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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 13:36

http://mskstatic.com/386/515/medias/photos/programmes/moins_de3420000/3402099/the-unborn-2-ne-pour-tuer.jpg

 

Roger Corman a pu faire de bons films (Le masque de la mort rouge, mais aussi bientôt sur ce blog L’enterré vivant), mais il a surtout produit un paquet de petits films, avec des ambitions plus ou moins grandes. On se souvient d’un certain The Unborn, où on nous parlait de bébés monstrueux. Manque de bol, ils reviennent dans The Unborn II, un film qui n’a pas froid aux yeux en détruisant les valeurs familiales de l’Amérique puritaine, le tout en maniant l’art de la nanardise qui impose immédiatement le respect. Un film pareil se doit d’être reconnu à sa juste valeur !

L’histoire : alors qu’une mystérieuse tueuse d’enfant écume le quartier d’une grande ville, une mère au foyer s’installe dans une nouvelle maison avec son bébé, qui nous semble tout de suite étrange parce que la caméra ne le filme pas.

 

http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2010/12/the-unborn-ii-poster.jpg

La caméra était pudique... on comprend mieux pourquoi !

 

Tout dans the Unborn II transpire la nanardise. Toutefois, le film tente de faire illusion 5 minutes en nous promettant apparemment du lourd, puisqu’on assiste en introduction à l’exécution sommaire d’un gosse dans un parc à jeux par une espèce de femme terminator qui déclenche l’hilarité. Cette dernière, comme Schwarzy, met des lunettes de soleil, demande le nom de la victime avec une voix grave avant de l’abattre sans sommations. La comparaison s’impose d’elle-même. En parallèle, on suit l’installation d’une mère au foyer seule, qui déménage dans un pavillon de banlieue, où elle est chaleureusement accueillie par ses voisins (de vrais pipelettes qui commentent tout ce qu’ils voient, et qui touchent autant d’objets qu’ils peuvent) et par leur fille, une rockeuse en cuir qui fume et qui va faire la baby sitter (en nous gratifiant d’une belle scène de sexe habillé, un classique du film nanar). Mais on sent que la caricature est volontaire ! On s’attend donc à une inversion progressive des valeurs, qui va nous enfoncer la mère de famille propre sur elle et qui va nous hisser la tueuse d’enfant comme une gloire nationale. Et la magie du cinéma finit par opérer, on a effectivement cette inversion des valeurs qui s’opère, mais en douceur, amorcée par l’enquête de policiers qui vont chercher des liens entre les victimes enfantines, qui se trouvent tous liés au docteur qui a pratiqué leur accouchement. Un vilain docteur qui a fait des expériences (probablement un traitement chimique du système nerveux) sur les embryons et donner naissance à des monstres. Sérieusement, il est impossible de ne pas rire quand on découvre la bouille du bébé, une espèce de marionnette difforme incapable d’avoir des mouvements fluides. Une horreur recouverte de placenta putrescent qui pue à 20 mètres et qui se nourrit de viande crue ! Tout réalisateur normalement constitué aurait dès lors eu la présence d’esprit de montrer au minimum le gosse, de la jouer Rosemary’s baby en somme. Mais non, quand on a vu à quoi ressemblait le môme, on verra toute ses attaques ! D’abord quand il égorge ses victimes quand elles essayent de le câliner, puis quand il court (des plans accélérés immondes) pour leur mordre les jambes. On sera tout simplement mort de rire devant le final hautement improbable où notre mère au foyer fait du catch avec un poupon en plastique, qu’elle décalque contre les murs avec une puissance qui tuerait n’importe quel maroufle en un coup. Finalement, on se tape l’explosion nanarde d’une maquette sensée être le pavillon de banlieue (mais la taille des flammes grille immédiatement le truc), et un dénouement gentillet qui apaise le spectateur, véritablement déchaîné par l’avalanche de nanardise qu’il vient de se prendre dans les mirettes. Merci Roger, on n’en demandait pas tant !

 

0/6 mais un correct 15/20 nanar !

 

1994
de Rick Jacobson
avec Michele Greene, Robin Curtis

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 13:32

Red

http://1.bp.blogspot.com/_dQikffHdNOA/TC3ZAklvuEI/AAAAAAAAAKs/nywt70kVhqE/s1600/red_movie_poster_tom_sizemore.jpg

 

Nouveau pavé dans la mare avec un film basé sur l’œuvre de Ketchum, un auteur d’horreur hard core toujours inédit en France. Il semblerait que notre bonhomme aime les situations malsaines et qu’il s’échine à défendre des points de vues qui dérangent, et qui reste en tout cas à mille lieues de la morale bienpensante traditionnelle. Si l’angle sous lequel Red attaque son sujet le place en deçà de ses frères et sœurs (un The girl next door traumatisant, un The Woman sulfureux…), son sujet n’en est pas moins couillu, puisqu’il s’affiche comme un brûlot engagé pour la mort de ceux qui maltraitent les animaux. Tuer un mec qui a tué un clébard. Un dilemme moral encore une fois ambigu sur lequel ce film s’aventure, en prenant toutefois largement ses distances.

L’histoire : Avery Ludlow est un septuagénaire dynamique, un paisible retraité qui vit dans un cadre bucolique et qui agrémente son quotidien de sorties pêche, accompagné par son fidèle Red, un chien affectueux d’une dizaine d’année. Cependant, Red est tué par un des adolescents du village, au cours d’un acte de violence gratuite.

