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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 14:13
Sin City : j'ai tué pour elle

Pour rappel, le petit débat cinéphile sur Robert Rodriguez consistait à savoir si ce dernir avait un talent qu'il exploitait mal ou si il était carrément grillé, et que ses rares bons films étaient des accidents plus ou moins sauvés par les circonstances (Une nuit en enfer avec Kurtzman et Tarantino, Sin City avec Frank Miller...). Le résultat est hélas plutôt dans la seconde option, marquant la déliquescence de l'homme qui voulait lui aussi faire des hommages au bis, sans en avoir compris le charme.

L'histoire : Marv est de retour, Nancy ivre de vengeance, Dwight sous l'emprise d'Ava et Johnny qui se prépare à plumer Roark. Retour dans les bas fond de Sin city...

Sin City : j'ai tué pour elle

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on retrouve l'univers du premier sous l'angle de l'exploitation sommaire. Pas forcément une mauvaise chose en soi, la commande était passée, attendue et délivrée sans surprise. C'est bien le "sans surprise" le problème. Aucun secret, aucune innovation, le choc est passé. Point barre. Partant de là, on peut remarquer quelques bons moments, une ou deux scènes d'action bien brossée (les uppercuts, souvent filmés avec un punch icônique qui décoiffe), un nouveau protagoniste masculin qui douille sévère (Johnny, dont la véritable descente aux enfers est un segment de noirceur assez remarquable, pour ne pas dire le meilleur du film, en nous montrant enfin de façon réaliste un parcours allant droit dans le mur sans jamais lâcher l'accélérateur). Sin city, c'était aussi et surtout ses femmes. La vision de Rodriguez se nuance gentiment ici, puisque l'histoire de Dwight tourne exclusivement autour de cette thématique, à savoir l'emprise (vénéneuse) des femmes sur tous les hommes de Sin City (et toutes les autres se débrouillent pour y faire écho). La simple séquence avec Ray Liotta est à encadrer, elle illustre parfaitement son concept avec un portrait d'homme tout à fait compréhensible, et cette flatterie lubrique de bas étage qui fonctionne à merveille (avant de se tirer sans la moindre reconnaissance de dette, car le physique le permet). Pour incarner la grande Vampire, le film mise sans surprise sur Eva Green (la pauvre, elle ne sortira jamais de ce genre de rôle). C'est la nouvelle Sharon Stone depuis 300 2, et ici, elle s'en donne à coeur joie, dévoilant sa plastique avec une impudeur tout à fait de rigueur, dans son trip affolant sur la manipulation masculine. L'incartade avec le commissaire en devenait une digression virtuose, une quasi-démonstration. Qui s'achève sur rien. C'est l'un des plus gros problèmes de Sin City 2 : tout semble bâclé. Montage bien peu efficace (pitoyable introduction qui fait un copié collé du personnage de Marv d'une fadeur insupportable (ce personnage est totalement inutile, d'ailleurs, Dwight se retrouve avec exactement le même caractère), montage des histoires bordélique, de tous les bars de la ville, on ne sortira jamais du Kelly's (comme si un bouiboui aussi merdique pouvait accueillir Roark pour ses parties de Poker)... C'est un divertissement expédié, qui iconise certains détails (les yeux d'Ava), en foirant complètement d'autres séquences (l'arrachage d'oeil du majordome d'Ava, filmée platement). Tous ces aspects sont des détails, mais le rythme dont ils bénéficie suggère davantage un cahier des charges qu'un authentique divertissement. Tout comme le personnage de Miho, qui nous offre la même chose que le premier, sans changer d'une virgule. Pourquoi nous remettre les mêmes choses sans le moindre développement, sinon pour tenter de retrouver un succès sans prendre de risques ? Sin City 2 a beau être sombre (il malmène vraiment ses personnages), il n'offre plus de surprise, il se contente de prolonger l'univers sans le développer outre mesure. Même dans ses prises de position les plus couillues, il avorte, revenant bien vite à son Marv chéri qui vient terminer le boulot. En découle une sensation de redondance et de léthargie générale, à peine éclipsée par quelques scènes de bon augure (le cabotinage réjouissant de Christopher Lloyd, qui fera trépigner de joie les fans de Retour vers le futur). Seul les fans hard core lui trouveront de l'efficacité (sommairement, il retrouve le ton de son prédécesseur ainsi que son esthétique, le choc est juste passé, sans surprise), le reste du public tendra surement vers la moyenne. Sin city 2 est finalement assez comparable dans sa conception à 300 naissance d'un empire, mais que ses quelques bons points rendent nettement plus respectable.

2014
de Frank Miller, Robert Rodriguez
avec Eva Green, Josh Brolin

2,5/6

Sin City : j'ai tué pour elle
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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 14:07
L'homme bicentenaire

La perte de Robin Williams, après le coup au moral (une icône d'enfance qui s'éteint), m'a poussé à rechercher d'autres films auxquels il avait participé. Les articles hommages de Borat et plusieurs autres blogueurs m'ont aidé à débroussailler le terrain, et c'est finalement sur L'homme bicentenaire que j'ai choisi de jeter mon dévolu. Récit de SF ambitieux qui puise chez Asimov sans le cacher, L'homme bicentenaire avait tout pour faire un film virtuose sur la vie en général. Hélas, c'est Chris Colombus qui s'est attaqué au projet (après avoir déjà jaugé Williams dans Mme Doubtfire), et qui livre un produit bien trop orienté famille...

