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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 17:40
Sinister 2

Sinister 2 allait prévisiblement se faire défoncer par les cinéphiles (car les collégiens ne sont pas des cinéphiles, il faut avoir vu au moins un film des années 70 pour prétendre à ce titre). Et il ramasse finalement une bonne petite moyenne, avec de nombreux écarts entre les avis. Suite commerciale, concepts développés, personnages ridicules... Il y a un peu de tout dans cette suite dirigée par le réalisateur de Citadel, qui tente donc de se faire un peu de brousoufs et de réputation avec une commande pas trop dégueulasse qu'il faut donc honorer.

L'histoire : poursuivie par son ex mari violent, une femme et ses deux enfants trouvent refuge dans une vieille maison abandonnée où il semble y avoir eu un meurtre étrange...

Je tournais moi aussi des films amateurs quand j'étais jeune ^^

Je tournais moi aussi des films amateurs quand j'étais jeune ^^

Le pitch est plutôt simple, et son efficacité fonctionne (c'est là l'essentiel, d'où sa moyenne). Sa forme contient toutefois plusieurs problèmes, notamment avec ses personnages, qui sont beaucoup moins attachants et fouillés que dans son prédécesseur. C'était là son gros point fort, qui devient ici point faible quand il s'agit de mettre en scène l'inévitable romance entre notre détective anti-paranormal et la mère de famille au prise avec son passé (le père, auquel je réserve un paragraphe entier). La psychologie y est ici laborieuse, surtout au niveau des enfants, qui sont les principales cibles du boogeyman. Il était intéressant de développer le complexe d'infériorité, mais de là à sauter des étapes pour en arriver à l'homicide familial, il faut y aller vraiment fort. C'est d'autant plus regrettable que les enfants ne jouent pas mal (même le petit frère turbulant qui trolle sans arrêt son aîné, avec parfois une cruauté palpable). Quant à l'horreur en elle-même, elle ne sera jamais vraiment efficace, partagée entre quelques bonnes idées et d'autres qui ne fonctionnent pas (cette radio à la con qui ne sert à rien du tout).

On en arrive au cas du père, qui est un point de rupture pour beaucoup de cinéphile. Ce personnage est nanar, il faut le reconnaître. La scène du "Moi ch'uis en danger ?" où il tabasse la personne venu le prévenir (amusez vous à lui demander une clope dans la rue, on vous retrouve à l'hosto), l'hilarant passage du dîner ("passe moi la purée !" "Mange !"), Sinister 2 vire complètement dans le ridicule avec cette caricature du mari violent (et paysan arriéré en plus !) qui enlève toute subtilité à son fonctionnement (il est voué de toute façon à mourir). Personnellement, je trouve le personnage fonctionnel dans ses actes, et le ridicule de son interprétation renforce un petit côté sympathie que j'éprouve pour ce film bancal.

On en arrive alors aux bons points, à savoir les snuffs familiaux et la fin du film, intéressante pour son originalité. Si les films 8 mm du premier sinister conservaient une certaine optique de réalisme qui leur donnait une réelle efficacité, ce film prend nettement plus de liberté dans les préparatifs des exécutions (les enfants peuvent prendre toute leur famille par les pieds à un arbre sans qu'on nous montre de treuil ou autre chose...). Et ça marche. Ces petits films sont meilleurs que ceux du premier, toujours originaux dans leur mise en scène atmosphérique (celle de la neige est la meilleure), et cette complaisance totale dans le rendu des mises à mort (à l'exception du dernier film très gore qu'on ne voit presque pas, aucune suggestion) donne un côté exploitation glauque inattendu qui trouve une certaine efficacité. Le final m'a plu pour son côté démons du maïs, ici aidé par une horde de fantômes qui l'aident constamment dans sa traque meurtrière, idée plutôt intéressante quoique moyennement bien exploitée (les fantômes qui jouent aux poltergeists, comme ça n'apparaissait dans aucun des films, c'est un peu facile et illogique).

Hélas, Sinister 2 nous quitte sur une scène nulle et plate suivie d'un jump scare complètement attendu. De quoi en conforter certains dans leur opinion défavorable. Sinister 2 reste toutefois une suite qui essaye de développer quelques idées, et qui veut faire des efforts pour étendre son univers. Malgré les défauts, il fait un boulot correct et mérite une petite indulgence.

5/10

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 15:19
It follows

It follows est un petit film d'horreur qui bénéficie d'un buzz assez exagéré, bien qu'on comprenne le contexte de sa sacralisation (petit film d'horreur indépendant, joli portrait d'adolescent...). C'est donc sur le terrain de la surprise que nous sommes sensés nous être aventuré. Pour un résultat qui laisse finalement plus mitigé qu'autre chose.

L'histoire : une jeune fille sort avec un gars craquant, qui lui explique une fois l'acte consommé qu'une créature va la poursuivre jusqu'à ce qu'elle la rejoigne pour lui régler son compte.

