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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 21:41

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Stallone a joué dans de bons films jusque dans les années 80, à partir desquelles sa période nanar a commencée. A partir de Rambo II, la carrière de l’acteur délaisse les drames forts (Rambo, Rocky) pour se lancer dans des actionners bourrins qui connaîtront beaucoup d’échecs commerciaux pour quelques succès surprises (Demolition man, culte parce que furieusement débile). A part un Cop Land, pas grand-chose à sauver dans cette période, pas même Judge Dredd, qui s’annonçait pourtant comme un bon film bourrain, au vu de ses thématiques.

L’histoire : Dans le futur, la planète est devenue un désert, les populations s’entasse dans des villes surpeuplées, devenues des foyers de violence. La justice est donc dispensée par les Juges de ville, qui appliquent la loi sur place et distribuent les peines de prison dans la minute.

 

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Il y avait presque matière à jubiler au vu du discours intéressant que le film pouvait avoir sur la justice, en la rendant aussi expéditive que des décisions humaines. D’ailleurs, on sent que le film lorgne beaucoup vers l’univers cinématographique de Paul Verhoeven, prompt à distribuer la violence pour mettre du sel dans des thématiques beaucoup plus intelligentes que la factures du film le laissait croire. Malheureusement, n’est pas Verhoeven qui veut. Et de ses films cultes, Judge Dredd semble ne retenir que la violence et les raccourcis bourrins. Exit le second degré qui propulsait Robocop au rang de chef d’œuvre, bienvenue dans un film au premier degré, et donc complètement gratuit. On sent que de gros efforts sont déployés pour singer notre Hollandais violent, notamment au niveau des effets spéciaux, plutôt efficaces après toutes ces années, mais il n’y a pas à tortiller, le film ne parvient jamais à dénoncer le huitième de ce que Verhoeven démolissait en 5 minutes de pubs. A partir de là, Judge Dredd devient un film gratuit, violent et bas du front aussi linéaire que pesant, puisqu’il reste bourré d’incohérences, qui ne sont même plus justifiées par les envies de faire du politiquement incorrecte. L’univers est aguicheur, mais si bancal qu’il parvient à peine à susciter l’adhésion, ayant plus l’air de recycler un tas de concepts plutôt que d’en inventer. Mais avec un peu de virtuosité, le film aurait à la limite pu être un actionner potable (Total Recall en est un lui aussi, gratuit et divertissant, mais très intelligemment réalisé). Le scénario possède de belles idées, comme celle de ce double génétique entraînant la déchéance de Dredd, mais toutes gâchées par des détails monstrueusement naveteux, comme des raccourcis faciles (le coup des chutes de tension, parvenant à nous faire trouver la base des méchants en 5 secs), le side kick de service Rob Schneider absolument inutile et chiant à mourir. Dredd souffre aussi beaucoup du poids des années, ayant contracté le syndrome des films à dialogues « punch line », qui claquent comme des pétards mais qui annihilent la moindre profondeur dramatique. A noter aussi que Stallone est loin de délivrer une performance d’acteur, alternant le mode sérieux ou le mode énervé dans chacune de ses scènes. Si l’étiquette de plaisir coupable peut encore lui être accordée (un sympathique plaisir coupable, bourré d’incohérences et de dialogues savoureux (« Juge pute ! »)), il est très loin d’égaler les bonnes productions de Verhoeven, et son remake devrait probablement remettre les choses en ordre. Ou pas…

 

1/6   et un petit 13/20 mode navet

 

1995
de Danny Cannon
avec Sylvester Stallone, Armand Assante

 

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Mosh, mon personnage préféré !

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 21:22

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Avec Gran Torino, Clint Eastwood marque un bon point, à la fois dans sa filmographie mais aussi dans l’opinion du public, qui peut voir là un de ses bons films, où le personnage campe un septuagénaire dur à cuire confronté à des voisins chinois, dont on va faire le portrait moral en profondeur. Un film assez intelligent qui évite de tomber dans certains pièges de ses thèmes en développant une intrigue aussi simple que sincère dans les sentiments qu’elle aborde. Un rien pompeux, cette introduction. On passe tout de suite au putain de paragraphe argumenté.

La p*tain d’histoire : Walter Kovalski vit seul depuis la mort de sa femme. Ses fils ne le comprennent absolument pas et ne cessent de critiquer son caractère grincheux. Sa famille, dans la grande majorité, se révèle insupportable. Mais pire encore, les bridés ont envahis le quartier, lui rappelant ses douloureux souvenirs de la guerre de Corée.

 

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Le cas de Gran Torino est assez intéressant, puisqu’on retrouve Eastwood dans un rôle assez charismatique derrière son caractère de cochon, qui utilise la vulgarité à tort et à travers, ce qui déclenche souvent des éclats de rires bienvenus. Ainsi, Gran Torino commence légèrement, en posant d’abord ses personnages et en développant bien leur manière de penser. Walter, au cours de la cérémonie d’enterrement de sa femme, se retrouve confronté à sa proche famille, proche de l’insupportable. Totalement manichéen, mais assez finement exposé pour nous convaincre et nous ranger totalement du côté de Walter. Mais assez vite, Walter tourne sa haine vers ses voisins de palier, des chinois qui s’entassent dans une maison sans prendre soin du jardin qui l’entoure. Cette approche du monde chinois nous vaut pas mal de remarques racistes, qui font presque toutes rigoler en montrant combien Walt est aigri par sa vie quotidienne (et les chinois lui rendant la pareille, on a parfois des sortes de duels « à qui pissera le plus loin » plutôt bienvenus). Mais peu à peu, les personnages évoluent, l’intégration de Walter dans la famille chinoise se faisant peu à peu, suite à la bêtise du fils de famille, qui tenta tantôt de voler la Gran Torino du film. De là partent différentes thématiques, comme la virilisation hilarante du jeune chinois (pas mal de gags d’insultes viennent de là, nous offrant dès lors de beaux dialogues) qui nous donne une approche assez explicite de l’expression « roulage de mécanique ». Mais il se révèle aussi beaucoup plus fin dans la gestion des conflits humains, évitant l’étiquette du ségrégationnisme en faisant du gang chinois du coin les bourreaux du quartier (alors qu’ils étaient amorcés comme des sortes de défenseurs de la population chinoise), et menant peu à peu Walt sur le chemin de la rédemption. C’est d’ailleurs ce thème qui se révèle être l’un des plus intéressants du film, représenté par ce jeune prêtre désireux de voir Walter revenir dans ses quartiers. Leurs dialogues sont dès lors très intéressants, chacun exposant ses arguments à l’autre (Walter ayant souvent le dessus). En revanche, le personnage du prêtre contient quelques petites contradictions, qu’il serait intéressant de noter. En effet, par sa jeunesse, il pèche par son manque d’expérience, aussi son premier contact est complètement raté. Sa seconde tentative est néanmoins plus réussie, plus réfléchie, mais toujours en décalage avec la rédemption de la confession, puisque son discours vise à « déresponsabiliser » quelque peu Walter. Mais, alors que la demande de confession devient claire, et que les péchés dévoilés ne semblent que des peccadilles au vu des atrocités de la guerre (qu’on attendait), le prêtre semble moins enclin à donner son pardon, prenant la rédemption comme un geste désespéré avant « une grosse bêtise », alors qu’elle précède un acte murement réfléchi et sacrificiel. Aussi, le prêtre ne pourra vraiment qu’à la toute fin exposer enfin une vision qui soit digne de Walter, et de rendre justice à son acte et sa personne. Gran Torino est excellent, il n’y a pas grand-chose à redire là-dessus. Excellente empathie pour les acteurs, musique peu intrusive, rythme posé et fluide… Le seul petit reproche qu’on pourrait lui faire est cette alternance quotidienne de thème, qui apparaissent et disparaissent dans le récit au fur et à mesure de ses avancées (la rédemption arrive après l’enterrement, puis disparaît d’une bonne partie du film, avant de revenir à la fin…) sans jamais s’entrecouper. Mais c’est là bien peu au vu de l’étoffe de ce drame tout simplement excellent, parvenant à nous faire aimer un septuagénaire grincheux et raciste.