L’histoire : Un robot créé dans les années 2000 et acheté par une famille fait preuve d’une faculté d’adaptation et d’intelligence inhabituelle pour les modèles de son genre. Intriguée, la famille décide tout de même de le garder à son service. Commence alors la découverte du monde et des hommes pour ce robot à l’œil neuf…

L'homme bicentenaire

Bon, reconnaissons le, le pitch de l’homme bicentenaire a de quoi immédiatement accrocher le fan de SF, qui pourra y voir un lointain ancêtre de Cloud Atlas, ou une variante de Magnolia dans sa fantastique ambition de délivrer un message rayonnant, un ressenti puissant et durable sur la Vie, sur les hommes et les grandes émotions qui font tourner le monde. En cela, l’Homme bicentenaire a tout du petit miracle espéré par les fans de SF, où la technologie passe au second plan pour souligner les enjeux humains qui s’y développent. L’homme bicentenaire a ce petit côté magique, et surtout cette imprévisibilité de la vie. Certains verront ce trait comme un défaut du script, qui montre après plusieurs péripéties qu’il ne sait pas vers où il se dirige. Le robot est doué d’une certaine forme de conscience (qui rend la communication très laborieuse avec lui avec son humour naïf et ses réactions exagérément protocolaires, mais c’est plus une lourdeur familiale qu’un véritable parti pris de SF), mais ne sait pas quel but donner à son existence virtuellement infinie. Alors il fait avec son univers, et exploite méthodiquement chacune des pistes qui s’offrent à lui. D’accord esclave domestique, il devient artisan sous contrat, puis serviteur affranchi, avant de s’intéresser à sa caste, explorant le monde à la recherche de semblables. Le script passe néanmoins par des étapes vraiment discutables (le passage pour signaler l’intelligence anormale du robot au constructeur avant de dire ben non on le rend pas, devant un méchant ingénieur qui dit « tôt ou tard, nous le récupèrerons ! ». On a faillit avoir droit à un remake de Beethoven ! Pareil pour l’aspect législatif du statut des robots pendant la quête d’un alter-ego, l’idée est évoquée, commence à poindre… avant de disparaître complètement, alors qu’il s’agissait d’un thème asimovien fondamental. En fait, L’homme bicentenaire utilise des arguments de la SF mais il s’en fout, c’est limite un accident si c’est réussi, car c’est faire un film sur la famille qui semble être sa principale préoccupation (notamment dans sa façon qu’il a de dépeindre une chaleur humaine bienveillante chez le robot ainsi qu’une inspiration totale à former un couple, qui n’avait pas vraiment de raison déterminante d’exister). Parce qu’il est parfois trop insistant, l’Homme bicentenaire dévoile alors sa structure cloisonnée, qui n’est vouée à être développé que dans la mince fenêtre de l’angle familial (à savoir formation d’un couple, développement de la famille et accomplissement par l’amour alors qu’elle verrouille au contraire son potentiel, le rattachant à faire le bonheur d’un seul être alors qu’il se révèle on ne peut plus créatif et utile dans ses quêtes personnelles (devenir humain, et en cela repenser le corps en concevant des organes et des prothèses qui font progresser la médecine mondiale). Certes, il veut devenir humain pour pouvoir aimer en tant qu’égal. Mais ces réflexions sont l’œuvre d’un scénariste accro à la guimauve qui n’a aucune conscience de ce qu’est la profondeur, ou alors à un degré minime en exposant sa bienveillance. Rien sur la condition humaine en général, un vague message sur l’esclavagisme des robots (en l’occurrence, les anomalies comme lui ont subi un génocide totalement passé sous silence), la portée de l’homme bicentenaire est extrêmement limitée, et finalement simplement réduite à la quête d’une humanité par la régression, à savoir retrouver toutes ses tares et handicaps (la chair, l’individualisme pour pouvoir être simplement accepté en société. Son action peut sembler avoir une portée symbolique (une création humaine fait un parcours de 200 ans pour affirmer son émancipation et revendiquer un titre qui en rien ne lui correspond, on le lui donne de bon cœur quand il s’est suffisamment esquinté pour l’obtenir, et c’est tout). Son existence n’a en rien fait avancer son « peuple », et ses préoccupations individuelles ne l’auront pas emmené bien loin. Malgré le bénéfice évident pour les humains, que de potentiel gâché.

Alors, pourquoi cette note généreuse ? Essentiellement pour Robin Williams, qui parvient à donner une certaine humanité à son personnage robotique (la prouesse est davantage palpable dans les débuts, quand l’enveloppe en plastique limite les manifestations émotionnelles), et qui lui confère cette chaleur humaine dont il a le secret. Une bienveillance naturelle, pas toujours appropriée ou intelligente (le gag des manifestations sonores corporelles… quelle faute de goût), mais qui tire toujours vers le haut en tentant de souligner le meilleur de chacun. De même, la guimauve familiale fait parfois mouche et trouve une certaine consistance dans des moments d’intimité (la mort du père, l’épisode du cheval de cristal), parvenant à capturer des facettes de vie familiale au potentiel sentimental certain. Malheureusement, les qualités humanistes du film s’arrêtent ici. Le futur aura beau bénéficier d’un certain soin esthétique, il semblera davantage creux que manifestement réaliste. Il a au moins le bon goût d’être optimiste. Là où on se tape des futurs toujours plus sombres dans la SF moderne, en voir un qui retourne à une ingénuité humaniste montrant des progrès humains, des aspirations culturelles toujours vives (religion et art se retrouvent mêlés au récit), fait du bien et alimente cet optimisme visé par le film. Sa répartie est piteuse, mais son fond est bon. Il s’arrête toutefois aux exactes limites de son terrain. Tous les parcours dissidents sont sortis vite fait du champ comme notamment le parcours de la grande sœur, petite peste gâtée qui devient une motarde punk insolente d’une caricature telle qu’elle provoquera sans un certain agacement pour bon nombre de spectateurs. Voir la marginalité ainsi caricaturée, et évacuée sans la moindre tentative de compréhension ni d’humanisation, ça fait un peu pitié. C’est ce qui sépare drastiquement l’Homme bicentenaire des autres films sur la vie. Et qui le rapproche du Tree of life. Sauf que ce dernier était à la fois expérimental et laissait totalement le spectateur jongler avec ses propres sentiments et expériences. L’homme bicentenaire, lui, t’encadre tout ça avec d’énormes barrières et on avance tant qu’on ne bute sur rien. C’est frustrant de se sentir ainsi embrigadé et de gâcher un tel potentiel (les lois d’Isaac Asimov ne seront pas exploitées une seule fois, c’est une valeur ajoutée aussi gratuite qu’inutile), malgré les efforts de Robin, d’un casting plutôt investi (essentiellement pour Sam Neill), et d’un bon esprit doublé d’une réelle ambition. Un coup manqué, qui bénéficie seulement d’indulgence.

