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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 11:01
Le baron de Crac

Le baron de Munchauser de Terry Gilliam est clairement un de mes films favoris. Film d'aventure ahurissant coupant court avec tout réalisme pour s'offrir un univers absolument sans limite, il a transcendé mon imaginaire, en s'étant depuis taillé une petite réputation de film culte. Et pourtant, ce n'était pas la première adaption au cinéma. L'original, présent sur youtube, date des années 60, et m'a fait découvrir le cinéma de Karel Zeman qui va vous en mettre plein la vue.

Première adaptation officielle de la légende du baron de Munchausen, le baron de Crac est avant tout un prodige visuel, un véritable OFNI du cinéma réunissant toutes les obsessions esthétiques de son réalisateur, qui se sert des techniques relativement avancées des années 60 pour doper les trucages visuels de début du siècles utilisés pour les grandes oeuvres de Méliès... Résultat : l'intégralité des décors sont en carton dessiné ou imprimé, animé par de sobre effets de mouvement pour créer perspectives et gigantisme, dépaysement et exotisme pour un projet qu'on devine quasi intégralement tourné en studio, véritable bonheur pour l'amateur de curiosité. Il suffit de voir la séquence dans le palais du sultan pour tomber amoureux de ce projet aux allures de gravure cinéphile, qui trouve dans son charme rétro une véritable énergie kitsch à même de le rendre sympathique. Seule sa piste musicale se révèle un poil datée, mais qu'importe, elle fonctionne dans ce petit air à l'ancienne.

Techniquement, le film (tourné visiblement sur pellicule) utilise les techniques modernes pour gérer les teintes et les couleurs avec de réguliers élans expérimentaux. Si la technique de teinte permettait de faire varier les ambiances, jamais plusieurs couleurs n'avaient encore été associées (à moins de parler des pellicules peintes, un peu baveuses). Ici, tout cohabite parfaitement, et on se retrouve ébloui par plusieurs séquences virtuoses (un travelling dans le palais du sultan, une bataille navale sous un soleil de sang, les séquences abondent...) dont l'audace graphique est manifeste. La nuée rouge reste un des passages les plus marquants, utilisant des teintes bicolores constituées de flots de liquide de couleur envahissant peu à peu les images de ville désertée par une population en panique.

Enfin, c'est l'esprit du film qui achève de convaincre le spectateur. Si l'adaptation de Gilliam fait partie de mon top 10 personnel, il s'a inventé que peu de choses, car tout cet univers est déjà présent ici ! Les mécanismes sadiques du sultan, les créatures fantastiques absolument disproportionnées, l'ironie enfantine (l'issue de la bataille navale), et enfin ce côté trompe la mort vaillant tout imprégné d'humour qui fait la noblesse du Baron. Un véritable homme du monde capable de se rendre sur la lune par accident, de chevaucher un boulet de canon (très belle séquence) et de faire le tour du monde dans le ventre d'une baleine avec le sourire et un brin de galanterie. Des univers pareils nous manquent aujourd'hui, et Le baron de Crac est une véritable ode à l'imagination. Le fait qu'il s'amuse des sciences dès son introduction (en rendant hommage à Jules Vernes et en montrant nos héros d'aventure (dont Cyrano de Bergerac) accueillant avec tous les honneurs le premier homme venu en fusée montre combienson ancrage dans la nostalgie se veut communicative et sincère. Le dernier plan du film est une invitation directe à plonger dans l'infini et à se laisser bercer dans les aventures, de se laisser dériver dans notre imagination comme ce chapeau dans les étoiles, flottant à jamais au firmament. Curieux que ce film ne soit pas davantage reconnu, il a la puissance d'un classique !

9/10

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 15:24
Le dernier loup

Le dernier loup marque le retour de Jean Jacques Annaud au style animalier, qu'il avait laissé sur le gentil L'ours ayant marqué mon enfance. Avec une certaine tendresse pour le bonhomme (la guerre du feu, quand même), je me disais donc qu'il serait parfait pour une séance familiale, qui plus est pour faire tâter des progrès de la 3D. Le résultat ne m'a heureusement pas fait regretté la nostalgie.

L'histoire : Envoyés dans les campagnes pour instruire les populations reculés de Chine pendant la révolution rouge, deux étudiants chinois sont incorporés à une brigade d'élevage, où ils découvrent peu à peu les règles du monde rural.

Le dernier loup

Le dernier loup est un film intelligent. Il fait d'excellents choix de mise en scène qui se révèlent tout de suite payants pour leur sincérité. Autant, les sentiments que développe le film sont parfois très guimauve dans la tristesse ou la joie, autant la logique qu'il suit les justifie pleinement. Il commence par jouer la carte de l'immersion totale. Nous découvrons le système de fonctionnement des campagnes communistes, ici en Mongolie et en compagnie d'un village de nomades qui est chargée d'élever du bétail pour nourrir les populations, tout en utilisant leurs connaissances ancestrales de la steppe pour en tirer le maximum. Et cela passe bien évidemment par les loups. Le film est en cela intelligent, car il est l'antithèse d'un film comme Le territoire des loups, et qu'il se présente comme une quasi démonstration de l'émergence d'une catastrophe écologique. Il arrive à cerner parfaitement le fonctionnement de l'écosystème (certes en le simplifiant) de la steppe, hostile et rude (peu favorable à l'agriculture). Mais avec le développement des campagnes, les sources de nourritures naturelles des loups deviennent de plus en plus rare, alors que les campagnes d'élimination des louveteaux se multiplient). Et c'est donc peu à peu une escalade de violence pour la survie qui s'amorce entre les deux espèces, où il apparaît bien vite que les loups ont clairement le désavantage question barbarie et cruauté. C'est sur cette toile de fond que le film bâtit un autre drame un peu plus intimiste, avec l'un des jeunes étudiants qui tente, en secret, d'élever un louveteau sauvé d'une de ces campagnes d'éradication. Histoire simple, sincérité émotionnelle forte. C'est ce qui rend le film si plaisant, avec son authenticité. Point n'est besoin de faire des discours de réclame quand les faits parlent d'eux même. Et les plans magnifiques des loups de nuit, aux yeux verts (retouchés numériquement) qui transpercent littéralement le spectateur, laissent clairement la beauté de la nature faire son boulot. Dans ce contexte, la 3D est bien faite, permettant à la manière de Prometheus de donner vie aux décors avec classe et distinction. Mais Le dernier loup souffre d'un énorme défaut. 30 minutes de trop. Mais méchantes, ces trente dernières minutes. Sans rythme, la durée du film s'étend (l'intrigue s'étale sur deux longues années), et il arrive un moment où clairement, on commence à s'emmerder. Et voilà que notre étudiant tombe amoureux d'une fermière, mais que son bébé loup mord son fils. Roh la la ! C'est moi ou ton loup ! Pfffffff. C'est mon loup à moi, c'est pas le tien ! Grrrrr. Cédant aux facilités de la guimauve, la fin s'enfonce donc comme les gazelles dans le lac de neige, et de ce film, on ressort froid. Sans être déçu pour autant. La direction artistique sans faille d'Annaud offre déjà largement de quoi combler sa vue, et la perspective d'un récit animalier à l'ancienne met toujours du baume au cœur.