 

4.9/6

 

2008
de Clint Eastwood
avec Clint Eastwood, Bee Vang

 

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 15:02

http://www.montres-de-luxe.com/photo/art/default/1115580-1425421.jpg?v=1289478790

 

J’ai du déjà vous dire combien j’adorais Rob Cohen, son œuvre et sa vision du cinéma. Nul doute que des films comme Furtif, xXx ou La Momie 3 vont rester dans les mémoires comme des œuvres généreuses, soucieuses d’apporter le quota d’effets spéciaux attendus tout en se livrant à un délicat exercice de style sur les enjeux humains derrière tout ça (on se rappelle tendrement l’amourette stérile de Jessica Biel et Josh Lucas sur le porte avion de Furtif). Toutefois, si les films du bonhomme ont toujours été vain et stéréotypés, j’ai pu apprécier certains d’eux comme des plaisirs coupable, comme le (mauvais) Daylight, avec un Stallone essayant d’être à la hauteur de nos attentes. Rentrons nous aussi dans le tunnel de la mort…

L’histoire : Un convoi de produit chimique explose dans le tunnel passant sous le port de New York. Les deux entrées du tunnel s’effondrent sous le choc, piégeant les quelques survivants à l’intérieur de la structure maintenant instable. En attendant de dégager les entrées, les autorités décident d’envoyer l’homme à tout faire dans les canalisations de ventilation pour rejoindre les survivants.

 

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J’aime véritablement sans limite Daylight, qui se révèle être un nanar d’action/catastrophe véritablement savoureux dans sa manière de nous imposer des clichés monstrueux avec la délicatesse d’un coup de massue. C’est simple, on commence par la présentation des personnages que nous allons suivre pendant le film. Il y a d’abord le couple de vieux avec leur chien, qui s’attacheront énormément à leur animal (comme si il était leur fils), qui deviendra un personnage à part entière dans le film. Nous avons l’écrivain, une femme de la classe populaire qui couche avec un homme marié qui la relègue au second plan, qui vit dans un appart crasseux où les cafards courent dans tous les coins et où les rats font leur nid carrément dans sa commode. On a les taulards en transfert qui ont fait de la petite délinquance, la famille recomposée instable sentimentalement, le gardien black qui doit annoncer sa demande de mariage dans la soirée à sa compagne (et on sent qu’il ne va pas tarder à prendre sa retraite aussi)… Puis enfin notre Stallone, chauffeur de taxi mais en fait il a un lourd passif où il a étudié en profondeur tout le tunnel en question, mais où une de ses actions a entraîné la mort d’un pompier gradé, qui lui a valu un licenciement. Bref, c’est le héros américain, condamné pour la faute à pas de chance, mais qui revient prendre du service pour sauver des gens (les pompiers le traitent encore comme un chef). Ainsi, à chaque fois qu’il y a quelqu’un à sauver, Stallone donne immédiatement le bon conseil, alors que tous les conseillers autour semblent réunis en une vague confédération destinée à le faire chier en faisant l’inverse de ce qu’il dit avec des arguments bidons (une femme tient à bout de bras un câble électrique haute tension, Stallone gueule de couper le courant alors que le chef du tunnel ne veut pas, ça risquerait de couper le ventilo qui n’a strictement rien en commun avec ce câble). Stallone réclame trois heures pour aider les survivants ? Une heure après son départ, la maire ordonne de déboucher le tunnel pour remettre la circulation en route, par ce que là c’est plus possible les embouteillages… Et parlons du groupe de survivants maintenant. Rapidement, ils se regroupent, et découvrent qu’ils ont la chance d’avoir un sportif de haut niveau avec eux, qui veut tenter lui aussi l’escalade d’un conduit d’aération effondré (Viggo Mortensen, assez drôle en wasp blond voué à mourir). Entre temps, on aura droit aux condamnés tirés de leur fourgon par notre pauvre écrivain, qui essayera de raisonner un taulard apeuré par les sentiments alors qu’une bonne engueulade à la barbare marche beaucoup mieux. Là, arrive notre Stallone cabriolant, se contortionnant dans les ventilateurs pour déjouer le système de sécurité. Une scène très drôle, où notre stallone attend à chaque fois les 5 dernières secondes pour passer entre les pâles et atteindre le ventilo suivant. Et pour compenser le mouvement final du ventilo, on a droit à un numéro de course à pied sur les parois du tuyau pour compenser le mouvement de rotation de la corde. Tout un numéro ! Là, Stallone est direct pris en grippe par tout le monde, les survivants se mettant à lui gueuler dessus (même le chien, à se pisser dessus) parce qu’il est tout seul. Là, un des blacks prisonniers dit à Stallone qu’il est le chef. Stallone n’insiste pas, et alors qu’il se met en route pour rattraper le wasp blond, le noir baraqué l’attrape par le coup en gueulant « Je t’ai dit que c’est moi le chef ! T’as essayé de me baiser ? ». Il est bon pour mourir, celui là. Ca tombe bien, deux minutes plus tard, le tunnel de ventilation s’effondre. Stallone sort en trombe et tombe alors sur le black prisonnier qui brandit un caillou en gueulant « Tu t’es moqué de moi, salope ! ». Et là, le tunnel explose et le black se prend l’explosion en pleine gueule (pourquoi est-ce que le tunnel de cailloux explose, je n’en sais foutre rien, probablement qu’ils stockaient de l’essence dans le mur…), et agonise avec une barre en fer plantée dans le bide. Et là, il commence à se lancer dans des regrets, et finit par faire promettre aux survivants d’aller voir ses parents et « de dire que j’ai essayé de sauver des gens… ». Mort alors théâtrale et dramatisée de ce gentil taulard, alors qu’il y a 5 minutes Viggo Mortensen crevait dans l’indifférence générale. Alors, il s’agit de survivre maintenant. Stallone se lance alors dans tout un tas d’explications scientifiques vaseuses hallucinantes (il faut penser à la pression, car avec l’eau qui commence enfin à rentrer dans le tunnel, ce dernier pourrait exploser. Il ne faut pas non plus l’ouvrir trop vite, car sinon, le tunnel va imploser sous le poids de l’eau. Enfin, l’eau est froide, ce qui risque de provoquer un problème d’hypothermie (moment de silence quand retentit le poème destiné à illustrer la chose). Stallone se lance alors dans l’explosion d’une fuite d’eau pour la boucher, ça marche moyennement, mais c’est très impressionnant. Puis là, le black gardien est aspiré dans un trou d’eau et il se retrouve avec la colonne brisée, mais tous les survivants viennent pour l’aider. Cependant, avec son handicap, il devient intransportable. Alors, Stallone et notre handicapé se lancent dans une conversation exhacerbée de bons sentiments, où finalement, notre gentil gardien dit aux survivants de continuer et de le laisser derrière à son triste sort. Sortez les mouchoirs, la musique rend vraiment le moment déchirant (bon je suis mauvaise langue, c’est clair, mais l’accumulation de détails rendant le personnage hautement pathétique en fait un cliché mémorable du bon « noir » brisé par une malchance récurrente). Puis nos survivants se lancent enfin vers la sortie de secours : les anciens appartements des ouvriers qui bossaient sur le tunnel. On a la séquence bestiole avec tous les rats de l’édifice qui se dirigent vers la sortie (faut les suivre, donc). Mais si certains arrivent à s’échapper, Stallone et notre pauvre écrivain restent bloqués dans le tunnel. Et là, Stallone insulte copieusement le tunnel, et il se lance dans la création d’un nouveau phénomène physique : en faisant péter le toit du tunnel, l’aspiration de l’air qui s’échappe va les faire remonter direct à la surface. Aussitôt dit, aussitôt fait, et notre film catastrophe se termine gentiment, avec certes quelques morts (il y en a même un qui ouvre tout seul une portière à un moment), mais un bon quota d’explosion et surtout des personnages pas caricaturaux, et guère gênés par les fumées toxiques des déchets toxiques explosifs… Bref, un nanar cher de compet, mais un de mes plaisirs coupables favoris.