 

http://img.filmsactu.net/datas/films/a/a/aaaa/xl/4767cfc3f1b89.jpg

 

L’engagement propre aux films inspirés des écrits de Ketchum se retrouve dans cette petite péloche, qu’on sera peu surpris de voir co-réalisée par Lucky Mckee, un fervent admirateur de l’écrivain. Toutefois, le style d’approche rappellerait plutôt Rob Reiner dans son approche posée de la communauté rurale que nous allons explorer. Le script est conscient qu’il traite avec un sujet politiquement incorrect : le droit de tuer quelqu’un suite à des violences sur des animaux. Il va donc slalomer sur la piste en explorant divers procédés. Tout va d’abord passer par l’acte de violence, tranchant radicalement avec le calme décrit dans la situation initiale, et l’acte en lui-même, gratuit et profondément révoltant. Mais Red ne reste encore qu’un chien. Il va par conséquent bénéficier d’une certaine humanisation, avec notamment l’anecdote d’un chasseur et de son fidèle compagnon, qui viendra renforcer l’attachement à l’animal. Mais ce sur quoi le film va jouer davantage, c’est sur l’apparente sous-estimation du délit en question. En effet, du côté de la Police, l’acte est à peine puni, d’une amende symbolique et de quelques jours de prison. Et quand Ludlow se confronte avec le père de la saloperie adolescente, ce dernier met toujours sa parole en doute, et ne proposera qu’une compensation financière aux demandes de notre retraité. Il n’est jamais vraiment question de justice, et c’est le déni constant du principal accusé et de sa famille qui agace de plus en plus dans le film. C’est en insistant principalement sur la mauvaise foi des coupables (qui ne cessent de répéter que ce n’était qu’un chien en niant toujours les faits) que le film va peu à peu nous les faire prendre en grippe, tout en développant le personnage de Ludlow, qui a connu une grosse tranche de souffrance avec la mort de sa femme et de son fils dans un incendie criminel). Son passé a donc été préalablement détruit par un acte gratuit, et c’est un nouvel acte de violence gratuite qui vient de détruire le nouveau « proche » qui vivait avec lui. Le film s’attaque ensuite à la vengeance progressive de Ludlow, qui compte beaucoup sur la stupidité de l’adolescent en question pour l’amener à commettre des erreurs et à attirer l’attention des autorités (le procès étant lancé, mais traînant en longueur). C’est à partir de là que le film commence à prendre des distances qui tranchent avec l’engagement du postulat de départ. En effet, Ludlow suit Danny (le gosse tueur de chien) pour lui faire peur et l’amener à provoquer, et c’est toujours ce dernier qui commet l’erreur qui aggrave la situation. Le film déresponsabilise régulièrement Ludlow en insistant sur la bêtise de Danny, qui tentera de frapper Ludlow en public, et qui ouvrira en premier le feu sur notre septuagénaire. Certes, c’est efficace, mais un peu facile, le flinguage final apparaissant alors comme un acte de légitime défense et plus comme une vengeance. D’ailleurs, le film insistera beaucoup sur les états d’âmes de Ludlow après les faits, sur ses regrets d’avoir tué 2 personnes (le troisième ayant été abattu par sa propre famille). Et pour faire encore passer la pilule, nous aurons aussi le frère du délinquant qui viendra s’excuser auprès de Ludlow, sans pour autant oser trahir sa famille. Un personnage finalement plutôt bien esquissé, même si son importance reste mineure au cours du film… Au final, Red (le nom du chien) n’est pas aussi choquant que les autres références du cinéma de Kechtum (même the lost pouvait se révéler plus efficace dans les faits, malgré sa longueur). Mais derrière un vernis plutôt classique et sans rythme (le film traîne parfois la patte pour en arriver aux faits), le politiquement incorrect est bien là : peut-on tuer au nom d’un animal ? La réponse est oui, mais uniquement si la personne impliquée n’est pas récupérable, ce qui semble apparemment le cas ici. Si l’ensemble manque de pêche, l’œuvre a sa place près des références précédemment citées, et malgré sa facture télévisuelle, le tout se révèle être un drame plutôt poignant et engagé. Sympathique, et parfait pour une initiation en douceur au style de Ketchum.

 

4/6

 

2009
de Trygve Allister Diesen, Lucky McKee
avec Tom Sizemore, Robert Englund

 

http://s.excessif.com/mmdia/i/92/9/red-10577929lrxck.jpg?v=1

Tiens, un visage connu !

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 13:24

http://www.dominiquebesson.com/photos_gm/masque-mort-rouge-pt.jpg

 

Alors que je faisais négligemment des courses au super marché, je constate qu’il existe un nouveau présentoir pour les dvds. Si les premières jaquettes n’ont rien d’exceptionnel (Insidious, Mad max, Je vais bien ne t’en fais, les Saw… bref, le classique du dvd alimentaire ou déjà vu), je constate rapidement qu’il y en a une entière réservée à la filmographie de Roger Corman ! L’enterré vivant, Le masque de la mort rouge… Diable ! Qu’est-il arrivé au directeur du rayon ? Il a été touché par la grâce ? Si l’enterré Vivant est encore dans sa jaquette, j’ai fini de visionner la copie restaurée du masque de la mort rouge, et le spectacle valait nettement les 10 euros du disque.

L’histoire : Prospero est un seigneur cruel qui maltraite régulièrement ses villageois, dont il méprise la pauvreté. Alors qu’un mystérieux individu drapé de rouge s’aventure dans la région, entraînant l’apparition d’une épidémie de « mort rouge », le prince se calfeutre dans son château avec sa dernière victime et sa famille.

 

photo-Le-Masque-de-la-mort-rouge-The-Masque-of-the-Red-Deat.jpg

 