2015
de Jean-Jacques Annaud
avec Feng Shaofeng, Shawn Dou

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 20:50
Exodus

Trop occupé pour aller découvrir le dernier cru de Ridley Scott pendant les vacances, c’est en 2015 que j’ai découvert Exodus, fresque épique et biblique comme on en n’avait plus vu depuis… Robin des bois ? Ridley ne prend plus vraiment de risques après l’expérience de Prometheus et se lance dans ce qu’il sait faire de mieux, ou ce pour quoi il est publiquement loué (Gladiator).

L’histoire : Alors que Moïse et Ramsès rentrent victorieux d’une bataille contre les Hittites, des rumeurs de révoltes s’élèvent du côté des colonies d’esclaves. Venant se rendre compte personnellement de la situation, Moïse apprend alors quelles sont ses origines.

Exodus

Exodus est limpide, sans sous texte, dans une reconstitution classique, avec un casting connu, des moyens conséquents et sur un format maousse (deux heures trente, aussi long que le dernier Hobbit). C’est la jolie façade pour dire aussi qu’il est sans surprise, sans audace, sans parti pris notable, bref, qu’on sait exactement ce que l’on va voir en payant sa place. L’histoire est adaptée à la virgule près, avec quelques menus aménagements pour rendre le visionnage intéressant et dynamique (surtout dans les réflexions des personnages, la crédulité du pharaon devant un présage, la foi inébranlable de Moïse, les visages épuisés des hébreux… En fait, le seul petit parti pris que j’ai cru voir, c’est la redondance de la formule « peuple élu » et les insultes des citoyens égyptiens pendant l’exode de la population élue, qui ressemblent à une tentative de bien souligner un premier visage d’anti-juiverie (mais tout cela est avant le retour à Canaan, donc pas encore vraiment approprié). Pour le reste, le film conserve une certaine part de réalisme (surtout avec le parcours de Moïse et ses affrontements avec le pharaon), et cultive un peu de tribal avec le cortège d’exécutions publiques qu’il met en scène, propice au vent de révolte. Mais le film a aussi un côté fantastique, notamment avec l’apparition de Dieu. Qui prend la forme d’un enfant. Et là, je commence à trouver le film lourd. Car c’est facile, de faire parler un môme qui te dit « je suis » et qui se révèle imprévisible. Vraiment, j’aimais quand Constantine disait « Dieu est un enfant qui joue avec une fourmilière », et ici, c’est lourd à en soupirer. Alors que le film avait tous les éléments pour s’éviter une telle lourdeur, il se vautre dans le symbolisme gras, pas vraiment surprenant de la part de Ridley Scott (Kingdom of Heaven ne brille pas par sa subtilité), mais rageant. Quitte à faire du grand péplum, autant laisser ouverte une interprétation purement réaliste.

Mais Ridley délaisse bien vite la finesse pour déchaîner les enfers, avec du numérique comme si il en pleuvait. Crocodiles, grenouilles, mouches, maladies, sauterelles… Tout y passe, dans une colère naturelle qui réjouit pour son côté catastrophe soigné, mais qui perd largement en finesse dans sa démonstration spectaculaire. Si les enchaînements sont cohérents, le récit devient rapidement lourd, jusqu’au grand final qui se révèle vite gâché par plusieurs fautes de scénario. Les hébreux partent, et immédiatement, on voit alors le pharaon qui broie du noir sur le cadavre de son fils, avant de se lever et de partir fissa avec son armée. Deux cavaliers aperçoivent le départ, galopent pendant deux ou trois plans, rejoignent le peloton des hébreux, remontent en tête (inutile de dire qu’ils sont des dizaines de milliers), et que l’armée est à 4 jours derrière eux… Mais c’est complètement stupide ! L’ellipse temporelle a été torchée à la va vite. Et je ne sais pas si on se rend compte qu’un groupe de dizaines de milliers de personnes désorganisées avance à un rythme lénifiant. Si les deux cavaliers les ont rejoint, l’armée de Ramsès, qui avance à un petit galop, est au grand max à 2 heures de cheval… On a alors le bon coup de la petite route escarpée des montagnes. On pensait que c’était facile pour gagner du temps, que Ramsès serait obligé de contourner, en laissant le temps de voir les eaux se retirer. Mais non, il prend la même route. Du coup, il perd la moitié de son armée dans un accident bête, mais il prend toujours de l’avance. Autant dire qu’il les talonne. Et puis non, il se passe un soir, une nuit et une journée complète pour qu’il parvienne enfin à les rejoindre, toujours sur son char lancé à toute allure. Le lièvre court, mais moins vite que la tortue grâce à une illusion de montage des scènes. Enfin bon, on ne crachera pas sur le raz de marée (je m’imaginais Moïse s’en sortir en faisant du surf sur un bouclier avec the piñacolada song en fond sonore, mais Ridley n’a pas exaucé mon souhait). Après ces trépidantes aventures, il conclut dans les formes, sans se forcer. Avec quelques gros défauts et une formule qui ne surprend jamais, Exodus n’offre d’intérêt que pour son faste visuel et le goût de voir un péplum à l’ancienne. Si c’était un nouveau réalisateur, ou un casting moins connu, nous serions sans doute plus cléments. Mais ici, on a un gros air de déjà vu…

2014
de Ridley Scott
avec Christian Bale, Joel Edgerton

3/6

Quand on prends Sigourney Weaver pour jouer une figurante, ça fait mal.

Quand on prends Sigourney Weaver pour jouer une figurante, ça fait mal.

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 13:59
Atlantide, l'empire perdu

Atlantide, l'empire perdu est une tentative intéressante de Disney, qui mise sur le filon de l'aventure à l'ancienne le temps d'un film bien trempé qui mélange pas mal de sources d'inspiration, aboutissant à une histoire clichée à l'univers merveilleux.

L'histoire : Dans l'Angleterre victorienne, un apprenti archéologue est contacté par un ami de son grand père pour monter une expédition ayant pour but de trouver l'Atlantide, selon les indications laissées par ce dernier dans un journal.

