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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:16

The-Murderer.jpg

 

Le thriller coréen a depuis quelques temps connu un certain  essor dans l’industrie du cinéma, commençant à s’exporter plutôt bien, et même à rafler des prix dans les festivals. Que ce soit I saw the devil à Gérardmer ou The Chaser à Cannes, plusieurs ont été remarqués, et se retrouvent maintenant dans les bacs destinés au grand public et pas dans les rayons cinéma asiatique. Un des derniers, The murderer, a suffisamment retenu mon attention pour atterrir dans le top 10 de 2011. Intéressé ?

L’histoire : Goo Nam est un chinois en mauvaise posture. Taxi le jour, il perd au majong le peu d’argent qu’il parvient à récupérer, ce qui rend furieux ses usuriers. Il s’est endetté de 6500 euros pour acheter un visa coréen à sa femme et lui permettre d’aller travailler en corée du sud (un pays où la réussite sociale est plus facile), et est depuis quelques mois sans nouvelles. Nyum, un passeur de joseonjok (immigrés chinois travaillant en corée) lui propose de régler sa dette si il va tuer une personne précise en Corée.

 

http://s1.lemde.fr/image/2011/07/07/600x300/1546188_3_eef3_kim-yun-seok-dans-le-film-coreen-de-na.jpg


Le plus grand défaut de ce thriller doit être de requérir une certaine patience chez le public, puisqu’il lui faut une bonne heure pour planter l’introduction avant de lancer l’action. Mais cette heure est suffisamment bien rempli par la caractérisation de notre personnage principal, un chinois légèrement alcoolique, démoralisé par son amour disparu et incapable d’élever sa fille seul. Le contexte social est plutôt bien dépeint, la pauvreté des quartiers d’habitation étant immédiatement perceptible, et surtout pour le statut d’immigré, qui sera bien plus développé par la suite. Le second personnage principal, c’est Nyum, un coréen massif qui aide des chinois à passer illégalement en Corée, qui semble être la figure la plus populaire du film. Attendez un peu de voir cette brutasse dans les combats à l’arme blanche, et de constater sa grande popularité auprès des immigrés ayant réussis à passer et à trouver du travail. Mais revenons à notre trame principale. Du statut de chinois survivant comme tant d’autres, Goo Nam devient un immigré clandestin, qui passe par des voies non légales pour entrer en Corée (une traversée plutôt tendue au niveau de l’ambiance). Une fois sur place, il se rend à Séoul pour chercher l’adresse de sa future victime, et il commence ainsi à planifier son meurtre (à l’arme blanche, vous ne verrez pas la moindre arme à feu dans ce film), tout en commettant quelques petites erreurs (il se retrouve par exemple en face de sa future victime, qui sera humanisée pendant quelques secondes, histoire de rendre sa tâche un peu plus difficile). Mais c’est avec la scène de meurtre dans l’escalier de l’immeuble que le film se lance vraiment. Violente, sanglante, brutale, elle donne déjà le ton de violence du récit, et lance la mécanique par différents faits troublants (les deux autres assassins sont eux aussi des joseonjoks, et c’est le chauffeur de la victime qui vient l’achever). Rapidement, la police arrive sur les lieux, et commence alors une infernale course poursuite dans les ruelles résidentielles de Séoul, parfaitement gérée au niveau du rythme même si son dénouement est un peu expédié. A partir de là, on retrouve une sorte de trame à la Machete, mais en réussi et avec un sérieux qui impose le respect. Notre immigré clandestin se retrouve alors traqué par la police de Corée du sud, les contacts de retours qu’on lui avait fourni étaient bidon, bref il s’est retrouvé jeté aux ordures par ses employeurs. Il va falloir comprendre tout ça, et vite, parce qu’il n’y a pas que la police qui soit à sa poursuite, mais aussi les hommes de main d’un riche et mystérieux patron qui a l’air d’avoir commandité l’assassinat. Du rythme, l’heure vingt qui suit en a à revendre, nous offrant régulièrement des scènes d’action dantesques où les participants ne sont armés que de couteaux ou de hachettes (attendez vous à une sacré dose de violence pendant les combats). Le film témoigne un certain intérêt aux immigrés chinois installés en Corée, en tout cas pour leur parcours et pour les rôles qu’ils jouent dans cette histoire. C’est d’ailleurs ce contexte social qui fait aussi son capital sympathie. Diablement efficace quand il fait couler le sang, le film s’offre une esthétique très froide (les teintes rouges sont considérablement désaturées, sans parler des teintes jaunes-oranges (les explosions en deviennent blanches)) et une photographie impeccable. Si la caméra bouge peut être un peu trop pendant les scènes mouvementées, l’action est plutôt lisible, et en tout cas très bien chorégraphiée. En l’état, The Murderer pêche surtout par une durée un peu longue (deux heures vingt, c’est beaucoup pour un simple thriller) et par la recherche de la femme de Goo Nam (certes une piste intéressante et socialement réaliste, mais qui sert au final plus à faire patienter Goo Nam jusqu’au dernier jour de son contrat qu’à faire autre chose). Mais ne boudons pas notre plaisir, The Murderer est d’une excellente efficacité une fois lancé, et il devrait combler largement les attentes de ceux qui désespéraient de trouver un thriller intelligent et respectueux de son contexte.

 

4.7/6

 

2011
de Hong-jin Na
avec Yun-seok Kim, Jung-woo Ha

 

http://courte-focale.fr/Images/The%20murderer%202.png

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:08

Ebola-Syndrome.jpg

 

Un bon catégorie III made in Hong Kong, ça faisait longtemps que je n’en avais plus découvert. Depuis le tout récent Dream Home, j’étais resté en stand by pour cette catégorie de films, destinés à combler les appétits des fans hard core de violence en tout genre. Ebola syndrome doit être l’un des catégorie III les plus connus, et probablement l’un des plus extrême quand on voit le degré de violence immorale auquel on est confronté pendant une heure trente. Un morceau de bravoure totalement gratuit et outrancier, qui se permet à peu près tous les excès possibles que son sujet lui proposait.

L’histoire : Kaï est un looser, dont la préoccupation principale est la satisfaction de ses appétits sexuels. Après avoir pété les plombs et tué trois personnes à Hong Kong, il s’exile à Johannesburg, en Afrique du Sud, où il travaille dans un restaurant. Mais très vite, une pénurie de viande et une hausse déloyale des prix obligent, Kaï et son patron à aller acheter des porcs à une tribu contaminée par le virus Ebola.

 

http://filmjournal.net/mjocallaghan/files/2008/03/ebola-1.jpg


Il est probable que cet Ebola syndrome cherche à devenir une sorte de référence de l’horreur asiatique tant il persiste à rechercher des situations gerbantes contenant toujours une sacré dose d’humour de mauvais goût. On penserait presque à une production Troma, mais dans un style plus « asiatique » (comprenez par là que les obsessions de notre anti-héro tournant autour du sexe, du bondage et du voyeurisme sont très « hentaï » dans l’esprit). Ce film a été conçu par des pervers pour des pervers, et c’est ça qui le rend finalement sympathique tant il recherche la connivence avec le spectateur en faisant fi de toute barrière morale. L’introduction est un bel exemple de ce procédé : notre anti-héro est en train de coucher avec une femme, dont le mari débarque en plein milieu des ébats. Kaï a tout de suite l’air d’une petite merde, et la femme en rajoute une couche en disant que Kaï a tenté de la violer. S’ensuit alors une scène d’humiliation de Kaï à prendre totalement au second degré tant le ridicule est poussé à son paroxysme par le jeu outrancier des acteurs, où Kaï est carrément poussé à se castrer par nos personnages. Le spectateur ne peut être qu’agacé par les bourreaux de notre anti héros, et là, notre héros se met à les poignarder en mode carnage, se retrouvant vite seule avec celle qui l’a plongé dans les ennuis. La situation de vengeance parfaite. Les pulsations malsaines, Ebola syndrome se vautre dedans avec une complaisance proche du jubilatoire tant les barrières de la morale semblent avoir volées en éclat (Kaï viole par exemple une femme parce qu’elle a une grosse poitrine). Maniant en plus les clichés avec un sens de l’outrancier proprement scandaleux (les tributs africaines pratiquant le vaudou autour des victimes du virus Ebola en pleine agonie…), Ebola syndrome est un pur film de vicieux qu’il est bon de passer sous silence (à moins de cibler vraiment son auditoire), les ingrédients de sa tambouille étant totalement gerbants, mais pas dénués d’un côté plaisir coupable bien crade. C’est surtout la présence d’un humour abusé imprégnant constamment le film qui le sauve de l’étiquette putassière qu’on ne se priverait pas de lui donner (Kaï, par exemple, se masturbe dans des steaks qu’il sert après aux clients qu’il n’aime pas dans son restaurant. Dégueu, complètement gratuit, mais très troma dans l’esprit). A vrai dire, c’est quand Kaï devient contaminé par le virus Ebola que le film devient frapadingue, ajoutant une dimension malsaine à chacune des scènes de sexe (abondantes) où la maladie n’arrête pas de se répandre. D’abord à Johannesburg, puis à Hong Kong quand notre libidineux anti-héro décide de retourner au pays, en contaminant un maximum de gens. Par la surenchère de vecteurs de contamination (sang, salive, tous les fluides corporels y passent…), le film parvient néanmoins à provoquer l’état de panique qu’une épidémie virulante est sensée causer, le nombre de victimes étant suffisamment important pour justifier pas mal d’effets gores crades (certains étant à nouveau purement gratuits : la séquence d’autopsie d’une victime, où des légistes ouvrent un cadavre sous nos yeux pour en sortir des trucs qui ressemblent à des organes, avant de commencer à peler le visage du corps pour soi-disant examiner son crâne). Totalement dingue dans la gestion de son personnage principal totalement immoral (sommet de l’absurde quand il récupère la viande de cadavres contaminés avant de fabriquer des hamburgers avec…), Ebola syndrome est un film immoral, vicieux et malsain qu’il serait dommage de rater, même si on ne peut guère lui allouer plus que l’étiquette « plaisir coupable » (quand même, on ne va pas dire qu’une heure trente d’immoralité gratuite mérite une bonne note). Clairement pas recommandé pour tous les publics (déjà, rare sont ceux qui sont arrivés à le trouver), mais un morceau de bravoure qui tient de l’OFNI dans sa contamination frapadingue et sa perversion assumée.

