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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 10:28
Sitcom

Avec Sitcom, j'effectue une nouvelle plongée dans le cinéma de François Ozon, qui m'avait jusqu'ici laissé plutôt de marbre (Dans la maison, jeune et jolie, Rickie, l'accident Potiche que je réévaluerai tantôt), et qui parvient enfin à remporter mon adhésion. Avec un cru particulièrement gratiné qui culmine dans l'outrance à la manière d'un Takashi Miike, mais les clichés français en plus. Bienvenue dans Sitcom.

L'histoire : une famille bourgeoise accueille un nouveau membre : un rat de laboratoire qui crée un peu d'animation. Suite à son arrivée, une série de profonds bouleversements vient secouer l'équilibre familial.

Sitcom

Sitcom est un défouloir. En cela, il est jubilatoire, car on ne sait initialement pas comment le prendre. Il commence même par la promesse d'un meurtre en masse froid en pleine fête d'anniversaire. Le ton du film est sérieux, mais l'excès de ses situations et l'outrance de ses clichés le transforme en objet masochiste particulièrement frappant. Et salutaire pour l'ensemble des clichés franchouillards qu'il épingle dans son incessante charge. Tous les personnages sont insupportables. Des clichés incessants qui confirment sans arrêt que leur physique retranscrit parfaitement leur état d'esprit. Cet étalage constant d'évidence, qui devrait finir par être lassant, se révèle au contraire particulièrement bien géré, car en plus de conférer une logique implacable à l'évolution des personnages, il suggère un ton de moquerie qui se relance toujours dans la surenchère. Le fils BCBG qui lit science et vie en silence avant de déclarer son homosexualité en plein repas de famille, cette fille pétasse large d'esprit et son petit copain bon sous tout rapport, cette mère directrice tradi qui voit toutes les situations lui échapper, ce père mou à la relativisation insupportable... N'oublions pas la bonne dissimulant mal son mépris des riches et son mari prof de sport et amateur de torses en sueur. Le postulat est simple, l'exécution parfaite, du moins jusque dans ses deux tiers. Jusque là, on continue de détester les personnages et de rire de leurs déconvenues, sans que le film parvienne à atteindre ses limites, qu'il repousse continuellement (partouzes, sado masochisme, frustrations et mépris, le climat humain est chaud bouillant). C'est une fois qu'il atteint l'inceste que la formule se calme (d'ailleurs, l'indifférence suscitée par le passage de ce palier secoue un peu). La formule s’essouffle alors un peu, ne trouvant plus qu'une issue en assumant totalement l'absurde via un final digne du Monstre du cimetière, du gros bis qui surprend une dernière fois avant la conclusion (finalement, d'une certaine justice, le personnage n'ayant pas connu le moindre changement en faisant les frais). Pour assumer encore un peu plus son statut de défouloir, Sitcom n'a pas de sens à proprement parler. Les dégénérescences comportementales qu'il met en scène suivent une certaine logique, une autodestruction motivée de diverses façons qui se lance dans les clichés les plus outranciers, en parvenant à caricaturer sans que la lourdeur ne plombe le rythme (la hargne du ton assurant une sensation d'agressivité bien distillée dans le film). Un petit OFNI français qui se sert astucieusement des codes du vaudeville pour en faire une parodie dégénérée, qui se livre aux pires outrances morales par simple goût du mauvais goût. Le vaudeville anti-vaudeville.

1998
de François Ozon
avec Evelyne Dandry, Marina De Van

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 20:44
Dumb & Dumber De

Dumb & dumber De est une comédie que j’attendais beaucoup, au moins pour récompenser sa campagne publicitaire qui détournait Lucy avec un ton régressif particulièrement approprié. Cependant, après le raz de marée de mauvais goût qu’était le premier épisode, les frères Farelly allaient-ils tenir la route. Jim Carrey nous disait qu’ils avaient attendu d’avoir « un bon scénario ». Pour une comédie à vanne scato, sexuelles et débilitantes. Alors, est-ce que le scénario est bon ? Oui !

L’histoire : Lloyd devant recevoir une greffe de rein, décide de reprendre contact avec sa famille pour y chercher des donneurs potentiels.

Dumb & Dumber De

Dans le genre improbable, Dumb & dumber De est une merveille. Un des rares films comiques à la débilité si outrageante qu’elle en devient communicative, et que tels des gamins de maternelle, on consomme sans modération. Ce n’est pas pour son scénario, aussi improbable que décalqué sur son prédécesseur (bien vite, Harry et lloyd se retrouvent en possession d’un objet à emmener d’un point A vers un point B en faisant pleins de conneries pendant le trajet). Et même si la formule a un air de déjà vu, elle fonctionne toujours aussi bien. Du temps est passé, et cette suite n’ayant rien d’opportuniste, on se délecte de ce retour à une débilité seventies à la fois fraîche et vivifiante. Car Dumb & Dumber De donne la pêche (tout du moins aux hommes, à la sortie de la salle, beaucoup de femmes semblaient avoir détesté ou s’être ennuyé). Un vrai divertissement jubilatoire qui se consomme pour la vulgarité de ses ingrédients, et qui parvient à rester furieusement débile sans se répéter dans la connerie. A l’exception des méchants qui ont tous un air de déjà vu, nos héros sont toujours aussi attachants, et les retrouver inchangés après aussi longtemps redonne immédiatement le sourire. Avec un véritable foutage de gueule scientifique en fin de film, je ne pouvais qu’apprécier davantage (voir la science réduite à néant par la colossale bêtise de nos deux larrons, c’est au-delà de la dérision, c’est visionnaire et prophétique). C’est l’une des meilleures fins d’année cinématographique qu’on pouvait avoir !

