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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 17:21
The green inferno

C'est principalement la saveur old school qui contribue au buzz de ce Green inferno, jeune héritier de la bisserie italienne qu'Eli Roth a toujours cité dans ses goûts de cinéphile éclectique. Il décide donc de retourner braconner dans la jungle avec un petit coup de modernisation, en dopant le gore à l'ancienne avec un peu de numérique pour redonner une nouvelle jeunesse à ses cannibales. Car on n'y croit plus vraiment, aux cannibales. Depuis qu'on a les photos satellites, ces zones inexplorées de notre planète ont perdu leur charme, ou ont été oubliées. Il s'agissait donc de nous rappeller qu'il suffit d'un rien pour se retrouver dans un bourbier sanglant.

L'histoire : un groupe de militants écologistes prépare une expédition en forêt amazonienne pour empêcher le déboisement d'un secteur isolé dans lequel vivrait plusieurs tribus indigènes...

The green inferno

Le cadre est suffisamment modernisé pour faire illusion, empruntant beaucoup à Cannibal Ferox (le second sur l'autel des cannibales, Cannibal Holocaust restant l'intouchable de référence). Eli a donc remplacé l'étudiante en sociologie et les chercheurs d'or (qui à l'heure actuelle restent toujours une plaie en amazonie, empoisonnant les cours d'eau au mercure pour y récupérer les moindres traces d'or) par des militants écologistes mené par un leader complètement irresponsable. Le choix est à la fois caricatural et attachant, ces derniers étant assez variés au niveau des caractères (un peu gras, au niveau du registre d'humour auquel Eli nous a habitué), du manipulateur affilié aux ennemis de la forêt au fumeur de joint en passant par les anti racistes. L'orientation politique du groupe est manifeste, et le scénario prend un malin plaisir à les mettre à mal, parfois avec un gratuité qui se faisait rare sur les écrans (les mises à mort les plus spectaculaires n'ont pas forcément lieu sur les personnes les plus agaçantes). Il faudra toutefois attendre de voir le groupe en action pour que les tensions éclatent manifestement, et que le trip cannibale prenne alors son envol.

The green inferno a beau toujours rester un divertissement un peu craspec, il pêche par plusieurs scènes numériques un peu approximatives, et décevantes dans l'état actuel du film (aucune idée de l'éventuelle censure qui a eu lieu,ou si une version uncut est à prévoir). Des imperfections qui nous laissent toutefois profiter des sympathiques décors de village cannibale et la qualité du maquillage des figurants, qui viennent apporter de belles couleurs au film. Les rites sociaux restent assez énigmatiques, mais sont toutefois décrit avec une certaine minutie. Enfin, à quelques petites erreurs près (le rêve de la fin, la séquence de masturbation...), le déroulement redondant (l'évasion de chacun, incertaine) parvient à capter l'attention tout du long, jusqu'au dénouement qui ne réservera aucune surprise pour les amateurs du film d'Umberto Lenzi. Une petite récré, le charme vintage en prime ^^.

6/10

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 13:46
ABC's of death 2

ABC of death 2 reprend le même concept que son prédécesseur, avec quelques nouvelles têtes parmi les réalisations, et d’autres qui rempilent. Vingt-six courts métrages pour une compilation de deux heures et un budget serré pour chacun. Ca n’avait empêché plusieurs courts d’être plutôt ambitieux. A côté, la nouvelle sélection fait pâle figure…

Pas d’histoire

W for Wish

W for Wish

Tout d’abord, il convient de dire que le nombre de sketch de bonne qualité semble avoir considérablement baissé dans cette anthologie. Je n’ai relevé pour ma part que Capital Punishment et Wish. Les deux seuls m’ayant conquis, le premier pour son petit côté La Chasse poussé à son paroxysme question violence (en fait, c’est la chasse sans les erreurs qui me l’avaient fait détesté), et l’autre parce qu’il se révèle être un authentique trip malsain de mauvais goût. On reconnaît bien là la patte des auteurs de l’indigeste Manborg ou de Father’s day, on tient là un cauchemar, inspiré de classiques pubs de jouets, qui font vivre à deux gamins un véritable enfer gratuit, simplement pour le plaisir du mauvais goût. La violence de cet univers et l’agression visuelle qu’il constitue se révèlent être des atouts de poids qui marquent considérablement le spectateur, en faisant de loin le meilleur court de la sélection. Deux autres ont provoqué le doute en moi, par de bons éléments qui ne mènent hélas nulle part. Deloused (de robert Morgan) entre autres, mais le style de l’auteur, en pâte à modeler, m’a toujours laissé confu. Son univers est d’un glauque absolu, mais ses visions n’ont pas de limites, les personnages sont en perpétuelle évolution formelle, et si cela n’a aucun sens, il est toujours impossible de prévoir ce qu’il se passera. Ici, quelques inspirations hellraiserienne en prime. Il y a également Knell, qui part dans une excellente ambiance de fin du monde généralisée (avec un petit côté guerre des sexes), et… qui s’arrête là. Bon début, mais pas de fin. Donc mauvais ?

