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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 20:03

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Schizophrenia était le premier film de psychopathe à utiliser la voix off pour laisser parler son personnage principal, et ainsi nous donner un aperçu de sa pensée (le résultat était assez perturbant, osant même faire de l’humour noir en pleine scène de meurtre). Seul contre tous a recyclé le phénomène en conférant à cette voix off un punch, un mordant, aussi acide qu’engagé, voué à déverser la haine d’une existence sur la société qui entoure notre personnage de boucher, touchant parfois avec justesse certaines vérités, mais allant si loin dans ses débordements moraux qu’il finissait par s’aliéner tout le monde. Aujourd’hui, on parle de Baxter, qui utilise à nouveau une voix off agressive pour faire parler un chien dont nous allons suivre la vie.

L’histoire : Baxter est un petit chien méchant, acheté par une vieille dame pour égayer ses journées. Baxter est de plus en plus excédé par le comportement de sa maîtresse, qui pue littéralement la peur.

 

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Baxter est une petite truculence de notre cinéma hexagonal, puisqu’en plus d'être la gueulante annonçant 10 ans à l'avance Seul contre Tous, il se permet un radical détournement des codes du film animalier, où notre chien, personnage principal du film, est ici une bestiole dominée par l’instinct qui va peu à peu haïr chacun de ses différents maîtres. On commence d’abord avec une vieille dame qui confine Baxter à l’intérieur de la maison, ne lui autorisant que très peu de sorties. Elle a des manies qui contredisent sans arrêt les instincts de Baxter. En bref, elle lui tape sur les nerfs avec ses manies de vieille, d’autant plus que la peur ne quitte jamais son quotidien, la vieillesse apportant son lot d’amertume et de lamentations. Une sorte de développement de la partie en hospice qu’on voyait dans Seul contre tous. La situation s’éternise (même le spectateur pourra trouver qu’elle traîne un peu) jusqu’à ce que Baxter, excédé, précipite sa maîtresse dans les escaliers et s’échappe de la maison. Il trouve alors refuge chez un couple du voisinage, en train de s’installer dans une nouvelle maison. Cette vie le satisfait pendant un temps, mais bientôt, le couple a un bébé, à qui on accorde beaucoup plus d’attention qu’à Baxter. L’instinct de ce dernier ne tarde pas à reprendre le dessus et il planifie bientôt de pousser le môme dans un bassin récemment construit. Sans développer plus loin cette partie, Baxter part finalement chercher un nouveau maître, et tombe alors sur un gosse du voisinage, qui s’est construit un bunker sur un chantier et qui est fan d’Adolf Hitler. Avec un chien, il se sent maintenant comme son idole, et on suit son quotidien pendant quelques temps. Alors que le garçon se rapproche d’une gamine de son âge, Baxter fornique avec la chienne de cette dernière (par pur instinct, comme le précisera la voix off), ce qui donne naissance à une portée de plusieurs chiots, qui finiront adoptés par le gosse tyrannique, qui se mettra à torturer les animaux ainsi que Baxter. Le film tient du jamais vu dans sa manière de traiter l’animal au centre du récit, puisqu’il se propose carrément d’étudier la psychologie d’un chien plutôt guidé par ses instincts que par son affectif (ce qui le rapproche considérablement des humains). Toutefois, si Seul contre tous avait un rythme pêchu qui faisait sans arrêt avancer l’histoire (mais les long plan où rien de très consistant n’apparaît), Baxter est moins rythmé, plus contenu, et par conséquent, le récit faiblit parfois, sans pour autant perdre de vue la pensée de son clebs. Reste que ce détournement du film animalier représente un mini OFNI, un film de personnage qui illustre des comportements humains sans cesse confrontés avec une pensée animale, pensée qui passera finalement par la voix off du dernier personnage à l’écran, faisant le lien avec le discours de Baxter, mais à l’échelle humaine. Indispensable et pourtant méconnu, mais surprenant pour ce qu’il propose !

 

5/6

 

1988
de Jérôme Boivin
avec Lise Delamare, Jean Mercure

 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 19:59

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Clint Eastwood a la réputation d’être un bon cinéaste qui nous a gratifiés d’une pléiade de bons films, allant du drame au western. Cependant, depuis Invictus, la côte du réalisateur semble quelque peu baisser. Et c’est aujourd’hui au tour d’au-delà de passer à la casserole, puisqu’il doit s’agir de l’un des plus mauvais films de Clint. Si la réalisation ne démérite pas avec ses précédents chefs d’œuvres, le propos est quant à lui beaucoup plus flou.

L’histoire : 3 personnes : une journaliste française qui frôle la mort dans le Tsunami, un médium qui désire abandonner son activité et sa « malédiction », un jeune garçon dont le frère jumeau décède dans un accident.