2014
de Bobby Farrelly, Peter Farrelly
avec Jim Carrey, Jeff Daniels

4,5/6

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 09:50
I love you Phillip Morris

I love you Phillip Morris a remporté un sacré succès lors de sa sortie, essentiellement pour la prestation inattendue et très appréciable, mettant son style au service d’un arnaqueur gay de gros calibre, avec l’argument de l’histoire vraie et le côté bigger than life qui vient appuyer la démarche gentiment iconoclaste du film. Qui a l’avantage d’avoir de vrais moments de cinéma et des leçons pertinentes sur l’amour, cohabitant avec les clichés connotés les plus criards auxquels on pouvait s’attendre.

L’histoire : Steven, un arnaqueur homosexuel tombe amoureux d’un camarade de cellule : Phillip Morris. Dès cet instant, ils décident de rester ensemble indéfiniment.

I love you Phillip Morris

Voir Jim Carrey dans la peau d’un gay, c’était déjà l’idée qui justifiait le film. Personnage sans ambigüité (si ce n’est dans ses activités professionnelles), le premier degré qui l’entoure (à l’image de son humour très cartoonesque, utilisé ici pour les séquences arnaques, les fraudes à l’assurance ou ses passages au tribunal) fait du bien et permet à l’ensemble de prendre son envol. Sorte de Attrape moi si tu peux avec la romance gay pour marquer l’identité du film et honorer les promesses de l’affiche. Dans ce rayon, pas de problème, le film remplit largement ses quotas, avec même l’humour « trash » habituellement de rigueur (le sexe cru, l’exposition des attirances de Steven) pour bien marquer ses sympathies et assumer sa carrure. Mais le trash sait parfois aussi se montrer discret, comme dans l’exposition du milieu carcéral (jouant beaucoup sur les clichés du milieu). Sur les questions qui fâchent (la « prédisposition » notamment), le film se montre en revanche plutôt léger, évoquant l’idée via le running gag des nuages, anecdote plutôt légère en soi. Le film surprend en revanche avec plusieurs constats édifiants, en intégrant complètement que la relation amoureuse s’entretient en délaissant le monde extérieur, ou en l’exploitant à son profit. Steven se payera toujours la vie luxueuse avec Phillip en arnaquant, sans qu’il soit possible de jamais l’arrêter (ses vagues promesses intérieures sont oubliées dès l’instant où elles sont prononcées), et cela quelqu’en soit le prix (le tabassage du voisin bruyant en prison). Une petite claque dans le genre, et un constat plus intelligent et sensible que ce que les promesses comiques promettaient. Il en est de même pour les séquences cinématographiques (la danse en cellule, les retrouvailles…). Inattendu de trouver quelques tentatives virtuoses d’étoffer la romance en cours, parfois en s’offrant le luxe du muet pour mieux laisser s’exprimer les émotions. Toutefois, le film a tendance à accumuler les clichés, dans une mesure parfois agaçante (les chihuahuas…). La gestion du cliché dans ce genre de projet est délicate, car leur utilisation témoigne aussi de la volonté du film de ne pas non plus trop se prendre au sérieux, et de rire un peu de ses personnages en leur donnant des détails caricaturaux (et souligner ostensiblement un cliché, c’est un trait de provoc assumé et jubilatoire), mais leur accumulation pèse parfois un peu, et à plusieurs reprises franchit un peu la barre très subjective de la dérision (le golf, par exemple, un gag un peu long qui ne fonctionne pas). Le ton gentiment insolent du film en diminue parfois la portée, en diminuant l’impact sentimental car la volonté comique est parfois trop privilégiée, car on est là pour rire, en premier lieu. Mais quelques belles séquences, et le refus du film de céder au pessimisme (l’énergie que déploie Steven à s’évader pour se faire cueillir à chaque fois chez son amour) en font une comédie finalement sympathique, avec quelques traits de bravoure insoupçonnés, et la prestation d’un Jim Carrey qui redore son blason.

2009
de Glenn Ficarra, John Requa
avec Jim Carrey, Ewan McGregor

4,4/6

I love you Phillip Morris
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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 19:39
Jacky au royaume des filles

Avec Jacky au royaume des femmes, on arrive dans une catégorie de film politique qui me fait directement sortir des tranchées pour livrer bataille. Dès la bande annonce, on savait que le sujet du film allait être officiellement le genre, dans une espèce de postulat absurde qui inverserait la place des hommes et des femmes en rajoutant une dimension totalitaire histoire de bien parodier la domination masculine. Direct le genre de postulat qui donne l’impression que les concepteurs du film se sont coupés les couilles pour les offrir sur un plateau au féminisme bienpensant globalisé (et maintenant incarné par le ministère des femmes).