Certain comme Equilibrium ou Grandad jouent l’humour (ici, gay friendly et régressif). Certains ne méritent aucune considération (Jesus, cliché du gay friendly tapant les religieux intolérants sans faire le moindre effort, Masticate, mix entre l’intro de Zombieland et Very Bad Trip). D’autres se révèlent simplement ratés, malgré leur potentiel (je pense à Falling, qui assurait une petite confrontation entre palestinien et israëlienne, à Legacy, qui voulait revenir au vaudou ancestral, ou à Utopia de Vicenzo Nathali). On pourra aussi retenir la vision gorrissime de Zygote qui met en scène un accouchement n’ayant pas lieu par les voies naturelles. Quant aux lettres qui manquent, elles ne m’ont pas semblé d’un intérêt fabuleux. Autant se contenter de chercher les autres sur youtube, les meilleurs y atterriront sans doute. Constat néanmoins assez dramatique pour une anthologie de cette taille, qui n’est pas parvenue ce coup ci à assurer un niveau global décent. Ca commence à sentir le roussi pour le retour des films à Sketch…

2013
de Julian Barratt, Aharon Keshales, Navot Papushado, Bill Plympton, Rodney Ascher
avec Martina García, Andy Nyman

1,8/6

C for Capital Punishment

C for Capital Punishment

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 14:08
Hannibal - Saison 2

Après une saison 1 qui évitait la catastrophe par une direction artistique de haute volée, Hannibal revient pour une saison 2 riche en évènements. C’est dire si j’y allais à reculons, craignant de retrouver la même formule qui avait suscité tant d’adhésion (Hannibal reste l’une des séries les plus populaires du moment). Mais comme on savait d'entrée que cette série carbure à l'esbrouffe, y retourner ne coûtait pas grand chose. Et surprise, la digestion est plus affirmée, les pistes davantage exploitées, et, miracle, le scénario parvient à me faire virer de bord et rentrer dans le camp des défenseurs. Alléluia !

L’histoire : Will Graham est en institution psychiatrique, sous la direction de Chilton. Hannibal continue à effectuer sa thérapie sur lui malgré ses soupçons. Alors que l’un cherche les failles, l’autre tente de le rallier à sa cause.

Hannibal - Saison 2

Un petit bijou que cette série, qui assume enfin finement sa réadaptation du mythe (la saison 1 était beaucoup trop brutale sur le terrain de la destruction du mythe, elle a fait les frais de ce trop grand écart initial) et exploite avec une subtilité bien plus lecterienne les éléments qui s’offrent à elle. Et curieusement, si elle utilise presque autant de psychopathes différents que la première saison, elle les exploite un peu plus, en tout cas en leur donnant un petit rôle à jouer dans la relation Graham-Lecter. Je trouvais la première saison chiante au possible car la situation entre les personnages était statique, et que rien ne se passait de significatif, où la psychologie était mimée avec une lourdeur pachydermique. Surprise, si c’est parfois le cas, la série se veut plus fine dans sa gestion des personnages, et surtout, il s’en passe, des trucs. Entre Will qui sympathise avec un aide soignant pour stopper Lecter, Hannibal qui recontacte d’anciens patients pour leur donner des petites missions, leurs thérapie et l’évolution radicale de leur relation (le fer de lance de cette saison 2, celui qui a achevé de me convaincre), presque tous les épisodes participent à cette avancée. Concernant le glauque psychopathique en revanche, la réalisation se montre là aussi complaisance, préférant du gore raffinée très exploitation plutôt que la décence. Mais curieusement, cette exploitation s’inscrit mieux dans le contexte. Il n’y avait aucune moralité dans la première saison, pas davantage dans cette deuxième, mais les enjeux y sont plus affirmés, plus intéressants aussi. A l’exception de quelques aberrations attendues (un homme-ruche, une sculpture humaine à l’issue heureusement lecterienne…), ils sont plus simples et un peu plus consistants (le raffinement étant réservé au bon docteur, dont on se demande toujours où il trouve le temps de réaliser des travaux pareils !). Curieusement, Hannibal se teinte aussi d’une légère dimension gay (par l’intermédiaire de tensions sexuelles explicites et de mises en scène connotées pendant plusieurs séquences clefs (à la piscine, après la libération de Will…), qui rajoute une petite couche de fantasme inattendue de la part du bon docteur (la dimension sexuelle est absente des films, elle s'intègre ici plutôt habilement au récit, nuancée par l'aventure entre Hannibal et Alana Bloom). Mais c’est aussi dans sa relecture des personnages secondaires que l’ensemble m’a conquis. Le docteur Chilton quitte sa carrure de connard bouffi d’auto-suffisance et devient même un personnage attachant, trop enfermé dans ses schémas psychologiques, mais apte à avoir ses propres soupçons. On notera aussi le nouveau Masson Verger (et son amusante manie de déguster des cocktails aux larmes), et sa sœur margot, qui avait été éjectée des films par manque de temps. L’occasion de planter une cruelle relation dont l’accomplissement (en tout cas dans cette saison) sera une reproduction quasi à l’identique (et beaucoup plus gore) de l’épisode des mutilations de Masson. Curieusement, la série brode un canevas avec des bribes des écrits respectés ou ajournés, et parvient à un résultat plus cohérent, plus dense aussi. Pour son sens de l’ironie chère à Hannibal, pour la culminance de la relation Graham-Lecter (dont on sent enfin presque les yeux briller pendant les dîners) et ce grand final d’une violence estomaquante, la saison 2 d’Hannibal marque d’énormes points (compensant largement les tares qu’elle avait affiché lors de la saison 1), et basculant dans le camp des séries à suivre.