 

0.5/6 mais un bon 15/20 nanar

 

1996
de Rob Cohen
avec Sylvester Stallone, Dan Hedaya

 

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 14:57

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Avec 2019, la chute de New York, les italiens pensaient définitivement enterrer Mad Max sous les décombres de la guerre atomique et à nous envoyer dans la face un univers haut en couleurs, riche de détails et à la gloire de la violence humaine, tant pour survivre que pour le plaisir de faire pisser l’hémoglobine. Toutefois, avec un budget faible et un scénario pareil, l’objet place le spectateur dans un état de confusion, les ingrédients étant certes jouissifs, mais souvent si maladroitement exploités qu’on en vient à regretter avec nostalgie Mad max III. Plongée au cœur d’un film furieusement nanar, mais parfois vraiment attachant.

L’histoire : la guerre nucléaire a déchiré le monde, qui survit maintenant en étant sous la coupe de gouvernements dictateurs qui se font la guéguèrre entre eux. Toutefois, la totalité des habitants ayant été irradiés, les femmes ne sont plus fertiles, et des mutations apparaîssent dans la population. Un commando de 3 guerriers est alors mendaté par une puissance pour aller piquer à la puissance d’à côté une femme génétiquement modifiée pouvant avoir des grossesses.

 

http://www.hallucinations-collectives.com/wp-content/uploads/2011/03/2019_apres_la_chute_de_new_york-05-1024x791.jpg

 

Waow ! Un mélange sous acide des Fils de l’homme avec Mad Max, La planète des singes et La guerre des étoiles, mais à la sauce Les rats de Manhattan ! Jubilatoire ! Comment se pourrait-il que tous les fans de bons films le rejettent ? Et une fois le film envoyé : Ah, c’est cheap. Ce qui ruine quasiment d’entrée de jeu la fresque barbare de 2019, après la chute de New York, c’est sa facture au rabais, qui nous montre tout de suite que le film a été tourné dans la décharge du coin façon Creepozoids, ou dans une casse de bus, et cela avec les mêmes accessoires pour tous les figurants. Ainsi, ceux qui ont l’œil attentif verront les mêmes armes défiler pendant tout le film (ce qui en fait presque des personnages à part entière, car on imagine fort bien que les armes étant rares, elles ont été ramassées par les nouvelles personnes qui les brandissent). Sinon, on a aussi dans 2019 des courses de bagnoles. Et ça, c’est jouissif. Sauf que les conducteurs s’habillent avec des armures qui rendent la conduite absolument impossible, et qui équipent leur bagnole de tout un tas de gadgets en plastique qui ne font pas un seul instant illusion, mais bon, on essaye un peu d’y croire quand même, parce que c’est cool, un bazooka sur le toit d’une caisse, même si il ressemble à un tuyau de PVC peint en blanc. Et on se rabat maintenant vers nos héros, qui vont accomplir un parcours du combattant pour aller quérir la demoiselle, et botter les culs des gardes des dictateurs , mais aussi de chasseurs de rats (un grand moment de nanardise, ces derniers étant de vrais bêtes sauvages, probablement à force de manger des rongeurs radio-actifs aux yeux rouges qui se nourrissent de chair humaine). Nous avons un héros charismatique (un gladiateur des temps modernes), et deux sous fifres, dont un avec une pince en métal qui lui sert à crever quelques yeux pendant le film. Et enfin, nous aurons le peuple d’homme singe, qui nous permet de rallier les fans de la planète des singes en nous foutant des hommes en pleine inversion d’évolution, qui retournent vers l’état animal, mais qui sont les rares à conserver des traces d’humanité. Touchant, si les maquillages n’étaient pas aussi lourds, et les acteurs un peu moins poilus. Mais qu’on se rassurent, nos casse cous du futur finiront par retrouver la belle, tendrement endormie dans un sarcophage de place à côté d’un laboratoire, façon Blanche Neige de SF. Ah d’accord, ce film était un conte depuis le départ, il fallait le pendre comme un voyage initiatique… Avec une fin qui essaye d’exploser le tout alors qu’il n’y a plus beaucoup de budget, 2019 se révèle néanmoins très sympathique pour son public, car si il enfile les incohérences comme des perles à un immense collier (les armes lasers, sorties d’on ne sait trop où), on ne s’ennuie véritablement jamais, l’action avançant sans cesse et nous proposant de nouvelles thématiques qui pourraient être passionnantes si elles n’étaient pas simplement évoquées, ou expédiées à la va-vite. On aimera aussi beaucoup les maladresses énormes du script pour le discours métaphorique qu’il tente d’avoir, comme cette femme (très belle) capable d’ovuler 500 fois, avec laquelle il ne faut rater aucune occasion donc, le futur de la planète étant en jeu. Si 2019 est en effet un aboutissement du nanar post-apo pour sa boulimie thématique, je tendrais plus à le rapprocher du z rital attachant, qui derrière la volonté d’exploiter économiquement le filon tente d’en donner à son public…