L’histoire : Jacky est un jeune garçon sans cesse courtisé par les filles des voisins de son village. Comme tous les autres, il est amoureux de la future générale des armées. Lors d’un bal où tous les garçons à marier sont réunis, Jacky, déguisé en commandante, est remarqué par cette dernière.

Jacky au royaume des filles

Exemple type de la comédie à concept qui foire sur tous les tableaux, sauf esthétique (je reviendrai sur ce point, qui mérite d’être approfondi). Le film s’érigeait comme une démonstration par l’absurde de la domination masculine en ce qu’elle fait subir aux femmes, en inversant les rôles sans inverser les genres. On se retrouve devant un résultat étrange, jamais convaincu, juste curieusement vide. Les hommes portent le voile, ont tous des tics efféminés, à un ou deux près qui déclarent faire de la résistance (alors qu’ils mettent leur queue au service de leurs contacts féminins), pendant que les femmes portent l’habit d’homme et se tiennent droite. Et ? Ben, c’est tout. Il me semble assez évident que le but de la manœuvre était de gêner le public masculin, mais comment voulez vous vous identifier à cela ? Ce film, à l’image de ses noms absurdes (un humour régressif bien mal placé), se déroule dans une autre réalité, et ne traite pas d’égalité entre les sexes. Il n’est qu’une espèce de raillerie effrontée, un délire de féministe un soir de beuverie après le dernier sitting contre le harcèlement sexuel au boulot, qui pensait toucher à un truc en mettant en scène ce contexte, mais qui échoue assez platement à lui donner corps. Une injure au genre masculin, comme le démontre la tenue de la gente masculine, après la dégradation du port du voile, se voit ajouter celle de la laisse. Mais par les temps qui courent, faire preuve d’orgueil et de fierté masculine serait mal placé, autant courber l’échine et ensencer le produit, car c’est un film qui ne vise rien, qui ne dénonce rien, qui est tellement déconnecté de la réalité qu’il en perd une des règles les plus élémentaires pour un film polémique : rester cohérent. La comédie annihile tout effort sérieux (on a quand même une théorie (absurde) de la féminisation des hommes via l’alimentation, grosse angoisse complètement caricaturée) et tous les gags sont des flops à la chaine (élection du grand couillon, répétition de syllabes en mode « on va rater le bubus », pitié, suicidez-vous !). Quand une bonne partie de l’humour consiste à ressortir d’énormes clichés en inversant les rôles masculin/féminin, on ne crée pas une mise en abîme et de la profondeur, on met en scène un truc ridicule et en dehors de la réalité qui n’a aucune logique si on ne développe pas les sentiments et la psychologie autour. Autant dire que le film reste extrêmement léger à ce stade. Poids culminant, la scène de viol par des soldates est si insignifiante (alors qu’il y avait encore une fois moyen d’aborder des angoisses masculines) qu’elle s’attire un peu plus mon antipathie. Les seuls moments où Jacky au royaume des filles est bon, c’est quand il ne l’a pas fait exprès, ou plutôt quand il ferme sa gueule. Quelques séquences muettes, quelques ralentis, et l’hallucinante séquence du bal avec les hommes faisant tournoyer leur laisse, sont des moments où le temps se suspend, où le climat si bancal du film prend une consistance, à défaut de sens. En cela, et avec la cohérence esthétique très particulière que le film s’impose (dans le dépaysement, c’est comparable au style de Quentin Dupieux), le film arrive à surprendre ponctuellement, quelques minutes. Mais dès qu’il ouvre la bouche ou tente de faire avancer son histoire, tout se casse la gueule et on ne retrouve plus rien de consistant. Qu’on se le dise une fois pour toutes, le féminisme irrationnel se sert à rien, sinon se donner bonne conscience. Militer pour l’égalité des droits et des salaires, c’est une chose, s’attaquer au carguant masculin aussi, mais autant s’y prendre intelligemment, en respectant au moins les 49% du public qui ont pris la peine de se déplacer. Pas de critique particulière à formuler sur les acteurs qui s’acquittent de leur tâche gentiment (seule Charlotte Gainsbourg se démarque, peut être davantage grâce à l’aura qu’elle s’est taillée chez Lars Von Trier). Dans son inversion des genres, le film réussit juste à montrer que les opprimés réclamant leurs droits finissent par ramasser des compensations. Soit effectivement ce qu’il s’est passé/se passe avec les femmes dans le vrai monde. Intérêt ? Foutre les boules au spectateur masculin ? Quitte à analyser au premier degré, on se dira que les femmes sont au même niveau que les autres, et que toute discrimination est intolérable. Que ce soit par brutalité ou par culte de la frustration, les deux sexes ont chacun leurs armes pour faire souffrir l’autre.