It follows

Slasher étudiant qui donne immédiatement dans le fantastique à l'ancienne, It follows aime donner dans l'ambiance, et cela se ressent. Que ce soit par ses banlieues automnales empruntées aux Griffes de la nuit (vous avez noté le numéro de la maison dans l'introduction ?) ou ses programmes télé vintage des années 50, le film brise la cohérence temporelle. Pourquoi ? Pour rien. Ca marche cependant. On passe ensuite à la présentation de notre étudiante, appuyée par une jolie photographie. Et la mécanique s'enclenche. Ce qui est assez intéressant, c'est qu'on note souvent des remarques qui réfutent le côté horrifique du film en disant qu'il ne fonctionne pas. C'est faux. Les premières apparitions de la créature sont un modèle d'efficacité. En particulier la scène de home invasion, particulièrement réussie et stressante. Le concept est bien exploité (même si il n'exploite pas tout). La séquence finale dans la piscine municipale est elle aussi intéressante, mais hélas, l'impact en est amoindri par une faute de mise en scène (l'identité physique prise par la créature, dévoilée seulement après). Néanmoins, la caractérisation des personnages ne faiblit jamais, ils méritent tous notre intérêt, et ce sont eux qui amorcent le prétendu discours sur la sexualité. En effet, pour faire le buzz et dire qu'on parle des étudiants, faut parler de sexe. On loue Larry Clark pour cela alors qu'il est un exemple même du genre underground fermé au grand public. Et ici, qu'est-ce qu'on dit sur le sexe ? Ben... on sait pas trop. La créature est liée à l'idée, mais on ne sait pas pourquoi, les relations entre les protagonistes sont bien exposées sans qu'elles mènent à l'illustration précise d'une idée (certains ont un charisme sexuel qui leur ouvre des cuisses, les autres prennent leur ticket d'attente...). Au final, It follows reste constamment dans le flou. Et c'est ce manque de parti pris qui finit par lui nuire, car à la longue, il souligne combien son contenu est une beaudruche. Avec des qualités formelles évidentes, mais qui ne mène à rien. On peut néanmoins ne mener à rien et être divertissant, mais alors, c'est le buzz et ses prétentions qui étaient malvenues (ce n'est pas la première fois qu'on surestime le genre. Et donc, à sa tiédeur thématique, on pourra sans doute lui préférer le DTV Inside, film fort peu connu et pourtant étonnamment proche en termes de mécanique de It Follows (un sort qui forçait une personne à se suicider et contaminait le premier témoin de la scène, en prenant la forme de sa propre apparence physique), qui assurait son fond avec des cathos intégristes et une lignée de sorcière jouant le rôle de mouton noir... Cliché, mais sans zone d'ombre, et efficace émotionnellement. Ici, le sentiment de superficialité culmine, réhaussé par un épilogue absolument mauvais, qui bâcle totalement sans donner le petit frisson qui s'imposait. Une excellente bande originale ne compensera jamais vraiment un script faiblard, aussi, il y a fort à parier que si suite il y a, le pompage d'Hidden s'imposera de lui-même...

2014
de David Robert Mitchell
avec Maika Monroe, Keir Gilchrist

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 19:48
Necrofobia (3D)

Dire que j'attendais ce petit film avec impatience était peu dire. En effet, si le giallo connaît un retour au cinéma depuis quelques temps sous la forme d'un vintage dynamisé par les techniques modernes (le traitement numérique facilitant grandement les effets de style), les résultats convaincants peinent grandement à convaincre (à l'image d'un Tulpa cliché, dans les meilleurs des cas, un Yellow qui n'assurait le spectacle que dans ses visuels et sa mise en scène). Le prophète funeste de la catégorie est l'Etrange couleur des larmes de ton corps, sommet de masturbation artistique n'ayant plus d'âme dans son délire stylomaniaque. Et voilà qu'arrive Necrofobia, qui accomplit honnêtement son boulot.

L'histoire : un tailleur de costumes sur mesure perd son frère dans un accident. Lors de l'enterrement, il est pris d'une crise de nécrophobie, à savoir l'angoisse de sa propre mort. A partir de cet instant, son quotidien s'enfonce dans le délire macabre, mêlant l'ancienne compagne de son frère et un mystérieux inconnu à l'habit délicieusement fétichiste.

Necrofobia (3D)

