Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 11:04
Kung Fury

Impossible de résister au charme de cette beauferie suprême. C'est justement ce jusqu'auboutisme qui donne toute sa valeur à Kung Fury. En se donnant réellement les moyens de faire un univers bigger than life tout à la gloire des années 80, il s'extrait totalement de la masse de ses concurrants "vintages" toujours décevants par leur manque de moyen ou leur cynisme gerbant. Il utilise les mêmes codes qu'eux, avec une surenchère si violente qu'elle décape d'elle même tout ce que le cliché pouvait avoir de grinçant. Ultra stylisé, ultra badass, ultra lourd, Kung Fury balance la sauce avec des nazis, des lasers, du rétro gaming, des vikings, des dinosaures et du kung fu. Un mélange absolument imbuvable qu'il parvient à organiser de façon cohérente, et qu'il développe avec un sens du rythme impeccable tout en se permettant absolument tout. Complètement imprévisible et toujours survolté malgré sa lourdeur, il a aussi la bonne idée d'être ultra court, car il ne tiendrait pas sur la longueur (c'est ce que tous les fans de Commando refusent d'admettre et qui place ce "plaisir coupable" so eigties dans la catégorie des nanars chiants). Ce kung Fury est superbement rodé, efficacement exécuté, et savamment étudié pour être un véritable objet culte (la saturation des couleurs et la texture d'image façon vieille VHS est ce qui m'a le plus immergé, avec les nazis). C'est du mauvais goût comme on n'en voit jamais, qui donne tout à son public et qui en ramasse les justes honneurs. On ne va pas surestimer la daube nawak, mais celle ci a suffisamment donné pour mériter le respect.

6/10

Repost 0
4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 09:58
Je t'aime moi non plus

Si on sait que Serges Gainsbourg a été un sommet de provoc avec ses chansons aux paroles évocatrices (Love on the beat…), il s’est aussi essayé à l’art cinématographique. A une époque où la nouvelle vague fait rage et où le moindre message peut donner au film un caractère engagé propice à son succès, le petit Serges attrape une caméra et passe à la strict réalisation, avec encore un film qui va choquer le bourgeois. Il s’agit de Je t’aime, moi non plus, dont les relens carrément homosexuels (plantés dès l’introduction) contamineront chaque parcelle de cette œuvre, sans la moindre subtilité et avec une insolence qui frise le génie.

L’histoire : Crasky et son compagnon Padovan, éboueurs, s’arrêtent pour manger dans un snak peaumé en campagne. Il remarque alors une serveuse, surnommée Johnny, à la silhouette particulièrement masculine.

Je t'aime moi non plus

Exemple typique d’un film qui n’aurait pu être tourné qu’en France, malgré son étrange visuel sans repères (malgré le français, plusieurs inscriptions sont en anglais). Aucun scénario, tout est directement appelé à n’être qu’une illustration, une variation de son sujet. Aussi, le film ne parle pas vraiment d’homosexualité (bien qu’il envisage la sexualité essentiellement sous cet angle), mais plutôt de la déliquescence naturelle de la structure du couple ou d’une relation durable. L’amour n’existe pas, il n’existera jamais, ce film en est la négation absolue, le porte-étendard des partouzeurs et du free-sex. Il nie même l’importance des sentiments, et affiche un égoïsme constant dans la relation, une cruauté et une large prédominance des pulsions sur le partage. C’est exactement ce qu’on pouvait attendre de Serges Gainsbourg, lui qui a souvent (et parfois avec virtuosité) parlé des maux d’amour. Partant de là, chaque personnage servira à illustrer une idée, sera l’incarnation de telle ou telle pulsion. La forme que prend Je t’aime moi non plus est l’aboutissement du style film d’auteur français, qui mise tout sur sa mise en scène en ayant rien à branler de son scénario, d’ailleurs, est-il seulement important d’en avoir un ? C’est illustrer l’idée qui compte, car le cinéma, c’est l’image et le son. Aussi, on constatera que les cadrages sont immondes, que le montage est approximatif, que la prise de son est dégueulasse. Mais que la bande originale est merveilleuse (souvent sur le décalage, sa petite mélodie romantique accompagnant les pulsions de chacun), et que la mise en scène est d’une maîtrise assez incroyable, en tout cas d’un aboutissement qui justifie à lui seul le visionnage du film. Petite cerise sur le gâteau, la présence de Depardieu dans les seconds rôles, ce dernier jouant un homo toujours accompagné de son cheval, cantonné dans son ambigüité sans jamais tenter un pas vers l’autre. On retrouve aussi Michel Blanc dans la carrure d’une petite tante que tout le monde écrase perpétuellement, et Jane Birkin dans le rôle de Johnny. L’homme pivot, c’est donc Crasky, qui séduit Johnny au nez et à la barbe de son ancien amant. On note donc la satisfaction de cette dernière, les brimades homophobes qu’elle lui fait subir quand ses goûts remontent lors des ébats, l’anéantissement de Padovan. Tout est clairement explicite, et tout énumérer serait long et inutile. Le film met essentiellement en exergue la futilité de continuer à croire en l’amour, de quelque espèce, ce qu’il englobe n’étant finalement qu’envie ponctuelle, pulsion et intérêt personnel. Absolument tout ce que j’ai tendance à détester, mais l’efficace fluidité de la mise en scène crée finalement un tout cohérent, et parfaitement fonctionnel. A la base, ce qui comptait était surtout de choquer le bourgeois. Formellement dans l’insertion en milieu gay où les repères sont brouillés, et dans le fond, avec cette négation ultime de toute forme de profondeur ou de transcendance via l’amour. Cette quête est une impasse, alors autant profiter des opportunités qui passent à portée, tant qu’elles restent dociles et conformes aux règles de vie qu’on s’est établis. Mieux vaut brandir et assumer son égoïsme que tenter de croire en une idée qui n’a, de toute façon, jamais existé concrètement.