 

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Clint aime faire du bon cinéma, et ça se sent. Avec la volonté de nous offrir dès l’ouverture un tsunami réaliste (on est loin des gigantesques vagues d’Emmerich dans 2012) et des drames « individuels » (le récit est fragmenté pour chacun de nos protagonistes), le lancement du film augurait du meilleur, notamment avec un Matt Damon qui jouait plutôt bien la personne ayant un don et qui aimerait s’en délester pour avoir une vie normale (il est harcelé par des personnes en deuil voulant communiquer avec leur défunt). Notre journaliste, campée par Cécile de France, se révélait intéressante dans sa perte progressive d’intérêt pour sa vie professionnelle, attirée par son expérience de quelques secondes, qu’elle aimerait faire partager au monde. Et lors de la mort d’un des jumeaux, son frère cadet, soustrait à la garde de sa mère alcoolique, se lance dans une quête pour savoir où son frère est allé. Des portraits qui partaient bien, et qui pouvaient en effet devenir une sorte de néo-référence sur la vie après la mort. Mais les ambitions s’arrêtent finalement à ces esquisses. Le film devient lent, ennuyeux, car ne faisant finalement que très peu évoluer la situation de nos protagonistes, ou délivrant des messages connus, ou au pire maladroits. Par exemple, on aura droit au couplet sur les journalistes qui traitent d’informations et qui se contrefichent de spiritualité. Une idée qu’on avait déjà assimilée. Et sur la vie après la mort, le script s’emmêle carrément les pinceaux. Discréditant les thèses chrétiennes ou musulmanes par quelques vidéos youtube ( ??), Clint se met alors à taper sur les voyants plus ou moins scientifiques, jusqu’à ce que le gosse tombe sur Matt Damon (en ayant toujours l’air d’y croire), qui lui est un voyant authentique. La différence avec les autres ? Ben… il prétend être victime d’une malédiction, et ses discours sont souvent justes mais il lui arrive de se tromper. Mouais… Non ! Pas sur un sujet pareil. C’est pas avec une image surexposée avec des silhouettes (une perception connue, et maintenant assimilée par toute la société, au courant de ces expériences extra corporelles) qu’on va se mettre à suivre aveuglément le film, qui se révèle trop maladroit sur une question, avouons le, assez délicate à traiter. Je retiens surtout le rôle de Matt Damon qui doit être celui m’ayant le plus intéressé, car suivant l’évolution psychologique d’une personne ayant un don de voyance qui le pousse régulièrement dans la solitude. Un film raté dans le fond, mais qui tient encore la route au niveau réalisation.

 

1.75/6

 

2010
de Clint Eastwood
avec Matt Damon, Cécile de France

 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 19:53

intouchables-affiche.jpg

 

Avec Intouchables, l’équipe qui nous avait déjà offert le bon Nos jours heureux semble avoir trouvé la bonne formule, le film venant rejoindre en toute hâte les succès de l’année comme Drive. Mais n’est-ce pas un peu rapide ? A une heure où le film est toujours projeté dans certaines salles de cinéma (preuve que le filon n’est pas encore tari), je m’interroge sur le statut du film, particulièrement loué dans l’hexagone (au point de faire d’Omar Sy la 3ème personnalité la plus appréciée des français (selon les sondages).

L’histoire : un repris de justice vivant dans les cités parisiennes tente de se réinsérer en tant qu’aide à domicile pour un riche tétraplégique.

 

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Certes, impossible de nier que cette comédie tient de la bonne comédie française dans sa volonté de bousculer un peu les conventions établies, notamment pour le tétraplégique un peu aigri par les traitements qu’il reçoit sans aucune complicité de la part de ses précédents aides à domiciles, qui accomplissaient leur besogne sans jamais installer la moindre connivence avec leur client. Ici, Driss, notre banlieusard, suscite rapidement la sympathie pour sa vie plutôt difficile et le rejet familial dont il est victime. Le premier contact qu’on ait avec lui est sa demande de refus comme postulant au poste d’aide de Philipe le tétraplégique. Une prise de contact plus bien gérée dans sa manière de confronter les deux milieux sociaux (non dénués d’humour comme le prouvera leur échange) qui vont ainsi cohabiter pendant quelques temps. Ainsi, Philipe trouve enfin quelqu’un avec qui il se sent bien et Driss trouve un emploi honnête et une nouvelle demeure. Ce qui fait la réussite de cette comédie, comme tout le monde l’a noté, c’est pour cette culture de l’humour brut de décoffrage (pas de bras… maintenant un classique) à prendre au second degré qui rapprochera considérablement nos protagonistes  et nous offrira quelques bons moments de rire. Le film en profitera aussi pour érafler un peu le domaine des arts avec les peintures modernes et un opéra en effet assez lourd au niveau des déguisements. La spontanéité de nos protagonistes est aussi pour beaucoup dans la sympathie qui se dégage du duo réuni à l’écran, ce qui fait qu’en effet le film s’apparente à une bonne comédie. Cependant, les meilleurs gags sont déjà connus par la bande annonce (qui donne déjà un bel aperçu de la qualité du film), et passé cette facture « osée » des gags, il n’y a plus grand-chose de très agressif. C’est surtout Driss qui va faire évoluer les choses dans sa nouvelle maison en apportant une certaine notion de respect, notamment à la fille de son patron et à son ex petit ami. Mais passé ce détail, rien qui ne vienne vraiment bousculer les normes. Intouchables reste une comédie attachante pour ses acteurs, mais qui reste finalement inoffensive et largement ouverte au grand public. En tout cas les gagnants dans l’histoire restent les investisseurs de TF1, qui empochent 30% (selon Le Point) des recettes du film, qui bénéficie du coup d’un bouche à oreille excellent entretenu par les médias, mais de façon peut être un peu plus discrète que Bienvenu chez les Ch’tis. La France a donc eu son carton typiquement français, même si la qualité du produit a été revue à la hausse. Espérons que ça continue comme ça (car on va bouffer de la comédie pendant encore des décennies), et qu’on découvrira enfin un film qui puisse égaler La Folie des Grandeurs.