2014

avec Hugh Dancy, Mads Mikkelsen

4/6

Hannibal - Saison 2
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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 13:06
Rampage II : capital punishment

Uwe Boll est un exploitant qui a peu à peu tenté de devenir cinéaste en se lançant dans ces projets viscéraux souvent en lien avec l'horreur (Tunnel Rats, Seed, Stoïc, Rampage, Darfur...). Et avaec le temps, son ambition d'aborder des sujets d'actualité de plus en plus brûlants a grandie (Rampage, Dafur, Attack on Wall Street, Auschwitz). Il est devenu pourvoyeur de films politiquement incorrects à même de susciter le débat. Mais devant cette frénésie d'en dire beaucoup sur les maux de notre époque, l'auteur risquait de tomber dans la caricature. C'est malheureusement chose faite avec Rampage II, capital punishment.

L'histoire : Bill Williamson, auteur de la fusillade la plus meurtrière des Etats Unis, revient torturer l'âme de l'Amérique avec de nouveaux messages dissidents.

Tout bon rebelle doit se couper les cheveux avant de partir au casse-pipe

Tout bon rebelle doit se couper les cheveux avant de partir au casse-pipe

Rampage était un des meilleurs films d'Uwe Boll. En prenant son personnage central dans son quotidien, et en lui faisant faire un braquage qu'il justifiait avec tout un tas de théories complotistes et autres frustrations quotidiennes, il parvenait à souligner un certain mysticisme politique entourant les actions du personnage, sans jamais perdre de vue ses simples objectifs matérialistes (son braquage). Le film devenait une espèce de gros bordel aux scènes d'action amorales tout à fait appréciable. Sa suite décide de prendre un autre chemin, pour notre plus grand malheur, celui du brûlot politique. C'était la meilleure piste qui s'offrait à lui, et c'était courageux de la prendre à bras le corps. Et c'est alors qu'on se rend compte de la connerie ambiante qui tétanise le script et Uwe Boll. On pourra toujours se planquer derrière la soit disant prise de distance faite par le film en montrant toutes les victimes des fusillades (souvent au ralenti pour qu'on en perde pas une miette), le film soutient le point de vue de Williamson, même dans ses excès les plus impensables, en croyant toucher à de la profondeur. Mais les opinions avec lesquelles il justifie sa théorie du contrôle de l'expansion humaine par un eugénisme aveugle n'ont que peu de liens entre elles, et sont régulièrement erronées. Le fait que son protagoniste en appelle à prendre les armes alors même qu'il critique la non régulation des ventes d'armes (d'ailleurs, critiquer cela relève de la pure connerie, les armes ne sont pas responsables des tueries (un grand nombre d'armes non enregistrées sont trouvables dans les pays cités en exemple), c'est l'état d'esprit de la population suspicieuse et égoïste qui en est à l'origine) prouve d'office son hypocrisie morale. Il a l'impression d'être intelligent parce qu'il parle sans s'arrêter et avec un flingue en main. Mais s'arrêter pour réfléchir une minute serait aussi une bonne idée.

C'est à partir du moment où il en appelle à l'extermination des élites et des riches que j'ai commencé à bien rigoler, tant le racolage politique devenait outrancier. Monsieur se targue de vouloir sauver la planète en exterminant une bonne partie de sa population, il a balancé l'essentiel de ses munitions sur des passants et des pauvres, et il en appelle à tuer le 1% des riches ? Si c'est pas meugnon ! J'adore ce mec, il me ferait croire qu'il n'a pas bouché les toilettes avec du PQ collé au bout des doigts. Parce qu'il mixe ses conneries avec des faits reconnus (oui, l'avidité bancaire, oui démocrates et républicains appliquent la même politique, oui la libre expression tant qu'elle ne perturbe pas l'ordre établi par les lobbies...), le film s'auto-proclame étendard du mécontentement populaire général et en appelle à la révolution. Il en profite aussi pour fustiger les médias politiquement corrects qui s'autocensurent pour rester dans une ligne politique bien définie... tout en critiquant leur opportunisme de faire le buzz avec des infos exclusives même quand elles sortent de ce cadre (par l'intermédiaire d'Uwe Boll, qui joue un producteur opportuniste qui passe son temps à dire combien il gagne de fric avec la prise d'otage en cours). Et la religion, c'est juste pour filer du fric aux églises... Mais aaaarg ! De toute façon, il est impossible de parler avec le nouveau Bill Williamson. Il accuse le monde de ne pas l'écouter et abat ceux qui entament la conversation avec lui. Rien que ce simple constat suffit à rendre caduc toute la pensée qu'il croit être la sienne, alors qu'il ne s'agit que de trucs glanés ça et là sur le net (et oooh, sur wikileaks, site encensé par le film, qui a révélé des informations top secrètes intéressantes, ainsi que d'autre complètement bidons pour faire aussi du buz). Et que dire de la scène où Bill force un otage à en tabasser une autre, dans l'espoir d'illustrer une vague idée d'humanité qui n'existe que dans la violence de ses pulsions. Tu prouves seulement qu'on se rabaisse, pas qu'on retrouve un instinct.