1976
de Serge Gainsbourg
avec Jane Birkin, Joe Dallesandro

4,5/6

Je t'aime moi non plus
Repost 0
20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 16:27

Gaspar Noé, ce génie du septième art, a laissé une belle empreinte dans le cinéma français. En attendant son prochain projet, on peut évidemment se régaler de ses longs métrages, mais Gaspar a aussi tourné plusieurs courts (sans y inclure Carne, prélude à Seul contre Tous, qui fait office de moyen métrage). Mais si ses longs métrages flirtaient avec le sublime (bon, il faut aussi accepter de se mettre dans le bain), il semble que le format court ne lui réussisse pas vraiment. Voire pas du tout. Trois exemples trouvables sur le net pour le démontrer.

 

18757143.jpg

 

 

On commence avec We fuck alone, qui a été présenté au festival Destricted, tourné en 2006. Pour rappel, ce festival pornographique réunissait quelques personnalités comme Larry Clark, et laissait le champ libre à nos artistes du moment qu’ils exploitaient l’anatomie de leurs acteurs et actrices (mais nous reviendrons sur ces œuvres). We fuck alone fait appel aux talents de Katsumi, actrice assez reconnue dans le milieu (et que vous avez peut être aperçu dans des pubs sur allociné), et se propose donc de faire une petite réflexion sur l’onanisme. Alors qu’un film porno passe à la télévision, une femme seule dans son appartement se fait jouir, pendant qu’un homme se défoule sur une poupée gonflable maquillée comme la fille seule. Le film met donc en scène le fantasme créé par la pornographie (avec la fille qui regarde le porno) et un type qui transpose ses fantasmes sur une personne bien existante, qu’il se voit en train de soumettre sexuellement (à l’aide d’un revolver tout aussi phallique). Le tout évidemment avec la touche Noé, à savoir une caméra virevoltante et un effet de clignotement appuyé, ironiquement dénoncé comme potentiellement dangereux pour les épileptiques. We fuck alone se distingue surtout par le fait que ce n’est pas un porno destiné à exciter le spectateur, et qui met donc en scènes différentes attitudes vis-à-vis des fantasmes. De là, y a-t-il matière à en tirer un message ? Et bien, même en cherchant beaucoup, on reste finalement assez perplexe. Comme les deux personnages ne se croisent jamais et préfèrent se masturber dans leur coin, on comprend sans mal l’origine du titre. Mais ce constat aurait pu être fait sur 5 minutes, or il s’étale sur plus de 20, Noé trahissant ici sa tendance à se regarder filmer (qui rejaillit par endroits dans Enter the Void). Finalement trop long, We fuck alone contient une idée qui passe à côté de la virtuosité espérée, pour un résultat aguicheur mais finalement dilué.

 

18745463-r 640 600-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-xxyxx

 

Eva : Il y a des soirs où, quand Noé rentre à son hôtel, il tombe en face d’une scène si choupinoupinette qu’il se décide d’en faire un court métrage sans scénario ni histoire, une simple vidéo d’ambiance avec une femme et un chaton, qui joue avec dans une ambiance étrange. Il convient de remettre la vidéo dans son contexte, qui apparaît comme une initiative purement fortuite, et sans ambition aucune lors de sa production. Le résultat qui en ressort n’a toutefois rien à dire, joue sur une petite esthétique de couloir d’hôtel, et en dehors de faire du « mignon », elle n’apporterait rien à un film. Autant dire « Miaow ». A noter deux autres courts titrés Eva 2 et Eva 3, laissés à votre appréciation.

 

gaspar-noe-eva-noe.jpg

 

Avec Sodomites, Noé a littéralement pété un câble. Ce film est une commande du ministère de la santé qui cherche à promouvoir l’usage des préservatifs dans le cadre de différents rapports sexuels. Noé écope des rapports anaux et vaginaux. Dans une ambiance proche de Mad Max 2 avec des figurants qui jouent comme dans Waterworld, nous voyons un camp de motards tribaux qui poussent des hurlements pendant que des femmes lascives se dandinent à leurs pieds. Puis deux hommes de mains saisissent une femme, l’immobilisant au dessus du sol. Arrive alors le chef de bande, coiffé d’un masque de loup et exultant son appétit en poussant des hurlements tonitruants salués par les acclamations de ses compagnons d’armes bien remontés. Le regard du loup se pose alors sur l’agneau qui se débat dans son étreinte, et dans ses yeux brille un désir qui ne cesse de croître. Il n’y a plus que l’envie de prendre, de consommer, d’user jusqu’au fond. L’Homme est un loup pour la femme. Mais alors que Mister Wolf bande ses muscles pour passer à l’action, ses compagnons le maintiennent, car il a oublié une chose cruciale… La capote ! Un homme de main sorte donc de sa poche un capuchon de plastique, qu’il enfile délicatement sur le membre raidi de son chef de meute. Aguerri par l’expérience, il dégaine un pot de vaseline et lubrifie l’épée et le fourreau afin d’optimiser tout contact. Et alors, la bête est lâchée, et c’est parti pour un tour ! Noé se met alors à pomper le style de Pitof avec un montage à la Uwe Boll, le tout en rajoutant des ronflements de moteurs pendant un coït sauvage, à en faire pâlir de jalousie un certain Torque. Toute l’animosité humaine se retrouve stigmatisée par une cohorte de figurants en cuir (dont Philippe Nahon) qui hurlent devant ce spectacle vivifiant, et d’un bon goût certain. On pourrait même parler de chef d’œuvre frisant l’auto-caricature, tant Noé persiste dans son idée de remake porno de Mad Max. Une grosse baffe pour les admirateurs de Noé, et un nouveau plaisir masochiste pour les nanardeurs endurcis. Mais heureusement, il y a une morale : protégez vous ! Surtout quand vous chevauchez sur fond de moto...

