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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 19:14

http://mskstatic.com/386/515/medias/photos/programmes/moins_de3060000/3046889/lettres-a-un-tueur.jpg

 

A son affiche, Lettres à un tueur ferait penser à un thriller classique mâtiné de Silence des Agneaux. C’est cependant un postulat assez intriguant qu’il tente de mettre en place en se concentrant sur la correspondance des détenus par bande magnétique, qu’ils envoient régulièrement. Partant d’un postulat simple, ils parviennent à créer une situation intéressante, hélas gâchée par beaucoup de petits détails qui viennent alourdir la trame principale.

L’histoire : Race Darnell a été condamné à mort pour le meurtre de sa femme, meurtre qu’il jure n’avoir pas commis. Pendant son incarcération avant l’exécution, il entretient 4 correspondances avec des femmes différentes. Un soir, un gardien échange les quatre bandes magnétiques dans les enveloppes. Race reçoit alors les cassettes supplémentaires d’une femme annonçant qu’elle va le démolir.

 

http://img.filmsactu.net/datas/films/l/e/lettres-a-un-tueur/xl/46f884dd8e43d.jpg

 

Intéressant postulat donc, puisqu’on est invité à noter le soutien moral dont ont besoin les prisonniers, qu’ils reçoivent par correspondances avec des femmes dont l’adresse et l’identité sont tenues secrètes par les gardiens. Pour la prison, on ne change pas de registre : les gardiens aiment malmener les condamnés du couloir de la mort, et passent une bonne partie de leur temps à écouter les bandes (souvent cochonnes) des détenus avant de les envoyer. Un soir, l’un des gardiens sadique décide d’échanger les quatre bandes prévues à l’expédition que Race a enregistré dans l’après midi. Une de ces quatre femmes prend décidément la chose si mal qu’elle jure par bande déformée entraîner la perte de Race, justement en appel avec un nouveau témoignage, qui finit par l’innocenter. Race est dehors, mais il aimerait pouvoir discuter avec la femme qui l’a apparemment pris en grippe. Il recherche alors les femmes avec qui il a entretenu une correspondance, à travers les Etats Units. Si jusqu’à maintenant, le thriller pouvait sembler assez mou (on se demande comment une civile pourrait faire capoter tout un procès), une des femmes avec qui Race conversait est bientôt retrouvée assassinée, dans les mêmes circonstances que l’épouse de Race (pour qui il était parti en taule). Ah, le thriller commence enfin à démarrer, plus que 2 à trouver pour savoir qui a fait le coup (la première semble sûre, la seconde s’est faite assassinée…). La troisième est en revanche assez flippante, ancienne flic démise de ses fonctions qui réagit assez mal en apprenant la vérité à propos des correspondances et qui commence à harceler Race dans sa quête de vérité. Bref, on a des ingrédients de thrillers classiques, mais rendu un peu plus frais par ces sentiments amoureux et ces correspondances par bande (même si on a envie de dire que la meurtrière doit être un peu maniaque pour commencer à tuer pour cette frustration épistolaire). Après, le film est régulièrement alourdi par des détails agaçants, comme les 3 ploucs qui viennent faire chier Race en le traitant d’assassin avant de tenter de le tabasser, ou cette course poursuite à cheval en pleine forêt… Bref, des détails qu’on a déjà vu et qui s’intègrent moyennement bien dans le récit, qui avance quand même jusqu’à la révélation finale, avec une petite scène gore à la clef. Après, pas vraiment de quoi s’arrêter, Lettres à un tueur se suit bien. Point barre. Pas de rythme particulièrement poussé, pas de violence trop barbare, peur inexistante… Même si Patrick Swayze y met du sien, ce film ne restera pas le rôle de sa vie…

 

3/6

 

1998
de David Carson
avec Patrick Swayze, Gia Carides

 

http://img.filmsactu.net/datas/films/l/e/lettres-a-un-tueur/xl/46f884dead3aa.jpg

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 19:09

http://www.lebleb.com/images/posters/Garfield%202%20(3).jpg

 

Garfield 2 est un film qui succède à Garfield 1. Garfield, c’est le nom d’un chat pantouflard et célibataire dans l’âme, qui a d’abord été connu pour être la vedette de dessins animés pour enfants et pour adultes. Cette façade de célibataire régressif a dû en charmer plus d’un. Mais les films semblent à tout prix lorgner vers le public pour enfant, car quand on se retrouve devant une telle merde, on se demande où le réalisateur veut en venir.

L’histoire : Garfield s’invite au voyage de son maître en angleterre. Pendant ce temps en perfide Albion, un chat aristocrate est jeté au fleuve par un aristo humain voulant récupérer son héritage.

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/tele/news-tele/garfield-2-sebastien-cauet-et-virginie-efira-pretent-leur-voix-a-ce-2eme-volet-sur-tmc-le-13-mai/33754823-1-fre-FR/Garfield-2-Sebastien-Cauet-et-Virginie-Efira-pretent-leur-voix-a-ce-2eme-volet-sur-TMC-le-13-mai_image_article_paysage_new.jpg

 

Garfield 2 est un repompage sans finesse de formules tellement galvaudées qu’elles en deviennent puériles. Nous refaire le enième coup du héros qui ressemble comme deux gouttes d’eau à un autre chat et inverser leur rôle… Waow, où sont les rédacteurs du script, que je les félicite. Et puis pour aller plus loin dans le repompage, pourquoi se priver de refaire les Aristochats ? Ainsi, notre chat anglais aristo se retrouve rapidement propriétaire des meubles et du château de sa maîtresse, jalousé par un neveu gripsou qui cumule les tares avec un sens évident de la naïveté, et qui décide d’enfermer ledit chat dans un panier qu’il jette dans la rivière voisine. Tous les animaux du domaine cherchent alors à se mobiliser pour retrouver l’animal, qui dérive jusqu’à la ville la plus proche. Ville où se trouve Garfield, et l’inversion de nos personnages ne tarde pas à se faire dans la plus pure tradition du navet pour moins de 10 ans. Et là, c’est parti, on a une tentative de faire passer ça pour un message social, en mettant un beauf comme maître du pouvoir dans un domaine ultra rigide et un aristo avec une famille de beauf, qui lui filera à bouffer des lasagnes. Merci qui pour le script ? Déjà, merci à Simon Soke pour les dialogues plus bas que terre de cet étron cinématographique, et merci à Lina Shanklin pour avoir supervisé ce script qui laisse pantois. Entre Garfield qui pète et tous ses sujets qui s’inclinent ou Garfield qui mène la belle vie et qui décide de mettre la cuisine sans dessus-dessous pour se concocter des lasagnes, on se fait suer sévère, le film se révélant être l’exact opposé du divertissement, aussi bien enfantin que naveteux. D’ailleurs, que retenir du message final ? Bien, le célibat, c’est pas cool, et que quand on est un aristo, il faut faire des efforts pour être cool. Aucune évolution notable, absolument rien d’utile, le nouveau Garfield se pare du vide intersidéral qu’il essaye de nous faire passer pour de l’or, tentant de ringardiser les excellents Babe par de l’humour à la Alvin et les Chipmunks. Poliment gerbant.

