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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 12:47

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Si Rencontre du troisième type est une date dans la filmographie de Spielberg et de l’histoire du cinéma, c’est en grande partie pour son approche réaliste d’un premier contact avec une vie extra terrestre en faisant d’abord monter la sauce avec des manifestations surnaturelles et en faisant des choix pertinent (la musique comme forme de langue, très bonne idée qui fait passer le film à la postérité). Cameron a lui aussi sa rencontre du troisième type, mais à sa sauce (Cameron et la technologie n’ont toujours fait qu’un). Moins universel, moins sobre, mais en délocalisant son intrigue à 2000 mètres de fond. Plongeons nous aussi dans l’abîme.

L’histoire : Une station de forage de grande profondeur est détournée de sa mission pour servir à une opération secrète de l’armée : la récupération d’un équipage de sous marin nucléaire, accidenté à 2000 mètres sous les eaux.

 

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Un pitch assez savoureux, car les grands fonds restent encore les rares recoins de la terre encore peu accessibles à l’homme. On nous présente d’abord nos différents personnages (ne pressons pas les choses, le film dure trois heures) : l’équipe de forage chapeautée par Ed Harris qui parle en argot, son ex femme qui a conçue la station pétrolière des grands fonds et pas mal de seconds rôles. La présentation des militaires ne viendra que plus tard. Toujours est-il que dès le début, un sous marin nucléaire passe à proximité de quelque chose de rapide qui l’envoie heurter la paroi rocheuse du gouffre et qui l’immobilise à 2000 mètres de fond. Notre cavalerie ne traîne pas à rappliquer en traînant des pieds (parce que le pétrole, ça paye mieux que les militaires). Une fois sur place, ils ont tôt fait de repérer l’épave du sous marin et d’aller l’inspecter. Aucun survivant (tous noyés), mais l’un des membres d’équipe relève un phénomène étrange, d’abord pas pris au sérieux par la communauté, qui préfère voir dans cet accident un coup fourré russe. C’est à ce moment précis qu’une tempête frappe de plein fouet les bateaux en surface, provoquant la chute de la grue portant le câble d’alimentation de la station, une séquence de stress de 10 minutes (plutôt bien entretenue jusqu’à son dénouement) qui verrouille enfin le huis clos. Impossible de remonter pendant la tempête (même si deux mini sous marin restent opérationnels, la récupération sans décompression serait impossible). A ce huis clos déjà tendu, on ajoute les décisions de plus en plus tyranniques des militaires (ce qui ne nous surprend pas vraiment) et des manifestations surnaturelles de plus en plus étranges qui nous font peu à peu prendre conscience de ce qui est en train de se passer. Le résumé du film est finalement simple, mais Cameron l’allonge (parfois inutilement), voulant offrir quand même un certain spectacle ou tout simplement faire plaisir au public avec des effets spéciaux. The Abyss doit être le film où il insiste le plus sur la technologie, détaillant rigoureusement le matériel de plongée dans les grands fonds, s’offrant des techniques de pointe pour l’époque (le fluide respiratoire, authentique, l’expérience du rat étant faite en directe) et filmant en plan large ses créatures lumineuses. On remarquera que certaines arabesques chez les Naa’vi d’Avatar viennent directement des extra terrestres d’Abyss. De belles séquences, assez crédibles dans l’ensemble même quand Cameron donne dans l’action avec cette course entre mini-sub où l’implosion nous guette. Il est aussi bon de noter que la subtilité du film réside dans le fait que les créatures ne sont pas d'origine extra terrestre (comme beaucoup de choses pouvaient le laisser penser), mais des extrêmophiles, des créatures terrestres qui se sont adaptées à la vie en grande profondeur et qui ont leur propre technologie. Toutefois, il est dommage que le film perde de sa sobriété dans son dernier acte. Si le spectaculaire est toujours au rendez-vous (l’énorme vaisseau mère qui est pour beaucoup dans ma méprise avec des extra terrestres), le happy end est un peu trop abracadabrantesque pour convaincre (Ed Harris qui flotte à côté d’un extrêmophile qui rayonne de plaisir, des humains qui sortent sans décompresser avec une justification expédiée), car là où Spielberg concluait sobrement (on distinguait à peine les extra terrestres dans les halos de lumière), Cameron se lâche, et le film perd par conséquent le sérieux qui avait réussi à établir par une situation initiale ultra réaliste (les nombreuses scènes d’explications servaient surtout à cela). Dommage pour Cameron, The Abyss étant son seul petit échec commercial dans sa fastueuse carrière. Reste quand même un film de SF attachant.

 

3.6/6

 

1989
de James Cameron
avec Ed Harris, Mary Elizabeth Mastrantonio

 

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 12:39

 

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Christian Alvart est un petit réalisateur très prometteur, qui s’est déjà illustré avec le moyen Cas 39 et le bide injuste Pandorum (malgré quelques gros défauts, le film avait largement de quoi intriguer). Sa première contribution au monde du septième art s’est faite sous la forme d’un thriller intriguant : Antibodies. Un film qui doit beaucoup au silence des Agneaux pour sa structure en forme d’interrogatoire à double tranchant (l’interrogateur est le jouet des réponses du meurtrier), mais qui par la même occasion s’intéresse à différentes thématiques de la religion catholique, ici confrontée à un antéchrist désespérément humain.

L’histoire : Après une traque de plusieurs mois, le psychopathe Gabriel Engel est arrêté par la police. Michael Martens, un policier allemand provincial droit dans ses godasses, catholique, décide d’aller l’interroger sur le meurtre d’une mineure ayant frappé son village il y a quelques années.

