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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 11:02

http://media.zoom-cinema.fr/photos/13055/affiche-l-a-zombie.jpg

 

Est venu pour moi l’occasion de parler d’un cinéaste underground pour le moins atypique : Bruce Labruce. Ce réalisateur s’est fait connaître à l’international avec Hustler White, un drame gay assez trash sur lequel ce blog reviendra. Et depuis, son thème de prédilection reste l’homosexualité, qu’il présente toujours dans un contexte décalé ou underground. Récemment, il lie homosexualité et zombie, d’abord avec Otto or up with dead people (on y reviendra, mais j’ai beaucoup aimé), et maintenant avec L.A. Zombie (ou Hard Zombie), le film du jour. Nous informons à ce titre que ce film contient des scènes porno gay, merci aux mineurs de retourner dans les autres catégories.

L’histoire : une sorte de zombie marin émerge des flots près de Los Angeles, réanimant les corps des personnes mortes qu’il découvre pour en faire des compagnons gays.

 

http://olivierpere.files.wordpress.com/2011/11/l-a-zombie.jpg?w=1024&h=576

 

Même si le pitch de départ semble partir sur de la parodie du film de zombie (difficile de ne pas sourire devant un script aussi… osé/provoquant), le film veut vraiment planter un contexte sérieux, croyant en sa créature et essayant même de donner un certain côté poétique à son film, ce qui passe notamment par la bande originale du film, très apaisée et calme, filmant les errances de sa créature au milieu d’une citée dévorée par la violence (et dans sa dernière partie par l’homophobie) où les cadavres semés dans les ruelles deviennent des personnages à part entière. Labruce veut innover, et ça se sent, rien que dans le concept de son « roi zombie », qui réanime les corps à l’aide de sa semence, qu’il insère dans l’organisme directement par les plaies des corps qu’il trouve. Un concept totalement barré, plutôt bien fait au niveau des maquillages (le membre du zombis ressemble alors à un dard de scorpion), qui vient enrichir la mythologie du zombie d’un registre porno qu’on n’avait jamais attendu du genre. Car nous sommes bien loin de trips nécrophiles métaphoriques à la Nekromantik, mais dans un porno gay underground. A ce titre, précisons que Bruce Labruce a tourné deux versions de Hard Zombie. La version soft se limite à un érotisme gay (mais vu les concepts, je me demande comment il a pu atténuer la portée des images), et le director’s cut (celui que j’ai pu voir) s’attarde dans des scènes porno à chaque nouvelle réanimation. Pas vraiment d’intérêt en termes de mythologie zombie de ce côté-là, mais bon, on savait que c’était un porno gay dès le début, donc à ce titre, le film délivre la marchandise. En tout cas, cette vision de l’homosexualité associée à la contamination zombie (qui s’étend au travers de la ville en touchant des victimes de différents milieux sociaux) est pour le moins originale, marquant davantage la marginalité du comportement de ses réanimés, et leur permettant maintenant de « donner la vie » d’une certaine manière. L’idée est amusante, même si le film se contente surtout d’être un porno homosexuel fourni (un registre qui ne devrait pas vraiment faire un tabac au box office). Amusant, marginal, mais pas grand-chose à discuter dans ses partis pris, contrairement à Otto qui lui fourmille d’idées et se révèle beaucoup plus sobre en termes de « débauche » graphique, ce qui lui permettait de s’ouvrir à un public un peu plus large (dans le sens où le cinéma porno, gay ou hétéro, touche un public plus ciblé).

 

3.7/6

 

http://images.allocine.fr/medias/nmedia/18/86/72/36/19856803.jpg

Une nouvelle vision du mythe zombie...

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 10:54

Maimage____r_97290380951.jpg

 

Avec Samourai avenger, on s’apprête à repartir dans des trips tarantiniens, l’étiquette Grindhouse semblant plus se rapprocher de son style que de celui de Rodriguez (pourtant bien plus généreux en termes de spectacle). Mais si des films comme Run bitch run ! ou Nude nuns with big guns (semblant sortir de nos fantasmes inavoués) étaient de vraies merdes surfant sur cette vague prétexte à faire un cinéma soit disant pulp avec de mauvais acteurs et un budget ridicule, Samourai avenger semble quelque peu sortir du lot, sans toutefois s’affranchir de beaucoup de tares.

L’histoire : un asiatique dont la famille a été massacrée par un gangster (en lui crevant les yeux au passage) vient pour se venger à la sortie de prison du gangster. Mais ce dernier a semé des tueurs sur sa route.

 

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Un scénario quelconque, des acteurs finalement assez quelconques eux aussi, mais l’hommage, lui parvient à convaincre gentiment. Plutôt que de loucher comme ses aînés vers du rape and revenge, nous aurons ici seulement du revenge, mais filmé sous l’angle de l’exploitation nippone. Par là, comprenez qu’on a droit à une facture technique plutôt compétente, une belle image, et un cadrage bien pensé qui met souvent en valeur des décors pas toujours au top. Le premier problème de ce film, c’est son rythme. Malgré les 7 tueurs qui parsèment le parcours de notre samourai, chaque combat est plutôt mou, les affrontements se résumant à quelques coups de sabres et du gore pas super-bien fait. Et pour ralentir encore le tout, le film abuse d’effets flashs back pour développer les personnages en pleine action. La manœuvre semble en tout cas volontaire, le réalisateur en profitant pour parodier les techniques de combat martial en inventant des noms abracadabrantesques et des entraînements surréalistes. Nous aurons aussi droit aux longs discours des agonisants, qui en profitent chacun pour raconter son histoire, ralentissant encore un peu plus le récit. Décidement, le film a tout pour frustrer les amateurs d’action, mais l’hommage est ici amusant, d’autant plus qu’il parvient à mettre en scènes quelques séquences cultes, telle cette césarienne au katana pour sauver un gosse en tuant la mère… La morale amorale, on adore. Hélas, si le film joue souvent sur son côté cheap qui le rapproche du nanar, il fait la petite erreur de se prendre au sérieux. Ainsi, les personnages apparaissent toujours comme ayant la classe sans prendre en compte le ridicule des situations. Ce qui pèse un peu sur le résultat final, qui pourrait paraitre prétentieux de ci de là. Mais au vu du résultat final, le résultat n’est pas aussi indigeste qu’on l’aurait cru. Après, il ne rivalise peut être pas avec Boulevard de la mort (qui envoie le pâté quand les filles ne causent pas), mais le mélange western-exploitation nippone fonctionne mieux que prévu. A voir, mais pour pas cher.