 

1/6  mais un recommandable 16/20 nanar

 

1983
de Sergio Martino
avec Michael Sopkiw, Valentine Monnier

 

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 19:54

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On le sait tous depuis quelques temps, la Hammer renaît de ses cendres et sévit de nouveau, en nous promettant de nouveaux cauchemars gothiques dont elle a le secret. Cependant, loin de reprendre la franchise de Dracula ou de Frankenstein, elle est en cours d’ajustements, tentant de faire ses petits réglages pour trouver la formule qui va enfin la relancer et lui permettre de prendre de l’ampleur. Après un moyen Wake Wood (une resucée de Pet cimeterry mâtinée de The Children), la Hammer nous propose The Woman in black, une histoire de fantôme haletante qui a eu le mérite de plutôt séduire les journalistes d’une certaine revue de bon cinéma. Constat pour le moins mitigé.

L’histoire : un jeune notaire est envoyé peu après la mort de sa femme pour organiser la vente d’une propriété, récemment saisie après la mort de ses propriétaires. A son arrivée sur place, il est assez mal accueilli par la population locale, en deuil de plusieurs suicides d’enfants.

 

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La Hammer est une marque de fabrique. Une vraie. Quand on parle de la Hammer, on évoque immédiatement les ambiances gothiques, les personnages torturés, des lieux de tournages kitchs et magnifiques, et surtout, une ambiance qui assure le spectacle. Par ces points distinctifs, la Hammer s’est créée ses propres chaînes, et elle peine dès lors à proposer quelque chose de nouveau. Plutôt que de persister dans l’audace (comme Wake woods pouvait le faire en s’autorisant une ambiance fantastique à notre époque), elle nous ressort ses vieux disques, dont le son baveux fait immédiatement saliver l’amateur, sevré depuis la fermeture du studio, qui redécouvre enfin ce que des films comme Sleepy Hollow exposaient avec hommage. Impossible de détester La Dame en noir, ses décors sont tout simplement prodigieux, de vrais bols d’air. Une maison isolée, au bout d’une route serpentant dans les marais isolée pendant la marée, perchée sur une colline boisée abritant le cimetière de famille. L’ambiance est la grande réussite du film, qui parvient à ressortir l’univers que nous attendions avec impatience. Mais comme je l’ai dit plutôt, la Hammer s’est créée ses chaînes. Ainsi, si l’univers est là, pas la moindre surprise à l’horizon. Pas la moindre. On devine la fin des les 20 premières minutes, on prévoit absolument tous les détours de l’intrigue à l’avance… D’ailleurs, l’intrigue est en elle-même simpliste, à tel point qu’on se rend rapidement compte que le film tourne à vide. La Hammer n’a pas encore de scénario digne de ce nom, et ça se sent. Alors, pour continuer à amasser de l’argent en attendant le feu d’envoi, elle tente de rassurer les fans avec cette démonstration technique appliquée, mais vaine. En termes de peur, le film mise tout sur le jump scare. Certes, l’ambiance parvient parfois à devenir dérangeante, notamment lorsque des cadavres apparaissent à l’écran pour même un peu de piment. Mais sinon, le film tente de nous faire sursauter à l’aide de gros bruits, de trucs qui bougent d’un coup ou d’une apparition qui se met à gueuler en volant dans la pièce sans d’autres effets. C’est franchement léger, pour ne pas dire désuet, comme mécanisme de frayeur. D’ailleurs, le film prend des raccourcis faciles, se servant d’un brave riche du coin pour faire l’aide de notre héro sans qu’il serve finalement à quelque chose, et dont la femme voit des fantômes sans que la moindre explication soit donnée à son sujet. Sincèrement, parmis les derniers films de fantômes que j’ai vu, Insidious se révèle beaucoup plus marquant (pour son concept intéressant) ou encore Dead Silence (pour une Dame en noir Merry Shaw vraiment flippante, celle là). Mais l’ambiance est là, et le film ne déçoit finalement pas, même si il reste une série de clichés du début à la fin (et pour le coup, vous verrez longtemps Daniel Radcliff marcher dans des corridors sombres sans que rien ne se passe). Mais dans le cadre de la démonstration technique, tous les éléments sont là. Les acteurs sont unanimement bons (par contre, la VF est moisie), et Daniel Radcliff campe avec sérieux son personnage, et fait preuve d’un bon talent d’acteur, qui a été largement sous exploité avec les Harry Potter. Bonne ambiance musicale et facture technique aux petits oignons, l’emballage est beau, mais le paquet est vide. Dommage, mais en l’état, le savoir faire est là, il manque juste une idée à la Hammer pour retrouver sa fougue d’antan. Et si possible, ayez une idée qui nous sorte de l’époque victorienne !