 

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C’est vraiment ce film qui a déclenché mon intérêt pour la carrière de Christian Alvart, car derrière ce thriller approximatif, il y a une réelle volonté de faire du cinéma intelligent et honnête. Sans doute que je me méprends, mais je me suis pris d’affection pour ce film souvent lourd dans ses citations bibliques (on est pétri de culture chrétienne jusqu’au dénouement), mais pertinent pour certaines de ses interrogations. Déjà, la personnalité de son psychopathe est bien dépeinte. D’entrée de jeu, il est efficacement mis en scène (il est sans pitié, plutôt endurant et l’impassibilité de son visage paye plutôt bien). Et surtout, le film lui octroie une part d’expression en filmant quelques unes de ses productions « artistiques » macabres : des toiles christiques (au design assez underground) réalisées avec le sang de ses victimes. Son personnage est épuré, il va à l’essentiel en posant d’entrée de jeu la situation : on a affaire à un violeur et tueur d’enfant récidiviste irrécupérable car pleinement conscient de ses actes et se complaisant dans leur souvenir. Le personnage, à défaut d’effrayer, impressionne, et si il ne provoque à aucun moment la fascination que pouvait susciter l’intelligence d’Hannibal Lecter, il est suffisamment consistant pour qu’on ait envie de suivre son discours. En face de lui, nous avons Michael Martens, un policier chrétien prenant très à cœur son devoir, dans son travail comme dans sa famille. Un cliché type (le lit séparé avec sa femme (nuits glaciales), la distance qu’il instaure avec ses enfants, sa présence quotidienne à la messe…), cependant peu à peu construit par des flashs backs plutôt bien pensés (qui le renvoient sans cesse vers son devoir, autant pour la famille de la victime que d’un point de vue religieux (avec le crucifix)). Mais c’est la destruction progressive de cette carrure morale qui va occuper le centre du film, en passant notamment par différents concepts philosophiques. Pour ceux qui s’attendaient à un thriller brut de décoffrage, c’est rapé (pour ainsi dire, à part l’intro qui est musclée et quelques flashs back, il n’y aura qu’un vague rythme, à peine marqué par les progrès de l’enquête). Le silence des Agneaux est beaucoup plus enclin à passer à l’action. C’est un thriller beaucoup plus « spirituel », intériorisé par notre personnage principal catho, qui occupe bien vite le centre du récit. Le travail de sape d’Engel commence par le pire ennemi de la Foi : le doute. Une notion qui va de soi, mais qui entame ici une procédure complète de remise en question personnelle alors que l’enquête continue à se poursuivre. Si les conversations théologiques et personnelles de nos personnages donnent parfois l’impression de rallonger la durée du film, elles entraînent notre inspecteur catho sur une pente glissante qui va l’amener peu à peu à découvrir le pire… Ca sonne commercial, mais difficile d’en dire plus sans spoiler un dernier quart d’heure plutôt tendu moralement (le film prend bien son temps pour mener son personnage jusqu’à l’infanticide). Le mal est insidieux, contagieux, et c’est ce travail de contagion qui est au centre du film. Toutefois, ce dernier est loin d’être un chef d’œuvre. Il faut d’abord avoir l’envie de s’immerger dans ce récit sans relief apparent, mais psychologiquement dense, qui ne devrait pas manquer de faire réagir le spectateur par ses interrogations pertinentes et son mécanisme de perversion du « bien ». On relèvera aussi un commissaire un peu lourd moralement, des méandres psychologiques parfois hasardeux (le personnage principal passe par beaucoup d’étapes, dont une séance de scarification à l’agrafeuse) et un dénouement final beaucoup trop abrupt pour convaincre. Le film cite couramment la bible, et vu qu’on se dirige vers l’infanticide, c’est l’épisode du sacrifice du fils de moïse qui ressort.

SPOILER : mais le fait de respecter cette parabole et de conclure le film là dessus est osé, affichant une conviction forte pour un thriller amoral (clairement, il nous dit avec aplomb que Dieu existe, ce qui ne sera pas du goût de tout le monde) alors qu’elle pouvait ne pas apparaître (le film n’aurait été en rien diminué). Une envie de se rassurer en retournant vers une morale identifiable, ou une conviction sincère de la part de l’auteur qu’il voulait faire partager ? On peut se poser la question, mais dans une société qui ne se tourne plus vraiment vers la religion, cette prise de position abrupt (introduite par un twist, mais trop brutale pour être acceptée telle quelle) relève d’une certaine volonté assez intéressante. FIN DE SPOILER.

Antibodies bénéficie en tout cas d’un jeu d’acteur appliqué, d’une mise en scène réaliste bienvenue pour sa froideur et d’une musique qui mise sur l’ambiance qui colle assez bien au film. En l’état, Antibodies est un film honnête, une révélation pour ma part au vu de ses dialogues intelligents malgré leur aspect « théorique » et de ce portrait du Mal incarné en la personne de Engel. Clairement pas une référence, mais l’anonymat ne lui rend pas justice.

 

4/6

 

2005
de Christian Alvart
avec Wotan Wilke-Möhring, Heinz Hoenig

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 20:15

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Aujourd’hui, présentation des meilleurs films de bestioles tournés ces dernières années. En eau douce ou en eau salée, il ne fait pas bon se promener ces temps ci, car les bestiaux agressifs rôdent et que la situation de nos protagonistes les oblige à s’aventurer en terrain hostile. Pleins feux sur le crocodile de Rogue (aka Solitaire aka En eaux troubles) et sur le requin de The Reef, deux bestioles plutôt réalistes et sacrément teigneuses.

 

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Rogue : On préfèrera largement le nom d’origine de cette petite péloche nerveuse que les vagues tentatives de traduction utilisées pour l’exploitation en salles (quasi inexistante) puis l’exploitation dvd (nettement plus rentable). Dans Rogue, c’est simple : il y a à peu près tout ce qu’on aime, et en bien fait. Déjà, Greg Mclean aime l’Australie et ça se sent. Les paysages naturels sont juste merveilleux, le cadre exotique et la virée touristique plutôt sympathique. Notamment parce que la personnalité de nos touristes est plutôt finement mise en scène (passant par des détails qui en disent un peu plus sur certains de nos personnages), et que nos deux personnages principaux sont assez charismatiques (leur histoire d’amour ne fait certes pas dans l’innovation, mais elle est suffisamment présente pour justifier la fin impressionnante de cette série B plutôt bien tenue). L’action met du temps à se mettre en place (au moins pour caser quelques trucs sur les crocos), mais une fois que ça démarre, on sent le bon film de bestiole. L’attraction principale du film, un crocodile maousse, est quant à lui plutôt bien exploité, le film se montrant réaliste sur ses techniques de chasse et retardant jusqu’au milieu du film son apparition. Mais dès qu’il disparaît sous l’eau, la peur est de retour, et le simple enjeu de survie de nos protagonistes est carrément réussi à ce niveau là. En misant sobrement sur un contexte de marée qui va peu à peu rapprocher nos touristes du niveau de l’eau (ces derniers se sont échoués sur un îlot), le huis clos s’assure un certain rythme qui ne faiblira pas (ou à peine, le temps de quelques conversations). Et cela jusqu’au final attendu dans la tanière du bestiau, carrément impressionnant quand il commence à s’énerver. Rien de plus à ajouter. Même si ça craint de rédiger une chronique aussi courte pour un film aussi sympathique, le résultat tient clairement du divertissement assumé et réussi, le réalisme du bestiau emportant carrément le morceau avec un final qui sacrifie un peu le réalisme au combat tribal, mais jouissif. Un vrai petit morceau de bravoure qui a bien compris comment nous faire plaisir, et qui prend le genre au sérieux (ce qui n’est pas le cas de Lake Placid).

