Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
La fin du monde. Doomsday ! Armageddon ! Le jugement dernier ! Quand de tels mots retentissent, les athées retournent vers Dieu, les fidèles perdent la Foi, la populace pète les plombs et les cinéastes font du contemplatif sur les derniers balbutiements de notre planète. Bref, c’est l’anarchie pendant que les effets spéciaux ravagent cette bonne terre qui nous a accueillis. Roland Emmerich, un spécialiste en la matière, nous a déjà gratifié d’un Independance day plutôt costaud en la matière, vu qu’il nous offrait l’invasion extra terrestre la plus meurtrière de tous les temps sans pratiquement montrer un seul cadavre. Mais l’occasion est revenue pour lui de raser la Maison Blanche d’une nouvelle manière, puisque ce sont les éléments déchaînés qui se chargent de nous exploser la gueule. Welcome in 2012, and happy new year !
L’histoire : on enregistre en 2010 l’apparition de phénomènes scientifiques graves qui augmentent la température du noyau terrestre.
On a un peu tout entendu à propos de 2012, du plaisir régressif au navet intergalactique, en passant par une formule intermédiaire le qualifiant de nanar volontaire. Seulement, la formule ne satisfait pas vraiment, dans la mesure où vu que 200 millions de dollars ont été dépensés, aucune notion de second degré n’apparaît à l’écran (difficile pour les masses d’y voir alors autre chose que du radicalement sérieux). Même si je suis intelligent (ouh, le présomptueux !), un symbole un peu gros faisant prendre conscience du ridicule de l’histoire volontairement m’aurais rassuré, mais ce n’est jamais vraiment le cas. On voit du ridicule, mais c’est traité avec sérieux. Si les bases scientifiques sont traitées avec un aplomb totalement sérieusement (le soleil nous en met plein la gueule !), il faut attendre la présentation de la famille pour que le film commence à prendre une tournure nanarde. Notre héros est un père biologique divorcé, qui passe le week end avec ses enfants pendant que sa femme fait des courses avec un autre papa, qui porte des lunettes et n’arrête pas d’être désagréable (mais on voit bien que la nature va se charger de virer ce malandrin, par l’usage symbolique de la faille en plein milieu du centre commercial). Et pendant leur week end, le papa bio et ses enfants font la connaissance d’un taré blond qui les met au courant de la théorie de fin du monde en 2012 et qui fait des émissions de radio (parce qu’il est un peu rebelle). Jusqu’ici, on avait à peine des raisons de s’inquiéter, mais dès le lendemain, après que les enfants soient retournés avec leur père adoptif et leur mère bio, ça y est ! Badaboum, des pans entiers de banlieue pavillonnaire se mettent à voler dans tous les sens, les tasses se renversent, les maisons s’effondrent… Là, notre héros arrive dans une Rolls Royce, embarque sa famille et même le père adoptif (non sans bousiller sa voiture, mais bon, c’est pas fait exprès…). Et là, on a droit à un tour de grand 8, une attraction type jeu vidéo où il faut foncer en évitant les obstacles qui tombent sur la route. Et là, je m’étonne que nos héros changent de véhicule pour prendre un avion, parce que leur voiture vole déjà très bien. C’est simple : dès qu’ils voient une bosse, ils accélèrent un coup, et paf la voiture décolle sur quelques dizaines de mètres. Forts, les bonhommes ! Et ça marche aussi avec un camping car des années 80, dont le profil aérodynamique leur fait franchir les 20 mètres de large du gouffre les doigts dans le nez. Puis nos héros, une fois le plein fait, repartent alors qu’un volcan (qui a écrasé le blond en plein délire, scène très drôle) explose et leur balance des cendres dans le dos. Les cendres vont plus vite que leur zinc, qui se retrouve vite pris dans le nuage. On se souvient du Pic de Dante, avec l’hélico en plein nuage de cendre qui se crashe avec ses réacteurs pleins de cendres. Et bien là, que dalle. D’un coup, la cendre semble faire du surplace, et l’injection d’une dose de nitro dans les soufflantes de notre coucou lui fait atteindre Mac II en un instant, leur faisant atteindre Washington en quelques minutes. Une fois là bas, nos héros trouvent un russe qui a un pilote. C’est cool, ils détournent un avion de ligne qui n’a pas le droit de décoller et se lancent sur la piste. Le soucis, c’est que nos héros préfèrent transporter des voitures de luxe plutôt que de sauver au moins quelques humains de plus, mais c’est pas trop grave, ils étaient condamnés de toute façon. Après, les effets spéciaux restent impressionnants et on en prend plein les mirettes en salle de projection (ce boeing qui frôle les immeubles…), mais on n’évite pas les effets nanars, comme cette tour de contrôle qui continue de lancer des avertissements aux avions jusqu’à sa destruction par le nuage de cendres. Direction la Chine maintenant, le seul pays qui a eu la présence d’esprit de faire construire des arches de survie (merci, la dictature populaire de chine !). Les héros se voient relégués à la porte d’entrée parce qu’ils n’ont pas de papier vert (contrairement au russe). Mais du coup, ils passent alors par la porte de derrière, et parviennent à entrer dans une arche par la salle des machines. A ce moment là, la bimbo siffle son chien qui se met à arriver vers elle, et adresse un doigt d’honneur à notre russe de service avant de rentrer dans l’entrée se refermant. Après un débat moral de quelques minutes entre nos politiques (qui hésitaient à ouvrir les portes aux populations (le plan initial)), on ouvre les portes. Ceci provoque la mort du père adoptif, qui disparaît simplement dans des rouages meurtriers (voilà qui conclut sur l’importance des parents adoptifs au vu des parents biologiques). Et pour survivre, nos héros bloquent les rouages. Ainsi, certaines personnes arrivent à rentrer par la porte entrouverte alors que les autres restent sur le quai. Mention spéciale au Russe, qui pour sauver son fils, le jette à sa femme embarquée avant de tomber avec une grimace nanarde. Là, l’eau arrive et la porte est toujours bloquée. Nos héros ont donc provoqué la noyade d’une partie des survivants qui avaient réussi à monter, mais jamais cette accusation ne reviendra sur le tapis. Notre père bio ira en mode apnée réparer tout le mécanisme de porte, et qui devient ainsi le sauveur de l’arche (alors qu’il réparait juste ses conneries, mais bon, on ne choisit pas de devenir un héros). Ah, j’avais presque oublié le président noir qui décide de rester à Washington pour faire un symbole fort de l’homme du peuple (étonnant, à croire qu’il attendrait une réélection). Et là, on a la vague de cendre. Puis après, tout le monde est mort sauf le président, qui se relève au milieu des cadavres sous la cendre (donc on ne les voit pas) pour voir la maison blanche se faire écraser par le porte avion John Kennedy. Et paf, nouvelle façon de détruire la maison blanche au compteur de Rolland Emmerich. Si le côté divertissement est assurément au rendez-vous (reconnaissons le, on ne s’ennuie pas, et les effets spéciaux bénéficient d’un soin assez notable), les messages sur père biologique et la discipline chinoise sont nettement plus nanars. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce film est un gros jouet, une attraction complètement débile qui s’éclate à nous balader dans des paysages en pleine mutation et qui nous donnent du colossal pour argent comptant. Clairement dispensable, mais un bon gros nanar cher qui fait plaisir, malgré ses messages complètement à côté de la plaque et moralement flous…
1/6 mais un bon 14/20 nanar
2009
de Roland Emmerich
avec John Cusack, Chiwetel Ejiofor
Je courre aussi vite qu'un avion !