1999
de Chris Columbus
avec Robin Williams, Wendy Crewson

3/6 (qui vaudrait 1.5 sans mon affection)

L'homme bicentenaire
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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 13:58
Savage

Avec Savage, on sait qu’on se lance dans la grosse artillerie du revenge movie, mais en mode plus vénère que prévu. En effet, comme pour un certain Harry Brown, le vigilente est une thématique polémique et suffisamment costaude pour faire du puissant avec un budget réduit et quelques acteurs. Tout dépend à ce moment là du traitement et des objectifs, et à ce jeu, tout le monde a sa chance (qui aurait parié un kopek sur Dead man’s shoes ?). Ici, Savage s’attaque enfin à faire un personnage trouble, que la violence va façonner et remodeler à sa manière.

L’histoire : Paul est un photographe insipide, qui exploite en bon photographe la violence de la société pour l’exposer en première page. Au détour d’une ruelle, un soir, il est agressé, défiguré et castré par deux adolescents. Commence alors un long parcours psychologique.

Savage

Savage a cela d’excellent, dès le début de son histoire : il a le goût anglais du détail. Le petit plus des séries B britanniques, qui montrent qu’elles veulent vraiment en donner à voir au public en insérant une foule de détails qui sentent le vécu et qui inscrivent bien le film dans un contexte crédible. Un mal nécessaire pour un sujet aussi costaud que la « juste vengeance », facilement taxé de pratique fasciste. Coup de pot, le film n’en a rien à foutre, ou mieux, ne se calibre pas sur la notion de justice. Fuck la morale, il décide de se concentrer sur le ressenti psychologique de son personnage principal, qui n’a rien d’un héros. Après l’attaque, il y a la fameuse agoraphobie qui parasite la vie et qui fait se sentir encore plus victime (les moqueries devant le comportement ostensiblement peureux de Paul), l’addiction aux gadgets sécuritaires et les séances de psychanalyses, doublées d’un traitement lourd du à la récente amputation. Des angoisses typiquement masculines qui sont agencées par le récit (en plus de la pression morale, Paul commençait à entamer une relation amoureuse avec l’aide soignante s’occupant de son père paraplégique). Des détails qui s’accumulent et qui mettent la pression. Seulement, Paul décide de réagir par l’opposé, en se focalisant sur la façon d’exprimer sa violence. Via des cours d’autodéfense où ses traumatismes ne tardent pas à se faire remarquer en mal, et sur son apparence, ainsi que dans son fétichisme de plus en plus prononcé pour les armes. Un peu de muscu pour se donner une carrure, et voilà bientôt le nouveau Paul arpentant les rues, armé d’une lame à en faire rougir Elija Woods et prêt à en découdre avec le premier voyou qui passe. Sans se borner dans la violence. Le film n’essaye pas de justifier son héros, il se contente de suivre, s’appuyant franchement sur le statut de monstre naissant de la victime totalement brisée, et souhaitant bien fixer chaque nouvelle étape dans l’accomplissement de ce destin contradictoire. D’honnêtes ambitions, qui hélas ne font pas vraiment un film explosif. La psychologie a beau être là, elle ne soutient pas des dialogues un peu mou du genou. De même, le personnage principal manque de charisme, fait quasi rédhibitoire pour pareil sujet. Malgré son traumatisme et ses multiples aspects, l’acteur ne facilite pas l’identification, surtout quand il commence à reprendre les armes pour rendre les coups. Je pense par exemple à la séquence du mouton, qui hésite entre trash et humour, choix original mais complètement hors de propos au vu des objectifs de la scène. Un peu triste à dire, mais malgré le drame et le détail du suivi psychologique, l’histoire de Paul n’est pas très intéressante. Il peut facilement être réduit dans la simple case clichée de la victime qui devient une machine à tuer, illustration standard d’un simple mécanisme de violence qu’il aurait été facile de résumer en encore moins de temps (le film paraît long alors qu’il fait seulement 1h20) qui n’apporte que peu d’idées novatrices à son concept de base. Une certaine hargne avec la gueule de l’acteur une fois balafrée, quelques détails qui sentent le vécu, mais un pétage de câble plus diffus, sans la moindre bouffée d’optimisme (la vague rédemption par l’histoire d’amour est vite évacuée), qui se conclut sans surprise, mais avec force.

2009

de Brendan Muldowney

avec Darren Healy, Nora-Jane Noone, Gerry Shanahan

3/6

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 15:15
Lucy

Ah, ce bon vieux Luc Besson… On l’a tellement roulé dans la boue avec ses productions foireuses, ses scripts d’alcoolos et ses réalisations foireuses. Un vrai dézingage, pire que Jean Pierre Jeunet, auquel je ne m’étais pas privé de participer. Néanmoins, Malavita, dernier en date, avait le mérite de remonter au niveau d’une petite comédie potable, avec un argument commercial (de Niro, dont les années de talent sont passées) et un zeste d’action. Et avec Lucy, il se frotte au genre SF fantastique, dans un mélange de genres aussi bancal que frondeur. En résulte un retour majestueux vers les bas fonds de sa carrière.

L’histoire : Lucy, junkie sans consistance, est séquestrée par un gang chinois pour jouer la mule et transporter dans son ventre un paquet de drogue expérimentale. Mais lors de sa réception, le paquet éclate, la transformant en X men.