 

4.5/6

 

2007
de Greg McLean
avec Michael Vartan, Radha Mitchell

 

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The reef : Depuis les Dents de la mer, il est pratiquement impossible de suivre un récit « classique » mettant en scène un requin sans passer pour un vil plagiat (à moins de s’appeler Les dents de la mer 2). Plusieurs s’y sont essayer et s’y sont cassé les dents. C’est dans le réalisme que les requins ont maintenant leur chance. Inutile de les sacraliser comme l’animal de Jaws (comparable à Moby Dick dans une première version du script), ce sont des créatures instinctives, prudentes, mais affamées. Si Open Water voulait faire office de renouveau, il réussissait surtout à faire chier son spectateur, en ne s’aventurant pratiquement jamais sous l’eau pour filmer les requins, de vagues tâches qui venaient frôler de temps à autre notre couple transis de froid. Le postulat de The reef est lui aussi simple : à une vingtaine de kilomètres d’un récif, un bateau transportant quelques adultes heurte une masse et se retourne. Sans moyen de communication, les occupants décident de tenter leur chance à la nage et de rejoindre la terre, pratiquement en vue. Ils se jettent alors à l’eau et évoluent en groupe, en surveillant régulièrement l’eau qui les entoure. Jusqu’à ce qu’un squale pointe le bout de son mufle et commence à leur tourner autour. Nos adultes sont évidemment stressés, ils paniquent un peu, mais ils continuent à nager. Et c’est bien ça qui fait le suspense de The Reef : le squale disparaît régulièrement du champ de vision de nos personnages pour mieux les faire sursauter en revenant rapidement à la charge, et parfois en en emportant un avec lui. Ultra réaliste, le film est particulièrement impressionnant quand le squale évolue à proximité du groupe, où on a réellement l’impression qu’ils nagent avec un requin de quatre mètres de long à quelques mètres d’eux. Des effets spéciaux magnifiques qui sont pour beaucoup dans la réussite du film. Après, tout est dit, la formule continue jusqu’à l’arrivée à l’atoll visé par nos adultes, rejoints (ou pas) par nos protagonistes. Rien de plus à ajouter, c’est le meilleur film de requins depuis Jaws, qui épure son histoire de tout enjeux inutiles.

 

4.5/6

 

2009
de Andrew Traucki
avec Adrienne Pickering, Zoe Naylor

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:56

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CRITIQUES-La-Horde-vite-horde-ici-2.jpg

 

Aujourd’hui, dissection du zombie français avec deux films : Mutants (certes, c’est plus un film d’infectés que de zombies) et La Horde, deux films au budget sensiblement égaux (autour de 2 millions d’euros), qui tentent d’apporter un peu de renouveau dans le cinéma de genre français, ou à défaut, d’être un divertissement sympathique. L’un y arrive assez bien (sans être trop exigent, bien sûr), mais l’autre rejoint sans peine La Meute et Bloody Malory au fond du trou.

 

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Mutants : Avec Mutants, David Morley essaye de façonner un huis clos dans un grand bâtiment en plein milieu d’une forêt infestée de contaminés, des humains infectés par un virus qui ont peu à peu mutés (anatomiquement parlant). D’ailleurs, cette dimension de mutation (annoncée par le titre) va être constamment exploitée par le réalisateur, qui filme la transformation progressive de Marco, blessé dès le début du film et souffrant peu à peu des symptômes de sa transformation. Un hommage à La Mouche, certes beaucoup moins ambitieux que ce dernier (budget oblige, les maquillages sont essentiellement des masques et des dentiers), mais qui reste plutôt efficace au vu du résultat. A vrai dire, c’est plus par le rythme que pêche le film, qui s’étend quand même sur une heure trente. Si le début commence sur les chapeaux de roue, le huis clos dans le complexe est plus lent, plus enclin à la digression, comme par exemple ce foyer sensé produire de la fumée visible par un hélico de l’armée qu’on sait déjà peu enclin à aider de simples civils. Si les premiers symptômes de la contamination sont là, il faut attendre l’arrivée d’un autre groupe de survivants plus enclins à la violence pour que l’histoire reparte. Nouveaux objectifs : le départ de tout le monde en ambulance, mais besoin de trouver de l’essence. Des enjeux qui nous amèneront surtout à un combat plutôt ambitieux entre contaminés et un gars armé d’une machette qui impressionne. Mais ça ne va pas vraiment plus loin, et il faut attendre le retour au grand bâtiment pour que l’hostilité des autres survivants prenne le dessus et qu’on commence à voir des querelles intestines vénères (appuyées hélas parfois par des dialogues manquant de tenue) entre humains. Le tout avant le final où les créatures investissent les lieux et traquent les derniers humains vivants. Toutefois, on notera la petite touche française qui consiste à humaniser une dernière fois notre Marco contaminé au cours d’un final assez inattendu, qui pourra en rebuter plus d’un (oui, c’est une entorse aux « règles » des films de contaminés), mais qui apporte un peu de fraîcheur avant une fin classique, ouverte (la motivation des militaires ne fait aucun doute) et qui appellerait peut être une suite, qui a cependant peu de chances d’être tournée (pas en France en tout cas, il n’y a que les comédies qui font des suites (et un peu les polar et les drames)). En bref, pour un premier film écrit et réalisé, David Morley fait preuve de quelques qualités qui devraient lui ouvrir, on l’espère, une carrière dans le cinéma honorable (mais le genre étant peu reconnu, et ce film étant loin d'être une référence...).