Le film nous plonge immédiatement dans une ambiance gothique des plus sympathiques, avec ses décors de studios assez soignés et un goût pour les symboles qui marquent : la rose blanche qui devient rouge une fois un peu de sang versée sur elle. Très rapidement, le film lance les hostilités en montrant d’office le comte Prospero comme un tyran cruel méprisant totalement sa population et trouvant la jouissance dans la souffrance d’autrui. Vincent Price semble avoir trouvé le ton juste pour son personnage, puisqu’il l’interprète avec une telle classe qu’il efface immédiatement les pitoyables tentatives de satanistes qu’on ait pu voir ces derniers temps. Raide comme un manche à balai, toujours paré de vêtements merveilleux, le comte regarde son auditoire avec appétit, avant de choisir une victime et de se défouler dessus. Il ne fait pas bon se faire remarquer quand le comte est dans le coin, ce dernier s’attaquant aussi bien à ses vilains qu’à ses invités de marque. D’ailleurs, le portrait fait de la noblesse invitée par le comte Prospero est accablant. Ces derniers possèdent eux aussi les mêmes goûts pour la souffrance d’autrui (mais c’est le pouvoir qui semble motiver cette jouissance) et sont d’une humeur plutôt volage, s’adonnant à la luxure et à la moquerie aussi souvent que possible (à vrai dire, dès que le comte rabaisse quelqu’un, des torrents de rires pleuvent de tout côté). Très vite, le comte devient une figure emblématique du satanisme, pour les recherches sur l’homme qu’il effectue. Une petite précision s’impose. Le culte satanique, c’est louer Satan, l’ange déchu, et tout faire pour préparer sa venue). En revanche, le satanisme vise quant à lui à placer l’homme au rang de Dieu, par la Connaissance et le Pouvoir. Aussi, si le film mélange parfois les deux notions, Prospero apparaît vite comme un sataniste, puisqu’il tente de tirer des enseignements des souffrances qu’il impose à ses victimes, et qu’il semble impartial dans ses punitions (il rabaisse régulièrement la noblesse qui l’entoure, qu’il semble mépriser). Il prend aussi un malin plaisir à corrompre l’innocence, un thème qui reviendra régulièrement puisqu’il se choisit une victime dans le village voisin, à qui il impose de choisir entre l’exécution de son père ou de son amoureux. Autant dire que le dilemme atroce va exciter la curiosité du comte, qui va convier tous les membres du problème dans son château, à l’abri du fléau rouge qui sévit dans la région. L’épouse du comte est quant à elle plutôt satanique, offrant sa chair au Diable avant de tenter une cérémonie blasphématoire pour offrir son corps au démon. Ce qui nous donnera une vision de l’enfer assez étrange, constitué de fumée et de voiles noirs où danseront des sortes de prêtres de différentes cultures. La conclusion préfère quant à elle nous laisser sur une note de poésie, avec les incarnations de différents fléaux qui ne sont plus vu comme des plaies, mais comme des libérateurs qui rassemblent toutes les classes sociales, sans distinctions. Si le film évite soigneusement tout excès graphique, l’amoralité de certaines scènes et quelques pistes de réflexion intéressantes font du Masque de la mort rouge un vrai plaisir gothique, magnifié par des décors digne de la Hammer et des acteurs au charme fou, bien que le jeu soit parfois théâtral (ah, cette victime qui refuse d’entrer dans les sophismes du compte, mais qui lui obéit au doigt et à l’œil…). Un vrai plaisir, et un film gothique qui devrait ravir les amateurs du genre.

 

5/6

 

1964
de Roger Corman
avec Vincent Price, Hazel Court

 

http://3.bp.blogspot.com/-XeBsn-t0Wg0/Twd_mEXFQiI/AAAAAAAAANI/F08yvJxb-rE/s640/red+3.jpg

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 11:20

Ceux qui ont explorés ma catégorie "créations personnelles" sont au courant, j'ai pour projet de tourner mon film le plus ambitieux : un nanar de compet à base d'algues mutantes. Ayant réussi à convaincre quelques étudiants pour en faire des personnages plus ou moins secondaires, le tournage a maintenant commencé, et il continuera épisodiquement jusqu'aux vacances d'été. Je me retrouve avec déjà eviron 6 minutes du métrage final à monter, plus les plans truqués du monstre de 60 mètres de haut à réaliser (les premiers tests sont désastreux, ils seront donc parfaits).

Par dessus ce travail, le club ciné de ma fac vient de me confier tous les rushs des courts métrages réalisés pendant l'année, dont je dois réaliser les montages (je me suis porté volontaire). Donc face à cette avalanche de fichiers numériques, je ne pourrais probablement pas trouver le temps de rédiger des chroniques pendant un certain temps (selon mes estimations, une petite semaine).

Toutes mes excuses pour mes lecteurs assidus, mais je reviendrai bientôt avec du lourd. Vivement le premier trailer du projet !

 

Et voilà quelques premières images en exclusivité :

 

algue-1.jpg

Une monstrueuse algue terrifiante...

 

 

algue-2.jpg

Du gore insoutenable...

 

 

algue-3.jpg

Des trucages à faire pâlir Rob Bottin !

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 19:01

http://sortie-cine.fr/affiche/affiche-du-film-17-ans-encore

 

Les habitués du blog savent combien j’apprécie les films tournés en mode Disney Channel, à savoir des endives aux cheveux laqués métrosexuels qui flirtent gentiment entre eux en donnant des leçons de morale au public. Des Jonas Brothers (Camp Rock) à Tisdale (High School Musical 2, Sharpay’s fabulous adventure), je bouffe régulièrement des heures de bobines avec un plaisir masochiste, sombrant probablement dans la folie quand on constate quelle mécanique étriquée régit le monde des héros de Disney. Mais Disney n’est hélas plus le seul à produire des navets de ce calibre. La twin m’a récemment impressionné avec le puant Percy Jackson, et c’est maintenant au tour de la New Line de m’épater avec 17 ans encore, un produit gluant qui m’a éclaboussé de sa guimauve tiède comme rarement un film avait su le faire.

L’histoire : Mike O’Donnel est un jeune homme physiquement parfait, intelligent et sportif (le basket lui permettrait de s’inscrire dans une université prestigieuse, encore un fonctionnement américain que j’ai du mal à interpréter), qui a pour petite amie la plus belle fille du lycée. Il est ami avec un môme de 10 ans de moins que lui qui joue aux jeux de rôles. Mais avant le match qui va décider de la suite de sa vie, sa petite copine lui annonce qu’elle est enceinte.

 

http://media.zoom-cinema.fr/photos/7073/-zac-efron.jpg

 