2013
de Riad Sattouf
avec Vincent Lacoste, Charlotte Gainsbourg

1/6

Jacky au royaume des filles
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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 11:23

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J’ai eu d’énormes réticences à découvrir ce film. Un mois déjà avant son lancement, sa bande annonce m’avait complètement déprimé, j’y voyais là une accumulation de clichés, une compilation de l’homosexualité et de la transsexualité en mode grosse farce… Le genre de film inoffensif et étouffant de légèreté. C’est donc un peu résigné que je suis allé le découvrir en salle, 3 mois après sa sortie. Pour un résultat plutôt piteux. Si c'est moins pire que la vulgarité à laquelle je m'attendais, on est devant un bien fade représentant de son genre…

L’histoire : Guillaume a toujours été élevé par sa mère comme si il était une fille. Gentiment efféminé et agissant régulièrement en fille pour rendre sa maman fière de lui, il entame des études supérieures au cours desquelles il tombe amoureux d’un étudiant.

 

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Avec La vie d’Adèle, c’est la production officielle LGBT de 2013 (celle de 2014 n’ayant pas tardé depuis : YSL). C’est aussi et avant tout un sérieux coup marketing (pour être resté aussi longtemps en salle, difficile de le voir autrement). Peut être un peu audacieux de miser sur un divertissement connoté pour faire de grosses ventes, ce qui laisse supposer une certaine confiance dans le public (dont on a pu mesurer l’intérêt avec Ma Vie avec Liberace (ayant trouvé sa place dans le top 20 de votre chroniqueur)). C’est aussi un film calibré pour le grand public, avec humour léger, récit de vie et lointaine réflexion sur le genre. Petites prises de position ponctuelle, mais dans l’ensemble, le tout a été bien arrondi (à l’image des quelques gags sur la peur de la relation homosexuelle, qui ne montreront rien). C’est au final le principal reproche que je ferai à Les Garçons et Guillaume à table, il n’a rien d’exceptionnel, à aucun moment. Ce dont il parle des films l’ont déjà abordé, et avec moins de distances, moins de manières aussi, et en prenant beaucoup plus de risques. Vu l’essence autobiographique même du projet (imposée dès l’ouverture par le maquillage de Guillaume Gallienne qui se prépare pour le grand show de sa vie), il est délicat de porter un jugement sur les évènements vécus, qui ont façonné sa personnalité. C’est son histoire, et les leçons qu’il a pu en tirer sont là. Mais cela valait-il la peine de venir nous l’exposer ? Le postulat est atypique, c’est une évidence. La perspective d’être au sein d’une famille qui nous traite avec un décalage flagrant de personnalité, jamais remis en question, offre un contexte psychologique et émotionnel très riche, mais biaisé dès la base sur son approche des genres (puisqu’il s’agit d’un garçon « normal » traité comme une fille qui se développe et expérimente ses émotions et désirs, personnels ou imposés par son entourage). Ce décalage n’est jamais totalement expliqué, et demeure assez hallucinant (c’est presque une conspiration familiale, d’imposer une telle situation à un proche et de créer une contradiction qui n’avait pas lieu d’être). Mais c’est une comédie, et la légèreté ne vient jamais souligner cela. Les situations s’enchaînent, les expériences aussi, mais le film fait fi de toute gravité, préférant la bonne euphorie naïve à la dépression attendue. Un choix, léger et facile d’accès pour le grand public, qui limite considérablement la portée du discours du film, déjà pas bien grande. Car si les situations s’enchaîne, la situation n’évolue pas, ou alors seulement sur la fin, par un retour à la normale évident et attendu.

Ben évidemment, il y a quelques moments de tristesse, largement noyés dans le lot des péripéties diverses et des gags légers. Sur ce point, le film m’a surpris. Je m’attendais à du sale (la relaxation d’anus dans la bande annonce… ouch !), le résultat est au final plutôt enlevé, du niveau d’une gentille comédie pas très rythmée. Et le portrait de mère (interprétée par Guillaume), est une performance d’acteur amusante (dans ses tics, ses manières, c’est un personnage bien retranscrit). Mais, en tant qu’adaptation d’un spectacle, le film n’offre aucun moment de cinéma. C’est une simple mise en image, avec quelques jolies scènes pour embellir le tout, et quelques gimmicks pour lisser le produit au rayon comédie davantage qu’au rayon drame (la piscine). On ajoute à cela quelques petites piques sans prise de risque, comme cette représentation des pensions catholiques où les jeunes étudiants se masturbent tous en chœur à la lumière d’une croix de néon une fois la nuit tombée (oh les hétéros pathétiques de libido…). En résulte un film globalement tout à fait fréquentable, poli et gentil, avec ses petites expériences et ses petits soucis, mais question ampleur, on a clairement un succédané. Sans doute que les petites vieilles que j’ai vu défiler aux projections apprécient les gentillesses efféminées et maladroites de Guillaume, mais si on décide de s’intéresser un minimum aux sujets (homosexualité, travestissement…), la légèreté de Guillaume s’envole bien vite pour ne plus laisser grand-chose.