 

4.5/6

 

1996
de Herman Yau
avec Anthony Wong Chau-Sang, Yeung Ming Wan

 

http://www.animalattack.info/wordpress/wp-content/gallery/filmscatastrophe/ebolasyndrome/ebolasyndrome08.jpg

Une scène de gore... juste pour nous ouvrir une scéance de dissection.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 14:01

Monsters.jpg

 

Cloverfield et District 9 ont montré que les extra terrestres filmés en mode found footage, ça faisait réaliste et donc plus immersif. Ces deux films ayant fait leur petit effet (surtout en ces temps de passion pour les caméras domestiques qui filment des portes qui claquent), d’autres projets viennent fleurir sur ce terrain, comme par exemple Monsters, qui nous promettait une zone au Mexique sillonnée par des créatures qu’un couple devait traverser pour rejoindre les Etats Units. Une belle balade qu’on s’imaginait spectaculaire, alors que toute cette façade n’était qu’un prétexte pour nous faire suivre le voyage d’un couple qui va peu à peu se former. Un film humain dans une situation intrigante, qui rajoute un peu plus au dépaysement.

L’histoire : Après le crash d’une sonde de la NASA dans la jungle mexicaine, les populations constatent dans les années qui suivent l’apparition de créatures gigantesque dans les environs de l’accident. Une zone de confinement est crée, où les extra terrestres sont sensés être contenus. Pour rejoindre les USA, un reporter et une fille qu’il est payé pour escorter tentent de traverser la zone.

 

Monsters-film-still.jpg

 

Un tel pitch m’a tout d’abord beaucoup fait penser à The Mist pour son atmosphère de dépaysement provoquée par l’apparition d’une faune non terrestre. Puis, quand le film se lance, on se rend compte assez vite que nous n’aurons pas de scène d’action au programme (en témoigne cette ouverture en caméra infra-rouge qui plante plus un contexte réaliste qu’une action lisible. Les personnages nous sont alors présentés. Nous avons le reporter, un homme parfois cynique sur son travail (son monologue sur la valeur des clichés catastrophe en dit long sur son travail, vu qu’il a l’air d’apprécier vraiment la photographie), qui veille sur une jeune femme, souhaitant rentrer aux USA mais victime des décisions des autorités qui ferment peu à peu les moyens de transports au fur et à mesure que la menace s’étend. Si les 20 premières minutes du film servent à nous planter les personnages et à les mettre le dos au mur suite à un vol de passeports, le reste du film est un excellent voyage, qui parvient intelligemment à insérer dans son récit de voyage au Mexique des détails qui viennent rappeler la présence des créatures, comme une présence constante de militaires ou d’hélicoptères observateurs, et plus rarement des créatures (la plupart du temps cachées, il n’y aura que le final magnifique pour nous en dévoiler quelques unes). C’est ce voyage étrange qui fait le film, qui retient l’attention du spectateur pendant une heure trente sans pour autant rechercher le spectaculaire dans un contexte qui s’y prêtait plutôt bien. C’est un détournement des codes du film de monstre plutôt rafraîchissant, puisqu’il permet d’épicer une love story réaliste se déroulant au cours d’un voyage aux limites de la légalité, qui va avoir pas mal d’influence sur la vie de nos protagonistes. La trame du film est claire, les acteurs impliqués, les effets spéciaux réussis… En bref ce petit film a tout pour lui, pour peu qu’on lui accorde le droit de privilégier les sentiments de ses protagonistes au spectaculaire des grosses créatures. Vraiment frais, comme formule, et c’est le premier film d’un réalisateur qu’il faudra peut être surveiller.

 

4.9/6

 

2010
de Gareth Edwards (II)
avec Whitney Able, Scoot McNairy

 

http://www.filmsfix.com/wp-content/uploads/2010/06/Monsters-Gareth-Edwards-Cannes-2010-petit-budget-realisateur-mexique-02-580x245.jpg

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 13:48

http://storage.canalblog.com/13/91/663906/65478924.jpg

 

David DeCoteau est un réalisateur plutôt productif ( 65 films à son actif), spécialisé dans les productions à budget au mieux modeste, au pire famélique. Il est souvent obligé de composer avec des acteurs approximatifs et des effets spéciaux à l’arrache, dont le résultat n’est pas vraiment prévisible à l’avance. Si la saga des Puppet master m’a vraiment emmerdé (pas d’autres mots pour qualifier ces navets, pâle resucée de Dolls), le cas de Creepozoids m’a intrigué, car même si j’avais un gros pressentiment en face de la jaquette, le pitch racoleur offrait pas mal d’éléments comme on les aime, et annonçait la couleur avec une image d’ouverture digne de Duke Nukem. Faisons le profil psychologique de l’œuvre.

L’histoire : La guerre nucléaire a eu lieu. Le monde est détruit, les rares survivants évoluent dans les ruines, cherchant à bouffer et à survivre en évitant les mutants issus des radiations et en s’abritant régulièrement des pluies acides qui ravagent le pays. Un groupe de 5 personnes trouve refuge dans une structure militaire apparemment abandonnée, qui contient un laboratoire.

 

http://horrorsnotdead.com/wpress/wp-content/uploads/2011/12/creepozoids11.jpeg

 

J’étais tout simplement mort de rire devant ce pitch, ultra-racoleur et que j’imaginais déjà en mode nanardeux (« une structure militaire » ? Une cave, probablement ! « Un laboratoire » ? Deux fioles et un bécher !...), et surtout par les tags line de la jaquette, qui gueulaient qu’avec plus de 50 films, David DeCoteau était un maître de la série B américaine. Supplantant Carpenter ou Stuart Gordon, donc. Fort, ce David, surtout que personne en cours de ciné, à part le prof, ne le connaissait. Enfin bon, je met le dvd dans le lecteur, et là, il se passe quelque chose d’étrange. Dès le menu, je commence à penser à une ambiance de jeu vidéo d’arcade des années 80 (le genre de truc auquel je n’ai jamais joué), et c’est ainsi que démarre le film. Avec une musique électronique furieusement 80’s en mode jeu vidéo, le film a commencé à envoûter ma séance nanar, parvenant presque à me faire passer un bon moment (69 minutes au total). Déjà, parce qu’ils s’aventurent quand même un peu à l’extérieur, dans des décors totalement Duke Nukem (tag partout, building gris croulants, bref l'usine désaffectée du coin…), et que, même si ses acteurs acteurs sont toujours mauvais comme des cochons en termes de jeu, on a presque envie de croire le discours futuriste que le film tentait de mettre en place (mais il faut faire un gros effort). Après, il faut prendre l’objet pour ce qu’il est : une série B somme toute médiocre, misant avant tout sur l’exploitation que sur la peur. Ainsi, alors que l’eau non contaminée se fait particulièrement rare, nous aurons droit à une séquence de douche intime entre une survivante et un survivant, qui s’attardera quelques minutes sur leurs corps enduits de mousse en pleine action. Et le gros monstre de la jaquette, dans tout ça ? Il est particulièrement discret, sans doute hésitait-il, comme le spectateur, à interrompre la scène de douche, mais quand il attaque, il y va quand même franco. Possédant quelques maquillages gores sympathiques, le film traîne quand même un peu la patte pour nous clarifier la situation dans le bunker (ce qui nous donne au passage de magnifiques dialogues nanardeux type 80’s), et reste très flou sur les origines du monstre (l’introduction, où le monstre sort tout simplement d’un placard, et plus tard, quand on apprend qu'il est manipulé par un embryon humain...). Mais malgré tout, le film se suit d’un œil distrait jusqu’à son final sensé être imposant, sauf qu’il vire plus au ridicule, le film tombant dans le piège du cadrage nanardeux. Comprenez par là que dès que le monstre sort du champ, il devient invisible aux yeux de notre survivant, qui se retrouve alors en plan large dans une pièce vide, avant qu’un autre plan serré ne vienne annoncer la nouvelle attaque du monstre. Monstre qui , malgré des trucages pas forcément mauvais, fait plus rire pendant le corps à corps final qu’autre chose. Et comment on fait pour annoncer une suite ? Alors que le protagoniste se casse, on pensait que le monstre était mort, mais en fait non, il se relève et hop, générique ! Si Creepozoids tient beaucoup du nanar, sa facture un peu décomplexée, son ambiance diablement 80’s et son monstre en plastique sont d’autant plus attachants qu’au final, on a l’inpression d’avoir revu Doom, mais sans la moindre prétention. Personnellement, je préfère maintenant Creepozoids à Doom, un petit film qui ne vise pas plus haut que ce que son pitch lui permettait, et qui, à défaut de provoquer l’adhésion, donne plus que la bouse attendue. Allez David, tu tiens le bon bout !