Attention, objet dégoulinant en vue ! 17 ans encore, c’est une belle tranche de Zac Effron balancée à la gueule du spectateur. Le pire étant que le film semble avoir une réputation de comédie correcte, probablement parce que ceux qui l’ont vu pensaient à autre chose pendant la projection. C’est simple, le film est insupportable dès ses 5 premières minutes. Faisant de nombreux ralentis sur les pectoraux suants de Zac Effron en maillot de sport, le spectateur masculin se sent un peu exclu du spectacle (à moins qu’on apprécie les jeunes pubères en tenue légère). Et là, le match de basket qui va lui ouvrir les portes de l’université va commencer. On a droit à un numéro de Pom-pom girl tout ce qu’il y a de plus agaçant, puis d’un coup, on ne sait pas pourquoi, Zac Effron se met à danser avec elles pour faire le beau devant tout le public qui l’acclame, notamment un obèse déguisé en indien qui se met lui aussi à danser. On délaisse rapidement la comédie musicale pour s’attarder sur une conversation entre Zac et sa copine. Et ce qu’elle lui dit lui retourne la tête pendant tout le match qui suit (il faut dire que son hésitation ne l’handicape pas beaucoup, les joueurs autour de lui faisant de la figuration, agitant les bras pendant 10 secondes devant lui avant de se pousser du cadre parce qu’ils gênent dans le plan. Puis Zac abandonne le match pour aller rejoindre la femme de sa vie. 20 ans plus tard, il a tout raté. Il a divorcé, se fait tenir la chandelle par son pote qui a prit trente ans, mais qui est rester au même stade mental. Il est devenu un geek de 30 ans, relou comme pas possible tant le cliché agace. Zac adulte (Matthew Perry – J’ai faim depuis que Friends est bouclé) bosse dans un cabinet de production de viagra (encore de la sexualité ! La thématique du film est là). Et vu qu’il est le seul garçon du staff avec le boss, il ne reçoit jamais de promotion (son tour de poitrine ne convenant pas). S’ensuit une enguelade nanarde avec son patron, suivi d’une séance dans l’ascenseur où on constate que des femmes de 30 ans sont des gamines de 10 ans dans un corps adulte (ces caractères de chipie sont à baffer). Puis après une journée de merde complète (son épouse passe ses affaires au broyeur avant qu’une de ses copines n’arrive pour proposer des mecs à sa femme), notre Mike voit un vortex depuis un pont et tombe dedans. Il se réveille alors avec le corps de Zac Effron. Stupeur ! S’ensuit une scène de baston à base d’armes moyenâgeuses non-sensique où on essaye de nous faire rire parce que le geek de service ne reconnaît pas Mike jeune. Je suppose que vous aussi, vous cherchez à tuer des individus inoffensif à l’épée quand vous ne les connaissez pas. Puis ils passent au sabre laser avec un tel anachronisme que la scène en devient pathétique. Puis le film s’accélère, notre Zac retourne à la fac relooké comme un fan de hard rock tendance endive délavée, et se fait inscrire comme élève pendant que son pote drague lourdement la directrice de l’école. Et quand je dis lourdement, le mot est faible. Chacune de ses tentative semble être un suicide authentique, mais vous pouvez être sûr que la directrice va finir dans son lit avec des prothèses d’oreilles pointues (mais baiser une elfe, ça doit être le fantasme de tous les geeks, qui doivent vouloir s’envoyer en l’air avec toutes les créatures magiques de leur univers). Mike, qui ne voyait pas ses enfants en dehors des sorties autorisées par le juge et qui avait un comportement ultra pas mature avec eux, peut alors les voir évoluer dans leur quotidien. On notera au passage sa transformation vestimentaire, qui passe du gothique soft au look Ray ban aviateur, sorte de sosie du Tom Cruise de Top Gun avec la veste en cuir et la Porsch carrera qui va avec (sans qu’on sache vraiment d’où elle vienne, d’ailleurs). Et là, il constate que sa fille sorte avec le beau sportif con de l’école, et que ce dernier martyrise son fils. Pas content, le Zac. Alors il se lance dans une attaque morale confondante de connerie, qu’il essaye de bâtir comme une argumentation naveteuse de premier ordre : 1) t’es une fiotte, 2) t’es un con, et 3) petite bite ! Bravo Zac, tu l’as ridiculisé, le problème, c’est que tous ces arguments s’appliquent aussi à toi, vu que tu étais exactement comme lui à son âge. Mais la morale n’est pas encore donnée. On a bientôt le cours d’éducation sexuelle, où notre Zac prône l’abstinence avec une telle foi en cette méthode qu’on a du mal à comprendre pourquoi il ne dit pas qu’il est catho tradi. Il est tellement convaincu de la méthode qu’il appelle tous les élèves à ne pas prendre de préservatifs, parce qu’on fait l’amour uniquement pour avoir des enfants (donc, l’avortement est hors de propos !), pour sentir cette petite vie qui gigote dans ses entrailles (montée des violons pendant que les filles pleurent en écoutant ce discours). Et finalement, les filles dégoûtées remettent toutes les capotes dans le panier de distribution, qui atterrit sur la table du méchant sportif. Sa dernière intervention est à ce titre un régal, ce dernier lançant un « Super, ça en fait plus pour moi ! » en remplissant son cartable, avant d’ajouter « Juste assez pour le week end » en embrassant la fille de Zac. Ce dernier lance alors une bagarre… mais il a le dessous et se fait rétamer. Au passage, on apprends que le blond sportif méchant a fait de la prison. Au final, on voit vite où la morale veut en venir. Le blond est médiocre, il risque de ne pas avoir d’avenir brillant, alors il faut le plaquer et le laisser dans sa merde parce que c’est un cliché, alors que Zac Effron a tout compris à la vie, lui qui a réussi à finir au fond du trou à 35 ans. Les spectateurs se prennent donc leçon sur leçon, le mépris constant instillé par le film à l’égard des échecs étant finalement assez vomitifs, les héros étant eux même des loosers, mais héroïques. Voilà comment ça fonctionne dans ces films, il suffit que la caméra s’intéresse à vous pour que votre vision du monde s’impose comme une vérité dogmatique applicable dans l’instant. Depuis Sharpay’s fabulous adventure, je n’avais pas vu de telles conneries affichées en grand par un film. Chapeau, je crois que Zac Effron vient de gagner ses galons de naveteur de premier ordre !

 

-20/6 mais un 19/20 naveteux.

 

2009
de Burr Steers
avec Zac Efron, Matthew Perry

 

http://media.zoom-cinema.fr/photos/7073/zac-efron-et-le-ballon-de-basket-ball.jpg

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:53

http://4.bp.blogspot.com/-4LGVdWU_nT4/TnMKOVckixI/AAAAAAAACGo/jD4IoKguhAU/s1600/the-artist-affiche.jpg

 

Primé un peu partout dans le monde, acclamé par la critique et globalement aimé par le public, The Artist a donné une dimension internationale à la carrière de Michel Hazanavicius, et propulse Jean Dujardin dans les hautes sphères du métier d’acteur avec une reconnaissance mondiale.  Une aura grisante pour un film très attachant, qui parvient à retrouver la grâce du muet sans pour autant faire preuve de beaucoup d’inventivité.

L’histoire : George Valentin, un acteur de films muets, fait la connaissance d’une actrice entamant sa carrière dans le cinéma alors en pleine mutation, puisqu’amorçant sa transition vers le parlant.