Lucy

Bon, voilà un film qu’on peut très bien juger sur sa bande annonce. Toutes les tares y étaient déjà présentes, mais maintenant, c’est officiel, on peut critiquer. Pas de gloire à critiquer monsieur Luc Besson (on tire sur l’ambulance), mais quand on a envie d’un navet de première, le savoir toujours en service fait plaisir. Ici, Luc Besson touche au matériau de la drogue qui donne des pouvoirs magiques, mais veut à tout prix donner une explication scientifique intéressante. Et pour cela, il se base sur la théorie du cerveau. En effet, le film ne cesse de nous comparer au genre animal, histoire de bien souligner que le 15% qu’on utilise nous a permis d’accomplir de grandes choses, et que le dauphin à 20% a un système de sonar naturel surpassant nos technologies. Partant de là, que serait-on capable de faire ? Et bien Luc répond à sa façon : on devient des X men. Rendez vous compte qu’une fois le paquet de drogue éclaté, notre héroïne à 20% monte sur les murs, défie la gravité, contrôle les champs magnétiques (donc elle a le wi fi, accède à internet, pirate les périphériques via la pensée) et a des aptitudes télépathiques. What the fuck. On n’avait pas vu de personnage principal aussi cheaté depuis l’Alice de Paul W. S. Anderson ! Une petite contrepartie toutefois : elle pense mourir dans les prochaines 24 heures à la vitesse à laquelle son corps fonctionne. Lucy (son nom est évidemment mis en comparaison avec la première humaine exposée dans les musées) se met donc à la poursuite de ses agresseurs, à rechercher les paquets de drogue restants et à échanger avec Morgan Freeman, scientifique accessoire inutile qui nous sert ses hypothèses scientifiques à grand renforts de stock shots d’animaux (les assertions sont particulièrement pesantes dans le début du film, où le concept fait très valeur ajoutée).

Partant de là, on sait qu’aucune cohérence ne sera possible (elle lit les conversations de téléphone portable, elle voit des champs d’énergie autour des végétaux, elle parle chinois d’un coup, sans jamais avoir appris la langue…), donc on se contente de regarder, et question rythme, le film se révèle efficace, avançant sans arrêt à tambour battant. On mentionnera quand même la scène où Lucy, dans un bloc opératoire, abat sans sommation le patient en train d’être opéré, jette son corps à terre et force le personnel à l’opérer, en prétextant que « il était condamné de toute façon, le cancer avait pénétré dans les vertèbres ». Je passe sur la série de rebondissements débiles qui fait le développement pour sauter directement à la fin. Car le scénario part tellement en couille qu’on se doit de le mentionner. A 80%, Lucy vomit des éclairs par la bouche, se transforme en blob et crée de la matière. A 90%, elle se met à voyager dans le temps, mais c’est foireux. Alors qu’elle annonçait il y a quelques minutes que seul le temps permettait l’existence de la vie, la voilà qui se met à voyager physiquement dedans (les gens la voient) sans dommages, et tout en restant assise sur sa chaise dans la pièce initiale. Et elle remonte jusqu’au crétacé, venant dire bonjour à un vélociraptor… Putain, Tree of life avait vraiment marché, Besson s’est dit qu’une expérimentation à la mord-moi-le-nœud pompant Malick, c’était l’idée de génie, la cerise sur le gâteau. Pendant les 10 dernières minutes, Luc Besson se prend vraiment pour Terrence Malick, et tente une expérimentation qui part complètement en couille ! A 99%, Lucy se met à voyager dans l’espace, voit la galaxie défiler, et des tas d’astéroïdes foncent vers elle, tout cela ayant la forme d’un ovule entouré de spermatozoïdes ! Besson fait de la merde jolie, et se prend pour un génie ! Enfin arrive le 100%, et là c’est… « Je suis partout ! » Waow, Dieu est une blonde avec un cerveau ! Alléluia ! Tu l’as fait, Luc ! Et les scientifiques héritent quant à eux d’une clef usb formée de matière noire, alors que l’ordinateur hyper sophistiqué de Lucy se désagrège (pouvait pas faire évoluer l’informatique également ?). Bref, Lucy, c’est l’extrapolation complètement absurde d’une théorie assaisonnée à la sauce Besson, qui plus est avec une blonde qui utilise à fond son cerveau. Entrainez vous, parce que les X men recrutent, et que tous ces petits mutants sont des minables 30%. Quant à Terrence Malick, j’espère qu’il a de l’humour quand il verra comment on plagie ses œuvres…

2014
de Luc Besson
avec Scarlett Johansson, Morgan Freeman

1/6

Jamesluctor ose critiquer les blondes ! Sale misogyne rétrograde, va !

Jamesluctor ose critiquer les blondes ! Sale misogyne rétrograde, va !

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 15:11
Colt 45

Le polar français est un genre toujours noble, mais tombé en désuétude par manque de renouvèlement, ou d’adaptations médiocres. Pour mémoire, Zulu remontait la pente, mais La marque des anges l’enfonçait dans les méandres du ridicule. Et voilà que sort maintenant Colt 45, plein de promesses (Prestia, Lanvin, Derbie…), nanti d’un pitch efficace et d’un réalisateur de talent (du Welz). Avec pour résultat une honnête commande, tout à fait efficace et emmenée par des acteurs convaincus.

L’histoire : après une compétition de tir européenne dont il sort vainqueur, un armurier se lie d’amitié avec un policier fraîchement muté, jusqu’à ce que celui-ci tente de lui acheter des munitions expérimentales.