 

1,8/6

 

1987
de David DeCoteau
avec Richard Hawkins, Linnea Quigley

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 13:36

http://freddyforever.files.wordpress.com/2011/10/8mm.jpg

 

Joël Schumacher est un réalisateur qui a du potentiel (phone game, Chute libre…) hélas plombé aux yeux de pas mal de gens par ses deux infâmants Batman forever et Batman et Robin. Pourtant, sa filmographie se révèle finalement satisfaisante, le bonhomme n’hésitant pas à s’engager dans un sujet fort quand celui-ci le permet (Le droit de tuer, par exemple). Avec 8mm, il offre en plus à Nicolas Cage un rôle atypique et aux antipodes de ses films d’action « habituels » : celui d’un détective privé sur les traces de tournages de snuff.

L’histoire : Tom Welles, un détective privé, est engagée par une riche veuve pour expertiser un film trouvé dans le coffre fort de son mari. Sur la pellicule, une jeune femme est d’abord violée avant d’être éviscérée devant la caméra. La fille a-t-elle été réellement assassinée ?

 

http://burntretina.files.wordpress.com/2009/09/nic-cage-watches-a-film-in-8mm-gauge.jpg?w=655

 

Si Seven continue à être dans la mémoire collective l’un des thrillers les plus sanglants de l’histoire du cinéma (Saw continuant à être assimilé à de l’horreur), 8mm peut largement rivaliser avec son cousin sur le terrain de l’ambiance, le film parvenant très vite à trouver sa vitesse de croisière. L’introduction nous présente un détective privé posé, à la vie familiale établie, bref l’archétype de l’américain qui vit confortablement, qui gère bien son entreprise personnelle d’investigation et qui est comblé sentimentalement. Jusqu’au jour où une enquête étrange lui est commandée par une riche cliente désirant lever le voile sur un film malsain que possédait son mari : un snuff. Fake ou authentique ? C’est ce que va devoir déterminer Tom Welles, qui se met rapidement au boulot. Il détermine d’abord l’identité de la fille, avant de suivre ses traces de fugue jusqu’à Hollywood, où dans ses illusions d’avenir de star, la petite s’est retrouvée à naviguer dans les sphères du porno. A partir de là, la plongée dans le monde de la « déviance » sexuelle est profonde et non sans dommage. Commençant l’enquête plutôt sobrement, notre enquêteur se rend vite compte que le snuff est un milieu qui n’existe pas, ou du moins pas comme ça. A chaque fois qu’il prononce le mot, il est reconduit rapidement à la sortie ou clairement insulté par ses interlocuteurs. Ainsi, par ce rejet quasi constant, le film marque bien l’écart entre pratiques sexuelles non « conventionnelles » (bondage, SM, zoophilie…) et le snuff, ici montrée comme une perversion ultime. On remarquera de même que le film ne privilégie pas vraiment d’esthétique, et qu’il cherche plutôt le réalisme (la violence n’est jamais embellie, elle est filmée platement, avec des effets clippesques cadrant tout à fait avec les ambiances attendues). Parce de tels choix, le film fait preuve de grands efforts pour s’inscrire dans l’amoralité (du moins pour cette partie d’enquête) ne faisant jamais l’assimilation du tous dans le même panier (même si, bien sûr, le cadre dépayse salement notre héros). Il ne se détache jamais du ton sérieux qu’il emploie (au grand maximum, on notera un unique passage comique où nos deux protagonistes rient devant un fake de snuff), et tend à « désacraliser » le milieu du porno avec le personnage interprété par Joackim Phoenix, véritablement attachant au fur et à mesure qu’il s’étendra un peu plus sur ses projets. C’est véritablement la seconde moitié du film qui s’engage et qui montre les différents participants du snuff comme de véritables enfoirés. Si l’évènement du tournage est anecdotique, le réalisateur est ici un tordu recherchant l’esthétique dans le bondage ultra, tenant autant de l’artiste que du psychopathe. C’est clairement son côté artiste qui est mis ici en avant (lui-même trouve qu’il a du génie) alors que ses obsessions, cherchant probablement à illustrer une sorte de chaos (ses vidéos trashissimes surdécoupées) ne reflètent que des fantasmes tordus et vains, mais tordus. Et c’est bien là aussi que le film touche à un point capital de la violence ici incarnée par le snuff. Ce n’est finalement pas une pulsion sexuelle déviante à assouvir pour l’acheteur, qui ici l’acquiert par simple curiosité. Et les réalisateurs se sont quant à eux contentés d’empocher leur fric et de tourner la scène, puisqu’un public réclame ce genre d’image. Ce régulier retour à une réalité aussi simple, aussi gratuite, sans cesse accolée au souvenir de l’adolescente sacrifiée pour finalement aussi peu d’intérêt de la part des bourreaux, suffirait déjà amplement à justifier une action répressive sévère. Et pourtant, Joël préfère encore retenir la réponse, contenir la rage et donner la parole aux proches de la victime pour décider de la réponse à donner (la police ne pouvant plus intervenir quand la décision est à prendre). Le recruteur libidineux, parfait jusqu’au, est le facteur de déclenchement, mais Joël Schumacher met un certain point d’orgue à la confrontation avec Machine, l’acteur du film, psychopathe n’ayant rien à envier aux canons habituels du genre, et pourtant si vulgairement commun (aucune justification, aucune circonstance atténuante, il assume clairement ses envies de meurtres, aussi gratuites soient elles, comme partie intégrante de son quotidien). La violence physique du film renvois souvent à une dimension de gratuité particulièrement dérangeante, et c’est bien avec cela que l’amoralité du film lui de ranger finalement le public du côté de son héros (pourtant particulièrement violent lors de son retour à Los Angeles). L’épilogue vient finir d’enfoncer le clou et d’approuver les décisions du personnage de Nicolas Cage. Par son engagement (et le nôtre, implicitement), le film parvient à cerner l’un des aspects les plus durs de la violence sous l’angle du snuff (on a donc un film dans un film), tout en nous faisant accepter l’idée d’une violence « utile » en réponse au dégoût. Un boulot très honnête de la part de Schumacher, porté par un Nicolas Cage sérieux et ultra crédible. Après, niveau tension, si on n’est plus dans une enquête à ambiance hard dans la première moitié, la seconde se verra dynamisée par quelques séquences flippantes et bien gérées. Un très bon cru de l’ami Joël, mais à ne pas prendre à la légère pour sa violence (plus morale ici que physique).

 

4.9/6

 

1999
de Joel Schumacher
avec Nicolas Cage, Joaquin Phoenix

 

http://static.flickr.com/2469/3575961526_aa0174c706.jpg

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 19:52

http://arachronique.canalblog.com/images/alien.jpg

 

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http://images.fan-de-cinema.com/affiches/fantastique/alien_3,1.jpg

 

affiche-alien-la-resurrection.jpg

 

De l’avis général, voici le classement classique dans lequel apparaîssent les différents membres de la saga Alien (sans compter les Alien versus Predator) : Aliens / Alien le huitième passager / Alien 3 / Alien la résurrection. Un classement qui semble prêt à passer à la postérité tant les avis abondent dans ce sens encouragés par la popularité de Cameron qui a toujours été au top et dont l’opus donne ainsi « le ton », le juste niveau pour ce qui doit être la saga SF/Horreur la plus populaire au monde. Cependant, voici actuellement mon classement : Alien le 8ème / Alien 3 / Alien la résurrection / Aliens. Les détails suivent sans que je prétende imposer mes vues comme des faits établis (et je remercie particulièrement les articles de Videodrome/Zogarok qui m’ont apporté pas mal de pistes pour développer mes avis), en sachant que même le plus mauvais de ces 4 films demeure, de toute façon, un bon film de terreur/divertissement spatial.