 

3,5/6

 

2011
de James Watkins
avec Daniel Radcliffe, Ciarán Hinds

 

http://photo.parismatch.com/media/photos2/3.-photos-culture/cinema/cinema-2012/the-woman-in-black/4370564-1-fre-FR/the-woman-in-black_galleryphoto_paysage_std.jpg

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 13:36

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/policier/seven,1.jpg

 

Se7en est un des thrillers les plus connus des années 90, et cela surtout pour son quotas de violence assez impressionnant à l’époque (peu de films d’horreur sérieux, le gore étant souvent anecdotique) et son final tranchant qui créait la surprise et vérifiaient la véracité des paroles de John Do, qui nous assurait qu’une fois le processus entièrement terminé, l’œuvre susciterait toujours l’interrogation dans la mémoire des gens. Un postulat qui se vérifie aussi pour le film, qui reste avec Fight Club probablement le plus populaire de la filmographie de David Fincher. Attaquons nous à la bête.

L’histoire : Un tueur, sept péchés capitaux, sept jours, deux enquêteurs.

 

http://www.wildsound-filmmaking-feedback-events.com/images/se7en_morgan_freeman.jpg

 

Facile à résumer, Se7en reste encore aujourd’hui une indéniable référence pour toute une vague de polar sombre ou de thriller à sensations, servant notamment de base à Saw (ce dernier n’ajoutera que le huis clos pour pimenter le tout, ainsi que des scènes de tortures filmées et non pas suggérées). Car c’est bien là la force de Se7en, il nous donne un film interdit aux moins de 16 ans, mais il arrive si bien à suggérer la violence (sans en amortir l’impact) qu’il a écopé d’un simple – 12 ans en France. Assez frappant de la part d’un film aussi noir (qui veut donc éviter la complaisance), qui a subi de nombreuses foudres lors de sa sortie, mais qui est depuis remonté largement dans les estimes, au point d’être toujours cité comme influence. En lui-même, ce thriller est bon, quoiqu’il ressemble surtout à un polar jusqu’à l’arrestation en plein commissariat. Le rythme est très dynamique (on trouve pas mal d’indices, on a droit à quelques rebondissements de bonne facture), nous garantissant un meurtre par jour pendant 7 jours (enfin, pas vraiment un meurtre, car certaines victimes sont loin d’être mortes quand elles sont découvertes). Avec une course poursuite assez brusque en plein milieu du film, les amateurs de frisson en ont pour leur argent, et la tension culminante du dernier acte sera aussi là pour exciter l’imagination. Mais ce n’est pas pour cela que Se7en est passionnant. C’est surtout pour son message social, qui épouse (avec distance) les visées de son psychopathe, ou en tout cas les comprend. Pendant tout le film, nos deux figures d’enquêteurs s’opposeront sans arrêt. D’un côté, le détective Mills, fraîchement incorporé dans les forces de police de la ville et encore plein d’idéaux et d’envies de faire régner la justice, de l’autre, un détective Summerseth usé, blasé par son métier et cynique sur la société qui l’entoure. L’un représente la fougue, l’autre l’expérience. Des clichés qui en se développant prennent corps et mettent en scène les hostilités : d’un côté nous avons l’impulsivité, la rage de vaincre et l’angle bourrin de la vision « normale » du spectateur lambda : la manière qu’a par exemple Mills de rabaisser sans cesse le psychopathe en l’imaginant dans son quotidien trahit bien son refus catégorique de considérer l’intelligence ou la démarche de ce dernier, et le refus de vouloir entendre toute espèce d’explication, l’acte étant considéré comme inhumain. De son côté, Summerseth est beaucoup plus réservé, habitué à être gentiment incompris avec les années de service qu’il traîne derrière et de la vision de la société qu’il a adopté. Plus il est allé loin dans son métier, plus la situation a empiré, rendant le quotidien des habitants dangereux. Il a perdu complètement confiance en l’être humain (recommandant presque l’avortement à la femme de Mills quand elle lui demandera conseil, dur, quand même !), et par conséquent, c’est lui qui se retrouve le plus intéressé par la démarche du tueur. Si il délègue l’enquête au départ, il devient bien vite l’excitateur de l’enquête, cherchant sans arrêt le détail qui tue, traitant avec froideur ce qu’il observe et seul à essayer de comprendre comment le personnage fonctionne. Un personnage qui devient de plus en plus attachant au fur et à mesure que le film passe, et le seul qui sera finalement en mesure de dialoguer pendant le voyage en voiture final. Ce qui nous amène maintenant au personnage du tueur. ATTENTION, le paragraphe suivant contient des SPOILERS :

 

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Le tueur est un électron libre en mode joker Nolan, il est présenté d’entrée comme un personnage méticuleux (le générique lui est consacré), et comme financièrement indépendant. Dans la société de violence aux mœurs de plus en plus légères, où l’apathie gagne peu à peu tout le monde et où les victimes se comptent par centaines, il est présenté par Fincher comme un produit de cette même société. Loin de nous l’idée du fou à la Hannibal Lecter, nous avons là une réaction logique, en « régulation » du climat ambiant auquel nous assistons depuis le début du film (et c’est bien là que ce situe l’ambiguité du film). Le point de vue du tueur est souvent employé par nos protagonistes sans qu’ils s’en rendent compte (le premier corps arrachera la même réaction de dégoût à tous les publics). En bref, le tueur est montré comme ayant toujours l’avantage (toujours une longueur d’avance sur les policiers, osez prétendre que le film n’épaule pas son psychopathe) et son cheminement « moral » est la clef de voute des meurtres et de la société illustrée par le film. Aussi, le dénouement pessimiste (l’un des très rares à avoir sauté le pas du côté américain, ce genre de final est courant dans le cinéma coréen) est un aboutissement logique, une boucle obligée qui sert plus de rappel au spectateur, pour l’aider à mémoriser le postulat fait par le film (dans CE film, c’est le tueur qui gagne, et ce qu’il voulait, c’était mettre en garde contre l’amoralisation des masses). Ceux qui veulent voir de l’anti cléricalisme dans les symboles religieux prisés par le tueur ont le droit, mais perdent de vue qu’il s’agit d’un point d’ancrage, d’un repère moral d’où par le film pour poser son postulat. Toutefois, je reste toujours un petit peu sceptique en ce qui concerne l’illustration des deux derniers péchés (l’Envie et la Colère), qui ne s’appliquent plus dès lors au pêcheur mais à sa victime. Victime qui dans le cas de la femme de Mills, est complètement étrangère à ce péché là. De même que la colère s’abat alors sur John Do alors que c’est Mills qui en est responsable. Malgré le suspense du dernier acte, ce sont les détails qui peuvent annihiler la mécanique parfaitement huilée de ce thriller haut de gamme. Une fin un peu expédiée pour boucler le programme et nous laisser à nos réflexions. FIN DE SPOILERS.