Colt 45

Voilà clairement le genre de commandes qui fait plaisir et qu’on aimerait voir plus souvent sous nos latitudes. Je partais déjà conquis (pour du Welz essentiellement, déjà persuadé qu’il serait capable d’installer une ambiance magnétique). Si le résultat n’est pas transcendant, le film réussit parfaitement à nous immerger dans le quotidien de notre armurier, et se révèle particulièrement efficace pendant ses fusillades, que ce soit en termes d’action ou d’esthétique. En cela, la commande est parfaitement honorée. Concernant le scénario, c’est sans doute ici qu’on trouvera matière à nuancer les louanges. Autant, en termes d’enjeux immédiats, le film parvient à faire illusion et à capter l’attention de son spectateur exclusivement sur le sort du personnage principal (que ses adversaires s’échinent à priver d’appuis), autant si on prend du recul… Le parcours final est simpliste, et surtout terriblement cliché. Les doutes qu’on avait dès l’introduction se voient confirmés, sans qu’on soit vraiment surpris (il aurait fallut noyer le poisson, prendre quelques minutes supplémentaires pour rajouter des prétendants intéressés par les compétences de notre personnage, ou faire intervenir les commandants des services spéciaux durant l’enquête, pour jouer avec les codes cinématographiques et brouiller nos repères). Un bémol qui ne diminue pas cependant la prestation des acteurs, en majorité bons. On peut seulement regretter la sous exploitation de certains (Joe Prestia notamment, une Alice Taglioni un peu trop vite expédiée, un Lanvin quelconque), mais notre armurier et Joeystarr (à la trogne particulièrement adaptée pour jouer les flics) développent tous les deux des personnages forts (en terme d’impact), qui dirigeront la trame sans jamais nous lâcher. Pas d’analyse nécessaire, Colt 45 assume son statut de divertissement et s’acquitte sans problèmes de sa tâche.

2014
de Fabrice Du Welz
avec Gérard Lanvin, Joey Starr

4/6

Colt 45
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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 14:51
Hercule

On ne donnait pas cher de la peau d'Hercule quand les bandes annonces sont enfin sorties en salles. Véritable condensé de navet, compilant les pires choses à quoi on pouvait s'attendre (monstres numériques à la Colère des titans, fouet magique à La légende d'Hercule, ridicule débridé "Je suis Heeercuuuule !"), j'avais pour ma part enterré le film avant même de l'avoir vu, et me réjouissait à l'avance de la débilité du spectacle. Pourtant, une fois dans la salle, c'est à un tout autre film que j'ai assisté.

L'histoire : Hercule, mercenaire accompagné de plusieurs guerriers rencontrés lors de diverses missions, se voit proposé par un roi Thrace de former une armée pour réunifier les territoires adjacents.

Hercule

Ma foi, si les 5 premières minutes compilent toutes les atrocités numériques présentes dans la bande annonce, le programme change assez vite de ton, et pour le mieux cette fois. On pourrait même parler d'arnaque commerciale tant le marketing de ce film est à côté de la plaque, puisqu'il nous vendait un divertissement régressif allègrement fantastique (colère des dieux parce que Hercule veut être simplement un mari et un père, quelle connerie !), alors qu'il s'agit d'un péplum à l'ancienne avec quelques partis pris qui se justifient. En effet, le premier d'entre eux est de constater qu'Hercule n'accomplit jamais seul ses missions, mais que ses compagnons de route font régulièrement le gros du boulot et acceptent de vivre dans son ombre pour différentes raisons personnelles (c'est la petite famille, en fait). Et, grosse surprise pour le coup, le film n'est pas un seul instant fantastique. Toutes les créatures mythologiques promises (et aperçues au début) ne sont qu'un leurre. Car le film essaye de s'enrichir d'un discours sur les légendes, exagérant sans cesse les histoires pour épater la galerie, tout en étant le reflet d'une époque héroïque. Jouant sur la superstition des masses, un peu de mise en scène et ce qu'il faut de spectacle, c'est en impressionnant l'ennemi qu'on prend déjà un avantage psychologique. Aussi, les monstres sont soit des mises en scène de bandes armées pour saper le moral des adversaires, soit des créatures balèzes copieusement exagérées par le conteur de la troupe, qui ne cesse de tchatcher pour enrichir la légende. Une façon plus subtile que prévu d'évacuer tout fantastique et de se concentrer sur les enjeux humains du film, qui nuance presque ce qu'il faut pour avoir des enjeux potables. Malgré une gestion assez médiocre de la force d'Hercule (rarement réaliste, au mieux fort comme Conan, au pire capable de faire s'effondrer une statue colossale en s'attaquant à ses fondations), le bilan n'est pas honteux. Hercule se retrouve donc à former une armée, à mener les premiers assauts pour réunir les territoires Thraces, sous la férule de John Hurt. Pas nouveau maintenant, l'acteur est coutumier des rôles de vieux rois/sages (Outlander, le transperceneige...), mais sa carrure est finalement prise à contre-pied lors d'une inversion des enjeux pas vraiment subtile, mais honnête. Le parcours humain d'Hercule, qu'on nous vendait comme une vengeance bien manichéenne, est un peu plus nuancé que ça, plus pudique aussi concernant sa peine et ses motivations.

Malheureusement, ces bons points n'élèvent pas vraiment un spectacle qui se révèle somme toute poussif dans son déroulement des enjeux. Passé la surprise de découvrir un péplum à l'ancienne, on se retrouve en territoire balisé, avec quelques hausses d'originalité ça et là pour se distinguer de la concurrence, sans pour autant renouveler ni enrichir le genre. Question caractères humains, ils sont lisses, mais bien présentés, assez pour qu'on retienne leur histoire sans se sentir proche d'eux. C'est de l'exploitation correcte, qui ne nuit à personne (Dwayne Johnson n'a pas à rougir de sa prestation, malgré le ridicule de son casque félin, il incarne un hercule tout à fait potable) sans pour autant relever le niveau. Question accessoires, plusieurs détails font un peu tâche, comme ces armures en cuir qui font très plastique. Et avec ce maigre potentiel, il se hisse jusqu'au titre du meilleur péplum de l'année, devant le moyen Pompéi (un exploit dans la filmo de Paul W. S. Anderson), et les étrons 300 2 et la légende d'Hercule. Toutes proportions gardées, pas de quoi le lapider en place publique.

2014
de Brett Ratner
avec Dwayne Johnson, Rufus Sewell

2,9/6

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 17:11
Enemy

Après le triomphe de Prisoners, on attendait le nouveau film de Denis Villeneuve avec… indifférence ? Son nouveau projet de thriller ne payait pas de mine, commençant sous un petit angle cinéphile avec un homme qui découvre son double parfait, sans connaître ses origines. Mais c’est le traitement sur ce genre de film qui fait la différence. Et autant dire qu’on n’a plus vu ce genre de prouesse depuis Faux semblants.