Petit bijoux que ce Necrofobia, qui cumule avec jubilation le style des giallos (en partie seulement, en termes de style, on tient un curieux mélange de giallo argentesque (sans la fantasmagorie colorée) et les gros plans à la Coppola) et le trip fantastique total, qui tient presque de l'exercice de style. Necrofobia est moins un thriller policier qu'un film d'horreur à concept, d'autant plus original qu'il n'est pas possible de prédire un seul instant dans quelle direction l'histoire partira (enfin, si d'une certaine manière, pour mieux surprendre par la suite). Et quand le film se révèle enfin, c'est l'euphorie. On cède alors à l'envie de se transformer en catalogue de référence, le film mêlant dès lors de multiples ingrédients qui rappellent tantôt Angoisse de Bigas Luna, TimeCrimes de Vigalondo, Maniac pour les décors glauques. C'est un florilège de références involontaires, car Necrofobia a sa propre identité, et les petits effets qu'il semble emprunter ça et là servent tous à créer une ambiance qui lui est propre. Il est rare de tomber sur une pépite de ce genre, qui ménage véritablement plusieurs surprises, et qui surtout abandonne peu à peu sa cohérence pour privilégier le malaise dans lequel il plonge son personnage principal, et nous avec. Histoire de ne pas trop spoiler, on se contentera de disserter sur la miniboucle qui sert d'introduction au film. Brouillant sans arrêt les repères géographiques par un montage précis et une gestion habile du cadre, le film arrive à nous faire vivre cette crise de necrophobie à force de petits effets payants, qui créent véritablement une angoisse psychologique toujours à la lisière du fantastique, et la relation qu'entretient le film avec le temps (qui reste à vivre, donc) se développe d'une façon subtile, d'ailleurs plutôt bien développée. Quand son intrigue s'est lancée, on constatera bien vite que le film abandonne les justifications, faisant le paris de nous avoir déjà dans la poche et de nous emmener loin dans l'angoisse plutôt que de se contenter de clichés cohérents. L'utilisation des artifices du giallo n'est d'ailleurs que pur style, pour créer une ambiance visuelle fétichiste agréable à l'oeil, et ajouter un petit côté mystère à l'identité de ce tueur toujours dans l'ombre. On a moins recours aux gimmicks du style qu'à l'esthétique, et l'originalité s'en trouve ainsi préservée. Après, on a des personnages plutôt clichés (la policière, pas particulièrement utile), le principal reproche qu'on puisse lui trouver. Pour le reste, bien qu'un poil surchargé de style, Necrofobia se consomme avec curiosité et satisfaction, les œuvres d'ambiance manquant cruellement de nos jours. Pour ma part, le premier représentant purement spectaculaire du néo-giallo réussi, exploitant une bonne avec un sens aigu de la surprise.

2014

de Daniel de la Vega

avec Hugo Astar, Julieta Cardinali, Luis Machín

4,6/6

Necrofobia (3D)
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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 13:39
V/H/S 3 : Viral

La saga VHS marche assez bien, essentiellement grâce au meilleur niveau qu’a réussi à atteindre le second opus, qui se lâchait question nervosité et horreur. Le troisième arrive donc aujourd’hui, se proposant surtout de partir sur différents continents, et avec des thématiques plus ou moins variées (en fait, sans aucun lien logique entre elles, mais bon, l’histoire principale va quand même réussir à te relier ça). En résulte un film médiocre.

L’histoire : Dans l’optique de faire le buzz, une bande de jeune décide de faire une compilation video d’accidents et d’évènements bizarres, qui aboutissent au what the fuck…

V/H/S 3 : Viral

Quatre segments sans compter l’histoire centrale, qui pour une fois bénéficie d’un certain développement sur la fin (contrairement à ses prédécesseurs). Le premier, complètement ludique, est de loin le meilleur malgré son parti pris assez classique. Tombant sur une cape magique de Houdini, un type se retrouve capable de faire des tours d’illusionnistes réellement magiques, mais évidemment, un petit tribut de sang se révèle vite nécessaire pour continuer à faire usage de ces pouvoirs. On suit donc un script sans grande surprise, qui s’amuse toutefois avec les petits tours classiques de l’illusion, qu’il pervertit dans la violence. De la poudre aux yeux qui peut gentiment faire illusion pour peu qu’on pose le cerveau, hélas plombé par une fin en dessous de tout question cliché et effet visuel pourri. Un travail un peu à l’arrache de Gregg Bishop. Le second est le plus long avec le quatrième, et se révèle être l’œuvre de Vigalondo, le réalisateur du plutôt bon Time Crimes. Ici, il fait le postulat d’une machine ouvrant sur une dimension parallèle simplement inversée comme si elle était vu dans un miroir. Mais plutôt que de réfléchir sur l’effet de la machine (a-t-elle créé cette dimension ou ces deux se sont elles rejointes par le portail que chacun des deux a créé en même temps ?), le film préfère s’embarquer dans une visite respective des dimensions parallèles. Et ça vire à la blague de mauvais goût quand on constate les délires sur les pénis de l’univers parallèle, on part dans le nawak indigne d’un Troma. Le troisième segment ne mérite pas qu’on s’y attarde. Le quatrième, lui aussi un peu long, a le mérite de proposer quelques idées graphiques sympathiques, en nous parlant de sacrifices vaudou, qui dégradent les corps des fidèles pour ne laisser que leur squelette animé (et ce ne sont pas des images de synthèse). Malheureusement avant de pouvoir en bénéficier, on devra supporter une bande de jeunes skateurs qu’on a envie de frapper à la chaîne à clous tant leur comportement irresponsable (l’un d’eux se balade avec un flingue et tire en l’air à plusieurs reprises) met en danger les passants dans la rue. Et ce ne sont pas forcément les plus cons qui dérouillent. Je passe sur le traitement assez gênant des forces de polices (qui s’enfuient en voyant le sacrifice) qui sent surtout le manque de budget, pour hélas déplorer plusieurs effets numériques assez sales qui s’intègrent mal avec la qualité d’image volontairement sale des enregistrements. En résulte un sketch décevant car gâchant un peu ses effets spéciaux. Pour en arriver alors à la conclusion de l’histoire reliant nos sketches, qui suivent nos jeunes accros au buzz et qui balance une conclusion à leur histoire… en relâchant un fantôme sur le net ? Nan, ça part trop dans le n’importe quoi, il est temps d’arrêter les frais. Après les quelques efforts du 2, VHS revient en arrière et signe une anthologie de piètre facture, et malheureusement, ABC of death 2 ne viendra pas relever le niveau. Tous les espoirs se tournent maintenant vers The theatre bizarre 2 et le maousse Profane Exhibit…