 

hr_giger_alien.jpg

 

Alien, le huitième passager : En 1979 sort un film apparemment sans prétention, que personne ne prend vraiment au sérieux pendant la promo annonçant la sortie de la bête, tant le pitch semble classique : un vaisseau captant un appel de détresse sur une planète abandonnée réveille son équipage, qui décide alors d’aller jeter un coup d’œil. Classique en apparence, mais pas tant que ça. Si 2001 était une référence, il ne se confinait pas à l’intérieur du vaisseau spatial, nous faisant voyager sur la lune et nous offrant quelques sorties extra-véhiculaires mémorables. Ici, passé le premier acte du film qui nous fait rester quelques heures à la surface de la planète, le film est un véritable huis clos dont l’atmosphère devient de plus en plus pesante au fur et à mesure que la menace se précise (d’une créature s’attaquant apparemment à une seule personne, on en arrive à un monstre rapide, au physique étrange qu’on ne découvrira qu’au fur et à mesure des attaques (il sera dévoilé chaque fois un peu plus). Au niveau des designs, Giger réussit à donner vie à toute une partie de son univers (quand on connaît les dessins du bonhommes, on constate quand même que l’aspect sexuel a été beaucoup atténué (l’anecdote des œufs, qui devaient s’ouvrir comme des vulves, et qui finalement s’ouvriront simplement comme des fleurs), préférant lorgner vers les textures organiques torturées qui ornent beaucoup de ses créations. Cet univers étrange, graphique et somptueux (et s’intégrant parfaitement avec l’obsession de Ridley Scott pour la fumée), élargit considérablement l’univers Alien, proposant une race d’extra terrestre n’ayant rien à voir avec les Aliens (le pilote du vaisseau, qu’on espère retrouver dans le très attendu Prometheus) et soignant particulièrement les créatures qu’il nous offre (le face hugger, dont l’anatomie nous sera en partie dévoilée (pour les amateurs de maquillages, il s’agit essentiellement de fruits de mers, l’odeur était insupportable)). En termes de personnages, l’équipage est tout simplement parfait. Les deux mécanos sont les personnages cools de l’histoire (qui parviennent à rester suffisamment sérieux pour convaincre durant les scènes d’horreur), Dallas le capitaine de vaisseau est parfaitement crédible en chef d’équipe, Lambert, la scream queen du film, parvient à mettre en valeur la fragilité de son personnage (et dont à nous faire accepter ses fréquentes gueulantes), Ash l’officier médical est parfaitement ambigu jusqu’à ce que l’on dévoile sa vraie nature, quant à Ripley, qui ne vient la démarquer du lot, elle est simplement pilote. Sigourney Weaver joue ici la sobriété, et c’est bien ce qui permettra au suspense de perdurer jusque dans les dernières minutes. John Hurt, le seul acteur un peu connu de la production, est promptement sacrifié au cours d’une séquence maintenant devenue culte, mettant d’un seul coup une pression énorme sur l’équipage à présent en état de réelle menace. Cependant, par delà le simple récit de survie en milieu anxiogène et confiné, apparaîssent d’autres thèmes (la récupération du spécimen primant sur la survie de l’équipage étant le plus connu, la recherche primant ici sur les individus avec l’ordre spécial 937) ou la surveillance de l’équipage par un robot pour s’assurer de l’obéissance de ce dernier. Des thèmes à peine abordés, mais qui viennent densifier la matière qui s’agglomère autour du fil directeur simple qui happe le spectateur dans un cauchemar en pleine lumière (seule la séquence dans les conduits d’aérations joue sur les zones d’ombre). Quant à la séquence de carnage où notre héroïne décide d’abréger les souffrances des derniers membres d’équipage encore vivants, Alien le huitième passager se révèle d’une bonne efficacité, parvenant à trouver en ce moment précis un point culminant, qui vient renforcer un peu plus le caractère de Ripley, qui passe donc du rang de victime potentielle à une incarnation d’instinct de survie (elle n’hésite plus à tuer en regardant en face). En bref, Alien le huitième passager est incontestablement l’opus le plus efficace en termes de peur, qui parvient à trouver dans son cadre spatiale une ambiance dense et plutôt immersive (la science fiction reste ici très timide en termes d’explications, servant plus de contexte), le tout en s’offrant un univers graphiquement très riche (sans parler de l’incroyable dépaysement sur LV4-26, le vaisseau possède différents designs d’intérieurs qui viennent varier les ambiances (et offrir une multitude de recoins où la créature peut se tapir)). Un classique parfaitement indispensable, parvenu à transcender sa simple facture de série B en modèle ultime du genre.

 

6/6

 

1979
de Ridley Scott
avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt

 

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Aliens, le retour : voilà un paragraphe qui va faire grincer bien des dents, puisque je considère l’opus de Cameron comme le plus faible de la saga Alien. Ce qui ne veut pas dire que je le déteste pour autant (en l’état, c’est même un très sympathique défouloir qui se lance dans de l’action-SF plutôt que de taper dans la peur). Mais les chroniques dithyrambiques fleurissant de toutes parts à son sujet, je m’attacherais surtout à l’attaquer sur ses faiblesses. En l’état, la première partie du film est plutôt réussie. Après la récupération de Ripley (en parfaite concordance avec le premier opus) et le lancement de la mission, la partie sur la découverte de Hadley Hope (la station coloniale contenant dans les 200 personnes) est remarquablement bien gérée (permettant déjà de planter un contexte horrorifique plutôt sympathique (aucun cadavre, mais des barricades défoncées, des explosifs dispersés un peu partout, des traces de lutte…). Le premier gros soucis de ce film reste ses personnages, presque caricaturaux dans leur rôle (Vasquez notamment, Apone en chef décidément très Ouh Ha). Seuls Hudson avec son cynisme et Hicks (qui parle peu) parviennent à tirer vraiment leur épingle du jeu en termes de « présence ». Rien à redire sur le synthétique Bishop qui se contente d’aider gentiment le groupe et d’étudier les aliens. Quant à Burt (le pourri du film, comme il y en a toujours un chez Cameron), il parvient de justesse à s’attirer nos foudres, même si sa fin est carrément expédiée et son action effleurant à nouveau le thème de la conservation d’échantillon sans aller plus loin. On reviendra à Ripley plus tard. Si le film était bon jusqu’à l’entrée des militaires dans le complexe terraformeur, la découverte du nid annonce déjà les tendances du film. Si la découverte des civils, le design poisseux du nid (camouflant parfaitement ses occupants) et la scène de sortie de l’embryon alien viennent mettre un peu de tension, la scène qui suit, sensée être un climax de terreur, est en partie ratée. Si le concept d’utilisation des caméras individuelles permet en effet de faire ressortir la débâcle et le sentiment de voir la menace s’abattre de tous côtés sans qu’on puisse la voir, c’est aussi parce qu’on ne voit rien. Pendant cette scène, Cameron multiplie les gros plans, les cadrages hasardeux, les actions hachées qui ne favorisent pas la lisibilité. Certes, le moment se veut anarchique, mais le montage ne rend finalement pas du tout justice à ces décors qui se mettent à grouiller d’aliens sans qu’on en voie finalement un seul (on voit des trucs commencer à bouger). Il faut attendre le retour au camion pour en voir quelques uns, et depuis, la tension est retombée. Commence alors la seconde partie, qui va essentiellement consister à attendre l’ennemi en préparant un minimum le terrain, puis en vidant les chargeurs dès que celui-ci apparaît. C’est du défoulement, l’action tenant en effet une belle part du récit. Mais cette formule continue ainsi jusqu’au retour de la navette, et devient rapidement redondante (les soldats se faisant avoir pratiquement un par un, quand ils ne se sacrifient pas en mode « on est foutu » alors qu’ils ont encore des bandoulières de munitions). Venons en maintenant à Ripley, la figure féminine du film. Ici, elle fait, de l’avis général, figure de la mère bienveillante qui va protéger Newt et devenir pour ainsi dire sa mère adoptive. Alors que la reine Alien fait figure de mère tyrannique. Bémol : je trouve que Cameron a plus le don pour citer des thématiques que pour les traiter en profondeur. Ici, Ripley devient la mère de Newt parce qu’elle est gentille avec elle, qu’elle lui donne un chocolat chaud et qu’elle vient vérifier que tout va bien quand elle dort. Soit, les instincts maternels de Ripley sont exposés de cette façon (mais à la limite, l’insistance de Ripley pour aller rechercher Newt au milieu du nid se révèle sans doute plus convaincant). Mais à aucun moment la reine ne prend une carrure de mère tyrannique. C’est tout au plus une grosse bêbête (au design joli, mais qui est véritablement la seule innovation du film avec le nombre d’Alien) qui voit l’intégralité de sa progéniture se faire griller par Ripley et qui vient réclamer vengeance. Il n’y a pas de symbolique profonde derrière l’affrontement final, juste une héroïne qui se bat avec le gros monstre dans un grand jouet (combat d’ailleurs à peine impressionnant, la reine étant à peine exploitée). Sans parler de l’issue du combat, presque nanarde pour l’accrochage à la jambe de Ripley et ressortant cette fin du premier en à peine différent (c’est juste plus gros). En l’état, l’esthétique froide de Cameron me laisse beaucoup plus froid que celle du précédent opus, ce dernier visant plus la fonctionnalité des appareils à la beauté de l’ensemble. Dégainant une puissance de feu qui tranche indéniablement avec son prédécesseur, Aliens est une suite fendarde qui tente de s’émanciper de son prédécesseur en jouant la surprise et l’actionner bourrin (plus populaire également) à l’horreur et au huis clos. Pour ma part, un cru honnête, mais des ambitions artistiques relativement peu épaisses, sacrifiées sur l’autel du divertissement maousse qui pourtant rechigne à s’assumer comme tel (sans doute envieux de l’aura de reconnaissance populaire du premier opus que rien ne prédestinait à une telle célébrité). Le moins bon, mais ce n’est pas une tâche non plus.