 

0/6

 

2005
de Tim Hill
avec Bill Murray, Jennifer Love Hewitt

 

http://thecia.com.au/reviews/g/images/garfield-2-1.jpg

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 18:54

http://az-movies.a.z.pic.centerblog.net/o/18312833.jpg

 

Ah, on se souvient du Choc des Titans, où Sam Worthington tatannait la gueule de scorpions géants numérique avant de jeter un caillou à Méduse pour détourner son attention et trancher sa tête qui lui permettra en 2 secondes d’anéantir un monstre de 100 mètres de haut… Alors que la colère des Titans s’annonce, on se dit que… c’était pas si mal au vu de ce que Percy Jackson et le voleur de foudre voulait nous faire avaler.

L’histoire : un clone de Justin Bieber découvre que ses dons spectaculaires en apnée sont dû au fait qu’il est le fils de Poséidon, conçu un soir de gueule de bois où sa mère est allée se baigner et a rencontré le-dit dieu.

 

http://media.zoom-cinema.fr/photos/7253/melina-kanakerides-sean-bean-kevin-mckidd.jpg

Les périodes de vache maigre, même Sean Bean en passe par là...

 

Facile de s’attaquer à Percy Jackson, c’est un film pour adolescent. Ah, ça veut dire qu’on peut refourguer de la merde aux ados sous prétexte qu’ils sont une cible économique ? Déstabilisant, Percy l’est très rapidement, en maniant notamment un sens de l’anachronisme assez époustouflant quand il s’agit de « djeuniser » la mythologie, ou plutôt de la plier à l’univers adolescent (en gros, en mode I-phone). Ainsi, on commence sobre, avec un Zeus (Sean Bean, que fais-tu là ?) à qui on a volé sa foudre, et qui se retrouve donc complètement démuni. Il est sûr que c’est Percy qui lui a piqué (alors que Percy ignore encore tout du monde des Dieux) et il lance un ultimatum (dont Percy ignore tout, du coup). On découvre enfin Percy, escorté par un pote black qu’on sent déjà un peu louche (nos soupçons se confirmeront par la suite, le film faisant des handicapés des créatures magiques), qui parle mal au compagnon de sa mère (mais ce connard ne veut pas se lever pour aller chercher sa bière), puis qui va au musée pour faire une visite avec Pierce Brosnan en fauteuil roulant (en fait, c’est un centaure, il vaut mieux le savoir, ça évite de rire quand Pierce, toujours en fauteuil, gueule à une harpie « Lâche le ou je te démonte la gueule ! »). Et là, on découvre le monde merveilleux des demis dieux (après une course poursuite avec un minotaure au milieu d’un champ de vache, une nouvelle version du labyrinthe, sans doute, et que Percy tende un bout de corne sur lequel le monstre vient s’empaler, parce qu’il sait qu’il va perdre). Il s’agit d’une sorte de club med, de colonie de vacance pour adolescent au thème moyenâgeux, où nos bambins s’entraînent à l’arc, à l’épée, en faisant des pauses sur des jeux vidéos dernier cris. Percy fait d’ailleurs la rencontre de la demi-déesse du film, engendrée par la déesse de la sagesse et de la stratégie guerrière (son nom ? Ben, c'est Athena !). Très drôle de voir d’ailleurs leur première confrontation au milieu de jeunes qui se tapent dessus avec des épées en plastiques, cette dernière y allant d’un « Je suis la fille de la déesse de la sagesse et de la stratégie guerrière. Tu sais ce que ça veut dire ? Je gagne toujours ! », puis, après s’être fait lattée la gueule, elle revient le soir pendant le banquer : Percy « Je suis le fils de Poséidon, Waow ! Il va me pousser des nageoires ? », fille « Non, mais un égo disproportionné, c’est pas impossible. ». Et tes chevilles, ma fille, t’arrives encore à les bouger ? Pendant ce temps, notre protecteur (qui est en fait un faune) drague des nymphes en y allant de la bonne tchatche qu’on connaît des personnes de couleurs. Mais là, brusquement, le Diable apparaît en plein milieu du camp d’entraînement ultra protégé par magie annonçant qu’il veut que Percy lui donne l’éclair de Zeus. Ah ouais, merde, c’est vrai qu’il y a un éclair dans tout ça ? Et qu’on a perdu pas mal de temps avec l’entraînement du héros (mais bon, en un jour, il latte la gueule de n’importe quel autre demi-dieu, quelque soit son âge). Et le diable retient sa mère en otage. On se dit qu’il va la torturer un peu, pour mettre la pression à Percy, mais même pas, elle est logée dans une chambre 4 étoiles, nourrie, logée, blanchie. La maison de retraite divine, en somme ! Bon, Percy se dit qu’il faut se sortir un peu les doigts et d’en faire quelque chose, alors il prend une épée (camouflable en stylo, mieux que James Bond ici présent) et un bouclier pliable, ainsi que les chaussures de Mercure : des converses à ailes. Oui, des CONVERSEs à ailes (comment faire de la pub en restant discret et sobre…). Là, Percy, son pote et sa groupie partent rechercher 3 pierres pour pouvoir aller en enfer et en revenir, et la première se trouve chez Méduse.

 

http://img.tvmag.lefigaro.fr/ImCon/Arti/61090/Film-Percy.jpg

"Bon sang ! 4 siècles que j'attendais de pouvoir voir un I-Phone !"