2014
de Nacho Vigalondo, Marcel Sarmiento, Gregg Bishop, Justin Benson, Aaron Moorhead
avec Justin Welborn, Gustavo Salmerón

1,3/6

V/H/S 3 : Viral
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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 20:21
Chérie, je t'aime beaucoup, regarde ce que je t'ai offert pour ton cadeau d'anniv !

Chérie, je t'aime beaucoup, regarde ce que je t'ai offert pour ton cadeau d'anniv !

Annabelle est typiquement le genre de film qui me donne envie de tuer. Envie de tuer les abrutis d’adolescents qui se ruent en masse dans la salle pour se prouver qu’il peuvent voir un film sans ambiance, envie de tuer le réalisateur pour avoir produit un truc aussi plat, envie de tuer les producteurs qui sont prêts à valider n’importe quoi pour faire du fric, envie de tuer la caissière qui ose vendre des places pour ça, envie de tuer les gérants de Gaumont Pathé pour sortir un truc pareil…

L’histoire : Avant conjuring, il y avait… Mirabelle !

Cours, Rosemarie ! Cours !

Cours, Rosemarie ! Cours !

Vraiment, être pris pour des cons à ce point, fallait oser. Il est incroyable de voir un tel plagiat de nos jours, balancé comme une œuvre originale, et qui connaît un succès aussi illégitime. Une véritable saloperie dans les règles de l’art, qui chie sur le cinéphile pour taper dans l’adolescent. Annabelle, c’est Rosemary’s baby. Tout le temps. A chaque minute. Sans la moindre ambiance. Dans l’original, certes, ça pouvait parfois prêter à la somnolence, mais le malaise finissait par devenir authentique, diffus, impalpable (c’était aussi l’absence de menace évidente qui finissait par nous faire tout suspecter). Ici, croyez bien qu’on vous avertira bien quand il faut crier par une bande son tonitruante, un jump scare attendu ou un effet horrifique bien défini (l’inutile bond en arrière devant la cuisinière en feu, visible dans la bande annonce, qui ne fera peur à personne, exploité depuis des années par Paranormal activity). Aucune ambiance, rien de rien (la caméra filme la chambre d’enfant avec un carillon en espérant créer un malaise, alors que rien ne s’installe, parce qu’il n’y a rien à voir. Là où ça devient grave, c’est que le film s’inspire aussi de la vie de Roman Polanski (ou plutôt de Sharon Tate) en faisant intervenir une secte à la Charles Manson, qui va se charger de posséder la poupée d’une façon bien nanarde (Chucky n’était pas loin). Les meurtres, ça pouvait aller, mais le rituel lourdement mis en scène… A partir de là, on se tape des cris de femme enceinte, les plaintes d’un mari qui n’est jamais là quand il faut, mais qui repart toujours au boulot le lendemain, les encouragements de la négresse de service qui s’y connaît en occulte, mais non, elle est gentille et se suicide pour sauver les blancs à la fin (bon sang de boire, on est en 2014 et on voit encore un truc pareil ?)… Bon, ne soyons pas trop vache, il doit y avoir une ou deux séquences dans le lot (soit environ 4 minutes) qui valent le coup. Un plan en contrejour de poupée avec un visage démoniaque, le jump scare de la gamine remplacée par la furie (spoilée en bande annonce, donc inefficace), un landau pompé sur l’affiche de Rosemary’s baby…), mais sinon, tout le reste est mauvais. Quand un film vous fout une scène avec des gamins qui font un dessin gore prémonitoire avec un camion, c’est déjà nul, quand ces mêmes enfants disparaissent par la suite du récit, c’est pathétique, et quand la scène en question se révèle être un gros fail, c’est du foutage de gueule authentique. Une heure trente de rien, de promesses non tenues, d’idées foutues à la poubelle, de non prise de risque… Un constat déplorable pour ce qui sera l’un des plus mauvais films d’horreur de l’année. Seul petit épisode comique, le prêtre qui veut faire une photo de Mia avec son bébé posé sur ses genoux avec un grand sourire, on flaire un pédophile latent.