 

3.5/6

 

2009

de Kurando Mitsutake

 

http://www.devildead.com/action/samuraiavenger02.jpg

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 11:19

http://www.dvdvore.fr/img2/1/5/5/amityville-la-maison-du-diable.jpg

 

http://www.horreur.net/img/Amityville_2_dvdfr.jpg

 

http://www.tamilmask.com/data/images/film/112133.gif

 

Avec Amityville, les années 70 ont connu une belle date dans le cinéma d’horreur. Il faut reconnaître que le fait divers a de quoi troubler, un meurtre aussi brutal commis dans une maison pouvant inquiéter (selon les faits, le fils aîné de la famille, ayant perpétré le massacre, avait déclaré avoir été possédé pendant l’acte). Un premier film qui joue en tout cas la carte du réalisme, et qui se garde bien de donner une origine aux phénomènes, privilégiant largement les « on-dit ». Une démarche pleine de bon sens qui a ravi beaucoup d’amateurs d’horreur, mais qui m’a laissé un peu mitigé. Devant le succès du premier opus, Dino de Laurentiis achète les droits et se lance dans une saga horrorifique autour de la maison, en brûlant toutes ses cartouches dès le second opus. Ce dernier, pompant ouvertement tous les succès horrorifiques du moment (l’exorciste, Evil Dead…), se lance dans une escalade de procédés tous plus énormes les uns que les autres, voulant combler le public par la générosité et un rythme qui décoiffe. Le résultat final a tout du nanar horrorifique, mais l’immoralité constante qui imprègne le projet le rend diablement sympathique, au point de l’avoir noté mieux que son prédécesseur. Enfin, après un troisième opus que je n’ai pas vu (mais qui s’annonce très chiant parce que tout a été fait dans le 2), un remake a vu le jour, et se révèle être un produit formaté incapable de la moindre ambiguité, un film d'horreur archétype du remake moderne. Un point qui risque fort d’agacer encore des générations de cinéphiles adeptes de « l’original, point barre ».

 

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Amityville, la maison du diable : Avec un premier film d’horreur de cette trempe, la saga était parti sur de bons rails. Pourtant, j’ai toujours du mal à me positionner face à ce spectacle intéressant sur bien des points, mais aussi assez étrange dans son approche des faits. Dans ce premier film, point de démonstratif. On part d’une situation initiale très classique d’emménagement d’une famille dans une maison où a eu lieu un fait divers terrible : le meurtre complet d’une famille. L’évocation des faits fait froid dans le dos, mais en voyant la beauté de la baraque, n’importe qui accepterait de la payer au rabais. Et c’est là que les choses commencent à se corser. Mais en douceur. Ce sont toujours des petites touches étranges qui viennent parasiter le quotidien de notre famille. Des faits qui semblent d’abord s’expliquer logiquement, mais qui deviennent de plus en plus étranges au fur et à mesure de leur persistence. Par exemple, les mouches se feront de plus en plus présentes dans certaines pièces. Et plus troublant encore, un prêtre venu pour bénir la maison sera pris de malaise et commencera à soupçonner quelque chose de louche dans l’affaire. Mais si les phénomènes parasites sont nombreux, les causes restent évasives. On ne saura jamais vraiment ce qui a fait le passé de la maison, le pourquoi des phénomènes qu’elle abrite. Aussi, le dénouement me laisse un peu déçu, la famille finissant simplement par déménager, épouvantée par tous ces phénomènes qu’elle n’arrive pas à contrôler ou à faire disparaître. Mais si, dans la globalité, je trouve l’ambiance réussi, mais le film mou et manquant de relief, certaines scènes parviennent à impressionner, ou à défaut à faire sursauter. La scène des yeux à la fenêtre est par exemple la douche froide qui m’a réveillé d’une séquence précédente un peu longuette. Si le rythme est lent et que l’ambiance ne m’a pas accroché comme a pu le faire La maison près du cimetière, il reste toutefois de bonnes bases dans ce premier Amityville, qui a l’air d’être le film le plus effrayant de la saga, et en tout cas le plus crédible.