 

4.5/6

 

1986
de James Cameron
avec Sigourney Weaver, Michael Biehn

 

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Alien 3 : Voici certainement l’opus qui peut se vanter d’être le plus proche du premier épisode (retour de la terreur, ça fait du bien), en changeant pourtant la formule initiale. Des choix artistiques couillus, qui ont cependant entraînés pas mal de soucis pendant le tournage (inutile de revenir sur les aléas du scénario ou les obligations de conformation au cahier des charges) et qui ont déclenché des réactions très diverses à la sortie du film (Cameron, pour ne citer que lui, désapprouve totalement dès les 5 premières minutes). On sent déjà une volonté de s’émanciper des règles du prédécesseur en bousillant d’entrée de jeu tous les survivants du précédent opus à l’exception de Ripley, seule rescapée du crash de sa capsule de survie sur la planète Fiorina-6, une colonie pénitentiaire de haute sécurité où sont rassemblés de multiples criminels possédant des chromosomes double Y. Un ramassis de violeurs et de meurtriers, plus ou moins sains mentalement, qui possèdent un code barre tatoué à l’arrière du crâne. En termes d’esthétique, le film est lui aussi un peu hybride (à l’image de son alien) puisqu’il se déroule dans un immense complexe industriel, un dédale labyrinthique de couloirs couleur cuivre qui s’étendent sur des kilomètres, confinant la quasi-totalité de l’action sous terre. Un terrain propice pour un film de trouille (ou tout simplement un film de couloir réussi, qui parvient à faire stresser dans les coudes, les recoins, les conduits d’aération qui débouchent partout…) qui parvient à tirer une certaine ambiance de tous ces décors étonnants, qui donnent à nouveau une identité visuelle particulièrement présente au film en général. L’intégration d’une certaine forme de religion (bien qu’aucun nom ne soit vraiment formulé, les détenus parlant de Foi alors que Ripley prend peu à peu une forme christique (si ce n’est pas sa volonté, c’est par la force des choses) vient encore ajouter de l’atmosphère au climat ambiant (on ne parlera pas vraiment de métaphysique, le discours religieux restant très limité et n’empiétant jamais sur l’action). Pour Ripley, c’est un nouveau travail qui est fait autour du personnage, notamment dans sa relation vis-à-vis de l’Alien (les deux personnages semblent indubitablement liés au fil des films, et le lien devient ici d’autant plus viscéral que Ripley porte en elle-même le futur de la race Alien). Cependant, si elle a compris l’existence de ce lien (elle est annonciatrice d’un fléau qui s’abat sur ceux qui l’entourent, figure quasi-mythologique), elle le rejette et décide de s’en défaire. Cependant, et pas de son propre avis, elle est d’abord chargée d’éliminer le dernier représentant de la race Alien avant de se supprimer, et se faisant, de sauver le monde. Une figure du sacrifice hyper dramatisée qui vient compléter les tirades théologiques qu’on n’avait pu entendre, mais qui ne prend l’ascendant sur l’action. Ces figures viennent épaissir les personnages, mais l’action et la peur sont ici toujours délivrés (un peu lentement au départ) en suivant un chemin qui gère plutôt bien son rythme, qui ne cesse de grimper vers le climax attendu. Alien 3 est avant tout LA suite qui se confronte enfin directement à la convoitise de la Weyland Yutani pour la race alien , ces derniers lançant des ordres à propos de Ripley et montant une opération spécialement pour la récupérer, le créateur même des droïdes se déplaçant en personne. Si l’Alien incrusté dans beaucoup de plans rapides a parfois mal vieilli et que l’on relève quelques fautes de goût (le passage avec l’androïde Bishop qui demande l’euthanasie…), Alien 3 prouve qu’il est toujours possible de faire peur avec un seul Alien et qu’un réalisateur peut toujours imposer sa patte dans un univers à priori codifié par déjà deux films. Si le résultat a grandement divisé les fans, les ambitions sont là, et certaines des obsessions parviennent à faire mouche, en tout cas plus subtilement que les élans maternels de Ripley. Un sacrifice total de Sigourney Weaver, et un film nettement moins catastrophique que ce qu’on nous avait laissé entrevoir (malgré, bien sûr les difficultés précédemment évoquées). On préfère toutefois la version longue, qui si elle substitue une vache au chien hôte et élimine le jaillissement de la reine, clarifie beaucoup mieux le centre du récit (le passage avec le piège et les produits inflammables devenant beaucoup plus compréhensible). A mon avis, la meilleure suite d’Alien à ce jour.

 

5/6

 

1992
de David Fincher
avec Sigourney Weaver, Lance Henriksen

 

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Alien, la résurrection : Que les fans du 2 tempèrent leur colère en face de mon affront (assumé) de noter Alien 4 mieux qu’Aliens (l’insulte est grande, tant ce dernier opus se fait démonter sur des détails plus ou moins gros), mais m’est avis qu’on méprise bien trop injustement cet opus, encore exclu par certains de la trilogie. Déjà, en se basant sur la version longue, on constate que les ambitions du film de Jeunet sont bien loin d’égaler les ambitions (prétentions ?) de certains des opus précédents de la saga en s’assumant enfin comme une grosse série B thunée que les différents épisodes d’Alien ont toujours rechignés à être. Certes, motivée essentiellement par l’appât du gain en relançant cette saga lucrative (malgré l’échec commercial du 3), cette résurrection vient surtout pour prolonger le plaisir, nous offrir une dose de créature bigger than life bien plus satisfaisante que les précédents opus. Exemple même de la « beauferie » avec laquelle le film traite de son sujet : le générique d’ouverture de la version longue, qui s’ouvre sur la gueule dentée d’une reine… avant d’effectuer un dézoom pour s’apercevoir qu’il s’agit d’un insecte qu’un technicien écrase avant de se servir de ses entrailles comme projectile avec une paille, plan qui aboutit sur un travelling dantesque révélant la grandeur du vaisseau. Criminel de dépenser du fric pour faire un pareil « fake » ? Je dirais plutôt qu’ici, on sait au moins dans quoi on met les pieds. Je glisse en coup de vent sur le processus de clonage, formule ici complètement hors de propos (quoique, un doute persiste) qui sert vaguement de prétexte à la résurrection de Ripley et de l’Alien qu’elle porte en elle. Ici, les ambitions du film sont simple : transcender le cahier des charges en nous offrant la plus forte dose de créatures de la saga. Jamais les aliens n’ont été aussi beaux, aussi travaillés, aussi fluides dans leurs déplacement. La caméra s’attarde, les filme en pleine attaque, détaille leur anatomie. Un vrai régal pour les amoureux des créatures (vous étiez venus pour voir des aliens ou pas ?), d’autant plus que les décors sont particulièrement soignés. Sans forcément taper dans l’audace graphique, les éclairages magnifiques et le raffinement de certaines séquences (l’attaque en milieu aquatique, la loge royale…) viennent sublimer le spectacle, qui a rarement été aussi beau. Côté respect de la trilogie, le film traite constamment son sujet avec le ton décérébré et fun qu’il s’est promis de nous donner. On est dans un survival spatial, où l’on fait à peu près comme dans Alien le huitième passager, sauf qu’ici le vaisseau est beaucoup plus long à parcourir. Proposant un scénar sans une once d’intelligence et finalement efficace en termes d’action (aucun temps mort, mouvement quasi ininterrompu, fluidité et limpidité du récit, un parfait exemple du divertissement assumé), le film revendique jusqu’au son étiquette de divertissement de luxe, se fendant même de dialogues « humoristiques » qui fluidifient étonnamment bien les échanges et font mieux accepter les caractères badasses de nos compagnons de route. Plutôt que de prendre la saga de haut, Jeunet la prend par la ceinture, ce qui a le don d’agacer les fans de la mythologie de la saga (ce que je comprends, vu que j’ai fait moi-même partie de ce camp pendant plusieurs années), mais qui a le mérite de pouvoir s’autoriser beaucoup de chose dans un bestiaire horrorifique qu’on commençait un peu à connaître par cœur. En modifiant la génétique de la reine, on nous offre le New Born, une créature complètement marginale (rejetée en bloc par à peu près tous les spectateurs), qui tente d’apparaître plus complexe (le registre sentimental qui lui est prêté) que son rôle ne l’impliquait (elle sert finalement à refaire la fin du 1 (il n’y aura vraiment qu’Alien 3 qui proposera une issue différente) en mode gore, avec une fin tape-à-l’œil mais incontestablement jouissive). En termes d’effets spéciaux, ce dernier opus est un vrai catalogue de jouissance, cherchant à flatter les souvenirs du publics par de belles images et quelques choix intéressants (Ripley, ici en mode instinct animal, qui s’offre un caractère fort pour le moins inattendu et vraiment innovant), sans toutefois prétendre apporter un quelconque renouveau à la saga. Une chose qu’on continuera probablement à lui reprocher pendant encore longtemps jusqu’à ce qu’on le prenne enfin pour le produit de divertissement qu’il est.