2014
de John R. Leonetti
avec Annabelle Wallis, Ward Horton

1/6

"Laisse moi prendre ton bébé en photo, salope !" Une vision très juste et naturaliste du pédophile à soutane...

"Laisse moi prendre ton bébé en photo, salope !" Une vision très juste et naturaliste du pédophile à soutane...

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 18:01
Délivre nous du Mal

Scott Derrickson aime l’occulte. Même sa commande Hellraiser V en porte la marque (hélas, en opposition totale avec les prédécesseurs, dont l’originalité du concept se retrouve noyé dans la série Z), et jusqu’à Sinister, le parcours n’a pas bougé de ce thème. Et à force de persévérance, forcé on est de constater que le réalisateur a mûri son point de vue, a peaufiné ses méthodes d’épouvante et ses scénarios, nous livrant maintenant sa régulière commande suffisamment bien exécutée pour passer un bon moment. Avec délivre nous du mal, il signe son meilleur film, et surement l’un des films de possession les plus réussis de ces dernières années (le remake d’Evil Dead est sa seule concurrence).

L’histoire : un agent des forces spéciales de police guidé par un instinct aiguisé se retrouve chargé de plusieurs dossiers d’enquêtes reliées par des signes occultes.

Délivre nous du Mal

Portant un beau chapelet pour se mettre dans l’ambiance, l’atmosphère dans la salle était plutôt tendue. Et j’avoue ne pas avoir caché mon plaisir de trouver du cinéma à l’ancienne, qui revandique sa morale chrétienne, avec le vrai Mal et des hommes qui essayent de l’affronter. En ces temps de cynisme athée, l’existence que quelques films religieux honnêtes vient nous rappeler ce qu’est la religion pour les hommes. Endurer les épreuves, reconnaître ses fautes, se battre contre le mal… Des accroches qui semblent creuses ou facilement risible et qui pourtant sont imprégnées de force. Et Délivre nous du mal renoue avec ce premier degré à l’intensité si puissante. Essentiellement par l’intermédiaire de ses personnages. Ce n’est pas un hasard si Sinister était déjà une réussite, tous ses personnages (à l’exception de la famille du héros, complètement clichée) avaient une étoffe attachante. Ici, c’est également le cas, poussé à un degré encore plus fort. Avec son personnage de prêtre moderne qui rend enfin justice à la vocation (beau, naturel, belle répartie, conviction et sincérité) et son flic encaissant le Mal des hommes au prix de sa vie de famille, on tient un duo puissant qui abordera les thématiques sus-mentionné avec sérieux, tout en menant l’enquête sur les agissements de plusieurs personnes qui semblent toutes liées. A la fois polar et horreur fantastique, le film réussit à bien jouer sur tous les tableaux, et même pendant les séquences clichées (la chambre d’enfant peu à peu investie), le film trouve une efficacité que seuls des films comme ceux de James Wan ont atteint. En fait, Scott Derrickson, c’est un peu le sosie de Wan, qui fait des films dans la même catégorie et de la même façon, tout en gardant son originalité. Et vu comment le réal s’améliore, il pourrait sans doute y avoir un duel pour départager les maestros (seul la productivité de Wan lui donne encore de l’avance). Le principal point fort du film, ce sont ses possédés. Sur la totale durée du film, seul deux plans ridicules. Deux plans ! 7 secondes grand max de mauvaises, tout le reste est bon, et on y croit. Exit les insultes à la mord-moi le nœud, les grimaces et lévitations en tout genre, on a des bêtes humaines, des fauves qui griffent et mordent. Et sur l’espèce de possédé ultime du film, j’ai eu l’immense plaisir de retrouver Sean Harris. Sean, c’est pas un acteur charismatique. Osseux, la peau plaquée sur le crâne, et ce regard vide qu’il a si bien su intégrer dans chacun de ses personnages (sa prestation d’anthologie de 20 minutes dans Harry Brown, le monstre de Creep…). Cet acteur n’a pas aucun amour propre, il se donne sans arrêt à fond, et nous livre ici sa performance la plus physique. Oubliez Lynda Blair, le boss des possédés, il est là. Scarifié, sanglant, physiquement invulnérable, Sean Harris montre combien il peut porter un film sur ses épaules quand on lui en donne les moyens. Petits défauts néanmoins ça et là dans le film. Un flash back assez hideux en mode seventies qui se révèle être une faute de goût (je ne sais pas vous, mais je préfère voir un acteur qui parle et qui a l’air de revivre les évènements par d’infimes signes de visage qu’un flash back), et la conclusion du film. Non, Délivre nous du mal ne devait pas se terminer ainsi. Le possédé, brisé, aurait dû faire face aux dégâts qu’avait provoqué son corps et dont son esprit était innocent. Le remord et l’irresponsabilité auraient du torturer le héros, et le mettre sur la même voie que le fait la conclusion. Parce qu’on ne gagne pas contre le mal. On peut s’empêcher d’en faire davantage, et parfois générer un autre bien pour soulager sa conscience. Mais on ne répare pas ce qui est fait. Et un possédé ne prend pas d’otages. Une note finale un peu décevante, qui n’éclipse cependant pas les remarquables idées qui jalonnent l’enquête (excellente séquence du zoo, excellentes apparitions des possédés, elles sont toutes efficaces), et qui aboutissent à l’un des divertissements d’horreur les plus réussis de l’année. Rien de moins.

