hein, un minimum de bienséance s’impose). Et là, le sort fait que notre héros de 10 ans tombe sur une gothique de son âge, et que celle-ci est ravie de la situation. Une petite fille d’à peine 10 ans grimée en gothique, mouais, disons qu'on peut rire de savoir que des parents marginalisent autant leur fille en bas âge. Et là, comme Charlie ne veut pas se laisser sauter par la gothique, il la repousse, et elle lui jette un sort. Bon sang, c’est comme dans cette merde de Sortilèges ! Ouh là, je sais dans quoi j’ai mis les pieds maintenant. Et bien, si les Disney channel puent sérieusement, ils ont au moins l’idée de suivre une certaine ligne morale (puante et étriquée, mais naïve dans l’idée). Là, on est en mode nawak. Charlie est un trentenaire plutôt séduisant, mais il est la cible de la malédiction de la gothique : toutes les femmes avec qui il couche le plaquent le jour même et trouvent l’homme de leur vie le jour d’après. En outre, il est accompagné par son ami d’enfance : un gros tas obsédé par les seins qui lui colle aux basques du matin au soir (sérieusement, le cliché est tel que le qualificatif « gros tas » semble être crié à chaque apparition du bonhomme). Ainsi, le jeu d’humour consiste souvent autour du polissage de nœud de Charlie, moments souvent ruinés par un détail sensé faire rire. Et du cliché, on va en bouffer jusqu’à plus soif, tellement Charlie va multiplier les compagnes pendant la première moitié du film. A un rythme tellement alarmant que c’est à se demander si la gente féminine n’est pas quelque peu assimilée à celle de la consommatrice prête à tout pour trouver l’homme de sa vie (qu’elle découvre parce qu’il bouffe la même glace dégoulinante qu’elle). Mais Charlie n’est pas qu’un pénis, il a aussi une ââââme ! Et il en a gros sur la patate, de toutes ces années de solitudes avec des coups faciles tout le temps mais jamais de partenaires sérieuses. Mais qu’on se rassure, il va trouver le bonheur auprès d’une cruche mignonne mais empotée, parfait cliché de la catastrophe ambulante. Un coup Charlie ne veut pas se rapprocher d’elle parce que sinon, elle va trouver le grand amour, un coup c’est elle qui ne veut plus parce que Charlie est vraiment trop bizarre… Mais enfin, va-t-il pouvoir la tringler sans risquer de la perdre ? Réponse : oui ! Et ça sera l’occasion de nous montrer un épilogue zoophile sensé être décalé mais qui ne vient que renforcer un peu plus le sentiment d’humiliation des acteurs une fois le film disponible dans le commerce. A se demander encore d’où sortait ce trip sur les pingouins… Effrayant.

 

0/6

 

2007
de Mark Helfrich
avec Dane Cook, Jessica Alba

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 17:04

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Après avoir vu Neuilly sa mère, j’étais particulièrement mitigé, ne parvenant pas à comprendre ce qui pouvait faire le sel d’une comédie qui critiquait la droite de Sarkozy (ou plutôt qui en faisait un cliché tellement gerbant qu’on était en droit de se demander ce que voulait démontrer le réalisateur) sans apporter la moindre réponse en retour (l’assimilation et le mélange des cultures ? La solution est tellement gratuite qu'elle tend au foutage de gueule). Suite à une gueulante bien sentie de Pinksataniste (aka Zogarok), j’avais pris quelque peu mes distances par rapport au film, et c’est peu dire si je regardais d’un œil suspicieux la prochaine comédie de Djamel Bensala (qui était l'auteur de Neuilly sa mère), qui voulait traiter de la discrimination positive. Je me demande encore pourquoi je me suis donné du mal, tant le résultat semble aberrant de connerie.

L’histoire : intégrons les noirs et les beurs, nous n’aurons pas l’air raciste.

 