Là où Rampage II va se montrer intéressant, c'est quand on lira les critiques qui l'ont appréciées. Quand on verra comment ce film est défendu. Car à part citer les thématiques abordées (toutes sont fascinantes), il n'est pas possible de le soutenir. Il s'attire la sympathie parce qu'il ose aborder des thèmes habituellement réservés aux conversations intimes, les trucs impossible à dire dans la société normale. Mais ça ne veut jamais dire que ce qu'il débite a un sens ou est intelligent. Le jugement se fera alors sur une chose : la personne qui critique estime-t-elle que le film a suffisamment de distance avec son sujet ? Car si il ne fait que lancer des thématiques qui visent à susciter le débat sans influencer les choix du spectateur, le film a du mérite. Mais je ne pense pas que ce soit le cas. Par son accumulation, le film a l'air de faire des relations de cause à effets aberrantes, fustige à la fois les élites et la population qui l'entoure (et l'acclame), et surtout qui croit maintenant dur comme fer à ses conneries. En faisant de son cas particulier un modèle qui tente d'appliquer sa philosophie de péquenot à l'ensemble du monde par la force. C'est un ultra conservateur qui ne cache pas sa haine des gens, des ses voisins, de tout le monde, qui essaye de camoufler ça en prenant parti pour des causes lointaines qui ne le concernent aucunement (les immigrés, les prisonniers, la politique étrangère), et qui tuera toujours comme un demeuré (il ne sait faire que ça) pour (se) prouver quelque chose. Y a des limites à l'intoxication politique, et si tout le monde crache sur American Nightmare 2, ces deux films sont pourtant bel et bien au même niveau.

2014
de Uwe Boll
avec Brendan Fletcher, Lochlyn Munro

1,5/6

Uwe Boll contraint de s'expliquer par les autorités corporatistes à la solde des mass-médias et de la mondialisation : "C'est pas moi, c'est l'appât du gain !"

Uwe Boll contraint de s'expliquer par les autorités corporatistes à la solde des mass-médias et de la mondialisation : "C'est pas moi, c'est l'appât du gain !"

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 14:41
Frustré

"Alors, qu'est-ce qu'on va regarder pour cette soirée ciné ?"

" Ben écoute, je viens de recevoir un petit film que j'avais commandé. Ca s'appelle Frustré."

"Ca ressemble à un gros pompage de Maniac, ton truc !"

"C'est le réalisateur de Dying God qui l'a fait !"

"Ben je suis pas trop convaincu, ça a l'air cheap et naze. Voyons les critiques sur Senscritique..."

"OK !"

Moyenne, 4/10. Une critique à 1/10 : Le réalisateur est un gros frustré misogyne, toutes les actrices jouent mal ou sont des sorcières excessives, et la complaisance pour la violence est gerbante.

" Nom de dieu on regarde ça ce soir ! Y a peut être vraiment moyen de se marrer devant un gros film pour mec..."

L'histoire : Fabrice Lombard, un technicien de surface brimé par ses camarades de travail, accumule frustrations et déceptions amoureuses, qu'il transforme en rage contre l'autre sexe.