Atlantide, l'empire perdu

Bon, ce scénario est pétri de facilités. Le journal indiquant l'entrée d'une faille souterraine à des milliers de mètres de profondeur et répertoriant l'ensemble du savoir des atlantes en étant basé sur des textes anciens et des multitudes de documents poussiéreux ou perdus, c'est aussi crédible qu'une paire de lunettes pyrogravées en antarctique (Transformers, pour ceux qui ne suivent pas). L'avarice technologique a bon dos, mais le principal défaut du film reste surtout les graphismes de ses personnages. Le style de dessin est particulier, et d'ailleurs, le côté composite mélangeant dessin à l'ancienne et animation 3D cohabite plutôt bien (alors que cet essai sera un échec sur Ghost in the Shell 2 quelques années plus tard). Mais le traits est grossier dans les angles, et les designs angulaires ont ce côté à l'arrache des dessins animés bouclés en vitesse. Mais ce sont surtout les dessins des personnages qui pâtissent de ces défauts, les décors sont merveilleux, grand soin des arrières plans qui permet grandement à l'univers de prendre forme). Et c'est là que le film émerveille et marque de nombreux points. Passant au mixer l'oeuvre de Jules Vernes en lui rajoutant un design steam punk qui fait immédiatement plaisir (les véhicules rétro-futuristes, le dynamiteur et l'équipage du sous marin...), le film réussit immédiatement son pari de nous faire vivre une aventure à l'ancienne, autant dans la forme que dans le fond (classique découverte d'un peuple, de la compréhension de ses valeurs et de sa préservation). C'est l'ancêtre d'Avatar, avec ce côté à l'ancienne prompt à enflammer l'imagination nostalgique qui sommeille chez le spectateur. A un tel niveau, on ne cherche rien d'autre que son plaisir, et le parcours de nos aventuriers ne cesse d'enchaîner surprises et révélation, pour sans cesse nous en donner à voir encore et encore. Même les personnages secondaires cabotins sont attachants, sans cesse enchaînant les vannes de caractère ou de profession, sans occulter la simplicité de leurs trajets. Petite merveille aux éclats imparfaits, Atlantide, l'empire perdu a largement de quoi contenter l'amateur d'aventure, en sachant sur quoi mettre l'accent pour créer l'émerveillement, le suspense et la satisfaction.

2001
de Kirk Wise, Gary Trousdale
avec Michael J. Fox, James Garner

5/6

Atlantide, l'empire perdu
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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 13:48
Le hobbit : la bataille des 5 armées

Ah, c’est beau… J’en pleure de joie ! Enfin, un cadeau de Noël à ma mesure, un vrai mastodonte avec lequel je vais pouvoir m’amuser encore et encore en ces temps bénis de fin d’année. Le Hobbit, la bataille des 5 armées était fait pour moi ! Un grand, un énorme, un titanesque navet de noël indigeste bouffis, qui chie de la médiocrité par tous les pores de ses pustules scénaristiques. Enfin, ma mauvaise foi sur les premiers opus trouve une spectaculaire confirmation, car autant le dire tout de suite, mes attentes personnelles mises en veilleuses, La bataille des 5 armées est le film le plus décevant de l’année !

L’histoire : une fois Smaug abattu, les immenses richesses contenues dans la cité des nains attirent bien des convoitises. Non seulement des peuples alentours, mais aussi du cœur même de Thorin, qui cède à l’horreur de l’avarice…

Le hobbit : la bataille des 5 armées

Attention, il n'y a que des spoilers dans cette critique, mais lisez la, elle peut vous éviter une déception.

Il y a tellement de mauvais points dans cette bataille des 5 armées que je ne sais pas par où commencer. D’habitude, j’essaye de réserver quelques surprises à mes lecteurs, mais là, désolé. Il faut convaincre de ne pas aller dépenser de fric pour voir ça, alors on va spoiler comme des putois, pour démontrer à quel point de nullité on est tombé. Et comme je suis sans pitié, je commence par les bons points. Enfin, le seul bon point : l’univers visuel. Cette bataille des cinq armée est une splendeur visuelle. Les armées avec leurs techniques d’attaques, les designs des armures, les décors somptueux, le lourd budget des effets spéciaux qui lèche les détails… L’équipe technique et les concepteurs graphiques de la bataille des cinq armées sont promis à un bel avenir dans le monde du cinéma, leur travail est merveilleux, et les multitudes d’idées qu’ils ont eu (les trolls catapultes, les trolls béliers, les différentes créatures, les centaines d’armures personnalisées…). Ce sont eux qui ont fait gagné des points au film. Tout le reste n’attire que le mépris, et finalement, l’hilarité tant la lourdeur du spectacle devient affligeante, tant on finit par sombrer dans le ridicule et l’hypocrisie. Ca commençait pourtant bien. Après le tour de cochon de la fin du 2, Jackson et son équipe savaient qu’il fallait étaler la monnaie direct pour se racheter, et on commence direct dans l’action avec Smaug qui déboule et qui détruit la ville. Et là, l’archer qui se prend pour Aragorn… fait une arbalète avec son fils… avec un arc cassé… et tue Smaug à 1 kilomètre avec une flèche en fonte qui passe dans un trou de balle ? Ridicule (comme si la corde de l’arc était extensible, déjà). Là, on retourne à Erebor, et pendant ce temps, Thorin, qui avait une lueur dans les yeux à la fin du second épisode, est devenu en quelques heures le sosie de Picsou. Mais quand on vous dit sosie, c’est qu’il en fait des tonnes, insiste sans cesse sur l’avarice, se met des couronnes en or sur la tête, soupçonne ses potes de lui piquer du fric… Mais il nous refait carrément Louis de Funès dans la folie des grandeur (voir la scène hallucinante où il glisse au milieu d’une dalle en or, comme dans une piscine olympique en faisant des grimaces impayables… D’ailleurs, comptons la dénonciation de l’avarice. Thorin, qui aime en deux heures l’or plus que la vie des autres, Tranduil qui déclare la guerre pour un collier (tarlouze !), le maire de la ville qui fuit avec l’or (salopard !), l’assistant du maire de la ville (un side kick comique sorti tout droit des années 90, qui finit en robe avec des pièces plein le soutien gorge…), et enfin Thorin, qui en mourrant, nous met en garde contre les méfaits de l’avarice. 5 fois, on nous ressort le message au premier degré, avec une symbolique tellement voyante qu’on hurle (même dans Gravity, la thématique maternelle était plus subtile !).

Y en a encore beaucoup, alors, on se contentera de donner simplement quelques exemples (vous chercherez les incohérences quand le film sortira sur internet, croyez moi, vous ne serez pas déçu, il y en a toutes les 5 minutes). La scène de libération de Gandalf. Bon, il est prisonnier. Cette scène ne sert pas à grand-chose, mais faut que le public soit content. Alors, y a tout le haut conseil, Saroumane, Elronde, Galadrielle, qui viennent pour péter la gueule à Sauron et à son armée de fantôme. Et quand ils ont fait toute une série de combo sur les fantômes, y a le grand œil qui apparaît avec les effets psychédéliques qu’on avait vu dans le 2. Avec son armée de fantômes en face de lui façon power rangers. Parce que même si y a du pognon, on est à ce niveau. On assiste alors à un duel de grimaces entre Sauron et Galadrielle, et cette dernière tire une tronche tellement dégueulasse que Sauron pleure un coup et s’en retourne en Mordor. Privé de télé, petit sacripant !