 

sodomites-1998.JPG

Repost 0
12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 09:16

  snapshot20130612162300

INTERDIT AUX MOINS DE 18 ANS !!

Grand risques de santé consécutif au visionnage du film, et claque morale accessoirement

 

Jean Louis Costes est un artiste français relativement peu connu, qui s’est illustré dans des performances et dans le domaine musical, en passant par la case cinéma avec la réalisation de petits films. Et dire qu’il ne bénéficie pas de subventions relève de l’euphémisme, puisque son style est tellement radical qu’en l’espace d’une minute, sur mon échelle de valeur, il a été propulsé dans la catégorie prestigieuse des non-humains tellement vomitifs qu’ils en deviennent fascinants (type Divine, Feed dans une moindre échelle). Un trash pour ainsi dire insupportable, particulièrement dans I love Snuff (confession de son auteur : le plus trash de sa filmographie), qui repousse à l’horizon les limites de la morale et du respect du public.

L’histoire : Un époux impuissant congédie sa femme dans des hurlements tonitruants. Cette dernière est alors kidnappée par un couple formé d’une domina SM et d’un travesti franchement glauque (Costes himself), qui demandent une rançon à son mari en passant eux aussi leur temps à hurler.

 

snapshot20130612162450

 

Après Where the Dead go to die, on pouvait encore se demander sérieusement si il était possible de choquer davantage. Et bien oui ! Si il n’y a pas d’enfants ici ni de chiens satanico-métaphoriques, on a une domina SM tarée dans sa tête, mais surtout un travelo complètement siphonné du bulbe. Et dire qu’on dépasse toutes les limites avec eux relève d’une piètre description en dessous de la réalité. Sans aucune pudeur, on assiste, en live, aux hurlements incessants des acteurs, qui dans la cacophonie générale, à l’enfoncement d’objets dans le fondement de notre travelo, des gros plans de fellations sur gode-ceinture… Mention spéciale pour la séquence tournée dans une rue où notre soumis joue au chien et défèque sous l’œil attentif de la caméra qui ne se prive pas de nous montrer tous les détails de cette éblouissante leçon de cinéma. Cette intensité du jeu d’acteur, on ne la retrouvera que plus tard dans le film, notamment lors d’une séquence hallucinatoire traitant du thème de l’érection avec une séquence tellement stupéfiante qu’on se demande comment est-ce qu’un esprit humain a pu concevoir un truc pareil. Mais en dehors de l’exploration des performances anatomiques de notre personnage masculin, I love snuff raconte une histoire ! En effet, notre couple soumis / dominatrice doit payer ses factures et manque d’argent. Insulter le soumis défoule pendant une minute, mais ça ne rapporte pas de fric. Notre dominatrice décide donc de prostituer notre soumis, mais le résultat est à la hauteur du film : affligeant. Passant par là, la femme de leur voisin, récemment virée par ce dernier à coup de bouteilles, les salue. Ils la kidnappent et décident de demander une rançon. Et pour s’assurer du payement, ils décident de faire une vidéo en torturant un peu Rose (c’est son nom) pour montrer qu’ils ne plaisantent pas. Et quand le mari visionne la vidéo, miracle ! Sa virilité lui revient et il semble enfin apprécier pleinement sa femme ! Devenant accro à ce nouveau genre vidéo, il décide de ne pas payer la rançon, et continue de recevoir des vidéos de plus en plus hard question sévices. Le prétexte de la surenchère est admirablement trouvé, puisqu’il s’ouvre à une glauquerie monstrueuse, décrivant un amour pour le snuff aussi absurde que cynique. Et aussi monstrueux que soit le résultat de ce script malade, impossible de ne pas noter l’étrange humour qui imprègne l’ensemble du film. Provenant de l’excès constant du jeu de l’ensemble des acteurs qui y vont à fond (Costes est véritablement possédé par son rôle), l’atmosphère qui se dégage du film est pour ainsi dire la seule chose permettant de conserver l’attention du spectateur (avec la surenchère trash).Du jamais vu en France dans un tel registre. La facture visuelle, monstrueuse (tourné avec un caméscope DV digne de The Necro Files), s’inscrit parfaitement dans la mocheté de l’ensemble, et érige Jean Louis Costes (et son co-réalisateur Hyves Pierog) en princes du mauvais goût à un point que je n’aurais jamais pensé dépasser. Aussi imprévisible que révoltant, I love snuff dure à peine 51 minutes, c’est assez pour être marqué à vie…

 

Concernant son auteur, une interview vient récemment d’être publiée sur le site Sadique Master, où ce dernier nous donne un peu plus de détails sur sa vision artistique, ses influences, sa vision du monde… Bref, faut y aller, pour une fois qu’on a un screamerclauz fait au pays de la baguette, on ne va pas se priver !

 

 

L'interview en question


 

5/6 (Oui, c’est incompréhensible, mais le mauvais goût, je n’y résiste pas…)

 

1996

de Jean Louis Costes, Hyves Pierog

Repost 0
17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 20:27

blancheneigetumblrliziz.jpg

 

INTERDIT AUX MOINS DE 18 ANS !

La photo exhibée ci dessus n'est pas une image du film. Elle est plus soft.

 

 

Il y a des moments dans la vie d’un cinéphile où, pendant des périodes de recherche filmique intense, on ne sait plus où donner de la tête… Trop de bons films, aucun qui ne fait vraiment envie, baisse de motivation… Bref, on commence à être assailli d’idées plus ou moins bizarres. Et certaines sont parfois tellement incongrues qu’on se retrouve quand même à les taper sur le clavier, et on finit par s’acharner jusqu’à ce que l’objet convoité se dévoile… Or, quel film plus mythique, dont la popularité du titre est inversement proportionnelle au nombre de visionnage, peut se vanter d’être aussi stimulant que Blanche Fesse et les 7 mains ? Aucun.

