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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 00:26
Astérix et le domaine des dieux

Les films d'animation Astérix représentent une part d'enfance, mes préférés étant respectivement Les 12 travaux d'Astérix et Astérix légionnaire. Mais malgré la gauloiserie franchouillarde du film de Claude Zidi, les récentes adaptations m'ont toujours laissé sur ma faim. Astérix chez les normands étant le dernier échec en date, Astérix au service de sa majesté n'existant tout simplement pas. De la frustration ressentie sur le projet Astérix aux jeux olympiques, Christian Astier, artiste intéressant et éclairé bien que je n'ai pas adhéré à son Kaamelot, relance l'expérience en compagnie d'une pointure en animation. En résulte un objet plutôt attachant, qui renoue en tout cas avec l'ambiance des adaptations fidèles.

L'histoire : Afin de forcer les gaulois à s'intégrer au monde gallo-romain, César planifie l'installation du domaine des Dieux, gigantesque complexe d'habitation devant aboutir à leur intégration culturelle.

Astérix et le domaine des dieux

Cette adaptation est assez intéressante, car les choix d'Astier de revenir aux gags cartoonesques et aux gaudrioles de bon aloi, on retrouve ce qui faisait l'esprit d'Astérix, entre les querelles incessantes des villageois et le politiquement camouflé sous l'intrigue, le film arrive à la fois à être une excellente adaptation d'enfin un seul album (plutôt que de chercher à faire des pots pourris) et de donner une petite matière à réflexion, qui caricature ses arguments pour donner davantage de spectacle (avec un contexte d'intégration économique et de colonialisme culturel, dont les étapes progressives sont bien marquées entre les gags et le décor). Une formule qui fonctionne très bien dans l'ensemble, suffisamment pour créer l'aura d'agréable surprise qui entoure l'objet. Visuellement, les qualités sont elles aussi intéressantes, dans la mesure où elles évitent le tape à l'oeil (réalisme de Wall-E) et rappellent davantage les coloris de la bande dessinée. Choix judicieux qui une fois encore marque le rapprochement avec les bandes dessinées (tout comme ses nombreux gags avec les sangliers). Evidemment, le tout n'est pas exempt de reproches (ah, le boulet d'Elie Semoun qui continue avec ses hausses de ton, heureusement dans des rôles qui ne sont pas sympathiques), mais pour le simple divertissement grand public, l'effort qui a été fait est suffisamment marquant pour mériter le détour. Oui, Astier a bel et bien trouvé la formule de la potion magique, ou s'en approche. Reste quelques touches incongrues comme ce générique un peu trop décalé (en mode casino royal).

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 11:32

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Le conte moderne est un genre particulièrement casse gueule. Les échecs de Blanche neige et le chasseur et du récent flop La belle et la bête en sont des preuves criantes, quand on sort de l’animation tout en voulant rester dans le merveilleux, il convient de trouver un équilibre pas si aisé, entre profondeur dans le fond et légèreté dans la forme. Maléfique arrivait avec ses gros sabots qu’on ne savait toujours pas trop quoi en penser, et finalement, avec une légère surprise, on se retrouve devant un film qui a matière à offrir.

L’histoire : Maléfique, fée du royaume des Landes, se lie d’amitié avec un jeune orphelin, Stéphane. Alors qu’ils grandissent, le roi du territoire des hommes désire repousser les frontières de son empire. Suite à la défense acharnée de Maléfique, le roi promet son trône à celui qui viendra à bout de la créature. Stéphane y voit alors une opportunité à saisir…

 

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On a toujours tendance à dire que Disney a des années de retard dans ses partis pris moraux. Malgré tout, le studio a fait d’indéniables efforts pour inverser la tendance, et avec Maléfique, ils décident de continuer dans cette voie malgré la structure à l’ancienne du conte. Le premier parti pris louable, c’est l’enfance de Maléfique, que le film suit avec un intérêt certain. Elle est le personnage principal et le film réussit assez bien à faire ressortir les sentiments qui l’animent. En cela, la trahison qu’elle subit et sa vengeance méditée et efficacement exécutée (avec humiliation icônique de Stéphane devant sa cour) nous fait toujours basculer en sa faveur. S’entame alors le nouvel axe dramatique, qui marque un rapprochement entre notre protagoniste et l’héroïne, que la malédiction en question vient peu à peu menacer. J’espérais secrètement ce rapprochement qui prolongerait la souffrance de Maléfique tout en salissant la gamine toute belle toute innocente, autant dire que je ne suis pas déçu, c’est un axe dramatique simple, mais d’une consistance un peu plus mature que prévue. C’est surtout sur la question de l’amour que le film marque un grand coup et tranche avec ce qui a pu être fait auparavant, puisque le baiser libérateur ne vient de rien d’autre… que de Maléfique… Je ne sais pas si vous aviez entendu parler des soit disant accusations de corruption des jeunes sur le film La reine des neiges (où des détracteurs disaient avoir vu des allusions lesbiennes), alors là, on nage en plein dedans ! Ca et la vision complètement désillusionnée de la structure du couple hétéro (aucun couple hétéro ne vit heureux ni même n’éprouve d’amour), on tient là d’énormes éléments si on souhaite regarder le film avec des ornières. Pour ceux qui se contentent d’apprécier objectivement le film, on a là une direction artistique de haute volée, qui nous inonde les yeux de merveille kitsch à souhait, soit tout ce qu’on réclamait. Il ne faut pas croire non plus que tout est parfait. Aurore est une niaise qui passe son temps à sourire à tout le monde et qui n’a pas la moindre consistance (en fait, tous les personnages gentils semblent réduits à cette approche de niaiserie, seuls les personnages ayant souffert semblent avoir acquis une consistance et une variété question palette d’émotions). Son prince charmant est un niais qui semble sortir du lycée (il ne lui manque que l’acnée), mais ça, c’est bien normal (on apprécie même la puérilité de sa carrure, il est mou comme un petit suisse…). En revanche, les exclamations « c’est magnifique ! » pour nous dire quand c’est beau, les multiples incohérences où Mélafique a tantôt peur du fer, tantôt elle le prend à pleine poignée sans que ça la dérange. Shalto Copley est comme d’hab cantonné au rôle de méchant de service, avec une méchanceté à relativiser puisqu’il ne prend jamais la peine d’approfondir son avidité au-delà de la voix off qui lui sert de présentation. Bien dommage quand on voit qu’il est la seconde personne la plus intéressante du film et qu’il est en partie bâclé. Mais bon, avec une belle esthétique et quelques emprunts au Seigneur des anneaux (un Ent qui ressemble beaucoup au Balrog, un dragon bien épique…), on a un spectacle bien plus consistant que la guimauve habituelle. Quelques libertés prises avec le matériau d’origine permettent donc de redonner un peu d’ampleur à ce gros spectacle familial, en densifiant un peu le propos social. Un essai satisfaisant à confirmer.