Entre temps, Thorin refuse de donner du flouze aux survivants de la ville détruite par Smaug, parce que ses potes arrivent qu’on ne sait pas comment ils ont été prévenus, mais bon, ça a dû être prévu en hors champ. Et autant dire qu’avec la bataille finale, on a une incohérence par minute. Les nains arrivent tous à pied, et 15 minutes plus tard, des chèvres des montagnes en selles sont apparues au milieu du champ de bataille. Des trolls catapultes apparaissent pendant 30 secondes, et disparaissent purement et simplement du terrain (même chose pour les mange terre, qu’on nous vendait comme les meilleures créatures du film) Et tout le temps, alors que le combat a lieu, le montage montre les personnages principaux en train de parler pendant la mêlée, nous forçant à écouter leurs conneries faisant office de remplissage. Et les combo de Legolas. L’équipe du film les fait de façon volontaire, car ils savent qu’on s’agace de Legolas ultra cheaté. Mais ici, question ridicule, c’est le panard ! Legolas tire des épées avec son arc, saute sur des pierres en train de tomber, fait un pont avec une tour en pierre et se bat dessus… Il y a un moment où question ridicule, faut se remettre un peu en question et voir qu’on fait de la merde.

Une seule scène encore, le combat entre Azog et Thorin. La scène qu’on ne peut pas rater. Et de loin la pire du film. Ils commencent à se friter sur un lac gelé. Bon, ça passe. Puis, on ne sait pas pourquoi, Azog ramasse un caillou avec une chaîne, et il se met à taper la glace partout, en faisant manifestement exprès de rater Thorin à chaque tentative. Pendant six minutes. Je ne plaisante pas, non stop, pendant six minutes, on voit Azog qui tape sur la glace comme un mongolien pendant que Thorin le regarde faire. Et puis la glace elle se craquèle, la fourbe. Alors Thorin il s’enlève du morceau de glace. Et là Azog il tombe à l’eau et il coule. La fin la plus merdique de tous les temps. Puis là, le corps d’Azog revient contre la glace. Ah, ben il flotte maintenant ? Et là, il casse la glace et fait un bond de deux mètres de haut avant de venir planter Thorin. Au secours, le come back le plus mauvais de tous les temps ! Et là, Thorin le plante aussi, mais plus fort, donc Azog meurt, alors que Thorin a le temps de nous redire que l’argent, c’est mal. Bon sang ! En fait, comme c’est le dernier film, mon avis est que les producteurs ne se sont pas fait chier, et n’ont pas fait le moindre effort sur le scénario. Parce que c’est Le Hobbit ! Ca va passer ! C’est trop gros pour que ça ne passe pas ! Personne n’osera aller contre le rouleau compresseur. Et entre temps, tout le monde palpera les billets. Rarement blockbuster aura été aussi hypocrite, car en insistant avec lourdeur sur son message débilitant anti-monétaire, il met en relief tout le côté opportuniste de la saga du Hobbit, qui racle depuis le début sur les terres du seigneur des anneaux, faisant tout pour palper le fric. La montagne d’Erebor, c’est les poches du spectateur, en fait. Et faut le dépouiller vite fait, parce que c’est la dernière fois qu’on peut bouffer au râtelier. Alors, des centaines de combo de jeu vidéo et un scénario aux abonnés absents, pas grave. On chie sur Tolkien, mais bon, on s’en fout (tous les raccourcis sont insultants, rien que l’exemple de la côte de maille en mithril, bradée en solde chez le babou poussiéreux de la colonie naine…). Peter Jackson va y laisser des plumes, sur ce coup. On ne peut pas se foutre à ce point de la gueule d’un univers. La bataille des cinq armées est une parodie de seigneur des anneaux. L’histoire d’amour entre Taurielle et le nain dont j’ai oublié le nom est à ce titre une merveille de niaiserie. On a des dialogues de ce calibre : « Mais ça ne peut pas être l’amour ! Pourquoi ça fait aussi mal ? » « Parce que c’est un véritable amour. » . De dieu ! Je sens que je vais me taper de ces barres, à la prochaine soirée navet entre potes. Comme le suggérait assez subtilement un confrère de Senscritique, ils auraient collé la chanson des pink floyd Money ! au générique avec la trombine des différents personnages (dessinés sur du papier comme des visages de billets de banque) qu’on n’aurait pas été surpris. Et après, le film joue les timides en refusant de citer le nom d’Aragorn (vu les pathétiques copies qu’on s’est tapé ici (mention spéciale au personnage de Bard, sosie de l’héritier du Gondor, sauf qu’il hérite des pêcheurs pouilleux de Lacville, beau prestige…)), mais on te remet le début du Seigneur des anneaux pour faire la boucle. On n’a jamais vu ça, et heureusement, ça vient de se terminer ce soir.

A la fin du film, un seul spectateur a tenté un applaudissement. Toute la salle, muette par la sodomie qui venait d'avoir lieu, s'est tournée vers lui, et il s'est tassé sur son siège. Au moins, le bon sens semble toujours être d'actualité. Voyons les notes génér... Ok...

2014
de Peter Jackson
avec Martin Freeman, Richard Armitage

1,5/6

Le hobbit : la bataille des 5 armées
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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 14:51
Hercule

On ne donnait pas cher de la peau d'Hercule quand les bandes annonces sont enfin sorties en salles. Véritable condensé de navet, compilant les pires choses à quoi on pouvait s'attendre (monstres numériques à la Colère des titans, fouet magique à La légende d'Hercule, ridicule débridé "Je suis Heeercuuuule !"), j'avais pour ma part enterré le film avant même de l'avoir vu, et me réjouissait à l'avance de la débilité du spectacle. Pourtant, une fois dans la salle, c'est à un tout autre film que j'ai assisté.

L'histoire : Hercule, mercenaire accompagné de plusieurs guerriers rencontrés lors de diverses missions, se voit proposé par un roi Thrace de former une armée pour réunifier les territoires adjacents.