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Voir des comédies de ce tonneau sortir de nos jours relève de l’hallucination, tant la trame principale semble essayer de faire de la politique en s’y prenant comme un manche, pensant que de vagues inspirations humanistes feront passer le morceau. Il serait très facile de simplement insister sur la prestation désastreuse des acteurs (Jugnot retrouve les rôles nanar de ses débuts de carrière, les premiers rôles étant transparants), la réalisation télévisuelle et les gags situés en dessous de la ceinture, quand ils ne sont pas carrément inexistants ou mal placés (c’est limite insultant de voir des gags pendant une scène sensée être dramatique, où le gag consiste à faire passer un médecin légiste tenant une tête de victime connue en disant « attention, ça tâche ! Ouh là ça tâche ! ». Dans une comédie au premier degré, ça tient d’un mauvais goût pour le moins douteux (surtout que le film traite avec légèreté d’un meurtrier qui décapite des femmes et les viole). Mais s’arrêter à ces détails serait faire preuve de lâcheté, aussi, nous irons plus loin. Là où ce film est une chiure immonde, c’est qu’elle essaye de faire sérieusement de la politique en imposant une morale gauchiste si lourde, si aberrante qu’elle en devient de l’anti subversion. Ainsi, dans ce film, les meilleurs flics qui ont réussi leurs examens sont tous blanc. La question est alors posée par un journaliste noir (et j’insiste bien et tout le monde insiste, il est NOIR) et il demande « Est-ce que vous trouvez que ce groupe de nouvelles recrues est à l’image de votre politique ? » avec tout ce jeu de double sens trouble comme le journalisme « bienpensant » nous a habitué pendant cette campagne présidentielle à l’égard de certains candidats. En gros, ce film fait la promotion de la discrimination positive (au mépris des français blancs, le personnage de Jugnot en fait les frais, mais heureusement, le bonhomme met son honneur au service de la patrie, oubliant ces querelles et ce poste qu’il convoitait depuis plusieurs années). Et notre nouveau lieutenant de police promu à la place de Jugnot ? Le pire beur qu’on pouvait trouver dans le coin, parce que les hommes politiques (de droite) chargés d’appliquer les exigence du ministre sur la discrimination positive veulent faire capoter l’affaire, histoire de ridiculiser l’initiateur de l’idée. D’ailleurs, c’est facile de reconnaître des gens de droite : ils ne donnent pas 40 centimes à un clochard dans la rue. Et toi, mon salaud, tu donnes à tous les clochards que tu croises j’imagine ? Et le film de continuer sur ces longueurs d’ondes, attaquant la droite par des pics aussi brefs qu’hallucinants (ce n'est même pas de la politique, c'est de l'insulte), et distribuant sa pensée gauchisante aussi étalée que possible (toutes les expressions utilisant du vocabulaire musulman y passent, et à chaque fois, il faut que notre nouveau promu (qui au passage est une terreur en termes de résultats) y aille de sa réflexion : vous savez, les musulmans sont aussi des gens normaux). Sérieusement, tu essayes de nous convaincre, là ? Tu crois vraiment qu’on l’ignorait ? Pendant tout le film, c’est à se demander à qui il essaye de s’adresser, méprisant ouvertement la droite et traitant d’idées de gauche avec un tel manque de finesse qu’on se demande pourquoi on persiste dans cette direction. Et pourquoi d’ailleurs ? Pour prouver qu’un demeuré (pas d’autres mots pour définir le héros) peut coincer un assassin avec un concours de circonstance ? Car c’est bel et bien le dénouement du film, qui évite (à notre grand étonnement) de privilégier la thèse du militaire radical (tiens tiens, ça vous rappelle pas un fait divers…) pour se focaliser sur un personnage qui ne fait pas de politique, mais qui est blanc, qui deale de la drogue et qui tue des musulmanes.  L’explication de l’instrument servant à les violer est d’ailleurs un grand moment de poésie. Et le film de conclure sur un chant de la promotion policière du coin, comprenant un beur, un asiat, un noir, un obèse et un moche, avec le drapeau français qui flotte dans le vent. Le générique commence que je me demande encore si cette sous-merde était volontairement stupide ou si le réalisateur croyait vraiment en son propos… Parce que là, il semble nous dire que lorsqu’un beur arrivera à la présidence, la France aura fait un grand pas… Ouais ! Et les idées politiques derrière ? Heu… Ben on intègre les étrangers… Huhum… Car si le film joue bien sur une chose gerbante, c’est la peur de passer pour un raciste (critiquer la discrimination positive est un exercice délicat). C’est la hantise de tous les cadres, de tous les dirigeants ou de ceux qui gèrent du personnel. Ayez l’air de passer pour un raciste par une remarque sortie de son contexte, une remarque mal formulée ou mal comprise, et c’est le monde entier qui s’abat sur vous, lui, faisant preuve d’un authentique racisme. A ce titre, l’épisode de South Park « Avec nos excuses à Jesse Jackson » se révèle être une merveille de mauvais goût et d’interrogation sur le sujet. Pas comme cette saloperie traitée dans cette chronique. Pour ma part, je prône la méthode Hellraiser : qu'on nous arrache tous la peau.

 

-10000/6

 

2010
de Djamel Bensalah
avec Booder, Issa Doumbia

 

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"Mais Jamesluctor ouvre sa gueule ! Il est raciste, ma parole ! Petit blanc de merde !"

"T'es contre la discrimination positive ? Putain de raciste !"

"SALOOPERIE DE FACHOOOOOO !"

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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