 

4/6

 

2007
de David Morley
avec Hélène de Fougerolles, Francis Renaud

 

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La Horde : c’est un film où des flics vénères veulent décimer un gang dans une tour HLM sur le point d’être rasée, et qui en plein milieu de leur mission voient des zombies investir Paris. Ses défenseurs diront que ce film est facilement critiquable parce qu’il sacrifie régulièrement la cohérence sur l’autel du défouloir bourrin, de la jouissance instantanée. Du genre on enferme un protagoniste dans une pièce avec un zombie juste pour le voir lui éclater la gueule avec tout ce qui lui tombe sous la main… Tentons de ne pas sombrer dans la facilité en se contentant d’un « ce film est nul ». Il est évident que Dahan et Rocher tentent d’apporter du divertissement à un genre facilement pop corn (le zombie est toujours très populaire) en lui donnant une french touch. Qui passe ici par une action implantée en plein cœur des cités de Paris. Voilà pour les ambitions, qui pouvaient convaincre sur le papier, mais qui à l’écran sont nettement moins défendables. Déjà, les deux réalisateurs s’entourent de gueules pour faire leurs films, et ils oublient qu’ils doivent aussi prendre des acteurs. Ainsi, et pendant l’INTEGRALITE du film, on a l’impression de voir des hommes qui essayent de passer pour des durs en parlant fort, en faisant exprès d’avoir une voix grave, et en rajoutant un « putain ! » ou deux dans leur dialogue pour faire bad boy. Il suffit de voir la première confrontation verbale entre nos flics et nos racailles pour être agacé, et ce sentiment ne quittera jamais le spectateur. Ainsi, on atteint le degré zéro de la psychologie humaine , fréquemment illustrée par des détails au mieux passables (« Y en a p’têt dans l’couloir ! »), au pire ridicules (« Polaaaaaaaaa ! »). Les plus beaux exemples de ces dialogues ratés restent la scène sur le toit où le flic gentil tente de convaincre les badass de se joindre à eux (« Mais y’s’fout d’ta gueule, Aby ! ») et l’explication du caractère de chienne de la seule fliquette du groupe (« T’avais b’soin d’lui balancer qu’t’étais en cloque ? »), sommet de prestation désastreuse de nos acteurs de flics pour lesquels on n’entretient plus la moindre sympathie. A vrai dire, le seule personnage qui parvient à faire sourire au premier degré, c’est le vétéran français, qui a écumé l’Indochine. Un barbare de première qui ne se gêne pas pour employer des mots racistes et qui passe lui pour une force tranquille. Il cabotine à fond, et il parvient du même coup à sortir du lot tant sa prestation est la seule qui parvient réellement à convaincre. Ne parvenant jamais à être original (c’est dur, mais ça paye), le film ne provoque jamais la surprise, et foire en partie son final avec LA scène du parking, scène encore une fois pensée pour être jubilatoire (et de ce côté, les zombies font bien leur boulot, merci, les figurants !), mais ruinée par les interventions verbales de notre protagoniste (« Vous en voulez encore, bande d’enculés ? »). Les dialogues sont préjudiciables à un film, et La Horde en fait la douloureuse expérience, à tous les instants, ce qui annihile au final ses maigres ambitions. On arrive dès lors à un final glaçant, assez frustrant au vu de ce qui vient d’être enduré par le spectateur où le seul personnage détestable du film parvient à non seulement s’en sortir, mais à accomplir une vengeance maintenant hors de propos, ne relevant plus de la vengeance mais de l’exécution sommaire. C’est une première, mais ce n’est pas ça qui va rendre le personnage sympathique (on a compris le message : une femme enceinte est par conséquent doté d’un tel instinct de survie qu’elle explose tous les obstacles sur sa route). Pas ma tasse de thé, surtout au prix nouveauté de 20 euros.

 

0.5/6

 

2008
de Yannick Dahan, Benjamin Rocher
avec Claude Perron, Jean-Pierre Martins

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 19:49

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Avec Donkey punch, Oly Blackburn veut réaliser un slasher jeune adulte vénère, en misant tout sur la fonctionnalité de son intrigue (en clair, à partir d’un élément déclencheur, il veut lancer un engrenage irréversible qui va peu à peu broyer tout le casting réuni). Un objectif honnête (Donkey Punch relevant clairement du divertissement « épicé », comme l’indiquent ses ingrédients), qui comporte ses qualités et ses défauts.

Trois jeunes femmes rencontrent à un teuf dans un port une bande de trois beaux gosses qui les invitent sur le yacht qu’ils ont loué pour quelques jours. Elles acceptent, l’orgie peut commencer jusqu’à ce qu’un accident vienne pourrir l’ambiance.

 

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Le pitch du slasher nineties classique, avec la bande de jeunes qui se retrouvent en face de la mort d’un camarade, et qui décident de camoufler l’affaire. Souviens-toi l’été dernier, Sorority row… Tous ces petits films avaient joué aussi ces cartes, et s’en tiraient au mieux avec un « correct ». Avec en plus le yacht qui vient rajouter une dimension huis-clos, le spectacle n’augurait pas vraiment du meilleur, le cocktail pouvant se révéler très indigeste si les acteurs jouaient comme des pieds. Et si nous ne sommes pas très loin de ce constat, le film parvient néanmoins à tirer son épingle du jeu. Si nos actrices féminines peinent clairement à susciter de l’intérêt (en l’état, deux pouffes interchangeables et une intello à décoincer), elles ne sont pas avares de leurs charmes, et n’hésitent pas à apparaître nues pendant les scènes de sexe de l’introduction. Le film joue franc à ce niveau là, le quota de sexe explose (sans toutefois virer sur le porno) au cours d’une scène d’orgie plutôt surprenante dans ce type de production habituellement calibrée pour le public ado. Côté garçons, même constat : deux beaux gosses un peu transparents et pas forcément haut de plafond (ils prendront souvent des décisions un peu « rapides ») et un timide qui tentera de se décoincer pendant la scène d’orgie, et qui lancera involontairement l’engrenage avec le Donkey Punch, une pratique sexuelle qui consiste à frapper la nuque de sa partenaire pendant l’orgasme à un endroit précis, et qui viendra ici lui briser une cervicale. A partir de là, on rentre dans un slasher classique, à savoir que les garçons veulent faire disparaître le corps dans la mer et ne plus jamais en reparler, alors que les filles ne sont pas contentes de voir le corps de leur amie maltraité de la sorte. Notre garçons hésitant continue à hésité pendant une bonne partie du film, conscient de la gravité des faits mais soucieux de se trouver dans le clan des vainqueurs question rapport de force. Les tentatives des différents clans s’enchaînent alors dans une mécanique qui se veut précise et logique (on sent un certain souci à ce niveau, Oly désirant toujours entretenir le rythme de son film, en essayant d’y introduire une petite dose de psychologie approximativement retranscrite par le casting). Les filles essayent de s’échapper pour aller donner l’alerte, les garçons se mettent à les traquer, les filles en tuent un avec un lance fusée (une scène impressionnante, d’ailleurs)… Les péripéties s’enchaînent, mais peinent à convaincre en termes de cohérence. Le film prend régulièrement des raccourcis pour accélérer l’action (souvent par l’intermédiaire de dialogues qui énoncent des faits sans la moindre trace de doute dans ces moments de panique) au détriment du réalisme, ce qui nuit parfois à l’aspect « engrenage » du film. Et quid de l’affiche prometteuse du film ? La promesse arrive à la fin, vraiment à la fin, et la scène est expédiée avec un tel manque de savoir faire qu’elle vient gâcher nos attentes plutôt que de les combler. Néanmoins, on notera une ambiance plutôt soignée, qui doit beaucoup à la musique de  François Eudes Chanfrauld, moins inspiré que pour sa partition d’A l’intérieur, mais qui parvient toujours à tendre les zones de calme. Un slasher sympathique, mais loin d’être une référence du genre.