 

http://3.bp.blogspot.com/-mb5xv8sZVCQ/T0u576Rd4LI/AAAAAAAADbA/-wqW-WaJtdM/s1600/artist6.jpg

 

Techniquement, le noir et blanc du film est irréprochable, la peinture des années 1930 est réussie, le charme du muet venant accroitre davantage le charme de la reconstitution historique. En fait, l’originalité du film tient surtout dans le fait qu’il parle du cinéma en faisant un film,  en nous donnant une petite leçon d’histoire sur la fin du muet et le début du parlant, qui a entraîné un bouleversement complet des codes du jeu d’acteur. En effet, avec du son, plus besoin de surjouer ses sentiments avec de grands gestes, il suffit de parler. Et certains acteurs seront alors loin de convenir pour les films en projet. Toute une génération d’acteurs sera finalement amenée à disparaître, remplacé par le cinéma parlant et ses premiers succès. Voilà pour la parenthèse historique, et pour l’originalité du contenu du film. Question jeu d’acteur, le film recycle avec un savoir –faire professionnel tous les codes du film muet, de la gestuelle exacerbée des personnages jusqu’à la légère accélération des images. Tout est fait pour imiter le style d’époque (solo de piano quasi-omniprésent à l’appui), ce qui rendra les passages sonores d’autant plus notables qu’ils trancheront radicalement avec les ambiances muettes. Le tandem Bejo/Dujardin est tout à fait à la hauteur, en couple d’acteurs attachants, mais déphasés de par leur spécialisation de jeu (une différence qui inversera peu à peu les rapports de force et qui amèneront nos personnages à refondre totalement leurs points de vue). De plus, rajoutons que la présence de plusieurs acteurs américains donne un cachet international au casting, un choix plutôt intéressant quand il s’agit d’illustrer Hollywood. La mise en scène est de réelle qualité, Hazanavicius ayant apparemment bien préparé son coup. Mais si certaines séquences touchent parfois la grâce du cinéma muet, elles semblent aussi déjà vues. C’est le cas pour la séquence où notre acteur muet empoigne un révolver pour se suicider alors que l’actrice roule à tombeau ouvert pour l’arrêter à l’instant fatidique. Le dénouement a un air de déjà vu, mais il reste toujours efficace en termes d’intensité. En l’état, le film fait preuve de qualités évidentes, et son choix de refaire du muet à l’heure où la demande est au spectaculaire parle encore pour la défense du projet. Me concernant, je trouve le film très attachant sans être inoubliable. Si il peut donner à Hazanavicius carte blanche pour le reste de sa filmographie, je suis pour !

 

5/6 (mais d’un enthousiasme tempéré)

 

2011
de Michel Hazanavicius
avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo

 

http://static.lexpress.fr/medias/1623/831316_jean-dujardin-dans-the-artist.jpg

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:47

The-Way-Back.jpg

 

Au cinéma, la dimension de voyage est rare. Quelques films parviennent cependant à en saisir l’essence, comme La communauté de l’anneau ou L’homme qui voulut être roi. Une histoire qui se déroule sous nos yeux, et dont les progrès consistent en l’avancée géographique réelle de nos héros, qui s’enrichiront de l’expérience et qui rencontreront, parfois avec fracas, les cultures qu’ils vont traverser. Les chemins de la liberté appartient à cette catégorie, puisqu’il nous propose rien de moins que l’énorme voyage de plusieurs prisonniers politiques enfermés dans un Goulag, qui s’évadent et traversent toute l’Asie pour rejoindre un pays allié à l’Ouest. La route est longue, mais elle révèle les hommes avec qui on la fait.

L’histoire : Russie, 1942. Un militaire est dénoncé par sa femme et envoyé au goulag, en Sibérie. Au cours de sa vie dans le camp, il apprend la position géographique de ce dernier, et apprend qu’il existe un moyen de s’évader. Il prend alors un arrangement avec plusieurs prisonniers, et ils préparent des vivres avant d’entamer leur grand voyage.

 

http://www.filmosphere.com/wp-content/gallery/les-chemins-de-la-liberte/les-chemins-de-la-liberte-1.jpg

 

Les chemins de la liberté, c’est avant tout la beauté physique de l’objet. En l’état, impossible de nier que le film n’est pas fait avec amour. Les couleurs sont magnifiques, les paysages naturels sublimes (des steppes russes jusqu’à l’étendue suffocante du désert de Gobie, tous les paysages sont des merveilles) et la lumière magnifiquement gérée. Techniquement, le film est une réussite, et demeure l’un de mes gros coups de cœur en 2010. Les ambiances de chaque lieu sont parfaitement retranscrites, nous faisant évoluer dans les mêmes conditions que nos évadés, dont les personnages comptent parmi les plus étoffés que j’ai pu voir au cinéma. C’est d’ailleurs en cela que ce film est comparable à l’excellent Territoire des Loups : il se focalise sur ses personnages, et ne les sacrifie jamais au hasard. Si l’acceptation de la mort n’est pas vraiment au centre du film (qui s’axe bien plus sur l’aventure humaine, et sur les relations qui unissent le groupe tout au long de sa marche), ceux qui connaîtront un sort funeste verront eux aussi leurs proches à l’instant fatidique, ou auront à défaut le groupe comme ultime soutien dans leur dernier souffle. Tout transpire la sincérité dans Les chemins de la liberté. Aussi, le film ne va jamais plus loin que ce que son pitch nous en apprenait. C’est un beau voyage, au cours duquel nos personnages vont souffrir, s’endurcir, mais aussi se révéler au reste du groupe, et faire partager leurs motivations pour s’en sortir. Nous aurons notamment un dialogue en plein désert, où nos compagnons sont littéralement en train de crever de soif, et où ils relativisent sur la souffrance. Certains spectateurs trouveront le temps long, et il sera dur de les blâmer, le rythme du film étant linéaire pendant deux heures, les rares rebondissements de l’histoire ne faisant que prolonger la marche de nos évadés au lieu de la rendre plus trépidante (l’arrivée en Mongolie sera amère). Cependant, le film contient à peu près tout ce que l’on pouvait souhaiter d’un beau voyage, nanti en prime d’une aura dramatique assez bienvenue, nos personnages ayant pas mal soufferts et se révélant du même coup attachants. Mention spéciale à tous les acteurs, qui donnent véritablement de beaux caractères à leurs personnages, emprunts d’humanités (sans s’appesantir sur leur spiritualité, celle-ci est souvent présente, notamment lors des rites funéraires). Le parcours est beau, sinueux, et sa conclusion historiquement forte s’achève sur une retrouvaille historique, rendues possible par l’effondrement du bloc communiste. Pas tant de choses que ça dans ce film linéaire, mais l’essentiel est là.