Hercule

Ma foi, si les 5 premières minutes compilent toutes les atrocités numériques présentes dans la bande annonce, le programme change assez vite de ton, et pour le mieux cette fois. On pourrait même parler d'arnaque commerciale tant le marketing de ce film est à côté de la plaque, puisqu'il nous vendait un divertissement régressif allègrement fantastique (colère des dieux parce que Hercule veut être simplement un mari et un père, quelle connerie !), alors qu'il s'agit d'un péplum à l'ancienne avec quelques partis pris qui se justifient. En effet, le premier d'entre eux est de constater qu'Hercule n'accomplit jamais seul ses missions, mais que ses compagnons de route font régulièrement le gros du boulot et acceptent de vivre dans son ombre pour différentes raisons personnelles (c'est la petite famille, en fait). Et, grosse surprise pour le coup, le film n'est pas un seul instant fantastique. Toutes les créatures mythologiques promises (et aperçues au début) ne sont qu'un leurre. Car le film essaye de s'enrichir d'un discours sur les légendes, exagérant sans cesse les histoires pour épater la galerie, tout en étant le reflet d'une époque héroïque. Jouant sur la superstition des masses, un peu de mise en scène et ce qu'il faut de spectacle, c'est en impressionnant l'ennemi qu'on prend déjà un avantage psychologique. Aussi, les monstres sont soit des mises en scène de bandes armées pour saper le moral des adversaires, soit des créatures balèzes copieusement exagérées par le conteur de la troupe, qui ne cesse de tchatcher pour enrichir la légende. Une façon plus subtile que prévu d'évacuer tout fantastique et de se concentrer sur les enjeux humains du film, qui nuance presque ce qu'il faut pour avoir des enjeux potables. Malgré une gestion assez médiocre de la force d'Hercule (rarement réaliste, au mieux fort comme Conan, au pire capable de faire s'effondrer une statue colossale en s'attaquant à ses fondations), le bilan n'est pas honteux. Hercule se retrouve donc à former une armée, à mener les premiers assauts pour réunir les territoires Thraces, sous la férule de John Hurt. Pas nouveau maintenant, l'acteur est coutumier des rôles de vieux rois/sages (Outlander, le transperceneige...), mais sa carrure est finalement prise à contre-pied lors d'une inversion des enjeux pas vraiment subtile, mais honnête. Le parcours humain d'Hercule, qu'on nous vendait comme une vengeance bien manichéenne, est un peu plus nuancé que ça, plus pudique aussi concernant sa peine et ses motivations.

Malheureusement, ces bons points n'élèvent pas vraiment un spectacle qui se révèle somme toute poussif dans son déroulement des enjeux. Passé la surprise de découvrir un péplum à l'ancienne, on se retrouve en territoire balisé, avec quelques hausses d'originalité ça et là pour se distinguer de la concurrence, sans pour autant renouveler ni enrichir le genre. Question caractères humains, ils sont lisses, mais bien présentés, assez pour qu'on retienne leur histoire sans se sentir proche d'eux. C'est de l'exploitation correcte, qui ne nuit à personne (Dwayne Johnson n'a pas à rougir de sa prestation, malgré le ridicule de son casque félin, il incarne un hercule tout à fait potable) sans pour autant relever le niveau. Question accessoires, plusieurs détails font un peu tâche, comme ces armures en cuir qui font très plastique. Et avec ce maigre potentiel, il se hisse jusqu'au titre du meilleur péplum de l'année, devant le moyen Pompéi (un exploit dans la filmo de Paul W. S. Anderson), et les étrons 300 2 et la légende d'Hercule. Toutes proportions gardées, pas de quoi le lapider en place publique.

2014
de Brett Ratner
avec Dwayne Johnson, Rufus Sewell

2,9/6

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 21:56
Les gardiens de la galaxie

Je ne cache plus mon scepticisme devant les films de la Marvel, qui après un amazing spiderman 2 désolant m’ont bien montré que je n’étais pas leur cœur de cible, et qui persistent dans leur vision épisodique du cinéma ou la vision de chacun de leurs films est nécessaire pour suivre globalement l’histoire. Mais avec Les gardiens de la galaxie, c’est une nouvelle franchise qui nait, et ô surprise, leur meilleure depuis Captain America.

L’histoire : réunis contre leur gré et lié par un artefact précieux et convoité, cinq hurluberlus de divers horizons se lancent dans une épopée stellaire digne d’un John Carter.

Les gardiens de la galaxie

Ah, que ça fait du bien de retrouver un bon esprit dans un space opéra techniquement aussi abouti ! Moi qui trouvais l’humour des derniers marvels relou et ses scénarios complètement débiles, on me sert… un scénario bourré de clichés et des personnages improbables, alors forcément, j’adore ! Car tout est question de dosage, et sur Les gardiens de la Galaxie, James Gunn a réussit l’exploit de parvenir magistralement à doser parfaitement ses ingrédients. Ainsi, la direction artistique foisonnante vient tutoyer les univers colorés de Guillermo del Toro (l’astéroïde Knowhere, visiblement inspiré du marché des trolls d’Hellboy II), soignant sans arrêt ses décors et ses détails (le magnifique vaisseau des Krees, la planète explorée pendant le générique de début…), et permettant au spectateur de voyager même si il n’adhère pas à la lourdeur (parfois violente) de son humour. Car c’est là la seconde astuce (malicieuse) de James Gunn. Il a saisi que ce sont les multiples clichés (ultra récurrents dans chacun de leurs films) qui plombent les scénarios et annihilent les surprises. Alors, lors de chaque séquence clichées (roucoulades amoureuses, actions héroïques, pauses iconiques…), il s’arrange pour faire intervenir un gag authentiquement nanar. Mais parfois à un niveau incroyable, comme en témoigne le combat final dont deux minutes se révèlent tout simplement à mourir de rire. On ne peut pas renouveler ce genre de cliché, alors autant s’en moquer avec une insolence tout à fait dans l’esprit du réal de Super, qui se moque de ses personnages avec un aplomb qui lui, surprend. Alors à défaut d’être immergé, on en rit sans retenue. Mais, cohabitant avec cet humour, plusieurs séquences capitales (elles aussi un peu clichées) sont dirigées avec sérieux, permettant dès lors de façonner des portraits de personnages et de nous attacher à eux. C’est en cela que l’art du dosage, subtil, est passé avec succès par le film. Il parvient à casser plusieurs clichés, sans rendre pour autant totalement ridicules ses protagonistes, et parvenant avec une aisance assez déconcertante à les rendre sympathiques. Parce que leur dynamique de groupe (chaotique) fonctionne particulièrement bien, parce que le tempérament de chacun est exploité et que cette équipe, aussi régressive soit-elle, n’est pas démunie. Elle fait même preuve d’une chaleur humaine et d’un esprit d’équipe qui redonne du peps (là où les blagounettes de spidey étaient sensées jouer ce rôle), notamment lors de sa conclusion, tout à fait réussie dans son esprit de famille. Assumant parfaitement ses gags et soignant à fond son univers (le méchant, bien que cliché, est particulièrement imposant), Les gardiens de la galaxie est une excellente surprise, qui certes ne fera rien de plus que divertir, mais y parvient avec un brio recommandable. Et quand Lloyd Kaufman passe faire un caméo, même de seulement 2 secondes, le cinéphile sourit…

4,5/6

Les gardiens de la galaxie
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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 18:46
The people that time forgot

L’aventure est morte aujourd’hui. Tout n’est que protocole, récupération d’échantillons, progression minutieusement calculée et non interaction avec l’espace exploré. Une expédition scientifique comporte davantage d’informaticiens que d’aventuriers ou de guides, ce qui entraîne des bourdes monumentales qui coûtent bien souvent la vie à tout le monde (regardez Prometheus, pas d’aventuriers et c’est l’hécatombe). Car on ne remplace pas l’instinct de tripes forgées par le danger et l’assurance d’un fusil chargé à la chevrotine. Avec les aventuriers, zéro perte, et assez de trophées pour ouvrir un musée des espèces en voie d’extinction !