 

3.5/6

 

2007
de Olly Blackburn
avec Robert Boulter, Tom Burke

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 19:44

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Abel Ferrara est un réalisateur qui s’est confronté à pas mal de styles, de la SF parano (Body snatchers) au rape and revenge (L’ange de la vengeance), en passant par le drame-polar (Bad Lieutenant, chef d’œuvre ne faisant aucun doute). Etait-il donc bien surprenant de le voir s’attaquer au film de gangster, et de signer avec le King of New York un excellent film de gangster, porté sur la violence et sur l’ambiguité de ses protagonistes ?

L’histoire : après plusieurs années de prison, Frank White est accueilli par ses anciens amis gangsters, qui voient toujours en lui le King de New York. Ce dernier se remet aux affaires criminelles, en constatant combien le milieu a changé depuis son départ, et combien ses interventions risquent de faire de lui le nouveau maire de New York.

 

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Très intéressant exercice auquel se livre Abel Ferrara, puisqu’en nous faisant partir d’un postulat amoral, il parvient à renverser les valeurs établies par la société (policier/bandit). Toutefois, le film se garde bien de faire un éloge de quoi que ce soit, il se contente de bien dépeindre ses personnages et de faire constamment évoluer la situation. Ainsi, Frank White est campé par un Christopher Walken impérial, très à l’aise en gangster classieux, au sourire carnassier qui passe sans temps mort aux questions directes et aux décisions tranchées. Son personnage est en effet intéressant, puisqu’il établit une certaine hiérarchie dans le vice et s’impose des limites à ne pas dépasser (contrairement à ses concurrents maffieux qui ne se gênent pas pour exploiter des mineures ou recourir démesurément à la violence). Ainsi, avec ces « principes », Frank estime gagner sa vie en ayant la conscience tranquille, puisqu’il fait parallèlement participer une bonne part des excédents de ses forfaits dans des bâtiments administratifs. Scandalisé par exemple par la fermeture d’un hôpital en zone défavorisée, il ira jusqu’à emprunter à des concurrents de l’argents pour sauver le bâtiment de la faillite et poursuivre son fonctionnement. Ainsi, dans une société politiquement correcte où les inégalités sociales prennent peu à peu le dessus, Frank White devient le recours des pauvres, une sorte de Robin des bois qui se sert des vices (notamment auprès des riches) pour faire de l’argent qu’il réutilise en grande partie pour améliorer les conditions de vie des quartiers pauvres qu’il connaît. Solution expéditive, bancale, moralement ambigue, mais qui fait ses preuves et qui parvient à maintenir un certain équilibre. D’ailleurs, les personnages des voyoux seront souvent humanisées, comme par exemple celui joué par Lawrance Fishburne, qui apparaîtra régulièrement comme un véritable enragé, mais toujours capable de faire un petit geste gratuit et désintéressé pour une bande de gosses (pas grand-chose, mais c’est là). Quant aux flics, si leur point de vue est régulièrement justifié par leur frustration (ils n’ont aucun recours légaux, les avocats des maffieux bloquant toutes les procédures), ils apparaîssent vite comme un gang (leur caractérisation est identique à celle des gangsters), et leur acharnement à vouloir la peau de Franck sans qu’ils aient beaucoup remué auparavant tend à les rendre totalement antipathiques au fur et à mesure que le film avance. C’est simple, à partir du moment où ils décident de monter une attaque en mode « vigilante », ils basculent carrément du côté des méchants, liquidant sans merci pas mal de personnages auxquels on avait fini par s’attacher et s’aliénant d’un coup l’intégralité du public. Et parmis ces flics, on sera ravi de voir la bouille de Caruso (parfait ici en flic nerveux contrastant énormément avec ses performances dans la série Les experts Miami) et celle de Wesley Snipes, probablement ici dans son meilleur rôle en termes de qualité. Intrigue limpide, photographie agréable et colorée, The King of New York supporte très bien la comparaison avec d’autres films de gangsters et parvient à inverser subtilement les tendances manichéennes habituellement exploitées (c’est l’anti- Les Incorruptibles) en offrant un spectacle de qualité. Un film qui surprend, et agréablement en plus !

 

5/6

 

1990
de Abel Ferrara
avec Christopher Walken, David Caruso

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 19:36

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L’un des space opera les plus connus doit être Planète Interdite. Un film des années 50 bien sympathique avec pour tête d’affiche Leslie Nielsen, du temps où il se prenait encore au sérieux. Affichant des ambitions plutôt grandes et gratifiée d’un kitch aujourd’hui attendrissant, cette belle production mérite d’être abordée, d’autant plus qu’elle bénéficie d’une excellente édition dvd chez la FNAC.

L’histoire : En 2200 et quelques, un vaisseau d’exploration terrien passe à proximité de la planète Alter-4, où a disparue il y a quelques années une mission d’exploration. Soucieux de l’état de l’équipage du vaisseau Bélérophon, il amorce sa descente, passant outre les avertissements d’un des survivants leur recommandant de rebrousser chemin.