 

4/6


2014
de Robert Stromberg
avec Angelina Jolie, Elle Fanning

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 16:29

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Avec Batman Forever, Joel Schumacher reprend le flambeau laissé par un Tim Burton au sommet de sa fièvre graphique, et qui a débroussaillé un beau terrain pour continuer à bâtir le mythe (davantage par ses méchants que par son justicier). Toutefois, les objectifs changent radicalement entre l’épisode 2 et ce 3ème. Peu rassurés par les ambiances torturées de Burton, les producteurs principaux imposent un script plus simple et ciblent les enfants, grands consommateurs de saloperies en plastique. Le résultat est tel qu’on le connaît, avec toutefois quelques éléments intrigants.

L’histoire : Double face terrorise Gotham. Alors que Batman essaye de l’arrêter, un scientifique incompris décide d’utiliser ses inventions pour contrôler le cerveau des habitants de Gotham via la télévision. Après une tuerie de Double Face, Bruce Wayne prend sous son aile un orphelin, qui jure de se venger du meurtrier de sa famille…

 

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"Devine ce que c'est ?"

"Une clé USB du scanner de cerveau de Bruce Wayne ?"

"... Non ? C'est pour ce soir..."

 

Bon, on est d’accord que c’est tirer sur le corbillard que de s’attaquer aujourd’hui à Batman Forever, vu la réputation qu’on lui connaît. Il serait aussi un peu malhonnête de ne pas reconnaître toute l’affection que je lui portais dans ma jeunesse, vu qu’il passait avant les Burtons à l’époque. Il a fallut que je rachète le monstre en coffret double dvd (avec Batman & Robin, tant qu’à faire) pour la réévaluation, et je n’ai pas été déçu. Le film ne fait pas dans la demi mesure, transformant le Gotham gothique en boîte de nuit flashie dont les éclairages complètement fantaisistes (même pas cachés, on voit les projecteurs dans le cadre) contribuent à donner l’aspect carnavalesque de l’ensemble. Car il s’agit bien d’un carnaval, chacun essayant de cabotiner plus que l’autre. Rarement des méchants auront autant voulu imiter le Joker sans en avoir l’ampleur, et il convient de noter qu’il s’agit d’une des pires performances de Tommy Lee Jones, complètement à côté de la plaque de son personnage (les explications à son sujet sont expédiées : il s’est pris de l’acide dans la gueule donc il est fou). Quant à Jim Carrey… il fait du Jim Carrey. Il est toutefois amusant de connaître les circonstances de son recrutement, qui remontent au premier Batman. A l’époque, Nicholson hésitait à endosser le rôle du Joker, donc pour lui forcer un peu la main, la production avait également proposé le rôle à Robin Williams. Nicholson avait alors accepté et Robin avait protesté devant ce tour de cochon. Avec Batman 3, les producteurs se sont à nouveau tournés vers Robin. Ce dernier leur a demandé des excuses. Jim Carrey a donc récupéré le rôle, et Robin mon soutien quand j’ai appris l’anecdote. Quelques trucs attachants ça et là quand même, à l’image du message subversif tellement énorme sur la télévision qu’il fera rire tout le monde (en créant au passage d’hideuses visions vertes d’un goût assez douteux). La télévision, c’est mal. Dans le bon, notons toutefois les flashs backs concernant l’enfance de Bruce Wayne, qui sont réussis et icônique comme il le fallait. Bruce Wayne, bien qu’insipide, n’est pas vraiment raté.

 

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J’en viens maintenant à la partie divertissante de la chronique, à savoir la relecture crypto-gay du film. Tout le monde la sent, mais je pense que Schumacher (dont nous connaissons les inflexions sentimentales) en a beaucoup rajouté dans cet opus, la suite se révélant plus light à ce sujet. Ca passe essentiellement par Robin, et surtout par sa dégaine. Belle gueule, énorme boucle d’oreille unique qu’on ne peut pas ne pas la voir (et qui disparaîtra mystérieusement dans la suite), c’est un stéréotype connoté mais bon, on ne va pas oser le dire. En faisant le ratio du temps que Bruce et Robin passe ensemble, et celui que Bruce passe avec la docteur soit disant sa copine, on note une légère préférence pour le jeunot aux cheveux courts. Mais cela explose surtout pendant quelques scènes précises, type Robin qui a revêtu son costume, et dont les paroles « je voudrais être à tes côtés » prennent des accents assez facilement détournables. Si on rajoute la poignée de main virile qui suit et les premiers plans téton-cul d’armure en latex, le doute n’est plus permis. Et le cliffhanger, où Bruce doit choisir entre Robin et la docteur. Difficile de se retenir de rire tant les intentions sont évidentes, et la séquences de chute va donc délivrer une réponse sur la validité de cette grille de lecture. La scène est plus subtile que prévue, puisque Batman  sauve D’ABORD la femme, puis la laisse en l’attachant à un fil d’acier (la réception a dû être agréable ainsi que les chocs contre les parois du puit) et réceptionne Robin en lui faisant faire un atterrissage en douceur doublé d’un câlin évident. On peut donc débattre, mais mon avis est fait (la docteur n’est qu’un paravent, le dernier plan est éloquent sur la figure de couple dominante). Dois-je en rajouter sur le couple Double-face/l’homme mystère ? En fonctionnant avec les bons gros clichés, Gotham s’éclaire sous un jour nouveau, assez amusant d’ailleurs quand on connaît les intentions familiales de départ. Encore un complot sodomite pour pervertir la jeunesse…