 

4.5/6

 

1997
de Jean-Pierre Jeunet
avec Sigourney Weaver, Winona Ryder

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 19:49

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Vincenzo Natali a d’abord commencé dans le cinéma avec un court métrage appelé Elevated, où trois personnes restaient bloquées dans ce dernier pendant qu’un extra terrestre essayait d’entrer dans la cabine avec eux. Un huis clos de quelques minutes intriguant, mais qui témoignait déjà d’une certaine volonté de gérer un huis clos sous un angle étrange. C’est avec ces inspirations que le jeune réalisateur lance son premier long métrage, qui demeure encore aujourd’hui une référence du Huis clos, précurseur d’un certain côté de la famille des saw post III : Cube. Un succès critique et commercial qui vient lancer le réalisateur (qui ne connaîtra par la suite plus jamais le même entrain, que ce soit pour Cypher ou Nothing) et qui encourage les producteurs à réfléchir à une suite. Conscient de devoir conserver une part d’originalité dans le huis clos, ils misent sur un concept stimulant : l’hypercube. Hélas, le film peine à surprendre et peine souvent à être clair, ce qui donne finalement le projet raté qu’on peut voir aujourd’hui. Suite à cet échec, le nouveau projet prend hélas la tournure facile, celle qui revient régulièrement quand on interroge les amateurs du premiers : c’est dommage qu’ils n’aient pas mis l’accent sur les pièges. Et paf ! Avec Cube zéro, on tient là la formule ancêtre des saw, à savoir des personnages clichés dont on n’a rien à foutre et des pièges qui font toujours plus loin dans le gore et le jouissif. Certes, la formule peut paraître marrante, mais en étant objectif, le constat est proche de l’affliction…

 

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Cube : Vraiment, très intéressant huis clos que Cube, puisqu’il permet, avec des décors minimalistes (seulement 4 cubes nécessitent d’être construits), de mettre en scène un huis clos labyrinthique et tendu. Malin, le scénario l’est à bien des niveaux. En commençant par exemple par nous montrer un individu lambda évoluer dans quelques pièces jusqu’à tomber sur un piège, le film lance déjà une sorte de code de couleur (attention aux pièces oranges) qu’il faudra par la suite remettre en question quand on se mettra à suivre le groupe de survivant. D’ailleurs, le groupe est plutôt bien pensé, puisqu’il donne à chacun des personnalités propres qui vont même évoluer pendant le périple dans la structure. Structure qui reste d’ailleurs bien mystérieuse, le film passant volontairement sous silence les origines de cette structure, pourtant bel et bien construite par des êtres humains (mon avis est que les humains ont découverts des indications pour construire cette structure sans que ses concepteurs en ait précisé le but). En entourant de mystère la raison d’être du labyrinthe, le film brouille totalement les repères de ses personnages et aussi ceux du spectateur, qui se trouve tantôt au cœur du groupe (les passages tendus, comme la traversée du piège en mode silence), tantôt observateur (le sentiment d’observation que ressentent les différents personnages). D’ailleurs, beaucoup de choses laissent à penser qu’il s’agit ici d’une expérience scientifique, nos personnages étant réduits à l’état de cobayes (mêmes vêtements avec leur nom dessus, de très rares accessoires…) et devant faire face à des casses têtes mathématiques régulièrement plus difficiles (les numéros des différents cubes, le fonctionnement de l’intégralité de la structure). Mais au final, tout le film fait plutôt penser à une expérience sur le comportement humain, et plus particulièrement sur l’évolution comportementale d’un groupe dans de telles conditions (la fonction de chacun dans son fonctionnement, les différentes motivations de chaque personnages…). Ainsi, l’identification de chacun est assurée (je m’identifie personnellement à Worth, dont le cynisme complètement assumé mais une certaine volonté de vivre cadrent finalement plutôt bien avec certaines de mes convictions (je pense que c’est le vecteur d’intégration de pas mal de cinéphiles). Malgré la monotonie des décors (à part la couleur des pièces, rien ne change jamais dans la structure qu’on explore), le film possède un rythme qui avance sans cesse, qui parvient à mettre en valeur l’intérêt psychologique du film en dégradant régulièrement les relations au sein du groupe, jusqu’à un final tendu (et sanglant) qui poursuit sur la note originale le dénouement du huis clos (qui aurait parié sur le survivant de l’expérience ?). Finalement très habile dans sa gestion de l’espace, plutôt claire dans l’explication du fonctionnement de la structure (les mathématiques nous sont ici considérablement simplifiés, les calculs matriciels qui s’imposaient nous étant expédiés en quelques équations gravées), la théorie mathématique qu’utilise le film pour installer son huis clos est accessible au profane (on regretterait presque qu’il n’y ait pas un peu lus de détails là-dessus, mais le sujet étant casse-gueule, on comprend qu’ils n’aient pas voulu insister). Au final un huis clos surprenant, et une vraie expérience sociologique qui devrait en secouer plus d’un.

 

5/6

 

1997
de Vincenzo Natali
avec Maurice Dean Wint, Nicole de Boer

 

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Cube 2, Hypercube : Voilà ici un film particulièrement mal aimé, car il n’atteint jamais le potentiel que son concept pouvait susciter. Cube 2 aborde une thématique passionnante : celui d’une quatrième dimension physique. Vu que j’ai fait des maths en prépa, j’ai à peu près réussi à comprendre où ils voulaient en venir, dans leur explication théorique d’une quatrième dimension. Cependant, dans l’hypercube, ils jouent aussi avec le temps. Ceci donne alors un résultat assez indigeste, le film se montrant finalement peu clair dans le concept mathématique qu’il veut exploiter. Si il nous parle de dimension temporelle (la découverte de nos personnages commence par nous dévoiler cet aspect de la structure, en montrant un ado ouvrir en un laps de temps très court plusieurs portes sur les faces d’un même cube), pourquoi se met-elle à nous parler en plus de dimension physique supplémentaire ? Pour ces pièges auteurisants qui n’ont plus la moindre aura jouissive ? Car les pièges de ce nouvel opus sont alambiqués, ampoulés, et qu’ils peinent considérablement à divertir en ne nous offrant jamais de danger vraiment terrifiant. Et je ne parle pas du changement régulier de la gravité qui ne sert qu’à complexifier inutilement le menu. Finalement, le film gère mal même le concept du temps (à chaque fois qu’une porte s’ouvre, on pénètre dans une pièce où le temps a reculé ou avancé), devenant carrément incompréhensible pour le parcours de certains personnages, dont les incohérences apparentes (des détails qui gênent et qui nous font dire qu’il va y avoir quelque chose en plus) deviennent des incohérences profondes, le film peinant vraiment à apporter des explications à tous les décalages physiques qu’il nous donne à voir. Côté cobayes, on nage ici dans le casting en mode aléatoire, l’immersion psychologique étant ici complètement foirée (comme le dit le jeune, on a plus l’impression d’assister à de la télé réalité qu’à une expérience scientifique). Finalement, le but du film n’est pas clair, ce dernier hésitant à reprendre la formule psychologique de son prédécesseur en foirant totalement sur l’exploitation des théories mathématiques qu’il nous expose. A cela, on rajoute une fin si abrupte et couillonne qu’elle en vient à ruiner le peu d’estime qu’on pouvait avoir encore de cette série B brouillonne, et maintenant destinée à sombrer dans l’oubli…


1/6 (pour les idées de maths, mais c’est tout).