 

4,3/6

 

2011
de Eric Toledano, Olivier Nakache
avec François Cluzet, Omar Sy

 

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 19:27

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La mode des parodies remonte à des films comme Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?, qui tenaient de la grosse farce et qui pouvaient en effet se montrer particulièrement drôle en jouant dans la surenchère. Mais depuis Scary movie, le genre semble s’être considérablement essouflé. Aussi formulerai-je une seule critique pour une de ces parodies que j’ai consenti à voir, les autres pouvant bénéficier de la même chronique à quelques ajustements près. C’est partie pour Disaster movie, la corvée du jour (qui porte bien son nom).

L’histoire : la fin du monde va avoir lieu fin février 2008. Cette malédiction semble liée à un cataclysme causé par un crâne de cristal (enfin, si j’ai bien compris, parce que ce n’est pas évident à suivre).

 

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Tous les réalisateurs n’ont pas la chance de réaliser de bons films. On pourra en citer quelques uns comme David DeCoteau ou Jean Rollin qui ne se sont jamais découragés et qui ont toujours persévéré dans leur style. Il y en a certains qui, conscients de leurs limites, jouaient volontairement avec leur absence de talent pour se moquer du cinéma (le cas de Bruno Mattéi, dont la filmographie s’évertue à pomper les blockbusters en se foutant de leur gueule). Et il y en a certains qui polluent le cinéma en essayant de faire passer leur néant merdique pour de la dérision. Des parasites sans le moindre scrupule qui croient faire des gags alors qu’ils écrivent des dialogues affligeants sans la moindre trace d’humour (les degrés se comptent en négatif pour pouvoir évaluer l’œuvre), à en faire passer le Führer en folie pour un rival de La Grande Vadrouille. Pour de pareils cas, c’est l’intégralité de la chaîne cinématographique qui est remise en cause, depuis le rédacteur du script tâcheron au distributeur qui ne prend même pas la peine de regarder ce qu’il va vendre, en passant par la réalisateur qui doit s’alimenter si il le fait une seule fois, mais qui commence à craindre sérieusement quand il persévère dans ce genre de navet. Alors que des genres comme le porno sont complètement tombés en décrépitudes, gaspiller du fric pour faire ça relève du crime contre l’art, la civilisation et le bon goût, sans que cela soit assimilable à quelque chose de volontaire (c’est volontaire chez la Troma, mais ici, c’est totalement hypocrite). Ainsi, visionnons l’hypocrisie qu’un tel cinéma a engendré : Disaster movie. L’objet du délit propose de critiquer tout un panel de bons films en mettant en scène leurs personnages dans des situations absurdes. Et ces situations absurdes consistent souvent à tourné en ridicule ces icônes en détournant leur caractère d’origine. Ainsi, l’adolescente sympathique Juno devient une espèce de grosse larve antipathique au possible. Ha ha ha ! Le tueur de No country for old man vient tuer un ado. Ha ha ha. Beowulf débarque tout nu en plein milieu et ça fait gay. Ha ha ha. La princesse de Il était une fois devient une salope obsédée par le sexe et la violence. Ha ha ha. Iron Man se fait écraser par une vache. Ha ha ha. Indiana Jones est joué par un nain. Ha ha ha. Et c’est cela pendant une heure et demie. Un supplice douloureux et intense, tant le visionnage du film se révèle accablant de bout en bout, sans respecter le moins du monde les œuvres d’origine (mais on s’y attendait), mais surtout sans que la parodie vienne à un seul moment se justifier. Le propre d’une parodie, rappelons le, est de faire rire sur des points qu’on pouvait attaquer (c’est le cas de Scary movie, même si il commence à céder au nawak). Et ici, il n’y a pas parodie, il y a détournement des icônes qui viennent se plier aux délires des créateurs de cet étron cosmique. Et les délires en question, ils sont tout simplement rédigés quand les créateurs sont beurrés ou camés jusqu’à l’os. J’avoue avoir eu un frémissement de sourire devant Alvin et les Chipmunck qui se mettent à chanter du métal, mais sinon, quel moment de solitude. Je ne comprends tout simplement pas comment de tels inepties arrivent encore à sortir de nos jours, même plus soucieux de la qualité de l’humour qu’ils sont sensés apporter au public, plus soucieux de faire du fric que d’avoir une quelconque estime personnelle, cinématographiquement parlant. Quitte à faire cela, autant nous sortir Ass tout de suite (le film à l’affiche dans Idiocracy), on passera un nouveau jalon dans la connerie humaine. Merci donc à Jason Friedberg et Aaron Seltzer pour ce moment de révélation dans ma vie, je sais à cet instant que le nanar ne m’a pas encore suffisamment pourri le cerveau pour aimer de la daube (et moi qui avais des doutes après avoir regardé 15 fois Kill for love, je suis pas accro !). Et comme dit précédemment, cette chronique peut aussi s’appliquer à la liste non exhaustive qui suit : Spartatouille, Mords moi sans hésitation, Super hero movie, scary movie 2&3&4, Spanish movie, Big movie, et pour prendre de l’avance, Scary movie 5 (qui parodiera les paranomal activity), Spy Movie (parodiant les films d’espionnage), Big Titts Movie…

 

0/6 et 0/20 nanar

 

2008
de Jason Friedberg, Aaron Seltzer
avec Kimberly Kardashian, Vanessa Minnillo

 

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 19:22

Vanishing-on-7th-Street-Film.jpg

 

Il y a des films que l’on découvre par hasard et avec lesquels on ne sait plus sur quel pied danser. C’est un peu l’effet qu’a eu sur moi Vanishing on 7th street, un cru fantastique assez intriguant qui ne s’intéresse pas à l’explication du phénomène qu’il met en scène, mais qui filme la réaction de nos personnages qui y sont confrontés. Alors, Vanishing on 7th street, bon ou mauvais ?