 

1/6


1995
de Joel Schumacher
avec Val Kilmer, Tommy Lee Jones

 

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 12:27

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Minuscule est une série pour très jeunes enfants (à partir de 3 ans), que j’ai découvert cette année un peu par hasard (en faisant des recherches sur l’excellent jeu pour enfant Botanicula). Au postulat technologique simple (des personnages numériques incrustés dans des décors réels) s’ajoutait un aspect « fable » extrêmement rafraîchissant, et un univers propice à laisser voguer son imagination, en retrouvant toute la jubilation d’imaginer le monde par les yeux des insectes. Après une première saison de bonne qualité, arrivait la deuxième, moins inspirée, reprenant finalement la formule à succès sans la faire évoluer davantage. Le passage au long métrage marque donc une nouvelle étape, puisque le scénario ne pouvait plus se contenter du format d’une dizaine de minutes utilisé par la série. Le résultat de ce passage est plutôt réussi, sans surprise et ponctué de quelques fautes de goût, mais à la hauteur des attentes.

L’histoire : une jeune coccinelle, séparée de sa famille et ayant perdu sa capacité de voler, se lie d’amitié avec une troupe de fourmis rapportant avec elles une boîte remplie de sucre, excitant la convoitise des Fourmis rouges.

 

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Sur l’esthétique, ce Minuscule d’une heure et demie a bien réussi à recycler son esthétique déjà dévoilée dans la série, et cherche même à embellir ses plans (un très gros travail sur les gros plans et sur la lumière naturelle a été faite pour rendre au mieux les lieux parcourus par les insectes, à leur échelle). En terme de voyage initiatique graphique, l’esthétique de Minuscule est une réussite. On peut également pointer qu’un certain effort sur le charisme des personnages a été fait, dans la présentation très mélo de la coccinelle (ça met toujours la larme à l’œil, le petit nenfant abandonné qui rampe sous la pluie en cherchant ses parents) et dans celle des fourmis noires, qui se révèle un équipage soudé et compétant pour l’aventure promise. La première moitié du film se déroule donc comme un espèce de film d’aventure où nos héros ont le trésor et doivent le rapporter avec eux, tout en le préservant des nombreux dangers qui les entourent. Un classique plutôt sympathiquement adapté (le passage dans la rivière), qui offre une jolie aventure pas très innovante, mais charmante. Ce qui nous mène alors aux points négatifs du film. Déjà, entre nous, je ne supporte pas les gags scatos à base de prout qu’on ressort aux marmots qui se mettent à glousser, donc constater que Minuscule s’abaisse par moments à ce niveau est agaçant. Enfin, Minuscule est sur un remake des Deux tours. Oui, le second opus du seigneur des anneaux. Sans doute que les moins de 6 ans n’y verront que du feu, mais voir un tel pompage, glissé mine de rien parce que c’est un film pour enfant, on ne va pas dire que c’est bien honnête. Dans le genre pompage, c’est qu’on a des plans calqués sur le film de Jackson (les déplacements de l’armée des fourmis rouges, le siège du gouffre de Elm de la fourmilière…), sans qu’il n’y ait plus beaucoup de surprise pour le spectateur adulte. On rajoute à cela un rythme plutôt mou, sans grande surprise. En fait, c’est plutôt l’état d’esprit de Minuscule qui lui permet d’emporter finalement le morceau. Cette glorification d’un quotidien insignifiant qu’on ignore (où un pique nique oublié devient une source de richesse inestimable que tout le monde se met à convoiter), qui filme des tas d’insectes tout mignons avec une empathie ingénue, c’est ce qui fait la fraîcheur et finalement la sympathie du monde créé par la série. S’ajoute à cela un souci technique plutôt bien négocié, et un film qui, sans inventer la poudre, parvient à faire quelques étincelles. On peut supporter quelques scories infantiles le temps de profiter d’un coucher de soleil avec nos insectes émerveillés.

 

3,8/6


2013
de Thomas Szabo, Hélène Giraud

 

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 20:34

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On attendait le retour de Christophe Gans dans les salles depuis 2005 (enfin, moi en tout cas). Huit ans d’attente, pendant lesquels le projet de Fantomas a été conçu puis avorté, et qu’un Cavalier suédois galope encore dans les tiroirs des scénaristes. Puis cette relecture de La belle et la bête, inattendue et plutôt enthousiasmante. Passer après Jean Cocteau, c’est quand même la classe et le défi, à la fois pour réaliser un blockbuster équilibré et ambitieux. Hélas, si la direction artistique sauve le film, de sérieux problèmes peinent à lui faire franchir le seuil de la moyenne…

L’histoire : Un marchand faisant faillite se voit contraint de s’exiler avec sa famille dans une maison de campagne. Ayant un retour de fortune, il décide d’offrir à ses filles un cadeau. La plus jeune, Belle, demande une rose…

 