L’histoire : une méchante reine, quand elle ne s’abandonne pas aux délices de l’orgie, est obsédée par sa beauté et celle de blanche neige qui commence à lui faire de l’ombre. Elle ordonne sa mise à mort. Charmé par les courbes de cette dernière, le chasseur la laisse s’enfuir en forêt, jusqu’à une communauté de nains qui se lancent dans son éducation sentimentale.

 

snapshot20130414195345

Mon dieu, mais jusqu'où Voracinéphile va-t-il aller ?

 

Quel film porno peut se vanter d’avoir eu un tel rayonnement ? Encore plus populaire que L’arrière train sifflera trois fois, Blanche fesse et les 7 mains est un mythe populaire du porno, tellement connu qu’on s’imaginait au final un banal divertissement érotique doublé d’une interprétation freudienne du conte en question. Il convient de rétablir immédiatement la vérité : il s’agit d’un porno hard à réserver aux amateurs endurcis du genre (sans quoi, si l’hilarité est là à chaque début de séquence porno, un silence gênant s’installe dès que la caméra se concentre sur l’anatomie détaillée de ses acteurs et actrices). Il convient de noter toutefois la pertinence de certains partis pris artistiques, comme le fait d’introniser la méchante reine comme une beauté froide qui passe le plus claire de son temps à mater ses courtisans participer à de grandes orgies festives où l’on échange du plaisir sans préjugés ni tabous. Toutefois, le désir l’emporte parfois sur la vision artistique, comme cette séquence où quatre étalons noirs bien membrés lui font découvrir ses étonnantes capacités anatomiques (une scène certes qui nous informe sur la psyché insatiable de cette reine, mais qui éclabousse de foutre sa stature de beauté frigide). On notera aussi le gros travail psychologique fait sur blanche neige, qui dans sa grande ingénuité, ignore tout des choses de l’amour. Tout juste se livre-t-elle à d’innocentes séquences d’onanisme, où l’innocence de ses chairs provoque une candide émotion. Puis elle s’enfuit en forêt avant de trouver une étrange maison. C’est là que le prince charmant entre en scène. Mais ce dernier est-il bien à la hauteur de son titre ? Ne serait-il pas un puceau naïf similaire à celui de Blanche Neige et le Chasseur ? Heureusement, une courtisane pas farouche est de service à ce moment là, et nous rassure grandement en accomplissant ses devoirs. Notre prince est prompt à sortir l’épée, et la plonge sans hésitation vers le fourreau qui lui est destiné. C’est alors que nous découvrons les nains. Timides hommes condamnés au célibat par l’injustice de la Nature, les voilà qui ont enfin l’occasion de faire d’une pierre deux coups : assurer leur mission pédagogique en complétant l’éducation de la princesse avide d’apprendre, et de bien nous montrer que c’est pas la taille qui compte, c’est la façon dont on s’en sert. Enchaînant les performances anatomiques avec un entrain communicatif, Blanche juge de l’expérience de prof, de la langue de Joyeux, du petit doigt de Simplet… Même Dormeur ose quitter son plumard pour mettre du cœur à l’ouvrage. Avec évidemment l’examen de contrôle finale avec un jury de sept examinateurs, que Blanche éblouit de savoir faire. Cependant, la reine a bientôt vent de la duperie qui lui a été faite (après deux scènes d’orgie, quand même). Elle se change donc en vieille et empoisonne une pomme au viagra. Damned ! Ce qui devait arriver arrive, Blanche tombe dans un profond sommeil. Le prince se pointe, l’embrasse, et miracle, elle revient (cette partie dramatique prend 5 minutes, parce qu’on la connaît par cœur, alors le réalisateur va à l’essentiel). Mais le prince est inquiet. Ce profond sommeil a-t-il laissé des séquelles ? Des paralysies peut-être ? Il prend le parti de vérifier consciencieusement la motricité de chaque membre, mais surtout du bassin, sous l’œil attentif des nains. Heureusement, Blanche est intacte, et pour rassurer son assistance, se livre à des performances étonnantes. Les nains, la larme à l’œil, reconnaissent bien là leurs enseignements, et leur incontestable réussite dans la construction de la princesse, désormais apte à affronter la vie et le cruel monde des hommes. Un film à réévaluer, assurément, dont le pertinent angle pornographique enrichit considérablement le médiocre conte initial…

 

0/6 mais un 14/20 nanar (et un 18 naveteux pour les scènes de performances, aussi nombreuses que variées)


1981
de Michel Caputo
avec Hélène Shirley, Pierre Oudrey

 

snapshot20130414195744.jpg

Ceci n'est pas un cours de cuisine...

Repost 0
17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 12:23

http://www.movieposter.com/posters/archive/main/22/MPW-11355

Interdit aux moins de 16 ans (mais la majorité me semble un peu plus appropriée).

 

Un petit défis aujourd’hui : faire la chronique d’un film impossible à critiquer. Mon choix s’est alors tourné vers un sommet du mauvais goût (ne mettant en scène rien de moins que la monumentale Divine) : Pink Flamingos. Evoqué chez Videodrome, cette curiosité se révèle être un objet étonnant, se focalisant sur des enjeux absolument inutiles et se lançant dans une enchère de provocation tout à fait scandaleuse, qui parvient à donner dans le jamais vu, et surtout à nous offrir le portrait de Freak le plus sulfureux de l’histoire du cinéma. A genoux devant Divine, pauvres mortels !