 

Pas de problème, ils prennent une caisse et arrive dans une espèce de Jardinerie, où la bestiole n’est rien de moins qu’Uma Thurman avec une coupe de serpent (il y en a même un qui curera la narine gauche de Percy). Bien évidemment, on montrera la pétrification d’une victime incapable de fermer les yeux, et d’une Méduse qui se plante pendant de longues minutes devant ses victimes jusqu’à ce qu’elles ouvrent les yeux, sans tenter d’autres formes de combat. Anachronisme oblige, Percy se sert de la coque chromée de son I phone pour voir le reflet de la bête et la décapiter dans les règles. Première bille fluo, check ! On passe à la seconde, dans un musée de statues. Ils se la jouent Ocean’s twelve pendant quelques minutes avant d’attirer l’attention des gardiens, qui se transforment en Hydre. Alors, le monstre est magnifique, les effets spéciaux sont soignés, mais le déroulement du combat est juste à mourir de rire. Percy voit l’Hydre, et qu’est ce qu’il fait alors que n’importe qui est au courant : il coupe toutes les têtes de l’hydre. Mais toutes, hein, faut vraiment insister (pendant que ses potes lui hurlent d’arrêter). Et là, Percy se rappelle qu’il est un demi-dieu, il casse alors un robinet et il crée un tsunami dans le musée pour noyer l’hydre… Pouvait pas y penser un peu plus tôt. Deuxième bille, check ! La troisième est à Las Vegas. J’adore ce passage. Nos amis arrivent dans un casino, où doit se trouver la bille. Et là, ils bouffent des biscuits et d’un coup, un effet d’image bizarre donne l’impression qu’il viennent de bouffer des champignons hallucinogènes, Lady gaga commence à chanter en arrière plan, et on a un dialogue surréaliste où on nous montre que nos héros veulent maintenant prendre leur temps et explorer tous las Vegas, bref, se faire plaisir. Et là, on ne se sent plus pisser, on voit nos héros jouer au crabs sur la chanson Pokerface qui rend gaga, notre faune se fait vernir les ongles, bref c’est l’hallucination complète jusqu’à ce que 5 jours plus tard, Poséidon décide enfin de parler par télépathie à Percy pour lui dire qu’il a un truc à faire. Et là, Percy commence à latter la gueule de tous les croupiers qui passent dans le coin, imité rapidement par ses amis, qui trouvent la bille en deux secondes (ils l’utilisent dans la roulette) avant de repartir. Perle 3, check ! Nos ados partent alors pour l’enfer (entrée à gauche du panneau publicitaire d’Hollywood, mais on s’en fout, c’est comme pour les portauloin), et ils tombent alors sur Charon, le passeur. Et là, le black tchatche un bon coup en essayant de fourguer 120 dollars à Charon, au cours d’une scène hautement pathétique jusqu’à ce que Percy se rappelle qu’il a pris des pièces en or au départ. Passé cette formalité, on arrive devant Hadès, une espèce de gothique aux cheveux frisés qui essaye d’avoir de la contenance alors qu’il n’a pas le moindre charisme démoniaque (un simple sourire d’Al Pacino est tellement plus électrisant…).Là, Hadès libère la mère, et récupère l’éclair qui se trouvait… dans la poignée du bouclier. Huhum… Pas le temps de cogiter là-dessus, la femme d’Hadès saute sur son mari et lui latte proprement la gueule avec ladite éclair. Et après, on ne sait pas trop pourquoi, elle redonne l’éclair à Percy et le laisse sortir des enfers par la grande porte. Maintenant, faut rejoindre le mont Olympe. Anarchronisme oblige, c’est l’empire state building. Mais là, Percy se rappelle que l’éclair était dans le manche du bouclier, qui lui a été remis par… le Traître du film ! On a alors droit à un combat épique en plein vol, jusqu’à ce que le Traître s’empare de l’éclair. Et là, Percy se rappelle d’un truc : il est le fils de Poséidon. Et l’eau, ça neutralise la foudre… Notre Percy bousille alors la gueule du méchant en l’enfermant dans une bulle d’eau, neutralisant d’une façon bête comme chou l’arme divine la plus puissante de la Mythologie. Par un truc inné chez lui. Je me pose donc une petite question : pourquoi Poséidon ne latte-t-il pas la gueule de cet abrutit de Zeus incapable de gouverner sans son hochet pour s’installer sur le trône ? Ben, ça serait pas moral. Bref, Percy remet dans les temps l’éclair à son propriétaire, dont on résumera les interventions par « Tu as bien fait. » et « Tu as très bien fait. » à la fin du récit trépident de ces aventures. Puis nos bambins innocents retournent au camp de vacances, et au moment où ils allaient se smacker… et ben la fille lance une joute à l’épée en disant qu’il ne faut jamais baisser sa garde. Décidément, nos ados ne sont pas encore mûrs pour la puberté. Non, mais sérieux, on tape beaucoup trop sur Le choc des Titans quand on voit des purges pareilles tenter de trouver un public, qui plus est en salles. Mais bon, on ne se fait pas d’illusions, il y en a qui vont encore le trouver bon. En tout cas, j’ai passé un bon moment, moi. Encore, encore !

 

-2/6 malgré des effets spéciaux convaincants

 

2010
de Chris Columbus (inexcusable après les bons Harry Potter 1 et 2)
avec Logan Lerman, Brandon T. Jackson

 

http://www.scifi-universe.com/upload/galeries/images_film/21842/percy_jackson_2009_t6.jpg

"Ouais, les copains, on va s'amuser maintenant !"  

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 11:28

http://www.guide-rapide.com/IMG/affiches/2011/2011-10-octobre/redline-le-film-2.jpg

 

Tiens, ça fait longtemps que je n’ai pas parlé de Japanimation. Et justement, ça tombe bien, parce que j’ai justement acheté Redline, le dernier film de Koike (après de longues et infructueuses recherches sur le net, c’est toujours le navet de 2006 qui ressort), sensé être « orgasmique »  selon certains journalistes d’une revue de cinéma que nous nommerons Fou Films. Si je me suis emballé peut être un peu fort sur le projet (on est quand même loin des Apple Seed), le contenu se révèle en tout cas être jubilatoire comme on l’espérait, devenant LA référence du film de course frapadingue où tous les coups sont permis. Allez, on passe la seconde !