 

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En l’état, Se7en reste tout de même un excellent thriller, porté par des acteurs investis à 100% dans leur rôle et possédant un vrai message social à faire passer. Encore une fois, la thématique fait débat (puisqu’elle est celle du tueur, cela gêne, puisqu’il se retrouve du côté de la « morale »), et elle reste toujours d’actualité, pas loin de 20 ans après la sortie du film. Toujours une belle baffe !

 

5/6

 

1995
de David Fincher
avec Brad Pitt, Morgan Freeman

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 13:26

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La sélection de Cannes 2011 a été vivement critiquée pour le choix de donner sa Palme d'or à The Tree of Life, qualifié par certains de néant filmique, de vent mis en image avec un style parfois prétentieux et un contemplatif incapable de retenir l’attention du spectateur. C’est sûr que c’est pas un film qu’on va aller voir pour se divertir (donc tous les abrutis qui s’attendaient à un drame de pleureuses ou à une comédie romantique, remballez vos avis). Mais derrière ses airs catholiques (une appellation complètement exagérée), The Tree of Life est le cousin « moral » d’Enter the Void. Ce dernier nous offrait une vie d’expériences, celui-ci nous fait partager beaucoup de questions, et répond à certaines, pas forcément de la manière attendue.

L’histoire : La création du monde, la vie d’une famille, de l’aîné des enfants, des parents, de l’approche de la vie et de la religion…

 

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Impossible de résumer The Tree of Life, car il est ambitieux au point d’apparaître comme un film sur « la vie », sur laquelle il nous propose de réfléchir en suivant le parcours de plusieurs protagonistes et en faisant du contemplatif assez métaphorique, parfois un peu longuet (comme Enter the void pouvait être répétitif), mais souvent lourd de sens. Le film choisit de s’ouvrir sur le personnage de la mère (le Pilier central du film, qui lui est largement consacré), et sur la mort brutale de leur aîné (accident, suicide… impossible de le savoir). C’est sous l’angle du deuil que l’on aborde la notion de théologie, avec en premier lieu la demande d’un raison à cette mort à l’Être suprême, la peine étant au centre du récit. C’est sur cette interrogation que le film part alors dans 20 minutes d’une des plus belles métaphores que j’ai pu voir sur grand écran. On voit des étoiles, des planètes, un univers en expansion, des paysages désertiques, l’apparition de la première cellule, l’élaboration des premiers animaux, les dinosaures, emprunts de légères traces d’humanité, mais trop sauvages pour vivre au-delà de l’instinct. La succession d’images n’est-elle pas évidente. On vient d’assister à plusieurs milliards d’années de développement en 20 minutes. Une création pure, initiée par le Créateur, qui semble bien loin, loin de toutes ces considérations individuelles. Et avec nos différents personnages, le film va s’attacher à aborder de nombreuses questions fondamentales du développement spirituel et sentimental de nos protagonistes. Impossible de ne pas se sentir concerné par le film. Certes, ce dernier est envisagé sous un angle catho (très comparable à mon éducation, donc le film a fonctionné à 100% avec moi), mais il reste quand même vague dans le vocabulaire qu’il utilise (Il se réfère essentiellement à l’ancien testament, base des principales religions monothéistes du globe). Et l’angle sous lequel il envisage toujours la question qu’il pose est très enfantin, très simple, et par conséquent universel. Il fait ainsi l’éloge de la pensée maternelle (parfois un peu hippie, mais toujours tournée vers l’amour de la vie et la bienveillance pour le prochain) et la confronte à la vision paternelle (plus rude, souvent pétrie de contradictions, réclamant la discipline sans l’appliquer personnellement et s’affichant comme une volonté de survivre et de se faire sa place dans le monde). Un visage paternel tout à fait crédible et assez intéressant, puisqu’on va pouvoir en mesurer l’influence sur les enfants de la famille, qui discutent entre eux et qui par conséquent raisonnent avec l’éducation qu’on leur donne. Ils s’interrogent sur la conduite de leur père, qui râle sur la société et tolère mal l’échec, ils s’interrogent sur Dieu (présenté comme un être bon, pourquoi autorise-t-il la Mort ?), leur relation de confiance est parfois mise à l’épreuve… Bref, dans chaque nouvelle interrogation, il y a du vécu derrière le film, et ce dernier faisant furieusement écho avec les expériences de jeunesse que j’ai pu avoir (pour comble, je suis l’aîné, comme le gosse protagoniste du film), j’ai passé tout simplement deux heures fascinantes, où je n’ai pas forcément appris grand-chose, mais où le ressenti de la vie que j’ai perçu m’a beaucoup ému et m’a amené à refaire un travail de questionnement en matière de convictions et d’approche de la vie. Si certains critiqueront une pensée naïve d’approche de la vie (« Aime la vie et respecte là ! » Roooh, c’est cliché !), elle est néanmoins parfaitement défendue par le film, qui réussit magnifiquement à nous résumer les vies de plusieurs personnes en deux heures, avec une fluidité du récit et une limpidité de lecture qui laisse béat. Impossible de dire que le film est raté dans sa mise en scène, les acteurs ayant tous parfaitement cerné leur personnage. Après, l’approche étant surtout sentimentale, le film ne s’ouvre pas à tous les publics, ce qui crée le fameux débat autour du film. N’empêche, en cette époque où on se tape des comédies insipides ou des actionners décérébrés, voir de tels films sortir au cinéma laissent parfois planer l’espoir sur le futur de certains réalisateurs. En tout cas, je vais devoir rattraper la filmo de Terrence Malik fissa !

 

5.5/6

 

2011
de Terrence Malick
avec Brad Pitt, Jessica Chastain

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 13:20

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Ceux qui connaissent nanarland doivent savoir que nous avons de belles pointures du nanar dans notre hexagone. Il y a bien sur Pallardy, qui bénéficie déjà d’une belle chronique pour son monstrueusement intelligent Kill For Love, mais il y en a aussi comme… Michel Caputo. Avec Arrête de ramer t’attaques la falaise, on atteint des abîmes du cinéma camembert qui laissent pantois, et qui seront loin d’être sauvées par les interprétations de Daniel Gelin, Michel Galabru, Patrick Messe et Bernadette Lafont.

L’histoire : y en a pas, c’est le Cid, tourné dans Paris avec des figurants à qui on n’a donné aucune consignes.

