Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
Uwe Boll de retour (la vache, ça faisait longtemps !), avec ce qui doit être l’un de ses films les plus controversés, j’ai nommé Postal. Adaptation d’un jeu vidéo auquel je n’ai pas joué, mais apparemment réputé pour être aussi barge que Duke Nukem 3D, Postal est un pur film de mauvais goût, une comédie pas très drôle où on sent l’envie pour Boll de signer un petit brûlot, certes pas très bien torché dans le fond, mais suffisamment décomplexé pour mériter un peu d’attention. Du moins de la part des tacherons qui ne crachent pas sur le mauvais goût et qui possèdent un minimum de recul devant l’œuvre « naveteuse » de Boll.
L’histoire : Après le 11 septembre, les terroristes ont besoin d’argent pour monter de nouveaux attentats, et décident de voler des peluches rarrissimes afin de les vendre aux enchères. Mais ces peluches sont aussi convoitées par une secte en froid avec ses impôts, et bien sûr par la compagnie qui les fabrique.

Postal, c’est l’avalanche de mauvais goût, à tous les étages, et avec tellement de connerie démesurée qu’il est impossible de prendre un instant ce film au sérieux. Deux cas de figure s’opposent alors : soit on arrive à tolérer la plupart des blagues pas drôles et on apprécie le mauvais goût constant des situations qui nous sont proposées, soit on dit que c’est de la merde (comme 80% des gens et comme les Razzie awards qui donnent chaque année des prix à Boll sans prendre la peine de voir ses films). Certes, le film étant ultra bancal et assez gratuit (malgré son insistance sur les liens entre Saddam et Georges W. Bush (qui se téléphonent sans arrêt pour échanger les nouvelles)), il est difficile de l’aimer plus qu’un truc décomplexé et imprévisible (déjà, l'aimer est un bien grand mot), donc impossible de lui mettre une bonne note à moins d’être ultra subjectif. Mais tout de même, il reste un morceau de bravoure d’une heure trente, qui se fout de la gueule des sectes (le gourou ne fait jamais rire avec ses blagues, mais il se trimballe les ¾ du temps à poil entourés de canons en se droguant sans arrêt), du terrorisme (la scène d’ouverture est un monument de connerie et de manque de respect, les terroristes aux commandes de l’avion décidant au dernier moment d’annuler le djiad et de partir sur les Bahamas, avant que les passagers incapables de piloter l’avion tente de les maîtriser et ne les fasse se crasher sur les tours jumelles), de la bienséance (dès qu’un innocent citoyen traverse une rue, il se fait exploser par une bagnole) et des repères moraux habituels (notre héros est un modèle d’amoralité). Quant au mauvais goût, les amateurs ne seront pas déçus. La femme du héros doit peser dans les 300 kilos ne cesse de s’envoyer en l’air avec les voisins les plus crades qu’on puisse imaginer, le héros profite d’une fusillade dans la salle d’attente des allocations pour piquer les tickets d’attentes des gens blessés sur le sol, le parc allemand où sont stockés les peluches est bourré de références au nazisme (voir la pancarte « Camp de concentration, aire de jeu pour enfants »)… Même Boll vient se foutre de sa gueule sur scène, en prétendant utiliser le trésor nazi pour financer ses films et avoir la gaulle devant les gosses qui s’amusent dans le parc. Un vrai sommet de mauvais goût, on vous dit, qui s’autorise à peu près n’importe quoi, même si certains passages sont en effet un peu longs (on se fait chier sévère dans le bunker avant que l’action ne reprenne). Sachant cela, les spectateurs sont désormais avertis, il vaut mieux laisser ses principes aux vestiaires pour apprécier ce film, qui revendique délibérément son mauvais goût. Toutefois, aucun éditeur français n’ayant eu l’audace de distribuer la bombe dans notre pays bien-pensant, il n’y a que le téléchargement illégal qui puisse vous faire profiter de cet étron tourné avec amour par un Boll en roue libre. Un des meilleurs cru de sa filmo avant qu’il ne tente de faire des films un peu plus sérieux. Enfin, vous voilà prévenu maintenant !
1/6 mais un bon 15/20 nanardeux (qui se rapproche beaucoup du mauvais goût)
2007
de Uwe Boll
avec Zack Ward, Dave Foley
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