 

 

2/6


2013
de Guillaume Gallienne
avec Guillaume Gallienne, André Marcon

 

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 13:39

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Quoi, vous n’avez pas encore vu « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? » ? Mais secouez-vous, c’est la comédie de l’année ! Avec un casting carrément français et un sujet de comédie aussi peu traité que le brassage des cultures avec un doigt de communautarisme et une tonne de clichés, on ne pouvait que se réjouir d’un tel navet en perspective. J’y suis allé un peu en traînant les pieds, et pour ainsi dire, j’aurais aimé être l’avis dissident devant les excellentes critiques presses et publiques qui lui donnent le vent en poupe. Et voilà que je suis bien emmerdé, car si la beauferie transpire par tous les pores de cet objet… on rigole.

L’histoire : la famille Verneuil, catholique tradi, voit ses filles se marier respectivement avec un arabe, un juif et un chinois. Ces unions mettent le climat familial à rude épreuve, mais la dernière de la famille annonce bientôt la bonne nouvelle : elle compte se marier avec un catholique… noir.

 

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Roh la la, je soupire devant un tel synopsis. C’est la grosse comédie française qui tâche, la vraie, celle qui fait la gloire de notre cinéma hexagonale et qui fait rire dans les chaumières, tout en se faisant se dire « mais au fond, comment je réagirais si j’étais dans cette situation ? ». La présence de Clavier n’est pas ici pour rien, c’est probablement le gros objet de divertissement national de l’année. Aussi traîne-t-il sa mine déconfite à chaque regard qu’il pose sur ses gendres, et que les remarques pointues fusent en s’appuyant sur les gros gros clichés des communautés. C’est à ce jeu que le film se révèle finalement drôle : il en accumule tellement, et les assène avec une telle gratuité (le chinois lèche-cul souriant, le juif qui répète « sa race ! »…) qu’on est sans arrêt dans une espèce de catch de celui qui aura le plus gros, le tout cohabitant finalement assez bien avec l’esprit complètement bon enfant et fraternel qui poussera, on le sait déjà, tout le monde à faire le gros câlin car c’est ça la France, la liberté, l’égalité et la FRATERNITE. La séquence de la Marseillaise, chantée par toutes ces communautés la main sur le cœur, est pourtant moins politique que prévue. J’aurais souhaité voir ce genre de scène sous un angle cynique, mais le contexte de navet franchouillard inoffensif parvient à la rendre drôle. Malgré son petit postulat polémique, lui aussi complètement inoffensif (en fait, toutes les communautés sont racistes les unes envers les autres), c’est constamment la bonne humeur et les gags clichés qui portent l’ambiance régressive de l’objet. Sans toutefois s’éviter quelques passages lourdingues (le prépuce bouffé par le chien, pour donner une idée du niveau où peut descendre le film, heureusement, le reste est quand même plus élevé). Mais voir Clavier qui coupe du bois pour se passer les nerfs, et surtout la famille africaine du futur époux qui se livre à du racisme anti-blanc complètement gratuit également, ça frôle le jubilatoire. La confrontation, attendue, est un régal de beauferie, un vrai plaisir coupable à elle seul, où chacun y va de sa mauvaise foi pour faire capoter le mariage. Mais autour d’un verre de calva et d’un steak frite, c’est les gloussements complices et les tapes dans le dos qui arrivent, et au final, dans la beauferie franchouillarde, on se rend compte que la vie est belle et que c’est pas si mal. Difficile de dire que j’ai aimé, mais impossible de nier que l’outrance ne m’a pas fait rire. Loin du niveau merdique d’un Les profs, les clichés à la chaîne finissent par payer, et on ne s’ennuie pas un instant. On peut en revanche déplorer l’usage de clichés énormes pour le façonnement du scénario. Nos tourtereaux ont beau tenter d’y insuffler des sentiments, le capotage du dernier moment et les rares tentatives sentimentales sont des échecs complets (mais on n’est pas vraiment surpris, on rigole de clichés, mais on en utilise d’autres pour être un peu sérieux). Et nous voilà en face d’un truc un peu inavouable, complètement lourd, mais qui retrouve l’humour gras de la sympathique comédie française. Foi de naveteur, malgré mon envie de le démolir, je lui trouve une sympathie inattendue, et puis, c'est une comédie qui fait rire...

 

2,9/6


2013
de Philippe de Chauveron
avec Christian Clavier, Chantal Lauby

 

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 16:49

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L’ultime souper est une comédie des années 90 qui reste complètement dans l’oubli aujourd’hui. Brassant une foule d’acteurs en fonctionnant sur le principe de la colloc à la Friends, il ne cache pas ses influences très télévisuelles et son humour premier degré par des dialogues caustiques. Et pourtant, il se propulse dans une audacieuse catégorie de second degré quand il décide d’amorcer la farce cynique sur fond de politique. Commence alors un film aussi stimulant qu’agaçant.

Cinq jeunes adultes invitent un soir pour un dîner un camionneur louche. Au cours du dîner, une dispute politique éclate, au cours de laquelle le camionneur est tué. Décidant de camoufler le corps façon Souviens-toi l’été dernier, ils décident de remettre ça, en invitant des représentants d’association politiques extrêmes.