L’histoire : en pleine journée, la nuit tombe d’un coup, accompagnée d’une panne générale de courant. Quand les lumières reviennent, plusieurs personnes découvrent alors que toutes les personnes présentes aux alentours se sont volatilisées, ne laissant que leurs vêtements sur place.

 

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A vrai dire, un tel concept m’a immédiatement fait penser aux Langoliers, le médiocre TV film où, passant au travers d’une aurore boréale, un avion de ligne passait dans une autre dimension et où tous les passagers éveillés disparaissaient en laissant derrière elle tout ce qui n’était pas organiques (prothèses, vêtements…). Même concept ici, mais développé à l’échelle mondiale, ou plutôt celle d’une grande ville. Ainsi nos personnages ont survécu aux ténèbres par la présence de source de lumière indépendante à proximité qui ont assuré leur survie. Ainsi, dans une grande ville peuplée, seule une poignée d’individus ont pu survivre à l’évènement (il y a quelque chose dans les ténèbres qui attrape les humains et les fait disparaître). Face à cette situation, nos survivants tentent de s’organiser, d’abord en s’assurant de ne jamais manquer de lumière (chose difficile, le moindre problème technique pouvant s’avérer fatal) et de discuter de l’origine du phénomène. Il leur faut peu de temps pour penser qu’il s’agit là d’une sorte de fin des temps biblique et qu’ils vont probablement finir par tous y passer un par un. Puis le récit s’attache à suivre leur survie, à leurs recherches d’autres survivants… Finalement, le film n’apporte aucune des réponses qu’on aurait souhaité avoir. On ignore ce qu’il y a après la disparition dans les ténèbres, on ignore l’origine du phénomène, nos protagonistes apparaissent et disparaissent peu à peu… Ce qui me fait finalement douter de l’intérêt du film, qui se contente de montrer la réaction de quidam face à un phénomène surnaturel. Le concept est intriguant, mais il est finalement sans surprise. D’où mon scepticisme quant à l’intérêt du film. C’est bien filmé, les acteurs s’investissent, la peur du noir est bien exploitée (notamment avec les mouvements anormaux des ombres), mais le film ne va pas plus loin que son pitch fantastique lui permettait, ce qui fait qu’au final, le film manque de surprise et d’imagination. C’est un retour au fantastique maousse (il intervient du jour au lendemain) sans que rien ne vienne apporter un plus à toute cette histoire. Bancal mais tourné avec efficacité, c’est un petit film qui devrait faire débat, même si de mon côté je reste partagé.

 

3/6

 

2010
de Brad Anderson
avec Hayden Christensen, Thandie Newton

 

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 19:13

http://imworld.aufeminin.com/cinema/crocodile-3863_L.jpg

 

Tobe Hooper n’est plus à présenter. Réalisateur de plusieurs monuments de l’horreur cinématographique, il peine cependant à retrouver son génie durant la décennie 2000, la faute à des budgets faméliques et à un certain manque d’idées entraînant des échecs critiques et commerciaux successifs qui ne l’aident pas à se remettre en selle (voir par exemple l’infâme Toolbox Murder ou le médiocre Mortuary). Il a logiquement tenté de reprendre une de ses franchises pour retrouver sa verve d’antan, et son choix s’est porté sur Le Crocodile de la mort. Un film de croco sympatoche où Hooper cultivait ses ambiances kitch tout en mettant en scène un croco meurtrier. Voici donc sa suite : Crocodile. Un monument… dans son genre.

L’histoire : un groupe de potes part passer le spring break sur une barquasse miteuse flottant sur un fleuve boueux. A une de leur halte, ils découvrent un nid d’œufs bousillé, et l’un d’eux décide de conserver un œuf.

 

crocodile--2.jpg

 