Frustré

Bon, on ne va pas se laisser démonter par l’accusation de misogynie, elle sortait elle aussi pour Maniac alors que ce n’était pas le cas. Néanmoins, le film n’aime pas beaucoup les femmes, ou plutôt l’emprise qu’elles peuvent avoir. Le cas typique du personnage qui blâme les tentations autour de lui sans pouvoir y résister. Car les désirs lubriques sont dans le tableau, et que se refuser des opportunités, même perdues d’avance, ce n’est pas envisageable. Alors, notre héros est un frustré doublé d’un pigeon, mais sa carrure un poil arquée et sa laideur banale le rendent crédible dans son rôle. Hélas, le pompage de Maniac se fait un peu trop sentir, surtout lors de la découverte de l’appartement du psychopathe, qui consiste essentiellement en quelques affiches porno et un… mannequin (aaaarg !) sur lequel il se passe copieusement les nerfs en lui parlant. C’est la Femme telle qu’il la diabolise, sans voix, dont la simple présence bouleverse tout équilibre chez le mâle. Devant les brimades quotidiennes et suite à un petit coup de foudre soldé par un petit tabassage, notre personnage se met donc à suivre la femme qu’il apprécie, et décide de s’entraîner sur une autre dans un arrondissement mal famé de Paris. C’est alors que le film innove sans prévenir, en faisant d’un pommeau de douche l’arme rituelle de notre psychopathe. Un pommeau de douche… Why not, il fait office de matraque potentielle, et surtout d’objet phallique dont les femmes tâteront bientôt. Attention, monsieur a le gourdin ! Première séquence de meurtre et viol nasty comme il fallait. Jusqu’ici, l’intérêt s’est révélé assez minime. Concrètement, la seule façon pour le film de nous immerger, c’était de réussir à communiquer ses angoisses et ses frustrations au spectateur masculin. Faut parler aux couilles. Mais les frustrations en question sont d’une piètre étoffe, comme le personnage principal, qui n’a ni la masse de Joe Spinel, ni la fausse chétivité d’Elijah Woods. C’est un monsieur tout le monde sans atout, qui se lance à corps perdu dans sa croisade contre les femmes qui corrompent son équilibre du monde. En cela, peut être que le film est misogyne (les protagonistes féminins du quotidien sont assez exagérés, la femme au centre du récit est en revanche une call girl plutôt bien gérée), mais c’est inoffensif (n’importe qui modèrera immédiatement les opinions du protagoniste principal devant son absence de charisme et sa naïveté). Que reste-t-il alors dans Frustré ? Et bien aussi surprenant que cela puisse paraître, la facture technique du film est excellente. Pour un budget aussi réduit (c’est une série Z à quelques centaines d’euros), l’esthétique, les ambiances et les décors sont bien réussis. Mise en scène sobre, et quelques séquences suffisamment efficaces pour être marquantes (la poursuite de l’auto stoppeuse, le grand final de gogo dance, les allers et venues en ville…) sont les principaux points positifs de ce film, qui parvient par moment (pour peu évidemment qu’on le prenne avec l’indulgence du bisseux français) à faire illusion et à nous donner de vrais bonnes séquences d’exploitation de psychopathe tueur de femmes. Même si les ambitions sociales sont risibles (franchement, la solidarité masculine ne fonctionne pas, ou de façon extrêmement éphémère, on se moque plus généralement de ses manies), la facture technique honnête de ce film d’exploitation vintage sans prétention (appuyé par une bande originale électro de rigueur) a quelques arguments pour autoriser son visionnage. Après, c’est évidemment une simple mise en bouche de soirée (pas aidée par son final totalement expédié, on ne peut même pas appeler ça une fin, en revanche, l’ambiance est telle qu’on se croirait vraiment dans Maniac l’original), mais moins penaude que prévue, et vite envoyée (un poil plus de 80 minutes).

2013

de Jacques Vendôme

2.5/6

Frustré
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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 14:36
Discopathe

Un petit amuse gueule bis n’étant jamais de refus par les temps qui courent, je me permet d’attirer votre attention sur un cas intéressant. Non pas que le résultat soit particulièrement réussi ou notable (comme beaucoup de ses confrères, il est pétri de clichés), mais son postulat bancal et ses quelques idées parfois inventives le placent dans la catégorie des films sympathiques, qui joue essentiellement sur la fibre vintage. Discopathe, c’est la récréation de la semaine.

L’histoire : un jeune homme découvre qu’il est sujet à des crises de violence quand il est exposé à de la musique disco. Après avoir perdu son emploi, il sort en boîte de nuit. Commence alors une cavale sanglante.

Discopathe

Aussi stupide que soit le prétexte (allergique au Disco, pourquoi n’intervient-il pas dans le film éponyme avec Franck Dubosc ?), on se rend vite compte que malgré ses limites, le film va vouloir nous placer dans des lieux bien éclairés, avec de la musique branchée et surtout balafrer la génération disco en trucidant ses danseurs et danseuses. Rien d’intelligent, mais un concept bis rigolo, et une suffisamment bonne gestion des temps de remplissages (sans être charismatique, on s’intéresse au psychopathe, et sa progression dans la violence est plutôt bien gérée). Malgré tout, quelques petites choses l’handicapent. Quelques baisses de rythme violentes (la présentation des personnages au canada), un taux de morts finalement peu élevé (l’ambiance disco promettait pourtant des meurtres à l’ambiance stylisée, on en a finalement peu) et un sentiment global de ne pas avoir poussé le concept assez loin. Bien dommage pour un potentiel icônique pareil. Malgré tout, le film se laisse regarder sans problème, offrant même quelques truculences supplémentaires pour s’amender de ses promesses non tenues (les cercueils, la poursuite finale). C’est tout bêtement la petite récréation violente de la soirée, dont on sent le potentiel (la première scène de meurtre sous le danse floor) sans le voir malheureusement éclore. Reste une petite tentative amusante pas dénuée d’idées.