L’histoire : Divine, sacrée la personne la plus sale du monde, voit son titre convoité par Connie et Raymond Marbles, deux pervers qui tentent de rivaliser avec la maîtresse du mauvais goût.

 

http://1.bp.blogspot.com/-RK8A6gZYgvg/TWGUK41G4NI/AAAAAAAAAJQ/3T8kqcKSQBE/s1600/pink_flamingos_6.jpg

 

Difficile de savoir par quel bout il faut prendre ce Pink Flamingos, tant il s’acharne à persister dans le mauvais goût sans chercher à doter son intrigue d’un thème pouvant faire débat. Ce film est un non sens complet, qui emmerde toute notion de goût et qui développ un univers aux antipodes de tout message civilisé. La quasi-intégralité du film sera donc tourné vers l’aura provocant de Divine, véritable moteur du film (c’est le personnage central) qui nous gratifiera de son mauvais goût pendant de nombreuses séquences. Le personnage, outrancièrement maquillé et habillé de tenues plus inappropriées les unes que les autres, réussit à provoquer à chaque nouvelle apparition, contribuant à donner au film une bonne part de folie à l’ensemble de l’œuvre. Œuvre qui étoffe également ses personnages secondaires en leur confiant des personnalités tordues variées, qui viennent provoquer le spectateur sur de multiples terrains (Raymond est exhibitionniste et obsédé sexuel fétichiste des pieds, Crackers, le fils de divine, couche avec des poules, et miss Edie, la mère de Divine, vit dans un parc à gosse où elle passe son temps à gober des œufs). Tout transpire le mauvais goût dans cette œuvre, et ce dernier est si scandaleusement étalé (les aller-et venue de Divine en plein centre ville sont une provocation parfaitement assumée par Divine, qui lance des sourires complices aux passants médusés) que l’œuvre parvient à devenir culte, ou en tout cas l’un des films de mauvais goûts les plus outranciers jamais faits.  Ce stade, on sort de tous les canons du genre, et des films comme Mammuth semble bien fades à côté de cette galerie de personnages hallucinante. Ainsi, la première partie du film servira de vitrine et permettra de planter les différents personnages de l’histoire, développant un peu la silhouette de Divine et de sa famille, ainsi que celle de ses concurrents, couple pervert aux cheveux teints qui se font jouir en se suçant les orteils. Il y a d’ailleurs dans ce film un assouvissement du fantasme instantané, souvent provocant car cédant à des pratiques sexuelles pour le moins déviante, quand elles ne virent par brutalement sur l’immoralité (l’hallucinante séquence de fellation en pleine séance de léchage de mobilier). Nos personnages transpirent la liberté et revendiquent leur crasse dans les excès les plus inattendus (le film n’a rien perdu de son impact après tant d’années, et les nombreuses séquences qu’ils nous proposent méritent d’être culte, comme cette vengeance à l’étalage de bave sur le mobilier, ou cette descente de police chez Divine qui vire à l’émeute, et qui devient un méchoui géant où nos policiers se font bouffer par Divine et ses amis). D’ailleurs, le film prône l’excès dans sa conduite, le titre de personne la plus sale du monde se devant d’être détenu par un être sans barrière morale, capable de tout (ce qui n’est pas le cas du couple, en témoigne cette séquence aussi excessive qu’irrésistible où Raymond se masturbe devant une femme lui dévoilant sa poitrine… avant de s’apercevoir qu’il s’agit d’un transsexuel qui se masturbe aussi devant lui, ce qui provoque la fuite de Raymond). En dehors de tout canon de morale, Pink Flamingos est un plaisir ultra coupable qui se regarde avec une certaine fascination pour le jusqu’auboutisme de la mise en scène, qui s’autorisera une séquence à nouveau scandaleuse où Divine mangera de la merde de chien sous nos yeux épouvantés. La plus mauvaise actrice du monde, nous dit le film, et probablement aussi l’une des meilleures pour son implication dans le rôle de sa vie. On ne remerciera jamais assez John Waters pour cet OFNI intemporel, véritable condensé du « jamais osé » sur grand écran et sur l’épilogue filmant la réaction de quelques spectateurs en sortie de salle. Clairement pas un film à regarder en famille, mais un monument du mauvais goût à même de terrasser tous les fans du genre. This is art !

 

5/6

 

1972
de John Waters
avec Divine, David Lochary

 

http://4.bp.blogspot.com/_SI72Qn7mM5Y/TQPgJIFyTWI/AAAAAAAAA8g/-bDx53Aiw2s/s1600/pink_flamingos%2B1972.png

Repost 0
11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 11:22

http://www.4outof10.com/wp-content/uploads/2008/08/postal.jpg

 

Uwe Boll de retour (la vache, ça faisait longtemps !), avec ce qui doit être l’un de ses films les plus controversés, j’ai nommé Postal. Adaptation d’un jeu vidéo auquel je n’ai pas joué, mais apparemment réputé pour être aussi barge que Duke Nukem 3D, Postal est un pur film de mauvais goût, une comédie pas très drôle où on sent l’envie pour Boll de signer un petit brûlot, certes pas très bien torché dans le fond, mais suffisamment décomplexé pour mériter un peu d’attention. Du moins de la part des tacherons qui ne crachent pas sur le mauvais goût et qui possèdent un minimum de recul devant l’œuvre « naveteuse » de Boll.

L’histoire : Après le 11 septembre, les terroristes ont besoin d’argent pour monter de nouveaux attentats, et décident de voler des peluches rarrissimes afin de les vendre aux enchères. Mais ces peluches sont aussi convoitées par une secte en froid avec ses impôts, et bien sûr par la compagnie qui les fabrique.