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Je vais essayer de passer rapidement sur l’admiration que j’ai pour Christophe Gans. Qu’on critique la mollesse de Crying Freeman, l’hétérogénéité du Pacte des loups ou la désincarnation de Silent Hill, il a toujours offert des monuments d’ambiance, en se dévouant corps et âme à développer son projet, cherchant à la fois la classe, l’action et la profondeur (dans ses personnages, leurs sentiments et leurs choix). Et avec quel panache ! C’est le mot « panache » qui ressortira toujours avec Gans. Mais pas ici. Comme le laissait, hélas, entrevoir les bandes annonces au fur et à mesure que la sortie se rapprochait, le script part dans plusieurs idées sans en privilégier, ce qui donne carrément un goût d’inachevé rajoutant ça et là des touches inutiles qui alourdissent le film plutôt que de l’alléger. Le meilleur exemple de ce genre d’incongruité sont les tadums, sorte de petites mascottes vouées à être imprimées sur les paquets de pop corn, conçu pour leur bouille trop mimi histoire de rameuter les gosses dans la salle, alors qu’ils ne servent finalement à rien de plus que meubler quelques séquences (oui, c’est mimi, mais bon, on aurait aimé, quitte à les voir davantage, qu’on leur accorde plus d’importance que des bibelots vivants). Le plus dur, dans une adaptation de conte moderne, c’est de faire la part entre la naïveté visée (tout en simplicité et en sincérité) et la niaiserie, son alter égo pataud et agaçant. Et cette version navigue un peu entre ces deux là, allant de l’un à l’autre en peu de temps, et sous plusieurs formes.

Question direction artistique, c’est clairement elle qui sauve le film. C’est la grande classe question décors et ambiance, du gothisme enfiévré comme seul Gans pouvait en faire. Sans lorgner vers Burton (ce qu’on pouvait craindre), il nous offre un château somptueux et des séquences bal merveilleuses (sans parler des banquets, on retrouve le faste d’un Legend). A l’exception des couronnes, les robes de Belle sont somptueuses, et pour l’enchantement visuel que constitue le film, il convient de le visionner au cinéma. C’est sur le reste que cela pêche un peu. Question acteur, Léa Seydoux confirme ce qu’on pensait d’elle, à savoir que c’est quand elle veut (capable de passer du ton juste à la contre-performance en un seul plan). On retiendra essentiellement la performance de Dussolier très investi dans son personnage de père honnête, et bien sûr le Vincent Cassel, mais la profondeur très relative de ce personnage. Car c’est probablement là que La Belle et la Bête se révèle le plus décevant : en allant trop vite, il gâche beaucoup les sentiments des personnages, et prétend faire naître l’amour alors qu’on ne le voit éclore à aucun moment… Que la bête ait un cœur tout mou et qu’il soit prêt à s’attacher à la première jouvencelle de passage, passe encore, mais que Belle, hautaine et méprisante, prétende qu’elle l’aime après seulement une petite semaine… On se fout un peu de ma gueule, là… Le Disney faisait bien mieux en moins de temps… Peu importe les détails sensés étoffer les personnages (le papa négocient et ses petites affaires, Perducas le bandit remplace Gaston le chasseur…), le schéma suivi est trop simple, et surtout beaucoup trop expédié, comme si l’amour de pacotille promis n’avait autant de valeur que ceux des joyaux que la Bête sort par pelle de ses coffres. Si des efforts notables ont été fait autour de la Bête et de sa malédiction (permettant d’orchestrer de magnifiques scènes de flash back et de faire apparaître ces merveilleuses lucioles), le romantisme ne convainc pas un seul instant le spectateur, pas plus que le cabotinage d’Eduardo Noriega qui semble avoir bien du mal à retrouver un rôle à la mesure de son talent. Et beaucoup d’idées semblent avoir été avortées, ou conclues à la va vite (seul un cheval connaît la route pour le château, or Belle murmure qu’elle veut y retourner et pouf miracle, la forêt la guide). Le destin de Perducas en est une autre preuve tout aussi criante, même si je ne spoilerai pas. Enfin, les effets spéciaux arrivent un peu sans qu’on les attende, malgré leur finition assez majestueuse. Les géants de pierre sont très beau, oui… Mais était-ce bien nécessaire ? De même que ces lianes numériques reprenant les mouvements des barbelés du final de Silent Hill ? Il semble que les idées n’ont pas manquées, mais que personne n’a su faire le tri…

Pour conclure, on dira que la fin manque sacrément… de panache. Oui, c’est cela, la fin n’a vraiment pas la classe, balançant par la fenêtre le cadre idyllique de la vie de château pour le pavillon de banlieue potager, où le grand prince apprend à planter des pommes de terre pendant que Belle lit des histoires aux nenfants dans un tablier rose bonbon. Voir un tel dénouement, de la part de monsieur Christophe Gans, c’est quand même refroidissant. Genre c’est la retraite, tous à la campagne, en Savoie ! Les versions précédentes appelaient à un peu plus de prestige, quand même… Enfin bon, on prend une claque visuelle avec ce kitsch éblouissant (un des plus beaux exemplaires de ces dernières années), donc on veut être gentil en disant que sur la forme, le Christophe et son équipe (on doit la bête à Patrick Tatopoulos, pour ceux qui se demandaient ce qu’il avait pu faire depuis Underworld 3…) ont fait un sacré boulot. Dommage que le reste laisse à désirer surtout question sentiments, ça ne pardonne pas…

 

2,9/6


2014
de Christophe Gans
avec Vincent Cassel, Léa Seydoux

 

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 11:39

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C’est une règle tacite, quand un navet pour la famille sort, il y a souvent un scénariste irresponsable qui pond un projet de suite, qui peut soit être ressorti, soit dormir au fond d’un tiroir. Nombre de suites Disney auraient dû bénéficier de la seconde option, mais que voulez vous, c’est la nouveauté qui fait vendre. Autant dire que tous ceux qui ont cauchemardé de Beethoven seront ravis, parce que sa suite, Beethoven 2, est à l’égal de son modèle. Ce dernier ayant gentiment marché (le chien qui bave, quel gag !), les producteurs décident de remettre le couvert en conservant l’esprit de la saga.