Hooper était bien peu inspiré et ça se sent, le nombre de clichés passant à l’écran étant tout simplement réjouissant. Du couple d’ados sympa destiné à survivre (c’est simple : ce sont les physiquement plus beaux du groupe), du pote relou au shérif à lunettes de soleil, on ne compte plus les situations connues d’avance. Et pourtant, Tobe a l’air d’y croire puisqu’il nous fait partager le quotidien de cette bande de crétins qui passe son temps à boire et à faire des jeux stupides. Nous remercierons en tout cas les créateurs de la VF, qui nous gratifient pour le coup de dialogues soignés (« Les Egyptiens vénéraient ce crocodile comme un dieu. » « Ouaip ! Et moi, je suis le dieu de la fécondité ! ») et de gags volontaires (notre couple s’embrasse, un grondement retentit : GRRRR « Tu as entendu quelque chose ? » « … Non ! » et ils recommencent à s’embrasser) qui viennent transcender ce spectacle particulièrement pauvre et affligeant. On sent que le film veut essayer d’être impressionnant, mais il ne parvient jamais à faire décoller l’histoire, à retrouver ce petit côté années 80 de l’horreur où le monstre punissait les erreurs de certains membres du casting. L’arrivée des deux pêcheurs qui bousillent le nid est un grand moment de nanardise, nos personnages en rajoutant une couche à chaque fois qu’ils prennent la parole. Mais la star du film, c’est Duncan, le pote relou. Déjà, personne ne l’a invité, et tout le monde semble le mépriser. Ensuite, son humour consiste à tenter de se planquer dans 20 cms d’eau (son cul et ses cheveux sortent de la flotte) pour faire des jump scare comiques à ses potes, quand il n’essaye pas de baisser leur maillot de bain avant de nous gratifier d’un rire gras. Ainsi, il fait 4 ou 5 fois la blague du croco, et quand ce dernier se pointe pour de vrai, il joue le sceptique pendant 30 bonnes secondes avant de commencer à nager mollement vers la rive. Mais on se le tape jusqu’à la fin. Et entre temps, on le verra draguer sans la moindre finesse la copine de son meilleur pote (« Ma belle, tu aurais envie de te venger ?... Tu vois ce que je veux dire… Oh, aller ! Le missionnaire, la brouette chinoise, le 69 ! Un bon moyen de se venger tout en se faisant plaisir ! »), invectiver de ses reproches incessants les deux survivants qui le déplacent en brouette à cause de sa jambe bouffée (« Aïe ! J’ai mal ? Mais tu peux pas faire gaffe nan ? Imbécile, je souffre, moi ! Ahhh ! Hey, continues à pousser ! T’en as rien à foutre de moi, hein ? Ah, je le savais, t’as jamais été un bon ami ! ») et nous avouer pendant le dernier acte qu’il a sciemment fait renvoyer de l’école son meilleur ami pour être sûr de ne par finir seul après le lycée. Duncan, c’est un ami qu’on ne peut pas quitter (pour un peu, je penserais à une version amerloc de Harry, un ami qui vous veut du bien). Et parlons en, de ce dernier acte. Nos héros décident de tailler des pieux dans des branches, de tenter d’aveugler le croco en lui jetant un T-shirt sur les yeux et de lui planter les branches dans la gorge (rappelons que les balles n’arrivent pas à percer ses écailles). Et alors, on voit nos héros planqués derrière un buisson avec une brindille à peine taillée, il y en a même un qui porte un bout de bois même pas taillé du tout. Tobe hooper avait compris que le rire pouvait ajouter une nouvelle dimension à l’horreur. Mais ici, il a carrément atteint la profondeur nanarde, qui coule à chaque instant le potentiel horrorifique et impressionne le spectateur pour sa débilité. Un bon nanar signé par un soi-disant maître de l’épouvante sur le déclin. D’un côté, ça fait mal, mais  difficile d’y résister.

 

0/6   mais un correct 15/20 nanar

 

2000
de Tobe Hooper
avec Caitlin Martin, Mark McLachlan

 

http://www.zombiesandco.com/wp-content/uploads/2011/02/crocodile-4.jpg

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 19:51

 

 

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/drame/orange_mecanique,5.jpg

 

En forme, je décide aujourd’hui de m’attaquer à rien de moins que mon Kubrick préféré : Orange mécanique. Adapté du livre d’Anthony Burgess, ce film a déclenché un tel scandale lors de sa sortie que Stanley en est venu à en minimiser la portée en public pour tenter d’apaiser le débat. Visiblement, le film a touché quelque chose de fort dans la violence mise en scène pour que le public réagisse de la sorte, selon un mécanisme finalement identique au parcours d’Alex pendant sa courte vie.

L’histoire : Alex, Pitt, Georgie et Dimm écument les ruelles la nuit, à la recherche du frisson de l’ultra violence que leurs procurent bastons et jeux dangereux. Le jour, ils planifient ce qu’ils feront la nuit. Jusqu’au jour où une dispute entre Alex et Dimm ne chamboule l’ordre hiérarchique de la bande.

 