L’histoire : Une expédition scientifique est lancée pour explorer un territoire polaire au-delà de chaînes de montagnes que l’homme n’a jamais pu franchir. Malheureusement, une fois l’obstacle passé, un ptérodactyle tatillon endommage l’appareil, contraignant notre équipe à se poser en catastrophe pour réparer l’appareil.

Encore une espèce qui aurait dû disparaîtreEncore une espèce qui aurait dû disparaître

Encore une espèce qui aurait dû disparaître

Ah, mais que c’est bon, les films de ce calibre ! Avec People that time forgot, on tient là une expédition débridée qui avance toujours dès qu’elle voit un élément nouveau (au diable les données scientifiques, on prend quelques photos et dans le doute on tire les premiers) et qui ne recule pas devant la castagne ou le danger. Le Réalisateur Kevin Connor l’a bien compris, pour rendre son public heureux, il faut lui en donner à voir toujours plus, et surtout ne pas lésiner sur la générosité. Résultat, dès les 15 premières minutes, l’attaque de ptérodactyle nous met dans le bain, et la riposte à coups de mitrailleuse nous épate. Nos scientifiques ne sont pas des branquignoles et gare à vos dents, saloperies de dinosaures ! Inutile de préciser que les retournements de situation et coups de théâtre pleuvent, et qu’ils parviennent à surprendre tellement ils sont inattendus. Chaque nouveau dinosaure (plus ou moins réussis selon les séquences (la meilleure est sans doute cette du ptérodactyle)) ajoute sa petite pierre à l’édifice, et la découverte de peuples sauvages oubliés (ceux promis par le titre de l’affiche) en la personne d’une sauvageonne très avenante au maquillage impeccable nous donne des promesses d’aventures humaines telles qu’on en espérait plus. Mais bien vite, d’autres oubliés se manifestent, entre autre un peuple semblant d’origine chinoise ou japonaise (asiatique, tout du moins) capturant nos vaillants héros pour les sacrifier à une divinité impie, matérialisée par le volcan en activité risquant à tout moment d’exploser pour ravager la région. Inutile de dire qu’on a largement notre quota d’aventure, entre nos explorateurs combattant dans des chorégraphies lentement maladroites, l’équipage du navire qui craint l’éruption volcanique et le pilote de l’hydravion, resté près de son appareil pour effectuer de menues réparations et tenant à distance la faune par de fréquentes rafales de fusil (il décime les espèces bien avant le volcan). Et que dire de cette sauvageonne qui s’attache à nos compagnons, et qui goûte à la civilisation, la vraie, c'est-à-dire le whiskey anglais vieilli en fût de chêne. Entre ça et la pisse de dinosaure, tu as vite choisi, ma fille… Et c’est sur ces bonnes paroles que s’achète un film totalement dépourvu d’enjeux sociaux, mais chargé de rebondissements ponctuels et d’effets spéciaux kitschs qui raviront les amateurs d’aventure à l’ancienne. Toutefois, nulle édition dvd française ne semble le distribuer, ce qui implique un visionnage en version originale de cette perle rare.

1977
de Kevin Connor
avec John Hallam, Patrick Wayne

4,5/6

Une indigène farouche...

Une indigène farouche...

What the fuck ?

What the fuck ?

Tout se termine avec un bon cognac. C'est beau, la civilisation !

Tout se termine avec un bon cognac. C'est beau, la civilisation !

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 13:34

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Ah, une grande joie m’envahit au commencement de cette chronique. C’est peu dire que d’affirmer que Blueberry est conspué, sans doute populairement le pire film de son auteur avec le navet Dobermann. Sauf que Dobermann était un navet volontaire, alors que Blueberry s’inscrit plutôt dans la tendance « trip initiatique ». Sur la question de l’adaptation, il n’y a pas à débattre, Kounen a complètement détourné le matériau d’origine pour le plier à ses obsessions visuelles, tout en peaufinant un scénario original dont je ne peux même pas éprouver la validité, n’ayant jamais ouvert un seul album de la bande dessinée éponyme. Mais quand les adaptations varient, elles peuvent elles aussi prétendre à être de bons films (meilleur exemple, quoique bancal lui aussi : Final fantasy les créatures de l’esprit). En route pour les montagnes sacrées !

L’histoire : Blueberry, shérif d’une ville frontalière avec un territoire indien sacré, fait régulièrement des allers-retours entre les deux peuples, chez lesquels il a passé une partie de son enfance. Alors que des rumeurs de ruée vers l’or en direction des montagnes sacrées se murmurent, Wally Blount, hors-la-loi ayant déjà croisé le chemin de Blueberry, revient dans les parages.

 

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Avec une moyenne carrément pourrie, Blueberry est synonyme d’un ratage foireux de première, conspué pour d’obscures raisons qui m’échappent. Je trouve, à titre personnel, que la direction artistique du film est tout simplement irréprochable, visuellement, c’est un plaisir de deux heures ininterrompu qui vient flatter la rétine (même dans les excès de psychédélisme qui saturent son dernier acte, élaborant un duel psychique jamais vu au cinéma (on quitte enfin ces faces à faces interminables en mode « à qui dégainera le premier »)), et qui demeure toujours agréable à suivre. Et pour enfoncer le clou, je vais sortir la comparaison que tous les cinéphiles vaccinés s’extasient à ressortir : El Topo. El Topo, inutile de revenir sur son discours métaphysique, il est d’une richesse à en pleurer (quoique c’est parfois (souvent) juste un délire de drogué flamboyant qui explose les repères). Mais son visionnage est tout sauf agréable ! La bande son et les musiques sont insupportables, et si ses visions psychédéliques à petit budget explosent la rétine, c’est aussi raffiné que de la méditation au marteau piqueur. Blueberry a un sens de la transition, un sens de la narration, une façon de lisser chacun de ses aspects qui le rend particulièrement agréable à suivre. Avec pour contrepartie une certaine tendance à endormir le spectateur. Un peu dur de le nier, entre l’enfance de Blueberry et l’arrivée dans les montagnes sacrées, il ne se passe pas grand-chose. Et pour épaissir sa sauce, Kounen décrit alors le contexte, amenant le petit thème secondaire de la compassion pour le sort des indiens et les différentes quêtes métaphysiques (ou matérialistes) des personnages. C’est toujours la ruée vers l’or, mais l’or a changé ici, la Conscience remplace le coffre fort de dollars. Si Kounen soigne beaucoup sa facture esthétique, il innove plutôt dans ses approches très new age métaphysiques, qui appellent à un premier degré un peu naïf. Un peu naïf, car sa structure et ses protagonistes tiennent tous du cliché en mode exercice de style, mais qui sait garder sa cohérence jusque dans les design visuels des hallucinations finales. En cela, j’ai du mal à comprendre les reproches lui étant régulièrement fait (le premier étant d’avoir rajouté « Blueberry » devant le vrai titre du film). Pourquoi est-il taxé sommairement de délire de drogué alors que d’autres moins agréables (je pense maintenant au Yellow submarine des Beatles (que j’avais aimé lors de la découverte, j’ai depuis vu des OFNI bien plus consistant que ce trip sous acide)) se retrouvent aujourd’hui avec une réputation culte. On se trouve devant un cas de film mésestimé (il n’a jamais cherché à copier Jodorowsky, les montagnes sacrées sont la seule allusion qu’on puisse y voir, les identités visuelles et structurelles d’El Topo étant incompatibles), qui tente réellement de communiquer une expérience inédite au spectateur, quelque soit ses aspects. En termes d’immersion dans un univers atypique, L’expérience secrète est, avec les films de Gaspar Noé, une expérience de trip cinématographique à part entière, manquant de fond, mais d’une forme irréprochable (après, ce sont les goûts qui rentrent en jeu).