2014
de Scott Derrickson
avec Eric Bana, Edgar Ramírez

4,6/6

Délivre nous du Mal
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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 12:19

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On repart en Italie, avec un tournage de film gore développé par la firme surmotivée Necrostorm, nous offrant aujourd’hui le nouvel effort de Giulio de Santi, le réalisateur du badass Adam Chaplin. Après une baffe aussi stimulante que Taeter City, c’est peu dire qu’on attendait ce nouveau morceau de bravoure avec une foi inébranlable, en s’attendant à un déchainement de violence poisseuse et de morceaux de bravoure en tout genre. En rajoutant le parti pris technique de filmer l’histoire en caméra subjective (pour trouver un effet FPS rajoutant du jouissif), on s’attendait à un objet curieux. C’est le cas, mais c’est quand même en dessous des précédents efforts…

L’histoire : Frank Zimosa, tueur professionnel ayant déjà exécuté des contrats glauques, est engagé par un certain Mistrandia, pour exécuter un couple dans un hôtel selon un rite bien précis. Il découvre qu’il s’agit de tueurs également employés par Mistrandia, et ne respecte pas le rituel, entraînant l’apparition d’un démon dans le bâtiment.

 

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Ne soyons pas trop mauvais public, le nouvel effort de Giulio de Santi méritait gentiment qu’on se déplace. Avec quelques séquences gores bien senties (le meurtre initial, le massacre survolté à la grenade dans le jardin de l’hôtel), le film a quelques idées à faire jouer, qui contentent le public amateur de maquillages qui tâchent. Il convient surtout de noter le gros soin qui a été fait sur l’ambiance. Vu le faible budget, le film a toujours cette petite facture Z qui fait la marque de Necrostorm, mais il soigne suffisamment son cadre pour convaincre. L’usage de la caméra subjectif joue un peu dans l’implication du spectateur, qui se retrouve alors lui aussi enfermé dans un hôtel bourré de tueurs et arpenté par un démon meurtrier dont l’impact est finalement plutôt bien rendu. Plusieurs séquences de flippe se révèlent donc très efficaces (la fuite dans les couloirs où nous sommes poursuivis par une voix, les sous sols caverneux de l’hôtel peu rassurants…) et accentuent le côté montagnes russes de ce divertissement boucher avec un fort penchant pour l’occulte. C’est ce contexte qui joue aussi sur la relative efficacité du film. Malheureusement, ça ne va pas beaucoup plus loin que les choses promises dans la bande annonce. Cette dernière dévoilait tous les temps forts du film, avec une pêche qu’on s’attendait à retrouver dans le film, or le rythme y est beaucoup plus en dent de scie. On alterne la nervosité et les passages où notre héros discute/insulte son employeur, qui détaille son projet ambitieux de maintenir les démons relâchés sur terre en sommeil. Inutile d’aller chercher plus loin, le film est une succession d’affrontements et de scènes plus ou moins gores, menées avec un rythme sympathique histoire d’assumer la carrure de divertissement fauché et brutal. Malgré cela, le film déçoit, la faute à un certain manque d’ampleur. Il manque des choses à Hotel Inferno pour qu’on ait envie de le revoir, davantage de gore (certaines scènes sont bâclées et nous laissent sur notre faim), davantage d’idées, davantage de budget… L’approche initiale pas vraiment convaincante (gênante redondance des appels à l’épouse), le final assez décevant, et finalement peu de scène marquante amoindrissent la portée de cette petite bisserie, qui paraît un peu fade au regard de son prédécesseur Taeter city. Une petite déception après le torrent d’hémoglobine précédent, mais bon, l’exotisme de tels excès incitent à la compassion.

 

3/6

 

2013

de Giulio de Santi

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 16:55

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Un film sauvage aujourd’hui, et un cas intéressant car tout le monde a découvert sa suite en lui reconnaissant les qualités qu’elle mérite avant d’avoir vu ce premier film, initiateur d’une saga plongeant à fond dans la sauvagerie glauque. Il s’agit d’Offspring, adaptation d’un roman de Jack Ketchum, dont la suite s’intitulera The Woman (film qui aura d’ailleurs de bien plus grandes ambitions sociologiques). Offspring ne va pas chercher si loin dans la lutte de sexe, en fait, il est surtout à ce jour le meilleur rip-off de la Colline a des yeux (l’original). Il en assume le kitsch avec un sens de la frontalité immédiatement asséné, qui donne au final un curieux résultat.

L’histoire : dans une petite ville côtière des Etats Units, une série de meurtres d’une sauvagerie rare se déroule depuis des années, sans que les autorités parviennent à en déterminer la cause. Ces agissements sont l’œuvre d’une famille de cannibales, vivant en autarcie depuis plusieurs générations.