 

http://images.wikia.com/postal/images/a/a2/Postalcast.jpg

 

Postal, c’est l’avalanche de mauvais goût, à tous les étages, et avec tellement de connerie démesurée qu’il est impossible de prendre un instant ce film au sérieux. Deux cas de figure s’opposent alors : soit on arrive à tolérer la plupart des blagues pas drôles et on apprécie le mauvais goût constant des situations qui nous sont proposées, soit on dit que c’est de la merde (comme 80% des gens et comme les Razzie awards qui donnent chaque année des prix à Boll sans prendre la peine de voir ses films). Certes, le film étant ultra bancal et assez gratuit (malgré son insistance sur les liens entre Saddam et Georges W. Bush (qui se téléphonent sans arrêt pour échanger les nouvelles)), il est difficile de l’aimer plus qu’un truc décomplexé et imprévisible (déjà, l'aimer est un bien grand mot), donc impossible de lui mettre une bonne note à moins d’être ultra subjectif. Mais tout de même, il reste un morceau de bravoure d’une heure trente, qui se fout de la gueule des sectes (le gourou ne fait jamais rire avec ses blagues, mais il se trimballe les ¾ du temps à poil entourés de canons en se droguant sans arrêt), du terrorisme (la scène d’ouverture est un monument de connerie et de manque de respect, les terroristes aux commandes de l’avion décidant au dernier moment d’annuler le djiad et de partir sur les Bahamas, avant que les passagers incapables de piloter l’avion tente de les maîtriser et ne les fasse se crasher sur les tours jumelles), de la bienséance (dès qu’un innocent citoyen traverse une rue, il se fait exploser par une bagnole) et des repères moraux habituels (notre héros est un modèle d’amoralité). Quant au mauvais goût, les amateurs ne seront pas déçus. La femme du héros doit peser dans les 300 kilos ne cesse de s’envoyer en l’air avec les voisins les plus crades qu’on puisse imaginer, le héros profite d’une fusillade dans la salle d’attente des allocations pour piquer les tickets d’attentes des gens blessés sur le sol, le parc allemand où sont stockés les peluches est bourré de références au nazisme (voir la pancarte « Camp de concentration, aire de jeu pour enfants »)… Même Boll vient se foutre de sa gueule sur scène, en prétendant utiliser le trésor nazi pour financer ses films et avoir la gaulle devant les gosses qui s’amusent dans le parc. Un vrai sommet de mauvais goût, on vous dit, qui s’autorise à peu près n’importe quoi, même si certains passages sont en effet un peu longs (on se fait chier sévère dans le bunker avant que l’action ne reprenne). Sachant cela, les spectateurs sont désormais avertis, il vaut mieux laisser ses principes aux vestiaires pour apprécier ce film, qui revendique délibérément son mauvais goût. Toutefois, aucun éditeur français n’ayant eu l’audace de distribuer la bombe dans notre pays bien-pensant, il n’y a que le téléchargement illégal qui puisse vous faire profiter de cet étron tourné avec amour par un Boll en roue libre. Un des meilleurs cru de sa filmo avant qu’il ne tente de faire des films un peu plus sérieux. Enfin, vous voilà prévenu maintenant !

 

1/6  mais un bon 15/20 nanardeux (qui se rapproche beaucoup du mauvais goût)

 

2007
de Uwe Boll
avec Zack Ward, Dave Foley

 

http://www.blogcdn.com/blog.moviefone.com/media/2007/10/postalpic.jpg

Repost 0
7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 08:57

http://img684.imageshack.us/img684/6610/745a.jpg

 

Les films trashs sont des films qui ont rarement coûté très cher. En témoignent A serbian film ou The Human centipede 2, deux exemples de produits type malsain (car lancés dans la compétition du film le plus crade jamais réalisé). Des budgets peu élevés au service d’un script souvent tordu, qui choisit souvent de jouer sur l’accumulation de procédés déviants pour pallier à la maigreur du capital. Et de maigreur, il en est question dans Feed (aka Morbide), qui traite de l’obésité sous un angle bien crade.

L’histoire : Suite à un scandale en Allemagne au cours duquel un agent américain arrête deux allemands s’adonnant au cannibalisme (l’un mangeant la chair de l’autre, consentant), notre agent, remis derrière un écran, découvre un site où un nourrisseur engraisse une femme pour battre des records de poids.

 

http://outnow.ch/Media/Movies/Bilder/2005/Feed/movie.p/01.jpg

 