 

2002
de Andrzej Sekula
avec Geraint Wyn Davies, Kari Matchett

 

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Cube 0 : Et par quoi on commence ? Un gars qui marche dans les cubes et qui finit par tomber sur un pièges bien crade qui l’asperge d’acide et le fait fondre. Avec Cube 0, les producteurs nous proposent de faire un cube comme l’ancien, mais en mode SAW. On nous présente alors des personnages vraiment stéréotypés dont on se fout parfaitement de la psychologie (cette dernière est d’ailleurs complètement primaire pendant toute la durée du film). Clairement, ils ne sont là que pour une chose : servir à montrer les différents pièges prévu au programme. Et à ce niveau là, le film délivre largement la marchandise : acide, attaque sonore, gangrène accélérée, câbles cisaillant, flammes… un vrai florilège de mauvais traitements qui raviront les amateurs de gore décomplexé, mais qui frustreront considérablement ceux qui s’attendaient à un huis clos intelligent (d’ailleurs, le second, malgré ses airs auteurisants et prétentieux, tentait lui aussi d’élever le débat en ignorant pratiquement l’usage du gore). Ici, il faut survivre aux pièges, et il n’y a pratiquement aucune autre surprise. Les chiffres de Cube sont remplacé ici par des lettres, un militaire dans les cobayes verra une puce de contrôle implantée dans son cerveau activée, et les utilisateurs du Cube sont enfin dévoilés : il s’agit de fonctionnaires isolés du monde extérieur qui bossent pour le gouvernement. Ca fait mal de voir une ambiguité si brillamment entretenue sacrifiée sur des explications aussi bateaux. Surtout quand on voit le sort des survivants de l’expérience, qui en sont réduits à jouer leur vie sur la question « Croyez vous en Dieu ? ». C’est atterrant de connerie, à se demander ce qu’ils ont voulu prouver par une mise en scène pareille. Et on pourrait revenir sur cet employé du gouvernement à l’œil de fer dont les rictus imbéciles me font sourire à chaque fois que je regarde ce navet. Au final, Cube 0 nous sort la carte inattendue du préquel. Mais le problème, c’est qu’avec cette fin conne comme mes pieds, il s’aliène les fans du 1, qui voient dans ce dénouement une tentative commerciale de renouer avec la saga alors qu’il n’y avait vraiment plus rien à en espérer (surtout qu’ici, les acteurs ne ressemblent absolument pas à ceux du Cube initial, alors pourquoi leur donner les mêmes dialogues dans les mêmes situations (autrement dit, pourquoi tenter de raccorder les wagons alors que rien ne les forçait ici à le faire) ? Atterrant de bêtise, Cube 0 porte finalement bien son nom, sa qualité réelle étant exposée sur sa jaquette (on ne pourra pas dire qu’on ne nous avait pas prévenu). Et zou, à la décharge !

 

0/6

 

2004
de Ernie Barbarash
avec Zachary Bennett, Stephanie Moore ( I )

 

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Appréciez la beauté des effets gores... Sinon, rien à se mettre sous la dent.

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 19:27

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Ridley Scott s’est lancé non pas avec Alien, mais avec un petit film qui ne fait plus beaucoup parler de lui : The duellists. Un film très classique à la hauteur de l’époque qu’il veut illustrer : le règne de Napoléon Bonaparte, vu par un Hussard de cavalerie, ou plutôt deux hussards qui seront amenés à recroiser régulièrement le fer au cours de duels régulièrement programmés.

L’histoire : le capitaine d’Hubert est un jour mandé par son supérieur de mettre aux arrêts un autre capitaine de cavalerie : Feraud. Ce dernier le prend alors à parti, et lors de son arrestation, le provoque en duel avant de l’attaquer.

 

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Il y a dans ce film un je ne sais quoi de Kubrickien (on pense à la mise en scène très réaliste de Barry Lindon) qui le rend immédiatement agréable à l’œil. Que ce soit dans les magnifiques décors choisis par le film ou dans sa brillante reconstitution d’époque (si on exclut quelques éclairages visiblement artificiels, tout est très réaliste et fonctionnel), Ridley Scott veut manifestement livrer un travail bien fait, et ça se sent. Un vrai plaisir pour l’œil amateur de belles scènes pendant deux heures. Mais l’enjeu du film se situe plus dans l’affrontement quotidien des deux personnages sur lesquels il se focalise, et plus particulièrement sur les raisons qui les poussent à faire jaillir le sang de l’autre. Le premier duel, au sabre, se fait sur un coup de sang du capitaine Feraut, qui attaque le capitaine d’Hubert suite à l’humiliation de sa mise aux arrêts en plein salon mondain (et devant les yeux de l’organisatrice que le capitaine Feraut convoitait). Le capitaine d’Hubert a le dessus, ce qui met Feraud dans une fureur noire et qui lance probablement la récurrence des duels que nous allons suivre. Les duels sont considérés souvent comme un moyen de laver son honneur. Mais ici, il n’est jamais question d’honneur. Il apparaît clairement que le capitaine Feraud (qui prendra du grade au même rythme que d’Hubert) est un batailleur impulsif qui lance des duels à tort et à travers pour une conception de l’honneur qui lui appartient et qu’il fait évoluer selon ses envies, alors que d’Hubert se voit régulièrement contraint (tout du moins au départ) de croiser le fer avec ce rival qu’il n’a jamais souhaité se faire. Il n’a pour ainsi dire aucune envie de porter atteinte à son honneur en refusant un combat, et il n’aura jamais l’excuse de la différence de grade (règle qui interdit tout duel entre partis de grade militaire différent). Mais au fur et à mesure que leurs duels deviennent réguliers au grès des campagnes militaires (les ellipses temporelles sont fréquentes, on voyage jusqu’en Russie), la réputation de duelliste de d’Hubert pèse de plus en plus sur les décisions de ce dernier, qui se doit maintenant d’honorer une réputation qu’il n’a jamais voulu (le duel en hommage à la cavalerie est un très bel exemple de cette situation). Après, il faut dire que le film prend vraiment son temps pour développer ses idées autour du duel. Si Barry Lindon, tout au long de ses trois heures, faisait une critique complète de la quasi-totalité des autorités du XVIIIème, Les Duellistes ne traite vraiment que du duel, et il enrobe beaucoup ses personnages en détaillant leur parent et leur vie, en rajoutant des minutes plutôt que de coller au sujet. Si le film est beau, il n’en est pas moins long, mise en scène appliquée ou pas. Le casting est quant à lui impeccable, dominé par un Keith Carradine plutôt élégant en capitaine français et un Harvey Keitel parfait en Bonapartiste ferrailleur qui vit pour se battre. Si le film s’égare parfois un peu, sa beauté et son classicisme restent de bons atouts pour cette œuvre ma foi tout à fait recommandable.

 

5/6

 

1977
de Ridley Scott
avec Harvey Keitel, Keith Carradine

 

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 19:22

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Un moyen métrage d’animation aujourd’hui, très peu connu du grand public et pourtant, le travail colossal qu’il a nécessité mériterait indéniablement une reconnaissance. Il s’agit du Vieil Homme et la Mer, un film d’animation russe qui a choisit d’utiliser pour support l’aquarelle. Parfaite synthèse de l’œuvre d’Ernest Hemingway, le film est aussi une ode à l’imagination, offrant quelques séquences surréalistes.

L’histoire : un vieux pêcheur, qui n’a rien attrapé depuis 83 jours, décident de tenter une dernière fois sa chance au large des côtes.

 

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L’histoire est connue de tous (ou du moins, de ceux qui ont lu leurs classiques pendant leur enfance) : un vieux pêcheur qui lutte pendant plusieurs jours contre un gigantesque espadon (dans les 5 mètres de long) avant de voir sa prise attaquée par des requins et finalement rongé jusqu’à l’arrête avant son retour au village. Mais ici, c’est bien le support graphique qui fait la beauté du film. Chaque image est une peinture à part entière, ce qui fait passer régulièrement de fortes émotions (preuve que les histoires classiques sont toujours capables de faire leur effet sur le public. Le film profite régulièrement des temps morts de son histoire pour s’attarder sur des paysages marins magnifiques, ou pour se lancer dans des flashs back aventureux où l’on en apprend un peu plus sur le personnage de notre pêcheur. La relation poisson/pêcheur est ici plutôt bien abordée par la voix off du pêcheur, avant de nous faire tout d’un coup basculer dans le surréalisme avec une séquence où poisson et pêcheur nagent tous deux côte à côte dans un océan de nuage où vole toute une faune aquatique. Il y a l’essence d’un grand film dans ce morceau de bravoure de 20 minutes, qui comble des yeux de la beauté des aquarelles et qui peut se vanter de pouvoir rassembler tous les publics et de les captiver pendant toute sa durée. Vraiment, un petit film injustement oublié qui semble ne jamais perdre de son impact.