 

3.5/6

 

1979
de Stuart Rosenberg
avec James Brolin, Margot Kidder

 

http://www.linternaute.com/cinema/film/dossier/films-qui-vous-ont-fait-peur/images/amityville.jpg

 

Amityville II, le possédé : Voici pour moi un grand moment de plaisir, car ce chapitre d’Amityville est tout simplement mon préféré. Oubliez toute dimension horrorifique en pénétrant dans ce film, il s’agit d’une œuvre d’exploitation. Pas à un seul moment le spectateur n’aura peur. Din de Laurentiis a compris qu’il y avait un public pour les maisons hantées, et que tant que le fer est chaud, il faut le battre. Ainsi, Amityville II reprend les mêmes éléments que le premier, en brûlant ses cartouches avec l’enthousiasme d’un rambo débutant. Comprenez par là que ce film est un véritable catalogue de procédés, un cahier des charges monstrueux qui vous balance une intervention démoniaque toutes les deux minutes. Si on n’évite rarement le ridicule, impossible de dire que l’on s’ennuit dans ce film, l’histoire ne cessant jamais d’avancer. C’est simple, dès le premier jour d’arrivée de notre famille dans la maison, le lavabo se met à pisser du sang, les glaces se mettent à se briser, des bruits résonnent dans les planchers, une mystérieuse trappe dans la cave ouvre sur une cryte boueuse d’où sort des cris d’âmes torturées et des caméras qui font des plans subjectifs en steadycam comme dans Evil Dead. Et tout ça en 20 minutes ! Dès la première nuit, une caméra subjective recouvre le crucifix du couloir, peint des messages blasphémateurs dans la chambre des enfants (avec en plus des allusions à la secte de Charles Manson totalement hors-sujet : le « Pigs » est un grand moment de rigolade). Et là, le père se met à battre ses gosses de 10 ans avec son ceinturon, il bat sa femme avec entrain, les enfants hurlent, et l’aîné, en proie à une sorte de possession nanarde, se met à braquer son père avec un fusil chargé. La destruction de la cellule familiale, c’est beau, mais on n’en demandait peut être pas autant. Et le film de continuer sur cette longueur d’onde, en déballant avec l’énergie d’un possédé des concepts aussi bancals que jouissifs. Ainsi, alors que la famille est de sortie à la messe (et que l’aîné reste seul à la maison) ce dernier est victime d’une possession d’un démon d’Evil Dead. Comprenez par là qu’on retrouve exactement les mêmes effets caméra que dans le film de Sam Raimi, et qu’on aime ça. Et une fois le gamin possédé, la maison ne se sent plus pisser. Les tuyaux explosent, les meubles volent, le lit se met à tourner tellement vite qu’on explose de rire, la chaudière éclate, de la cave jaillissent de gigantesques flammes… C’est un véritable cyclone qui s’abat sur la maison, le démon ayant envie de marquer le coup parce que ca y est, j’en ai eu un ! Et on poursuit dans l’immoralité totale avec l’apparition d’un inceste assez surprenant au vu de la censure de l’époque. Mais rien de bien méchant, la naïveté de la sœur se prêtant au jeu de l’inceste faisant immédiatement rigoler, cette dernière se déshabillant devant son frère sans le moindre doute alors qu’elle doit avoir la quinzaine. Et le frère d’y aller d’un « Tu es la plus belle fille du monde, je crois… » « Tu le crois seulement ? Tu n’es pas sûr ? » « Enlève ta chemise de nuit. Là je serai sûr… ». Et enfin, le prêtre débarque pour bénir la maison. Et là, son eau bénite se transforme en sang. Pas de doute, cette putain de maison satanique est hantée. Mais le clergé est dubitatif. Pas besoin d’un scandale avec un exorcisme, on a déjà donné. Et alors là a lieu la scène du carnage du film, où notre possédé zigouille tout simplement toutes les personnes vivantes qu’il croise. Et le meilleur, c’est que c’est totalement immoral, les enfants en bas âge étant loin d’être épargnés.  Ces moments de bravoure surprennent, et rendent le spectacle diablement attachant, à défaut des terreurs promises. Un charme démonique s’empare de nous, et cela jusque dans le final pompé sur L’exorciste, où notre prêtre finit par vaincre le Mal à sa façon et où le rez de chaussée explose carrément (le Mal est en colère, ça se sent). Un pur film d’exploitation complètement gratuit, mais aussi tellement jusqu’auboutiste qu’il en devient sataniquement séducteur. Allez, soyons généreux !

 

4/6

 

1982
de Damiano Damiani
avec Burt Young, Rutanya Alda

 

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Un sacré moment de rigolade, mais quand même, quelle provoc !

 

The Amityville horror : Lors de la rédaction de l’introduction, j’avais de bons souvenirs de ce remake. Mais en le revoyant, difficile de camoufler une certaine rage tant ce film accumule les procédés du remake moderne les plus stéréotypés. Par là, comprenez que rien ne fait vraiment peur dans ce film, qui mise tout sur des effets jump scare pas particulièrement payant, quand ils ne sont pas pompés sur d’autres films. Et dès le début, on  sent qu’on a affaire à un produit formaté, inoffensif et taillé pour un public pas encore lobotomisé par Paranormal activity. La présentation des personnages est à peine convaincante, le contexte de famille recomposée n’étant ici prétexte qu’à de vagues tensions entre le nouveau père et l’aîné. Bref, la petite famille espère que le déménagement va arranger les choses, sauf qu’ils se plantent en choisissant la maison d’Amityville. Si la sobriété est de retour dans le script (quelques petits détails qui émaillent la peinture en début de film), on bascule rapidement dans la logique du remake sans âme. Le problème, c’est que ce n’est plus Amityville qu’on remake, mais bel et bien Shining. Entre le petite fille qui voit des fantômes de morts atroces, le père qui commence à devenir agressif, à péter un câble et la mettre en danger la vie de ses gosses, et Jimmy Bennett qui croise une vieille toute ridée dans la salle de bain (scène calquée sur la séquence mythique de Shining), Amityville a des doux airs d’arnaque ambulante, de pantin inoffensif qui singe ses aînés sans parvenir un instant à retrouver un climat effrayant. Si certaines images sont intéressantes (la gamine qui se pend au dessus du lit, c’est plutôt bien trouvé), l’ensemble peine vraiment à convaincre sur toute sa longueur. Si encore il y avait un mort ou deux… Mais non, jamais ! On va se coltiner les cris de tout le casting pendant deux heures. Jimmy Bennett ou pas, voilà un film qui se gâche totalement par des partis pris clichés et un manque d’inventivité qui glace. Même l’humour a du mal à dérider (avec l’intervention d’une baby sitter dont la fin est tellement bâclée qu’on en rigole encore). Toutefois, il faut reconnaître au film une envie d’être original avec l’explication du phénomène (car il nous faut une explication de nos jours, aussi abracadabrante soit-elle), même si cela n’explique pas vraiment toutes les apparitions fantomatiques du film. Pour ainsi dire, la seule séquence impressionnante aura lieu sur les toits de la maison, le reste relève du film de grincements dans toute sa splendeur. Un gâchis.