 

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Rapidement, l’effet nanar attendu opère, on est dans un état de confusion, puis de détresse mentale si profonde qu’il devient dur de ne pas émettre de plaintes, de geignements… Passé 15 minutes, un saignement de nez peut se produire. C’est simple, on a envie d’arrêter le film immédiatement après son démarrage. Après un générique hautement improbable, on commence avec une adaptation si vulgaire, si anti-littéraire du Cid que ce film devient une hérésie, une abomination ! Avec des décalages comiques si stupides qu’ils ne tireraient pas un sourire à un morveux de 6 ans fan de Garfield 2. C’est anti comique, comme cette scène où Patrick Messe (le curé du film) célèbre la messe avec un croissant, et s’amuse à postillonner des miettes pendant sa prière, et qui se marre tout seul de sa connerie. Pendant 5 minutes sans coupures. C’est incroyablement long. Ce film est une improvisation comique d’une heure trente, réalisée sans le sou et si nocive pour les neurones qu’on hésite entre rester neutre ou rire bêtement pendant une heure trente de la connerie gargantuesque qui se dresse devant nous. La falaise du film, au pied de laquelle on rame, est insurmontable. On ne peut pas trouver quelque chose de drôle au premier degré, ni au second. Même quand Galabru, récitant des vers originaux, ose un « Fais chauffer un marron, ça le fait péter ! ». On nous promettait une satire burlesque et farfelue, nous avons droit à une énigme, à un véritable trou noir, une force destructrice indéfinissable qui viendrait à bout de n’importe quel spectateur lambda. Impossible de l’affronter sans entraînement préalable, et encore… Maintenant que je l’ai vu une fois, le dvd ne va probablement plus jamais quitter sa boîte, jusqu’à ce que mes héritiers ne la réouvrent et soient eux aussi maudits à jamais. RIP !

 

0/6

 

Mais un mérité 16/20 nanar (en précisant que c’est pas drôle une seule fois !)

 

1979
de Michel Caputo
avec Daniel Gélin, Michel Galabru

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 17:09

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Tout le monde connaît le Viet Nam, mais on parle beaucoup moins des situations diplomatiques des pays avoisinants à cette époque. Ainsi, le cambodge s’est vu être lui aussi touché par le conflit Américain/Viet Cong, avant d’être pris par les Khmers rouges et d’entamer son processus de pacification de la population. Un conflit humain classique, et traité tel quel par le film La Déchirure. Ce dernier ne propose pas une vision à la Coppola ou un ressentit traumatique comme Requiem pour un massacre. Il suit l’action d’une façon réaliste et épurée de tout effet de style, s’attachant beaucoup aux « humains » qu’il va suivre.

L’histoire : En avril 75, les khmers rouges commencent à envahir le Cambodge, débordant rapidement les maigres défenses américaines. L’évacuation des européens et des américains est alors déclenchée, mais bon nombre de cambodgiens inquiétés par la situation diplomatique n’en bénéficient pas.

 

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La Déchirure est un film qui m’a beaucoup surpris car il transmet avec une réelle justesse les ambiances de la vie quotidienne au Cambodge (j’ai eu la chance de pouvoir voyager en Inde quand j’étais plus jeune, les ambiances sont vraiment comparables). Au niveau de l’ambiance, le ton est parfait, et l’angle sous lesquels les faits sont abordés est plutôt intelligent. En effet, nous sommes amenés à nous attacher à des reporters (un américain et un cambodgien) qui couvrent l’évolution de la situation militaire du Cambodge, et qui dénonce souvent les méthodes abusives de l’armée américaine (on aura notamment le cas d’un bombardement mal planifié qui entraînera la mort de centaines de civils). Mais peu à peu, les Khmers rouges gagnent du terrain, jusqu’à ce qu’ils balayent les lignes de défenses du pays. L’évacuation est alors décrétée, on brûle la paperasse dans les bâtiments d’administration avant que les occidentaux et leurs familles soient héliportées. Certains cambodgiens bénéficient alors de l’aide, mais beaucoup sont laissés derrière. Dith, l’assistant du journaliste, a la chance d’en bénéficier avec sa famille, mais c’est pour continuer son métier de journaliste qu’il décide de rester avec Sydney, le journaliste américain. Et c’est à partir de ce moment que les choses dérapent et qu’on verra le groupe de journaliste éclater, la politique d’évacuation française (nos journalistes finissent par se réfugier dans leur ambassade) excluant les cambodgiens des évacuations prioritaires. C’est avec cette étape que nos personnages prennent une réelle épaisseur. Le métier de journalisme est quant à lui assez bien développés. On aura le regard critique de Sydney sur l’actualité (qui tape sur les deux camps), le journaliste adepte de la photographie choc (interprété par John Malkovich) et la manipulation médiatique, que constateront nos journalistes ricains une fois rentrés au pays. Pour Dith en revanche, le parcours sera encore très long, ce dernier étant arrêté par les Khmers à la sortie de l’ambassade et envoyé dans des rizières comme prisonnier politique. Toutefois, le film se refuse à céder au pessimisme, malgré le caractère extrême de la situation. Difficile d’en dire plus sans spoiler le film et son dénouement, mais le film tient à « récompenser » ses protagonistes après les épreuves qu’ils auront subis plutôt que de faire dans le drame traumatisant. Un choix qui atténue l’aspect dramatique (on termine loin, très loin des horreurs qu’on a vu), mais qui nous rapproche de nos protagonistes, un choix assez rare pour être souligné. En l’état, La déchirure est plus la reconstitution historique du virement communiste du Cambodge, assez 70’s dans le style, mais très agréable à voir (la narration est limpide, la facture technique est excellente) et puissant sentimentalement. Une belle surprise.

 

5/6

 

1984
de Roland Joffé
avec Sam Waterston, Haing S. Ngor

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 17:00

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La formule la plus couramment répandue dans le genre action est le mode bourrinage sans sommations (Nolan ne sortant qu’un film par an, les autres exceptions se font rares).Le genre, se prétendant un hommage régressif aux productions des années 90 (l’âge d’or des nanars chers), mise sur des figures connues de l’action (impossible de monter un projet sans casting connu) et sur des scènes impressionnantes. Le scénario est souvent plus un prétexte qu’un réel atout, et les dialogues, du punch line viril en mode gonflette. Dans ce contexte, étudions le cas de deux représentants du genre, le très surestimé Expendables et le très sous-estimé L’agence tout risque.