 

5/6

 

2010
de Peter Weir
avec Jim Sturgess, Ed Harris

 

http://media.paperblog.fr/i/412/4127437/chemins-liberte-peter-weir-L-nOgVUR.jpeg

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 11:47

http://static1.purepeople.com/articles/0/93/90/0/@/769655-une-des-affiches-du-film-hunger-games-637x0-2.jpg

 

Le survival en milieu étudiant, ce n’est pas quelque chose de nouveau. Battle Royale doit être le plus connu, le plus bourrin aussi, s’aventurant souvent dans le gore et développant la personnalité des différents élèves avec un réel talent. Aussi, il peut paraître un peu opportuniste de voir le genre revenir aujourd’hui à la charge avec Hunger Games, un survival adolescent sur fond d’Etats Units post-apocalyptique, mais en reconstruit et il y a longtemps. Un cocktail étrange, qui semble déjà avoir porté ses fruits dans la littérature (la critique entourant les livres étant assez bonne), mais qui se révèle déstabilisant une fois mis en images.

L’histoire : Après une guerre nucléaire, les Etats Units se sont reconstruits, et vivent répartis dans 12 comtés, qui se sont rebellés à un moment contre la nation de Panem, dominante. Une fois cette rébellion matée, la capitale de Panem impose aux autres de verser un tribut d’un garçon et d’une fille adolescents, pour participer à un combat à mort télé-diffusé. Notre héroïne Katniss, au cours de la sélection, décide de prendre la place de sa sœur.

 

http://thepinkandblack.files.wordpress.com/2012/03/the-hunger-games-movie.jpg

Cette femme est laide. Non, ne discutez pas, elle est laide et c'est comme ça ! L'héroïne est belle, mais pas elle.

 

Sans y être allé en traînant les pieds, j’admets que j’étais dubitatif, surtout après avoir revu la veille l’énorme Battle Royale, toujours aussi puissant dans son optique de confrontation des générations. Ici, il n’est pas du tout question des mêmes objectifs. Le tribut de chair adolescente est ici un symbole de soumission des différents districts, qui célèbrent leur perte par un geste sacrificiel, ici totalement inutile puisque nos adolescents sont sensés être sacrifiés dans la semaine qui suit leur sélection. Mais le jeu télévisuel, bien que très artificiel (les populations pauvres (ils peinent à trouver à manger) regardent le jeu sur des écrans géants...) semble être au cœur du film, qui articule alors beaucoup de thématiques autour de ce concept jouissif (les combats à mort, c’est la compétition ultime). Et c’est là que le film peut réussir à surprendre. En effet, l’esthétique toc et clinquante du film est héritée directement des navets clippesques que j’adore détester, type Sharpay’s fabulous adventure ou 17 ans encore. Bref, on est en mode « on se la pète », mais là où les films précédemment cités se heurtaient à l’écueil de notre mépris, Hunger games parvient à trouver des connections qui rendent l’univers cohérent. Dans sa recherche monstrueuse de style (l’univers de mode est cohérent, rappelant presque Orange mécanique pour le décalage), le film rend sa société utopique toc, qui sonne faux, ce qui s’accorde à la fois sur le thème de l’esthétique (tout n’est qu’apparence) et sur ses fondements du jeu Hunger Games, comparable à une sorte d’écurie télévisuelle pour jeunes stars. On a l’impression d’être spectateur une émission de télé-réalité teen, un enjeu plutôt inattendu (quoique pas forcément attirant pour tous les publics) et pas mal géré, notamment dans le recours constant à l’avis des sponsors. Le choix de l’univers visuel est bancal, mais il finit par payer, à défaut d’être développé (il n’existe que visuellement), notamment parce qu’il enlaidit les protagonistes (qui se la pète grave pendant leurs shows, à l’exception de l’héroïne, au moins au début) et que son ambiance est en énorme décalage avec le jeu en question. Sinon, ce style a également ses fautes de goûts bien baveuses, notamment en la personne de la mentor de l’équipe du district 12. Une femme toujours fardée qui s’habille à la mode de sa ville, et qui chose rare, arrive parfois à trouver un certain équilibre dans son style vestimentaire. Cette femme doit être montré comme une sorte de Dolores Ombrage dans le film, et par conséquent, le film la tourne toujours en dérision, avec parfois un total manque d’objectivité. Notre héroïne se pavane dans une robe qui fait des flammes quand elle tourne, du coup sa robe est belle, mais celle de la recruteuse, non (alors qu’elle est exactement du même accabit, voire peut-être plus sobre). La complaisance finit par agacer, à moins que le public ne se focalise que sur ce qu’il voit et considère définitivement la recruteuse comme une sorte de bourreau alors qu’elle n’est qu’un produit à peine plus bavard qu’un autre habitant de la capitale riche. Le film est également énervant pour son recours régulier au Deus Ex Machina. Dès qu’un de ses deux héros (un gars et une fille) se retrouve coincé, il se passe un évènement qui le sort de ce mauvais pas sans trop de dégâts. Notre héroïne se retrouve bloquée dans un arbre par une bande de jeunes vicieux ? Il y a un nid de guêpes dedans, et du coup elle va pouvoir leur lancer dessus (mais elle se fait piquer un petit peu…), notre héroïne a le couteau sous la gorge ? Un gentil ado vient la sauver parce que l’autre tueuse a tué précédemment sa copine, et du coup il vient se venger. Enfin, la fin n’est qu’un énorme Deus Ex Machina, une belle fumisterie qui annihile toute la profondeur dramatique par sa timidité décidément très teen, qui veut un happy end (et j’imagine que le bouquin était de ce bord là lui aussi). Nos têtes d’affiches souffrent un peu, mais en ce qui concerne les autres participants, on aura droit à un petit massacre très mal filmé pour en diminuer l’impact graphique. Peu auront la chance d’avoir un développement de personnalité, ce qui est apparemment le défaut du film selon les lecteurs (à part le district 12, aucun ne bénéficie d’une parenthèse culturelle conséquente). Enfin, niveau sentiment, c’est le lot quotidien des productions adolescentes, un gars, une fille, ils finissent par tomber amoureux, ce sont des amants tragiques. Enfin, mon dernier regret est l’arène de combat. En effet, il s’agit d’une zone de combat assez étendue, que les organisateurs manipulent à volonté en y insérant des éléments par ordinateur. Le concept est jouissif, mais le tout est très mal exploité. D’ailleurs, on ne saura jamais si ce que nous voyons sont des trucages numériques ultra réalistes ou si nos organisateurs créent vraiment des formes de vie sous nos yeux (auquel cas, ils sont complètement abrutis pour utiliser pareille technologie d’une façon si inutile). Et cet aspect est finalement assez mal exploité, pimentant à peine le jeu de quelques séquences à peine spectaculaires. Au final, Hunger games se regarde (pour un film d’adolescent), mais il est loin de transcender son script, les scènes de combat n’ayant rien de jouissif (quand elles ne sont pas mal filmées, elles sont cadrées trop près) et nos personnalités adolescentes restant passe-partout. Cependant, quelques idées sur les techniques pour plaire aux sponsors et de gentils sentiments sauvent le film de la médiocrité, faisant dès lors un film convenable pour le public adolescent, même si il reste un peu plus aseptisé que d’autres (sur le domaine de la télé réalité, on pourra notamment citer Live ! qui demeure encore pour moi la référence cynique de l’univers télévisuel). En bref, le film ne déçoit pas trop (malgré ses fautes de goût agaçantes), mais inutile d’aller le voir en salle, ça coûte un peut trop cher.