L’histoire : Adam Bell, un professeur d’histoire fuit son quotidien monotone en recherchant un figurant de cinéma qui lui ressemble étrangement, Anthony Claire. Il se rend peu à peu compte qu’ils sont exactement identiques. Néanmoins, en voulant attirer son attention, Adam attire l’attention de la femme d’Anthony, qui se met à le surveiller.

Enemy

Denis Villeneuve nous avait caché qu’il aimait Cronenberg. Il fait preuve ici de cette singulière obsession à vouloir incarner les meurtrissures psychologiques de ses personnages, par l’intermédiaire de symboles récurrents (ici, une araignée), marquant pour chacun de ses personnages un trait de caractère particulier. Pour notre acteur Anthony, d’un caractère agressif et entreprenant (typiquement masculin), elle est un simple objet, érotique dans le contexte de l’exposition, une créature insignifiante pouvant être simplement écrasée (parallèle avec la façon dont il tentera d’exploiter la situation). De l’autre, nous avons Adam, clairement moins affirmé, et constamment dans la prise sur soit. Pour lui, cette araignée prend tantôt des traits féminins (la troublante apparition onirique), tantôt des proportions gargantuesques, qui la rendent on ne peut plus menaçante. Outre la simpliste interprétation de l’araignée au plafond, il y a dans cette figure une grande notion de prédation, une espèce de phobie qui matérialise l’état de plus en plus fébrile d’Adam, ainsi qu’un lien étrange avec la féminité (la dernière hallucination, ultime, qui lie définitivement les deux et fait pénétrer Adam dans un cauchemar éveillé, un véritable piège que les fissures d’une vitre brisée représentaient déjà comme une toile). Cette association psychologique n’est pas interprétable de façon catégorique (ici, je n’ai fait que relever les tendances qui me semblaient justifier son apparition lors des séquences clefs). Car si le film est une petite étude de caractère qui s’appuie sur la performance très appréciable de Jake Gyllenhaal (excellente, il se hisse presque au niveau de Jeremy Irons), il a aussi sa petite trame qui suit les allers et venues de ces jumeaux malgré eux, qui s’épient et surveillent leurs quotidiens respectifs. Mais alors que la rencontre débouche sur une impasse caractérielle, c’est la fascination progressive de la femme d’Anthony pour ce double qui provoque l’irritation de ce dernier, puis sa convoitise quand il découvre la femme d’Adam (Mélanie Laurent, dans un rôle frustrant particulièrement adapté à son caractère, un excellent choix de casting). Anthony élabore alors ses intimidations comme il prépare ses rôles, échafaudant l’inversion des vies comme on l’espérait. Je ne détaillerai pas davantage cet axe dramatique, il est la véritable source de surprise et mérite un visionnage. Néanmoins, les indices psychologiques continuent d’affluer avec un Adam se sentant de plus en plus glisser dans la peau de son jumeau. Mais ce qui fait la force profondément angoissante de Enemy, c’est sa forme physique. Constamment teinté d’une nuance jaune maladive, crispant dans son utilisation de violons comme bande originale, il file régulièrement des plans étouffants de la ville, que de discrets effets de caméras rendent davantage déstabilisants. Les repères physiques s’évanouissent, au profit d’une angoisse sourde, informe, qui se matérialise peu à peu en la personne de ce double malintentionné. Mais qui s’acharnent sur Adam, dont on perçoit sans arrêt les craintes et les malaises. Pour renforcer le rapprochement, les dialogues d’un jumeau se superposent au quotidien de son second. Les cauchemars des uns réveillent aussi les autres. Si l’argument psychologique est là, il est clair que le film cherche avant tout à s’amuser avec le spectateur, le laissant sans arrêt dans un doute qui laisse le champ libre à l’histoire. Enemy, c’est un petit thriller malin, plutôt humble malgré ses ambitions, qui se veut avant tout être un plaisir totalement cinéphile en jouant dans la cour des films à plusieurs niveaux de lecture. Tout à fait recommandable, sans m’avoir toutefois transcendé.

2013
de Denis Villeneuve
avec Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent

4,8/6

Enemy
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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 22:11
Expendables 3

Expendables est la grosse saga des nostalgiques. Avec le second, c’était l’apogée, la grosse action testostéronée qui balançait à la chaine des blagues régressives et misait à fond sur les références cinéphiles (parfois avec lourdeur (les échanges entre Willis et Schwarzy), mais souvent pour le mieux (le caméo du Chuck)). Alors que le public saluait la formule enfin en décollage, Stallone annonce sa déception vis-à-vis du second et choisit de retourner à un esprit plus sérieux. Résultat : peut être la plus grosse merde de l’été.

L’histoire : en pleine mission, les expendables tombent sur l’un de leurs anciens membres reconverti dans le trafic d’armes, soit disant exécuté. Ce dernier abat l’un d’entre eux avant de prendre la fuite.