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J’ai lu le livre de Burgess, il fallait avoir une certaine volonté pour y arriver, car si le film a fait un gros travail pour que l’argot qui y est employé soit immédiatement compréhensible pour l’auditoire (le contexte de chaque mot d’argot permet d’en saisir facilement le sens), ce n’est pas le cas du livre. Il y a un lexique en fin de livre, et on se débrouille avec. Ainsi, pendant les 100 premières pages, on passe son temps à aller et venir d’un bout à l’autre du livre, bloquant au moins trois fois à chaque paragraphe sur des mots comme Tchelvock. Une certaine barrière de la langue qui limite notre compréhension de nos protagonistes, bien plus explicites quand ils se livrent à des actes d’ultra violence. Kubrick en retient les scènes fortes, en commençant avec le tabassage d’un clochard sur un silence glaçant. On suivra avec une bagarre contre une autre bande aussi tordue que celle d’Alex (ils les interrompent en plein viol, absolument pas par souci d’interrompre le crime, mais tout simplement pour agacer un peu plus leurs adversaires). Puis on passe à la scène choc du film, encore une fois silencieuse à l’exception d’Alex chantonnant son fameux « I’m singing in the rain » pendant la scène de viol (finalement peu montrée). Il est assez intéressant de noter ces blancs musicaux pendant ces scènes de violence gratuite (dès lors ultra dramatisées et pas complaisantes comme la musique électronique inoubliable du film pouvait le faire croire). Le quotidien d’Alex nous sera également dépeint, virant sur la critique de société, Alex étant finalement un pur produit de société de consommation dénuée peu à peu de morale ou de valeurs (l’incarnation de la moralité, l’avocat d’Alex, est un pantin grimaçant qui ricane en menaçant Alex sans tenter absolument quoi que ce soit pour faire évoluer son comportement). Les parents sont aux abonnés absents, carrément dépassés par cette nouvelle génération dont ils ignorent tout. Plus que jamais, la violence est vue ici comme une sorte de langage, ici employé à tort et à travers par Alex et sa bande pour faire face au monde extérieur. La violence est universelle, elle exprime une frustration ici, et elle ne se répare pas, elle s’accumule. Si la première partie accumule les délits pour Alex, c’est à partir de son emprisonnement que le discours sur le traitement de la violence commence s’étoffer. Il est rapidement évident que la prison ne soigne pas les criminels ne faisant aucun effort pour s’améliorer. Son seul effet bénéfique est d’isoler des citoyens les criminels pour un laps de temps variable. Ainsi, Alex stagne totalement pendant cette période, sa piété feinte lui servant seulement à s’attirer la bienveillance de certains gardiens et de l’aumônier. On aura ainsi droit à l’hilarante séquence où Alex s’imagine en train de torturer le Christ. Et on s’attaque alors de façon très réaliste au traitement médical des condamnés, ici pour le coup poussé à la perfection (par une méthode vieille comme le monde, le réflexe pavlovien, on associe la violence et le besoin sexuel à la douleur physique). Le seul petit effet secondaire est ici une association malencontreuse de la musique de Beethoven à la douleur. Un fait négligé par les médecins, mais déjà castrateur pour Alex dont la seule passion « saine » restait son goût pour la musique. Avec la courte mais brillante évocation du choix Bien / Mal par l’aumônier de prison (qui résume parfaitement les enjeux et l’amoralité du but recherché par la méthode Ludovico), le film annonce déjà la suite, la vie d’Alex se transformant en véritable enfer, la société lui faisant maintenant payer tous ses précédents excès, en toute impunité et se croyant autorisée à le faire. Un dernier tiers atroce, scandaleux et vraiment poignant où le film enfonce le clou sur la stérilité totale de l’usage de la violence et sur les tentatives improbables de la société pour les réguler. Le film n’apporte finalement pas de réponse sur le règlement du problème (qui s’annonce insolvable, la violence faisant partie de notre quotidien et pouvant surgir chez n’importe qui), et continue sur une optique brûlot en lançant un dernier trait aux politiques qui, en cas d’erreurs, tentent de sauver les meubles en achetant les victimes pour s’assurer de leur silence. La scène, à nouveau hilarante, ne répond pas cependant à toutes les questions (qu’est-il vraiment arrivé à notre activiste subversif ?), mais nous gratifie une dernière fois d’un politiquement incorrect ma foi efficace et qui nous offre un dénouement aussi fort que le reste du film, qui demeure en l’état un des brûlots les plus intéressants des années 70. Un monument di cinéma, aujourd’hui culte et qui trouve toujours des échos dans notre société où la surpopulation carcérale est devenue un sérieux problème.

 

6/6

 

1971
de Stanley Kubrick
avec Malcolm McDowell, Patrick Magee

 

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 19:25

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De la Science fiction française, à part Immortel et le très réaliste 8th Wonderland, , j’ai eu très peu d’occasion de goûter à de grands crus (j’allais oublier Farenheigh 451). Mais un petit film ne parvenait pas à me sortir de la tête : Eden log. Un vrai petit OFNI, très étrange dans ses ambiances et son parcours pas facile à suivre, mais s’étant intelligemment débrouillé avec son maigre budget.

L’histoire : un homme se réveille dans une flaque de boue, au cœur d’un gigantesque complexe semblant abriter une plante gigantesque dont les racines doivent être régulièrement soignées. Cependant, il s’aperçoit bien vite qu’il cohabite avec des humanoïdes difformes très agressifs et qu’il est au quatrième niveau de sous sol.

 

 

Le parti pris d’Eden log est immédiatement d’imposer un ressenti très sensoriel de l’univers qu’il met en place. On se réveille avec Clovis Cornillac dans une flaque de boue, gelé par le froid, qui cherche d’abord une source de lumière avant de poursuivre son exploration. Cette première partie, lente et particulièrement sombre (les ¾ de l’image sont du noir, quand on n’est pas carrément plongé dans les ténèbres), impose immédiatement un visuel en mode OFNI, dans une lignée Tetsuo (le métal étant ici remplacé par une plante prolifique). Le film commence d’abord par proposer un accès à la citoyenneté en prenant soin de la plante en question. Un point de départ pour le moins intriguant, que Clovis ne va évidemment pas suivre (un cours de jardinage pendant une heure trente, ça ne passerait pas), puisqu’il va chercher à remonter à la surface (l’air est glacial et peu renouvelé ici bas) et surtout comprendre ce qui a pu se passer (il est complètement amnésique). Ses pérégrinations vont donc l’amener à fuir souvent les humanoïdes difformes, et à rencontrer une biologiste qui va révéler certaines des capacités de notre héros. C’est ce rapport constant entre homme et végétal (ici vu comme source d’énergie), cette ambiance boueuse et sale et cette musique particulière qui font d’Eden log une œuvre unique, une expérience sensorielle assez étrange, qui on s’en doute, n’a pas eu un gros succès. L’approche est trop alambiquée pour convaincre le grand public (d’autant plus, on l’avoue, que la redondance des gros plans, l’usage de la caméra à l’épaule, l’absence de couleurs et l’omniprésence du noir pèsent parfois sur le spectateur, parfois lassé par la redondance des ambitions graphiques du film). Mais il y a dans ce film un réel potentiel expérimental, une certaine esthétique (étrange, mais visible) et un propos sympathique qui font d’Eden log une authentique expérience de SF. Depuis ma découverte du manga Blame, peu d’univers avaient réussi à me dépayser, et Eden log fait partie de ces heureux élus, qui malgré leurs défauts évidents, ont réussi à proposer quelque chose de nouveau, et surtout, quelque chose de clair. Pas vraiment de masturbation artistique ou de théorie pompeuse, la trame du film est simple (au final, c’est facile à résumer) et fonctionnelle (le végétal ne fait que drainer dans sa sève ce qu’il pompe depuis ses racines) qui assurent quand même de l’honnêteté de la démarche. Malgré des décors parfois un peu cheap, Eden log parvient à remporter mon adhésion pour l’expérience sensorielle qu’il propose.