2013
de Renaud Gauthier
avec Jérémie Earp-Lavergne, Mathieu Lepage

2,7/6

Discopathe
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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 13:58
Savage

Avec Savage, on sait qu’on se lance dans la grosse artillerie du revenge movie, mais en mode plus vénère que prévu. En effet, comme pour un certain Harry Brown, le vigilente est une thématique polémique et suffisamment costaude pour faire du puissant avec un budget réduit et quelques acteurs. Tout dépend à ce moment là du traitement et des objectifs, et à ce jeu, tout le monde a sa chance (qui aurait parié un kopek sur Dead man’s shoes ?). Ici, Savage s’attaque enfin à faire un personnage trouble, que la violence va façonner et remodeler à sa manière.

L’histoire : Paul est un photographe insipide, qui exploite en bon photographe la violence de la société pour l’exposer en première page. Au détour d’une ruelle, un soir, il est agressé, défiguré et castré par deux adolescents. Commence alors un long parcours psychologique.

Savage

Savage a cela d’excellent, dès le début de son histoire : il a le goût anglais du détail. Le petit plus des séries B britanniques, qui montrent qu’elles veulent vraiment en donner à voir au public en insérant une foule de détails qui sentent le vécu et qui inscrivent bien le film dans un contexte crédible. Un mal nécessaire pour un sujet aussi costaud que la « juste vengeance », facilement taxé de pratique fasciste. Coup de pot, le film n’en a rien à foutre, ou mieux, ne se calibre pas sur la notion de justice. Fuck la morale, il décide de se concentrer sur le ressenti psychologique de son personnage principal, qui n’a rien d’un héros. Après l’attaque, il y a la fameuse agoraphobie qui parasite la vie et qui fait se sentir encore plus victime (les moqueries devant le comportement ostensiblement peureux de Paul), l’addiction aux gadgets sécuritaires et les séances de psychanalyses, doublées d’un traitement lourd du à la récente amputation. Des angoisses typiquement masculines qui sont agencées par le récit (en plus de la pression morale, Paul commençait à entamer une relation amoureuse avec l’aide soignante s’occupant de son père paraplégique). Des détails qui s’accumulent et qui mettent la pression. Seulement, Paul décide de réagir par l’opposé, en se focalisant sur la façon d’exprimer sa violence. Via des cours d’autodéfense où ses traumatismes ne tardent pas à se faire remarquer en mal, et sur son apparence, ainsi que dans son fétichisme de plus en plus prononcé pour les armes. Un peu de muscu pour se donner une carrure, et voilà bientôt le nouveau Paul arpentant les rues, armé d’une lame à en faire rougir Elija Woods et prêt à en découdre avec le premier voyou qui passe. Sans se borner dans la violence. Le film n’essaye pas de justifier son héros, il se contente de suivre, s’appuyant franchement sur le statut de monstre naissant de la victime totalement brisée, et souhaitant bien fixer chaque nouvelle étape dans l’accomplissement de ce destin contradictoire. D’honnêtes ambitions, qui hélas ne font pas vraiment un film explosif. La psychologie a beau être là, elle ne soutient pas des dialogues un peu mou du genou. De même, le personnage principal manque de charisme, fait quasi rédhibitoire pour pareil sujet. Malgré son traumatisme et ses multiples aspects, l’acteur ne facilite pas l’identification, surtout quand il commence à reprendre les armes pour rendre les coups. Je pense par exemple à la séquence du mouton, qui hésite entre trash et humour, choix original mais complètement hors de propos au vu des objectifs de la scène. Un peu triste à dire, mais malgré le drame et le détail du suivi psychologique, l’histoire de Paul n’est pas très intéressante. Il peut facilement être réduit dans la simple case clichée de la victime qui devient une machine à tuer, illustration standard d’un simple mécanisme de violence qu’il aurait été facile de résumer en encore moins de temps (le film paraît long alors qu’il fait seulement 1h20) qui n’apporte que peu d’idées novatrices à son concept de base. Une certaine hargne avec la gueule de l’acteur une fois balafrée, quelques détails qui sentent le vécu, mais un pétage de câble plus diffus, sans la moindre bouffée d’optimisme (la vague rédemption par l’histoire d’amour est vite évacuée), qui se conclut sans surprise, mais avec force.

2009

de Brendan Muldowney

avec Darren Healy, Nora-Jane Noone, Gerry Shanahan

3/6

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 20:44
American nightmare 2 : anarchy

American Nightmare (aka The purge) était un film avec un sacré potentiel qui restait sous exploité. L’accession au rang de saga avec l’arrivée d’une suite plus ambitieuse (étendant son concept au-delà des limites de la simple demeure) était une assez bonne nouvelle, dans la mesure où le concept pouvait prendre une ampleur dépassant de très loin son modèle. J’y croyais, à cette purge anarchiste. Bien mal m’en a pris…

L’histoire : une serveuse mexicaine et sa fille politisée, un mystérieux inconnu sur-armé, un couple au bord de la rupture se retrouvent dehors pendant la nuit où il ne fallait pas.