 

1/6

 

2005
de Andrew Douglas
avec Ryan Reynolds, Melissa George

 

http://images4.static-bluray.com/reviews/3301_3.jpg

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 11:54

http://img7.hostingpics.net/pics/300590vidq.jpg

 

Avec Vidocq, Pitof, technicien en effets spéciaux, s’essaye à un long métrage ambitieux, puisqu’il propose une relecture amusante et fantasmée du Paris des années 1830. Des ambitions qui nous laissent intrigué à l’approche du projet, mais qui se retournent rapidement contre lui une fois que le visionnage a commencé. Tourné en 2001, le film fait déjà vieux, daté, et les acteurs qui le traversent auraient pour beaucoup mieux fait de s’abstenir.

L’histoire : le biographe de Vidocq enquête sur la mort de ce dernier, retraçant de fil en aiguille la dernière affaire qui lui coûta la vie…

 

http://www.dvdtimes.co.uk/images/vidocq3.jpg

 

Nous voici donc conviés à une grande enquête au milieu d’un Paris assez fantasmé, mais qui fait parfois des efforts. Ainsi, si les gros plans télévisuels hideux s’amoncellent de ci de là (l'utilisation de la caméra numérique est brouillonne, le film innovant sur l'utilisation de caméra numérique), il y a quelques cadrages appliqués, quelques bons moments qui sauvent le film de la noyade. Le meilleur exemple doit être l’introduction. Alors qu’un Depardieu bovin  traverse une foule de figurants, la caméra s’attarde sur des tas de détails inutiles, comme pour meubler dynamiquement une séquence plate à la base. Puis a lieu l’affrontement avec notre mystérieux assassin. Et là, c’est parti ! Abandonnant toute cohérence, le film nous livre un beau combat, à la fois stylisé et percutant, qui augure du meilleur pour l’avenir. Malgré les flammes numériques qui trônent au milieu de la pièce, cette séquence est une réussite. Mais voilà, elle finit par se terminer, et on replonge alors dans le tout-Paris avec ses parisiens crasseux. Au moins, aux alentours de quelques plans, on croirait sentir l’odeur de pisse de la capitale (un bourbier infect à l’époque), certains décors faisant des efforts de cohérence. Mais sinon, Pitof a pris le pari légèrement suicidaire de réaliser la plupart des décors en images de synthèse, et cela bien avant 300. Résultat : la moitié des plans du film sont moches, parce que l’on grille immédiatement qu’ils ont été fait en numérique, qu’ils n’ont pas la moindre perspective et qu’ils sonnent faux. On a rapidement l’impression de voir un film de studio qui essaye de passer pour une grande fresque alors qu’il n’en a pas encore les moyens techniques (car on sent du budget derrière le projet). M’est avis que Pitof a vu le Pacte des loups, et qu’il en a conclut qu’on pouvait faire un divertissement permissif à une époque de notre choix sans faire de la merde pour autant, tout en appliquant les leçons du père Jeunet sur l'esthétique globale. Mais Gans a un talent fou, il sait doser ses effets, monter des reconstitutions historiques de qualité, et surtout, qui ont la classe. Ici, tout sonne faux, comme dans une sorte de TVfilm historique d’un programme quelconque. Pitof a beau essayer de nous intéresser à une intrigue marrante (des personnages victime de foudroiement), impossible d’y croire une minute tant les effets spéciaux ont peiné à l’illustrer. Et maintenant, j’en viens à l’un des plus gros problèmes du film après les décors : les acteurs. Le casting essaye de prendre des valeurs sûres du cinéma français. Mais encore, si Depardieu (qui a pris un peu de poid) fait des efforts dans son rôle et tente de passer pour un détective charismatique, personne dans le film (à l’exception du tueur muet) ne peut rivaliser avec lui. Guillaume Canet est un gringalet sans la moindre once de sympathie, André Dussollier cabotine dans un rôle de politicar complètement à côté de la plaque. Mais la palme doit revenir à l’assistant de Vidocq, une espèce d’armoire à glace basanée qui parle fort avec de l’argot et qui empoigne tous les gens à qui il parle pour avoir l’air menaçant. En plus de son sur-jeu difficilement tolérable, le personnage nous gratifiera d’une scène nanarde qui m’a fait exploser de rire : la séquence nichon au bord de la rivière, où la caméra cadre de façon la plus maladroite possible des nichons pendant que notre assistant émet des onomatopées avec sa bouche. Hallucinant de voir ça dans un film soit disant un poil sérieux. Si Vidocq avait quelques ambitions, il les ruine en abandonnant les pistes politiques et en nous entraînant sur la voie de la vengeance. Et c’est bien dommage, car malgré la laideur de l’ensemble, certains plans de Vidocq parviennent à saisir une certaine beauté (certains intérieurs rococo passent très bien). Mais dans la globalité, le film est un ratage qu’on tend aujourd’hui à oublier, à juste titre…