 

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Expendables : Avec un tel casting, le film était attendu au tournant. Pensez, même vous, lecteur, vous deviez l’attendre avec impatience, au moins pour voir le résultat de la rencontre entre Schwarzenegger, Stallone, Statham, Rourke, Li, Willis, Lundgren et j’en passe… Et bien, le film a finalement reçu un accueil mitigé par les fans d’action, certains hurlant au retour enfin réussi aux années 90 alors que d’autres dénonçaient une arnaque assez copieusement prétentieuse. Les intentions de Stallone sont toutefois louables : il essaye de donner à tous ses acteurs leur chance en leur offrant leur moment de bravoure pendant le film, et il essaye de ne pas prendre trop de place, même si il reste le leader auto proclamé des Expendables. Cependant, si dans la formule et dans l’ambiance, Expendables trouve un ton sympathique (oui, on sent bel et bien un côté année 90), le film est sans arrêt coulé par des détails qui agacent. Premier gros détail : cette arnaque pour Schwarzenegger et Willis, qui viennent échanger 5 répliques avant de se casser… Ils ont intérêt à faire un peu plus que ça dans le 2 si ils veulent m’avoir comme client, car j’attendais vraiment mieux. J’ai toujours du mal à comprendre comment certains peuvent trouver le moment culte, le dialogue étant certes marrant, mais les allusions de Last Action Hero ou à la rigueur Demolition man étant beaucoup plus fines (ouais, c’est pas la finesse qu’on recherche. Mais bon, un nom en grand sur l’affiche pour 5 minutes dans le film, je hurle au scandale !). Ensuite, le scénario est particulièrement simpliste, mettant en scène une petite dictature menée par un agent de la CIA verreux qui maltraite la population (notamment des enfants, comme dans Rambo III), et que les Expendables vont aller exploser. Primaire, pour ainsi dire. Et faisons un tour du casting héroïque maintenant. Lundgren apparaît dès les 5 premières minutes comme un traitre, et son retournement de caractère est si brutal qu’on peine à y croire. Jet Li, je l’appelle le demi-homme, vu qui est plus petit que tout le reste du casting et que pour se battre, il doit d’abord faire une prise de karaté/jujitsu afin de mettre l’adversaire à terre pour pouvoir atteindre la tête. Certes, il a sa scène d’action participative en milieu de film au cours d’une course poursuite (où Stallone exploite justement sa petite taille), mais c’est si peu… A vrai dire, le seul qui parvienne à ressortir du film, c’est Statham, nanti d’un charisme animal qui rallie immédiatement le public. Depuis sa spécialisation dans les couteaux ou son parcours personnel (uuuultra cliché), il est le seul qui participe aux plus grandes scènes d’action du film avec hargne et qui ne passe pas pour un gros dur qui se la pète. Car il règne un peu cette ambiance dans ce film, tout le monde se la pète grave, parce que c’est de l’action décomplexée et que par conséquent, c’est fun et le public est conquis d’avance… Stallone rajoute juste du gore parce que ça a été apprécié sur Rambo 4, mais sinon, c’est aussi nanardeux et gratuit que Rambo III. Preuve à l’appui : la dernière grosse baston est calquée sur l’attaque du fort russe, sauf que les attaquants sont des expendables. Quand aux amateurs de travails à l’ancienne, laissez moi rire. Si la plupart des cascades en voitures et des explosions ont été faites sur le terrain, plus de la moitié des effets spéciaux sont numériques, des couteaux de Statham aux flammes brûlant les méchants, en passant par tous les effets gores du film, assez approximatifs d’ailleurs. Si le buzz était de mise pour le premier opus, le résultat peine à convaincre, malgré quelques scènes d’actions ma foi marrantes mais loin d’être la rencontre explosive qu’on attendait d’autant de noms d’acteurs. Espérons qu’ils passent la seconde pour la suite, parce que là, pour parler finement, ça bande mou…

 

2/6

 

2010
de Sylvester Stallone
avec Sylvester Stallone, Jason Statham

 

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L’agence tout risque : Après le saccage outrancier du très moyen expendables, venons en maintenant à The A team, qui semble avoir fait un flop aussi retentissant que quasi-unanime. A part de rares spectateurs qui se sont amusés, tous semblent pointer du doigt les faiblesses du film, que nous allons évoquer nous aussi. Le scénario est cliché. Certes, la série éponyme ne faisait en tout cas pas dans l’entourloupe, elle envoyait le pâté. Donc je ne vois pas comment on peut faire ce reproche au film. Là où le bas blesse, c’est en effet pour le jeu d’acteur, assez faiblard pour le personnage de Face man (certes, Bradley Cooper est parfois marrant, mais ses sourires sont trop récurrents et font un peu tâche et hors sujet) et Barracuda (qui peine à trouver un charisme, et qui nous fait un revirement pacifiste nanar en plein milieu du film). Etant donné qu’il s’agissait apparemment de personnages très populaires dans la série, le film s’est fait taillé (sans compter qu’il prend aussi pas mal de liberté, comme détruire le van bien connu de l’équipe dès les premières minutes). Mais à côté de ça, les deux autres personnages arrivent au moins à rester corrects, même si Liam Neeson est très en deçà de ses capacités d’acteur. Dernier mauvais point, on reproche au film d’être ennuyeux entre les scènes d’actions. Tout d’abord, j’ai rarement vu un rythme de film bourrin aussi efficace (tous les films bourrins récents ont du mal à obtenir cette pêche, le montage étant globalement assez bien foutu), les scènes d’actions arrivant régulièrement et étant aussi impressionnante qu’impossible (on est dans un film bourrin qui se permet tout, mais qui le fait avec un certain sens du spectacle, de façon à ce qu’on « accepte » ces règles abracadabrantes qui défient la réalité). Et en termes de dialogues, j’ai rarement vu une VF aussi bonne ! Sérieusement, d’habitude, on a droit à de l’argot bon marché type badass, là, c’est du dialogue bourrin, mais ciselé, incisif et parfaitement maîtrisé. L’humour est assez habilement réparti dans tout ça, bref, c’est du travail bien fait au regard de films comme Fast Five qui sont très limite à ce niveau là. Après, je ris de l’argument « toutes les cascades sont numériques », ces dernières étant pour le coup bien faites (pas comme les effets gores mal torchés du précédent film) et assez bien gérées. Après, le cinéma bourrin est un spectacle qui s’apprécie ou pas, aussi, beaucoup pourront y voir un film débile de plus, mais la réalisation de Carnahan est excellente, et le spectacle de bourrinade a rempli largement son quotas avec mes exigences (certes variables, mais comme j’avais surtout eu de mauvais échos…). Pas le film d’action de la décennie, mais une bonne bourrinade qui détend son homme. En fait, en dehors du fait d’avoir vu la série, j’ai un peu de mal à voir pourquoi certains détestent autant ce film (qui se veut certes un peu nanar, mais qui tente de s’attirer la sympathie du public avec beaucoup plus de subtilité que ce bourrin de Stallone).

 

4/6

 

2010
de Joe Carnahan
avec Liam Neeson, Bradley Cooper

 

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