 

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On tient ici le défouloir de la gauche "humaniste" façon God Bless America, rien de moins ! Je ne m’attendais absolument pas à ce programme en commençant le film, autant dire qu’il m’a sacrément surpris. Rarement un objet de divertissement grinçant se sera révélé aussi politique, surtout au cours de la décennie 90. Il est assez intéressant de noter que le film cherche d’un certain côté la confrontation des points de vue, au cours du premier dîner mettant en face un vétéran devenu conducteur de camion avec des petits étudiants dans divers secteurs d’études (une façon comme une autre de balayer différentes couches de la société). Autant dire qu’avec des dialogues pas piqués des vers qui dégénèrent en confrontation à l’arme blanche, on est servi question politique sans concession. Jusqu’à ce que l’un des étudiants, devant le comportement agressif et intolérant du routier (un Bill Paxton bluffant), le poignarde. C’est alors avec un cynisme monstrueux que le groupe d’étudiants commence à s’organiser, se convaincant mutuellement de la légitimité de leur acte, et en faisant un combat politique. Combat qu’ils décident alors de réitérer sur d’autres militants extrêmes. Si le point de départ était tout simplement excellent et propice à une comédie de bon aloi (où un peu de réflexion ne ferait pas de mal), on entame alors le développement, hélas bien inférieur aux promesses annoncées. L’ultime souper peut brouiller un peu les pistes (les membres de gauche qui tuent leurs adversaires, une façon de les remettre en face du fascisme qu'ils dénoncent), mais il semble plutôt de gauche, et l’assume d'ailleurs (malgré le cynisme de ses étudiants (atténuant les exécutions et marquant bien l’aspect comique du projet), le fond est largement d’accord avec eux, et partage leur jubilation à chaque exécution). Mais il ne se confronte qu’à des positions extrêmes, où leur attitude est « admissible » sans la moindre prise de risque (le curé homophobe au possible, l’industriel crachant sur les écolos, la vieille rombière anti-avortement, le mysogine qui tente de rester politiquement correct…). Les positions sont claires, le débat est stérile (les invités sont toujours convaincus, et donc irrécupérables), et les mises à mort tolérable. La comédie permet cette légèreté, mais le fond tient du catalogue de cliché sans la moindre ambigüité. Difficile de prétendre faire de la politique dans ces conditions, malgré le second degré caustique de certains dialogues. Le film le sent d’ailleurs au bout d’un moment, montrant alors nos étudiants aimant souligner (avant le coup fatal) l’intolérance beauf de leurs interlocuteurs, dans un élan de cynisme bienvenu. Mais passé cette étape salutaire (dans une farce politique, mieux vaut éviter que tout le monde soit sérieux sous peine d’être scrutée avec plus d’attention), les étudiants invitent une catho coincée de 17 ans qui intente un procès à son lycée pour l’avoir obligé à assister à des cours d’éducation sexuelle. Malgré le radicalisme de sa position, elle est épargnée pour son jeune âge et simplement renvoyée. Il y a quelques étapes, mais c’est basiquement cela. Pourquoi un tel revirement ? Le fait est que, peu à peu, le film est en train de redevenir sérieux et de faire réellement de la politique, en oubliant la comédie. C’est une manœuvre qui ne passe pas vraiment inaperçue, à la fois dommageable (le sérieux actuel marque du coup la démagogie des partis pris jusqu’à lors) et salutaire au film (qui se confronte maintenant à des débats qui relèvent le niveau). Car arrive alors en scène le meilleur personnage du film, incarné par le majestueux Ron Perlman. Si ses interventions télés se révélaient être un régal de cynisme et d’hypocrisie politique (le personnage passant son temps à recycler d’énormes clichés), on découvre un homme posé et calculateur, se disant conscient de la radicalité de ses prises de position (utilisées pour faire de l’audimat) alors que ses opinions réelles se trouvent finalement très centrées. Sa théorie consiste à dire que si les extrêmes font parler d’eux, la majorité se situe clairement davantage vers le centre et a tendance à se modérer (et donc qu’il contribue, par ses actions critiques, à modérer la société (un baratin facilement destructible, mais convaincant dans le ton)). En confrontant enfin un personnage intelligent au groupe, les opinions divergent, et l’exécution prévue ressemble alors à un vote de démocratie. Le climax politique parfait, et d’une ambition vraiment inattendue pour un film de ce calibre. La figure d’Hitler étant revenue à plusieurs reprises dans les débats, le film fonde sa conclusion sur le fait que beaucoup de gens sont des suiveurs, et qu’ils se rallient à des individus qu’ils trouvent charismatiques et sur lesquels ils calquent leurs idées. Une façon comme une autre de dire qu’Hitler s’était appuyé sur la masse pour émerger, et que la politique fonctionne toujours un peu de cette façon aujourd’hui. Une mise en garde de gauche contre les opinions extrêmes donc, qui prévient de l’intelligence des bonimenteurs utilisant les lieux communs avec du politiquement incorrects pour récolter soutien, confiance, tout en semant le trouble chez les partis adverses. Le propos était ambitieux, et le constat facile à comprendre. Malheureusement, le comique initial avait d’autres visées, faisant au final un film inégal. La modestie du projet rajoute à cela le modeste jeu d’acteur (digne d’une série télé) et un visuel de petite envergure (une faiblesse technique à mettre sur le compte de sa modestie. Toutefois, le film se révèle surprenant dans son ton résolument politique, qui apporte un peu de fraîcheur à la comédie noire promise. Une curiosité trouvable sur youtube.