 

1.5/6

 

2000
de Pitof
avec Gérard Depardieu, Guillaume Canet

 

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/23/05/69215343_ph6.jpg

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 11:39

http://www.1kult.com/wp-content/uploads/110508_FemmeObjetPoster-425x605.jpg

 

Le porno est une tranche du cinéma qui a toujours fait débat sur sa « légitimité », la mise en scène de la fornication à des fins d’excitation n’étant pas admise comme une interprétation artistique recevable. Ce qui n’a pas empêché ce cinéma de se développer pendant les années 70 (il existait déjà auparavant, mais dans des cercles assez fermés), particulièrement avec l’évolution du statut des femmes dans la société et des droits qu’elles ont réussi à obtenir. En France, Emmanuelle doit être la saga la plus connue, surfant sur des thèmes comme la libération des mœurs. Mais peu à peu, ce cinéma a périclité, boursouflé par l'émergence d'internet, des vidéos amateurs de qualités immondes ou par des travaux sans queue ni tête se focalisant sur la surenchère en lieu de chercher des idées à illustrer. Alors que certains tentent aujourd’hui de relancer la bête (Gaspar Noé y fait de nombreuses références, Bruce Labruce commence à faire parler de lui…), certains films sortent du lot, comme ce fût le cas de La Femme Objet, ressorti l’an dernier pendant les hallucinations collectives…

L’histoire : un homme cherche à satisfaire son appétit sexuel insatiable auprès de nombreuses compagnes.

 


 

Après un certain temps de réflexion, j’essaye de lancer des réflexions sur cet objet amusant et transgressif, qui utilise les codes de la pornographie en virant en milieu de parcours sur un récit science-fictionnel assez intriguant. Pour ce qui est de la première partie, le film annonce le ton : nous partons sur des bases de fantasme masculin. Notre personnage principal est un homme d’âge mûr, un écrivain, dont la principale préoccupation est la satisfaction de son désir sexuel. A se demander comment il trouve le temps d’écrire, car il ne fait pour ainsi dire que passer du bon temps avec ses compagnes du moment. Le souci, c’est qu’elles finissent toutes par se lasser des besoins impétueux du mâle, dominant à tous les instants le récit. Si cette base ne fait que balayer des fantasmes déjà connus et essentiellement misogynes, la photographie soignée et la bande originale électronique nous assurent une bonne qualité d’image. La mise en scène est assez professionnelle, ne négligeant pas l’humour (quelques dialogues parfois très drôles qui jouent beaucoup sur le décalage avec les situations porno) et désirant toujours rester esthétique. Et arrive enfin la partie SF, où notre homme, tel un docteur Frankenstein d’une nouvelle ère, conçoit une femme objet, un jouet grandeur nature sensé répondre à tous ses désirs. Et c’est parti pour voir une blonde en plein ébat dans des tenues affriolantes, qui devrait enflammer l’imagination des spectateurs masculins. Mais si le rythme semble privilégier les désirs masculins, on verse peu à peu vers une inversion des rapports de force, l’homme devenant esclave de son désir insatiable. Ainsi ce film retourne-t-il lui aussi vers les visées féministes de son époque, mais dans son cheminement, il reste assez intéressant, n’hésitant pas à incorporer du fantastique dans sa trame et osant des allégories porno assez amusantes (la femme objet léchant la télécommande sensée la contrôler, sous le regard impuissant de l’homme maintenant frustré). Le quotas de scènes porno est en tout cas assez conséquent dans ce film, il n’est donc évidemment pas à conseiller aux publics mineurs. Toutefois, il y a là matière à trouver un objet atypique, au message certes admis, mais beaucoup plus audacieux que beaucoup de ses congénères.

 

4/6

 

1982
de Frédéric Lansac

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 11:33

http://imworld.aufeminin.com/cinema/tha-eastsidaz-le-dogg-se-dechaine-4128_L.jpg

 

Avec Tha East Sidaz, le nanardeur patenté peut contempler un visage intéressant du nanar : celui du doublage et du cliché à gogo. Etrange que Snoop Dog se soit fourvoyé en jouant dans cette merde intersidérale, mais maintenant qu’il a fait la connerie, pourquoi s’en priver ? Si le film est clairement moins bon que ce que la chronique de nanarland pouvait laisser supposer, c’est aussi parce que le côté nanar du film réclame de l’endurance. Aussi, pour mieux l’apprécier, peut être serait-il avisé de conseiller de le voir en plusieurs fois, avec pas trop d’intervalle entre les parties pour ne pas perdre le fil du récit.

Warning : this critique contient some explicite langage.

L’histoire : Yo mother fucker ! Les négros se déchaînent dans la ville, y a Crackle qui fait un coup de pute à Killa Pop, le king des pâtés de maison du coin, pour trouer des salopes à sa place. Mais Killa pop va lui niquer la gueule à cet enculé.