 

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Le pitch de Planète interdite ne manque pas de piquant. Une mission d’exploration mystérieusement disparue, une planète désertique, un ennemi invisible… Une sombre histoire dans laquelle nous plongeons avec délice, totalement rassuré par la présence de trucages très kitchs et par l’assurance de nos terriens vaillants. Et rapidement, le film s’oriente vers un pan de SF très sympathique avec le personnage de Robby le robot, un robot pataud qui discute comme un vrai humain, qui crée de la matière à volonté et qui devient rapidement le principal vecteur comique du film (« Ceci sont des plaques de plomb allégées. Elles pèsent à peine dix tonnes. »). Pour le reste, Planète Interdite se révèle intéressant, puisqu’en rendant la menace perceptible (l’ambiance est lourde) mais pas identifiable, il multiplie les pistes. La faune de la planète semble avoir été importée de la Terre il y a de nombreuses années, la villa parfaite de l’ermite comble de confort, le mystérieux bureau du docteur. Car c’est bien le docteur qui devient rapidement louche. Ne cessant d’insister pour voir décamper nos gêneurs (qui commencent à tourner un peu trop autour de sa fille, courtement vêtue (hmmmmm !) et terriblement ingénue, ignorant totalement les intentions des hommes qui la courtisent), il profère quelques menaces dont certaines finissent par se révéler réelles, d’étranges présences invisibles sabotant d’abord la radio de nos terriens avant d’attaquer et de tuer plusieurs de leurs hommes. On sent que la tragédie du Bélérophon est en train de recommencer, sans toutefois comprendre d’où viennent ces monstres, dont la réalité est remise en cause par leur anatomie sans logique apparente. Arrêtons ici les spoilers, la découverte de la menace réelle se fera pendant le visionnage du film, qui en l’état demeure une version intéressante de ce que sera plus tard Sphere (en plus effrayant). Toutefois, un doute persiste quant à la source de la création des monstres. SPOILER : explicitement, le héros de notre film croit que c’est le professeur Moebius qui est la cause du phénomène en générant des monstres pour retenir sa fille avec lui sur Alter-4. Mais si on retourne un peu les évènements dans sa tête, on pourrait penser que c’est également sa fille qui pourrait en être la cause, cette dernière réussissant à faire apparaître des animaux terrestres, et ayant plus de raisons que son père de vouloir retarder le départ de tous ces hommes vigoureux. FIN DU SPOILER. En l’état, Planète interdite demeure un space opéra particulièrement attachant, d’où émergent des acteurs au jeu très « années 50 » (comprenez par là qu’ils sont assez théâtraux dans leurs dialogues, et que certaines situations manquent parfois de naturel. Toutefois, le film arrive à éviter le ridicule, notamment en rendant ses monstres invisibles, fait souvent frustrant, mais qui nous évite l’apparition de créatures aberrantes qui risquaient de provoquer l’hilarité. Un excellent film qui ravira les nostalgiques des années 50.

 

4.8/6

 

1957
de Fred McWilcox
avec Walter Pidgeon, Anne Francis

 

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Entre Robbie et Altera, mon coeur balance...

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 19:39

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Il est très dur de fixer une hiérarchie dans la filmographie de Bruno Mattéi, ce dernier ayant souvent de nouvelles idées excellentes dans son travail de refontes des blockbusters hollywoodiens en des chefs d’œuvres d’auteur (réussir à saccager en profondeur le travail de Fulci sur Zombie 3, fallait le faire), chacun de ses films relevant de l’excellent nanar sans qu’on en voit un particulièrement surnager dans le lot. A part Les rats de manhattan et son final à se pisser dessus, le seul Bruno Mattéi qui ait réussi à se faire une place dans ma mémoire (n’ayant pas vu Virus Cannibal en entier, je ne l’ai pas pris en compte) : Zombies, the beginning. Ou comment Bruno (ici Vincent Dawn) arrive à transformer le block buster poussif Aliens en chef d’œuvre visionnaire.

L’histoire : Sharon, un membre de la compagnie pharmaceutique Tyler, est récupérée sur un radeau au milieu de l’océan (probablement après 57 heures de dérives). Elle fait alors un rapport à ses supérieurs comme quoi son vaisseau (un bateau) a été attaqué par des zombies à proximité d’une île fantôme. Personne ne la croit, mais 6 mois plus tard, on vient la chercher dans son monastère parce que depuis on a construit une gigantesque usine sur l’île fantôme, et que la liaison radio a été coupée.

 