 

3,1/6


1995
de Stacy Title
avec Cameron Diaz, Ron Eldard

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 17:01

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La crème de la crème est le nouveau film de Kim Chapiron. Après le surprenant Sheitan et le poignant Dog Pound, le réal des cités s’intéresse au contexte des écoles de commerce, qu’il attaque sous l’angle de la comédie. Il réussit d’autant mieux le périlleux exercice qu’il parvient à emporter l’adhésion des populations étudiantes (votre rédacteur a bien rigolé) que du public adulte, en s’offrant une immersion réaliste et plus fine que prévue de la vie et des préoccupations des étudiant(e)s.

L’histoire : trois étudiants en école de commerce, désireux d’aider un de leurs amis à se caser, recrutent une caissière pour lui servir d’escort-girl durant une soirée, histoire de casser son image de puceau. Le procédé est si efficace que bientôt, d’autres étudiants viennent leur demander de bénéficier du même traitement contre rétribution.

 

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Succès à la fois inattendu (un teen movie français) et prévisible (Kim Chapiron), La crème de la crème réussit le joli tour de force de la peinture générationnelle avec une certaine réussite, qui passe par sa vision plutôt objective du milieu (les puceaux comme les dragueurs sont traités sur un pied d’égalité). C’est surtout par l’utilisation de détails que le film bâtit son capital sympathie, en pensant par exemple à mettre tout le temps en cours un étudiant qui joue sur son ordinateur, en faisant beaucoup de références au milieu étudiant (les affiches des soirées), et en s’intéressant à des enjeux essentiellement sentimentaux sous un angle enfin immersif pour le public. On se fout des histoires de culs des beaux gosses de la promo, en revanche le décryptage du « système » des étudiants en éco, gentiment iconoclaste, parvient à plutôt bien planter les enjeux et à introduire nos personnages. Le versaillais bien implanté dans le BDE, le hors-système laissé à l’abandon et la novice peu influençable. S’enclenche alors l’intrigue, innocente en apparence (les filles embauchées ne sont sensées rester que pour briser l’image de leur étudiant), qui finit par prendre de belles proportions quand l’entreprise se développe (avec l’arrivée des écoles d’ingénieur, occasion de généraliser le propos à une bonne partie du système étudiant). Et évidemment, le film ne manque pas de capter les interactions sentimentales qui animent notre groupe, des relations d’amitiés à la cure psychologique en passant par l’amour naissant. Mais la fraîcheur de ton et les bonnes prestations des jeunes acteurs parviennent avec aisance à élever le niveau, et à divertir avec notre trio. A cela s’ajoute un humour léger, aux débordements parfois trash (l’ouverture avec film porno sur télé 3D), et que la sincérité rend immédiatement attachant. La proximité faisant la force du cinéma générationnel, on tient donc ici un honorable représentant de sa catégorie, qui se déconnecte gentiment de la morale pour s’attacher aux soucis étudiants à l’approche du monde du travail en crise. Le retour de bâton final est même éludé au profit du traitement de l’enjeu principal au sein du trio, signe même que l’intérêt se situe ailleurs que dans le postulat de départ. En l’état, avec une magnifique photographie et une peinture de jeunesse réussie, le film atteint allègrement ses objectifs, en affirmant une fois de plus que le traitement d’un bon réal peut redonner un coup de fouet au cinéma français.

 

4,4/6


2014
de Kim Chapiron
avec Thomas Blumenthal, Alice Isaaz

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:20

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Les inconnus avaient annoncé leur retour depuis quelques temps, et l’annonce d’une suite aux 3 frères avait été faite l’an dernier (annonce assez pathétique d’ailleurs, le parfum de has-been se faisant douloureusement sentir). On attendait donc ces 3 frères 2 sans y croire vraiment, sans grande conviction, mais bon, si on a un abonnement, pourquoi pas… Et bien pas, tout simplement.

L’histoire : Didier, Bernard et Pascal ont leur petite vie chacun de leur côté. Bernard est un acteur raté dans un café théâtre, Bernard vend des sex toys par correspondance en faisant croire à son épouse qu’il est professeur, et Pascal est le compagnon d’une bobo cinquantenaire riche. Le reliquat du testament de leur mère les amène à nouveau à se réunir.