Expendables 3

Vraiment, j’ai du mal à contenir ma haine et ma rage devant la saloperie qui nous a été balancée sur les écrans, à peine digne de sortir en dvd. Alors que je m’extasiais, en plein générique d’intro, sur Nu Image (la première boite de prod de nanars que je connaissais, et dont je collectionnais précieusement tous les films dans mes débuts cinéphiles) et son ascension, je vois des CGI pourraves et mal incrustés, sensés être des explosions et un effondrement de bâtiment, avec un hélico numérique sensé contenir nos héros. Glasp. Première constatation : tous les effets spéciaux numériques sont ratés. Deuxième constatation : ce scénario est digne d’un Nu Image des années 90. Vraiment, à leurs débuts. Enchaînant les clichés plus lourds les uns que les autres avec un sérieux papal qui laisse ahuri, Expendables III mérite la palme du plus mauvais divertissement d’action sorti depuis La chute de la maison blanche. Vous avez vu la bande annonce, vous avez vu le film, et franchement, ce n’est pas exagéré que de le dire, tous les temps forts y sont spoilés. Quant au scénario, il est à pleurer : Stallone croyait avoir tué ce pourri de mel gibson, mais non. Alors il veut se venger, mais tout seul (il vire son équipe). Il en bâtit une autre mais ils se font piéger. Alors l’ancienne revient et latte tout le monde. Fin. Mais vous voyez à quel niveau on est retombé ? Expendables II était une merveille d’originalité à côté ! Quant aux performances des acteurs, elles sont toutes plus mauvaises les unes que les autres. Bruce Willis est le seul qui ait été assez intelligent pour fuir le bateau avant qu’il ne coule, tous les autres en sortent souillés à vie. A commencer par Schwarzy, complètement quelconque, qui ne relève pas le niveau depuis Sabotage. Harrisson Ford se coltine le pire rôle de sa carrière, et offre sa pire prestation. Imaginez un grand père tremblottant peinant à garder son dentier en place effectuant des loopings numériques au volant d’un hélico de combat (sur fond vert, on le distingue dans plusieurs plans (ça n’a même pas été corrigé au montage)), et vous avez là le même acteur qui jadis nous avait interprété un commandant de sous marin autoritaire (K19) ou un président incorruptible (Air force one). Affligeant. Pour couronner le tout, Stallone se fait filmer la gueule en gros plan serré, et révèle son regard de mérou comme on n’en avait plus vu depuis Cobra. Il croit filmer la colère, mais ce n’est que le vide de l’existence, avec un courant d’air (amusez vous à imaginer un léger vent à vos oreilles à ce moment là, fou rire garanti). Le pire, c’est que ce scénario rachitique prend 2 heures entières pour se développer. La sélection de la seconde équipe (soit l’intro d’un film d’action) dure une quarantaine de minutes, en plein milieu du long métrage ! Quant à Mel Gibson, il avait davantage de personnalité dans Machete Kills ! Sensé incarner un méchant impitoyable, il passe son temps à acheter des tableaux et à faire comme si il s’y connaissait en art, et au final, il ne tue jamais personne. Le duel final contre Stallone sera à ce titre une abomination naveteuse, qui passe par tous les clichés, n’offre aucune surprise et se dénoue avec un sérieux si intense qu’il subjugue l’agacement, transformant le dégoût du spectateur et la hâte d’en finir en rage de frustration. Plus fort que le coups dans les valseuses, l’hommage aux 90 dans ce qu’elles avaient de plus quelconque. A ce stade, le side kick insupportable campé par Antonio Banderas (accompagné d’une mandoline pour faire espagnol) en devient presque une attraction comique charmante pour le dépaysement régressif provoqué, alors qu’il est en l’état aussi mauvais que le reste du film. Affligeant.

2014
de Patrick Hughes (II)
avec Sylvester Stallone, Jason Statham

1/6

Expendables 3
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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 21:56
Les gardiens de la galaxie

Je ne cache plus mon scepticisme devant les films de la Marvel, qui après un amazing spiderman 2 désolant m’ont bien montré que je n’étais pas leur cœur de cible, et qui persistent dans leur vision épisodique du cinéma ou la vision de chacun de leurs films est nécessaire pour suivre globalement l’histoire. Mais avec Les gardiens de la galaxie, c’est une nouvelle franchise qui nait, et ô surprise, leur meilleure depuis Captain America.

L’histoire : réunis contre leur gré et lié par un artefact précieux et convoité, cinq hurluberlus de divers horizons se lancent dans une épopée stellaire digne d’un John Carter.

Les gardiens de la galaxie

Ah, que ça fait du bien de retrouver un bon esprit dans un space opéra techniquement aussi abouti ! Moi qui trouvais l’humour des derniers marvels relou et ses scénarios complètement débiles, on me sert… un scénario bourré de clichés et des personnages improbables, alors forcément, j’adore ! Car tout est question de dosage, et sur Les gardiens de la Galaxie, James Gunn a réussit l’exploit de parvenir magistralement à doser parfaitement ses ingrédients. Ainsi, la direction artistique foisonnante vient tutoyer les univers colorés de Guillermo del Toro (l’astéroïde Knowhere, visiblement inspiré du marché des trolls d’Hellboy II), soignant sans arrêt ses décors et ses détails (le magnifique vaisseau des Krees, la planète explorée pendant le générique de début…), et permettant au spectateur de voyager même si il n’adhère pas à la lourdeur (parfois violente) de son humour. Car c’est là la seconde astuce (malicieuse) de James Gunn. Il a saisi que ce sont les multiples clichés (ultra récurrents dans chacun de leurs films) qui plombent les scénarios et annihilent les surprises. Alors, lors de chaque séquence clichées (roucoulades amoureuses, actions héroïques, pauses iconiques…), il s’arrange pour faire intervenir un gag authentiquement nanar. Mais parfois à un niveau incroyable, comme en témoigne le combat final dont deux minutes se révèlent tout simplement à mourir de rire. On ne peut pas renouveler ce genre de cliché, alors autant s’en moquer avec une insolence tout à fait dans l’esprit du réal de Super, qui se moque de ses personnages avec un aplomb qui lui, surprend. Alors à défaut d’être immergé, on en rit sans retenue. Mais, cohabitant avec cet humour, plusieurs séquences capitales (elles aussi un peu clichées) sont dirigées avec sérieux, permettant dès lors de façonner des portraits de personnages et de nous attacher à eux. C’est en cela que l’art du dosage, subtil, est passé avec succès par le film. Il parvient à casser plusieurs clichés, sans rendre pour autant totalement ridicules ses protagonistes, et parvenant avec une aisance assez déconcertante à les rendre sympathiques. Parce que leur dynamique de groupe (chaotique) fonctionne particulièrement bien, parce que le tempérament de chacun est exploité et que cette équipe, aussi régressive soit-elle, n’est pas démunie. Elle fait même preuve d’une chaleur humaine et d’un esprit d’équipe qui redonne du peps (là où les blagounettes de spidey étaient sensées jouer ce rôle), notamment lors de sa conclusion, tout à fait réussie dans son esprit de famille. Assumant parfaitement ses gags et soignant à fond son univers (le méchant, bien que cliché, est particulièrement imposant), Les gardiens de la galaxie est une excellente surprise, qui certes ne fera rien de plus que divertir, mais y parvient avec un brio recommandable. Et quand Lloyd Kaufman passe faire un caméo, même de seulement 2 secondes, le cinéphile sourit…