 

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Les spoilers du synopsis n’en sont pas, nous avons droit dans les 10 premières minutes à un massacre dans les règles d’une famille entière, débités sous nos yeux par des cannibales en haillons et peinturlurés de boue, équipés d’outils émoussés visiblement volés chez l’habitant. C’est en fait cet étrange mélange, cheap et réaliste, qui fait la spécificité d’Offspring, et en fait le meilleur héritier de La colline… de Craven. Il n’a pas de budget, et met en scène d’une façon réaliste et frontale (à l'instar de Aja qui rendait chaque apparition des cannibales impressionnante) ses mangeurs d’hommes, humains retournés à leurs instincts primaires et vivant en meute organisée, pillant de temps à autres les maisons isolées histoire de se remplir la pense un bon coup. Oui, la première confrontation avec les cannibales est proche du ridicule, tant le décalage entre la modernité et notre meute contraste. Mais une fois la pilule avalée, l’histoire devient prenante et surtout, malgré son absence de gros enjeux, les détails qu’elle s’obstine à souligner portent leurs fruits. Si les présentations des adultes lambda que nous allons suivre échouent à impliquer (seul le gamin et l’enfoiré de service en décapotable attirent notre attention), celle de la meute et de ses différents membres (on y reconnaîtra la femelle de The Woman, déjà figure d’autorité et de sauvagerie redoutable) intéresse vraiment, l’organisation hiérarchique tribale posant déjà les relations entre ces êtres de pure survie. Le reste de l’histoire se contente, comme prévu, de suivre les confrontations entre tous ces personnages, dont l’issue semble peu certaine… La facture de film extrême passe ici surtout par des maquillages gores assez crades, et par le déchaînement de violence qui touche tout le monde (les enfants sont loin d’être épargnés, dans les deux camps). Avec ces deux qualités, le film joue simplement sur la survie des différents protagonistes, en suivant simplement les mouvements humains, en captant quelques sentiments ça et là, dilués dans la violence sèche. Les films de cette trempe sont rares, et si Offspring assume la débauche de sa violence, son efficacité implique le spectateur, en l’entraînant sur un terrain qu’on redécouvre (oubliez les détours mortels et autres légumes du genre…). En note de fond, nous avons ponctuellement quelques lourds constats sociologiques (l’enfoiré notoire se tire toujours des situations en laissant les autres prendre à sa place (le sort qui lui est réservé rappelle l’issue du remake de La nuit des morts vivants), ce sens du sacrifice pour sauver l’enfant…) qui viennent apporter un peu de matière pour les débats de fin de projection, mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est la plongée totale dans la survie qui fait la force d’un petit film comme Offspring. Après, les acteurs pas toujours terribles et quelques faiblesses ça et là (une certaine redondance au bout de la première heure) contiennent Offspring dans sa facture de petit film d’horreur méconnu (en terme de réflexion, il n’atteint pas le quart de The Woman), mais il plante d’honnêtes bases, et la fraîcheur avec laquelle il s’attaque au genre (un absurde réaliste) lui donnent toutes ses chances pour une découverte chez soi, mais en VO (le film n’a pas encore été édité en France).

 

4/6

 

2009

de Andrew van den Houten

avec Jessica Butler, Kelly Carey, Holter Graham

 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 23:29

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Gen, terreur psychiatrique est un petit film turc à ambiance dont peu de monde a entendu parler. Il sort cette année en vidéo, et se propose donc d’apporter sa pierre à l’édifice de la folie au cinéma. D’honnêtes ambitions et une envie de miser sur l’ambiance qui font partir d’un bon pied le projet. Hélas, le chemin est souvent long pour atteindre ses objectifs, et les raccourcis rarement payants…

L’histoire : lorsqu’un suicide inexpliqué se produit dans une clinique psychiatrique réputée, deux enquêteurs sont envoyés sur place. Ils arrivent alors qu’une infirmière vient tout juste d’être mutée dans le service. Mais alors que l’établissement est isolé par un glissement de terrain, des meurtres violents surviennent.

 