L’histoire : JP est un pilote plutôt rétro, avec une banane d’enfer, qui participe régulièrement à des courses truquées par la mafia locale. Mais après une nouvelle défaite, la démission de plusieurs pilotes le qualifie pour la Redline, l’évènement sportif extrême le plus populaire de l’univers.

 

http://www.fenntasy.com/wp-content/uploads/2011/11/redline_Poster.jpg

 

Un sacré petit morceau de bravoure que voilà, le film ayant pour ambition de faire dans le jubilatoire extrême au cours de ses courses. C’est simple, on est là pour voir de la tôle froissée, et on ne va pas se priver. Avec une intro pêchue qui commence sur les chapeaux de roue, le spectateur en a immédiatement pour son argent, en s’offrant la course la plus jubilatoire qu’il ait jamais pu voir (si Death Race pouvait s’avérer marrant sur ce terrain, il est aujourd’hui largement dépassé). En prenant pour base un univers bancal mais punk à souhait (on voyage sur différentes planètes, la Redline doit avoir lieu sur le territoire d’une dictature hostile à cette décision…). Bref, c’est un joyeux bordel qui fait immédiatement plaisir. Si les dessins sont parfois un poil trop tressautants, le résultat est assez lisible, et nous offre tout ce qu’on pouvait attendre d’une course où tous les coups sont permis. Missiles, dérapages, gadgets, chacun y va de son astuce pour passer la ligne d’arrivée, et chose assez sympathique, le film essaye de faire ressentir les accélérations au spectateur en en montrant l’impact sur le conducteur (qui prend clairement des G à chaque accélération nitro). Bref, ça défouraille à toute berzingue, et cela pendant 50 minutes du film (on attends un peu LA course finale, mais quand elle est là, c’est 40 minutes de bourrinage non-stop). Pour combler la baisse de rythme, le film essaye d’étoffer un peu son univers, ce qui le rend davantage sympathique pour son côté punk jouissif (Roboworld, la nation hostile à la Redline, a tout d’une dictature qui essaye de se faire passer pour un territoire de paix) ou pour son côté un peu bad boy (la personnalité de nos protagonistes est étoffée, on lui propose une copine sulfureuse et pilote elle aussi, on a une minuscule intrigue de mafia complètement inutile mais qui reste quand même sympa à suivre… Bref, comme on le disait, c’est le dessin animé décontract purement jouissif, qui nous offre rien de moins que la course la plus bandante jamais créée. En attendant une adaptation ciné de Gunnm et de son Motorball ultra violent, on tient là le film de sport extrême le plus fun qu’on ait pu voir ces derniers temps. Purement gratuit, mais qu’est ce que ça défoule !

 

4.8/6

 

2009
de Takeshi Koike
avec Takuya Kimura, Yû Aoi

 

http://www.fangirl.eu/wp-content/uploads/2010/10/popo.jpg

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 11:22

http://www.4outof10.com/wp-content/uploads/2008/08/postal.jpg

 

Uwe Boll de retour (la vache, ça faisait longtemps !), avec ce qui doit être l’un de ses films les plus controversés, j’ai nommé Postal. Adaptation d’un jeu vidéo auquel je n’ai pas joué, mais apparemment réputé pour être aussi barge que Duke Nukem 3D, Postal est un pur film de mauvais goût, une comédie pas très drôle où on sent l’envie pour Boll de signer un petit brûlot, certes pas très bien torché dans le fond, mais suffisamment décomplexé pour mériter un peu d’attention. Du moins de la part des tacherons qui ne crachent pas sur le mauvais goût et qui possèdent un minimum de recul devant l’œuvre « naveteuse » de Boll.

L’histoire : Après le 11 septembre, les terroristes ont besoin d’argent pour monter de nouveaux attentats, et décident de voler des peluches rarrissimes afin de les vendre aux enchères. Mais ces peluches sont aussi convoitées par une secte en froid avec ses impôts, et bien sûr par la compagnie qui les fabrique.

 

http://images.wikia.com/postal/images/a/a2/Postalcast.jpg

 

Postal, c’est l’avalanche de mauvais goût, à tous les étages, et avec tellement de connerie démesurée qu’il est impossible de prendre un instant ce film au sérieux. Deux cas de figure s’opposent alors : soit on arrive à tolérer la plupart des blagues pas drôles et on apprécie le mauvais goût constant des situations qui nous sont proposées, soit on dit que c’est de la merde (comme 80% des gens et comme les Razzie awards qui donnent chaque année des prix à Boll sans prendre la peine de voir ses films). Certes, le film étant ultra bancal et assez gratuit (malgré son insistance sur les liens entre Saddam et Georges W. Bush (qui se téléphonent sans arrêt pour échanger les nouvelles)), il est difficile de l’aimer plus qu’un truc décomplexé et imprévisible (déjà, l'aimer est un bien grand mot), donc impossible de lui mettre une bonne note à moins d’être ultra subjectif. Mais tout de même, il reste un morceau de bravoure d’une heure trente, qui se fout de la gueule des sectes (le gourou ne fait jamais rire avec ses blagues, mais il se trimballe les ¾ du temps à poil entourés de canons en se droguant sans arrêt), du terrorisme (la scène d’ouverture est un monument de connerie et de manque de respect, les terroristes aux commandes de l’avion décidant au dernier moment d’annuler le djiad et de partir sur les Bahamas, avant que les passagers incapables de piloter l’avion tente de les maîtriser et ne les fasse se crasher sur les tours jumelles), de la bienséance (dès qu’un innocent citoyen traverse une rue, il se fait exploser par une bagnole) et des repères moraux habituels (notre héros est un modèle d’amoralité). Quant au mauvais goût, les amateurs ne seront pas déçus. La femme du héros doit peser dans les 300 kilos ne cesse de s’envoyer en l’air avec les voisins les plus crades qu’on puisse imaginer, le héros profite d’une fusillade dans la salle d’attente des allocations pour piquer les tickets d’attentes des gens blessés sur le sol, le parc allemand où sont stockés les peluches est bourré de références au nazisme (voir la pancarte « Camp de concentration, aire de jeu pour enfants »)… Même Boll vient se foutre de sa gueule sur scène, en prétendant utiliser le trésor nazi pour financer ses films et avoir la gaulle devant les gosses qui s’amusent dans le parc. Un vrai sommet de mauvais goût, on vous dit, qui s’autorise à peu près n’importe quoi, même si certains passages sont en effet un peu longs (on se fait chier sévère dans le bunker avant que l’action ne reprenne). Sachant cela, les spectateurs sont désormais avertis, il vaut mieux laisser ses principes aux vestiaires pour apprécier ce film, qui revendique délibérément son mauvais goût. Toutefois, aucun éditeur français n’ayant eu l’audace de distribuer la bombe dans notre pays bien-pensant, il n’y a que le téléchargement illégal qui puisse vous faire profiter de cet étron tourné avec amour par un Boll en roue libre. Un des meilleurs cru de sa filmo avant qu’il ne tente de faire des films un peu plus sérieux. Enfin, vous voilà prévenu maintenant !