 

5.5/6

 

1999
de Alexandre Petrov
avec Gordon Pinsent, Kevin Delaye

 

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 19:13

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Encore un gros navet qui choit entre mes griffes pour une chronique au vitriol. Rob Cohen est déjà connu de la maison, pour avoir dirigé les tournages des désastreux La Momie 3 et de xXx. Bref, nous faisons confiance à l’homme pour persévérer sur la voie de la médiocrité suffisante, et nous sommes aujourd’hui servi avec Furtif. Véritable marketing pour l’armée de l’air à faire passer Top Gun pour un sobre film de guerre, le film multiplie les raccourcis, les incohérences et les directions hasardeuses pour devenir un des films les plus subversivement drôle que j’ai pu voir dans ma culture naveuteuse. Décollage immédiat.

L’histoire : L’ingérence, c’est rock’n roll !

 

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On commence en nous annonçant que la menace terroriste s’est amplifiée (encore ?), et que du coup les américains ont lancé un programme d’intervention directe à l’échelle mondiale géré uniquement par eux, les gouvernements des autres puissances faisant au mieux partie des abonnés absents, ou alors carrément des ennemis de l’Amérique. On découvre alors les trois pilotes qui ont été sélectionnés. Et on constate dès leur présentation qu’ils n’ont pas été sélectionnés pour leur intelligence ou leur capacité à piloter, mais pour leurs critères physiques. En effet, c’est le casting hollywoodien le plus cliché que j’ai vu depuis belle lurette, avec le blanc wasp qui aime le rock, la fille blonde à généreuse poitrine et le black qui se la pète et dont l’attitude coolisante énerverait rapidement n’importe qui (le cliché le plus insupportable, c’est lui). Il faut voir les conneries qu’il commence à sortir quand leur chef leur annonce l’arrivée d’un nouveau pilote dans leur équipe (« Ouais, vous voyez, nous à trois, ça le fait, c’est cool. Trois, c’est un nombre premier, c’est comme la sainte Trinité ! Quatre, ça porte malheur !... »). Rien que de les voir étudier les dossiers qu’on leur donne en dit long sur la connerie du script, qui fait passer les pilotes de la navy pour des branleurs qui se la pètent et qui vivent selon des rites consuméristes clichés (leurs permissions, c’est au bar, ambiance disco, cocktail en main, mannequin au bras avec des dialogues évolués (le black qui aboit quand une fille vient lui murmurer dans l’oreille)). Mais très vite, l’enjeu du film arrive : EDI, un robot tout rond au design identique à une boule de noël clignotante qui parle et qui télécharge de la musique illégalement (ça va faire cool, ont du penser les scénaristes). A partir de là, on nage en plein dans du Team America, sauf que c’est ici complètement sérieux et assumé. Le héros fait part à son chef de ses craintes de voir la guerre devenir une sorte de jeu vidéo avec l’intervention de drône, alors qu’il s’éclate pendant les missions à exploser des centaines de positions militaires ennemis alors que la caméra cherche des angles de vue toujours plus impressionnant (une belle contradiction, le design des scènes d’action faisant vraiment très jeu vidéo). En témoigne cette attaque en plein centre de la ville de Rangoon où nos américains, pour impressionner l’ordinateur ( ??) démolissent un immeuble terroriste parce que les supérieurs ont reçu des « informations » et que l’ordinateur confirme les dires avec des systèmes de détections si tape à l’œil (scannage de l’empreinte digitale à 8 kms, on y croit tous) qu’elles déclenchent un fou-rire à chaque nouvelle tentative. Les américains t’explosent tout ça, puis ils partent en perm en Thaïlande. Et là, c’est merveilleux. La thaïlande, ce sont des cartes postales, rien de plus. En témoigne le black Henri, au milieu des ruines d’un temple, qui respire un coup en ayant l’air inspiré avant d’aller draguer une thaïlandaise à poitrine. Plus tard, il marchera dans un champ avec elle (elle ne comprend pas l’anglais, mais elle baise assez bien), et lui parlera de choses profondes. Comme par exemple, qu’il aime voir un peu le pays d’en bas, que ça l’impressionne. Parce que quand il vole, c’est tout petit, ça va vite, il obéit aux ordres en lâchant une bombe, c’était là et ça disparaît… Mais c’est cool, c’est le plus beau métier du monde, mais quand il voit ça d’en bas… « Waow !... Tu sais faire la cuisine au fait ? ». Pathétique de long en large, le film reprend avec des ogives nucléaires à détruire et une base ennemie du Tadjikistan à neutraliser.  Là l’ordinateur indique qu’il y a des populations aux alentours. Les américains rechignent alors à attaquer, parce qu’il y aurait des collatéraux. Mais EDI, l’homme de fer (l’ordi), fonce et t’exploses tous ça. Les amerlocs, plutôt que de détruire le drône fou, se lancent dans la bagarre, niquant la gueule des tadjikistanais avec des missiles en mode jeu vidéo, avant de voir le nuage radioactif partir sur le village voisin. Ils commandent alors l’envoi d’une équipe médicale (probablement pour leur faire une piqure de prévention). Là, faut revenir à la base, et tenter de raisonner le drône qui n’obéit plus. Le black tente alors de tchatcher avec lui, mais sa tchatche ne fonctionne pas, l’ordinateur est trop intelligent pour se laisser berner par un « c’est pas cool, ce que tu viens de faire… ». Résultat, Henry le black s’écrase sur un rocher, et sa mort est bien plus dramatisée que celle du village contaminé 5 minutes plus tôt. Là, c’est la pagaille. Le héros wasp se lance à la poursuite de l’avion fou alors que la fille part se crasher en pleine Corée du nord, histoire de pomper un peu plus le script de Team America. Le commandement militaire pète un câble, tentant de communiquer aux russes la position du drône pour l’abattre et commandant l’exécution du héros pour ne pas laisser de témoins. Heureusement, il n’y a qu’un seul méchant : le général responsable de la mission EDI, qui crèvera par la suite d’une façon si mesquine qu’on en reste sans voix (il se suicide dans ses toilettes en téléphonant à un sénateur qui sort pour ne pas l’écouter dans ses derniers instants). Entre temps, le scientifique qui a conçu Eddy est mis sur le coup, devant réparer l’ordi mutin. On découvre avec stupeur une sorte de Jamie Gourmaud (présentateur de l’émission française culte C’est pas sorcier) qui parce qu’il écrit une équation sur une feuille et qu’il organise une réunion de geeks chez lui devient un crack en informatique. Le mec dialogue avec sa création comme de père à fils sans qu’on arrive à entrer dans le jeu de leurs sentiments tant EDI ressemble juste à une boule de noël clignotante purement décorative. Entre temps, le héros bute le docteur qui voulait le tuer et repart en Corée du nord pour sauver sa copine (cliché jusqu’au bout) au joystick de l’avion avec EDI qui est redevenu gentil parce qu’il veut aller sauver une américaine. Cette dernière parvient à rejoindre la frontière mais reste bloquée à ce niveau là. Et là, l’américain arrive en faisant tout péter, transformant la frontière nord-coréenne en un geyser de flamme filmé comme si c’était beau. Décidément, Cohen cherche la beauté partout, comme quand l’avion commandé par EDI vient se crasher sur l’appareil des forces coréennes, permettant aux américains de passer la frontière. Là, on a droit à un ralenti avec une musique dramatique, probablement pour humaniser une dernière fois l’ordinateur responsable de la mort d’un bon millier de personne sans le moindre état d’âme. D’ailleurs, le drame des retombées radio actives n’est toujours vu que sous l’angle du scandale qu’il va provoquer (il n’est jamais fait mention de l’envoi d’une aide quelconque) et l’incident passe carrément sous silence lors du dénouement où on pleure le black qui tchatchait et où on glousse accoudé au bastingage sans oser se dire qu’on s’aime même si les lois de la navy sont contre. Générique. C‘était du bon gros boulot, assurément. Non, franchement, on se fout souvent de la gueule de Rolland Emmerich, mais ses films restent quand même un minimum sobres au visu des étrons galactiques que constituent les projets de Rob Cohen. Juste parfait.

 

0/6 mais un bon 18/20 naveuteux.

 

2005
de Rob Cohen
avec Josh Lucas, Jessica Biel

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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