L’histoire : maintenant bien intégré dans sa famille d’accueil, Beethoven rencontre une charmante saint bernarde dans la rue. Malheureusement, sa maîtresse est une salope patentée qui demande le divorce à son ancien compagnon.

 

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Pourquoi changer une équipe qui gagne ? On reprend les mêmes et on recommence. Tous nos héros rempilent dans cette séquelle morale qui se propose d’appuyer davantage sur le message familial. En effet, après l’intégration de l’ange gardien dans la famille, l’enjeu est d’être capable de prendre son envol pour séduire un membre de l’autre sexe afin de fonder une famille. La famille étant la seule bonne manière d’être heureux, Beethoven doit donc lui aussi trouver son parti. L’idée sera subtilement introduite en filmant tout un tas de couple devant lesquels passe Beethoven, conscient que  pour pouvoir s’occuper, il n’y a rien de plus urgent et nécessaire que de trouver enfin un fourreau où il pourra se vider les couilles. Mais attention, hein, dans les règles ! Il y a un protocole moral à respecter, et autant dire que les chiens s’y plient : on fait d’abord de petites sorties ensemble, puis on se lèche la truffe, et ensuite on fornique comme des bêtes, mais ça c’est en hors champ (on ne va pas risquer de choquer les mômes en leur montrant comment ça marche…). Parallèlement, on suit l’avancée romantique de Rice qui se fait déjà escortée en voiture par un certain Taylor… Il a de la suite dans les idées, le jeune homme. Mais Beethoven, lui, il a rapidement des chiots. Cependant, sa promise est tombée entre les griffes d’une ennemie de la Famille ! Une grosse connace mal maquillée qui a divorcée de son ancien époux et qui veut 50 000 $ pour le divorce. Autant dire qu’elle s’attire notre franche antipathie, cette méchante qui divorce pour de l’argent, brisant ainsi la dernière valeur sacrée de notre civilisation. Enfin bon, en fonctionnant sur les clichés, son ancien compagnon, Willow, a une gueule de pédophile (il offre même une glace à Beethoven qu’il ne connaît pas… sans doute pour l’attirer dans sa voiture…), donc on peut la comprendre. Vu que la Salope bafoue les valeurs prônées par le film, les enfants lui piquent les chiots qui lui reviennent de droit. Autant dire qu’on retrouve le père dans ce qu’il savait faire de mieux : les jérémiades plaintives sur les dégâts matériels. Parce qu’un chien on s’y adapte, mais 5, c’est trop… Et hors de question de les donner, c’est contre les valeurs familiales…On repart donc sur le remake du 1 avec plusieurs chiens au lieu d’un seul. On aura l’inévitable séquence du « Papa, comment on fait les bébés ? » en mode gag familial, les guignoleries du chien Momo… Puis nous partons en voyage familial où tout le monde célibataire rencontre de nouvelles têtes : Ryce rencontre le gentil Floydd, le petit Ted se prend son premier râteau, avant de brillamment se rattraper grâce à notre Saint Bernard favori (avec Cujo). Quant à Taylor, de passage dans le coin, il en profite pour tenter de désaler Ryce, mais Beethoven, toujours là pour veiller au grain, le précipite dans la gadoue (car c’est là que finissent les méchants, et comme ils sont ridicules, on peut bien rire d’eux…). Le temps d’arriver à l’acte final où nos divorcés tentent de s’emparer des chiens et où la famille se sert les coudes pour les retrouver. Autant de situations visant à ridiculiser nos divorcés, car rappellons le, la famille, c’est bien. Après le martèlement idéologique et le balançage des méchants dans la gadoue, Beethoven 2 se conclue dans la bonne humeur générale, la famille s’est élargie. Et Willow le pédophile obtenant la garde de la chienne, elle revient régulièrement voir sa progéniture. La dernière intervention de Willow sera de demander si les enfants de la famille sont là, ce qui ne manque pas d’être suspect. Enfin bon, tout le monde est heureux maintenant. Et nous aussi, car maintenant que Beethoven 2 est traité, on peut définitivement passer à autre chose…

 

-10/6


1993
de Rod Daniel
avec Charles Grodin, Bonnie Hunt

 

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Comment s'y prend Willow pour attirer quelqu'un dans sa voiture...

 

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Non mais regardez moi ces gueules de divorcés !

 

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Heureusement, ils finissent dans la boue. Bien fait pour eux !

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 11:19

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On le sait, le rayon des films animaliers est surtout prisé par les enfants, moins regardant sur la qualité du scénario que sur le capital cucul des icônes qui leur sont proposées. A ce jeu, Beethoven est une icône d’enfance des plus prisées (allociné le note toutefois en dessous de la moyenne, une petite surprise), ayant tout de même réussi à s’imposer dans de nombreux foyers pendant les années 90 (tous ceux qui ont aujourd’hui la vingtaine sont tombés dessus). Dans la même veine que Sauvez Willie, nous avons donc des personnages humains lambda, dont leur famille s’élargie de façon inattendue avec un molosse baveux gentil comme un chamallow.

L’histoire : durant le cambriolage d’un vendeur d’animaux, un chiot saint bernard s’échappe et échoue dans une paisible maison de banlieue, égaillée par la présence de 3 enfants. Mais le père, d’un tempérament casanier et râleur, rechigne beaucoup à l’accepter.