 

4/6


2004
de Jan Kounen
avec Vincent Cassel, Tchéky Karyo

 

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 15:25

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Bon, il y a un certain bloc de cinéma que ce blog n’a pas encore abordé, une véritable honte quand le septième opus entre en pré-production. Il s’agit bien évidemment de Star Wars, super production d’aventure SF fantastique dont l’univers est si étendu et riche qu’il fait office de mètre étalon dans le genre cinématographique (largement plus implanté que des concurrents comme Star Trek, Battlestar Galactica ou des poids lourds comme Dune ou Alien). Justice, car précurseur du genre et offrant une richesse inespérée en terme d’imaginaire pour l’époque (c’est Star Wars ou 2001), et paris risqué en donnant à un genre les moyens de ses ambitions, le tout dans un mélange audacieux de genres cinématographiques. Le triomphe est tel qu’on le connaît. La première trilogie emporte largement l’adhésion malgré des effets spéciaux parfois un peu à la ramasse (regardez les montages non remasterisés), la saga ayant su allier aventure, révélations et action avec d’excellentes idées de dépaysement, le tout dans un élan kitsch franchement ludique. Alors, quand les effets spéciaux ont considérablement été améliorés, l’heure de la prélogie est arrivée. Ouvertement décriée par les fans (la sortie des deux premiers épisodes a entraîné un flot de critiques), il arrive encore aujourd’hui qu’un obscur cinéphile retente le coup parce qu’il a oublié, et parce qu’il convient d’être juste avec ces gros morceaux de cinéma. On navigue dans ce cas du potable à la nullité.

 

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Star Wars I, la menace fantôme : Heure de vérité, car de cette reprise dépend l’avenir des 3 prochains épisodes. L’attente était fébrile, et la découverte ne fait pas immédiatement office de douche froide. Pour ma part, je trouve même un petit charme dans l’univers de ce premier épisode, qui continue de vouloir donner de l’exotisme à son spectateur par des idées de lieux stimulants, comme la cité sous marine ou le palais de la planète Caladan. Mais c’est hélas sur le long terme que le film a tendance à s’essouffler. Déjà avec un script au sens des priorités discutables (alors que la guerre règne sur une planète et qu’Obiwan doit donner l’alerte, il préfère d’assoir plusieurs heures pour regarder une course de voitures histoire de s’encombrer d’un gamin qui reviendra de façon récurrente (et crispante) pendant tout le reste de l’aventure. Le parfait exemple du genre de chose sympathique qui devient de plus en plus indigeste : le personnage de Missa. Guide improbable sur une planète en guerre, sa carrure un poil agaçante était tout à fait tolérable pendant un début de film. Mais il reste avec nos héros. Il s’incruste, il revient, avec toujours ses expressions d’idiot du village et d’incapable notoire, ce qui nous renvoie en droite ligne aux années 90 et à l’époque de ces side-kicks agaçants, qui se croient obligés d’étaler leur médiocrité pour faire marrer la salle (car on est d’accord que personne ne s’identifiera à ce genre de personnage). D’ailleurs, on ne peut s’identifier à personne dans ce grand spectacle, ce qui nous condamne à apprécier les enjeux, les ambiances et les effets spéciaux sans pouvoir trouver de vecteurs d’approche supplémentaires. Les gamins ont Anakin (ils peuvent être content, lui au moins a des compétences), mais le reste du public doit trouver des centres d’intérêts pour réussir à adhérer. Or, ce qui devait être une intrigue politique fine se révèle extrêmement pénible à suivre, car laborieuse (on nous donne les éléments au compte goutte), avançant péniblement au gré d’un rythme qui décourage toute recherche de subtilité. Les effets spéciaux ont quant à eux un défaut insidieux : le tout numérique. C’est aussi une question de goût, certains trouveront toujours le numérique plus léché que les maquettes (ou les incrustations). Mais à tout faire dans le numérique, on n’arrive plus à croire à ce que l’on voit. Aussi, les séquences de batailles dans les prairies, pensées pour être épiques, nous montrent de grandes étendues vides où un tas de bidules numériques ont été rajoutés, ce qui échoue à nous faire croire à cet univers. La charme a disparu, et le toc ressort partout, de façon criante, anéantissant les espoirs de beauté (le fond vert… mwarg !). Le phénomène est particulièrement visible au cours de la course, où le fun évident de la séquence est fortement contrebalancé par une incrustation pas toujours réussie du numérique. Question action, il convient de relever le punch qui a été donné aux combats de sabre laser. Les confrontations entre Kenobi et Vador de l’épisode 4 tenant du duel de septuagénaires parkinsonniens, voir Darth Maul faire des pirouettes et balancer autant d’attaques mortelles, ça redonne un coup de fouet. Les affrontements méritent dont un coup d’œil, à condition de supporter le reste. Pas dit que tous y parviennent…

 

1,5/6


1999
de George Lucas
avec Liam Neeson, Ewan McGregor

 