American nightmare 2 : anarchy

On ne va pas reprendre les éloges sur le potentiel énorme d’une idée de légaliser le crime durant une nuit aux USA, il y a tellement de bonnes idées sociales qui en découleraient qu’on valide direct n’importe quel projet allant dans ce sens. Ici, la multiplicité des personnages principaux, ainsi que le cadre urbain de la purge nous promettaient un survival riche en rebondissements, tout en se frottant à des sujets sociaux. Encore aurait-il fallu que le scénariste s’y attaque avec subtilité. Car c’est bien là que le bas blesse. L’introduction, meilleur passage du film de très loin (personnages plutôt bien introduits, différentes menaces potentielles qui se profilent avec des figurants patibulaires encore tenus par les laisses de la loi en attendant que commence la nuit de purge), a le don de planter des thématiques fortes (lutte des classes, enjeux politiques derrière la purge, détails qui la rendent crédibles (banques vidées, barricades plus ou moins efficaces, et ses étranges balets de camions chargés de militaires surprotégés s’attaquant à des immeubles entiers), en bref tout ce qu’il fallait pour faire décoller le film et l’élever à un rang de brûlot politique, malgré sa ratification -12 ans (autant dire que le gore du premier épisode est considérablement affadi). Mais comment retenir sa rage de voir tout ce potentiel gâché par un film qui finit par s’embrigader dans un des aspects les plus caricaturaux de la situation créée par la purge, et surtout, pour notre plus grand malheur, d’en prendre un parti démagogique au possible. Peu à peu, malgré les multiples digressions à base de suspense et d’action, le chemin qui se trace est aussi clair qu’atterrant : la purge, c’est le moyen pour les riches de tuer les pauvres. A croire que le 1% n’ait pas déjà assez de phagocyter les richesses du monde qu’ils doivent en plus soulager leur psychopathie latente (l’argent corrompt et vous transforme en requin sanguinaire) en trucidant des pauvres (pour de l’argent, du coup). Oh, certes, il y a quelques petits personnages qui montrent les tiraillements intérieurs dans les classes (le voisin lubrique, les petits gangs rabattant le gibier pour le livrer sur un plateau d’argent aux richards), mais c’est bien à cette réduction des enjeux que le film se livre. Pire même, il se range du côté des pauvres, sous le commandement d’un négroïde à lunettes absolument imblairable, qui enchaîne conneries sur conneries dans ses spots publicitaires (je le voyais dès l’introduction comme un agitateur tentant de plaquer sur la Purge ses propres idées politiques (un des risques sur internet quand on se calque sur des sources alternatives d’informations sans les remettre en question) histoire de former une mini armée ayant pour but de trucider les riches pour s’approprier leurs richesses, c’est dire ma rage en me voyant obligé d’adhérer à sa cause). Tout, dans la conclusion, confine au pathétique, rabaissant les ambitions à un duel presque indigne d’un Elysium, dont la plus grande connerie consiste à manifester contre la purge… en purgeant les riches. L’épilogue a beau essayer de relancer un message social fédérateur au premier degré (qui peut donc facilement passer pour un cliché agaçant), la dernière révélation qu’elle nous fait explose à nouveau les quotas de connerie politique, à savoir que c’est le gouvernement qui purge les indésirables, essentiellement dans les logements sociaux, histoire de maintenir les quotas. Mais tout ceci est aberrant. Si le film faisait le moindre effort pour rendre ses idées crédibles (en prenant ces éliminations visées sur des critères de dépendance aux allocations, sur les hôpitaux… là, on aurait des éléments terrifiants retournant la bureaucratie contre ses usagers (un sujet excellent pouvant parler du patriot act de façon déguisée), on pourrait adhérer à une révélation nazie de cette taille, mais là, c’est juste impossible. Tout comme il est aberrant de croire que le gouvernement enverrait ses propres agents faire le boulot (les compagnies privées qui sous-traitent, c’est quand même plus discret…). A force de raccourcis et de simplifications, American nightmare 2 s’enfonce dans la connerie et accouche finalement d’un simple film bis. Certes, le suspense fonctionne gentiment pendant quelques scènes et les parcours en ville procurent leur taux d’adrénaline. Mais les grosses couilles reviennent régulièrement (le héros surarmé aide les autres personnages parce que, il continue à les protéger après le tour de cochon qu’on lui a fait, les snipers sur le toit ne tirent pas un seul coup, la fille nous casse régulièrement les couilles avec ses revendications politiques communistes), et quand arrive la scène du music hall, où les riches tout sourire font monter les enchères pour se payer une chasse au pauvre en mode laser game version purge, c’est plus possible. Les espoirs s’effondrent, les maigres restes (luttes internes, individualisme d’autant plus fort qu’il s’agit de survie, sous texte politique…) s’envolent et seul la merde semble s’être incrusté. Reste les scènes urbaines, au suspense parfois efficace. C’est d’autant plus glaçant quand nos personnages passent devant le cadavre d’un trader mis en pièces devant sa maison, à peine gratifié d’un « il l’avait sans doute mérité ».