 

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Divertissement familial dans toute sa moiteur collante, Beethoven  est un petit navet des familles, caricaturant volontiers tout ce qu’il décrit, en instaurant toutefois une préférence dans ses clichés. En effet, ses personnages principaux incarnent la famille « idéale » dans sa plus grande banalité. Classe moyenne, un pavillon de banlieue avec barbecue et jardinet délimité par une haie, le cadre typique. Le père est un homme, il est donc bougon, très attaché au caractère pratique et au quotidien prévisible, bref, le gentil américain qui reste à sa place tout en rêvant d’améliorer sa condition, et que les futures exactions de Beethoven vont mettre à rude épreuve. La mère est quant à elle un modèle d’insipidité, que le film érige en icône de tempérance et de sagesse. Un peu comme quand vous prenez une boîte de conserve dont la date de péremption a disparue, que vous tapotez un peu le couvercle avant de dire « pour être sûr, il faudrait l’ouvrir. » C’est ce qu’a fait cette mère pendant toute sa vie, et les femmes comme ça, ce sont les bonnes femmes, m’voyez ? Les enfants sont également les clichés de leur âge, avec la grande sœur préoccupée par ses premiers rencards, le frère un peu geek de science à lunettes persécuté par les racailles du collège et la petite dernière trop mimi qui s’émerveille de tout. Ce n’est pas pour rien que Beethoven la chouchoute en premier, comment voulez-vous dire non à une petite frimousse pareille ? Bref, la famille, c’est la vie, et cette façade ne sera jamais ternie par Beethoven, qui se consacre d’ailleurs corps et âme à sa mission d’ange gardien. Afin de justifier sa présence et les nombreux dégâts matériels qu’il fait subir à son propriétaire, il se révèle être le garde du corps de la cadette (il l’accompagne à l’école, il la sauve de la noyade), l’argument d’autorité du moyen frère (il grogne devant ces sales collégiens qui le provoquent) et l’atout charme de la grande sœur (grâce à lui, elle décroche son premier rancard, première étape vers la création d’une honnête famille). Mais attention, un vil vétérinaire payé par la NRA pour tester des munitions explosives convoite le bel animal. Autant dire que c’est le principal adversaire du film (mais pas l’unique), et il prend son rôle très au sérieux. Toutefois, qu’on se rassure, il sera bien puni au cours d’un happy end où il se fait mordre les bouboules avant de se récolter une quinzaine de seringues dans le bide. Le flash info final tout à la gloire de nos amis les animaux est un pot pourri de bons sentiments, une vraie conclusion pour la famille modèle. On ne peut zapper l’apparition du sympathique Duchovni, qui ici cachetonne dans le rôle d’un investisseur verreux venu prendre un barbecue (avec un dédain assez magnifique genre « un… Barbecue ?... Avec des saucisses ? ») afin de conclure un contrat frauduleux avec le père. Malgré la mère qui sent mal cet investisseur et sa compagne, le père n’y voit que du feu, heureusement que Beethoven veille, en donnant à ces lascards une leçon de ballade qu’ils ne sont pas prêt d’oublier. Quel redresseur de torts cabotin, ce Beethoven ! Le message sur la famille (qui s’unit au final pour sauver Beethoven qui est devenu un membre de la communauté) se trouve un peu renforcé avec le couple des investisseurs, qui déclarent sans honte : « Des enfants ? Pfff ! Nous avons d’autres ambitions ! », suivi par le départ des enfants qui les regardent bien de travers pour nous faire comprendre que les couples stériles, faut les brûler. Pas très novateur dans sa propagande familiale et volontiers caricatural pour les autres personnages (la motarde qui se fait pisser dessus par le chiot, vous aurez compris que porter le cuir, c’est pas très bien), Beethoven est donc le petit navet familial de milieu de journée qui sert surtout à occuper un peu les enfants histoire de pouvoir respirer pendant quelques minutes sur la pelouse de sa maison de banlieue. Evidemment, il faut prévoir des réclamations de chien par la suite, et histoire de ne pas passer pour le père casanier, on vous conseille de répondre : « Oui, si tu as 15 de moyenne générale ce trimestre ! ». Et pour faire des économies sur les jouets, on vous conseille de laisser traîner Chucky la poupée de sang près de la télé à l’approche des fêtes, histoire que pour changer, les gosses vous demandent des livres. Qu’il est bon de défendre la culture de notre jeunesse !

 

0/6


1991
de Brian Levant
avec O-Lan Jones, Nancy Fish

 

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 18:43

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Comme chiens et chats était un film d’espionnage, disons-le, révolutionnaire pour son concept, à savoir transposer le monde de l’espionnage technologique dans le règne animal, et plus particulièrement pour alimenter la guerre entre chiens et chats et l’amener sur un nouveau terrain. Les scénaristes ayant des idées pareilles devraient passer en cours martiale. Vu la débilité du produit final, on se disait qu’ils en auraient fini. Mais pensez vous ! Si il y a eu un Inspecteur Gadget 2 (nous en reparlerons), il y allait forcément y avoir un Comme Chiens et chats 2. Gagné, c’est la revanche de Kitty Galore, et on l’enterre une bonne fois pour toute aujourd’hui.

L’histoire : Les chiens sont de mauvais poil après que Kitty Galore, féline à la dent dure, se soit emparée des codes de piratage d’un satellite de communication. Pour mener leur lutte toutes griffes dehors, ils recrutent Max, un chien policier tombé en disgrâce auprès des humains. Mais les chats sont eux aussi de la partie…

 

108577 trailer-cats-and-dogs-the-revenge-of-kitty-galore ar la méchante du film...