 

1/6  mais un bon 15/20 nanardeux (qui se rapproche beaucoup du mauvais goût)

 

2007
de Uwe Boll
avec Zack Ward, Dave Foley

 

http://www.blogcdn.com/blog.moviefone.com/media/2007/10/postalpic.jpg

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 11:16

http://media.paperblog.fr/i/453/4533226/requiem-massacre-L-jvfNGj.jpeg

 

Requiem pour un massacre est un film russe sur la seconde guerre mondiale, ou plutôt sur les premières incursions allemandes en Russie, le tout vécu par un enfant ayant à peine la douzaine, recruté de force par l’armée russe et qui part à la guerre le cœur vaillant, sans vraiment s’attendre à ce qu’on sait inévitable. La qualité du film tient surtout en sa mise en scène incroyable, parvenant à créer une atmosphère hallucinante (portée par une musique particulièrement réussie), qui parvient à être une illustration particulièrement forte de la « déshumanisation » provoquée par la guerre.

L’histoire : Un jeune russe est enrôlé d’office dans l’armée rouge, avant d’être affecté à l’entretien du camp de repli des troupes, malgré son désir de partir au combat. Sa position est alors pilonnée par l’artillerie allemande, notre jeune paysan décide de retourner voir sa famille, non loin de leur position.

 

http://la-pellicule-brule.com/wp-content/uploads/2011/06/requiem2-e1307771397935.jpg

 

Requiem pour un massacre impressionne beaucoup pour son approche frontale de la guerre, approche rendue particulièrement immersive par l’utilisation d’une musique complétant parfaitement l’ambiance des faits relatés, et par l’approche très réaliste des faits qui nous sont exposés. Requiem pour un massacre est un film qui se ressent, osant parfois donner dans l’expérimental (la séquence où notre protagoniste tire sur une photo d’Hitler, pendant que quantité de films d’époques passent à l’envers, reconstruisant les ruines provoquées par l’extension du IIIème Reich). Du début du film (commençant sur une tranchée héritée de la première guerre mondiale) jusqu’à la fin, on partage le quotidien de notre enfant-protagoniste, approche qui nous propulse directement à ses côtés. Du bain dans une bassine posée sur le feu à la photo de troupe, tout transpire le vécu. Et le film n’en fait jamais trop, il se contente d’illustrer des faits, banals pendant la seconde guerre mondiale (Oradour sur glane, mémorial national où le temps s’est arrêté), mais éprouvants quand leur souvenir est évoqué, et davantage quand ils sont mis en scène. Si le film n’insiste jamais sur le sanglant de la guerre, les simples plans où il montre la violence des évènements (un simple regard jeté par-dessus une épaule pour entrevoir un village entier fusillé derrière une ferme) suffisent à choquer le spectateur, qui se retrouve en plein enfer, sans toutefois la folie furieuse qui imprégnait Apocalyspe now. Il ne reste que la population, tétanisée, témoin malgré elle de la folie du conflit et de la barbarie nazie, victime déboussolée par la tournure que prend ce conflit. En témoigne la scène au milieu des tourbières, où la population survit en mangeant des racines, en état de choc, pendant que les mourants agonisent. Si le film souffre parfois d’un petit temps mort ou deux (je pense à la mission de recherche de nourriture, qui s’éternise un peu avant que nos soldats trouvent enfin une vache), le film va sans arrêt de l’avant, menant son protagoniste (et la fille qui finit par l’accompagner) dans diverses situations, depuis ce mitraillage de la plaine (où nos soldats rampent littéralement sous les feux de l’ennemi) jusqu’à cette scène traumatisante d’un nouveau village massacré, nos personnages faisant ici partie de la population rassemblée dans les granges. Scène d’autant plus traumatisante que nos protagonistes s’en sortent non pas en survivant à l’horreur, mais parce que les nazis les épargnent, l’une pour satisfaire les soldats d’un camion (aucune scène ne l’illustre, il suffit de voir l’état dans lequel elle revient au camp), et l’autre pour être humilié et servir de témoin du massacre des races inférieures. La dessus arrivera la conclusion, magnifiquement mise en scène, où des renforts de l’armées rouge parviennent à faire prisonnier plusieurs des membres des forces nazies organisant les bûchers publiques, et où nous assistons à un résumé du tribunal de Nuremberg, où les officiers ne cessent de se renvoyer la responsabilité des massacres et que les hauts gradés demandent la clémence pour leur âge et parce qu’ils n’ont jamais tué personne. Une scène sidérante, qui devient horriblement pathétique quand les russes proposent aux nazis de s’entretuer en promettant de laisser les survivants partir, et que ces derniers n’hésitent alors pas un instant à asperger d’essence leurs frères d’armes. Arrive alors la scène expérimentale du film, vrai point d’orgue qui parvient à évacuer la violence accumulée pendant le film en mettant en scène la recul du nazisme et la reconstructions des pays européens si Hitler avait été supprimée. Un film puissant, qui doit énormément à son acteur principal, un jeune ado dont la transformation physique est particulièrement frappante pendant le film. Probablement le meilleur jamais réalisé sur la seconde guerre mondiale, jamais tenté par l’action et toujours focalisé sur le parcours de ses personnages. Traumatisant.