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Star Wars II, l’attaque des clones : Seconde étape de la prélogie de notre ami George Lucas, la révision de cette nouvelle étape vers la naissance de Dark Vador et l’avènement de l’empire dictateur se devait donc d’amorcer le tournant dramatique et de faire place aux gamineries d’Anakin pour nous offrir un personnage un peu plus haut en couleur. En l’état, nous héritons d’un ersatz de Twilight qui pue le fond vert et qui joue avec les nerfs du spectateur. Si les épisodes 4, 5 & 6 ont leur charme kitsch qui leur confère toujours un capital sympathie certain, le toc et le ridicule de la nouvelle génération s’affirme encore davantage ici, où la laideur des décors et des designs agresse continuellement les pauvres yeux du spectateur. Le fond vert se devinant régulièrement, les vues d’ensemble photoshopées à mort, les décors vides (le bureau du premier ministre en surbrillance…), les défauts techniques sont innombrables, et surtout inacceptables de la part d’un blockbuster aussi ambitieux (c’est aussi laid que le Oz de Sam Raimi). Un ratage essentiellement dû au fait que Star Wars II est le premier de la saga à être tourné intégralement avec des décors numériques, une technologie qui fonctionne plus ou moins bien selon les designs privilégiés par la production… Ces défauts techniques passés, parlons du jeu d’acteur. Suicide total ! Sincèrement, j’ai été plus convaincu par Kristen Stewart et Robert Pattinson que par Nathalie Portman et Hyeden Christensen (qui remporte la palme du plus mauvais jeu d’acteur dans un space opera). La performance du bellâtre est tout simplement insupportable, et ce n’est pas peu dire qu’on a envie de foutre le feu à sa tresse efféminée de mes couilles qu’on se demande comment autant de fautes de goûts ont pu être commises sur un film de cette ampleur. Mais franchement, Lucas n’a-t-il aucun recul pour ne pas se rendre compte à quel point les coiffures de Padme sont ridicules et les graphismes des extra terrestres moches au possible ? Ce n’est pas tirer sur l’ambulance que de le souligner, avec un budget pareil, le résultat est tout simplement à pleurer. Heureusement qu’Obiwan essaye un peu de se bouger le cul pour faire avancer l’intrigue (il va demander à des gosses pourquoi une planète n’est pas sur la carte, ils lui répondent « parce qu’elle est pas sur ta carte ! » et là, il dit « OK, je vais aller vérifier. ». Bravo mon gars ! Il t’a fallu deux heures pour en arriver là… La galaxie est pas dans la merde…), parce que les flirts romantiques en sautant sur les bouses de dinosaures et les repas en tête à tête où on sirote du champagne en se remémorant les souvenirs d’enfance… On n’en peut tout simplement plus. On rajoute à cela des arnaques totales (le coup du creuset de métal en fusion) et un humour de merde. Vous savez déjà ce que je pense de Missi (si on le sodomise avec une excavatrice à béton, est-ce qu’il continue de répéter son nom ?), mais avec R2D2 et C3PO, c’est le panard ! Entre les échanges de têtes foireux et les vannes de primaires, on se croirait de retour dans les années 90 avec le duo de noirs comiques qui balancent les vannes de side kick en traversant l’aventure par miracle. Difficile d’anticiper un tel ratage, qui réussit surtout le miracle d’une platitude assommante au bout d’une demie heure… Le film réussit tout simplement à ne pas être intéressant, et va jusqu’à provoquer l’ennui pendant les scènes d’action, ce qui est quand même un comble. Malgré une arène finale des plus belles, la débilité des personnages (et la ringardise de Kenoby) achèvent les maigres espoirs, et envoient le spectateur au tapis, terrassé par la bêtise de ce loukoum géant, d’une inutilité haïssable. La maigre indulgence pour quelques passages bien torchés n’y change rien.

 

1/6


2002
de George Lucas
avec Jimmy Smits, Ewan McGregor

 

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Star Wars III, la revanche des Siths : Voici l’opus qui est clairement au cœur de la polémique. Car après tellement de merde, George Lucas est au plus bas. Faut donner une conclusion digne de ce nom ou ce sera un aller simple pour la Bastille. En conséquence, il s’agit donc du meilleur opus de la trilogie, ce qui passe surtout par le traitement accordé à ses effets spéciaux. Dantesques d’un bout à l’autre, le film regorge de morceaux de bravoure, de son introduction rythmée jusqu’à son dénouement dans les océans de lave de la planète Mustafar. Chaque séquence est un bonheur pour les yeux, et enfin, le numérique parvient à s’intégrer correctement dans les décors, permettant au spectateur de se remettre à nouveau à rêver sans interactions parasites. En cela, le film rejoint immédiatement la moyenne, car assumant enfin sa carrure de space opera de façon crédible et élégante. Le gros budget qui passe. C’est clairement dans son scénario que réside la polémique, et que se divise radicalement la communauté. Il y a ceux qui louent l’ancien Vador, capable de rayer une planète entière pour faire un exemple et de se montrer intraitable dans l’exécution de ses ordres, et qui critiquent le développement imposé par Lucas, et ceux qui l’ont accepté. C’est ici que commencent les spoilers.

 

SPOILER ! La nouvelle orientation de cet épisode, veut insister sur la manipulation d’Anakin Sky Walker par le Chancelier. Ceci passe par une relation proche, une ou deux paroles troublantes sur le pouvoir et sa corruption, en insistant sur les frustrations que le conseil des Jedis impose à Anakin. Mais la formule peine un peu à convaincre car les éléments s’enchaînent trop rapidement. En un jour, un Anakin troublé se transforme en bête sanguinaire qui exécute des enfants Jedis à la chaine avant de se charger de tous les têtes pensantes qui les ont soutenues. Si la sympathique interprétation amorale de la prophétie sur le destin d’Anakin apporte un peu de noirceur bienvenue dans une saga très orientée jeune public pour l’instant, les évènements s’enchainent trop rapidement pour convaincre. Cela a pour effet de donner à celui qui deviendra Dark Vador la carrure d’un ado en pleine crise existentielle, comparaison assez discutable dans le cadre d’un méchant iconique. Le film a toutefois tenté de faire d’honnêtes efforts pour densifier le personnage. La pose de l’armure se révèle parfaitement réussie, et tous les wagons sont rattachés à l’arrière (destin de Yoda, établissement de la dictature, destins de Luke et Léia…), donc le bilan reste décent. La proximité avec Vador est ratée car en décalage avec son image (c’était par essence le méchant auquel on ne pouvait pas s’identifier, aussi se retrouver d’un coup en face de motifs ultra personnels et pas toujours très matures (gros décalage entre la bluette amoureuse et les positions rigides du conseil des Jedis)), mais intéressante dans sa tentative de noirceur avec un objet pourtant grand public. Pas foncièrement profond, mais nettement plus nuancé que ses prédécesseurs, plus abouti aussi (autant que les effets spéciaux, la bande originale de Williams délivre ses plus belles partitions, variant les grands thèmes célèbres pour marquer l’identité de cette revanche des Siths, nettement plus à la hauteur de la saga. Maintenant, il suffit de virer George du scénario de l’épisode 7, et peut être pourrons nous retrouver un niveau décent.

 

3,5/6


2005
de George Lucas
avec Hayden Christensen, Ewan McGregor

 

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