 

4/6

 

2007
de Franck Vestiel
avec Clovis Cornillac, Vimala Pons

 

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 19:19

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Jack Kechtum aime provoquer, et ça se sent dans ses écrits. Tournant toujours autour de faits divers trashs, son œuvre touche souvent à un côté dérangeant de la violence. L’horreur est humaine, venant écailler régulièrement les clichés d’une amérique propre sur elle en s’insérant dans un quotidien identifiable (utilisant donc des codes proches de Stephen King, sans jamais céder au surnaturel). The Girl next door en est un bel exemple, puisqu’il semble totalement gratuit de prime abord. Cependant, ce n’est pas aussi simple que son pitch.

L’histoire : après la mort de leurs parents, une adolescente et sa petite sœur sont placées chez leur tante, qui en fait rapidement les souffre-douleurs de sa maisonnée. Ses enfants ne tardent pas à suivre son exemple, prenant peu à peu leurs aises avec ces deux intruses.

 

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Ici, l’histoire est vue par un jeune garçon, Davy, qui a toutes les caractéristiques du jeune garçon américain classique vivant à la campagne. Il pêche des petites bestioles à la rivière du coin, il est ami avec les enfants du voisinage… Le quotidien est on ne peut plus banal. Seule petite ombre au tableau : sa mère ne supporte pas son père, un mari volage qui gagne bien sa vie. Ce qui fait parfois grandir Davy dans le flou (voir les interrogations qu’il formule auprès de son père, qui lui répondra plus ou moins clairement). Quant aux amis, c’est une famille de 5 gosses, allant de 17 à 6 ans, avec une unique fille dans le lot. La mère, Ruth, est d’abord décrite comme une mère ouverte, sympathique, en bref le rêve pour des mômes (elle les laisse boire de la bière… Trop rare pour passer à côté). Les garçons (et leur sœur, plutôt sur la défensive avec eux) se développent en groupe, commençant à s’interroger sur les filles et les troubles sexuels de l’adolescence… Bref, on a un film qui se focalise sur le développement de nos ados et pré-adolescents, dans leur période « sexe sans tabous ». Une période de passage classique de l’adolescence, sauf que les deux sœurs arrivent à ce moment là et sont peu à peu prises à partie par la communauté (sauf par Davy qui tente d’améliorer son sort sans parvenir toutefois à le changer). Et peu à peu, notre belle histoire sur l’adolescence part de traviole, les punitions corporelles sont peu à peu généralisées jusqu’à ce que Meg, la grande sœur, essaye de se plaindre à la Police, qui ne fera que la reconduire chez Ruth. Et c’est bien à partir de là que le film sombre dans une noirceur abyssale, au potentiel dérangeant décuplé par la nature des bourreaux (des gosses de 6 à 17 ans qui torturent moralement et physiquement une adolescente, c’est insoutenable). Toutefois, si le film ne nous épargne rien de l’escalade de violence à laquelle on va assister, il joue la carte de la décence, ne s’attardant pas sur le gore, il se contente des séquelles des mauvais traitements, toujours impressionnants. Psychologiquement, la dureté du film le rend particulièrement éprouvant. On constatera surtout un grand soin apporté aux caractères de nos personnages, des gentils aux méchants, toujours cohérents tout au long du film. On mentionnera spécialement l’interprète de Ruth, magistrale mégère désireuse d’élever de vrais hommes et déversant sa haine du sexe féminin sur les deux victimes incapables d’aller se plaindre autre part. La gratuité de la violence (particulièrement gênante) est ici volontaire, le film parvenant à saisir un aspect très glauque de la violence et de la douleur : elle ne purifie pas, elle ne rend pas célèbre, elle se perpétue facilement et n’importe qui peut se transformer en bourreau. Le film ne laisse aucune chance à ses victimes, et c’est bien cette noirceur qui lui assure encore une bonne réputation, le côté sulfureux de l’œuvre prenant à la gorge très rapidement. Une baffe monumentale, qui rebutera probablement encore pas mal de spectateurs pour son « apparente » gratuité et son absence de spectaculaire dans l’horreur.

 

5/6

 

2007
de Gregory Wilson
avec Blythe Auffarth, Daniel Manche

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 12:54

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On retourne à la guerre avec Apocalypse now, réalisé par Francis Ford Coppola et qui demeure chez pas mal de cinéphile l’expérience la plus traumatisante de la guerre du Viet Nam, pour la folie complète qui gagne la pellicule au fur et à mesure que le bateau remonte le fleuve et que nous nous rapprochons avec Willard du commandant Kurtz, ultime étape du voyage. L’air de la chambre est étouffant, l’alcool manque, le ventilateur bourdonne, Willard se ramollit, le film commence depuis 5 minutes que la folie commence déjà à s’installer.

L’histoire : le lieutenant Willard se voit confier une mission d’assassinat où il doit mettre un terme au commandement du colonel Kurtz, un brillant militaire dont les méthodes sont maintenant jugées malsaines par la hierarchie. Accusé de meurtre, il a passé la frontière du Viel Nam et s'est réfugié au Cambodge, où il continue d’exercer son commandement.

