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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 18:21

Les_petits_braqueurs-20422803082006.jpg

 

Avec Les petits braqueurs, on entre dans une catégorie du navet que j’affectionne : le navet pour enfants. Produit par une Fox 2000 qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de faire des produits commerciaux qui singent ce qui marche au cinéma, on en a pour notre argent avec ce film de braquage juste hallucinant, puisqu’il est lancé par des ados de 12 ans.

L’histoire : Braqueurs amateurs, rien de plus facile que braquer la banque de votre maman : il suffit de lui voler son passe le matin quand elle fait vos tartines !

 

petits-braqueurs-2004-10-g.jpg

 

Ah, quand je l’ai trouvé dimanche matin aux puces, j’ai senti immédiatement le potentiel naveteux d’une telle saloperie. Tout est fait pour que les jeunes s’identifient à ces merdeux en puissance, et qu’est-ce qui marche mieux que les lois de la couleur dans ce cas ? Un ado blanc pour les blancs, un ado noir pour les minorités et une fille pour les hommes de sexe féminins. On a même droit au petit frère, qui accompagnera ses frères et sœurs dans le braquage comme un paquet de viande que ses aînés mettront toujours en danger (mais on est dans un divertissement « familial », pas de soucis à avoir niveau qualité). Mais commençons par le début. Nos ados vivent non loin d’un circuit de kart (c’est d’ailleurs la spécialité du blanc : les voitures de kart), où le père de famille organise des tournois trop cools. Ce père est un bon américain : voisin rêvé, modèle de morale et de coolitude (il laisse les enfants tripoter les cicatrices près de son croupion…), bref, on l’aime dès qu’on le voit. Mais une complication médicale aussi brutale que fortuite va le tuer d’ici une semaine à moins qu’on ne débourse 250000 $ pour aller l’opérer à l’étranger. Et la banque où travaille la mère comme conseillère en sécurité ne veut pas accorder de prêt. Salauds de riches ! Et comme la mère a tout le système de sécurité en mémoire dans son ordinateur personnel, il ne faut pas longtemps pour que nos jeunes décident d’organiser le casse du siècle (on notera la caméra, hommage lourdingue à Star Wars épisode VI). La fille, qui est acrobate, escaladera justement 30 mètres de vide jusqu’à un coffre suspendu (ça me fait toujours rire de voir des coffres chiadés alors qu’ils sont visiblement adaptés pour les compétences du voleur), le blanc se charge de l’entrée et de la sortie en kart, et le noir va s’occuper des caméras et faire la surveillance. Arrive la soirée tant attendue, où on voit débarquer des adolescents en costard cravates (avec leur petit frère de 5 ans) transportant des kilos de matériel dans des sacs de voyages qui entrent dans la banque sans ce faire remarquer (il faut dire que dès qu’ils arrivent dans leur champ de vision, les gardes regardent immédiatement ailleurs). On appréciera au passage les séquences naveteuses à base de gardes de sécurités, incompétants notoires qui passent leur temps à dormir ou à taper sur des trucs avec leurs armes… Pirater la sécurité ? Le noir branche sa caméra numérique sur un port USB et ça y est, le système est cracké, il est dedans ! La fille, qui galérait dans l’intro pour escalader le long d’un tuyau reste suspendue à bouts de bras pendant un quart d’heure, avant de se tenir à une main pour taper 4 fois un code secret qu’on a deviné depuis 20 minutes. Et une fois le code secret trouvé… le coffre s’ouvre. Merde, c’est ça la sécurité ? Pourquoi la mère de ces abrutis n’a pas déjà été virée ? Enfin bref, nos lascars prennent l’exacte somme nécessaire à l’opération et repartent en déclenchant toutes les alarmes. C’est alors qu’a lieu l’hallucinante course poursuite avec la Police… en karting. La caméra a beau être près du sol, on voit qu’ils avancent péniblement à 50 à l’heure, mais non, il faut que ça ait l’air dynamique. Et je ne parle pas des dialogues, à pisser dans un violon (« Je n’ai pas envie de devenir un délinquant juvénile ! » « T’as raison ! Accélère ! »). Au final, la mère découvre la supercherie. Mais bon, comme ils sont gentils, elle dit qu’elle les a employés comme consultants pour montrer les failles de la sécurité. Et le pathétique chef de la sécurité, copain avec les mômes, acquiesce sans hésiter (à voir son imitation de Robert deNiro, c’est d’un vulgaire affligeant). Ils rendent l’argent, mais heureusement, le fait divers a touché le cœur de la population, qui vient en masse faire des dons (et là, je rigole, dans la mesure où en Amérique, on serait plutôt dans la pétition pour mettre en taule ces graines de bandits). Et miracle, on parvient à avoir assez d’argent. Comme quoi, l’humanité peut se rassembler pour de grandes causes. C’est dans des instants pareils qu’on est pris de bouffées d’humanisme, qu’on se dit que si tout le monde dans le monde faisait 3 bonnes actions, tout irait tellement mieux…Ah, j’oubliais, c’est Kristen Stewart d’avant Twilight qui fait la fille. Heureusement, la gamine s’est améliorée depuis…

 

-999/6


2003
de Bart Freundlich
avec Kristen Stewart, Jennifer Beals

 

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Pour compenser le bide du film, Corbin Bleu vole les jeunes dans un autre domaine : la zik !

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 18:55

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/science_fiction/supernova,0.jpg

 

Supernova est un film horreur/Science fiction apparu dans dans les salles en 1999, soit deux ans après le fameux Event Horizon (conspué par certains, loué par d’autres, d’un avis commun le meilleur de la carrière de Paul W. S. Anderson). Tentant de surfer sur cette vague de terreur spatiale, le film part d’un pitch intriguant et pour le coup original pour dévier vers un huis clos tendu où le spectateur ne sait plus où donner de la tête, tant l’intrigue devient chiante et les rebondissements prévisibles.

L’histoire : Le Nightingale est un vaisseau de secours médical qui patrouille régulièrement aux confins de l’univers connus. Jusqu’à ce qu’il reçoive un message lui étant directement adressé, appelant au secours en utilisant le nom d’une ancienne connaissance du médecin chef.

 

http://img.tvmag.lefigaro.fr/ImCon/Arti/56260/diapo/4095/Robin-Tunney-15p.JPG

"Je suis une infirmière et j'aime le sexe, puis je meurs."