Feed aime le mauvais goût, et il veut nous le faire partager. Mais sa facture technique, c’est la série Z. Autant dire que c’est assez mal filmé, à grand renforts de gros plans bizarroïdes, de cadrages débullés et de tics de montages agaçants, ajoutant à la texture jaune vomitive de l’image de nouvelles raisons de trouver l’objet repoussant. Cependant, il y a dans Feed des idées amusantes, volontairement crades et assez poussées dans le mauvais goût qui confèrent à Feed une indéniable originalité et une certaine inventivité dans le sujet qu’elle traite. Partant du fait divers allemand connu de tous, dont il ne semble retenir que la première partie (l’homme qui se faisait bouffer étant consentant, le cannibale est relâché), Feed se met à partir sur les déviances de la malebouffe, en la personne d’un jeune adulte perturbé psychologiquement qui cherche des femmes grosses, et qui passe sont temps à les engraisser davantage pour atteindre des records de poids, mais aussi pour d’autres raisons que nous découvrirons au fur et à mesure de la progression du film. La scène d’exposition annonce clairement la couleur : on voit une femme d’environ 300 kilos bouffer un burger en mode sauvage, tendu par un blondinet qui se masturbe devant le spectacle dégoulinant. Voilà pour les hostilités. Le sujet étant ce qu’il est, la démarche du film devient vite assez claire : entretenir une trame parfois en perte de vitesse par des scènes trash mêlant la nourriture et les pulsions sexuelles avec un certain sens de la déviance et du malsain. L’obésité étant ici filmée avec une laideur absolue, on vient donc y rajouter des scènes gratuites, complaisantes, mais finalement suffisamment dégueulasses pour justifier de continuer à regarder le film (la scène de coït où notre blondinet et sa femme obèse se recouvrent de ketchup en s’empiffrant pendant l’acte est assez gerbante). En constante surenchère, le film s’enfonce de plus en plus dans le trash, essayant de remplir le cota à la fois sur le plan psychologique (l’enfance trash du blondinet, une partie complètement ratée qui prête plus à sourire de la maladresse du script : notre enfant blond est forcé chaque jour de terminer son assiette de légumes par des parents adoptifs tyranniques qui passent leur temps à s’envoyer en l’air dans la chambre pendant que Blondinet regarde par la serrure) et sur le plans des séquences trash (mission accomplie, c’est du jamais vu). Mais si cette série Z tient plutôt bien la route niveau dégueulasserie, le constat au niveau des acteurs est accablant. Pas un ne semble capable de jouer bien, et on se coltine ainsi leur tronche pendant tout le film alors que pas un n’est capable d’introduire un peu de finesse dans son rôle. Et puis, les conclusions du film sont assez putassières pour le décrédibiliser complètement, lui donnant des airs de trash absolument gratuit (les victimes qui gueulent parce qu’on leur enlève leur dépendance, on les abat sans sommations. Ah…). Mais si les qualités du film sont somme toute très limitées, il y a un je-ne-sais-quoi d’excès là dedans qui m’a interpellé pendant tout le film, et qui continue de me faire prendre en sympathie ce petit étron cinématographique, pas dénué d’ambitions. Une petite bouserie qui interpelle sans aller plus loin, mais aux obsessions définitivement bancales qui peuvent le rendre sympathique au public adéquat (son anonymat le condamnant de toute façon). Gentiment trash, en somme.

 

1.5/6

 

2005
de Brett Leonard
avec Alex O'Loughlin, Patrick Thompson

Repost 0
22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 06:35

http://www.desperatezombie.com/wp-content/uploads/2009/07/badbiologybig.jpg

 

Franck Henenlotter est un artisan accompli du Z, qui compense la pauvreté du budget de ses films par des idées tordues qu’il est souvent sympathique de suivre jusqu’au bout. Il est ainsi essayé à plusieurs registres, toujours sous la parade du mauvais goût revendiqué, notamment pour ses fréquentes allusions au style pornographique, ses plans nichons fréquents et ses idées trash. Après les siamois séparés de Basket Case (le 2 et le 3 sont des merdes à ce qu’il paraît) et Elmer son ver psychotrope, il nous revient avec Sex addict (aka Bad Biology), dans lequel nous suivons les péripéties de jeunes déréglés de la libido.

L’histoire : Jennifer est une jeune femme dotée de 7 clitoris et d’un dérèglement hormonal important. Elle est accroc au sexe et ne peut passer une seule nuit sans amant. A quelques pâtés de maison, Batz possède un pénis surdimensionné, mais accroc aux stimulants pour maintenir son membre en activité.

 

http://farm3.static.flickr.com/2747/4143415520_27dae9fdd3.jpg


« Public averti », est-il noté au dos de la jaquette… Disons qu’on a ici un sympathique film de mauvais goût, qui s’attaque à deux figures de la sexualité déviantes des clichés habituelles. En effet, si on a les grands classiques de la femme nymphomane et de l’étalon membré comme un cachalot, Henenlotter s’intéresse avec précision à leurs psychologies, leurs parcours, avant d’organiser une rencontre assez explosive. Durant les phases d’exposition, c’est clairement Jennifer qui est le personnage le mieux décrit. Extrêmement précoce dans sa maturité sexuelle, la jeune femme a grandi dans un état constant de surstimulation sexuelle qui l’a toujours handicapée dans ses relations avec les hommes (qui flippaient devant un vagin aussi  zarbi). On suit, en voix off, son évolution psychologique, jusqu’à son autopersuasion d’être la prochaine Marie qui va se faire baiser par Dieu, et qui collectionne les photos de ses multiples amants en en tuant quelques uns au passage (le plaisir la rend folle, et ses sentiments sont incontrôlables). Henenlotter opère alors quelques choix artistiques intéressants. Comme par exemple de montrer son héroïne commettre un meurtre suite à une frustration mineure, avant qu’elle tente de nous explique que ses dérèglements hormonaux affectent ses sentiments au point de les amplifier démesurément. Par divers choix, Henenlotter place la sexualité au centre de la vie de l’individu (la notion de couple passant ici de façon primordiale par le sexe, qui balaye tout autre chose : la première relation amoureuse de jennifer). Cependant, Henenlotter n’oublie pas son poulain, dont l’histoire demeure elle aussi très intéressante. Clairement, on le situe au centre de la thématique : la taille, c’est ce qui compte. On a l’habitude de dire que ce n’est pas le cas, mais on dit ça pour une seule raison : parce qu’on en a pas une grosse ! Et lui, il en a une énorme, qui a été sectionnée à la naissance (les chirurgiens l’ayant prise pour le cordon ombilical). Recousue, il a dû suivre un traitement, mais elle n’a jamais retrouvé la vigueur qu’elle aurait dû avoir. Maintenant, afin de la maintenir en activité, il est obligé de la gaver de stimulants de plus en plus puissants, renouant avec le thème de l’addiction développé dans Elmer le remue méninge. Ainsi, pendant qu’il nous expliquera son histoire, on aura droit à l’une des séances de masturbation des plus barbare, Batz calant son mastodonte dans un tuyau bourré de fil de fer mis en branle par un moteur à essence. Radical ! A l’aide de symboles sexuels assez explicites (les femmes à tête de vagin), Henenlotter continue à aborder les dérives de la surstimulation sexuelle de nos héros avec quelques séquences qui ne manqueront pas de nous faire rire (notamment celle où une partenaire de Batz vit un orgasme de plusieurs heures après une relation de moins d’une minute). On ne spoilera pas le dénouement, tout ce que l’on peut dire, c’est qu’on quittera le film dans un grand éclat de rire, ce dernier réussissant à conclure sur son sujet de façon jouissive et peu sérieuse. Bref, c’est de la bonne série Z qui se permet de rester ludique sur toute sa longueur et de faire du cinéma avec pas grand-chose. Vivement ton prochain, Frank, et bon retour parmi nous !