 

2.5/6

 

2012
de Gary Ross
avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson

 

http://img.filmsactu.net/datas/films/h/u/hunger-games/xl/hunger-games-photo-4f63540f2e9b0.jpg

Paillettes et froufrous... L'esthétique toc et choc du film réussit à tirer son épingle du jeu, malgré ses fautes de goûts...

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 11:27

http://www.nanarland.com/interview/alexjestaire/landofdeathdvd11.jpg

 

http://www.nanarland.com/Chroniques/cannibalworld/cannibal_world_fravidis.jpg

 

Nouveau segment dans la carrière productive de Bruno Mattéi, la cannibalsploitation. Il s’agit d’exploiter à fond les peuples cannibales (qui nécessitent un faible budget pour être mis en scènes) et qui nous offrent le gore et les plans nichons indispensables à tout divertissement qui se respecte. Pillant sans vergogne l’œuvre prolifique Cannibal Holocaust, Bruno décide de nous refaire l’œuvre de Deodatto en y allant franco, et sans prendre la moindre distance avec le matériau dont il traite. Voltigeant sans filet, notre Bruno s’en tire encore une fois avec les honneurs en nous offrant un nouveau bijou dans sa filmographie : Land of Death (aka Horror cannibale 1). Toutefois, le matériau présentant encore de la matière sur ses maigres os (toutes les scènes de Cannibal Holocaust n’ayant pas été exploitées dans le 1), une suite verra le jour, s’attardant désormais sur le parcours de nos journalistes en mal de sensations fortes. Deux perles qu’il serait dommage de rater au vu des ambitions du bonhomme.

 

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Non, ce n'est pas une scène de Predator.

 

Horror Cannibal 1 : Un petit chef d’œuvre du nanar, qui rentre largement dans le top 10 de la compet du meilleur nanar jamais réalisé. En effet, il n’est pas une seule scène de ce film qui n’ait pas été déjà tourné en différent, dans un autre film qui a marché. Quand Horror Cannibal ne refait pas Cannibal Holocaust, c’est qu’il est occupé à refaire Aliens de Cameron ou qu’il refait Predator avec des Cannibales à la place. Horror Cannibale est une sorte de version tarée de Cannibal Holocaust, un objet mongoloïde immonde, prenant totalement à contre-pied les messages de son modèle en grossissant les clichés à l’extrême, en faisant des raccourcis si maladroit qu’ils nous arrachent des éclats de rires, et en se révélant tout simplement si mauvais qu’il en devient immédiatement culte. Quand un personnage déclare « Saleté de sauvage », Bruno a l’air de le penser vraiment, montrant les tribues sauvages comme des primitifs dénués de la moindre notion de civilisation, qui gesticulent en criant des ouhga Bouga parce que le cliché fait folklorique et que les touristes leurs jettent des cacahouètes quand ils font ça. Plus grave encore, Mattéi relance la question de la violence sur les animaux en tuant un marcassin en direct. Seulement, si Cannibal Holocaust faisait de même, mais en tuant rapidement les bêtes et par soucis de réalisme, Bruno nous montre un porc qu’on poignarde à plusieurs reprises, sans beaucoup d’intérêt autre que de faire souffrir la bête. Et pourtant, tout le monde a l’air de s’en foutre (à moins qu’il ne s’agisse d’un trucage, auquel cas cet effet réaliste est très réussi). Ici, nos héros sont des militaires attardés échappés d’Aliens et de Predator, qui nous balancent leur texte en criant fort pour avoir l’air impressionnant. On ne saurait remercier assez les doubleurs qui nous gratifient comme d’habitude de dialogues made in Mattéi, donc avec un sens démesuré de la connerie verbale. Entre un caporal noir qui zézaie comme un diable et un guide qui nous gratifie d’un « je sais pas pourquoi, mais ta gueule me donne envie de vomir ! », le spectacle offre largement son quotas d’imbécilité. Puis nos soldats abattent des sauvages sans le moindre soucis moral, l’histoire se construit au fur et à mesure du film (si vous n’avez pas vu Cannibal Holocaust, vous ne comprendrez probablement pas grand-chose, Horror cannibal jouant beaucoup sur l’implicite à ce niveau là (quand il nous donne le nom des tribus (qui changent à chaque nouveau dialogue), il ne précise pas si elles sont cannibales ou non, il faut se rappeler de l’histoire de cannibal holocaust pour trancher…). Enfin, le message sur les sauvages est clair : ce sont des primitifs prompt à vous liquider si vous venez leur chercher des poux, et les soldats ils sont méchants. A ce titre, on notera l’interprétation tout en finesse de Vasquez II, la femme d’action du film qui passe son temps à dire qu’elle veut buter les sauvages, avant de se suicider en tapant deux grenades ensemble, et du blanc chauve qui pète un câble, nous gratifiant d’un des monologues dramatiques les plus lamentables que j’ai pu voir de ma vie. Très sincèrement, cet Horror Cannibal 1 est un vrai plaisir, un bras d’honneur intégral au bon goût et une œuvre de destruction massive pour le cinéma, capable de saper tous les block buster violés par l’objet en question. Ne pas le voir à moins d’être prêt à remettre en question les valeurs du cinéma pré-citées. Sinon, un vrai bonheur.