 

Vraiment, voir un tel potentiel gâché sur l’autel de la SF de bazar m’énerve, tant le film aurait pu donner quelque chose d’intéressant. En effet, dans la plupart des films de SF horreur, il s’agit d’un vaisseau fantôme qui dérive qu’il faut aller sécuriser, et dont on devra de toute façon s’échapper. Ici, l’appel au secours provient d’une mine désaffectée (ahaaa...) sur un planétoïde qui a dévié de son orbite et qui se balade dans l’espace (ahaaaa…) à proximité d’une Supernova. Voilà qui a de quoi exciter notre imagination, le contexte étant propice à un space opéra. Si la présentation de nos personnages reste très beauf (un couple baise, deux types jouent au ping pong, la médecin chef pianote sur son ordinateur pendant que le pilote disserte sur la violence des cartoons), on pouvait raisonnablement s’attendre à un spectacle divertissant. Et techniquement, on a des décors corrects (quoique cette esthétique bleue finisse vraiment par nous taper sur les nerfs, à en être dégoûté de la couleur), et des vues spatiales tout à fait satisfaisantes pour l’époque. Le problème, c’est que le film se la joue minimaliste et qu’au lieu de nous proposer un défouloir stressant, il tente de se la jouer dans un domaine qu’il ne maîtrise absolument pas : la psychologie. Mon Dieu, la psychologie ! Une erreur monumentale qui rend le film vite ridicule malgré ses différentes idées. Ici, l’enjeu semble être un artefact extra terrestre  qui modifie peu à peu les caractéristiques du corps humain. Il est ramené par un survivant qui ressemble un peu mais pas trop au connard que connaissait la médecin chef. Le soucis, c’est qu’on se doute très vite que c’est bien le connard qu’elle a connu, mais qui a été modifié par l’artefact (rajeunit en fait). Et à partir de là, le film se lance dans la psychologie des vaches. L’infirmière folle du cul est toute émoustillée par notre arrivant magnétiquement modifié et s’envoie en l’air avec lui en apesanteur avant de se faire tuer de façon prévisible, son copain se révèle être un jaloux fasciné par l’artefact qui subira le même sort (bref, une manière d’éduquer les populations sur une sexualité un peu trop exprimée), la médecin chef s’interroge sur le survivant qui lui rappelle vaguement son ex… Pendant que notre héros explore la mine qui se résume à un laboratoire au fond d’un trou (merde, où sont passées les installations d’Outland ?). Et on ne vous parle pas du jargon scientifique aussi hallucinant que non-sensique ("l'objet est composé de matière isotopique issue d'un univers à 9 dimension ici converti dans notre unvers à trois dimension, d'où l'émission de rayonnement isotonique à grande amplitude para magnétique." "C'est une bombe ?" "Oui, ça va tout faire péter !"). Aussi vulgaire qu’inintéressant, le film s’achève par un duel ô combien prévisible entre le gentil héros camé et le méchant vilain camé lui aussi, mais c’est lui le méchant parce qu’il est devenu laid à force de muter. Mais c’est le choix de conclusion nanar qui nous fait bien rire. Alors qu’on a vu au début combien était instable les capsules de protection pour les voyages à la vitesse lumière, on voit nos deux survivants se mettre dans la même, et en ressortir indemne, signe de leur parfaite correspondance sentimentale. Un final assez aberrant qui confine à la médiocrité du projet (en même temps, on a un ordinateur qui tombe amoureux parce qu’on lui a mis 5 lignes de codes en plus dans son système, la scène est d’ailleurs involontairement très drôle, tant l’ordinateur se met à penser comme un humain en quelques secondes). Un petit navet bénéficiant de moyens techniques bien disproportionné au regard de la facture très Z du scénario.

 

1/6

 

2000
de Walter Hill
avec James Spader, Angela Bassett

 

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Etes-vous fait l'un pour l'autre ? Tapez 3615 code Capsule spatiale, vous saurez immédiatement si l'être aimé est physiquement compatible avec vous.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 18:07

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/thriller/les_messagers,1.jpg

 

http://p7.storage.canalblog.com/75/50/812689/77510135_o.jpg

 

Les messagers est une saga horrorifique particulièrement anecdotique, faisant office de bouche trou de fin de soirée quand le cinéphile névropathe a déjà revu 3 fois toute sa collection. Mais ce statut est-il bien mérité ? Sorti en 2007 dans une relative indifférence, Les messagers est la tentative pour Kristen Stewart de casser son image de loveuse adolescente en tapant dans un fantastique plutôt horrorifique. Manqué de peu, car Les messagers se révèle être un film pataud, parfois traversé de bonnes idées, mais moyennement efficace (et c’est un enfant de la terre qui vous parle). Pour le 2 en revanche, un visionnage d’urgence se révèle nécessaire, tant sa pitrerie nanarde confine au comique involontaire. Un nanar de première bourre qui vous apprend que si vous prenez votre femme par derrière, c’est que vous êtes possédé.

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos/diaporama/images/les-messagers-the-messengers-2006__7/6323323-1-fre-FR/les_messagers_the_messengers_2006_portrait_w858.jpg

"Du calme les assistants maquilleurs, c'est bon, là..."

 

Les messagers : Les messagers est une série B destinée au DTV de part son essence et sa carrure, malgré sa tête d’affiche montante chez le public adolescent. Si Kristen Stewart était l’adolescente un peu maladive qui débarquait dans une ville grise, la voici métamorphosée en un peu plus racaille (T shirt rock’n roll et coiffée comme une groupie), mais que ses fans se rassurent, sa ligne tendance goth-adolescente s’estompe au fur et à mesure du film, celle-ci redevenant une jeune fille normale. De quoi nous parlent Les messagers ? D’une famille qui vient s’installer dans une ferme harcelée par des corbeaux possédés et qui tentent de se lancer dans l’agriculture. Vu que c’est un métier difficile, on pouvait donc se réjouir de la modeste originalité du contexte. Mais pas vraiment. En fait, si il y a des liens entre les deux, le monde agricole est à peine abordé. Et côté histoire de fantômes, le film n’est pas en reste. Après une intro plutôt intéressante (mais malhonnête), le film nous offre un beau générique. Et les fantômes apparaissent très vite et sont relativement présents tout au long du film. La principale originalité du contexte, c’est que c’est un gamin de 4 ans qui les voit en majorité, et qu’il y a donc toujours cette petite touche de glauque. Mais sinon, l’ensemble du film se résume à quelques apparitions fantômatiques, qui finissent par se manifester aussi à Kristen, sauf que tout le monde croit que c’est une crise de rébellion. Bref, on s’ennuie un peu, mais la facture technique est globalement valable et les effets spéciaux sont parfois bien gérés. Toutefois, on n’aura jamais vraiment peur. Le rebondissement final est en revanche d’une connerie assez étonnante, rejoignant alors les clichés du film de fantômes en faisant apparaître d’un coup une mutation de caractère d’une rare invraisemblance (un perso gentil devient méchant. Point.) et décidant qu’il peut s’arrêter là-dessus. Au final, ces messagers échouent mollement à délivrer leur message, trop cliché et surtout invraisemblable. A croire que les paysans ont des tendances psychotiques notoires (d’ailleurs, Germaine ! Apporte moi mon fusil !). Si la facture technique reste opérationnelle et que Kristen Stewart est d’une certaine fraîcheur (on suit l’histoire avec elle sans la moindre antipathie), le reste se révèle quelconque et surtout pesant…

 

2/6


2007
de Oxide Pang, Danny Pang
avec Kristen Stewart, Dylan McDermott

 

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Les messagers 2, Les origines du Mal : Alors là, les origines du mal, c’est pas un Hannibal Lecter de pacotille, ou un maison hantée à Amityville qui veut vous posséder. Non, mesdames et messieurs, en exclusivité ce soir, on vous révèle que le Mal, c’est un cascadeur dans un costume d’épouvantail ! Mais plus de détails maintenant. Après une ouverture très Z où une blondasse court dans des maïs avant de se faire tuer, on découvre nos nouveaux héros : une famille de fermiers qui se sont installés dans la même ferme que Kristen Stewart (le prétexte à cela, c’est qu’on est dans un préquel, mais la conclusion ne joint pas les bouts). Mais notre fermier pédale dans la choucroute. Les factures s’amoncellent, la récolte est pratiquement perdue, sa femme lui casse les oreilles… Bref, il donnerait n’importe quoi pour avoir un peu de chance. Son âme, peut être ? Alors qu’il retourne de la paille dans sa grange, il découvre un vieil épouvantail caché dans un mur. Qui sait, peut être pourra-t-il faire fuir les vilains corbeaux numériques qui sillonnent son champ. Il l’accroche donc sur une croix, et là, horreur ! On se croirait dans un remake de Jeepers Creepers 2 ! Même photographie et ambiance que l’introduction, je commençais à paniquer. Mais heureusement, le film change d’idée, préférant nettement la nanardise à l’efficacité. En effet, pendant tout le film, nous verrons des abrutis qui iront dans le champ de maïs pour rigoler, voire pour emmerder notre fermier, et qui mourront tous dans des circonstances étranges (type Destination finale). Et là, notre fermier se met à avoir de la chance. Il devient super content, même si il sent un truc louche avec l’épouvantail. Et c’est là qu’a lieu ladite scène. En effet, après une hallucination Z, notre fermier monte dans sa chambre et se met à embrasser sa femme. Une touchante scène paysanne, sauf qu’il commence à entreprendre de la prendre en levrette. Et comme il ne l’avait jamais fait auparavant et que la musique d’ambiance montre que ce n’est pas cool ce qu’il fait, on en déduit que le Mal s’empare de lui. Compris, les mecs ? La levrette, c’est le Mal ! A partir de là, les fréquentes sautes d’humeur de sa femme, qui cherche visiblement à l’emmerder, sont une jubilation à laquelle on ne résiste pas. On rigole alors du fermier voisin qui a conclut lui aussi un pacte avec le diable, et qui va mal terminer. On s’étouffe devant notre fermier qui matte pendant 5 bonnes minutes une blondasse topless profitant du système d’arrosage (les joies des mœurs campagnardes) et autre nanardises de bon goût qui rallongent un spectacle déjà beaucoup trop long. Mais c’est avec le final qu’on en a pour notre argent. En fait, notre épouvantail, et ben c’est le diable ! Et il commence à bouger en fin de film. Un remake de Scare Crow ? Même pas ! Ces derniers (des séries Z rigolotes) en passeraient pour des chefs d’œuvres amateurs devant la mollesse de notre Mal, qui déambule péniblement au milieu d’une grange (il doit bien faire 30 mètres en 15 minutes) et servant finalement de punching ball à notre famille d’agriculteur. Les belles joies de fracasser en famille le responsable de nos malheurs. Mine de rien, si les Messagers 2 est très chiant par moment, il vaut le coup pour le comique involontaire (« Mais chéri, tu m’as pris... le cul ? » « … Désolé. ») et ses personnages à côté de la plaque qui nous font bien rire. Un très mauvais préquel, assurément.

 

0/6 (mais un correct 13/20 nanar)

 

2009
de Martin Barnewitz
avec Claire Holt, Erbi Ago

 

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"Ciel, un fermier !"

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 19:01

http://www.horreur.net/img/AMITYVILLE-3-D-aff.jpg

"Dans ce film, vous êtes la victime" ... d'une redoutable escroquerie !

 

Amityville 3D est le troisième opus de la saga Amityville. Après un second opus aussi drôle que réjouissant (« Ote ta chemise de nuit ! »), Dino de Laurentiis décide de remettre le couvert avec rien de moins que le bon Richard Flescher aux commandes (Conan le destructeur, Kalidor, Soleil Vert…). En résulte un somnifère que je vous recommande grandement en cas de problème de sommeil et si les calmants classiques sont déconseillés par le médecin.

L’histoire : des reporters à scandale s’intéressent à la maison d’Amityville. L’un des journalistes finit par s’installer dedans, mais constate des phénomènes étranges…

 

http://desastre.cine.pagesperso-orange.fr/images/0085159_5.jpg

"Horreur ! Un démon dans mon jacuzzi !"

 

Vous pouvez oublier la générosité sans bornes du second opus, qui nous en mettait décidément plein la gueule niveau apparition démoniaque. Ici, le démon est symbolisé par un bruit de mouche. Mais un bruit du genre tellement insistant qu’il vous persiste dans l’oreille même quand il n’y a plus de mouche. On pense d’abord que la maison, en mal de possession, a commencé à posséder les insectes qui y résident, ce qui explique la fréquente apparition d’une mouche en dessin animé qui se déplace sur l’écran en faisant face à la caméra (une mouche ne peut pas faire ça, donc on rigole). Mais pour ce qui est du démon en question, il faudra prendre son mal en patience. En effet, la nouveauté du film consiste en l’apparition d’un puit dans la cave qui mène on ne sait où… Et bien, en réfléchissant un peu, on comprend qu’il descend jusqu’en enfer et que des saloperies risquent d’en sortir. On s’attend à revoir des caméras en vision subjective sortir du trou. Mais non ! Le film veut faire dans l’ambiance et dans l’épouvante classique ! Ce qui nous oblige à suivre des tunnels de dialogues sans le moindre intérêt (franchement, on doit passer 20 minutes sur des photos prises dans la maison qui sont bizarres, tout ça pour qu’un expert nous dise qu’effectivement, ces photos sont bizarres car non truquées) et à devoir se contenter de scènes de non peur où la caméra filme un truc avec un bruit de mouche réglé trop fort. On ne verra le démon en tout et pour tout qu’une seule fois, pendant 10 secondes. C’est heureusement le même maquillage que le gros monstre what the fuck d’Amityville 2 (on essaye de garder une cohérence), mais il se met à cracher des flammes et à faire littéralement péter la baraque. Sans blague, ils la font carrément exploser dans ce film. Puis on voit au milieu des flammes que le puit est toujours là, et notre amie la mouche qui vole latéralement a droit au mot de la fin :BZZZZZ BZZ BZZZZ BZ BZ BZZZZZ BZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ ! (ce qui veut dire littéralement : « Enlève ta petite culotte ! »)

 

0/6 (même pas drôle !)

 

1983
de Richard Fleischer
avec Tony Roberts, Tess Harper

 

http://img.photobucket.com/albums/v354/james_hetfield/Amityville2.jpg

L'attaque de la mouche démoniaque qui vole comme un crabe...

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 13:52

http://www.tuxboard.com/photos/2011/06/Les-Immortels-bande-annonce-du-film.jpg

 

Les Immortels de Tarsem, c'est un chapitre apparemment clos dans les débats cinéphiles, ce dernier étant catalogué comme un sous-300 incapable d'éviter le ridicule. Question mythologie, c'est clair que depuis le Choc des Titans, on n'a plus beaucoup d'espoir pour Hollywood, qui semble croire qu'une relecture novatrice était nécessaire pour mettre de l'ordre dans un foutoir littéraire rédigé par des homosexuels décadents. Thésée se bat d'un coup comme Léonidas, les Dieux bisexuels nous regardent de haut... La catastrophe promise est bien là...*

L'histoire : Le roi Hypérion saccage la Grèce antique pour retrouver un artefact lui permettant de libérer les Titans, les seuls monstres capables de tuer les Dieux. Ces derniers regardent, impuissant. Mais Thésée, un apprenti pêcheur qui se bat comme un vétéran, va se sortir les doigts pour prendre en main le destin de l'humanité.

 

http://img.over-blog.com/500x339/4/27/24/24/ludotheque/les-immortels-film-photos-07.jpg

 

On le sait, Tarsem aime la symétrie, la belle image et les ambiances ultra léchée qui se focalisent essentiellement sur la beauté plastique. The Fall en est le plus bel exemple : un film magnifiquement beau et creux comme le vide. Mais avec Les Immortels, notre plasticien de l'image s'est complètement planté. Utilisant un jaune omniprésent et étouffant (c'est encore pire chez chez Pitof ou Jean Pierre Jeunet), Tarsem travaille son image à l'outrance en se reposant clairement sur le numérique, ce qui crée des paysages tellement artificiels qu'on y croit pas une seule seconde. C'était aussi un peu le cas pour 300 qui avait parfois des airs de cinématiques de jeux vidéos, mais ici, pratiquement aucun moment de bravoure pendant le film. De longues successions de dialogues plus imbéciles les uns que les autres, entre un jeune Persée qui comprend magnifiquement la situation et un roi Hypérion qui joue une sorte de cruauté virile (son discours sur les traitres et le châtiment qu'il leur réserve, bizarre qu'il n'ait pas une voix de castra après cela...) tellement surjouée qu'elle finit presque par nous faire rire. Enfin, le film peine tellement à avancer, empêtré dans une espèce de pseudo lenteur contemplative qui anesthésie l'intégralité du film, au point de m'avoir endormi pendant une dizaine de minutes. Sincèrement, si quelques plans se révèlent jolis, l'ensemble ayant recours au tout numérique est copieusement indigeste, et l'histoire manquant sérieusement de bourrinage, on s'ennuie grave en attendant la suite des évènements. Et les Dieux, dans tout cela, sont la cerise sur le gâteau. Complètement ahuris depuis leur plate forme d'observation, en string or massif et brandissant des sex toys du même métal (un kitch qui aurait dû me plaire, mais ici particulièrement clinquant et outrancier), on frise le ridicule à tous les plans, le numérique achevant de rendre l'image indigeste, et les dialogues charmant nos oreilles de truelles d'incohérences (les dieux refusent d'apparaître aux mortels sous forme divines, puis se lancent l'instant d'après dans toute une série de miracles pour aider Thésée)... Dans ce désastre, personne ne parvient à en sortir indemne, pas même John Hurt qui joue les sages papis gâteux. Trop artificiel, aux ambitions artistiques incomprises (Tarsem et film épique, mais qu'est ce qui a pris aux producteurs de signer ?) et clairement pas assez abouti (le numérique pue sur presque tous les plans), Les Immortels est un naufrage artistique regrettable, qu'on espère ne plus jamais revoir. Dommage, certaines belles séquences ne sauvant pas l'ensemble...

 

0.5/6

 

2011
de Tarsem Singh
avec Henry Cavill, Mickey Rourke

 

http://medias.3dvf.com/news/films/immortels-sang.jpg

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 17:17

http://1.bp.blogspot.com/-SHB4MLwJfsE/T-G33XELcTI/AAAAAAAAABI/EjpvO7EojgA/s1600/Ghost+Rider+L%27Esprit+de+Vengeance.jpg

 

N’ayant toujours pas vu Ghost Rider 1, commencer la saga par le second opus me semble un peu désordonné, mais il faut dire que je brûlais d’impatience de découvrir la bête, dirigée par le duo prometteur Neveldine / Taylor. Une constatation s’impose : Ghost Rider 2 est bien la merde qu’on nous a décrit, avec quelques moments de bravoure au milieu. Cependant, largement pas de quoi équilibrer la balance.

L’histoire : Le ghost Rider, exilé en Roumanie, essaye de sauver son âme en protégeant un gosse béni du Diable qui veut le tuer.

 

http://www.toy-tma.com/wp-content/uploads/2012/02/Ghost-Rider-2-Transform-580x327.jpg

Quand on me dit que je suis ridicule, je me met dans tous mes états...

 

Si les Hyper tensions étaient d’une connerie affligeante, ils étaient essentiellement motivés par l’envie d’en faire trop, et surtout de donner dans l’action non stop durant 1h20. Ultimate Game avait quant à lui de très intéressantes pistes sur le jeu en ligne et de gros moments de bravoure. Ici, les ambitions ont complètement disparues, et l’audace visuelle est revue au rabais. Certes, le design du ghost rider est réussit, sa moto déchire et on a droit à quelques jolies mises à mort, mais sinon, c’est tellement nerveux et mal foutu qu’on a du mal à voir quelque chose de plaisant. On rajoute à ça une absence totale de gestion du suspense, le final étant relativement plat au vu de l’impressionnant combat du milieu où le Ghost Rider possède une gigantesque foreuse avec laquelle il défonce le camp ennemi. Cette scène là aurait carrément dûe se retrouver à la fin, mais voilà, ce n’est pas le cas. D’ailleurs, les scènes d’action se comptent au chiffre de trois. Rien d’autre après que des dialogues, une ou deux mises à mort gratuites, un méchant qui mange un beignet… Et au niveau des dialogues, c’est d’une connerie tellement peu inspirée que ça en devient infâmant par moments (« Le diable veut cet enfant, tu dois donc le protéger ! » « En tuant le diable, je pourrais sauver mon ame… »). Quand le film ne se pose pas des questions à la con, avec l’hallucinante scène du ghost rider qui pisse. On sent bien l’humour gras du duo dans cette scène, et elle en deviendrait limite culte si l’ennui ne prédominait pas dans ce film. Nicolas Cage semble s’ennuyer ferme pendant les discussions, et se donne en spectacle au cours de plusieurs scènes où il tente de jouer la folie en oubliant tous les cours de jeu qu’il a dû suivre sur le sujet. Pendant plusieurs minutes, il fait des grimaces à la caméra, soutenu par des effets numériques à pleurer de rire. Il n’y a pas à dire, ce film pue la production cheap tournée vite fait en Europe de l’Est (tiens, ça me rappelle Conan) et post prodée par la même équipe d’incompétents. En effet, les incohérences et les erreurs techniques abondent. On citera par exemple la séquence où le Ghost rider lévite en rotation au dessus du sol, alors que son ombre avance en décalé et plus lentement que lui). Et alors qu’on croyait le nanar aller jusqu’au bout de ses possibilités, il nous sort une carte inattendue : Christophe Lambert en moine ! A se pisser dessus, tant il replonge dans les démons qui ont ruiné sa carrière. Vraiment dommage de sa part, il aurait dû lire le script. Mais bon, le mal est fait. Les rares effets spéciaux pas bâclés tenteront de flatter l’œil par des teintes fluo rouges et jaune, mais rien n’y fait, c’est à se demander comment une saloperie pareille a bénéficié d’une exploitation en salle quand on voit qu’un excellent film comme Universal soldier III sort en DTV. Aberrant.


0.7/6


2012
de Mark Neveldine, Brian Taylor
avec Nicolas Cage, Ciarán Hinds

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/news-cinema/christophe-lambert-dans-ghost-rider-2/36863856-1-fre-FR/Christophe-Lambert-dans-Ghost-Rider-2_portrait_w532.jpg

"Ne vous inquiétez pas, j'ai retenu les erreurs de mon passé, et je peux vous garantir que cette fois ci, ma prestation vous laissera sans voix..."

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 22:03

http://www.julsa.fr/wp-content/uploads/2012/03/Projet_X-affiche.jpg

 

Nouveau mètre étalon de ma catégorie Navet, voici un concurrent de choix dans le championnat de l’incitation à l’ivresse publique : Projet X. Tout le monde en a entendu parler, les gens biens évitent de s’y frotter, et pourtant, rien n’y fait, c’est un buzz incompréhensible où un public rit des conneries d’une bande de demeurés irresponsables sans les connaître. Etre fêtard, c’est être un king, ça on le savait, mais être à ce point anti-social, c’est limite criminel. Mais Warner Bros s’assoit dessus, le sacré saint fric étant le maître mot de ce type de projet. Mais pourquoi les Drunk Sex Orgie ne sortent-ils pas au cinéma ?

L’histoire : vous avez déjà vu une vidéo de soirée-beuverie ? Bien c’est la même, mais elle coûte 10 euros, celle là…

 

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L'enjeu de la soirée...

 

Ah, mais que j’aime être confronté à des produits pareils ! La critique de Borat était un avant goût pour le moins réjouissant, sa chronique concernant ce film étant l’une des plus agressives que j’ai pu lire. Mais maintenant, il faut passer un nouveau cap. Alors, c’est parti. Projet X est l’un des films les plus mauvais que j’ai vu de ma vie. Ne serait-ce que techniquement, c’est un film dégueulasse. Filmé avec une caméra HD trouvable n’importe où, passant les trois quart de son temps à filmer des culs, des tronches inconnus, des couples qui se roulent des patins, du gerbis, un caniche (qui a du participer à une tournante pendant le tournage à en juger par sa gueule), ce film ne montre rien pendant la quasi-totalité de sa durée, alliant à cela un éclairage bordélique et un sens du montage amateur. Mais le film fait mieux avec son contenu idéologique. Commençons direct avec le thème principal : le sexe. Le sujet de conversation qui revient éternellement, c’est la chatte. La moule. Le vagin bien mouillé. La plupart des gags concerneront les fantasmes sexuels de nos trois adolescents, du gros qui nous énumère les techniques de doitage les plus subtiles, mimant le geste en s’imaginant déjà dans une muqueuse bien lubrifiée, le looser qui va devenir le winner, qui lui veut une bonne petite chatte bien serrée pour sa première fois, et un gars cool qui lui fantasme sur une branlette espagnole avec une bonne grosse paire de seins dégoulinante de sperme… Et c’est ça dès qu’ils ouvrent la bouche. On filme une fille que nos compères se demande si elle mouille, si elle serait à l’aise avec le sexe oral, si ils pourraient se la partager à 3… Bref, autant dire que le film se veut être un fervent partisan de la libération des mœurs quelles qu’elles soient. On aura donc droit à tout un lot de poitrines (une pancarte nous promettait des filles nues, les américains ne se rendent plus compte de leur connerie à ce stade, ce sont des limites complètement absurdes qu’ils s’imposent), du frottage de jeunes adultes à travers les vêtements, et du libertinage en cours de soirée avec plusieurs partenaires féminins… Les enjeux sont clairs : c’est celui qui va avoir le dépucelage le plus mémorable qui va entrer dans la légende ! Le film va donc suivre un peu nos trois compères, et en fin de soirée effectivement, le constat a de quoi rester mémorable. Dommage seulement que tous nos acteurs ne se soient pas désapés pour une fornication franche et massive, qui au moins serait allé au bout du sujet. Mais cette retenue constante, parfaite hypocrisie morale, ne franchit jamais une certaine ligne qui fluctue en fonction des caprices des scénaristes, aussi talentueux qu’un Besson un soir de bringue. On en arrive au thème n°2 : faire des expériences. En plus de la picole à en gerber (bon, ça peut arriver à tout le monde, l’ironie étant que ça facilite le contact avec les autres fêtards), nos jeunes vont tester un peu les poudres de perlinpinpin qui vous font voir des étoiles et apprécier la vraie vie à 200%. Coke, extasy, et vas-y que je m’expédie sur la lune, histoire de dépasser 99 francs, mais ici c’est pour de vrai. L’alcool aidant, les talents de nos jeunes se désinhibent, nous permettant d’apprécier par exemple un numéro de skate board sur un toit de maison suivie par la chute dudit skate-boarder, mais il maîtrise, donc c’est cool. Le héros finit par comprendre enfin ça. Si tu fais des trucs de oufs, t’as du respect ! Ainsi, alors que les hélicos de la police survolent sa baraque, il les gratifie d’un bon gros doigt d’honneur (c’est cool, ça sort juste de la chatte de la fille qu’il vient de tringler, la mouille est encore humide) avant de se jeter du second étage sur un trampoline, devenant ainsi le king de la night ! Les passages d’un voisin venant de plaindre du bruit et tasé à la nuque, ou celui d’un gars détruisant au lance flamme tout le quartier passent alors comme d’aimables boutades innocentes, devant l’irresponsabilité profonde de chaque minute que le film ose rajouter. Mais le final reste à ce titre savoureux. En effet, le film était très lassant dans sa perpétuelle répétition de scène de remplissage sur de la musique de boite, filmant des pouff imbibée ou des soulards lubriques à longueur de temps. Mais on attendait de voir la réaction des parents. Et bien le père, qui considérait son gosse comme un looser, ben il en est fier, de son marmot. Il le dit après avoir signalé que tous les fonds d’étude allaient partir dans la réparation des dégâts (en gros, que ce merdeux va s’endetter pour commencer sa vie), mais il s’en branle complet, il a été un dieu le temps d’une nuit. Ainsi, Projet X devient l’étendard de la génération des gaspilleurs irresponsables qui ne se soucient jamais des conséquences de leurs actes, vivant dans des codes communautaires complètement ubuesques et tourné vers un excès « tolérable », ou qui se doit en tout cas d’être toléré. Un peu comme si un apéro facebook avait lieu dans le bâtiment à côté de chez vous, que les gens jettent leur déchets sur votre porte et que vous allez vous faire foutre car vous n’êtes pas invités. Finissant amoralement avec une irresponsabilité qui fait fureur (les présentateurs du JT invitent des membres de la fête à partager leur expérience en direct), Projet X doit être l’un des objets les plus nocifs et les plus révoltants qu’il m’ait été permis de voir (le pire étant qu’il trouve un écho auprès des générations de fêtards, qui se mettent à imiter les conneries qu’ils voient). A se demander pourquoi Jackass n’a pas plus de succès. Histoire de jouer l’originalité, on préfèrera aller au bout des choses avec les Drunk Sex orgies, qui eux ne cherchent pas à s’imposer des limites : c’est open bar toute la nuit et baise en full frontal avec partenaires multiples… Plongeons dans l’amoralité plutôt que d’essayer de se donner bonne conscience.

 

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2012
de Nima Nourizadeh
avec Thomas Mann (II), Oliver Cooper

 

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Le doigt, nouveau mode de communication des jeunes

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 15:23

http://img.over-blog.com/342x500/3/25/62/46/Le-choc-des-Titans.jpg

 

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Un remake du choc des titans, on était plutôt pour, à la base, le film de Harryhausen ayant certes son charme, mais ayant quelque peu vieilli. Mais quand c’est Louis Leterrier qui se lance aux rennes du projet, on est tout de suite plus méfiant. Le résultat est aujourd’hui connu de tous : Le Choc des titans est un petit navet sympathique, affichant un goût pour le kitch bling bling et prompt à sortir les grands moyens pour pas grand-chose. Bref, on ne s’attendait pas à une suite. Mais voilà qu’elle débarque en voulant jouer son va-tout, poussant le délire au-delà des limites du premier. Réalisé par Jonathan Liebesman (un type qui a complètement annihilé les espoirs que j’avais en lui depuis TCM the beginning), la commande est un rouleau compresseur de médiocrité où cohabitent d’extra-ordinaires effets spéciaux numériques avec des incohérences de première. Une bonne saga naveteuse à se regarder un soir en somme…

 

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"C'est quand le maquilleur a empoigné une truelle que j'ai commencé à me douter de quelque chose..."

 

Le Choc des titans : Voilà enfin pour moi l’occasion de parler de ce block buster qui avait fait un peu parlé de lui pendant l’été dernier, et pas vraiment en bien. A la base pourtant, l’idée n’est pas mauvaise. Les dieux, dépendants de la race des hommes pour alimenter leurs pouvoirs, se lancent dans une campagne d’intimidation pour les faire rentrer dans le rang. Mais pas comme ça. L’histoire de Persée, à elle seule, montre combien les réalisateurs d’aujourd’hui sont incapables de doser leurs éléments épiques (le plus bel exemple doit être le remake de Conan, qui se lance direct dans une césarienne gore). Persée, fils de Zeus, est balancé à la mer avec le cadavre de sa maman dans un cercueil en or massif, et ce dernier flotte jusqu’à un bateau qui passait heureusement par là sans que personne ne l’ait vu. Et d’ailleurs, on apprendra que le père a voulu condamner à mort sa reine dès que la supercherie avec Zeus a été découverte (autrement dit, les 9 mois de grossesse se transforment en 2 jours). A 20 ans, Persée a déjà le physique de Sam Worthington (je n’arrive pas à croire une seconde qu’il a la vingtaine dans ce film), et qui voit sa famille adoptive mourir dans un retournement de bateau en mer calme (ça craint, pour des pêcheurs). Puis on se retrouve sur le mont Olympe, où on tente de nous faire gober que Zeus porte une armure à la Twilight qui scintille. Un Zeus interprété par un Liam Neeson payé en tickets resto à en juger par l’ampleur de sa performance (pendant tout le film, il reste debout à réciter son texte d’un ton monocorde). Hadès demande la permission de terroriser les hommes, Zeus lui donne (les autres dieux sont aussi importants que des bibelots), et on lance la machine. Hadès veut la peau d’une princesse, et pour faire pression, il va réveiller le Kraken, le seul monstre capable de faire peur aux Dieux. Mais Persée a la bonne parade. S’entourant d’une équipe de choc, il va aller chercher la réponse à l’énigme : « Comment entuber Hadès sans se faire bousiller la gueule ? ». Pour cela, il va consulter des oracles qui habitent tout droit sur la droite. En chemin, un cours de 4 minutes sur le maniement du sabre en fait un guerrier hors-pair, et il trouve derrière un arbre une arme divine et Pégase qui broute des fougères. Mais comme on commence à se faire chier a lieu le fameux combat contre les scorpions numériques. Un moment sympathique, mais conclut tout à fait débilement, puisqu’ils servent l’instant d’après de monture à nos amis pour poursuivre leur voyage. Enfin, ils obtiennent les précieux renseignements : il faut récupérer la tête de méduse pour faire un truc. Mais où est méduse ? Un peu plus loin sur la gauche, derrière le ruisseau de brume. Bon, après, on a en effet un joli décor kitch, avec une méduse odieusement numérique. Puis l’affrontement tant attendu avec le beau-père matricide, qui vire sur une sorte de catch avec des épées pour s’achever moralement. Mais à Argos, la princesse va bientôt être sacrifiée. Le kraken arrive, et Hadès révèle enfin ses plans : c’est le méchant qui veut flouer Zeus (notons que tous les autres dieux ont disparu du mont Olympe : voilà comment on simplifie les enjeux). Persée va-t-il pouvoir sauver la mise à Zeus, son père ? Il essaye, et nous offre ainsi la meilleure séquence du film avec le Kraken qui casse tout pendant que Persée tente de récupérer la tête. Mais hélas, il y arrive, et en 3 minutes, la messe est dite. Bénéficiant du dénouement le plus expéditif de ces dernières années, Le choc des titans est en effet un choc.

 

1/6

 

2010
de Louis Leterrier
avec Sam Worthington, Liam Neeson

 

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La colère des Titans : un opus qui tend vraiment la joue pour se faire battre, où le pire côtoie le cher sans la moindre sans-gêne… Il s’est fait dézingué par la presse essentiellement pour cela, et pour être sorti fin mars en catimini (essentiellement pour être exploité avant de recevoir de mauvaises critiques). En termes de scénario, La colère des titans est pire que son prédécesseur. Le film s’introduit pendant 40 secondes, puis Zeus arrive et lance direct l’histoire. Et le script procèdera toujours ainsi. A force de prendre des raccourcis de tous les côtés (Persée a besoin du fils de Poséidon, heureusement, il est en prison dans le camp de la princesse (princesse qui dévore déjà Persée des yeux), Persée sait qu’il ne faut pas prier Arès sinon il va venir les buter (et il sort ça vraiment sans avoir été prévenu avant)…). Ils se battent contre des géants numériques qui apparaîssent d’un plan à l’autre (franchement, oser faire apparaître 2 cyclopes avec un tour de passe passe de montage, fallait oser), avant d’entrer dans le tartare qui ressemble à un grand labyrinthe, mais comme les murs bougent, nos héros mettent 15 minutes à le traverser, facile. En se baffrant au passage le Minotaure (car le minotaure est tué par Thésée, et non par Persée, mais on ne va pas s’arrêter à ces détails), le monstre le plus laid de toute la saga. Si les tares techniques sont légions et que tous les acteurs semblent en faire le moins possible vu qu’ils sont payés en pouvant aller se servir au buffet, on tient là un premier gros nanar de l’année, qui tâche violent (essayez de rester sérieux devant Liam Neeson qui se prend pour le Christ et qui a l’air de souffrir, impossible d’y croire). Hélas, il essaye de faire illusion avec du pognon, et forcé l’on est de reconnaître que les plans thunés sont parfois sympathiques. On voit assez bien les monstres (on voit certains même 2 fois dans du copier-coller), et les scènes avec Kronos sont en effet plutôt sympathiques en termes de spectacle. Toutefois, entre-temps, c’est l’ennui qui nous guette, tant l’histoire convenue se révèle incapable de nous surprendre, si ce n’est dans sa surenchère naveteuse (les dialogue sont d’une platitude à se défenestrer, l’intensité dramatique est nulle (Sam joue le désespoir comme si il avait une crampe au mollet)). Comme disait Coluche, tant qu’il y aura des couillons pour payer…

 

1/6

 

2012
de Jonathan Liebesman
avec Sam Worthington, Liam Neeson

 

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 11:04

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Enfin un film que j’avais envie de voir depuis bien longtemps. Oublions le drôlissime Elektra ou le premier essai vacillant de Pitof, voici son nouveau chef d’œuvre en date. Catwoman ! Descendu par des légions de cinéphiles, humilié par la presse, lapidé par les téléspectateurs… Catwoman est devenu le cas d’école de tous les choix maladroits qu’on pouvait faire sur un film de super héros. Tout simplement un des plus gros navets de la décennie 2000. Portée par une Halle Berry qui n’a jamais fait aussi bien la prostituée, un Lambert Wilson à côté de ses pompes et une Sharon Stone dans le besoin, c’est LA production Pitof à ne pas manquer.

L’histoire : elle a le minet en feu !

 

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Un navet de ce calibre, c’est rare. Pour ainsi dire, je bouillais d’impatience de le découvrir tant les critiques nous promettaient monts et merveilles (« Un sommet de médiocrité », « d’une connerie affligeante ! » « le pognon a été utilisé pour les choix artistiques les moins pertinents… »). A ma connaissance, c’est le pire film de super héros jamais sorti avec Elektra et Dare devil. Mais qu’en est-il du film réellement ? Et bien c’est au-delà de nos espérances ! Halle Berry est une victime en puissance, tellement timide qu’on ne s’attache pas à elle un seul instant (sincèrement, faut se prendre en main un minimum parfois), qui va essuyer une tentative d’assassinat et se transformer en cougar agressive, en tortillant du cul cadré sous tous les angles. Mais commençons par le début. Patience Phillips (notre future catwoman a un nom… aussi pertinent que Bavoir) est une créatrice de mode qui méprise son travail, et qui partage son bureau avec une rondouillarde accro aux produits de beauté et un gay qu’on aimerait taper (sincèrement, le cliché des créateurs de mode gay, on peut encore l’accepter, mais quand on ordonne à des figurants de jouer une mentalité de gamine de huit ans…) à chaque fois qu’il lève les yeux. Mais très vite, on se rend compte que les dirigeants de cette firme de cosmétique sont de gros vilains qui ne pensent qu’à l’argent (à grands renforts de sourires carnassiers, voilà comment on montre leur méchanceté), et qui vont lancer un nouveau produit. Sauf que ce produit, il rend les gens laids et dépendants comme une drogue. Mesdames, on va vous exploiter ! Mais ne vous inquiétez pas, notre chaudasse va vous défendre. Après s’être fait évacuée par le trou des toilettes et laissée pour morte sur une plage, Patience se prend de l’haleine de chat numérique dans la gueule, et elle ressuscite ! Halleluia ! Notre tigresse fait la connaissance d’une vieille femme à chat qui lui explique alors qu’elle a été choisie, et qu’elle est maintenant une femme chat en dehors de toute législation. Elle se met alors à faire des bonds partout, à grogner quand elle voit un chien… Me demande pourquoi Pitof n’a pas fait de longues séquences où elle se lèche, ça nous aurait intéressé au moins 5 minutes… Mais non, elle va d’abord se prouver qu’elle n’est plus une victime. Pour cela, elle va casser la gueule à des métalleux qui écoutent du métal, elle va piquer leur bécane et aller voler quelques bijoux pour se faire ses griffes en diamants. Mais c’est pas moral ! Alors, pendant qu’elle vole les bijoux, le script met 2 ou 3 braqueurs déjà sur place, histoire de donner l’illusion qu’elle est du bon côté de la loi. Et elle se retrouve avec pleins de bijoux chez elle, mais elle ne gardera que la plus belle pièce, pour en faire ses griffes diamantées. Pendant ce temps, à la bijouterie, on ne déplore que le vol du gros joyau (ils ont de la merde dans les yeux pour ne pas se rendre compte qu’on leur a piqué tous les cailloux du rez-de-chaussée) ? Un commissaire (convoité par l’homosexuel de service, le long regard qu’il lui jette est désarmant) qui vient de faire la connaissance de Patience (il l’a sauvée parce que cette conne escaladait la façade de l’immeuble pour aller caresser un chat) se charge de l’enquête, et ne sait pas trop si il peut faire confiance à Patience pour l’amour, parce qu’elle a la même coupe de cheveux et le même visage que Catwoman… Catwoman qui se met bientôt à porter du cuir et à jouer les domina SM nanarde qu’on nous promettait en bande annonce. C’est simple, Pitof ne semble intéressé que par son fondement, qu’il cadre sous tous les angles sans regarder à la dépense niveau effets caméra. De la fesse dès qu’elle commence à bondir. Catwoman, ex-petite artiste sans permis, se met alors à conduire un camion, une moto et une jaguar (quelle vole toujours), elle passe au travers des barreaux d’une cellule (elle a attendu 20 minutes avant d’oser nous faire le coup du « je suis assez mince »), Catwoman ouvre une vitre sans savoir utiliser le matériel adéquat (la technique est vieille comme le monde, un compas avec une pointe en diamant, et Pitof n’est pas foutu de comprendre comment ça marche !), Catwoman utilise les transitions numériques pour sortir d’impasse (le plus beau coup étant celui où, cernée par les flics, elle casse une ampoule et se retrouve 10 secondes plus tard chez elle)… Mais ce sont définitivement les méchants de pacotille qui propulsent Catwoman au rang de chef d’œuvre. Entre un Lambert Wilson qui essaye de jouer les tyrans dominateurs (il ne sera pas crédible un seul instant, et quand Patience le remet à sa place, tous les autres employés applaudissent ! Hallucinant, ou tous les autres créateurs artistiques se branlent de leur métier et chient à la gueule de leur patron ?) et Sharon Stone complètement à côté de la plaque en mannequin avide de fric, qui tente vainement de recycler son jeu de Basic Instinct en remplaçant le thème du sexe par celui des cosmétiques, on ne sera pas épargné par le comique involontaire, qui rend d’une futilité affligeante le combat de Catwoman (les méchants créateurs de mode vont-ils gagner ?). Pitof, en technicien revendiqué, abuse constamment d’effets numériques qui colorisent l’image, accouchant d’un résultat certes léché mais complètement à côté de la plaque (une usine ressemble à une boite de nuit, des coulisses d’un théâtre à la forêt de Pandora en pleine nuit) quand il ne se repose pas sur des séquences avec une catwoman numérique fort peu crédible. Pour achever le tout, on se contentera de dire que le masque de Catwoman est le plus ridicule de l’histoire des adaptations de super héros avec celui de Green lantern. Un navet intégral, de première bourre, avec une Halle Berry qui se trémousse le popotin devant une caméra baveuse, animée par un Pitof sanglé à une grue en pleine érection, qu’on imagine en train de crier « balance moi sur la gauche en faisant des tonneaux, ça va être énorme ! ». Catwoman, quand on vous propose de le voir, on dit oui sans hésitations !

 

0/6 mais un respectable 15/20 nanar

 

2003
de Pitof
avec Halle Berry, Benjamin Bratt

 

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Une haleine de chat à vous réveiller une morte !

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 21:03

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On vous l'avait promis, la voici maintenant en vrai : la chronique complète de l'indispensable Banlieue 13, ultimatum. Sincèrement, jusqu'à maintenant, Banlieue 13 était resté pour moi le meilleur navet de Besson. Puant idéologiquement, filmé à l'arrache avec un Larbi Naceri qui se prenait pour Scarface, on pensait avoir atteint un sommet. Voir Besson reprendre une formule aussi efficace avait donc de quoi m'inquiéter, connaissant les ambitions économiques du bonhomme, je m'attendais à une aseptisation du matériau, un truc de Yamakasi sans âme. C'est dire si je m'étais trompé sur le compte de Besson. Cet artisan du cinéma a intelligemment revu sa copie, au point de mûrir un scénario à vous décoiffer un chauve. Bienvenu dans la banlieue 13, mais en mieux.

L'histoire : Nous la différence, on a grandi dedans ! Avec ou sans la France, on ira de l'avant !

 

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Besson, qui confond hommage et caricature...

 

Ah, mais que dire du cinéma français si Besson n'était pas là pour nous causer politique... Le bonhomme n'en est pas à son coup d'essai, nous ayant proposé avec Banlieue 13 un discours vantant les mérites de l'identité communautaire s'unissant contre un Etat français fasciste.  Il a ici subitement adapté son propos, en nous resservant la même formule, mais en plus moderne. Ceci dit, il n'a pas ménagé sa peine. En comparant Banlieue 13 et son successeur, on constate en effet qu'en termes d'action, le scénario Besson seul se révèle incroyablement mou, là où la collaboration avec Larbi accouchait d'un actionner qui bougeait sans arrêt... Besson serait-il en panne de rythme (malgré une démentielle scène d'action où notre duo de choc dévaste le 36 quai des orfèvres en roulant dans les locaux avec une voiture et en sautant deux étages pour se tirer par la nationale ni vu ni connu) ? Il compense en tout cas avec un humour tout en finesse, comme en témoigne la scène d'introduction du lieutenant de Police Tomaso, transsexuel dans le cadre de sa mission et doublé par une femme quand on filme son cul (avec, au passage, une magnifique allusion politique où un vicelard nous sort pour réclamer une fellation "pour gagner plus, il faut travailler plus !" La politique, chez Besson, c'est une affaire de subversion). Enchaînons directement sur la mise en scène des banlieues, tout en finesse concernant les ethnies.  Le générique va nous guider au travers de la banlieue 13, en commençant par le quartier noir. Banlieue 13 vous disait "Ici, on est à Bakara.", à présent, vous y êtes ! Chaque noir se balade avec une kalash, ils fabriquent des bombes directement dans la rues, ils transportent de l'héro à la brouette... Puis on passe au quartier chinois, où c'est la même chose, mais en chinois. Puis on passe au quartier gitans, à ses mômes qui se baladent avec des guns dernier cri, charriant de la poudre par kilos. Puis vient le quartier des arabes (le plus sobre), et enfin le quartier des punks, des skinhead et des nazis. C'est de loin mon préféré, personne n'avait osé depuis Les rats de Manhattan. Et on essaye de nous faire croire que tout ce petit monde, armé de mitrailleuses lourdes, de bazookas et d'armes de point à ne plus savoir qu'en foutre, cohabite pacifiquement, faut juste pas venir les emmerder. D'ailleurs, dès le début du film, le héros vient se réfugier chez les noirs, qui dissipent les poursuivants policiers en leur tirant à la kalash dessus. J'en profite pour faire un résumé de l'intrigue du film : un général veut dresser l'opinion public contre les banlieues et forcer le président à les éradiquer une bonne fois pour toute. Cela fait, un promoteur immobilier viendra reconstruire des quartiers tout neuf pour des bourgeois (qui sortent d'où ?). Et comment ils dressent l'opinion publique ? Ils tuent discrètement une équipe de flic (des fouilles merdes qui venaient embêter des gamines qui écoutaient de la zik à fond dans la voiture de leur père et qui les agressent verbalement dans toutes leurs répliques) et de faire croire que c'est les blacks qui les ont descendus. Les blacks leur tirent déjà dessus, mais non, faut chiader un truc tarabiscoté pour dire que les méchants, c'est les keufs. On enchaîne alors tout de suite sur un flic en banlieue 13 qui pète un câble et qui abat un suspect noir. Cash ! La police doit recruter dans les asiles... Pas grave, les noirs viennent faire payer l'addition en explosant le commissariat au lance roquette (le même qui nous vantait au début l'existence des banlieues et la séparation avec les autres peuples, car comme ça on est protégé et on est libre). Bref, la situation dégénère, et le président ordonne l'évacuation des banlieues à risque (juste la banlieue 13, pour "faire un exemple"). On précise que les banlieues, c'est 50% du territoire français, et qu'on est menacé de guerre civile. Et la suite du plan, on marque les immeubles au laser et on a prévu de les faire sauter. Mais notre agent Tomaso et ce cascadeur de Leito vont redresser la situation. Comment ? Ils font un meeting en réunissant tous les chefs de gangs. Nous avons dans la même pièce une chinoise et ses hommes, un gitan et ses hommes, un noir et ses hommes, un beur et ses hommes, et un nazi et ses hommes. Tous surarmés. Et ils tapent la discute, ils votent, ils s'entendent sur un plan d'action où chacun va faire profiter la banlieue de ses talents. Parce qu'on "est une famille, unis, tous ensemble !" Et nos oiseaux se lancent tous, alors que les avions de l'armée se rapprochent, dans l'assaut de l'Elysée avec défonçage de tous les gardes, surtout les connards lepénisés qui ont orchestré l'affaire. A ce titre, le climax est mémorable, mettant le président en face de tous les chefs de gangs, et discutant avec eux d'un plan différent pour les banlieues. Et voilà que le président remercie les gangsters, fait des courbettes, à hauteur des braguette pour satisfaire la moindre envie de l'un d'entre eux. Et finalement, plutôt que de débloquer encore plus de fond pour les banlieues et en oubliant la crise, l'impensable surgit : "Plutôt que de retaper du pourri, construisez nous des quartiers neufs ! Démolissez les anciens, et retapez tout avec des espaces vert !". Alors que le film nous a monté pendant 1h30 un combat merdique pour sauver les banlieues, voilà que ses habitants veulent les détruire ? Mais c'était juste qu'on était pas dans le bon "contexte", il fallait tuer 20 militaires et prendre l'Elysée en otage pour que la situation s'éclaircisse. Et nous assistons finalement à la destruction des banlieues, mais maintenant c'est cool, le gouvernement va nous les faire reconstruire en mieux. Le promoteur immobilier véreux change tout simplement son fusil d'épaule. Et d'où va sortir le pognon ? Ben, peut être qu'on va légaliser la dope, vu qu'elle pousse dans les pastèques (l'hallucinante méthode de transport de la blanche par les chinois). Histoire de bien enfoncer le clou niveau idéologie (car les coincés du cul que nous sommes ont tendance à se fermer dès qu'on ouvre de nouveaux horizons), nous aurons alors un générique avec du rap dont le refrain est résumé au paragraphe L'histoire, et une assemblée avec le président et nos chefs de gangs qui fument des cigares en se bidonnant. On aimerait bien se bidonner, nous aussi, mais ce serait donner raison à un moraliste qui s'engraisse avec des business plans qu'il tente de faire passer pour de la subversion politique. Besson, le porte étendard de la France d'en bas (du genre celle qui se nourrit de vos poubelles, bande de faschos aveugles !), nous alerte sur un problème de plus en plus grave. La réponse devrait être ferme et massive.

 

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2008
de Patrick Alessandrin
avec Cyril Raffaelli, David Belle

 

BANLIEUE-13-ULTIMATUM-2008_reference.jpg

La France d'en bas, vue d'en haut...

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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