 

http://content.internetvideoarchive.com/content/photos/371/015603_7.jpg

 

Ce qui est très drôle dans East sidaz, c’est le doublage français, qui nous gratifie de dialogues pour le moins efficaces. Jugez par vous-même de ce dialogue capital entre Killa pop et son pote Young Loc : « Tu vois, y avait une salope qu’était en train de me sucer, puis elle s’arrête pour me dire que ma queue avait un goût salé. Tu sais ce que je lui ai dit ? » « Non… » « Je lui ai dit : Tu fais de l’hypertension ? » « Ha ha ha. » « Elle me répond non. Alors continue de me sucer, sale chienne ! » « T’as dit à cette salope la vérité, mon gars ! ». Alors, ça ne fait pas rêver, de beaux mecs virils comme ça ? Le doublage français est tout simplement exceptionnel, nous gratifiant d’agressions verbales gratuites toutes les minutes. Quand il ne s’agit pas d’agressions physiques où notre héros tabasse un client dans une épicerie avant de se justifier par un « Je lui devais bien ça à cet enculé ! Il m’avait fait virer de l’équipe de basket au lycée. » Ce à quoi un de ses amis répondra « Ouais, mais ça m’embête de partir. Y a deux bonnes salopes qui attendent dans ma caisse. Je vais chopper une grosse boite de capotes puis je me casse en mission. » C’est l’hallucination totale quand on s’interroge un minimum sur l’image qu’a envie de donner le réalisateur de la communauté afro-américaine. Conscient de vouloir nous insérer dans un décor réaliste, Michael Martin nous filme une bande de noirs qui passent leurs après-midis dans un garage à jouer aux jeux vidéos, à s’insulter et à s’appeler tous « négro ». Il faudrait que je fasse ça dans ma classe un jour, je sens que je m’intègrerai tout de suite bien avec les populations bronzées… Sans parler du rôle des femmes, ici cantonnées aux fourneaux histoire de préparer de bons spaghettis à la viande à leurs époux. Et pour financer tout ça ? Mais la beu, chers amis ! L’économie souterraine, le trafic de la weed, les deals entre gangs ! Et dans cette lutte du pouvoir, Crackle a décidé de se faire sa place en niquant par derrière Killa pop, le caïd de la région. Ce dernier part donc en tôle après un coup monté. Voici pour nous encore une nouvelle facette du monde des blacks : la prison. En effet, quel noir n’y a pas passé quelques jours, aux Etats Units ? Il faut se rendre compte de combien le film brise les clichés qui veulent que les noirs soient des gens normaux. Les noirs de Tha East Sidaz font du rap en prison, ils s’appellent tous négro, et dès qu’ils le peuvent, ils font preuve de violence car le respect, ça s’impose comme ça. Dit comme cela, en plus des ambiguités idéologiques douteuses concernant les communautés afro-américaines, Tha East Sidaz a l’air d’être un nanar de compet, un film tellement con qu’il en devient unique. Cependant, le film présente une certaine tendance à lasser, notamment parce que sesartifices nanars se renouvèlent peu. Si on notera quelques beaux moments de nanardise (comme une évasion à base de sciage de barreaux avec un fil de fer absolument normal), l’usage omniprésent des grossièretés finit par lasser, le spectateur voulant plus que jamais abréger ses souffrances. Le film faisant 90 minutes, il est donc conseillé de le couper en deux, en trois, voir en lamelles de 10 minutes si vous voulez vraiment profiter épisodiquement de ses charmes. Toutefois, Tha East-sidaz n’est pas un film à dédaigner si vous aimez qu’on parle des blacks comme des « putains d’enculés de négros » qui « trouent des salopes » à tour de bras. Affichant régulièrement des fautes de goûts scandaleuses, le film est à conserver précieusement si il passe à votre portée. Toutefois, je vous déconseille l’achat, et pour encourager Snoop Dog, on vous recommandera plutôt ses albums ou ses contributions au cinéma pornographique.

 

0/6 mais un relatif 14/20 nanar

 

2000
de Michael Martin
avec Snoop Dogg, Tray Deee

 

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Un négro qui a la classe, putain de merde !

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 19:51

http://www.filmsfix.com/wp-content/uploads/2010/12/L-Eleve-Ducobu-film-affiche-poster-01.jpg

 

Allez, une bonne tranche de comédie (car il faut  rire, ça permet d’oublier la politique) avec un film prévu pour toute la famille : L’élève Ducobu. Un divertissement de qualité comme on les aime en France, puisqu’on y trouve des personnages charismatiques (un gosse de 10 ans fier de tricher pour gagner) et des acteurs aux talents inénarrables (Elie Sémoun), qui nous ont pondu peut être la meilleure adaptation de bande dessinée depuis Spawn. Attachez vos ceintures, le détour risque de vous plaire. Lol !

L’histoire : un merdeux de 10 ans vit de tricherie et devient le merdeux le plus cool de sa classe, dirigée par un Elie Sémoun qui crie et une première de la classe qu’on veut nous faire prendre en grippe.

 

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Oh, c'est TF1 qui a produit le méfait...

 