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Cameron est un petit tâcheron qui fait des films pour vendre des jouets (comme Christopher Nolan avec Batman, heureusement que les deux films de Schumacher viennent rattraper le coup). Bruno a été révolté par ce potentiel gore complètement sous exploité (les aliens faisaient à peine pisser le sang), cette édulcoration complète du sexe (pas un seul plan nichon, et on ose appeler ça un divertissement) et ce futur lointain carrément pas réaliste (des vaisseaux spatiaux ? Pfffu ! Et pourquoi pas un projet ITER, tant qu’ils y sont…). Alors, il a trouvé la parade. Il refait exactement le même film, au plan près, à la ligne de dialogue près, mais en utilisant des stock shot d’un film de sous marin pour remplacer le vaisseau spatial, une camionnette blindée pour remplacer le tank et des zombies phillipins pour remplacer les aliens. Avec un contexte aussi réaliste, si le public ne flippe pas, c’est qu’ils ont été lobotomisés par Stanley Kubrick ! La trame est identique à celle d’aliens, la transposition espace-espace océanique et alien-zombie s’effectuant tout en finesse. On note la juste prestation d’Yvette Yzon qui tente d’illustrer l’état de confusion mental de son personnage en jouant quelquefois platement, parfois en mode « à côté de ses pompes », avec un regard vide de toute expression qui montre les épreuves qu’elle a déjà subie. Plutôt que de passer par des formules prise de tête, Yvette jouera la carte de la franchise, en gratifiant le colonel chapeautant la mission d’un « vous zètes un ‘ffalaud ! », la voix française la gratifiant d’un sseveu sur la langue comme on n’en a plus entendu depuis l’énorme Doc Savage. Le reste du casting parvient heureusement à égaler la performance d’Yvette en termes d’intensité dramatique. Au diable les aspirations maternelles de Ripley, qui ne faisaient que ralentir le récit et pleurer dans les chaumières ! Le rythme est à l’avenant, la menace zombie étant tout simplement terrifiante, car jaillissant de tous les bords du champ de la caméra, des coins sombres sans ouvertures, des culs de sacs hermétiques... Certes, nos soldats (qui avaient embarqués au nombre de 50 et qui débarquent en étant 8, les autres se sont perdus dans les toilettes) sont bien équipés (on notera leur détecteur de mouvement, une sorte de montre bracelet qui clignote quand arrive la menace (dont nos soldats reconnaissent la position à l’instinct : « c’est par là ! » nous gueulent-ils en pointant un mur blindé sans porte)), mais totalement pas préparé à une telle mission. Ils rigolent des zombies, parce que ça n’existe que dans les films de Fulci, et ils tirent dans les murs dès qu’ils entendent un bruit louche. Et quand la meute de phillipins décomposés débarque, ils prennent une déculottée sans égale. On notera au moins que Bruno a retenu la leçon, et qu’il filme maintenant platement et de façon lisible l’attaque des militaires au cœur du nid zombie. Après, c’est comme dans Aliens, l’efficacité se conserve. A noter la scène où Sharon (notre héroïne, faut suivre) se retrouve enfermée avec un zombie, et qu’elle appelle à l’aide dans la radio. Dans la salle du commandement, tout le monde entend clairement ce qu’il se passe, mais les militaires continuent de discuter comme si de rien n’était pendant que le méchant docteur va arrêter la radio. Voilà comment on rend les militaires ambigus. Mais plus que jamais, c’est le dénouement du film qui fait surgir le potentiel d’auteur de Bruno. Stan Winston pensait nous en mettre plein la vue avec son joujou télécommandé deluxe qui avait six membres, une grosse tête et une longue queue. Ici, Bruno nous offre un trip total, une sorte de vision hallucinatoire d’un pédophile shooté à l’acide nitrique. Notre héroïne arrive dans une espèce d’entrepôt où se dandinent, à poil, des dizaines d’enfants phillipins affichant des têtes en forme de cône, des oreilles pointus et des boules de billards à la place des yeux. Puis on passe à un tunnel avec des femmes accrochées au mur dans de la substance visqueuse (« Vous avez vu ? C’est dégueulasse ! », dira un militaire), avec des tuyaux de chauffage qui leur arrachent des fœtus vivant du bide. Arrive alors le chef des zombies, une couille géante ! Une belle grosse couille de trente kilos, qui pense par télépathie et qui veut conquérir le monde avec ses enfants phillipins tous nus avec des têtes de suppositoires. Mais, poussant un cri de rage sans précédant qui surpasse les meuglements d’une joueuse de tennis en plein match, Sharon nous crame enfants, femmes, bébés, couille, dans un déluge de flammes purificatrices. Puis elle se rend sur la jetée, les zombies la coursent, et là elle voit le sous marin surgir à 3 bon kilomètres de la côte, elle sourit, puis hop, générique. Que va-t-il lui arriver le temps que le sous marin se rapproche ? Je ne sais pas, et Bruno non plus ne le sait pas, mais qu’importe, il réussit sans problème à surpasser la saga Alien sur le terrain de la maîtrise esthétique et de la gestion des acteurs. Sans parler de l’insertion de plans d’explosion des films Hollow man et Terrain Miné, qui viennent ridiculiser les délires pyrotechniques de Cameron, qui depuis a tenté de percer dans le milieu avec sa version des Schtroumfs, il serait temps d’aller lui dire comment on fait du cinéma… Bruno, dommage que tu nous ais quitté aussi tôt, je sens que ta version des Schtroumfs nous auraient grandement enthousiasmée (plan nichon schtroumfette, waagggg !). Ciao l’artiste, tu nous manqueras vraiment (beaucoup L). RIP !

 

0/6  mais un mérité 20/20 nanardeux.

 

2007
de Bruno Mattei

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 19:27

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Martin Weisz est tombé en disgrâce depuis qu’il a dit oui au fric et accepté de tourner le remake de La colline a des yeux 2 (en l’état, une des plus mauvaises suites de la décennie 2000). C’est dommage, d’autant plus que son précédent essai, Confession d’un cannibale (grimm love en version originale), témoigne d’un réel soucis de mise en scène, le film tentant d’illustrer subjectivement la pensée d’ Oliver Artwin et Simon Ganbeck, l’un ayant mangé l’autre après l’avoir rencontré sur internet. L’illustration d’un fait divers dans ce qu’il a de sordide, mais le tout tenant compte du développement psychologique de nos personnages. Un film intéressant, trash, mais pas dénué de maladresse.

L’histoire : Katie, une étudiante en psychologie criminelle, décide de baser sa thèse sur le fait divers d’Oliver Artwin, un cannibale qui recrutait ses victimes sur un forum trash. Pour rédiger son papier, notre étudiante part sur les traces d’Oliver et de sa première victime : Simon Granbeck.

 