 

6/6

 

1984
de Elem Klimov
avec Alexei Kravtchenko, Olga Mironova

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 11:59

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En guise de détente, une petite série B concotée avec les moyens du bord est un petit plaisir qui ne se refuse pas. Ca tombe bien, le film de Maurice Devereaux se prête assez bien au sujet. Il s’agit de End of the line, retitré sur allociné par Le terminus de l’horreur, une bisserie nerveuse où une rame de métro se retrouve attaquée par une bande de fanatiques annonçant que la fin du monde va avoir lieu dans la nuit et que pour sauver un maximum d’âmes, il vont éliminer un max de gens. On sent venir la morale anti religieuse avec ses grands sabots, mais difficile de résister au cadre tentant du récit (à part Creep, quel film d’horreur respectable peut être cité se passant dans le métro ? Non, pas Stag Night !).

L’histoire : Karen, une jeune infirmière, constate une certaine agitation dans l’hôpital où elle travaille, avant d’apprendre le suicide d’une patiente. Prenant le métro pour rentrer chez elle, elle sympathise avec un autre passager avant de se rendre compte que la rame est attaquée par des fanatiques.

 

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Je met mine de rien le dvd dans le lecteur et je commence à bailler un bon coup pendant que le sigle de la société de production passe. Puis d’un coup, le menu dvd se charge, et une musique ultra agressive jaillit des hauts parleurs sur des images de démons particulièrement agressives. Le film n’a pas commencé que j’ai déjà poussé un cri. Prudemment maintenant, je lance le film, qui commence assez mollement avec une jeune femme trouvant une enveloppe sur la banquette de métro devant elle. Et à peine deux minutes après l’agression du menu, seconde agression hyper vénère du film. Après un nouveau cri, je commence à me féliciter de l’achat, qui a l’air de tenir ses promesses, à condition que le rythme ne faiblisse pas. Mais hélas, après cette intro du tonnerre, le rythme mollit quelque peu, le temps de nous passer en revue la protagoniste principale, qui reçoit de mystérieux dessin d’une certaine Viviane, la fille qui se suicide dans la journée. Puis on va enfin dans le métro, on nous présente un gentil gars et un type très laid qui tente de faire du gringue à notre héroïne avant de rabattre ses envies sur une asiatique fan de rock. Mais bon, à partir de là, le thriller commence à se lancer, les fanatiques commençant à apparaître ça et là, aussi bien habillés en uniformes qu’en civil. Et pour ce qui est du gore, le film délivre la marchandise avec des maquillages plutôt efficaces, quoique délivrés au compte goutte. Précisons que le message anti-religieux se résume alors à voir nos fanatiques répéter « Dieu vous aime. » lors de leurs tueries, ce qui se révèle donc à peine offensif en termes de théologie. Mais peut importe, nous voila lancés dans un thriller vénère où des fanatiques armés de poignards vont traquer un petit groupe de survivants dans les tunnels du métro. Un pitch simple et sympathique, un petit survival sans grande prétention (au-delà de la grossière agression de la religion, on a tout du divertissement un peu épicé par le gore), qui utilise plutôt bien ses maigres ressources (le métro semble en effet labyrinthique alors que Maurice n’avait pas beaucoup de décors à disposition) et qui parvient assez subtilement à faire croire à un phénomène de masse (bonne utilisation de vidéos d’émeutes couplées à des scènes rajoutés avec des fanatiques). Même si on doute un peu qu’il existe autant de fanatiques cathos, le rythme est plutôt sympathique, parvenant à entretenir le suspense pendant les déplacements de nos survivants, tout en suivant ceux qui se sont barricadés dans un cul de sac. Avec l’association du violeur laid aux fanatiques, le réalisateur grille un peu plus son envie d’égratigner la religion, la méthode rendant le film plus bancal encore. Pour finir, on a droit à un dernier acte où le groupe éclate et où chacun tente de survivre de son côté. Un dernier acte plutôt réussi pour ce qui est de conclure l’histoire, mais qui pose alors un gros problème de cohérence avec le reste du film. En effet, ce dernier n’a cessé de vouloir égratigner la religion de façon assez primaire. Mais en concluant ainsi, il donne finalement raison aux fanatiques, ce qui me semble quelque peu curieux. En tout cas, je ne me plains pas trop, j’aime bien le design final des entités de la conclusion. D’ailleurs, je lance un appel à la réflexion chez ceux qui l’ont vu : après la scène choc du début, on a un plan de notre héroïne en train de pleurer sous la douche avant que quelque chose ne bouge en arrière plan. Or, notre héroïne porte dans cette scène une cicatrice à l’épaule, cicatrice que lui fera le violeur à la toute fin du film (en lui tailladant l’épaule). Je me demande un peu ce que le réalisateur a voulu faire avec cette scène, impliquant dès lors que notre héroïne ait survécu, et donc je suis bloqué dans mes réflexions… Sinon, les acteurs ne sont pas vraiment terribles (leur jeu est un peu forcé), la VF est vraiment à chier, la musique est passable, mais voilà, le rythme en fait un petit divertissement sympathique à voir un soir de semaine. Allez, soyons gentil avec Devereaux, il y croyait, à son film…

 

3.5/6

 

2007
de Maurice Devereaux
avec Ilona Elkin, Neil Napier

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 11:54

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Kim Jee Wong est un réalisateur coréen plutôt populaire, qui nous a déjà gratifié de chocs comme A Bittersweet life ou du sympathique Le bon, la brute et le cinglé. Avec I saw the devil, il revient à un cinéma violent, frontal, qui s’il part sur des bases on ne peut plus clichées, parvient à proposer une nouvelle formule du film de vengeance à partir de sa première heure. Une vraie bonne surprise qui a eut le goût de se faire repérer à Gérardmer 2011.

L’histoire : Une femme est assassinée puis découpée en morceaux par un psychopathe. Son mari, membre des forces spéciales, traque alors le meurtrier avec l’aide de son beau-père policier. Il a tôt fait de retrouver le coupable, qu’il passe alors à tabac avant de le laisser repartir.