L’élève Ducobu, comme nous l’explique le générique qui frise le génie au même titre qu’un Arrête de ramer, t’attaques la falaise, on sent immédiatement un vent de bouffée nostalgique qui imprègne la pellicule, filmant ses salles de classes avec une nostalgie qui privilégie l’esthétique tévéfilm deluxe, histoire de se parer d’une approche pop qui va faire djeune mâtiné de hype. Pour le héros, on va donc prendre un mouflet capable de deux expressions faciales (sourire complice / angelot innocent) qui va nous faire partager sa vie trépidante d’échec scolaire qui s’assume comme tel, préférant largement le confort du cocon familial sans soucis pour le lendemain plutôt que de bosser un seul jour dans l’année. Bref, chez les jeunes, ils s’y retrouveront parce qu’ils verront un glandeur comme ils ont toujours rêvé de l’être, et chez les vieux, peut-être trouveront-ils une fibre nostalgique pour une petite tricherie qu’ils auront commise pendant leur enfance. Mais hélas, le spectateur n’est pas dupe. Devant une adaptation de bédé aussi paresseuse, dur de se retenir de bailler à de nombreuses reprises, tant il semble évident qu’à tous les instants, le film se fout d’avoir un public ou non. Il enchaîne les gags comme le ferait la bande dessinée, avec simplement des transitions entre chaque page du storyboard, qui doit être une compilation des premiers tomes de l’Elève Ducobu. A la réalisation paresseuse vient se greffer le charme naveteux d’acteurs de renoms. Outre le gras du bide insupportable, nous aurons droit à Elie Sémoun qui braille à chacune de ses interventions, basant son comique sur principalement un décalage : celui du volume sonore. Plus on monte haut dans les décibels, plus l’effet comique doit payer. Il y a un public pour Elie Sémoun, mais ici, ses interventions tiennent du cabotinage naveteux dans une splendeur encore rare de nos jours (mais on a bon espoir de voir encore des Disney Channel au cinéma). Quant à la professeure de musique, elle louche quand elle enlève ses lunettes, et nous sommes sensés nous décrocher la mâchoire. Mais c’est avec la première de la classe que le film parvient à des sommets du navet. En effet, hors de question de montrer la réussite scolaire comme une réussite. On est dans une comédie divertissante, l’inversion des valeurs est donc de mise. Ainsi, la première de la classe est une morveuse focalisée sur sa réussite qui se coltine pour mère une espèce de frisée guimauve au sourire miévreux, que le film veut nous faire détester par tous les moyens. Ces tentatives de manipulations, assez foireuses depuis le ratage Harry Potter 5 et sa Dolores Ombrage de pacotille (qui ne parvenait jamais à être castratrice), continuent de perdurer (dernier exemple en date : hunger games), et cela pour le plus grand désespoir des amateurs de personnages subtils. L’élève Ducobu, c’est le degré zéro de la subtilité, un espèce d’humour gras et infantile étalé sur une longue tartine sans la moindre finesse, telle une couche de nutella d’un centimètre d’épaisseur. C’est l’adaptation franchouillarde, la comédie molle, le divertissement boursouflé et malléable que l’on peut proposer partout à n’importe quelle heure à n’importe qui sans risquer de blesser avec des côtés saillants. Je ne sais pas très bien pour vous, mais moi, ça m’étouffe. Oh, que vois-je ? Une suite va bientôt sortir ?...

 

0/6

 

2010
de Philippe de Chauveron
avec Elie Semoun, Joséphine de Meaux

 

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L'art de faire du cliché une règle d'or...

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 19:41

http://www.horscircuits.com/boutique/client/gfx/photos/produit/hc414_833.jpg?PHPSESSID=4ec2058e1c92db5d6d400f38d88f4498

 

L’un des premiers long métrages d’Andrey Iskanov est Nails. Une sombre histoire tordue qui vit surtout par son postulat de départ assez classique et propice à un film « underground », avant de virer au trip de folie, jouant sur le noir et blanc et les couleurs, ainsi que sur la bande originale qui trouve à nouveau une importance primordiale dans l’œuvre d’Iskanov. Le résultat reste en tout cas jubilatoire, même si le rythme peine parfois quelque peu à avancer.

L’histoire : un tueur au service du gouvernement rentre chez lui après une bonne journée d’exécutions, taraudé par un mal de crâne insidieux. Rien ne parvenant à calmer sa douleur, notre tueur tombe sur un article traitant d’un type s’étant enfoncé des morceaux de métal dans la caboche…

 

http://storage.canalblog.com/12/91/847944/74277584.jpg

 

Comme introduction, nous avons donc un postulat aussi simple que bancal, qui semble annoncer de prime abord un film très expérimental, mais aussi un brin clippesque (le tueur a des mouvements très accélérés, très je-me-la-pète, comme une sorte de Matrix monté en stroboscopique). Mais rapidement, le ton change, virant sur un trip assez étrange : le fait de s’enfoncer des clous dans la tête pour calmer un mal de crâne. Un remède de grand-mère plutôt efficace, mais qui semble chargé d’effets secondaires. En effet, notre tueur, après sa première trépanation maison (un poil lente à se mettre en place) commence à voir le monde en couleur, perturbé par des hallucinations complètement what the fuck, qui jouent beaucoup sur la lumière et les couleurs criardes. Le quotidien de notre héros s’en trouve alors altéré. La nourriture qu’il avait l’habitude de consommer semble n’être constituée que d’ingrédients repoussants (avec prédilection pour la gelée de couleur, histoire d’emballer le tout). Les livres qui avant affichaient du texte se transforment en fouillis coloré indescriptible (en vrai, un bouquin de papiers peints psychédéliques, mais ça le fait sur le coup). En bref, avec ce clou dans la tête, notre tueur a touché quelque chose dans son sub-conscient, et il se met à percevoir une réalité différente. Fissa, il accentue donc le phénomène en se plantant d’autres clous dans la caboche, et en se trépanant un peu au passage avec une perceuse, ce qui nous gratifiera d’une gentille scène gore. Mais tout se corse quand il fera face à une prostituée venant souvent dans son appartement, qu’il voit dès lors comme un monstre menaçant. L’occasion de nous montrer un combat assez allumé en termes visuels, qui nous offrira du gore psychédélique étrange, qui annoncent en tout cas le décalage de la fin, qui place dès lors notre personnage comme un malade mental (on pouvait s’en douter) sans que sa perception d’une autre réalité ne soit niée. En quelque sorte, il est jugé comme fou alors qu’il ne semble pas l’être complètement. Bref, résumé comme cela, c’est linéaire, et pourtant, le film parvient à retranscrire de belles ambiances comme aime chez Iskanov, sans toutefois parvenir à égaler en termes d’intensité les délires de Visions of Suffering, qui allait lui beaucoup plus loin dans ses trips cauchemardeux. Un bel OFNI, mais pas vraiment de quoi crier au génie, POAK se révèlera beaucoup plus passionnant.