 

Bon sang, rien que le résumé, ça donne déjà envie de se pomper le cerveau par les orbites. Et ce n’est bien sûr qu’un début. Car comme tout bon film pour enfant décérébré, il faut diminuer les enjeux au plus bas de l’échelle. Déjà, il est maintenant impossible de s’identifier à qui que ce soit dans ce film, vu que nous sommes redescendus au stade animal et qu’on se fout des sentiments de nos protagonistes (d'autres ont réussis dans ce registre, c’est ce qui faisait l’intérêt de Babe…). On commence direct avec un russe qui parle avec un très mauvais accent qui commence au téléphone : « Allo ? Monsieur l’ingénieur ? Les codes d’accès du Satellite ? Mais bien sûr que je les ai avec moi ! Non, je ne les ai pas oubliés dans ma voiture ! » Et pendant qu’il dit cela, il rouvre sa voiture et prend la mallette qu’il avait oublié. Ceci était un extrait de l’humour que le film véhicule tout le temps. Et ça continue. Un chiot se met à photographier les codes du satellite, puis ouvrant une fermeture, nous découvrons enfin Kitty Galore, une chatte pelée qui cabotine à qui mieux mieux pour tenter d’avoir l’air un peu méchante. S’ensuit alors le générique, une magnifique faute de goût, puisqu’il s’agit d’une parodie de tous ces génériques de James Bond ridicules, sauf qu’au lieu des ombres de femmes qui dansent sur des images plus ou moins bien faites, ce sont des chiens, des chats, des nonos, des baballes… Ils annoncent si bien la nullité qu’on éclate de rire devant cette tentative de plagiat foireuse. Passons sur la débilité du scénario, et concentrons-nous sur les personnages. Max, le héros du film, est un berger allemand insupportable qui fait des blagues tout le temps. Il sera épaulé par un labrador expérimenté, mais surtout par un pigeon, qui vu son accent, a été doublé par un black. C’est génial de constater que même au niveau des films animaliers, on cherche à bien insister sur la représentation des minorités. Si encore ils n’insistaient pas, mais avec un accent pareil, c’est juste un gag d’une lourdeur incroyable. Et concernant la méchante, on atteint des sommets. Son complice « Rouquin » est un clin d’œil assez lourd vers le fameux méchant ayant hanté la saga Bond, Kitty Galore en elle-même est une victime insipide. Serait-ce parce qu’elle a été abandonnée plus jeune, ou qu’elle est régulièrement martyrisée et tournée en ridicule par son maître, magicien raté aux goûts douteux ? On s’en fout, elle est vénère et veut réduire le monde en esclavage (pathétique). C’est donc avec un désintérêt complet que le spectateur suit le spectacle qui dure… qui s’éternise pendant l’indécente durée d’une heure vingt. C’est le point délicat des navets modernes, ils demandent un gros effort pour être regardés jusqu’au bout tant ils parviennent à lasser rapidement leur public. Enfin, pour enfoncer le clou, impossible de passer à côté de l’insulte à Hannibal Lecter, sous la forme de Catnibal Lecter, qui donne quelques infos à nos enquêteurs. Non seulement les gamins sont incapables de comprendre l’hommage, mais en plus, cela n’apporte rien à l’histoire, en plus de n’être absolument pas drôle. Mais quel est l’intérêt d’enchaîner des gags qui tombent tous à plat ? Véritable objet de mauvais goût dans le sens naveteux du terme, le carnage est intégral, et pour le coup, on souffre pendant le visionnage. Sublimant son prédécesseur par des fautes de goût cinéphiles encore plus graves, le résultat est à la hauteur des ambitions : abyssal…

 

-555/6


2010
de Brad Peyton
avec James Marsden, Nick Nolte

 

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 12:55

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Parfois, quand on écrit un article, l’écriture bloque car on sait déjà qu’on va se répéter, et que ça ne servira à rien de toute façon puisqu’il faut ramener du pognon quitte à faire de la merde et à la vendre telle quelle. Les schtroumpfs 2 sont donc en salle, alors que personne n’y croit officiellement au vu de la dernière débâcle. Est-ce que les producteurs ont changé depuis leur fusil d’épaule ? Non, au contraire ! C’est le viol authentique d’un esprit auquel on assiste pendant une heure quarante cinq… On le savait en entrant dans la salle, mais il restait un petit espoir de… Non.

L’histoire : Gargamel, machiavélique sorcier vivant comme un prince à Paris de sa magie (en donnant des spectacles de fête foraine à l’Opéra Garnier (bon sang, quelle décrépitude…)) crée des « canailles », sortes d’avatars des schtroumpfs sans la couleur bleue. Afin de pouvoir leur insuffler l’essence de Schtroumpfs, il kidnappe la schtroumpfette, qu’il avait elle aussi créé.

 