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C’est un voyage étrange auquel Martin Weisz nous convie, car si tout le monde a entendu parler de ce fait divers monstrueux ayant eu lieu en Allemagne il y a quelques années, les détails restent flous, mais chacun semble avoir sa petite idée sur la question. Ainsi, le film se révèle intéressant (dans la mesure où il détaille à sa façon un fait divers) pour son interprétation de l’évènement. Et en quelque sorte, le message pourrait se résumer par un « donner sa chair par preuve d’amour ». Une interprétation qui fait sourire (personnellement, pour le whiskey, je prends juste un doigt), mais que le film va tenter d’illustrer en se focalisant sur le parcours des deux personnalités fortes de cette affaire. Pour Oliver, on suivra le portrait d’un enfant plutôt ouvert qui se lie d’amitié avec un autre « associable » comme lui. Amitié qui s’oriente rapidement vers une petite recherche dans le trash (une fascination pour Hansel et Gretel, une sortie au ciné pour un film d’horreur). Mais sans que cette relation devienne vraiment malsaine, Oliver est victime de la vampirisation de son quotidien par sa mère, une mère étouffante qui pour s’assurer de la présence de son fils, s’arrange pour lui faire porter la responsabilité de sa santé vacillante. Ainsi, Oliver se retrouve vite coupé du monde, avec pour seul « fantasme » ces derniers instants avec son ami où ils faisaient des recherches trashs, recherches qu’il se met à poursuivre de son côté et sur lesquelles il se focalise beaucoup trop, voulant peu à peu goûter la chair de son prochain. La tendance de ses désirs semble plutôt tournée vers l’homosexualité, même si le personnage ne fera jamais vraiment de « coming out » avant le drame. Pour Simon, son parcours est différent. Suite à une petite et brève expérience homosexuelle pendant son enfance, sa mère, découvrant l’affaire, se suicide. Portant la culpabilité du fait, Simon grandit dans le regret, développe un caractère qui le pousse à vouloir se punir du mal qu’il croit avoir fait. Son homosexualité ne semble pas liée à ces faits, si ce n’est qu’il semble rechercher de la violence dans les relations qu’il cherche à établir (d’où son attrait progressif pour des sites trashs sur lesquels il finira par rencontrer Oliver). Le personnage de Simon est plutôt bien façonné, sa personnalité et la description de son quotidien semblant tout à fait plausibles dans le cadre de l’affaire. Après, le film accélère peut être un peu trop les choses, réglant en quelques mails tordus les détails de la rencontre des deux personnalités du film. C’est clairement l’attitude consentante de Simon qui bénéficie du meilleur traitement, même si dans son cas, Oliver et ses origines sont elles aussi crédibles (on pense à Psychose). Hélas, si le film s’était arrêté à cette approche psychologique de nos individus, le film aurait pu être gentiment réussi (malgré un rythme pas toujours rapide), sobre et esthétique à la fois (la photographie léchée, les ambiances bien étudiées, la facture technique est de qualité). Mais il y a hélas cette étudiante en psychologie criminelle. Si encore, on pouvait se l’encadrer pendant l’introduction, elle devient rapidement agaçante, rajoutant toujours son grain de sel en revenant sur les lieux d’enfance de nos persos, nous donnant sa version des faits, son opinion sur l’affaire… Bref, elle ralentit le rythme du récit, n’apporte pratiquement rien à notre réflexion, et devient même franchement hypocrite en découvrant les vidéos tournées par Oliver lors du « Dîner », en se couvrant les yeux, en affichant des grimaces de dégoût et en répétant « oh mon dieu ! oh mon dieu !... ». Tu t’attendais à quoi, gamine ? Tu bosses sur un des faits divers les plus trashs de ces dernières années, et tu te permets encore des réflexions aussi primaires ? En conclusion, on saura donc que le cannibalisme, c’est mal, et qu’il ne vaut mieux pas voir ces images… Ah, d’accord. Si cette conne d’étudiante vient ralentir le film et bousiller la fin (quand même bien jouée par la mignonne Keri Russel), Confession d’un cannibale est un petit film trash qui s’assume, qui offre une vision pas inintéressante de « l’évènement » sans pour autant révolutionner nos attentes. Toutefois, une certaine retenue dans la violence physique (pratiquement pas de gore à l’écran) et une facture esthétique plaisante viennent donner quelques qualités à ce petit film qui risque fort peu de s'extraire de l'anonymat.

 

3/6

 

2007
de Martin Weisz
avec Keri Russell, Thomas Kretschmann

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:28

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Dès qu’on se met à parler de robots tueurs à des fans de SF horreur, ils se mettent à vous parler de terminator (logique, c’est le plus populaire d’entre eux). Peu aborderont Virus (et on les comprend), et encore moins Saturn 3 ou Hardware. C’est de ce dernier dont il est question aujourd’hui, une magnifique petite série B, quasiment en huis clos, où une ménagère artiste trash est victime des assauts d’un robot tueur Mac-13, la pire des saloperies robotiques (les hurleurs de Planète Hurlante, c’est de la gnognotte à côté).

L’histoire : Un voyageur itinérant découvre dans un désert radio actif les restes d’un robot de combat, qu’il revend à un fournisseur de pièces détachées. Ce dernier revend la tête à l’une de ses connaissances, qui l’offre à sa femme artiste pour son anniversaire (encore un qui avait oublié la date avant l’échéance !).

 

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Si Hardware manie essentiellement des thématiques bien connues, le cocktail qu’il propose a tout pour flatter la mémoire des amateurs de bonnes séries B des années 80. Un pitch bancal, une esthétique travaillée malgré la modestie du budget (les designs des personnages sont particulièrement bien étudiés, et notre ménagère artiste est en fait une rousse volcanique plutôt mignonne qui va se retrouver en plein enfer. Car une fois les circuits du robot réenclenchés automatiquement (probablement une détection de chaleur au moment de l’orgasme de notre couple qu’il regarde tel un voyeur). D’ailleurs, on aura aussi affaire à un personnage de voyeur qui prend son pied à photographier notre rousse pendant ses ébats et qui s’est fait au fil des années une fixette sur cette femme. Mais le Mac-13 va changer tout ça. Attirant ou étendant des câbles électriques à la Tetsuo, il va pomper de l’énergie dans les prises alentours, il commence à se ressouder un corps pendant la nuit, et alors que le mari se casse, appelé par son revendeur pour des infos sur le robot en question, il commence sa traque de tous les êtres vivants dans l’appartement. Certaines scènes ont alors un design un peu clippesque (notamment pendant les scènes stroboscopiques qui ne permettent pas vraiment d’apprécier la situation), mais le côté huis clos parvient à tenir bon, l’action ne cessant jamais vraiment quand le robot est en marche. Ainsi, différents personnages vont tenter de venir en aide à la jeune femme (dont notre vicelard de voisin, on sait déjà comment il va finir), croyant à chaque fois détruire le robot pour que ce dernier revienne mieux à la charge. Vraiment tenace, la machine attaque de front, fait des embuscades, contrôle l’électro-ménager de l’appartement… Les concepts ludiques de manquent pas, et la très belle photographie de l’œuvre ne gâche rien, nous offrant un spectacle agréable à voir, jusqu’au dénouement final qui s’achève dans une douche (avec un hommage inversé à Psychose). Si le film n’a pas vraiment constitué un choc quand je l’ai découvert, il demeure une alternative sympathique au film de Cameron (ce dernier l'ayant littéralement écrasé lors de sa sortie), assumant un design plus cyber punk que ce dernier (le futur ravagé par des températures extrêmes, des radiations et une pollution de l’air au dernier degré) et une plus large propension à la violence, malgré son ton aujourd'hui daté (on sent le le poid des années). Joli et bien foutu.

 

4/6

 


 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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