 

4.5/6

 

2003

de Andrei Iskanov

avec Andrei Iskanov,alexander shevchenko

 

http://www.filmbizarro.com/screenshots/nails/nails2.jpg

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 19:34

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Enfin vais-je pouvoir aborder un très grand film d’aventure, qui a fait dormir ma famille pendant deux heures alors que je dévorais littéralement la pellicule qui défilait devant moi : Voyage au centre de la Terre. Pas cette connerie numérique avec un Brendan Frazer en roue libre, mais un grand film d’aventure des années 50 avec un John Mason jouant l’égo surdimensionné d’un expert en géologie. Un spectacle kitch complet, avec des projecteurs planqués derrière chaque stalactite pendant toute la descente, et des révélations scientifiques aujourd’hui quelque peu fantaisistes, mais toujours divertissantes.

L’histoire : le professeur Lindenbrock s’embarque, avec un de ses étudiants, une veuve et un allemand viril, dans la plus fantastique épopée géologique de tous les temps : le voyage jusqu’au centre de la terre !

 

http://2.bp.blogspot.com/-6Kv4P7kyIQM/TglCPnT_tcI/AAAAAAAAAdM/Fh0olrX1TfU/s1600/voyage_au_centre_de_la_terre_journey_to_the_center_of_the_earth_1959_reference.jpg

 

L’épopée en question prend déjà 40 minutes à être préparée, car il faut déjà fixer un point de départ, ici plutôt fantaisiste (comme dans le livre) mais rigolo. Un scientifique a déjà fait le voyage jusqu’au centre de la Terre, mais étant décédé sur le chemin du retour, son pendule en roche volcanique très solide s’est retrouvée éjectée dans une bombe de lave à proximité d’un volcan, puis la roche en question a été ramassée par un étudiant en géologie qui a rapporté le spécimen au professeur Lindenbrock, qui se voit déjà titulaire d’un Nobel de géologie. Une fois que tout ce petit monde s’est extasié de la découverte, l’expédition se monte, mais elle est ralentie par un concurrant peu scrupuleux, qui a compris qu’il était moins fatiguant d’espionner les autres plutôt que de chercher dans son coin. Et voilà nos gentils et nos méchants, qui s’engagent dans la même galerie pour atteindre le centre de la terre.Malgré plusieurs rebondissements dramatiques majeures, impossible de tenir un rythme plus décontracté, où l’on peine à croire nos héros en danger. Mais c’est le kitch des lieux qui suscite le plus de capital sympathie pour ce film d’aventure. La moitié des décors puent le carton plâtre (mais vraiment, c’est du papier marron un peu froissé pour donner l’illusion d’une roche, ou du papier alu pour faire un minéral brillant, ou encore les bons vieux rochers en polystyrène qui dévalent des pentes en rebondissant dès qu’ils touchent une parois (qui s’enfonce sous le choc)). J’ai surement l’air de casser le film, mais je ne peux m’empêcher de le revoir régulièrement, l’ambiance caverneuse très éclairée ne suscitant jamais un sentiment de claustrophobie, mais plutôt celui d’un calme relatif au sein des entrailles de mère nature. Avec des scènes cultes comme la forêt de champignons qui servent à fabriquer un radeau, l’apparition de combat de dinosaures (des iguanes avec un aileron en carton collé sur le dos), d’un champ magnétique qui attire l’or (un métal non magnétisable) et des ruines de la cité d’Atlantide, cette production estampillée Jules Vernes a tout pour faire rêver le public (et vu que le rythme est lénifiant, il se peut que certains commencent carrément pendant la séance). Avec un final qui surpasse en fantaisie tout ce qui précède (nos héros sont propulsés par la lave dans la cheminée d’un volcan, qui se révèle large, ronde et droite jusqu’au sommet du volcan, à plusieurs kilomètres au dessus), le spectacle peut s’affirmer comme un divertissement kitch complet, doublé d’un capital sympathie énorme, autant pour ses décors que pour ses acteurs, des clichés de premier ordre (à l’exception de la femme qui tente de faire quelques efforts de parité, tout le monde joue la carte de la surenchère, comme le jeune étudiant, qui se lance dans un solo de piano totalement hors-sujet pour tenter de séduire sa promise…). Une valeur sûre !

 

5/6 en mode rêveur (mais un 3/6 me semblerait plus objectif)

 

1959
de Henry Levin
avec James Mason, Pat Boone

 

http://www.fotokino.org/IMG/arton902.jpg

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 19:48

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Pour les rares qui se demandaient où en était le projet Attack of the Killer Weed (voir le script dans la rubrique Créations personnelles), sachez qu'aujourd'hui, 45 minutes du film sont déjà en cours de montage, soit un peu plus de la moitié. En continuant après les partiels de Mai (un aléa de la vie étudiante), nous serons donc en mesure de proposer un long métrage complet pendant les vacances. Concernant la qualité du long métrage en question, elle est très mauvaise. Si nous avons fait des efforts sur certains côtés nanars (qui sont à la hauteur du budget : zéro euro), certains acteurs jouent cependant mal leur rôle nanar, ce qui est un peu lourd. Mais je tiens à rassurer les éventuels spectateurs, si c'est atterrant de stupidité, on ne s'ennuie jamais. Voici donc le premier projet d'affiche (dessinée pendant un cours de Chimie en collaboration avec une dessinatrice hors-pair dont nous tairons l'identité) et le trailer, tourné en 20 minutes avant un cours. Tourné spécialement pour l'occasion, j'espère que les éclaboussures de Beauval (vin rouge issus de différentes zones de l'union européenne) vous convaincrons, parce que je n'étais pas convaincu pendant le tournage...

 

le trailer

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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