 

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I Saw the Devil est une intéressante variante du thème de la vengeance au cinéma, puisqu’en partant d’un postulat on ne peut plus connu (toutes les situations sont clichées, il n’y a que la cruauté de la mise en scène qui parvienne à rendre le film impressionnant), il propose une formule qui n’avait jamais été faite jusqu’à maintenant. Ici, c’est donc un membre des renseignements qui traque l’assassin de sa femme, qui enquête pendant la première heure sur les 4 suspects potentiels de l’affaire, les passant tous à tabac l’un après l’autre jusqu’à trouver le coupable. Une fois ce dernier identifié, c’est là que le film commence vraiment, puisque la fameuse formule débute : notre protagoniste joue avec le psychopathe en l’arrêtant à chacune de ses nouvelles tentatives de meurtres, en se défoulant copieusement sur lui (les sévices sont violents) avant de le laisser repartir, muni d’un émetteur qui va lui permettre de le surveiller de près. Et ce jeu se poursuit un certain temps, chaque nouvel affrontement apportant son lot de violence et de suspense. Autant dire qu’au niveau du rythme, pour ceux qui apprécient les polars sombres, la formule est assez payante, le suspense n’arrêtant pas de se prolonger, et le psychopathe se révélant réellement menaçant à tous les instants. Mais on constate surtout une prédilection des coréens pour les armes blanches (à part le fusil, aucun coup de feu) et l’intervention régulière de protagonistes hyper violents. On aura ainsi droit aux petits malfrats en taxi tentant de rançonner notre psychopathe (l’occasion de nous offrir une scène de meurtre particulièrement impressionnante dans l’espace exigu de la cabine d’une voiture), à l’ami du tueur, complètement psychopathe lui aussi et qui finira aussi balafré que le Joker. Bref, c’est l’escalade de violence jusqu’à un dénouement assez pessimiste, les familles des protagonistes ne tardant pas à être impliquées dans l’affaire. La Corée aime manifestement ces finals dramatiques, assez noirs et qui tranchent beaucoup avec le cinéma américain, qui préfère largement les happy end (Seven est vraiment l’un des rares à avoir franchi le pas, d’autres comme 8mm se révélant moins secouant à ce niveau). A tous les niveaux, I Saw the Devil se révèle être un thriller puissant, particulièrement violent et sacrément bien interprété par tous ses protagonistes, qui restent des stars dans le cinéma Coréen. Servi par une image magnifique et une musique un peu en retrait, mais qui épaule bien le film, I Saw the Devil est un film percutant qui a de quoi secouer un peu les amateurs de thrillers hard core.

 

4.7/6

 

2010
de Kim Jee-woon
avec Lee Byung-Hun, Min-sik Choi

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 11:10

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Il y a des comédies françaises qui tombent un peu dans l’oubli alors qu’elles ont tout le potentiel pour rester culte, toujours transposables dans le contexte actuel. L’aventure c’est l’aventure, un film de Claude Lelouch, est de cette trempe. Réunissant un casting impressionnant, le film possède ici, derrière sa façade comique, une vraie ambition de satire politique puisqu’il propose la reconversion de gangsters dans le domaine de la politique, en faisant dans l’enlèvement de personnalités consentante qui bénéficient donc d’un coup de pub énorme via la presse.

L’histoire : Cinq petits gangsters, sortant de prison, finissent par s’associer pour s’adapter à l’époque dans laquelle ils vivent, où tout se politise. Ils mettent alors au point une formule d’enlèvement, proposant aux grandes personnalités de se faire enlever contre rémunération, afin de bénéficier de la couverture médiatique de l’évènement.

 

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L’aventure c’est l’aventure (la chanson du film est d’ailleurs interprétée par Johnny Hallyday, la première personnalité qui se fera enlevée de son plein gré) est un vrai film comique, qui réunit déjà un casting haut en couleurs de plusieurs pointures du comique français. Lino Ventura, Charles Denner, Jacques Brel, Johnny Hallyday... Tant de noms connus laissent rêveur (ou moins rêveur), surtout que chacun pourra ici placer son potentiel comique dans le film, à un moment où l’autre. Ce qui est vraiment sympathique dans ce film, c’est de voir constamment la politique rabaissée à des niveaux très terre-à-terre, cette dernière étant fréquemment comparée au show business, intervenant dans des sujets absolument sans rapport… Ainsi, nous aurons droit à une séquence hilarante où les prostituées de Paris font une réunion politique, où leur meneuse balance des conneries d’usage avant d’exiger la retraite et la sécurité sociale, que les prostituées devienne un service public, sans quoi elles s’engagent à faire la grève. Un moment hallucinant tant le grotesque de la situation parvient à parodier certains mouvements de foule. Face à ces images, nos gangsters fraîchement sortis de prison se réunissent, et s’accordent sur le fait que leurs méthodes de gangsters sont maintenant dépassées, que tout se politise, et qu’il faut par conséquent suivre le mouvement. Après avoir interrogés plusieurs représentants de partis politiques, ils en viennent à juger de l’importance des médias dans le domaine, et ils se lancent alors dans l’idée des enlèvements médiatiquement couverts. Un postulat couillu qui rapporte vite ses fruits, et qui lance vite nos gangsters sur la voie des arnaques politiquement correctes. Les gags s’enchaînent avec un certain rythme, même si on sent que certains tiennent beaucoup de l’improvisation, et peinent parfois à mettre de l’humour au milieu. Qu’importe les quelques digressions du script (la vengeance d’une des personnalités, qui elle avait été réellement enlevée sans son consentement), la toile de fond est passionnante, osant conclure, en plein milieu du procès de nos 5 malfrats devenu politique par un malheureux concours de circonstances, par une évasion organisée par l’Elysée où nos malfrats partent pour l’Afrique. Et devant une foule en liesse, ils se mettent à balancer conneries sur conneries, et la foule de les applaudir, histoire d’enfoncer un peu plus le clou sur la politique. Il n’en reste que le film possède une vraie volonté d’égratigner le monde politique (nos gangsters sont régulièrement assimilés à de la politique, alors que leur but revendiqué est de ramener du fric en se servant des circonstances actuelles. En bref, un film couillu qui utilise la comédie pour faire une satire assez amusante du monde politique que nous connaissons toujours depuis la sortie du film. Un bon moyen d’être subversif tout en se marrant un bon coup.