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Le milieu psychiatrique a toujours été un contexte de choix pour y faire évoluer des icônes de l’horreur (l’antre de la folie, Ginger snaps 2, la saga des Halloween, plus récemment l’excellent The Incident) et pervertir un quotidien déjà assommant par de l’horreur poisseuse. D’ailleurs, le contexte est toujours aussi stimulant pour le spectateur. Mais hélas, sur le simple facteur de l’esthétique, Gen montre très, très rapidement ses limites. Une photographie nette et précise, avec quelques petits tics techniques (un plan séquence sur un plateau de seringues, des électro chocs clippesques, un montage occasionnellement expérimental (la séquence des malades observant la cellule d’isolement)…), c’est presque tout ce qu’il y a à en espérer. La beauté des lieux (décors tout à fait approprié au contexte, dont les couloirs sont les meilleurs endroits), ressortant par intermittence, ne suffit pas à conserver l’attention du spectateur, qui attends désespérément qu’il se passe enfin quelque chose. C’est effectivement un dur constat, mais si l’ambiance n’a rien de fascinant ni d’agréable (en fait, rien de singulier), le moins qu’on puisse faire est de compenser par une intrigue à la hauteur. Et Gen avait bel et bien une idée intéressante (non spoilée ici, vu qu’il s’agit de la révélation finale). Mais il l’a abominablement mal exploité. La contenant à un simple twist dans les 20 dernières minutes de film, il nous a tout simplement privé pendant plus d’une heure de son meilleur argument. Que reste-t-il ? Une enquête molle du genou ou les flics ne branlent rien et avouent eux même patauger dans la choucroute, pendant qu’un mystérieux inconnu dont on devine l’identité dès le premier meurtre (franchement, le scénariste nous a pris pour des cinéphiles débutants ?) tue une personne tous les quarts d’heure, au cours de séquences à l’esthétique douteuse (le bain), voire lamentable (le premier meurtre, d’une surenchère sanglante ridicule). Des regrets donc avec ce Gen, qui aurait pu se révéler comme une bonne surprise, et qui restera en l’état une série B de fond de bac de promo, la sincérité de ses ambitions ayant été sapée par l’insipidité de son script et de son ambiance (digne de La maison de l’horreur…).

 

1,5/6


2006
de Togan Gökbakar
avec Haldun Boysan, Cemil Büyükdögerli

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 19:47

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All Hallows Eve est un petit film d’horreur sorti dans une totale indifférence au cours de cette année 2013. Hélas découvert trop tard pour Halloween (période de l’année à laquelle il se déroule), il se révèle toutefois pourvu de quelques qualités, à savoir un boogeyman efficace et un style partiellement jouissif. Pas répulsif au vu d’une série B sans prétentions…

L’histoire : le soir d’Halloween, alors que les enfants d’une famille rentrent chez eux avec leur moisson de bonbons, ils découvrent dans le fond de leur panier une VHS sans titre. Ils décident de regarder en famille son contenu, montrant un clown psychopathe attaquant plusieurs victimes. Très vite, des évènements étranges se produisent…

 

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Bon, autant le spoiler tout de suite, All Hallows Eve est un film avec un clown tueur ! Génial, depuis le moyen 100 tears, on n’avait pas vu grand-chose de bien consistant en la matière. Mais c’est finalement l’originalité du style de All Hallows’ Eve qui fait toute la singularité du projet. En l’état, le film décide de reprendre une foule de référence à son compte (les ambiances des films de Carpenter surtout, un peu de The Ring sur la fin…) pour donner dans le film à sketchs qui ne s’assume pourtant pas vraiment comme tel (malgré la présence de l’écran que regardent nos personnages, la frontière est ténue entre la réalité et le film, pour finalement disparaître au cours d’un final complètement incohérent. Car c’est finalement là la clef de All Hallow Eve : il se fout de la cohérance pour miser à fond sur une ambiance crade et désespérée. Du Slasher à la Halloween promis (la résurrection d’une musique très 80’s sur de la pellicule jaunie est pour beaucoup dans le capital sympathie), All Hallows Eve se dirige plutôt vers le traumatisme glauque, l’orgie de violence aveugle et viscéral qui provoque la nausée (proche, d’une certaine manière, du style brut d’un Rob Zombie). Impossible de nier que le Boogeyman de ce modeste film n’est pas réussi, tant sa facilité à fasciner l’assistance éclate à chacune de ses interventions. La première histoire, complètement désespérée, aurait pu être la dernière. Orgie totale de violence exploitant plusieurs idées intéressantes, elle dévie en freak show complètement inattendu, culminant dans une orgie sataniste dont l’amateurisme ne nuit pas à l’ambiance. La dernière, slasher classique sur route déserte, tire sa force de son dénouement, déjà vu (Necronomicon), mais que l’ambiance sèche et le dépouillement rendent largement payant. Pourvu que l’ambiance fasse battre le sang dans les tempes du spectateur et que le malaise culmine, All Hallows Eve est prêt à aller partout, tant que son modeste budget le lui permet. Hélas, ses très bonnes intentions sont handicapées par une seconde histoire assez ridicule (le déguisement de l’extra terrestre ridicule ne fait pas illusion un instant) et l’histoire reliant les différents segments. Si la fascination malsaine des enfants pour la violence est exagérément soulignée dans la première partie du film, tout redevient assez mou pendant le reste du long métrage. Il n’y a que la fin, rejoignant dans l’esprit les parties 1 & 3, qui retrouve la peur poisseuse inhérente au sujet du clown tueur, à l’image des flots de sang qu’il laisse dans son sillage. Loin d’être inoubliable, mais clairement au dessus des séries Z habituelles (Killjoy pour ceux qui connaissent…), All Hallows Eve a le potentiel pour remuer ponctuellement les tripes, soit tout ce qu’on lui demandait pour une soirée d’Halloween un temps soit peu sérieuse…

 

3/6

 

2013

de Damien Leone

avec Katie Maguire, Mike Giannelli, Catherine A. Callahan

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