 

4.5/6

 

de Frank Henenlotter
avec Charlee Danielson, Anthony Sneed

 


Repost 0
18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 10:15

http://politicalfilm.files.wordpress.com/2009/08/bruno_poster.jpg?w=500

 

Les comédies trash ne sont pas si rares qu’on pourrait le penser, la définition étant selon moi qu’elles soient transgressives et politiquement incorrectes, avec plus ou moins de finesse. Si certaines soignent intelligemment leur propos (99 francs, OSS 117 2…), d’autres se lancent à fond dans le mauvais goût, une certaine preuve de franchise qui sert bien souvent de prétexte pour rabaisser le contenu explosif du film. Après Borat, Sacha Baron Cohen se met à parler des gays et de pleins d’autres choses dans Brüno, un faux documentaire jusqu’auboutiste qui va très loin dans ses délires, sans que ces derniers aient forcément de finalité.

L’histoire : Brüno est gay et animateur principal de Funkyseit, une émission de mode germanophone, mais suite à un scandale, il est viré et part en Amérique pour devenir la Chuperchtar !

 

http://images.smh.com.au/ftsmh/ffximage/2009/07/09/300bruno_review_090709095250815_wideweb__300x402.jpg


Difficile de ne pas se sentir provoqué par Brüno, un personnage totalement manichéen et bourré de clichés dont le jusqu’auboutisme ne peut laisser indifférent. C’est là la caractéristique indéniable du film : il va diviser en deux clans son public : ceux qui sortent en hurlant et ceux qui restent assis à rire comme des baleines. Car pour la dose de trash, ce film envoie le gros pâté. Il suffit de voir le quotidien du couple Brüno/Stewart pigmé pour comprendre où on a mis les pieds. Film dénué de moralité, il est une compilation de saynettes qui choquent plus ou moins, mais qui touchent chacune à un sujet précis de la société. On y tapera par exemple sur le monde de la mode (l’interview hallucinante d’un mannequin qui nous explique la difficulté de marcher) ou sur les voyants (la scène trash où Brüno fait semblant de satisfaire une personnalité disparue devant un voyant imperturbable). En fait, ce que le film essaye de faire, c’est de mettre les gens face à leurs préjugés, à leurs croyances, et à les pousser dans leurs derniers retranchements. Le caractère de ces images est extrême, comme le personnage de Brüno, et vise indéniablement à nous faire réagir en filmant les réactions des personnes réellement en face de Brüno (la plupart des scènes du film ont été tournées en caméra cachée). Une technique qui se révèle payante au cours de scènes anthologiques (le combat de catch en cage) où ratées (le show télé avec le gosse). Car si le film se veut radical (et qu’il l’est assurément), il l’est tellement qu’il parvient à s’aliéner tout le monde, y compris le public qui le regarde. On rigole certes parce que c’est dérangeant et transgressif, mais qui ne réagirait pas de la même façon si on nous présentait un homme faisant participer un gosse de 4 ans à ses ébats sexuels ? Le fait qu’il soit gay n’a dès lors plus grande importance en face de l’acte commis. D’où un radicalisme qui passe parfois d’un sujet à un autre en oubliant un peu les relations de causes à effets. Tout de même, le film démontre qu’avec des clichés monstrueux, on est tout à fait en mesure de manipuler la population sur des sujets de sociétés aussi importants. On aura aussi droit à des séquences mettant en scène des gens connus qui seront confrontés à la provocation vivante qu’est Brüno. En clair, le film remue et choque, mais il prend bien garde de délivrer un propos, la caricature particulièrement épaisse du personnage principal nous tirant tantôt dans une direction, tantôt dans une autre. Au final, je dirais qu’il faut regarder Brüno d’un œil distrait, suivre ses aventures en riant de tous les traits trashs qu’il se permet de nous envoyer (pour ça le film vaut largement le déplacement, notamment pour l’illustration impressionnante de l’homophobie dans la population). Après, certains de ses épisodes sont clairement dispensables (la sortie chasse, l’enrôlement dans l’Armée…) et sont là surtout pour faire de l’humour de mauvais goût, le personnage testant décidément beaucoup de choses (son voyage dans les pays du moyen Orient reste un grand moment). Ultra trash (un plan bite en full frontal sans censure, première fois depuis les Troma !), relativement peu compromettant pour les personnalités engagées, Brüno dépasse Borat dans son radicalisme et parvient à salement divertir avec un humour caustique (on le répète : le film n’est pas à mettre entre toutes les mains), en nous offrant parfois de véritables séquences cultes et des sommets de mauvais goût. Cela ne fera pas rire tout le monde, et le trash utilisé parfois maladroitement n’en font pas un chef d’œuvre, mais de mon côté, c’est le coup de cœur.

 

5/6

 

de Larry Charles, Dan Mazer
avec Sacha Baron Cohen, Alice Evans

 

http://2.bp.blogspot.com/_ra_0LWuC3uk/Sj9EBgqmq0I/AAAAAAAAADA/EeXVJeeKGGs/s320/bruno-movie-trailer.jpg

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche