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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 13:56
Scarface - 1932

Si le scarface de Brian DePalma n’a plus rien à prouver question culte (et pas de la façon dont il s’y attendait), l’original des années 30 n’a lui non plus jamais perdu la côte auprès des cinéphiles. J’avoue que l’idée d’un polar tourné en pleine prohibition ne m’enchantait pas vraiment, m’attendant à un thriller mou essentiellement axé sur des dialogues moralistes. Mais le code Hayes n’était pas encore en vigueur à l’époque, et pour cause, ce film est un de ceux qui ont amené son institution.

L’histoire : Tony, jeune immigré italien installé à New York, participe activement au trafic d’alcool sous les ordres de son patron. Mais là où ce dernier respecte un certain système de fonctionnement, Tony utilise des méthodes brutales et opportunistes.

Scarface - 1932

Vraiment, démonstration magistrale que le cinéma n’a pas d’âge ! Je ne m’attendais tout simplement pas à voir l’un des meilleurs films de mes vacances à une époque aussi reculée. Mais forcé on est de constater que Scarface, premier du nom, n’a pas pris une ride, malgré le noir et blanc et un montage classique à l’ancienne. Question rythme, il est un polar qui a largement de quoi rivaliser avec un concurrent moderne (il enterre Public ennemies), ménageant de nombreuses fusillades et plusieurs cascades bien chorégraphiées qui assurent un dynamisme et un divertissement tout à fait fonctionnel, qui se paye le luxe d’une narration allant à l’essentiel. Là où le remake fait deux heures et demie (film fleuve oblige), ce Scarface fait seulement 90 minutes, pleines comme un œuf, soignant chacun de ses personnages, et parvenant par un script épuré au possible à compiler portraits, psychologie, émotions et action dans un montage efficace, où chaque plan se révèle utile. Si la surprise était de taille pour le rythme, ce sont clairement les acteurs qui m’ont largement convaincu pour la note élevée. Pas le moindre surjeu. Et j’insiste. En une heure trente, à l’exception d’un seul personnage qui se révèle gênant pour l’humour tartignol qu’il véhicule (l’assistant de Tony, incapable de répondre au téléphone ou d’exécuter correctement ses ordres), tous les personnages importants de la trame sont exposés, ont défini leur ligne de conduite, et s’y attèlent avec un naturel on ne peut plus immersif. Tony en premier lieu, évidemment, qui combine avec un savant dosage une touche de coquetterie dans son style, cette impétuosité et cette agressivité enjouée tout à fait cohérente dans sa montée vers le pouvoir. Mais également le commissaire à l’affût (maintenu dans l’inaction par les avocats véreux des maffieux), la sœur un peu allumeuse (excellent personnage elle aussi, très naturelle, et dont le parcours, bien qu’en grande partie repris dans le remake, connaîtra une issue différente), le boss de la maffia… Il aurait juste fallu que les morts gardent les yeux ouverts pour que la mise en scène soit parfaite. Tous les éléments de l’univers de Scarface sont déjà cohérents et pleinement fonctionnels. Question politique, le film y va plutôt fort pour l’époque, en s’attaquant déjà à la dénonciation de la corruption du système judiciaire et de l’inaction de la police, en faisant le portrait d’une nouvelle génération de criminels qui ne reculent plus devant l’usage de la violence pour s’imposer et en tirer profit. Sur la question de la dignité toutefois, le film se fait plus nuancé, laissant dans le portrait de Tony cet instinct de (sur)protection vis-à-vis de sa sœur, qu’il gâte en la tenant à l’écart de ses combines. Relation tragique qui en profitera pour l’affaiblir moralement, au cours d’un final qui le dégrade méchamment question amour propre. Pour ma part, j’y ai vu une ultime tentative, désespérée, d’un Tony impulsif qui joue encore une fois son va-tout. Très grand film et cador d’un genre encore productif de nos jours, Scarface 1932 est un indispensable, un vrai bijoux de cinéma.

1932
de Howard Hawks
avec Paul Muni, Ann Dvorak

5/6

Vince, chapeau pour ce conseil !

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 14:13
Sin City : j'ai tué pour elle

Pour rappel, le petit débat cinéphile sur Robert Rodriguez consistait à savoir si ce dernir avait un talent qu'il exploitait mal ou si il était carrément grillé, et que ses rares bons films étaient des accidents plus ou moins sauvés par les circonstances (Une nuit en enfer avec Kurtzman et Tarantino, Sin City avec Frank Miller...). Le résultat est hélas plutôt dans la seconde option, marquant la déliquescence de l'homme qui voulait lui aussi faire des hommages au bis, sans en avoir compris le charme.

L'histoire : Marv est de retour, Nancy ivre de vengeance, Dwight sous l'emprise d'Ava et Johnny qui se prépare à plumer Roark. Retour dans les bas fond de Sin city...

Sin City : j'ai tué pour elle

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on retrouve l'univers du premier sous l'angle de l'exploitation sommaire. Pas forcément une mauvaise chose en soi, la commande était passée, attendue et délivrée sans surprise. C'est bien le "sans surprise" le problème. Aucun secret, aucune innovation, le choc est passé. Point barre. Partant de là, on peut remarquer quelques bons moments, une ou deux scènes d'action bien brossée (les uppercuts, souvent filmés avec un punch icônique qui décoiffe), un nouveau protagoniste masculin qui douille sévère (Johnny, dont la véritable descente aux enfers est un segment de noirceur assez remarquable, pour ne pas dire le meilleur du film, en nous montrant enfin de façon réaliste un parcours allant droit dans le mur sans jamais lâcher l'accélérateur). Sin city, c'était aussi et surtout ses femmes. La vision de Rodriguez se nuance gentiment ici, puisque l'histoire de Dwight tourne exclusivement autour de cette thématique, à savoir l'emprise (vénéneuse) des femmes sur tous les hommes de Sin City (et toutes les autres se débrouillent pour y faire écho). La simple séquence avec Ray Liotta est à encadrer, elle illustre parfaitement son concept avec un portrait d'homme tout à fait compréhensible, et cette flatterie lubrique de bas étage qui fonctionne à merveille (avant de se tirer sans la moindre reconnaissance de dette, car le physique le permet). Pour incarner la grande Vampire, le film mise sans surprise sur Eva Green (la pauvre, elle ne sortira jamais de ce genre de rôle). C'est la nouvelle Sharon Stone depuis 300 2, et ici, elle s'en donne à coeur joie, dévoilant sa plastique avec une impudeur tout à fait de rigueur, dans son trip affolant sur la manipulation masculine. L'incartade avec le commissaire en devenait une digression virtuose, une quasi-démonstration. Qui s'achève sur rien. C'est l'un des plus gros problèmes de Sin City 2 : tout semble bâclé. Montage bien peu efficace (pitoyable introduction qui fait un copié collé du personnage de Marv d'une fadeur insupportable (ce personnage est totalement inutile, d'ailleurs, Dwight se retrouve avec exactement le même caractère), montage des histoires bordélique, de tous les bars de la ville, on ne sortira jamais du Kelly's (comme si un bouiboui aussi merdique pouvait accueillir Roark pour ses parties de Poker)... C'est un divertissement expédié, qui iconise certains détails (les yeux d'Ava), en foirant complètement d'autres séquences (l'arrachage d'oeil du majordome d'Ava, filmée platement). Tous ces aspects sont des détails, mais le rythme dont ils bénéficie suggère davantage un cahier des charges qu'un authentique divertissement. Tout comme le personnage de Miho, qui nous offre la même chose que le premier, sans changer d'une virgule. Pourquoi nous remettre les mêmes choses sans le moindre développement, sinon pour tenter de retrouver un succès sans prendre de risques ? Sin City 2 a beau être sombre (il malmène vraiment ses personnages), il n'offre plus de surprise, il se contente de prolonger l'univers sans le développer outre mesure. Même dans ses prises de position les plus couillues, il avorte, revenant bien vite à son Marv chéri qui vient terminer le boulot. En découle une sensation de redondance et de léthargie générale, à peine éclipsée par quelques scènes de bon augure (le cabotinage réjouissant de Christopher Lloyd, qui fera trépigner de joie les fans de Retour vers le futur). Seul les fans hard core lui trouveront de l'efficacité (sommairement, il retrouve le ton de son prédécesseur ainsi que son esthétique, le choc est juste passé, sans surprise), le reste du public tendra surement vers la moyenne. Sin city 2 est finalement assez comparable dans sa conception à 300 naissance d'un empire, mais que ses quelques bons points rendent nettement plus respectable.

2014
de Frank Miller, Robert Rodriguez
avec Eva Green, Josh Brolin

2,5/6

Sin City : j'ai tué pour elle
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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 15:11
Colt 45

Le polar français est un genre toujours noble, mais tombé en désuétude par manque de renouvèlement, ou d’adaptations médiocres. Pour mémoire, Zulu remontait la pente, mais La marque des anges l’enfonçait dans les méandres du ridicule. Et voilà que sort maintenant Colt 45, plein de promesses (Prestia, Lanvin, Derbie…), nanti d’un pitch efficace et d’un réalisateur de talent (du Welz). Avec pour résultat une honnête commande, tout à fait efficace et emmenée par des acteurs convaincus.

L’histoire : après une compétition de tir européenne dont il sort vainqueur, un armurier se lie d’amitié avec un policier fraîchement muté, jusqu’à ce que celui-ci tente de lui acheter des munitions expérimentales.

Colt 45

Voilà clairement le genre de commandes qui fait plaisir et qu’on aimerait voir plus souvent sous nos latitudes. Je partais déjà conquis (pour du Welz essentiellement, déjà persuadé qu’il serait capable d’installer une ambiance magnétique). Si le résultat n’est pas transcendant, le film réussit parfaitement à nous immerger dans le quotidien de notre armurier, et se révèle particulièrement efficace pendant ses fusillades, que ce soit en termes d’action ou d’esthétique. En cela, la commande est parfaitement honorée. Concernant le scénario, c’est sans doute ici qu’on trouvera matière à nuancer les louanges. Autant, en termes d’enjeux immédiats, le film parvient à faire illusion et à capter l’attention de son spectateur exclusivement sur le sort du personnage principal (que ses adversaires s’échinent à priver d’appuis), autant si on prend du recul… Le parcours final est simpliste, et surtout terriblement cliché. Les doutes qu’on avait dès l’introduction se voient confirmés, sans qu’on soit vraiment surpris (il aurait fallut noyer le poisson, prendre quelques minutes supplémentaires pour rajouter des prétendants intéressés par les compétences de notre personnage, ou faire intervenir les commandants des services spéciaux durant l’enquête, pour jouer avec les codes cinématographiques et brouiller nos repères). Un bémol qui ne diminue pas cependant la prestation des acteurs, en majorité bons. On peut seulement regretter la sous exploitation de certains (Joe Prestia notamment, une Alice Taglioni un peu trop vite expédiée, un Lanvin quelconque), mais notre armurier et Joeystarr (à la trogne particulièrement adaptée pour jouer les flics) développent tous les deux des personnages forts (en terme d’impact), qui dirigeront la trame sans jamais nous lâcher. Pas d’analyse nécessaire, Colt 45 assume son statut de divertissement et s’acquitte sans problèmes de sa tâche.

2014
de Fabrice Du Welz
avec Gérard Lanvin, Joey Starr

4/6

Colt 45
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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 16:56

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Le syndrome de Stendhal est un des films qui commence à infléchir les louanges que l’on a toujours témoigné à Dario Argento. Arrivant après un Trauma mitigé, ce syndrome témoigne de réelles ambitions d’innovation de style, à la fois dans l’esthétique mais aussi dans les codes du suspense. Et finalement malgré un gros point négatif, le film parvient à emporter l’adhésion.

L’histoire : une jeune inspectrice sujette au syndrome de stendhal se lance sur la piste d’un serial killer terrorisant Rome.

 

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Sacré revers de la part de Dario, puisqu’on évacue complètement l’esthétique flamboyante qui a fait le succès du maître pour privilégier les décors froids (appartement ou bureau), vides (musées), ou glauques (le squat, la ruelle). Après la fantasmagorie, le réalisme glacial et une focalisation beaucoup plus torturée sur la psychologie de ses personnages. Jusqu’à maintenant, le cinéma de Dario ne complexifiait pas ses protagonistes principaux (qui avaient souvent un caractère ingénu quand ils étaient féminins), mais les faisait évoluer dans un monde changeant, fantasmé (Ténèbres est le seul qui annonce la nouvelle vague argentesque, en prenant à contrepied toutes ces règles). Ici, les fantasmes viennent du personnage même, par l’intermédiaire de crises d’angoisse pendant lesquelles les peintures semblent s’animer, occasionnant quelques hallucinations (incongrue dans le cas du poisson à visage humain, angoissant pendant la période de séquestration). Dario vise les maladies mentales, en raffinant celle de sa protagoniste, et en restant sommaire pour celle de son psychopathe. Le véritable point fort de cette intrigue, c’est qu’on identifie clairement le coupable dès sa première apparition, et le film ayant conscience de sa posture, il entame encore plus vite les hostilités en mettant dès les 20 premières minutes son héroïne à la merci de sa supposée proie. Finie, l’enquête pépère à la Maigret qui plomberont Card player et Le sang des innocents, on est dans la confrontation et quelques truculences gore pas toujours très belles quand Dario expérimente (le très laid plan numérique de balle traversant une mâchoire). Passé ces scories, la violence est sale et un certain jusqu’auboutisme permet clairement au film de trouver une intensité qui a largement de quoi tenir en haleine. En cela, la première heure du film est une réussite, l’intrigue est resserrée, proche de ses protagonistes et suffisamment original pour continuer à apprécier le style du maître. Malheureusement, une fois la trame principale achevée (vers 1h10), le film dure encore pendant… 40 minutes. Ouch. Et là, le vide commence à se faire sentir. En comparaison de la hargne qui habitait la première partie du film, cette seconde moitié traîne la patte. Le film s’appuie alors totalement sur Asia Argento, et malheureusement, son jeu ne se révèle pas toujours à la hauteur (délicat de transformer une victime psychotique en prédatrice féérique). Car c’est pendant cette phase que le film tente une métamorphose, qu’on n’attendait pas, mais qui rate un peu le coche en rallongeant bien trop la sauce. Bien dommage au vu de l’idée, mais le handicap est là. Néanmoins, malgré cette déconvenue, le sentiment global est bon, et Dario ne s’est clairement pas laissé aller à la facilité, en soignant toujours sa mise en scène (l’art de blesser son héroïne dès l’introduction, à la fois physiquement et psychologiquement) et en aimant ses protagonistes (si les motivations du psychopathe restent sommaires, sa mise en scène est jouissive d’efficacité). Malgré les failles qui apparaissent dans ses fondations, l’édifice est encore assez imposant pour justifier la visite, et laisser les tableaux du maître prendre vie.

 

4,5/6

 


1996
de Dario Argento
avec Asia Argento, Thomas Kretschmann

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 16:33

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Depuis que Ben Affleck est passé à la réalisation, il bénéficie d’un regain de popularité salutaire et devient un honorable artisan du cinéma. Sans prendre la grosse tête, en prenant des risques et sans grosses craintes de salir son image. Dans Players, c’est donc avec une certaine aisance qu’il se glisse dans la peau du méchant de service, face à un Justin Timberlake un peu nerveux dans sa découverte de l’univers du jeu en ligne. Un terrain propice au thriller intelligent, qui exploite gentiment son filon.

L’histoire : Ritchie, adhérant à une société de jeu afin de payer ses études, tente un soir de récupérer la somme nécessaire pour boucler son année sur un casino en ligne. Perdant toutes ses économies, il découvre alors une fraude dans le système de programmation et décide de s’en servir pour contacter le directeur du site installé au Costa Rica : Ivan Block.

 

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Justin Timberlake est surement meilleur chanteur qu’acteur, cela semble évident. Tout comme il semble évident que Brad Furman a revu légèrement ses ambitions artistiques à la baisse. Car finalement, Players est un film seulement fonctionnel, qui balaye un terrain foisonnant pour rester seulement en surface, en s’attachant à des archétypes classiques, facilement repérables par le spectateur. Il semble bien vite évident que le requin est exactement là où on le pense (on pourrait dire le crocodile plutôt), et que cette plongée dans l’univers des nouveaux casinos n’a rien de la virtuosité d’un film comme celui de Scorcese. Mais il serait injuste de se réduire à une comparaison aussi facile. En l’état, le film aborde intelligemment son sujet, par l’intermédiaire d’un étudiant en économie dont l’envol a été brisé par la crise financière, et qui se retrouve, sans ressources, dans la position délicate de promoteur de jeu dans son campus, laissant derrière lui élèves et profs ruinés… Après une soirée particulièrement tendue où il perd toutes ses économies, notre étudiant Ritchie décide de s’envoler pour le Costa Rica afin de… je ne sais quoi. Se faire rembourser sans doute. Evidemment, il tape dans l’œil de Ben Affleck, qui décide de l’employer immédiatement. Ritchie organise alors le boulot, augmente les rentabilités du casino virtuel, passe des contrats où des milliers d’adresses IP de joueurs changent de main… Il y a là toute une matière passionnante sur les moyens d’extorquer de l’argent avec les nouvelles technologies. Mais le foisonnement, les détails techniques, le dessous de table en fait, rien de tout cela n’intéresse Brad Furman. Au mieux, cela sera réduit en fin de film à une explication d’une minute montre en main, d’une simplicité quasi enfantine. Par contre, pour montrer Timberlake qui mène la belle et qui commence son idylle avec l’ex de Block, là, il y a du temps à gaspiller. Quant au FBI, on constate combien le ressort scénaristique sensé placer le héros dans une situation embarrassante est mal exploité, ce dernier étant toujours libéré et sans la moindre pression de la part de l’agent sensé le pister dans tous ses déplacements. Bref, il y a pas mal de vide autour du héros, et une conclusion finale complètement j’me la pète qui m’a laissé passablement irrité (genre je te l’ai faite à l’envers avec tes propres techniques, je me suis bien gavé sous ta direction, va te faire foutre en prison pendant que je m’envole pour les caraïbes). On ajoute à ça une esthétique numérique assez quelconque (des couleurs un peu saturées, des halos lumineux qui s’emballent à vous en donner mal aux yeux (la séquence « fête »)), et on obtient un thriller un peu mou sur un sujet passionnant. L’interprétation de Ben Affleck en escroc patenté est toutefois vivifiante, brossant un portrait convenu mais efficace de l’arriviste prédisant constamment les retours de bâtons à venir tout en profitant un maximum de la situation qu’il occupe. C’est d’ailleurs sa seule prestation que l’on retiendra de players.

 

2,8/6


2013
de Brad Furman
avec Justin Timberlake, Ben Affleck

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 11:06

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Avec Insaisissables, Louis Leterrier essaye d’oublier sa réputation de bourrineur (l’incroyable Hulk, Le Transporteur, Le Choc des titans) pour donner dans le divertissement grand public audacieux, type Le Prestige… En usant toutefois des mêmes artifices que L’illusionniste.

L’histoire : 4 magiciens surdoués sont contactés par un mystérieux commanditaire qui leur confie les plans du plus grand exploit de magie jamais tenté. Un an plus tard, leur numéro est au point, et lors de la première représentation, ils braquent une banque française à l’autre bout du monde. Le FBI se met alors à leurs trousses.

 

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Ah, c’est amusant comme les films sur la magie aiment nous répéter que l’on a pas vraiment envie de connaître le truc, qu’on préfère être dupé et croire en quelque chose de surnaturel, de magique… Car après tout, une certaine magie s’applique aussi au cinéma si il parvient à nous faire croire que ce que l’on voit est réalité… C’était un parti pris un peu attendu, et disons le, plus ou moins honnête. Si le prestige nous éblouissait finement (il ne nous laissait pas dans une impasse suggérant la magie, il expliquait tout, en distillant finement ses éléments au travers de son récit, avec un argument fantastique au milieu,, alors que l’Illusionniste ne fonctionne tout simplement pas), Insaisissables se délecte à décortiquer tous les trucs et astuces de nos magiciens, le tout en restant aux frontières du surréalisme. En effet, le film a recours essentiellement à beaucoup de trucages numériques, visibles comme le nez au milieu de la figure, qui ont au contraire tendance à faire prendre trop de recul au spectateur. Là où le Prestige restait réaliste en nous immergeant dans le monde de la scène, Insaisissables nous balance de la poudre aux yeux à tous les niveaux, que l’on parle du scénario ou des différents tours expliqués. On doute en effet que 100 kilos de billets de banques puissent brûler sans laisser la moindre trace, et que des chiffres écrits sur des bouts de papiers par le public puissent tous changer en même temps. Et c’est ce genre d’incohérence qui gangrène le spectacle. Je pense également au dernier tour, bénéficiant d’un son & lumières impossible à générer et opérant une transformation en direct des magiciens en billets de banque, image visible dans la bande annonce et qui tient tout simplement de l’impossible. On peut toutefois admettre que le film se laisse suivre sans effort, entre les promesses des futurs numéros de magie et les petits gags de notre fine équipe, qui s’amuse beaucoup avec un FBI complètement dépassé par les évènements. On notera la performance de Woody Harrelson, très en forme pour le coup dans son personnage hypnotiseur. Jesse Eisenberg fait bonne figure à côté, de même que Michael Caine et l’accessoire Morgan Freeman. Insaisissable n’est pas non plus très cohérent dans sa révélation finale, qui disons le, est faite pour jouer sur un twist assez indigeste qui essaye de substituer le pourquoi au comment. Si on se doutait bien qu’une vengeance était derrière tout ça, les moyens colossaux qui ont été mis en jeu pour l’établissement de ce plan bien rodés sont complètement passés sous silence, pour tenter de faire illusion et sans doute de prolonger la magie du spectacle. Insaisissables a beau être gentil en cassant ceux qui expliquent les trucs et astuces des magiciens qui ruinent les espoirs des gens, il y a un peu trop de magie numérique pour nous convaincre totalement (sans parler du côté m’as-tu-vu du script). On peut notifier un certain rire jaune à propos de la petite franco-phobie qui règne dans le film (les euros sont distribués gratuitement dans la salles, alors que les dollars finaux sont des faux avérés). Toutefois, le spectacle assure gentiment question générosité, restant suffisamment flou pour continuer à capter l’attention. Un effort bien plus correct que le Choc des Titans.

 

 

3/6


2013
de Louis Leterrier
avec Jesse Eisenberg, Mark Ruffalo

 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 12:44

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Film policier extrême avec Slice, petit film sorti directement en dvd il y a deux ans, sans faire davantage de vagues. Histoire classique, parfois nanti d’une mise en scène efficace, Slice est un thriller qui possédait quelques arguments, mais qui hélas sombre dans un étalage de clichés assez gênant au fur et à mesure que son intrigue se développe et que nous avançons à grands pas vers un dénouement inévitable. Bien dommage au vu de l’originalité du twist, hélas amené d’une façon assez… discutable.

L’histoire : en Thaïlande (beau pays au secteur de prostitution infantile florissant), un psychopathe vêtu d’un imper rouge s’en prend à plusieurs personnalités influences pédophiles. L’inspecteur chargé de l’enquête, pataugeant dans la choucroute, propose un marché à un détenu ayant fréquenté le psychopathe pendant son enfance.

 

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Ah, la Thaïlande ! Ses mœurs légères, ses enfants pour pas cher, ses policiers ultra violents… Tout ce qu’on aime ! Non, sincèrement, le film joue avec les pires clichés du pays, et semble avoir bien du mal à développer un peu de sentiments là dedans. Le film commence directement sous l’angle de l’ultra-violence avec le meurtre sanglant (au couteau) d’un pédophile, qu’on retrouve par la suite rangé dans une valise, coupé en morceaux et violé avec ses propres parties génitales… Si avec ça, vous n’avez pas encore compris que la pédophilie, c’est mal… Un début qui monte un peu trop vite dans la surenchère donc, et tout cela n’est pas prêt de s’arrêter. Puis on nous parachute dans l’intrigue un détenu qui, il y a une dizaine d’années, dit avoir fréquenté un meurtrier susceptible d’être leur homme. Notre détenu est donc relâché le temps de l’enquête, et comme moyen de pression, les policiers surveillent de près Noy, une jeune femme dont Thai (notre détenu) s’est amouraché peu avant son entrée en prison. A partir de cette étape, le film se divise en deux parties distinctes : l’enquête et les meurtres qui se poursuivent d’un côté et un long flash back de l’autre qui raconte l’enfance de Thai et de Nat, le principal suspect dans l’affaire… C’est cette seconde partie qui se révèle la plus ambitieuse (là où la première donne dans le Seven à la sauce Thaï) car elle essaye vraiment de s’attacher au sort des protagonistes, et plus particulièrement de Nat. Le problème, c’est que nous sombrons très vite dans un cliché mélodramatique qui dépasse en intensité la surenchère d’ultra violence du présent. En effet, Nat, le gentil garçon du village (nous sommes à la campagne) aime vraiment, vraiment beaucoup Thai. C’est son seul ami, et on sent vite qu’il y a un peu plus que de l’amitié dans son attitude. Mais les autres enfants du village en font vite leur souffre douleur, ils l’insultent, le brutalisent, le violent avec un de ses jouets… Et quand il rentre à la maison, c’est son père qui le viole… Mon Dieu, mais stop ! C’est quoi, l’étape suivante ? Le prof de math ? Le curé ? Relançant sans cesse la surenchère dans le pathos (qu’il essaye de sublimer par quelques passages jolis comme le vol de cerf-volant), le film se révèle être d’une totale incompréhension de l’homosexualité, qui semble directement associé au statut de victime de Nat, qui à force de se faire violer par tout le monde, développe en réaction à la situation un amour sans borne pour Thai (qui le maltraite également, mais qui possède encore quelques vestiges de pitié). Comme on s’en doute, cette amitié glauque dégénère en crise de Nat qui finit par tuer le père pédophile et à fuir avec Thai en ville, où ils tombent dans les réseaux de prostitution infantile… Si il y a beaucoup de vrai dans les clichés, la surenchère, ça finit un peu par lasser. Le flash s’achève sur la glauque scène de Nat vendu par Thai à des proxénètes qui s’éloigne avec ces derniers, enfermé dans une valise identique à celle des meurtres perpétrés plus tard. Et c’est alors que le film se relance avec une nouvelle thématique qu’elle traite tout aussi sérieusement : la transsexualité ! Attention, ceci est un SPOILER, mais en fait, après quelques années de prostitution, Nat s’est payé un ravalement de façade pour devenir Noy. FIN DU SPOILER. La boucle est bouclée, le twist est intéressant, mais au vu de la monstruosité du parcours suivi (Nat devient une femme pour essayer de reconquérir Thai… Heu, je n’ai sans doute pas mon mot à dire, mais ça n’est pas aller un peu vite en besogne ? Sans un peu rien comprendre au monde des trans ?), on peut rire finalement de cette surenchère perpétuelle dans le glauque, qui ose tout ce qui lui passe par la tête sans prendre de recul un seul instant. Avec des personnages plus hallucinants les uns que les autres (le commissaire a des airs de Yakuzas dans Ichi the killer), Slice conclut en beauté avec un face à face mis à mal par des effets caméras inappropriés, et par la fameuse scène d’abattage de la bête malade, parce que ça ne peut pas se finir autrement… Ses dernières paroles sont à ce titre un régal de non sens : « Je voulais que tu prennes conscience qu’on n’est pas si différent l’un de l’autre ! Tu aimerais être accepté, être du bon côté ! ». C’est probablement très cynique de ma part de rire d’un dialogue qui partait d’un bon sentiment et qui voulait donner un peu de contenance aux personnages, mais la surenchère constante et l’absence de toute nuance sur des thèmes aussi délicats incite clairement à ne pas prendre au premier degré un tel objet… Un objet qu’au final, je rangerais dans une case proche de Feed (pour la surenchère dans le glauque si intense qu’elle invite au second degré…). A noter toutefois une plutôt jolie facture esthétique avec une élégante photographie.

 

0,7/6


2010
de Kongkiat Khomsiri
avec Arak Amornsupasiri, Jessica Pasaphan

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 15:23

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Un peu de Refn maintenant avec Only God Forgives, cru assez attendu et qui a provoqué une certaine surprise lors de sa découverte. Objet énigmatique (l’hommage à Jodorowsky et son Santa Sangre n’est finalement pas aussi inapproprié que je l’imaginais) et magnétique, OGF donne dans la vengeance de sang chaud, avec des saillies de violences bien plus percutantes que dans Drive et un symbolisme qui retourne aux sources, vers un certain Valhalla rising notamment.

L’histoire : Julian organise des combats de boxe Thaï avec son frère Billy. Ce dernier, ambigu et violent, se fait assassiné après avoir violé et tué une adolescente. Un policier étant impliqué dans l’affaire, la mère de Julian décide de revenir à Bangkok et de mener elle-même la vengeance qui s’impose.

 

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Cru attendu pour la renommée de son réalisateur, mais inattendu dans la formule qu’il propose, Only God Forgives est avant tout une claque visuelle qui n’a rien à voir avec son précédent travail. On peut même parler de retour aux sources, dans le fait que Refn retourne à des symboliques qui renvoient à ses travaux les plus énigmatiques (Branson pour les poings, Valhalla Rising pour le contemplatif pêchu). Car OGF est un film qui a la pêche, même quand il ne se passe rien. S’ouvrant sur un générique d’une intensité infernale, martelée de percussions tonitruantes et filmant la fameuse lame du film rougeoyante comme si elle était en fusion, on est dans le délice graphique avant même d’avoir commencé. Et c’est la prédominance du rouge que nous notons immédiatement. Couleur nettement dominante pendant tout le film, elle semble sans cesse escorter Ryan Gosling, qui abandonne la carrure de beau gosse muet pour passer dans la peau du cadet de service, plus humilié par sa posture qu’il n’en sort grandit. Pusher II sans la conclusion en somme, pour un personnage là aussi peu bavard, mais dont on comprend assez vite l’essence faible (et, à postériori, les étranges codes orgasmiques qui l’animent pendant ses « ébats » avec une prostituée, seconde rôle qui n’a pas besoin encore de beaucoup parler pour se faire entendre. Là où le film marque vraiment la surprise, c’est dans le personnage du policier thaï, dont la carrure et la dégaine nous renvoient directement aux films d’art martiaux. On citait Johnny To sur le blog de Princécranoir, on n’en est effectivement pas loin, tant le déchaînement de violence prend aux tripes. D’ailleurs, si les affiches montrent Ryan Gosling et « le réalisateur de Drive », c’est essentiellement par marketting, car le véritable héros est bien notre policier. Raide dans son uniforme, monolithique, dont chaque mouvement entraîne une blessure pour l’adversaire (voir la mémorable séquence de combat où Gosling se prend une dérouillée à en soulager Shia Labeouf dans Des hommes sans loi), sa justice tombe comme sa lame sur les bandits, et la vengeance ne fait qu’accroître les états de services de ce dernier, qu’on imagine déjà bien remplis… Il est surtout amusant de constater que sa justice expéditive est aussi clairement appropriée, quand bien même on ne coupe plus les bras pour sanctionner de nos jours. En jouant du sabre, le policier devient vite le personnage le plus attachant de l’histoire, objet d’une vendetta qu’il s’acharne à démanteler en déboulonnant les commentaires un par un, remontant la grande chaîne jusqu’à notre sulfureuse mère au foyer. Un personnage féminin de belle étoffe, jurant comme une charretière (on s’attendrait à la voir cracher) et tenant d’une main de fer les affaires de ses bambins, et plus particulièrement celles de Julian qu’elle comprime un peu plus durant chaque dialogue. La honte qu’elle met à Julian (Ryan pour ceux qui n’auraient pas vu) éclate, elle imprime durablement l’écran, mais hélas, on n’attendait probablement un peu plus de la confrontation finale entre elle et notre policier, qu’on savait inévitable. Film très atmosphérique qui parvient à saisir une ambiance rare (à la manière, en quelque sorte, de Vinyan, en même temps, le contemplatif de Refn a toujours cette touche si particulière qui fait son charme), OGF possède d’énormes qualités, que beaucoup considèrent comme des défauts (voir la note infâmante sur allociné en dessous de la moyenne). L’intensité de la mise en scène, l’impressionnante tenue visuelle qui dépayse complètement transcendent ce thriller aux ingrédients classiques pour en faire un authentique spectacle. Refn conclut avec une allusion à Jodorowsky, sans grand commentaires de ma part (lien évident avec Santa Sangre qui n’apporte strictement rien de plus qu’une citation élitiste qui flattera les amateurs de bon cinéma). Chaud comme la braise, donc, et qui laisse espérer du meilleur pour la suite, Refn est encore capable de nous filer une bonne trempe.

 

4,7/6


2013
de Nicolas Winding Refn
avec Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 17:54

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Giallo aujourd’hui, avec le mémorable La lame infernale. Précédé d’une flatteuse réputation de Giallo culte, le film est ressorti récemment en édition dvd restaurée, et peut se targuer d’effectivement appartenir aux bons membres de cette large famille policière. Climat moral en pleine déliquescence, assassin fétichiste (un hachoir bien affuté), intrigue trouble, une liste de suspects qui ne cesse de grandir… Tous les ingrédients sont là, le plaisir également…

L’histoire : Une jeune femme est découverte nue et pendue dans un appartement. Alors que la presse balance sans hésiter les pires ragots, l’enquêteur chargé de l’affaire commence à éplucher la liste des connaissances de la jeune fille (16 ans). Il apparaît qu’elle connaissait plusieurs hommes, qui sont peu à peu éliminés par un mystérieux assassin armé d’un hachoir…

 

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Huhum, que voilà une sombre histoire… L’excellente direction artistique de l’ensemble de l’œuvre ravira en premier lieu les fans de giallos, qui découvrent un produit soigné, aussi bien dans les décors quand dans la bande son (magnifique thème principal que repompera Amer, faut avouer qu’on en fait rarement des aussi bons…). Et rapidement, le film prend de l’ampleur, passant d’une mise en scène de suicide à un déluge de meurtres sanglants avec découpage au hachoir. L’assassin en lui-même est plutôt fonctionnel, sa tenue étant en lien avec son mode de déplacement (la moto), et permettant de ménager une course poursuite haletante d’une quinzaine de minutes. C’est indéniablement un point fort de ce giallo : il ménage un rythme suffisamment soutenu dans ses révélations pour conserver durablement l’intérêt du spectateur et le tenir en haleine, réussissant là où échouent la plupart des séries policières de nos jours. Il faut préciser que la lame infernale bénéficie d’un atout supplémentaire qui contribue grandement à son capital sympathie : le climat de dépravation morale qui règne dans la cité italienne… Les amateurs du genre reconnaîtront là la patte du réalisateur de Mais qu’avez-vous fait à Solange ?, qui repousse ici encore plus loin les quotas de perdition des mœurs et du triomphe de la perversité. Rendez vous compte qu’ici, on ne nous propose rien de moins qu’un (énorme SPOILER) réseau de prostitution de jeunes étudiantes mineures. FIN DU SPOILER. Un tel climat bouleverse vite tous les à priori, et, miracle du cinéma, nous fait alors voir les personnages apparemment inoffensifs sous un bien autre angle. Les jeunes étudiantes désinvoltes se mettent à avoir leurs premiers rapports sexuels à des âges de plus en plus avancés (on leur donne des pilules pour ça), les parents perdent leur capacité de protection que les ados vivent comme un viol de leur vie privée, les vieux deviennent des pervers patentés avides des charmes des jeunes demoiselles… Bref, on nage dans un climat des plus tumultueux, où les apparences ne sont bientôt gage de plus rien du tout. Alors que nos repères se brouillent, la presse ne cesse de déformer les faits, gonfle l’affaire, insiste sur les détails scabreux pour faire davantage d’audimat. C’est un régal de dénonciation, à l’image de ce journal publiant en première de couverture « Mineure nue assassinée ! » assortie d’une photo du corps de face non flouté pendu à une poutre… Du sensationnalisme exagéré comme pas permis, qui nous rend immédiatement complice tant on voit ce que veut dénoncer le film. La conclusion reste d’ailleurs dans cette longueur d’onde, puisque plusieurs personnes impliquées usent de leur pouvoir pour interrompre les poursuites judiciaires. Voilà une conclusion pessimiste des plus matures, et qui érige encore un peu plus haut ce giallo complexe pétri de bonnes idées. On relève aussi les bons personnages du film (un enquêteur sympathique et une juge aussi charmante que sa perruque est visible), un portrait amusant de l’adolescence (exagérant considérablement les tensions, mais objectif dans le ton) et quelques bonnes idées de mise en scène (montrer des mares de sang pour montrer que l’affaire prend une sale tournure…) dopent l’efficacité de ce polar italien, en faisant un très appréciable divertissement policier. On approuve avec jubilation !

 

4,8/6


1974
de Massimo Dallamano
avec Mario Adorf, Farley Granger

 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 09:03

http://www.sevensept.com/sites/sevensept.com/files/imagecache/gallery/uploads/images/films/city_of_crime_dvd_3d.jpg

 

Polar pur sang avec City of Crime, qui réunit Stephen Dorff mais surtout Harvey Keithel pour une histoire tarantinienne dans l’esprit, sans le second degré de la violence jubilatoire. Du film à l’ancienne, avec de vrais durs et une intrigue qui n’épargne personne. Du interdit aux moins de 12 ans qui sent la sueur.

L’histoire : Quatre gangsters se préparent à faire un casse dans un dépôt de bijoux. Si l’entreprise se passe bien, l’un deux tente de liquider ses camarades pour garder le magot. Seul un parvient à s’échapper, et recherche la brebis galeuse pour réclamer réparation.

 

http://photo.parismatch.com/media/photos2/3.-photos-culture/cinema/il-etait-une-fois-stephen-dorff/city-of-crime-1997-05-g/2336119-1-fre-FR/city-of-crime-1997-05-g_galleryphoto_paysage_std.jpg

 

Un récit de vengeance sobre et efficace en somme. Ce qui fait immédiatement plaisir, c’est la réalisation très professionnelle, qui ne cherche pas à nous faire sympathiser avec nos personnages. Ce sont des pros, c’est aussi simple que ça. La sobriété du traitement et l’efficacité des comédiens (Harvey Keithel est connu, certes, mais les autres font bonne figure à côté), respectueux des codes classiques du genre, parlent d’eux même. Le suspense s’installe tout seul, et difficile de dire comment l’histoire va aboutir. On sympathise avec le personnage joué par Harvey essentiellement après la trahison, vrai coup de poignard dans le dos. Pas besoin de parole pour décrire son état, une gueule sombre, un défonçage de meuble, et on sent que notre bonhomme est prêt pour une vengeance sanglante. Et le film se lance alors dans une traque sans merci, et évidemment avec des moyens différents (le pognon du méchant lui assurant bien plus de contact que notre hargneux trahi). La vrais surprise du film, ce n’est pas Harvey (ce dernier assure comme une bête, c’est pour ça qu’on l’aime), mais plutôt Famke Janssen, qui tient là tout simplement un de ses meilleurs rôles. Son interprétation d’une femme de criminel, catholique et mère de deux enfants, est d’une troublante efficacité, et c’est avec une justesse inattendue qu’elle prend part à la traque. Faisant d’elle une cible collatérale possible. City of Crime est d’un classicisme attendu, et jamais il ne cède à la facilité. Si l’issue reste un peu prévisible, l’efficacité du film est totale, excluant tout simplement la police de l’équation (c’est un règlement de compte entre malfrats, point). Tirant parti à la fois de son casting et de son modeste budget, City of Crime se permet d’être même parfois audacieux dans sa facture technique. Quelques plans séquences, un passage quasi expérimental lors du trajet final à l’hôpital (j’utilise une idée similaire dans Cloaque), pas loin de rappeler l’ouverture de L’impasse de DePalma. Bref, pas grand-chose à ajouter, City of crime, c’est du travail bien fait, accompli avec la conviction de tout le monde. Très recommandable.

 

4.5/6

 

1997
de John Irvin
avec Harvey Keitel, Famke Janssen

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/photos/diaporama/city-of-crime/city-of-crime-city-of-industry-1996__3/4324899-1-fre-FR/city_of_crime_city_of_industry_1996_portrait_w858.jpg

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