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Ah, pas de doute, on est bien de retour chez les schtroumpfs US… Au moins, ils parlent en schtroumpfant contrairement au premier épisode. Sinon, question trame principale, c’est quand même un peu plus ambitieux que le prédécesseur (qui pour le coup pompait Alvin et les Chipmunks). Ici, on évite ça, mais on tombe dans une parodie djeuns qui f ait peine à voir. Quand on entend « schtroumpf cool » et qu’on voit un schtroumpf avec des lunettes de soleil donner du « c’est cool, man. », on sait déjà que le niveau n’est pas remonté. Et quand « schtroumpf branché » dit qu’il a reçu une centaine de likes sur faceschtroumpf, on a envie de se tirer une balle. Le contexte sentimental était pour le coup étonnamment stimulant, puisque la schtroumpfette se retrouve alors à hésiter entre le village très masculin des mini naa’vi et une sœur cadette, mais grise et rebelle. Mais le film semble incapable de la moindre subtilité, et quelques soient nos efforts pour tenter d’être réceptif, les excès du film finissent toujours par agacer, faisant retomber la mayonnaise. Inutile de dire que Gargamel s’en donne à cœur joie niveau cabotinage, dépassant sa performance du premier dans le ridicule. Toujours ricanant et criant très fort, le mot subtilité semble avoir été rayé de son vocabulaire, tant il se révèle insupportable tout au long du film (en fait, il est juste con, il veut jouer la psychologie sans en être capable pour convaincre la schtroumpfette, mais il est juste débile. C’est le code de toute façon depuis quelques années dans les films pour enfant, il faut que le méchant soit débile pour qu’ils puissent s’identifier à eux, car nos enfants deviennent débiles). Azrael, chat mi réel – mi numérique, est prévu pour être la nouvelle mascotte humoristique de la jeunesse, ressort comique souvent ridicule, mais néanmoins plus supportable que Gargamel. Toutefois, la façade gadget du film (le compte facebook d’Azrael, Gargamel qui découvre la tablette graphique Sony) est particulièrement énervante et n’aide pas du tout. Avec un message sur la famille bien lourd, on peut rajouter une partie du film où la schtroumpfette devient une vraie petite canaille, puisqu’elle saccage un magasin de bonbon (oh la vilaine !) avant de perturber une séance de photo suivie d’un vol de cigogne  qui pourrait être agréable si elle ne répétait sans cesse « waa c’est trop beau ! ». Suivi d’un lancer d’escargot dans le nez de leur consommateur, ça leur apprendra à bouffer des trucs dégoûtants ! Puis on voit enfin la statue de la liberté, mais c’est pas la vraie, parce qu’on la voit mieux à New York. Quitte à faire les crapules, j’aurais aimé voir la cigogne chier sur la statue, mais ça deviendrait politique, et on ne va surtout pas faire ça dans un film pour enfants… Trop léger ou lourd à souhait, les schtroumpfs 2 semble incapable de faire dans la nuance et ne rate donc pas son étiquette de navet dès sa sortie. Je pensais toutefois qu’ils allaient nous épargner le passage musical qui avait été une souffrance… Vous pensez qu’ils allaient se gêner ? Nous sortant sans honte une musique signée Britney Spears, sorte de bouillie de fin de soirée en discothèque, on achève le spectacle dans une horreur totale, mais au moins, ils nous enlèvent tout remord.

 

0/6


2013
de Raja Gosnell
avec Neil Patrick Harris, Brendan Gleeson

 

La chanson de générique de fin (car ça serait dommage de vous épargner ça) : Ooh la la (comme ils disent...)

 

 


 

 

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 15:51

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Moi, moche et méchant semble avoir marqué en bien l’opinion publique, plus particulièrement pour les gags des minions, sortes d’avatars mignons multipliant grimaces et humour régressif. Sa suite, particulièrement attendue, fait office de prolongation, moins focalisée sur l’originalité de son script que sur l’exubérance de ses protagonistes. Le divertissement pour enfant moyen, en somme.

L’histoire : après le vol d’un laboratoire ultra secret travaillant sur le sérum de Bulk, Gru, méchant devenu père de famille attentionné, est enlevé par un groupe de lutte anti terrorsite pour retrouver les coupables.

 

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Tout d’abord, je dois exorciser le fait que j’ai regardé ce film dans une salle bondée, et surtout que j’étais assis à côté de Cartman en personne (un obèse à lunettes de 12 ans qui riait exagérément en tortillant ses genoux et en répétant tous les gags qui lui plaisaient en y ajoutant des rires gras). Maintenant que mon côté mesquin est complètement exorcisé, le film. Pour ne pas tourner autour du pot, l’histoire est complètement nulle, et inintéressante au dernier degré. On se fout du plan machiavélique, de l’identité du mystérieux méchant, on se fout même des différentes histoires d’amour qui traversent le récit, toutes évidemment déclinées sur un mode cliché qui feront largement soupirer tous les cinéphiles ayant un minimum d’exigence. Le récit est complètement fade, les enjeux sont mous, la moitié des gags sont ratés. Toutefois, le film est rattrapé par l’autre moitié des gags, qui vont du sourire au rire sincère (la séquence de sortie de l’avion est bien trouvée), et surtout, c’est la fraîcheur de Gru et de sa famille qui font l’essentiel du capital sympathie. Le personnage de père célibataire est naturellement charismatique, la bienveillance qui s’en émane est sincère, le personnage est naturellement comique et ses filles ont bien des caractères de filles. A quelques clichés près (le traumatisme féminin de Gru assez lamentable), Gru, ses filles et ses minions sont effectivement les points forts de ce nouveau film. On peut également relever le personnage d’El Macho, parodie d’un mexicain si badass qu’il en rendrait jaloux Machete, aussi survolté que peu attachant. Le principal problème de Moi, moche et méchant 2 reste son héroïne insupportable pendant la première moitié du film (extrêmement agaçante, voire crispante pendant les 45 premières minutes), qui s’adoucit toutefois sur la fin, et l’indigence du script, qui enchaîne les grosses ficelles de son intrigue sans le moindre souci d’apporter quelque chose de nouveau, ou d’immersif pour son public. On ajoute à cela des clichés qui énervent (l’histoire d’amour entre l’aînée et le fils d’El Macho, à faire soupirer de lassitude pendant les séquences au ralenti) et des gags situés en dessous de la ceinture (les pets en fait, je vous laisse imaginer l’enthousiasme de mon voisin de fauteuil pendant ces séquences…). Complètement fade, mais soignant toujours ses personnages, Moi, moche et méchant 2 s’en sort avec la moyenne juste sur Voracinéphile, car il en faut un peu plus quand même pour retrouver une âme d'enfant…

 

3/6


2013
de Chris Renaud, Pierre Coffin
avec Steve Carell, Kristen Wiig

 

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