 

5/6

 

1972
de Claude Lelouch
avec Lino Ventura, Nicole Courcel

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 09:03

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A sa sortie, le Pacte des loups a été un évènement. Pub, annonce et j’en passe, la totale, le film se présentant comme un vrai succès à la française, avec un casting de rêve (un bon gratin français comme on les aime), des moyens considérables (un des films français les plus chers jamais réalisé) et de sacrés enjeux (une trame historique riche, mêlant politique, combat, vengeance et histoire d’amour en plein dans l’âge d’or Français). Bref, un projet qui fait saliver, et qui lors de sa sortie aura finalement un constat mitigé. Car c’est bien ce qui fait la force et la faiblesse du film du génial Christophe Gans : il aime le cinéma, et il veut par conséquent livrer une nouvelle référence du cinéma français, une sorte de film d’aventure complet, incroyablement riche et maîtrisé de long en large. Analyse et opinion sur le phénomène, en version longue, s’il vous plaît !

L’histoire : Depuis deux ans, le Gévaudan est meurtris par les attaques d’une bête sauvage qui dévore les paysans. Le chevalier Grégoire de Fronssac descend alors de Paris pour empailler la bête lors de sa capture, et pour aider à la traque. Il est accompagné d’un Iroquois, Many, rescapé des tueries en Nouvelle-France.

 

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Les envies de gigantisme de voient très vite dans Le pacte des loups, et c’est bien ce qui dérange tout le monde. Gans aime le cinéma, tout le cinéma. Et par conséquent, avec une classe certaine, il veut bouffer à tous les râteliers. Quand il veut faire des scènes d’action impressionnantes, il sacrifie toute cohérence sur l’autel du divertissement, pendant quelques minutes, où il nous offre une séquence d’anthologie. Le plus bel exemple doit être la confrontation finale entre Grégoire de Fronssac et le maître de la Bête (dont on taira l’identité par crainte de spoiler), où ce dernier utilise une épée en os dont les fragments se séparent régulièrement, raccordés par une chaîne, pour former un fouet tout aussi meurtrier. Complètement irréaliste et malvenu après autant de sérieux, mais carrément jouissif, et d’une classe irréprochable (à la sortie du film, tout le monde veut la même !). C’est ce constant équilibre entre reconstitution historique convaincante et pliage de l’Histoire à l’intrigue riche du script qui assure à la fois le succès (tous les genres sont représentés) et la perte (personne ne sera entièrement satisfait) du film, qui des années après être sorti, continue toujours d’interpeller, ne semblant pas encore avoir trouvé sa place dans le paysage hexagonale (et la plupart des gens l’ayant vu, de le classer dans les films moyens pour être sûr de ne pas se tromper). En termes de grand cinéma, de mise en scène et d’élaboration d’ambiances et de décors, le film est une petite merveille. Un vrai monument, qu’il est toujours un plaisir de voir pour son sens aigu de la mise en scène (la direction d’acteur est à tomber) et sa reconstitution flamboyante des lieux d’époque, qui nous plongent dans un XVIIIe flamboyant, coloré, qui ravit l’amateur de belles images à tous les instants. Le casting est tout simplement irréprochable, chaque acteur ayant parfaitement compris le rôle de son personnage dans le film (les intrigues multiples abondent, chaque personnage trouvant son utilité, à un moment précis). On retiendra surtout Cassel pour son interprétation du frère tendant peu à peu vers l’inceste, Samuel Le Bihan en Grégoire aussi habile à l’épée qu’en répartie, et un Dakaskos parfait en Irokois. Dakaskos est d’ailleurs une nouvelle preuve de la tentative de Gans d’imposer sa version du cinéma sur le grand écran, le personnage de l’Indien ne servant pour ainsi dire pratiquement pas dans l’intrigue. Tout au plus ressent-il les choses, mais à part accélérer un poil quelques trucs, sa présence n’est en rien justifiée en termes d’intrigue (tout au plus rend-il l’affaire « personnelle » lorsqu’il meurt). Gans impose Dakaskos parce qu’il est bel homme (impossible de le nier, son physique est beau), qu’il est parfaitement efficace dans les scènes d’action (quand même, on ose regarder des combats d’arts martiaux avec un indien dans les campagnes du XVIIIe…) et qu’il fait partie du cinéma de Gans (depuis l’excellent mais velouté Crying Freeman). J’aime personnellement, car le spectacle n’en souffre jamais, mais je comprends tout à fait qu’on parle d’anachronisme quand on aborde son rôle dans le film. Mais même en étant le seul acteur étranger à l’affiche (enfin, le seul… sans compter Monica), il réussit à ne pas paraître ridicule et à faire croire en son rôle d’amérindien rescapé des guerres de conquête. Quant à l’intrigue, la traque de la Bête et des mystères qui l’entourent, elle est tout simplement passionnante. Offrant une multitude de pistes, le spectateur dispose de beaucoup d’éléments pour suivre lui aussi l’enquête, et on note une excellente gestion de cette dernière avec nos personnages. En effet, ces derniers sont toujours au même point que le spectateur, et par conséquent, il n’y a aucun risque de découvrir vraiment la vérité avant nos personnages, et de devoir attendre que ces derniers se mettent au niveau. Tantôt violent (quand le chevalier réplique, il fait mal), tantôt impressionnant (la Bête est assez maousse, et même si les effets spéciaux numériques n’ont pas tous bien vieillis, le résultat reste suffisamment soigné pour garder la classe, qui est l’essence même du cinéma de Gans. Musicalement, le fond est presque toujours comblé par un thème musical parfaitement maîtrisé, en totale correspondance avec l’action qui se déroule sous nos yeux. Ce cinéma d’atmosphère, c’est bien ce qu’il faut retenir du Pacte des loups, parvenant à faire peur, à exciter, à attrister, à enflammer… Annonçant déjà la baffe qu’allait être Silent Hill (à mon goût la meilleure adaptation de jeu vidéo jamais faite), Le Pacte des Loups se révèle puissant, sincère dans son envie de divertir en suivant une trame bétonnée ponctuée de morceaux de bravoure, osant s’offrir du divertissement là où beaucoup se seraient contentés d’appliquer les formules classiques du film de reconstitution historique : réaliste de bout en bout. Pour ma part, un cru vraiment satisfaisant de notre réalisateur Christophe Gans, qui a tout compris à ce que l’on aimait voir au cinéma, tout en faisant preuve d’une audace que peu se seraient permises, sans jamais en perdre le contrôle. Christophe, vite, le prochain film !

 

5/6

 

2001
de Christophe Gans
avec Samuel Le Bihan, Mark Dacascos

 

http://www.latribune.fr/getCrop.php?ID=1344986&W=558&H=416

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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