 

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Bon, malgré une absence totale d’attentes de ma part et quelques à-priori, je suis allé découvrir ce film après La belle et la bête, donc après une relative déception, et sans mauvaises intentions. Hélas, la qualité n’était pas vraiment là. Les inconnus reprennent donc leurs registres, à savoir les clichés sociétaux qu’ils exp(l)osent avec une certaine joie, et une absence de subtilité qui correspondait bien à leur style (pour rappel, leurs sketchs étaient vulgaires, mais pas dénués d’intelligence). C’est dans la caricature qu’ils ont toujours excellés, aussi, ils reprennent cette activité avec une certaine énergie. Hélas, leurs caricatures ne touchent pas, ou alors tapent sur des icônes facilement identifiables. Vomissant sur les banques par des plans de pancartes tronquées (dont la redondance finit vraiment par peser), crachant sur les bobos, sur les dealers, sur la télé ou agressant l’image des familles musulmanes de banlieue, les inconnus peinent à trouver une contenance au-delà des gags qu’ils enchaînent. Ca n’empêche pas de rire à plusieurs reprises de leurs imbécilités (ils ne sont jamais aussi bons que quand ils s’engueulent), mais tout cela a un peu un goût de déjà vu. Ou simplement que la lourdeur finit par peser. On en prend vraiment conscience avec le dernier acte du film, mettant en scène une famille de riches beaufs installés à Aubagne qui se révèlent racistes et inconsistants, qui ne dénoncent rien (les clichés sont trop gros) et qui partent en roue libre, sans que le délire nous intéresse outre mesure. Le cabotinage est marrant, mais l’intérêt incertain. Et c’est surtout assez malhonnête de voir tous ces clichés visiblement dénoncés alors que le personnage secondaire principal est une reubeu sortie des banlieues qui cumule absolument tous les clichés (teigneuse, rebelle, qui parle en verlan, qui deale de la beu et vient taxer du fric à ses parents) mais qui est toujours perçue comme un personnage sympathique et sensible (alors qu’elle est l’antithèse de Michael dans l’original). D’ailleurs, dans le rayon de la médiocrité, il revient faire un petit tour, permettant d’amorcer la petite douceur finale qui vante l’idée de vivre en aimant et non pas pour l’argent (après lequel courent tous les personnages du film). Un petit aparté guimauve vite chassé par la reprise des gags et une conclusion un peu too much, mais bon, on n’est pas vraiment surpris. L’art de la caricature ne sera pas ce qui sauvera Le retour des 3 frères de la débâcle, malgré quelques séquences où on retrouve les inconnus qui nous avaient marqué. C’est évidemment meilleur que L’extra terrestre ou les rois mages, mais comparer des kilos de plomb avec de la merde ne va pas lui donner plus de valeur pour autant.

 

1,5/6


2013
de Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus
avec Didier Bourdon, Bernard Campan

 

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 13:23

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Ah, le bon vieux retour des navets français chez Vora ! Avec On ne choisit pas sa famille, Christian Clavier passe derrière la caméra pour réaliser une bonne vieille poilade à l’ancienne sur le sujet brûlant de l’homo-parentalité, incarné gentiment par le couple Muriel Robin/ Helena Noguerra. Avec le sujet bouillant de l’adoption d’enfants étrangers, le film accumulait le potentiel pour un navet social de premier ordre. Raté, c’est simplement une comédie sans saveur.

L’histoire : apitoyées par une orpheline pendant un reportage en Thailande, Kim et Alex, un couple de lesbienne décide de l’adopter. Cette dernière ayant été recueillie dans un orphelinat catholique, elles décident de faire passer le frère d’Alex pour le mari de Murielle.

 

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Alors là, on a un parfait exemple du Vaudeville réadapté pour l’écran avec toutes les thématiques inhérentes au sujet, traités avec une légèreté parfaitement assumée (on est là pour rire, pas pour parler), qui devient vite un one-man-show pour Christian Clavier. Le couple des lesbiennes est mis en scène de façon exemplaire (à l’exception des baisers attestant de la relation, aucun dérapage homophile), raisonnable, responsable, bref, c’est le couple idéal pour voir d’un bon œil cette adoption (car la (prochaine) frontière est celle des parents hommes, car les femmes c’est plus doux, alors que les mecs c’est plus dur). Mais alors pour Clavier, c’est le beauf total (concessionnaire automobile aux origines italiennes flanqué d’une teinture cuivre innommable) qui se retrouve dans la galère des pays étrangers. On ne pourra jamais profiter ne serait-ce que du paysage tant il squatte l’écran, nous condamnant à une avalanche de gags ineptes sans fin, que l’on finit par compter comme des bornes pour voir enfin le bout du tunnel. Mais il faudra en faire, de la route, avant d’y parvenir. Entre temps, les relations de vaudevilles se poursuivent entre le docteur suspicieux tombant amoureux d’Alex se développent avec des quiproquos de rigueur, le film tente de nous faire rire d’un homosexuel efféminé au dernier degré (avec le chiwawa de rigueur), Clavier finit en taule avec ses conneries… Si, dans la noyade, le film perd de vue son sujet polémique (pour le meilleur, sans aucun doute), il nous entraîne au fond avec lui, jusqu’à un dénouement attendu et sans surprise, aussi drôle qu’une poutre en béton armé. Même pas besoin d’être méchant, encore une fois, c’était écrit sur l’affiche…

 

0/6


2011
de Christian Clavier
avec Christian Clavier, Jean Reno

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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