 

0/6 mais un mérité 18/20 nanar

 

2003
de Bruno Mattei
avec Randall Lou, Morales Claudio

http://kobaloulou.free.fr/lod/wilson01.jpg

Silence, je réfléchis...

 

Horror Cannibal 2 : titré aussi Cannibal World. Bruno s’est rendu compte qu’il n’avait pas du tout attaqué les journalistes dans son premier Horror Cannibal (en fait, il s’agissait d’hommes blancs qui venaient taper sur des phillipins qui après redevenaient méchants), et qu’il n’avait pas refait certaines scènes, comme l’éventrage de femme enceinte, l’empalement de la femme violée ou le carnage final devant les caméras. Du coup, il met sur pied cette suite. Les dix premières minutes sont un régal. On assiste à l’éventrage de femme enceinte bien gore devant des blancs véritablement sexuellement excités par la violence qu’ils voient. Sourires grimaçants, regards fixés sur les intestins purulents, haussements de sourcils lourdement appuyés, la dénonciation des médias est telle qu’on est tout simplement mort de rire, tant la naïveté proprement caricaturale de la dénonciation tendrait à nous faire prendre la défense de ces derniers. Puis on a le portrait d’une reporter, à se pisser dessus quand on voit son caractère opportuniste et uniquement désireux de faire du fric en satisfaisant le public. Après, on se fait chier sévère pendant une heure, le temps que nos reporters trouvent enfin la trace des cannibales. Mais là, c’est du beau boulot. Nos reporters arrivent en traitant tous les phillipins de primitifs tarés, puis ils se mettent à leur taper dessus devant les caméras, et à foutre le feu à leur case en palmier pendant que ces derniers crient sans bouger au milieu des flammes. Ils grillent et se font tuer sans tenter quoi que ce soit, et les investisseurs du reportage se frottent les mains devant ces images, se voyant déjà faire des montagnes de fric avec. Les dialogues au sujet de la moralité des programmes sont proprement hallucinants de manichéisme, faisant des journalistes des criminels en puissance prêts à massacrer n’importe quoi pour faire de l’audimat. On en revient au débat sur les animaux avec l’égorgement en direct d’un iguane et son dépeçage devant la caméra (où la journaliste nous souhaite bon appétit), scène surréaliste tant la souffrance de la bête semble être ignorée. Enfin, on a droit à un carnage dans les règles, avec une caméra qui filme en grand angle du gore poisseux et gratuit. Puis là, Mattéi a une sorte d’idée visionnaire, et il nous parle alors d’images retouchés numériquement, puis de cannibales dans l’aire numérique. Et là, le film s’arrête, sans qu’on ait vraiment été relancé. Si ce film est beaucoup moins drôle que son prédécesseur, il garde quand même de belles séquences de connerie nawak qui valent toutes les parodies du monde. Une suite à la hauteur de son prédécesseur, mais qui peine quand même à nous passionner sur une heure trente.

 

0/6 mais un mérité 16/20 nanar.

 


2003
de Bruno Mattei
avec Claudio Morales, Cindy Matic

 

http://www.nanarland.com/Chroniques/cannibalworld/tt-38.jpg

Au secours, sortez nous de ce film !

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 21:54

http://img.filmsactu.net/datas/films/l/e/le-clan-des-siciliens/xl/46f85d4fbcf13.jpg

 

 

Le polar à la française, c’est du classique, mais quand Henri Verneuil s’y attaque, on s’y attarde plus facilement. Avec trois têtes d’affiches convaincantes (Delon, Gabin et Ventura) et une intrigue de voleur grand luxe, voici un polar de qualité, à la fois sérieux en termes d’histoire (pas question de céder aux facilités du divertissement des familles) et fortement attachant pour ses personnages hauts en couleur. Une bonne surprise dans notre cinéma hexagonal.

L’histoire : Roger Sartet s’échappe lors de son transfert avec la complicité d’une famille de maffieux. En cavale, il se réfugie chez ses protecteurs, en leur proposant le coup du siècle : une exposition de bijoux français estimée à plusieurs milliards.

 

http://forgottensilver.files.wordpress.com/2010/06/clan-siciliens-5.jpg

 

Au niveau des enjeux, il est clair que le film fait monter la barre très haut. En effet, après une évasion assez spectaculaire d’un camion blindé (pas besoin d’explosion, un peu d’intelligence suffit), on nous promet rien de moins que le coup du siècle, avec 25 milliards de francs de bijoux exposés à Rome, avec des systèmes de sécurité détaillés sur un plan. La curiosité nous tenaille, les enchères étant décidément à l’avenant. En attendant le plan, on suivra le parcours de nos trois têtes d’affiches, toutes aussi attachantes, Gabin dans le rôle du maffieux italien chapeautant le coup, Delon dans le rôle du jeune entrepreneur dans le grand banditisme (et charmeur), et Ventura comme inspecteur mettant la pression à tous les proches de Roger afin de découvrir sa planque. Bref, tout ce petit monde évolue, les flics attendant de la part des bandits une erreur qui ne viendra pas forcément de la façon attendue. Bref, les enchères montent pendant près d’une heure, nous laissant entrevoir toute la logistique de l’opération, sans que celle-ci soit un seule moment montrée comme cool, comme c’est souvent le cas dans les films de braquages de nos jours. On a un spectacle amoral, détaillé et intelligent, qui procure une intense satisfaction dans l’exposition des faits. A la fois divertissant et soucieux de nous offrir un spectacle de qualité, le clan des Siciliens nous donne du suspense jusqu’au bout, en nous offrant un braquage final de toute beauté, assez ambitieux pour les moyens de l’époque, et concluant parfaitement sur l’histoire. A ce titre, les confrontations finales de nos têtes d’affiches pourront parfois en décevoir certains, mais impossible d’être déçu par le spectacle, qui se révèle être un grand divertissement, toujours aussi plaisant qu’en 1969.

 

5/6

 

1969
de Henri Verneuil
avec Jean Gabin, Lino Ventura

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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