2014
de James DeMonaco
avec Frank Grillo, Carmen Ejogo

1/6

American nightmare 2 : anarchy
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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 11:37

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Welcome to Hoxford est le paroxysme d’un genre cinématographique particulier : les films en style Comic book. Le meilleur représentant en était jusqu’ici Sin City dans son mariage élégant entre polar bien sombre et style percutant, et coup de pot, Welcome to Hoxford joue lui aussi dans cette catégorie. Mais il a l’avantage d’être unilatéralement ciblé dans le mal. Il n’y a même plus d’avenir, pas de rédemption, pas d’issue possible. En nous plongeant dans l’univers carcéral des psychopathes multi récidivistes, le film nous plonge direct dans une hiérarchisation du Mal, où celui qui aura la carrure la plus massive sera le seul à survivre. Claque psychologique évitant le gore pour privilégier les portraits mastocs, nous suivons le parcours en compagnie de Ray, auteur de 21 homicides et schizophrène particulièrement imposant. Si l’amorce carcérale se révélait aussi clichée que brillante (un véritable modèle dans le genre, tant pour le rythme que la mise en scène), le virage survival horreur, digne d’un The Suffering, augmente encore le plaisir, culminant jusqu’à un plan final icônique, qui nous donnerait carrément envie d’en faire un long métrage. Le court trop court qui impose de trouver immédiatement des producteurs pour un long…

 

 

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 11:10

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La crypte est un film conspué. Immédiatement taxé de navet à sa sortie et régulièrement brisé dans les critiques qu’il aborde, il s’agit d’une commande reprenant les grandes lignes du succès surprise des années 2000 : The Descent. En mettant les petits plats dans les grands questions approche et découverte de ses arguments, La Crypte souffre de la comparaison avec son prédécesseur, mais si ses ficelles sont déjà connues, le plaisir de la série B généreuse est quand même là.

L’histoire : un réseau de grottes inexplorées est découvert sous une ancienne abbaye roumaine. Alors qu’une équipe de spéléologues et de plongeurs commencent à l’explorer, un éboulement bloque leur retour, les obligeant à avancer dans les grottes.

 

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Alors non, la Crypte n’est pas un film d’horreur original, ni très efficace question frissons. On n’a jamais réellement peur, on ‘est jamais surpris, mais c’est exactement ce qu’on voulait voir (au ridicule de quelques idées près). On se fout de nos personnages de trentenaires complètement transparents, on apprécie uniquement leurs compétences physiques et leur matériel. C’est surtout le décor qui retient l’attention, et à ce sujet, je trouve le film sacrément sous estimé. Le décor de l’abbaye est excellent, celui de la crypte génial, et les grottes sont impeccablement gérées. Un vrai décor propice au film de créature, avec des recoins partout, mais pas beaucoup de plans des créatures (tout du moins au début). Disons le clairement, le film se fout du réalisme, on sent vite que certains personnages sont plus protégés par le scénariste que d’autres, bref la surprise n’est pas de mise (déjà qu’on sentait bien le repompage). Toutefois, en délocalisant une bonne partie de son action dans des réservoirs d’eau souterrains, le film trouve un contexte claustro bien exploité, en tout cas bien mieux que dans The Descent 2 (cet élément n’est pas exploité dans le premier). Ainsi, quelques frissons faciles, mais agréables passent quand même ça et là, au cours de quelques mises à mort attendues et appréciables. Les designs des monstres, à cheval entre Alien et Pitch Black (plus vraisemblablement ce dernier, que peu de gens connaissent donc on peut pomper sans trop se faire remarquer), se révèle plutôt sympathique, tant qu’on n’aborde pas leurs origines (démoniaques). A partir de là (et surtout de la possession d’un des membres de l’équipe), il est facile de taper sur le ridicule du scénario et d’enterrer définitivement le film. Et bien je trouve quand même l’issue divertissante, se laissant aller à un peu de pyrotechnie bienvenue en milieu souterrain, histoire de se quitter en bons termes sur une note plus légère. Difficile à prendre au sérieux (le rebondissement pré-générique, le calcaire qui explose...), mais plutôt attachant techniquement, La Crypte est un petit plat réchauffé sympathique pour l’amateur de films d’horreur vite envoyé, qui compense la banalité de sa trame principale par de jolis décors et des créatures tenaces toujours sympathiques. Le reste importait peu de toute façon, on ne lui demandait pas plus.

 

2,5/6


2004
de Bruce Hunt
avec Cole Hauser, Morris Chestnut

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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