 

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L’illustration de la folie commençant dès les premières minutes (avec Willard, saoul, mimant un corps à corps dans sa chambre d’hôtel qu’il saccagera), il est logique de suivre un film qui fera tout pour mettre en avant ce côté « blasé » du héros, que le Viet Nam a déjà en partie brisé (il ne sent chez lui ni au Viet Nam, ni pendant son unique perm en Amérique) et qui semble souvent dans un état second. D’ailleurs, la remise de sa mission, respectant une mise en scène classique pour un film de guerre, se fait en quelque sorte en sourdine, notre héros voyant ses supérieurs parler, mais semblant déconnecté de ce présent finalement résumé à l’hallucinante mission qu’on lui demande : tuer un militaire accusé de meurtre en pleine guerre du Viet Nam. Et continuellement pendant le film, la folie va peu à peu gagner la totalité de l’histoire. On commence avec des bleus, avec des américains triomphants qui effectuent régulièrement des raids sur les côtes avec des hélicos surarmés et des recrues motivées. La folie se note ici surtout par des détails, des éléments facilement identifiables qui provoquent d’énormes décalages avec la situation que nous sommes en train de suivre. La chevauchée des Walkyries diffusée en pleine attaque d’un village tenu par le viet cong, la réelle motivation du chef pour l’attaque d’un des postes contrôlant l’embouchure du fleuve à remonter (les vagues de la plage permettraient de faire du surf de qualité), l’humanité semble ici feinte dans l’aide apportée aux populations civiles touchées par le conflit armé, et les barbecues du soir viennent provoquer l’effet inverse à celui recherché. C’est le premier stade de folie du conflit : cette absurdité constante dans ces conflits armés qui ne viennent jamais changer quoi que ce soit à la situation. Et à partir de ce stade de folie, nous commençons notre remontée du fleuve qui va nous emmener bien plus loin qu’on ne pouvait le penser. Le soleil tape, les hommes suent, et Willard découvre le dossier sur le commandant Kurtz qui l’obsède de plus en plus, le personnage semblant à toute épreuve dans le domaine militaire, et ayant pourtant chuté apparemment plus bas que terre. C’est lorsqu’on découvre quelle est la logique du général que l’on progresse encore un peu dans la folie, ce dernier effectuant un rapport sur les conflits armés, où ses conclusions sont de supprimer les permissions et tous les privilèges des soldats sensés « atténuer » le mal du pays et l’horreur des combats, qui ne font que pousser les recrues vers la folie. Il prône le sacrifice complet de peu d’hommes qui permettraient d’épargner énormément de bleus sur le terrain. La folie continue alors que le bateau continue de passer les check point (une soirée play mate qui tourne mal, un pont qui change de mains chaque nuit entre Viet Cong et Americains, où les soldats se jettent dans le fleuve pour tenter de s’accrocher à la coque et s’éloigner de l’enfer de fumée et de lumière que l’on voit en mode surréaliste, alourdi par une musique plutôt costaude. Toutefois, nous avons une petite halte dans notre parcours démentiel avec cette escale dans la plantation française, où nous retournons au premier stade de folie, mais sous forme de dialogue. Au cours du repas, tout le monde a développé sa vision de la guerre du Viet Nam, et chacun tente de l’imposer au cours d’un cacophonie qui finira par diviser toute l’assemblée. Un bref retour à la lucidité qui brise un peu la continuité de la folie qu’on suivait depuis le début du film, mais qui se révèle vraiment intéressant pour les personnages mis en scène et leurs opinions, qui ajoutent parfois à l’absurdité du conflit (les initiatieurs du Viet-Cong… sont les américains qui voulaient abolir les colonies à l’échelle mondiale). Puis on reprend le cours du fleuve avec son lot de feu, de fumée et de sueur, jusqu’au final qui bascule complètement dans le surréalisme avec l’omniprésence de cadavres dans tous les plans, d’autels sanglants où sont entreposées des têtes, de fidèles qui s’apparentent aussi bien aux membres d’une secte qu’à des militaires. Le récit devient alors contemplatif, irréel, alternant les silences, les instants de lucidité et les minutes de folie dans un déchaînement visuel agressif et fascinant, le temps semblant se suspendre à l’arrivée dans le camp du colonel Kurtz, qui refuse d’être jugé par ce qu’il juge une hypocrisie et un mensonge. Un vrai déluge de folie qui atteint sévèrement le mental de Willard, qui finalement exécutera sa mission machinalement, sans la moindre pensée. Il devient alors fascinant de comparer la scène finale du film, qui fait furieusement écho à la conclusion de Conan the Barbarian (John Milius étant intervenu dans l’écriture du script, on ne sera pas surpris), où notre protagoniste tue son « maître » devant la foule de ses adorateurs qui assistent à la scène sans s’attaquer au meurtrier. Un dénouement puissant, qui se clôt sur une note incroyablement pessimiste (tranchant avec Conan), le point le plus éloigné du fleuve ayant été atteint. Inutile de revenir sur les énormes problèmes de tournage du film (où pas mal de personnes ont cru devenir folles elles aussi), Apocalyspe Now est un film qui a incontestablement demandé beaucoup d’efforts à tout le monde, et qui finalement peut s’affirmer comme l’un des films de guerre les plus hallucinants avec Full Metal Jacket.

 

6/6

 

1979
de Francis Ford Coppola
avec Martin Sheen, Marlon Brando

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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