4,5/6

Les gardiens de la galaxie
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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 21:41
Hidalgo

Le cinéma de David Lean a marqué l’histoire, et fait toujours figure de modèle aujourd’hui. Prometheus lui rend un timide et inattendu hommage, mais on a oublié qu’en 2004, sorti dans une certaine indifférence, Hidalgo, réalisé par un certain Joe Johnston, lui rendait le plus beau tribut qu’on pouvait lui faire Un splendide hommage et un quasi exercice de style, qui tente d’allier la grâce du cinéma à l’ancienne avec les avantages des effets spéciaux numériques.

L’histoire : au XIXème siècle, Hopkins, américain d’origine apache, assiste au massacre de son ancien village à Wounded Knee. Des années plus tard, abattu par l’alcool, il reçoit l’invitation d’un Cheikh pour participer à une course de 5000 kms dans le désert, mettant à l’épreuve la renommée de son cheval.

Hidalgo

Vraiment, je n’avais pas ressenti de joie aussi grande devant un film d’aventure depuis bien longtemps. Une fois passée la surprise de retrouver un style à l’ancienne complètement délaissé aujourd’hui (énormément de fondus entre les scènes qui laissent apprécier la beauté des paysages), on n’est pas vraiment surpris de voir que Joe Johston s’efface complètement derrière l’hommage qu’il rend à David Lean, dont on mesure l’étendue quand il dévoile les sublimes plans désertiques qui feront l’essentiel du décor. Hidalgo, c’est la résurrection de David Lean, le retour de l’aventure des grands espaces, où l’humain est remis en avant, et où le caractère intrinsèquement bon, moral et classique donne immédiatement une bouffée d’air. Joe Johnston, qui réalisera plus tard le très classe Wolfman et l’épatant Captain America, était un choix logique et tout à fait honorable, surtout quand on constate qu’il pousse l’hommage jusqu’à mettre Omar Sharif dans l’un des rôles principaux, où il s’attèle à la tâche avec un réel plaisir qu’on sent à chaque instant. Le vintage dans toute sa noblesse. Car si le film a des points faibles (qu’on abordera plus tard), le scénario a suffisamment été peaufiné pour mettre en valeur les enjeux libertaires du récit, non pas sous l’angle du triomphalisme américain (on se doute déjà en commençant le film que la victoire d’un héros aussi cow boy est inévitable), mais davantage sur celui du triomphe de la volonté, et de l’émancipation égalitaire. Au niveau humain, Hopkins est un demi indien qui s’est inséré dans la société américaine, tout en constatant le génocide d’un peuple dont sa mère était originaire. Quand il chevauche, c’est l’emblème de sa tribu d’origine qu’il arbore. Sous son aile, il recueille un enfant esclave qu’il traite peu à peu d’égal à égal. Quant au Cheikh, les enjeux concernent sa fille unique, qu’il méprise au grand jour pour respecter les convenances, tout en lui autorisant en cachette des activités interdites. Briser les conventions et le mariage à dot, telles sont les objectifs du côté oriental. Mais en parallèle des enjeux humains, il y a le niveau animal. Le mustang de Hopkins est considérablement personnifié, son caractère étant régulièrement mis en avant et ses efforts sans cesse soulignés. Et pour rejoindre les enjeux humains, les thématiques qui l’impliquent sont celui de la race. Dans un milieu aussi exigeant que la course hippique, le concept de race et de pureté revient toujours chez les adversaires, essentiellement sous un angle méprisant en face du mustang, race batarde par essence. La participation d’Hopkins et de sa monture, c’est la volonté contre la pureté du sang, combat noble par essence et plutôt bien introduit par le film. Enfin, les péripéties fleurent bon le film d’aventure à l’ancienne, sans avoir besoin d’effets pyrotechniques ou de cascades impressionnantes. Où que l’on regarde, la direction artistique a été soignée, et si l’ampleur ne sera jamais à l’égal d’un Lawrence d’Arabie, revoir des scènes avec de nombreux figurants fait plaisir.

On en vient maintenant aux défauts. Tous mineurs, mais assez nombreux. On commence par le principal : le scénario. Régulièrement, des anachronismes s’insèrent dans le récit, parfois de façon un peu trop voyante pour que le plaisir n’en pâtisse. Je pense à la scène de pseudo-castration de Viggo Mortensen, bien trop développée et cabotine pour convaincre. On peut comprendre qu’on rajoute des détails pour étoffer la fresque peinte par le film, mais un peu de retenue ne fait pas de mal non plus. De la retenue, on aurait également aimé en avoir aussi sur le numérique. Pour l’essentiel du film, il passe très bien, et demeure souvent invisible (ce qui était capital pour réussir le pari de l’hommage à l’ancienne). Mais il agresse l’œil lors de plusieurs séquences, où les fonds verts sautent aux yeux (le voyage sur l’atlantique, la poursuite sur les toits de la ville) ou les inserts numériques (léopards) pas mal incrustés, mais voyants. Le genre de détails pas grave, mais qui déçoit après la beauté naturelle des paysages et des plans de cavaliers. C’est quand il veut être impressionnant qu’Hidalgo se met en difficulté, parfois au-delà du raisonnable. Mais malgré ces petites déconvenues, le résultat tient du spectacle honnête, qui veut retourner à cette grande ampleur de l’aventure à l’ancienne où l’on voyage aux côté du héros. Loin du cynisme, de l’esbroufe et de la débauche de moyens, Hidalgo est un retour premier degré à l’aventure familiale, qui mérite largement d’être revu à la hausse.

2004
de Joe Johnston
avec Viggo Mortensen, Omar Sharif

4,5/6

Hidalgo
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